ACADilll ROYALE
DES SCIENCES, DES LETTRES ET DES BEAUX-ARTS DE BELGIQUE
COMMISSION ROYALE D'HISTOIRE
Dom Ursmer Berlière, Président. .
MM. Henri Pirenne, Secrétaire.
Edouard Poncelet, Membre.
Joseph Cuvelier, id.
Ve Charles Terlinden, id.
Alfred De Ridder, id.
Guillaume Des Marez, Membre suppléant.
Herman Vander Linden, id.
Léon Van der Essen, id.
CHRONIQUES LIÉGEOISES
TEXTES LATINS ET TEXTES FRANÇAIS
ACADÉMIE ROYALE DE BELGIQUE
COMMISSION ROYALE D'HISTOIRE
CHRONIQUES LIÉGEOISES
ÉDITÉES PAR
le chanoine Sylv. BALAU
TOME SECOND
COMMENCÉ PAR SYLV. BALAU (f) ET CONTINUÉ PAR
Ém. FAIRON
Conservateur des Archives de l'État à Liège.
BRUXELLES
Maurice LAMERTIN, Libraire-Éditeur
58-69, rue Coudenbcrg.
1931
Marcel HAYEZ, imi-rimeur de l'Académie royalb de Belgique
Kue de Louvain, 112, Bruxelles.
-t2
- 1967
J
TABLE DES MATIERES
Pages.
Préface ix
Chronique de Jean de Brusthem 1
Chronique abrégée de Jean d'Outremeuse 159
Annotations sur les années 1401 à 1506 257
Chroniques du XVIe siècle :
Description des manuscrits . 273
Règne d'Érard de la Marck 340
Règne de Corneille de Berghes 401
Règne de Georges d'Autriche 415
Chronique de Pierre de Hesdignoul 450
Règne de Robert de Berghes 489
Règne de Gérard de Groesbeek 506
Additions au texte de Mélart 607
Index alphabétique des noms de personnes et de lieux 669
PREFACE
Le 10 juillet 1915 décédait à Liège M. le chanoine Sylvain Balau,
laissant inachevée l'immense lâche à laquelle il avait consacré la maturité
de sa vie, miné à la lois par le surmenage qu'il s'était imposé pour ter-
miner une œuvre qui dépassait presque les forces d'un seul homme, et par
le chagrin et l'indignation ressentis à la vue des malheurs immérités qui
avaient mis dans la pire détresse sa chère patrie. Sa disparition prématurée,
survenue pendant le tumulte guerrier des années terribles de l'occupation,
ne fut pas alors ressentie avec toute l'émotion et les regrets que méritait
à tant de titres ce grand érudit et ce prêtre éminent. Mais, en 1919,
31. Jos. Brassinne lui rendit, dans Leodium ('), l'hommage éloquent et
justifié que le monde savant liégeois devait à sa mémoire. Parlant de son
œuvre principale, celle des Chroniques vulgaires liégeoises, noire collègue
la caractérisait d'une façon parfaite en ces termes : « Ce que l'auteur a
dû dépenser de sagacité et de critique minutieuse pour reconstituer ainsi
phrase par phrase — souvent mol par mot — ce qui reste de bien des
œuvres que les auteurs postérieurs ont incorporées à leur narration,
celui-là seul peut s'en rendre compte qui s'est essayé parfois à un tel jeu
de patience. »
(*) Leodium, 13e année, pp. 117-124.
x PRÉFACE.
Dans le Rapport sur la publication des « Chroniques vulgaires
liégeoises », inséré dans le tome LXXVI, pages lxxx à xli, du Bulletin
de la Commission royale d'Histoire, M. Sylvain Balau avait expossé son
programme et défini la méthode qu'il se proposait de suivre pour nous
révéler les trouvailles qu'il avait faites en dépouillant les nombreux
manuscrits latins et français des chroniques. Ce rapport, devenu, hélas!
un testament littéraire, nous a constamment servi de guide pour mener
à bonne fin l'œuvre aux trois quarts achevée dont le savant chanoine
n'eut pas le bonheur de voir l'éclosion.
Spectateur et confident presque journalier du labeur opiniâtre de mou
regretté compatriote, j'ai été prié par la Commission royale d'Histoire
d'assurer l'achèvement des Chroniques liégeoises et j'ai accepté celte
tâche comme un pieux devoir, comme un mandat d'exécuteur testamen-
taire, heureux de coopérer à éterniser la mémoire d'un homme que
j'estimais profondément et auquel m'attachaient de multiples devoirs de
reconnaissance. Je me suis fait scrupule de respecter le travail déjà
élaboré et de compléter la dernière partie en m'inspirant des notes
manuscrites, des confidences et des discussions tenues avec M. Balau et
dont le souvenir est resté vivace en moi.
Au reste, la lâche n'était guère lourde, car je trouvai dans le dossier
qui me fut confié après la mort du chanoine Balau tous les textes anté-
rieurs au XVIe siècle complètement critiqués et annotés et absolument
prêts pour l'impression. Jusqu'à la page 272 de ce présent tome, je n'ai
donc eu à remplir qu'une besogne facile d'éditeur, me contentant de
compléter, quand c'était nécessaire, les références bibliographiques
arrêtées par l'auteur à l'année 194 4.
PRÉFACE. XI
Pour les textes du XVIe siècle, la lâche devenait plus ardue, car il
n'existait dans les notes de l'auteur des Chroniques liégeoises qu'une
ébauche fort incomplète de ce qu'il fallait faire. Le lecteur trouvera dans
le rapport que j'ai présenté à la séance du S juillet 1924. de la
Commission royale d'Histoire, le plan et la méthode qui ont été suivis
pour extraire hors de.^ innombrables manuscrits consultés la maigre
matière que nous apportent les chroniques liégeoises du XVIe siècle.
C'est une énigme curieuse que celle indigence pour une époque qui,
sous d'autres rapports, est pour la principauté de Liège si brillante et si
prospère. Entre l'historiographie liégeoise du moyen âge et la pullulation
des chroniques du XVIIe siè<-!e, dont beaucoup sont sinon véridiques du
moins si vivantes et si passionnées parce qu'elles éclosent dans une
atmosphère de luttes de parti poussées jusqu'au paroxysme, il y a, au
XVIe siècle, comme un point mort. Dans le domaine des lettres, les
Liégeois ne semblent pas avoir alors marqué les progrès dont on peut
leur faire honneur dans ie développement de leurs institutions ou de leurs
industries. Eux qui comptent pour le moyen âge, si l'ou tient compte de
la densité de la population, le nombre de chroniqueurs le plus grand
de l'Europe occidentale, n'ont plus entre Jean de Looz, Brusthem et
Chapeauville aucun nom à faire inscrire au panthéon de l'histoire, alors
qu'aux Pays-Bas la liste en est relativement longue. Il est étonnant aussi
que chez ce peuple qui comptait tant de clercs, l'imprimerie soit si tardi-
vement éclose. C'est là un problème dont on n'entreprendra pas ici de
rechercher la solution.
S'il fallait citer toutes les personnes qui m'ont prêté leur concours pour
identifier les personnages dont le uom se rencontre dans les textes qui
xii PREFACE.
vont suivre, il me faudrait répéter toute la liste de ceux à qui, dans le
tome I, le chanoine Balau a déjà exprimé sa gratitude. Je rappellerai toute-
fois avec un fervent recueillement celui de M. C. de Norman, à qui tant
d'identifications du texte de la Chronique abrégée de Jean d'Outremeuse
sont dues. A tous ceux-là, j'ajouterai les noms de MM. J. Vannérus,
F. Ligna et Eug. Polain, dont le concours nous fut à diverses reprises
très précieux.
Emile FAIRON.
€HKOi\I0UES LIÉGEOISES
TEXTES LATINS
Chronique de Jean de Brusthem.
Jean de Brusthem nous est peu eonnu. Il appartenait au couvent des Fran-
5 ciscains de Saint-Trond et vivait dans la première moitié du XVI6 siècle (').
Il mourut le 28 octobre 1549 (*).
L'œuvre de Jean de Brusthem, dont nous entreprenons de faire l'analyse,
est sa chronique inédite des évêques de Liège, dont le manuscrit autographe
repose à la Bibliothèque royale de Belgique, sous le n° 21822. On possède
io du même écrivain : Cathalogus et acta Episcoporum Leodiensium, prin-
cipum Tungrensium, dueum quoque Brabantinorum , fratre Joanne
Brusthemio, Franciscano Trudonensi, collectore. Le texte de cet abrégé,
recueilli par les religieuses de Mielen en 1566, est conservé à l'abbaye d'Aver-
bode (;). Il a été imprimé par le baron de Reiffenberg, d'après une copie de
15 (*) Archives des Frères Mineurs de la province de Belgique, au couvent de Bruxelles : Chronologia
provinciae Germaniae Inferioris, pars I; rapport envoyé au P. Général Jean de Naples, en 1647;
P. Vaele, Brevis chronographia convetUus Trudonensit fratrum Minorum, ms. 1676, cap. IX. Nous
devons ces renseignements à la bienveillance du P. Jérôme Goyens.
(*) Tableau nécrologique appartenant au couvent de Saint-Trond et cité par le P. Servais Dires,
20 Histoire littéraire et biographique des Frères Mineurs de l'observance de saint François, Anvers, 18815,
p. 66; P. François Péri, Chronographia sacra ahnae provinciae Germaniae Inferioris, aux archives
du couvent de Bruxelles.
(») Collection de Gilles die Voecht, t. XVIH, fol. 1-21.
Tome II. i
2 CHRONIQUES LIÉGEOISES.
ce manuscrit, dans les Appendices à la Chronique de Philippe Mouskès,
t. i, pp. 562-602. Becdelièvre cite en outre, dans sa Biographie liégeoise.
t. I. p. 204 : P. Joannis Bruslhemii Trudonenxis, ord. FF. MM conti-
nuât™ hisloriae leodiensis, authore Joanne Sfabulao, ab anno 4456 ad
annum 1538, in folio (*). s
La chronique de Jean de Brusthem est dédiée à l'évèque Georges d'Autriche
(fol. 2-5 v°). La dédicace est datée ex Sanclo Trudone, ditionis lue nppido,
anno a nalo Christo, Dei el Firginis Filio, millesimo quingmtesimo XLV.
L'auteur déclare avoir écrit cet ouvrage dans un âge avancé : ad etatis mee
vesperam. Il affirme avoir transcrit sans changement les sources qu'il utilise : io
Que scribere placuit eisde.m stilo, forma et modo quibus ab ipsis aucloribus
cottscripta inveni sine ulleriori immutatione annotavi. Le rôle auquel il
prétend est celui d'un compilateur, non d'un historien : collectoris enim, non
auctoris officium assumpsi. Son but est de réunir les textes historiques à sa
portée, de manière à en former une compilation retraçant toute l'histoire de is
la patrie liégeoise depuis l'origine jusqu'à son temps. En tète des sources qu'il
utilise dans ce but, il cite le fabuleux Lucius de Tongres, prétendu contem-
porain de Jules César, Jacques de Guise, Hugues de Tulle, Clarimbauld. Outre
Moïse et le livre des Machabées, il cite encore Valère Maxime. Plutarche, les
vies des saints solitaires d'Egypte de saint Jérôme, les dialogues de saint 20
Grégoire le Grand, liérose. Manethon, Metasthenes, 'file Live, Salluste, Orose.
Viennent ensuite Heriger, Anselme, Gilles d'Orval. Jean de Hocsem. Ni ici ni
plus loin, il ne dit mot de Jean d'Outremeuse. qu'il a pourtant utilisé. Kien
non plus de Jean de W'arnant. qu'il a également connu. Il désigne comme les
parrains de son œuvre et ses conseillers deux chanoines de Saint-Lambert : 25
le professeur de théologie Arnoul de Tongres (2) et l'écolâtre Jacques du
buisson (3). On ne doit pas prendre à la lettre les indications fournies par
l') Sur Jean de Brusthem el sur ses œuvres, voir Bc" r>B Rïiffbnberg, Chronique de Philippe
Mouskès, I, Introduction, pp. cclxvii-cclxx, comprenant une notice du haron de Villenfagnc; Rorgnet,
Bulletin de la Commission royale d'histoire, 2e sér., VIII, pp 530-55b'; Reusens, Bulletin de l'Institut 30
archéologique liégeois, VIII, pp. I \
(s, Arnold l,uyd, de Tongres. Voir de Tbeuz, Le chapitre de Saint- Lambert, t. III, p. 70.
\fj de Thelx, Ibid., p. 27.
CHRONIQUE DE JEAN DE BRUSTHEM. S
le chroniqueur : à ses sources principales, il entremêle des renseignements
d'origine diverse; puis, loin de reproduire littéralement ses sources, il en
modifie souvent la rédaction. A la suite de chaque biographie d'évèque, il
donne une notice sur les souverains pontifes du temps, sur les empereurs,
s les princes, etc. Nous négligerons ces notices dépourvues d'importance.
Jean de Bruslhem divise lui-même son œuvre en sept chapitres. En tête
de chaque chapitre, il indique ses sources :
Manipulus l1". Origine et rois de Tongres.
» 2"s. De saint Materne à saint Lambert, d'après Heriger et Anselme.
10 » 3U\ De saint Hubert à Hircaire, d'après Anselme.
» 4US. De Francon à Henri de Verdun, d'après Anselme et Gilles d'Orval.
» 5"'. D'Otbert à Thibaut de Bar, d'après Gilles d'Orval et Hocsem.
» 6U!. D'Adolphe de la Marck à Jean de Horne, d'après Hocsem et Jean
de Stavelot.
15 » 7US. D'Érard de la Marck à Corneille de Berghes, prout vidimus et
audivimus et a viris fide dignis relata et conscripta cognovimus.
INous établirons un peu différemment la division de l'œuvre de Jean de
Brusthem, en tenant compte avant tout des sources principales utilisées
successivement par le compilateur.
2o I. Folios 4 à 33 vû. — Origines. Jean de Brusthem raconte d'abord la fonda-
lion de Tongres par les Troyens et disserte sur le nom de cette ville : tu ungeris
sive iunderis (fol. 4-4 v°). 11 s'efforce, par les Celtes et les Gaulois, de faire
remonter jusqu'à Noé et Adam les ancêtres des rois de Tongres (4blM0 v°).
11 dresse la généalogie de ces rois depuis Tori^otus (fol. 12-26 v°). 11 y glisse
î5 des notions d histoire romaine, insiste particulièrement sur la conquête des
Gaules par Jules César, non sans entremêler à son récit une bonne part de
légendes (fol. 25-25 v°) et commémore les noms des principaux écrivains
du siècle d'Auguste (fol. 26-26 v°). Il continue la généalogie des faux rois
de Tongres par celle des prétendus ducs de Brabant, à la mode de certaines
ôo chroniques vulgaires (fol. 27-29 et 33-33 v°). Knfln, il disserte sur les Sibilles
4 CHRONIQUES LIEGEOISES.
et célèbre l'avènement de N.-S. Jésus-Christ (fol. 29 v°-31 v°). Pour la com-
position de ce récit en grande partie légendaire. Jean de Brusthem ne s'est pas
épargné la peine de nombreuses recherches; on rencontre sous sa plume les
noms d'auteurs de tout genre et de toute époque : Bérose (fol 4 v° et alibi) :
César (fol. 4 vd, 7 v°) ; Ammianus Marcellinus (fol. 4 v°); Kaimundus, in 5
Commentariis Crsaris (fol. 4 v°): Tacite (fol. 4 v°); Pline (fol. 4 v°): Fabius
pictor. tractatus de aureo saeculo (fol. 4bi8 v°); Xénophon (fol. 4bis v°, a et 8);
Archilochus, Epitethon de lemporibus (fol. 5); Moschus antiquissimus histo-
riens (fol. 5) ; Lueain (fol 5 v°) ; Monelhon, in supplementis Berosii (fol. 5 v\
7 v° et 8); Diodore de Sicile (fol. 6 v' et suiv.); Ptolémée, in Cosmographia »o
(fol. 6 v°); Joannes Annius (fol. 6 v°); Strabon. t» Geographia (fol. 7 v* et
suiv.) ; Dares Phrygius (fol. 8) ; Tilihius sequester, in libro de montibus.
fluviis et nation ibus (fol. 8) : Herman. VHa Caroti Hlagni (fol. 9); Procope,
in libro golliicorum bellorum (fol. 9): Justin (fol. 12): Simon de Cassia.
super Evangelia (fol. 15); Valère Maxime (fol, 15); Plotius Gallus (fol. 22 v°); 15
Cicéron (fol. 22 v° et 27 v°) : Barlhol. de proprietaiibus rerum (fol. 27) ; Orose
(fol. 28 v") ; saint Augustin. Contra i^/«nlcAae<>«(fol.30v,) ; Lactance (fol. 30 v°).
De l'amas de légendes accumulées dans cette première partie, nous ne
trouvons rien qui mérite d'être reproduit.
11. Folios 33 v° à 138 v°. - - De saint Materne à Wazon. Au folio 33 v°, 20
on lit le commencement du prologue d'Heriger : Omnis antiquitas... cum
imperante. Au folio 77, est reproduite la dédicace d'Anselme à l'archevêque
Annon de Cologne. Heriger et Anselme sont en effet les deux chroniqueurs
principaux reproduits par le compilateur dans cette partie de son œuvre.
Toutefois, ce ne sont pas là les seules sources auxquelles il puise ses éléments 25
d information. Au folio 78 v", il reproduit la préface, du chanoine Nicolas en
tête de la Vie de saint Lambert. Il cite en outre Sozomène, Historia (ripartita
(fol. 50 v°); Mathaeus Palmerius (fol. 57); Grégoire de Tours (fol. 60); Sigeberl
(fol. 65 v°, 66 v°). Il utilise aussi le G esta abbreviata. Jean de VVarnant et
Jean d'Outremeuse, Kupert et Henier de Saint -Laurent, un grand nombre 30
de vies de saints et plusieurs récits de translations. Quantité de fables
parsèment celle partie du récit, notamment la vie de saint Servais, élevé
CHRONIQUE DE JEAN DE BRUSTHEM. 5
à l'épiscopat à l'âge de deux cent quatre-vingt dix-sept ans (fol. 4b). D'autres
passages légendaires, par exemple la généalogie de saint Lambert (fol. 79),
dépassent toutes les limites de la fantaisie.
Aux folios 49 v'-SO, Jeun de Brusthem reproduit un catalogue des reliques
s eonservées dans l'église de Saint- Servais à îiaestricht. Il est probable qu'il n'a
pas transerit directement cette liste. Nous eroyons plutôt qu'il l'a copiée dans
un écrit qui la reproduisait. Nous trouvons en effet la même liste transcrite
aussi dans le manuscrit b (n° 78 de l'Université de Liège, fol. 4 v°-6). Ce cata-
logue de reliques est le seul fragment de cette partie de la chronique de Jean
io de Brusthem que nous jugeons intéressant de publier.
Ce qui suscite le plus vivement notre intérêt dans ces deux premières parties
de la chronique, ce sont les emprunts faits à la chronique perdue de Jean
de Warnant. Nous les avons déjà signalés au commencement de ce recueil ('),
et nous avons appuyé nos observations à ce sujet sur plusieurs textes repro-
is duils plus haut dans nos Extraits de chroniques sur les temps antérieurs
à Henri de Gueldre. Rappelons ici les constatations que nous avons faites.
Dès le début de Jean de Brusthem, nous trouvons des passages offrant des
identités verbales avec Mathias de Lewis, la Chronique de. / '402, les manu-
scrits î, 2 et 3 (Bibliothèque royale de Belgique, n05 9841 ; II, 2325; 13791).
20 On peut croire que Jean de Brusthem a connu le vetustus codex Sancti
Laurentii cité par Chapeaville et dont dérive le manuscrit 2: mais il est
impossible qu'il ait connu tous les autres écrits que nous venons de citer.
Il faut donc supposer qu'il a puisé ses textes dans une œuvre qui constitue
leur source commune, à savoir dans la chronique de Jean de Warnant.
25 III. Folios 138 v° à 193 v°. - De Théoduin à Robert de Langres. En tète
de cette partie de la chronique, folio 138 v°. est reproduite la préface de Gilles
d'Orval. C'est surtout ce chroniqueur qu'on y trouve utilisé, avec les écrits qui
lui servent de source et qu'il transcrit. Jean de Brusthem fait à celte source
principale des additions tirées du Gesla abbreviala, d'Albéric de Troisfontaines.
r,o du Triurnphns Sancti i.amberti, de Renier de Saint-Jacques, de Sigebert dont
(') Voir ci-dessus t. I, p. 7.
6 CHRONIQUES LIÉGEOISES.
il utilise le manuscrit A avec VAuclarium Geinblacense et la Cotitinuatio
l'raemonslratensis, de la Chronique de Saint-Trond, de Jean d'Outremeuse.
Il reproduit un passage de Guillaume de Malmcsburg (règne de Théoduin.
1048, fol. 159), cite Thomas de Cantimpré (règne d'Albert de Cuyck ,
fol. 175 v°) et utilise plusieurs documents d'archives. Un certain nombre de s
ses textes sont identiques à ceux du Magnum Chronicon betgicum ; toutefois,
il est possible qu'il ne les ait pas puisés dans cette compilation mais dans les
écrits sources de celle-ci.
De cette partie de la chronique de Jean de Brusthem, nous reproduirons
quelques notices contenant des additions faites par le compilateur à ses sources 10
connues.
IV. Folios 196 à 242. — De Henri de Gueldre à Englebert de la Marck.
Cette partie, débutant par le prologue d'Hocsem. a pour fondement l'œuvre de
ce chroniqueur reproduite assez littéralement. Mais ici encore Jean de Brusthem
ajoute à sa source principale des renseignements empruntés à d'autres sources 15
narratives ou à des documents d'archives. Bon nombre de ces additions
proviennent de Jean de Warnant et de Jean d'Outremeuse. Le compilateur
a peut-être aussi utilisé des écrits que nous ne possédons plus : c'est ainsi
qu'il reproduit les expressions d'un passage du Chronicon Tungrense mentionné
par Chapeaville, et qu'il cite deux vers que Chapeaville aussi nous a conservés 20
d'un vetustus scriptor. H est probable qu'il se rencontre encore dans sa
compilation d'autres textes d'auteurs inconnus dont personne ne nous a gardé
la trace.
Un grand nombre d'additions à la source principale sont tirées de Jean
de Warnant. C'est ce que nous établirons par comparaison avec la Chronique 25
de 1402, Mathias de Lewis et les manuscrits de la Bibliothèque royale.
A partir du règne d'Lnglebert de la Marck., Mathias de Lewis et les manuscrits
seulement nous serviront de points de comparaison, vu qu'à cet endroit le
compilateur de 1402 délaisse à peu près le texte de Jean de Warnant pour
utiliser presque exclusivement celui d'Hocsem. r,°
Jean de Brusthem puise aussi dans Jean d'Outremeuse une partie de ses
renseignements complémentaires 11 aime particulièrement à emprunter au
CHRONIQUE DE JEAN DE BRUSTHEM. 7
romancier les noms propres qu'invente celui-ci pour suppléer au silence de
ses devanciers : Gérard de Vinalmont (fol. d9(>bis), Francon de Visé (ibid.),
Jean Grimeal (fol. 196bis v"), Conrad le Frison (fol 201 V). Kigauld de Corbion
(fol. 204), le prévôt Buehard (fol. 204), Francon de Saint-Scrvais (fol. 214).
s Ce que nous possédons de la cbronique de Jean d'Outremeuse s'arrête
à l'année 1340. Pour la suite de Jean de Brusthem, nous établirons nos
comparaisons d'après le texte abrégé de Jean d'Oulremeuse qu'on trouvera plus
loin dans le présent recueil.
Il ne faut pas se hâter d'attribuer à Jean d'Outremeuse un texte de Jean
io de Brusthem pour la simple raison que celui ci concorde pour le fond avec
le récit du romancier. En y regardant de plus près, on découvre maintes lois
dans ces textes une telle similitude avec Mathias de Lewis, avec la Chronique
de 4402, ou avec les manuscrits de Bruxelles, qu'on doit formuler cette
conclusion : Ces textes ne sont pas une traduction faite par Jean de Brusthem
is de la version de Jean d'Outremeuse; ils proviennent d'un texte latin qui a servi
de source à Mathias de Lewis, à la Chronique d» 4 402, aux manuscrits de
la Bibliothèque royale et à Jean d'Outremeuse lui-même. Cette source commune
est très probablement la chronique de Jean de Warnant. Chapeaville d'ailleurs
fait expressément mention de passages de Jean de Warnant que nous donnent la
20 Ghroniqxie de 4 402 et celle de Jean de Brusthem (*).
De cette partie, comme de la précédente, nous extrayons un certain nombre
de notices. Nous publions en entier le récit du règne d'Knglebert de la Marck,
sauf les passages copiés dans Hocsem dont nous nous bornons à donner Vincipit
et le desinit.
25 V. Folios 242 v* à 260. — De Jean d'Arckel à Jean de Heinsberg. Le
compilateur reproduit ici la Chronique latine de Jean de Stavelol que nous
avons publiée ci-dessus (t. 1, pp. 67-143). Nous avons maintenu dans ce texte
un certain nombre de passages qui ne se rencontrent que dans le manuscrit
de Jean de Brusthem II est possible que plusieurs d'entre eux n'appartiennent
50 (*> ^°'r Chapeaville, p. 557; cfr. Chronique de 1402. p. i(H, et ci-dessous Annotations de Jean
de Brusthem à la chronique d'Hocsem, n°XL.
8 CHRONIQUES LIEGEOISES.
pas au texte de Jean de Stavelot et soient des additions faites à ce texte par
notre compilateur.
La Chronique de Jean deSlavelol se termine. dans le manuscrit de Bruslhem.
au folio 256. La suite du règne de Jean de Heinsberg y est racontée princi-
palement d'après Adrien d'Oudenboseh. Au texte de ce chroniqueur, Jean n
de Brusthcm ajoute deux notices que nous transcrivons ci-après. La seconde
de ces notices, relative à la renonciation de l'évêque, servira de complément
aux notes que nous avons publiées précédemment (t. I, pp. 21 4-220) sur
la Fin du règne de Jean de Heinsberg.
VI. Folios 261 à 285 v°. — Règne de Louis de Bourbon. Les sources io
principales de Jean de Bruslhem, dans cette partie de sa chronique, sont :
Adrien d'Oudenboseh; Merica, de cladtbus Leodiensium, avec la continuation
sur la Fin de Charles le Téméraire; puis Jean de Looz. Nous donnerons en
notes à la chronique d'Adrien d'Oudenboseh les courtes additions qu'y ajoute
Jean de Brusthem et les simples variantes du texte. Nous transcrivons ci-après is
les additions plus importantes.
VIL Folios 286 v* à 306 v". — Règne de Jean de Home. Jean de Brusthem
reproduit ici, en l'abrégeant parfois. la chronique composée par un contempo-
rain que nous avons publiée ci-dessus (t. I, pp. 35î) à 569).
VIII. — Folios 308 à 528. — Règne d'Érard de la Marck. Le récit de ce 20
règne est original. Jean de Brusthem l'a retracé, écrit-il, proxt vidimus et
audivimus. Ce récit a été publié par le chanoine Reusbns dans le Bulletin
de l'Institut archéologique liégeois, t VIII, pp. t-i 04.
IX. Folios 329 à 534. — Règne de Corneille de Berghes La plus grande
partie de celle notice est étrangère au règne du prince et à l'histoire de la *s
principauté de Liège. Jean de Brusthem s'arrête en 1542; il ne poursuit pas
son récit jusqu'aux deux dernières années du règne Le manuscrit se termine
par un feuillet déchiré contenant au recto la vignette représentant le portrait
de Georges d'Autriche et au verso un fragment sur le règne de ce prince.
CHRONIQUE DE JEAN DE BRUSTHEM. 9
En résumé, la chronique de Jean de tërusthem, outre le récit quelle nous
fournit sur les lègnes d'Érard de la Marck et de Corneille de Rerghes. offre,
à d'autres points de vue, une réelle importance :
I" Elle nous apporte un élément qu'il ne faudrait pas négliger pour la
% reconstitution du texte de Jean de Warnant;
"2° Elle a été utilisée avec les autres manuscrits dans la reconstitution du
texte de la chronique latine de Jean de Slavelot;
5° Elle nous a fourni une copie à comparer avec les autres textes dans
l'édition de l'appendice à la chronique de Merica sur les expéditions de Charles
io le Téméraire:
4° Elle nous donne d'importantes annotations sur le règne de Louis
de Bourbon;
5° Elle comprend une version, non dépourvue de mérite, de l'importante
chronique du règne de Jean de Home.
is Catalogue des reliques conservées dans l'église
de Saint-Servais à Maestricht.
De sacris reliquiis quas seeum bcatus detulit Servatius atque nunc in
eeclesia ejus Trajecti reservantur.
Ciborium quoddam in modum monilis secum tulit ab Hierusalem beatus
2o Servatius. in cujus medio sub eristallo est modica crux quam fecil beatus
Lucas evangelisla portavitque eam beatissima Virgo Maria ad nudum pectus
inler ubera, in memoriam mortis Filli sui, quam beatus Johannes evangelisla,
post ejusdem gloriose Virginis assumplionem, in prefato vasculo fecit includi,
dataque fuit postea bealo Servatio, qui eliam ipsam quamdiu viveret ad nudum
■2s pectus portavit. Et eum, post ejus moitem, eollocata fuisset in lumba super
ipsum. in die translationis ipsius Sancti, que facta est post annos III^L a felice
ejus transilu, inventa est incorrupta nullam vel maculam vel cruginem
contraxisse.
Tome II. 1
10 CHRONIQUES LIÉGEOISES.
Quedam parva imago crueifîxi quant isdem sanctus vir Scrvalius secum
inlit ab Hierosolimis. Hsl aulcm imago eburnca ad lignuni doininice crucis
allixa, per quam accidit curiale mirnculum circa annum Domini IXCL in
Henrico Saxonum " duce, fralre Oltonis ! imperatoris. Nain idem dux. cum
diu paraliticus jacuisset n< c se movere p reserti m in uno crurc potuisset. eliam 5
phîsicorum quorum curam inultis sumplibus adhibueral judicio penitus despe-
ratus. fecit itaque se Trajcclum Iransferri ad ecclesiam beati Scrvatii. Quo
cum venissel, laelus eruee prefala. subilo perfecle curalus est. Mirum dictu :
imagini autem eburnee cruci, ut prefertur. affîxe pes cum parle libie evanuit.
ubi dux ipse pridem majores passus erat angustias m
Item brachium saneli 'l'home apostoli
Item scapula saneti l'.artholomei apostoli.
Item de eapillis béate Marie Virginis.
Kt de crinibus saneti Johannis evangeliste, qui abrasi erant dum in dolium
ferventis olei mitterelur. ts
Item due magne petie ad modum portarum faete, que etiam reperte fuerunt
in translalionc saneti Servatii inter braehia ejus, in quibus recondite sunt
rcliquie de omnibus que Salvalorem noslrum Christum ejusque Cenilricem
Mari. un conligerunt. videlicet de presepio, de pannis quibus beatissima Virgo
Filium suum involuit. de vestiinentis. de eolumna. de flagdlis. de eruce. ete. îo
De lacté béate Marie Virginis.
De lancea Domini.
De ligno dominice Crucis in tribus particulis.
Item una petia ligni sancte Crucis de cypresso. quam palriarcha quidam
Hierosolimitanus ad ecclesiam beati Servatii transmisit, de quo et littere 2b
ejusdem extant patriarche.
Item magnum cornu eburneum sanguine cl reliquiis sanctorum apostolorum
repletum. prout sanctus Scrvalius ea congregavil.
De eapile béate Marie \iagdalene.
De cathena qua beatus aposiolus Petrus vinctus fuit sub Nerone. r>°
* Lisez : Bavarie
CHRONIQUE JEAi\ DE BRUSTHEM. M
Quoddam vasculum in quo continentur très digiti sanctorum Stcphani
prolhomartyris, Laurentii et Nicolai.
De capite sancti Amandi 1 ungrorum se» Trajectensis cpiscopi.
Item braehium sancti Maurilii martyris
s (iorpora sanctorum Monulphi et Gunduiphi episcoporum. Et sanctorum
Valentini et Candidi, que simul eum corpore sancti Servatii translata fuerunt.
Item corpora sanctorum de quibus in legenda scribilur quod totum tbesaurum
Octavie secum tulerit. scilicet octo episcoporum pr. decessorum Miorum.
Item reliquie multe sanctorum Innocentium.
10 Item de oleo sanctorum Nicolai et Katherine.
Integrum corpus ipsius sanctissimi pontificis Servatii.
Baculus ejus pastoralis quo per angelum designatus er.it episcopus.
Baculus peregrinalionis ejusdem quo draconem inlerfecit ac in tribus locL-
fontem produxit.
15 Calix ejus pontificalis ex auro purissimo. ornatus mar^arita quadam precio-
sissima aliisque gemmis preeiosis.
Item alius calix quem secum ferebat quando pcregre pergebat.
Item capsa quedam eburnea continens ejusdem sancti viri indumenta ponti-
ficalia, inventa in ejus translatione ab omni corruptione aliéna.
»o Reservatur etiam in prefata ecclesia clavis illa quam ab apostolo Pelro
accepit dum pro imrainenti Galliarum excidio oraret. Que hujus virtutis esse
dinoscitur ut si quando soricum pestis aut taie aliquid agros invaseril, ipsa per
campos deportata omnem hujusmodi putredinem funditus extinguat. Testali
sunt elerici qui eam aliquando per agros Hasbanie. Taxandrie atque Saxonie
25 circumlulcrunt. cum eadem qua ieranl via repedarent. se acervos reperisse
soricum extinctarum Hec aliquando cum ihesauro ecciesie a furibus noctu
sublata est. ( lerici autem pro ea potius quam pro thcsauro non modice
conlristati statuunt pro lioc in commune divinam implorarc clemenliam,
triduanumque jejun'um atque solemnes letanias sibimet indicenles. (]um
30 igitur lelanias agendo longius procédèrent, vident eminus cuidam spineto
maximum avium insedisse multiludinem. Deo utique per hoc hujus rei pro
qua rogabatur dante indicium. Siquidem fures cum thesauri partem detraxis-
sent. divinitus perterriti reliquam partem et ipsam clavem sub illo spineto
M CHRONIQUES LIÉGEOISES.
fossa humo absconderanl. Fodientes itaque ipsam clavem invenerunt, sed quod
ad doloris aceessil cumulum, eam in duas partes fractam reppererunt. Quam
cum probatis ac Bdelîbus reintegrandam commisissenl arlificibus nec tamen
ii 1 1 ii s sequerelur effcctus, dolentibus et anxiis omnibus, apparens uni eoram
fidelis patronus Servalius. non posse. inquiens, arle humana refici quod ab 5
humilie faclum non esse eonslaret. qucrendnm proinde esse divinum auxilium
ubi bumanum succumbercl ingenium. Sicque commoniti posl solis occasum
altari saero illara imponunt et ad matulinariim solemnia stirgentes, integram
ac solidam recipiunt, Deo ac provisori suo bealo Servalio gralias in omnibus
agentes. 10
Sun! et alie plurimorum sanctorum reliquie diversis eapsis et vasculis
conservale.
Additions de Jean de Brusthem au texte
de Gilles dOrval.
I. L'empereur Henri III en lulie contre (iode.fr oid III, i 04S-I04!). ts
Koriem anno, Henricus III (') imperator Galliam belgicam ingressus,
Godefridum (2) et Balduinum (3) duces ad deditionem coegil. Erat enim multis
magnisque virtutibus preclarus el omnium ante se bellicosissimus, utpote qui
inultas et féroces indomitasque snbjugaverat imperio nationes
II. Concile de Atayence, 1048. 20
J.deWam dans Kodem anno, synodus Mogunlie celebratur, presentibns papa Leone IX ac
Chapear.,11,5. Henrico imperatore, qui qiiestionem proposait coram sancta synodo de legenda
sancti Servatii, de gestis ejns, ac supputatione annoriim, que omnia, facla diligenti
discussione, ut pie credenda synodali sunt robore confirmata.
(') Henri III, empereur, 1039-1056. 3b
I*) Godefroid III, duc de Rassc-Lotharingic, mort en 1070.
\l) Baudouin V, comte de Flandre, dit de Lille, mort en 1077.
CHRONIQUE DE JEAN DE BRUSTHEM. 15
III. Tombeau de Théoduin, 101 S.
Obiit dominus Theoduinus ix kalendas julii a, anno Domini M.LXXV, G. d'O., 88, i
sepultus in ecclesia béate Marie Huyensis anle altare ipsius Dei Genitricis,
quod sanctus Maternus, primus Tungrorum episcopus consecraverat. Sepulchrum
5 ejus stetit. illic in tanto honore usque ad annum Domini XIICXC; nain tune
corpus ejus ab eodem loco translatum fuit in chorum in quodam arcu in
muro versus altare Sancti Laurentii in nobili sepulchro, super quod imago ad
efflgiem ejus ex lapide jacet sculpta. Et desuper, facto quodam armariolo,
repositum est feretrum béate Marie cum magna reverentia, ubi meritis
io gloriosissime Virginis crebra fiebant miracula.
IV. Charte de Théoduin pour la ville de Huy, 1066 (1).
Ego Theoduinus, Dei gratia Leodiensis episcopus, notum esse volo
tam futuris quam presentibus qualiter posl libertatem Huyensis
ecclesie, quam dominus Maternus beale memorie Tungrensis episcopus
1b consecrando primitiavit, adjecerim libertatem etiam ville. Prefatam
ecclesiam a fundamentis ad laquearia, a laquearibus et ultra reedil'i-
cavi, quam etiam in auro et argento in gemmis et prediis pro modulo
meo dilavi et de Agar Saram esse feci. Prenominata villa pro libertate
sua ad sumptus ecclesie necessarios omnia mobilia sua mihi primo
10 terciavit; qua libertate ut amplius frueretur, postmodum dimidiavit.
Prima libertas liée est : Quod defunclo in pace episcopo, usqu' ad
plenam allerius episcopi institutionem, burgenses ville bona fide et
sano consiiio castrum Huyense de redditibus conservabunt. Posl hec
scquunlur plurime libertates quas distinguere per capitula longum esset ac
« faslidium generaret. Quia in eis lit mentio de servis, de debitoribus, de Chapeav , II, 4.
illis qui facere debent sacramentum vel qui non, et de hujusmodi
diversis generibus hominum (2). Predietis adjectum est : Quod Huyenses
« junii : *od.
(') Un fragment de cette charte importante a été reproduit par Gilles d'Orval. Jean de Brusttiem fait,
30 en outre, t'analyse des passages omis. Le texte de Jean de Brusthem a été publié par Cuapbaville, II, 5.
Les éditeurs qui ont suivi se sont bornés à copier Chapcaville, sans recourir au manuscrit de Brusthem.
(!) Nous avons sans doute ici les titres des divers chapitres de la charte.
H CHRONIQUES LIEGEOISES.
armatam militiam nullatenus sequenlur, nisi Leodienses a prefixo die
belli usque in oclavum eos precesserint . Et paulo post : Si vero nos vel
aliquis successorum nostrorum prescriptara libertatem vel aliqua jura
eorum, quod absit, inlringere tentaverit, concedimus el slatuimus ut
dux Lotharingie et alii tam clerici quam laici subnotati ad cotiser- a
vandani libertatem et jura eorum, admouilione tamen premissa, eis
efficaciter assistere non omiltaiit. Die tertio dedicalionis Huyensis
ecclesie, bec omnia supradicta a me ipso corroborata sunt et confir-
mata sub anathematis vinculo, et compare meo et cooperatore Lietb-
berto Cameracensi episcopo el ab omnibus sacerdotibus inibi asian- 10
(ibus. Et ne in posterum prece vel pretio ista possent mutari,
impressione sigilli nostri predicta voluimus communiri sub assensu et
testimonio tam clericorum quam laicorum. Clericos in capite posui-
mus : Archidyaconus Hermannus, prepositus Godscalcus, Wolbertus
decanus, Aistulpbus cantor, Franco scholasticus, Rono calvus, Emo et 15
Wolbodo. Laici vero : Dnx Lotharingie Godofridus barbatus, cornes
Namurcensis Albertus, cornes Lucehurgensis Henricus, cornes Cono de
Monte Acuto, Wallerus advocatus ejusdem ville, Godscalcus de Cen-
naco, Godefridus et Arnulphus de Florines, Godefridus de Floreffia et
ejus frater Christianus. Acta sunt hec anno ab Incamatione Domini 20
M LXVI, indictione quarta, pontificatus nostri anno XIX, regni vero
Henrici quarti anno X (') .
(«) Chapeaville copie comme suit dans Brusthem la date de la charte : « Acta sunt anno ab
incamatione Domini millesimo sexngesimo sexto, indictione quinta, pontificatus noslii anno 19, regni
vero Henrici 3. » î'.i
Gilles d'Orval donne : « Acta sunt liée tercio die dedicationis Hoyensis ecclesie... anno
Domini 1066, indictione 4, pontificatus nostri anno 18, regni vero Henrici I I. ■
G. Waitz, qui ne connaît Brusthem que par Chapcaville : • secundum hune Brusthemius pergit »,
donne la préférence au texte de (îillrs d'Orval : M. G. H. .SS., XXV.
Il en est de même de H Henquinbz, Les origines de Huy et la première charte de liberté, Huy, 1900, r»0
p. 71, note 5.
Ces dates donnent lieu à des difficultés qui disparaissent si on admet la version du manuscrit
de Brusthem :
1° L'année lO(it) concorde avec l'indiclion 4 et non avec l'indiction S.
2« Henri IV succède à son père en 1056. L'année 1066 correspond par conséquent à la dixième 35
année de son règne. Comme Henri III est mort le fi octobre 1050, le texte de Brusthem fait supposer
CHRONIQUE DE JEAN DE BRUSTHEM. 15
V. Saint -Trond sous l'abbé Adèlard, 40SS (fol. 143 v°).
Anno Domini MLV_. tempore domini Adelardi secundi hujus nominis G. abb. Trud.,
abbatis Saneti-Trudonis, sepulchrum ejusdem sancti frequentissimis quotidie '• 18'
choruscabat miraculorum prodigiis qui tanta orbem terrarum fama resperserant
s ut oratorium, chorus, claustrum a multitudine peregriuorum nec die
nec noctu invenirentur vacua. Et de oblationibus altaris quid dicam? Exhaustus Cf. Chron. bêle.
denariorum acervus custodes faligabat, qui interdum per htbdomudam centum 425
G. abb. Trud.,
potcrat marchis estiman. prêter hoc quod hac illacque audax custodum fraus 26.
distraxerat... Inde anno Domini MLXXXII, oclavo idus decembris, obiit idem
io abbas Adelardus, sepultus in ecclesia Sancti -Trudonis, in qua imago crucifixi
visa est moveri.
VI. Siège et incendie de Saint-Trond, vers 108$-iQ8l ' .
Igitur nonis julii, feria II, obsessum est ab episcopo oppidum Sancti Trudonis... G. abb. Trud.,
Actasunthec VIII idus julii anno Domini MLXXXV. Episcopus postea X marchas 41, 46-
. . Chron. belg.,
15 misit ad reediticandum templum Sancte Marie Virginis. ise.
VII. Tremblement de terre, 1086.
Anno Domini MLXXXVI, vi kalendas aprilis. circa média m noctem domi-
nice Re9urrectionis terre motus factus est et splendor ingens, et post splen-
dorem terre mugi tus.
20 que la charte a élé rédigée avant le 5 octobre 1066; sinon elle devrait être datée de la onzième
année de Henri IV.
5° Wazon est mort le 8 juillet 1048 et Théoduin lui a succédé peu après. La tin de l'année 1006
correspond par conséquent à la dix-neuvième année du règne lie Théoduin. Mais il faut pour cela que
la charte ait élé émise après juillet (006; sinon elle devrait être datée de la dix-huitième année de
25 Théoduin.
Il faut conclure de ce qui précède que la charte des libertés octroyée par Théoduin à la ville de Huy
a été émise entre le 8 juillet et le 5 octobre 1066.
Avec ces conclusions concorde le texte même de la charte où Théoduin affirme expressément avoir
octroyé les libertés hutoises le troisième jour de la consécration de l'église Notre-Dame. Or la
50 consécration de l'église de Huy, au témoignage de Gilles d'Orval, eut lieu le 28 août; la charte aurait
donc été émise le 27 août 1060.
46 CHRONIQUES LIÉGEOISES.
VIII. L'évèque Otbert, 1092.
J.du, îv, Î86. Consecratus est al) Hermanno Coioniensi archiepiscopo (*). F-rat utriusque
pedis claudicatione vacillans. sed eques mirabiliter streniius et gloriosus.
IX. Sépulture de. Pierre l'Ermite, 1115.
G. d'O. 93, 4-10. Ad partes uutem Leodii reversus, vir vite venerabilis dominus Petrus Heremila... s
Ch. île 440-2, mandatur sépulture a loto clero et populo Huyensi extra prefatam ccclesiam [ vovi
G. d'0.,93, m, Alonasterii] in latere versus austrum contra altare sancii prolhomartyris
Stephani. Verum postea deliberatum est communi assensu...
X. Henri V, chanoine de Saint- Lambert, 1107.
Si»eb., a" M08. Anno XICVII, Henricus imperator contra Flandrensium comitem... (2) pêne m
Cf. J. d'O., IV, inefficax rediens Leodium revertitur et in capitulo Sancti Lamberti ab Oberlo
301. .
Cf. Wauiers. episcopo et clero in canonicum ipsius ecclesie ipse suique successores recepti
Table, H, 34; quj ( hoc ejsdein .)rjvi|eeium dédit : In nomine...
Cart. b'-Lamb., ^ r
XI. Luttes et mort d'Henri IV, 1106.
Tune temporis non modica erat per loluni episcopatum lurbatio, cum is
unumqueiiique non reipublice sed famiiiaris sollicita urgeret occupatio. Tune
Henriciim novuin Lotharingie ducem (3) simulque Albertuiu (4) comitem
Namurcensem et Godefridum comitem Lovanicnsem prius ad pacem et concor-
diam Henricus imperator revocarc maxime laborabat, ut postea robur eorum
pacis et concordic spes ei essel et causa victorie. Qualicbanlur etiam tune S"
mûri totius civitatis et ecclesie undosa imminentis belli formidine. Ferebatur
namque, et verum erat. lîlium imperatoris iterum in manu robusta et indigna
(*) Herman III, archevêque de Cologne, 1089-1099.
{*) Robert II, comte de Flandre, 1093-1111.
(l Henri, comte de Limbourg i 10,H:2-1 119) fut pourvu du duché de Basse-Lotharingie par Henri IV 25
en 1 101. Il en fut privé par Henri V au profit de Godefroid Ier, comte de Louvain (109S 1140), dans
une réunion tenue à Worms à la Pentecôte (13 mai) 1106.
(») Albert III, comte de Namur, 1037-1106.
I. 48-50.
CHRONIQUE DE JEAN DE BRUSTHEM. 17
tione maxima ad obtinendam civitatem properare. Cum au le m ad obsidionem
Leodiensis civitalis (ilius veniret, defunctus est pater ejus imperalor Henricus.
Qui in mortis articuio mandavit régi filio suo... cui et annulum suum per Bur- Sigeb., a° U
chardum Monasteriensem episcopum (') transmisit. Moritur autem Henricus impe- , ,m,s" A"
r G. d 0., 92,
5 rator Leodii... ante aram béate Marie in eboro orientali tumulatur. Sed quia a sigeb., ms. A.
Romanis... excommunicatus obiit, auctoritate apostolica per Henricum Magdebur-
gensem episcopum... (2).
XII. Incendie de Saint-Trond, 4444.
Anno Domini XFXIIII, Godefridus cornes Lovaniensis jam dux factus cf.G.abb.Tnul.,
io obsidet oppidum Sancti-Trudonis, quod oblentum cum ecclesiis igné cremavit *' l8i
xiu kalendas augusti. anno XXX (3) a priori concrematione sub domino
Henrico Pacifico. Hoc idem dux egit quum abbas Sancti-Trudonis Rodulphus,
ac eliam Gislebertus (4), ejusdem oppidi advocatus, cum civibus Henrico V
imperatori faveret, cui dux ipse adversabatur.
15 XIII. Incendie de Saint-Pierre à Loiwain, 4146.
Circa idem tempus, ecclesia Sancti- Pétri Lovaniensis crematur.
XIV. Mort et sépulture d'Olbert, 4448.
Obertus episcopus post multa preclara opéra vitam finivit... sepultus in g. d'0.,9
ecclesia Sancli-Lamberti in choro majori ante aram beale Marie.
20 XV. Compétition d'Alexandre de Juliers contre Frédéric de Namur,
4449.
LHctum ergo Alexandrum ecclesia Leodiensis récusât, dominumque Frede-
ricum majorem prepositum et archidyaconum recepit episcopum. Unde gravis-
sima persecutione tempestas exoritur. Hinc mucio desevit. Hinc edax flamma
25 (') Burchard, cvêque de Munster.
(*) Henri, comte d'Aslau, évéque de Magdebourg, 10R4-H07.
(3) Date plus exacte que celle de la Chronique de Saint-Trond. Voir celle-ci, note de C. de Borman,
I, 185.
(*) Gislebert, comte de Duras (1025-H56), (ils d'Othon de Looz et d'Ode de Duras.
Tome H. 3
18 CHRONIQUES LIÉGEOISES.
edificia consiimit. Ilinc violenta predonum manus ecclesiastica bona passim
diripit. Tanto autem turbini dominus Fredericus cum Leodiensibus obniti
cupiens, magis spirilualibus quain corporalibus arinis frelus. Alcxandrum a suo
Cf. G. d'O., metropolitano cum si bi adbcrenlibus excommunicattim nec tamen rcsipis-
G abb Trùd centem vel emendatum insequitur et coaclum in Huyensi caslro obsidet, obses s
1,198. sumque macliinis bellicis perurget. Verurn obsessi ercptionem nisus, dux
Eovaniensis cum copioso exercitu irruit a seplentrione et cornes ' ambei !ns (*)
a meridie. Dux autem, preusto Huyo, inelîicax rcvortitur. Cornes vero Lam-
bertus a comité Mamurcensi (2) non scgne auxilium suo episcopo prebente,
victus captusquc abducitur. Sic igilur Alcxander diflîsus, reddito castro, vcnit in 10
dedilioncni et, episcopalu coram effestucato, vix anteriorem honorum obtinuit
dignitatcm.
XVI. Fin de l'empereur Henri V, 4425.
Ea tempestate. imperator Henricus de Romanis ulcisci desiderans, festinato
cursu in Italiam. Romain obsedit Quibus contra cum incaute progressis, 15
plurimos eorum cepit, quos fcre omnes aut exoculavit aut denasavit. Deinde
reversus in patriam morboque correptus obiit in civitate Spira, sepultus juxta
palrem suum et avum.
XVII. Abolition de la main-morte. (Voir ci-dessus, t. I. p. 22.1
XVIII. Fondation d'églises, vers H2ë. (Voir ci-dessus, t. I, p. 23.) 20
XIX. Fondation de Saint- Gilles, sous Notyer.
G. d'O ., 98, 20-21. Episcopus Albero in ecclesia Sancti-Egidii... bona tribuit. Hanc ccclesiam,
M. ciiron belg., tempore Nolgeri episcopi, Guntrannus quidam joculator et mimus fundavit.
loo.
Cf. J. d'O., Qui relictis seculi vanitatibus, elegil in eodem nemore heremilicam vitam ducere.
IV, 335-336. £t ^uja perfcu j osus erat transitus in hospitalitatem cepit locum exercere. 25
(') Lambert, comte de Montaigu et de Clermont, liOli-1147. Voir : Roland, Les seigneurs et comtes
de flochefort, pp. 53-65.
(*) Godcfroid, comte de Namur, vers 1 I06-H59, fils d'Albert III.
CHRONIQUE DE JEAN DE BRUSTHEM. 19
Habebat idem Guntrannus ursum qui lapides edificii ipsius eeclesie attrahebat.
Quare multi Leodienses eum ex devolione frequentabant admirantes et inde
cum urso lapides ferentes. Quidam ex ipsis seculum relinquentes ei adheserunt et
cum ipso regulariter vivere ceperunt. Primus eorum prior extitit... Juditba u. d'0.,98,i9-3».
5 primitiva regularis ejusdem loci, sepulta un nonas decembris. Ad istam M. Chron. belg.,
..... . ... .. 154.
ecclesiam smguhs annis congregantur mimi veniuntque processionaliler cum Cf j d-0
luminaribus et oblationibus, nu feria post nativitatem beali Johannis Baptiste,
ob reverentiam quam erga socium suum Guntrannum habuerant, quem sepe Chr. S'-Laurent.
ad seculum reducere volebant. Fratres autem occurrunt eis cum cruce usque AmP'- c-> IV>
1 col. 1081.
io ad portam eeclesie. Alibi legitur quod canonici regulares in dicta ecclesia
fuerint primo tempore domini Oberti Leodiensis episcopi, sed per infortu-
nium quoddam, quod Leodii accidisse legitur anno XICXV, locum ipsum
reliquerunt (4).
XX. Consécration de l'église de Looz, 4430 (2).
15 Anno XlcXXX. in die sancti Huberti episcopi, dominus Alexander dedicavit
ecclesiam Lossensem in honore sanctorum Pétri et Pauli et sancti Odulphi
confessoris.
XXI. Bataille de WMeren, 4429. (Fol. 156 v°.)
Dux [Godefridus Lovaniensis] plurics exercitum suum ad Leodiensem Chapeav., H, 71.
20 movit civitatem ut eam vastaret, sed nihil profecit. ^ovissime statuerunt hi
rebelles filii episcopo Alexandro locum et diem certaminis in campis juxta
villam Wilre in cujus parochia situm est castrum Durachii. Nec defuerunt G. d'0., 98, «-«.
patrocinia beati martiris Lamberti. Cum suis tune episcopus Alexander... innu-
merabilem sub menibus Durachii fugavit et protrivit exercitum . In principio
23 conflictus terga vertebat exercitus episcopi ad fugam compulsus. uno tantum
cuneo in quo Huyenses erant et pauci admodum milites cum comité Arnulpho
Lossensi (3) rémanente, a quo postea exercitus Lovaniensis in maxima parte
(*) Cf. Gobert, Liège à travers les âges, t. III, p. 131.
(*) Voir L. IIalkin. dans Mélanges Godcfroid Kiirth, II, pp. 153-154, et dans Leodium, 1909,
30 pp. 154-158.
(3) Arnoul II, comte de Looz, 1 127-1 145.
20 CHRONIQUES LIEGEOISES.
G. d'O., cesus est et tandem fugatus. Detentnm est ibidem vexillum ducis quod gallice
' '*• standar dicitur... Dictum vero vexillum post annos plurimos inde deportabatur
per Leodiensem civitatem in rogationibus ab ecclesia beati Lamberti.
Nominatur autem eampns ilie ab incolis standar. in quo captum fuit, usque
in hodiernum diem. Summa vero eoruin qui ibidem mortui sunt fuit peditum 5
G. d'O., 99, 4-5. et equilnm IXCXXIIII (J).
XXII. Fondation de l'hôpital des Coquins.
Circa hec lempora, fundatum est Leodii juxta Sanctum-Christophorum
hospitale fratrnm Kokinorum ordinis sancti Augustini, positum sub ordina-
tione ac visitatione domini Ottonis (2) abbatis Sancti-Latirentii suorumque io
successorum.
XXIII. Famine.
His etiam diebus, hyems rigidissima liomines et jumenta intolerabili frigore
exlinxil. Poslmodum diuturnus et estuans ealor tantam siccilatem dédit ut,
frugibns exustis. maxima faines sequeretur, ymmo etiam ardens tellus maximo is
hominum terrore flammas evoineret.
XXIV. Mort d'Alexandre de Juliers, 4435.
G. d'0.,99,j9«. Alexander autem episcopus... egrotare cepit, emissoque voto de régula
Gf.M. Çlir.belg., canomcoriim jn Sancto - Egidio observanda, obiit... sepultus in medio
■157.
tenipli beati Egidii in Publico Monte, sine ponlificalibus exequiis. 20
(«) Nous ne trouvons mentionnée que dans Brustliem et dans le Magnum Chron. Belg. cette bril-
lante participation des Iroupes de I,ooz à la bataille de W'ilderen. Daris, Histoire des comtes de Looz,
t. I, p. 406, révoque en doute ce concours.
(*) L'hôpital de Saint-Christophe, fondé par Notgcr au dire de Jean d'Outremcusc, IV, 151, fut
incendié en 1 130 et rétabli par un chanoine de Saint-Paul du nom de Calixte. Cette date ne concorde 25
pas avec le gouvernement de l'abbé Otton de Saint-Laurent (1197-1227). D'après une charte de Saint-
Laurent de 1183, on voit que depuis longtemps l'hôpital dépendait de cette abbaye. Cf. Gobert, Liège
à travers tes âges, t. Il, p 427.
CHRONIQUE DE JEAN DE BRUSTHEM. 21
XXV. Désordres sous le règne d'Albêron II. Sa mort, 1 14S.
Sub his fere diebus, Leodiensium prelatorum regularis fervor cepit tepescere... G. d'O.,
Que enim latenter et in occulto facere consueverant, nunc manifeste et in publico ' ,6"103> *8-
facere non reformidabant, sicque factum est ut unde correctionis materiam sumere
s debuissent, inde polius audaciam nisi sunt (') sumere delinquendi. Sed utinam
sapèrent et intelligercnt ac novissima providerent Et qunm hanc delinquendi
vesaniam episcopo Albrroni lanquam Himis remisso plures imputabant. citatur
ad Apostolice Sedis presentiam et contra eum mittitur dominus Henricus
de Lays (*), prepositus et archidyaeonus majoris ecclesie et poslea episcopus. G d'O. ,101, «-ig.
10 Albero ab urbe regrediens Narnie (3) febre corripitur, Ortride moritur,
Ortine sepelitur.
XXVI. Fondation du prieuré de Saint-Nicolas en Glain, 1450. (Voir
Jean d'Octremeuse, IV, 407.)
XXVII. Fondation de l'abbaye de Leffe, HS2-4200 (4).
io Anno XICLII, dominus Gerlandus (5) Alemannus, tertius abbas Floreiïiensis cf. Hugo, Ann.
vir admodum religiosus, acquisivit ecclesiam Leflesen. que una ex antiquissimis
ecclesiis esse dicitur: nam eam bcatus Maternus primus Tungrorum episcopus
anno Domini CXXII consecrasse narralur In qua primo fuerunt moniales,
postea canonici seculares. Demum a Gerlando predicto instituti snnt canonici
20 regulares ordinis sui Premonstratensis, quique manserunt sub regimine abbatis
Floreffiensis per annos XLVIII usque ad annum XIIe. Tune ad Dei honorem
ipsa Leflensis ecclesia abbatia eflîcitur.
(') Les sept mois qui précèdent sont sautes dans le texte de Gilles d'Orval. Cette erreur de copiste
s'explique aisément par le double emploi du mot sumere. Elle nons amène à conclure que tout ce récit du
25 chroniqueur, loin d'être original, est emprunté à une source antérieure que Jean ileBrusIhem connaissait
encore au commencement du XVIe siècle. Sinon il faut supposer que Jean de Brusthem a utilisé un
manuscrit de Gilles d'Orval inconnu des éditeurs modernes et où le passage se lisait dans son entier.
(*) Henri de Lez, cité comme prévôt depuis i 140, comme archidiacre depuis i 141, jusqu'à son épis-
copat en i 145-1 164. Cf. Roland, La famille de Grand-Leez. (Ann. Soc. arcb. Namur, t. XXXVIII, p. 21.)
30 (i) Gilles d'Orval écrit Narme, version corrompue d'après G. Waitz, qui identifie avec Narni et Orte.
(*) Voir U. Beblièbe, Monasticon belge, t. I, pp. 124- 12S.
(*) Gerland, abbé de Floreffe, vers 1154-1175.
22 CHRONIQUES LIÉGEOISES.
XXVIII. Prise de Milan; transfert de reliques, H 63.
cf. j. d'O., Anno Domini XFLVI, Frederieus imperalor Alemannorum, post Pascha
IV 448-449
transiens Alpes, urbem nobiiissimam Mediolanum conlinuis VII annis obsidione
G. d'O., 104, s. vallavil. In qua expcditione Henricus episcopus impcratorom omni negotio et
consilio fideliter astitit. Anno autcm XICLXI1I, xv die niurlii, civitas ipsa s
famis necessitate afflicta capta est et deslructa soloque equata atque in burgis
tripartita, rescrvata tantummodo matrice ecclesia cura quibusdam aliis. Inventa
sunt ibidem eorpora trium magorum qui Salvatorem nostrum infantem adora-
verunt et ei munera obtulerunt. Hee primum Constantinopolim per Helenam
relata sunt. Postea a Constantinopoli per sanctum Eustochiura Mediolanum 10
translata. Que cum anno XICLIX in quadam veteri capella juxta Mediolanum
a civibus inventa fuissent, pre timoré iraperatoris ea levaverunt et in civitate
posuerunt. Factum est autem ut ibi tune cum esset Henricus episcopus. qui
valde charus erat imperatoii, predicta eorpora ad suam civitatem Leodiensem
obtinuisset transferre, morte preventus negotium infectum reliquit. Nam 15
archiepiscopus Coloniensis Raynoldus (*) ipsa sacra pignora una cum ossibus
sanctorum Maboris et Felicis ad Agrippinensem Coloniam transtulit ubi usque
hodie venerabililer requiescunt. Et sic Leodiensis ecclesia predictorum
magorum eorpora perdidit. que Henricus episcopus suis gravissimis sumptibus
et laboribus, quibus imperatori fideliter servivit, digne promeruit. 20
XXIX. Transfert à Liège du siège épiscopal de Ton grès (2).
Usque ad tempora Henrici episcopi, ecclesia Tun^rensis nomen episcopalis
dignitatis retinuit, quam beatus Hubertus ante annos circiter IIIICXL Leodium
(*) Reinold de Dasselle, archevêque de Cologne, 1159-1167..
(*) Nous ne croyons pas à la réalité de cet acte de translation du siège épiscopal. « Tongres avait 25
beau être le chef-lieu olliciel, les évêques avaient beau continuer de s'appeler évêques de Tongres, ils
étaient en réalité les évêques de Liège, et le jour ne devait pas tarder à venir où, jusque dans le titre
de leur dignité, le nom de l'ancienne ville serait remplacé par celui de la nouvelle. Ce ne fut donc
pas un acte formel des évêques qui mit Liège en possession du siège épiscopal, c'est l'action lente
et latente du temps qui finit par créer la prescription. G. Ki'irm, La cité de Liè'je nu moyen âge, 31)
t. I, p. 51.
CHRONIQUE DE JEAN DE BRUSTHEM. 23
(ranstulit, stabatque in eadem Tungrensi ecclesia sedes inconcussa in qua
electi locabantur et sub nomine Tungrensium episcoporum ordinabantur.
Verum Henricus episcopus de libro Sedis Apostolice simul et imperiali registro
Tungris deleri et Leodium inseri impetravit.
s XXX. Transfert des restes de Charlemagne, 4 4 67.
Anno XICLXVII (*), Fredericus imperator (2) Natale Domini celebravit Aquis- G. abbr.
grani ibique un kalendas januarii extrada sunt de sarcophago marmoreo in
dextro latere altaris béate Marie Virginis in regali ecclesia Aquensi sito ossa
beati Karoli Magni imperatoris, ubi sepulta quieveranl annis trecentis LU,
io et in niedio chori ante aram sancti martyris et episcopi Adalberti in archa
argentea decenter collocala per manus Heinoldi Coloniensis archiepiscopi ,
Alexandri Leodiensis episcopi aliorumque prelatorum et principum multorum,
presenlibus imperatore Frederico ejusque conthorali Béatrice (3), qui etiam
penia quedam regalia ibidem obtulerunt.
15 XXXI. Mort d'Alexandre d'Oeren et de l'archevêque de Cologne, 1467.
Cumque Fredericus imperator tertiam Italie egisset expeditionem essetque G.d'0.,108,«-îs.
cum ipso Reynoldus Coloniensis archiepiscopus alque Alexander Leodiensis
episcopus, rebusque prospère gestis, supervenit Rhomanis peslilentica clades
qua etiam Alexander Leodiensis episcopus in vigilia beati Laurenlii (4) anno
20 Domini XICLXVII ° repentina morte sublatus est. Cujus corpus relatum est
Leodium atque in majori ecclesia sepultum. Reynoldus autem Coloniensis
archiepiscopus in vigilia Assumptionis Marie decessit.
« X1CLXIX : cod.
(*) Le Gesta abbreviata rattache ce fait à l'année 1176. La date exacte est celle que fournit
25 Brusthera, puisque les restes de Charlemague, mort en 814-, sont restés pendant trois cent cinquante-
deux ans dans son premier tombeau.
(s) Frédéric Ier Barberousse, empereur, H 32- U 90.
(5) Béatrix, fille de Renaud, comte de Bourgogne, morte en 1185.
(*; In vigilia b. Laurentii : 9 août. La même date est indiquée par la Chronique royale de Cologne.
50 Gilles d'Orval donne 5» idus augusti : 9 août La Chronique de Saint- Trond dit &° idus augusti :
10 août.
24 CHRONIQUES LIÉGEOISES.
XXXII. Mort et descendance du comte Louis I" de Looz, 111 1.
G. abb.Trud., Ludovicus cornes moritur in idus augusti, sepultus in ecclesia hospilalis
Lossensis in Grathem sub sarcophago elevalo, quam nunc hegliuine tenent.
Erat cjus uxor Agnes (*) duoque filii Gerardus et Hugo; filie item due, Imena
uxor secunda Godefridi III ducis Brabantie et altéra uvor commis Egidii 5
Durassii. Successif igitur Ludovico filius Gerardus, anno Domini XFLXXV,
habens uxorem Aleidcm ex qua genuit Ludovicum comilem, Arnoldura
dominum de Zuylre postea comités, alium quoque filium dominum de
Lummey. Hic Gerardus una cum fratre suo Hugone. annuente matre Agnete,
concessit ville sue de Brusthemio certa privilégia, que in archivis ejusdem io
de S<-Tron«l, ...
i. 122-128. ccclesie contmentur.
XXXIII. Fondation d' Herkenrode, 1181.
Hic eomes Gerardus fundavit ecclesiam béate Marie cum cenobio monialium
Cistereiensis ordinis in Herkenrode, anno Domini XICLXXXI, ubi et dcfunctus
anno XI(:LXXXYIII una cum uxore Aleyde coram altari majori sepulluram ib
accepit.
(') Agnès, fille et héritière d'Otton, comte de Reineck.
Hugues mourut jeune peu d'années après son père. [Chronique de Sainl-Trond, II, p. 73.)
Après la mort de son mari en H 90, Imaine prit le voile à Munstcrbilsen et y devint abbesse. Elle
quitta cette abbaye, après 1205, pour entrer dans un couvent de l'ordre de Citeaux aux environs 20
de Cologne. En 1213, elle assista à l'enterrement de sainte Marie d'Oignies et, en 4214, elle devint
abbesse du monastère de Sainte-Catherine à Isenach.
Alix ou Aleyde épousa Gilles de Duras en 1172. (Chronique de Snint-Trond, II, p. 72.)
Louis I" eut deux autres filles : Laurette, épouse de Thibaut, comte de Bar, et Agnès, épouse
d'Otton Ier, duc de Bavière. Il mourut en Terre Sainte; son corps fut rapporté en Occident et enterré 25
» lli'rckenrode.
M. Daris, Histoire des comtes de Looz, I, p. 402, donne comme suit la descendance de Gérard et de
son épouse Marie, fille de Henri, comte de Gucldre : 1" Louis II, comte de I.ooz, 1 198-1218;
2° Gérard, comte de Reineck ; 5» Henri, comte de Duras; 4" Arnould III, comte île Looz. 1218-1221 ;
h" Thierry, <iui prit part à la quatrième croisade; (5° Imaine, épouse de Guillaume, châtelain de Saint- 30
Orner; 7» Mathildc, abbesse de Munsterbilsen; 8° lolande, épouse de Thierri de Heinsberg.
CHRONIQUE DE JEAN DE BRUSTHEM. 25
XXXIV. Fondation d'un oratoire en l'honneur de saint Thomas
Beckel. Uli.
Anno Domini XFLXXI, «loriosus Canlhuariensis ecclesie pontifex Thomas ... Cf. J d'O.,
occubuil. Quod cum, vulgante fama, venerabilis dominus Everlinus abbas
t Sancti-Laurentii Leodiensis percepissel, inox eodem anno primam eidem
sancto martyri aram cum oratorio construxit. Fueral namque dum viveret
amieus ejus familiarissimus et in studio l'arliisiensi conclassicus et sodalis.
XXXV. Lutte pour la succession de l'empereur Henri VI, i 197.
Henrico imperatore (*) defuncto, cum ex Constantia uxore sua unicum Cf. G. d'O, 116;
io filium procreasset nomine patris sui Fredericum, Otto lJiciavinus (2) ad n» \'\$i 1198.
Allemanniam est directus cum suis complicibus. et in primis locum Aqucnsem
obsidione circumdat et aggreditur. Et cum de facili non posset locum
expugnare. statim illos qui ad tuitiontm loci vénérant pecunia seducit, qui.
portis apertis, Ottonem cum suis admittunt. Qui festinanter ut in regem
15 Allemannorum inungen lur summo desiderio anlielabat. Adulphus autem,
Coloniensis archiepiscopus (3) et primus hujus promotionis, Albertum epis-
copum Leodienscm, qui specialiter consecrationi et inthronizationi régie
interesse ex more debito lenebatur, solerter monuit et instanter evocavit.
Albertus vero, cum multa indignatione animi. slomachanles electionem hujus-
20 modi et promotionem hominis advene et ignoli qui sine assensu majoris
vel sanioris partis principum regni in regem inungi temerarie presumebat
subsannando. assensum suum facto tam infausto se nunquam prestiturum
constanter asserebat. toto corde, Iota mente, totis viribus adherens Philippo (4),
qui nomine tutoris partem Friderici pupilli se tueri (une temporis publiée
2a (*) Henri VI, empereur, 1190-1197, fils de Frédéric I", Barberousse. Il avait épousé Constance,
fille de Roger, roi de Sicile.
(2) Otton IV, duc de Saxe et comte de Poitou, fils de Henri le Lion, duc de Saxe, et de Mathilde,
sœur des rois d'Angleterre, Richard Cœur de Lion (1189- H 99) et Jean Sans Terre (I I!l9-1210^.
(3) Adolphe d'Altena, archevêque de Cologne, 1195-1205 environ.
30 (') Philippe, cinquième fils de Frédéric Ier, créé duc de Toscane en 1 195, duc de Souabe en 1196,
institué tuteur du jeune Frédéric II. son neveu, par testament de l'empereur Henri VI.
Tome II. 4
26 CHRONIQUES LIÉGEOISES.
profitebatur Adulphus autem quocumque modo rem summo studio intcndens
effectui manciparc, die solemni in oçtavis l'enthccostes in ecclesia Aquensi
Otlonein in regem ymmo ul vérins fateamur, in rcgulum solemniter sed
imprudenter et impudenler coronavîl. Licet Otto vir esset regio sanguine, ex
sorore (J) nepos Richardi Anglorum régis, vultus elegantis et procere stature, 5
tamen ejus regnum brevi claudebatur termino, quum ipsius doniinium vel
eirea Mosam, nec ultra Khenum aliquatcnus cxtcndebalur. De omnibus
Germanie et Mlemannie sola Colonia ejus subjecta erat principatui. Philippus
omnibus modis quibus poterat iliorum animos qui favebant Oltoni suo favori
nilebatur inclinaie. Inlerea rex Otto, uti erat nimium presumptuosus, dolet to
plurimum et fert indignanter dominium suum tam angustis linibus in suam
iguominiam eoartari, et episcopatum Leodiensem sibi vicinum et quasi sub
alis suis constitutnm, née tiimen suis accrescere titulis nec sue submitti
jurisdictioni. Unde fréquenter interpellât Alhertum Leodiensem episeopum
ut sue posset subjicere voluntati. Sed Albertus constanti lirtnans proposito 15
animum suum nunquam in Ottonis consensum venturum, nec prece demul-
cetur, nec precio mitigatur, nec minis emollescit, nec blandimento quoquo
modo acquiescit. Ymmo, quod Ottonis animum amplius exasperare debuerat,
euui idem Otto die quadam iter faciens i>« odium declinasset, inhiberi jubet
Albertus publica voce preeonis ne aliquid vénale Oltoni exponalur. Hinc 20
colligere cepit Otto rancorem immoderalum, continue ab illa die et deinceps
exosain habens Leodiensem civitatem, velut exitus aela probavit et sequens
leclio sub tlugone clarius manifestabit.
XXXVI. Reliques. Famine. Processions (Voir ci-dessus, t. I, p. 26.)
XXXVII. Baudouin de Constantinople 25
Anno eodem vel, secundum alios. anno precedenti scilicet XGVI, mortuus
est fidelis et slrenuus adjutor Alberti episcopi, dominus Balduinus cornes
Hannonie, Flandrie et Namurci (2). Cui successif in comitatibus Hannonie
(•) Lisez : ex maire nepos. Voir note "2 de la p^ge précédente.
(*) Baudouin dit le Courageux avait succédé, dans le comté de Ilainaut, à son père Baudouin IV, 50
eu 1171, sous le nom de Baudouin V ; à Philippe d'Alsace dont il avait épousé la sœur Marguerite,
dans le comté de Flandre, sous le nom de Baudouin VIII, en 111)1 ; à son oncle Henri l'Aveugle, frère
de sa mère Alix de Namur, comme marquis de Namur, en 1194. Il mourut en 119b.
CHRONIQUE DE JEAiN DE BRUSTHEM. 27
et Flandrie primogenitus ejus Balduinus (d) : in comitatu vero !Nainurci
Philippus filius cjus junior (2). Menricus vero, lercius ejus filius (3) remanet
sine comitatu sed poslea faelus est imperator Conslantinopolitanus. am
Balduinus predictus, qui pro Ralduino in comitatibus Flandrie et SSannonie
5 successif, lempore Hugonis de Felraponte, scilicet anno Domini XIFilII, cum
multis aliis pcrcgrinis de terra sua cgressus fucrat ut subvenirct Cbristianis
in Paleslina. Consilio domini pape innocenlii transiens Constantinopolim
et, cxpulsis seu interfcctis muilis proditoribus Romane ecclcsie adversariis,
electus est imperator Conslantiiiopolitanus, dominica qua canlatur Jubilate.
10 Quo non muito post in bello a quodam Johanue de Blac pcrempto (4), vir
illustris frater ejus Henricus supradiclus rexit imperium anni> Xi, cepitque
imperare tempore Hugonis episcopi, anno Domini XIICV.
XXXVIII. Mort des fils du comte de Moha. Pèlerinage du comte en
Palestine; il en rapporte des pierres précieuses pour en orner la châsse
15 de saint Lambert. Voir Jean d'Outremeuse, IV, 5tit)-S68.)
XXXIX. Election de Guibert-Martin, abbé de Gembloux, 1195.
Hic Albertus episcopus electionem abbatis Gemblacensis (5), vacante sede
Leodiensi factam et ab archiepiscopo Coloniensi approbatam et confirmatam
admittere noluit nisi cerlam pecunie summam acciperet. Quod abbas ulpote
20 illicitum committere noluit; sed monaebi, ignorante abbate, collectam
pecuniam episcopo dederunt. Quod cum abbas viee quadam ab episcopo
invitatus percepisset, mente consternatus super hujusmodi articulo, aposto
licam Sedem consuluit. Ad quem Innocentius papa III in hune modum Décret. Greg.ix,
rescripsit, ut habetur sub titulo de simonia in antiquis, libro V, cap. Sicut tuis. 'èa^xxxni1'
25 («) Baudouin IX de Constantinople, comte de Flandre, 1194-1202.
(*) Philippe 1er, dit le Noble, marquis de Namur, mort en 1212.
\fj Henri de Flandre, couronne empereur à Sainte-Sophie, le 20 août 1206 j mort à Salonique
en 1217. (Voir plus loin : Ll.)
(*) La plupart des historiens disent que Baudouin de Constantinople fut pris pur les Bulgares,
30 le 14 avril 1205, dans la défaite d'Andrinople et mourut peu après dans les fers.
(5) Guibert-Martin, abbé de Gembloux, 1193-1204 environ. (D. U. Berlièhe, Mvnastkon, t. 1, p. 20.)
28 CHRONIQUES LIÉGEOISES.
XL. Hugues de Pierrepont, 1200.
G. d'O., 117, b. Hugo... eligitur pro Alberto in episeopum a die obitus ejusdem Alberti
Alb., aH-iOO, de Cuyek episcopi (J) mcnse nondum transacto. Hic licet primurn vagus
'■' fuerit et dissolutus, vilain tamen postea corrigens in melius, mulla in episco-
palu laude dignissima fecit, proul cjus gcsta scqucnlia cvidentius déclarant. 5
G.il'O, H 7,»-58. Eleclus igitur communi omnium assensu... honorilïce suscipitur.
XL1. Fondation de Val-Saint- Lambert , 1202
G.d'0.,117,M-«. Anno secundo episcopalus sui, doininus Hugo, una cum comile Clarimontis (3),
M. Chron. belg., cenobium... fundavil, quod et Vallem Sancti-Lamberti nuncupavit, ubi etiam
multa bona contulit, cujus primus exlitit abbas dominus Gerardus, monachus 10
Siniacensis, et hoc initium bonoruni operum ejus fuit.
XLII. Guerre du lirabanl contre le comte de Looz, 1203.
G. d'O.. 118, •-:,. Circa idem tempus, orta est dissensio inter ducem Brabantie Henri-
cum I (3) et Ludovicum comiten Lossensem (4) propter trecensum, ut vocatur,
Sancli-Trudonis ad jus ecclesie Metensis perlinenlem. i\am Henricus dux jam is
G. abb. Trud., antea. anno ducalus sui secundo (s), destruxerat ftinditus alque subverterat
ni ii 17' castra m Durassii, quod tamen poslmodum anno sexto (6) reedificavit. Et ob
G. d'O., 3-18. eamdem causam dux ipse Brabantius adversus comitem predictum Lossensem
arma suscepit. Quare cornes Ludovicus omnia castra... turribus civitatis.
(«) Albert de Cuyek mourut le 2 février 4200.
(s) Gilles de Duras, comte de Duras, de Clcrmont et de Montais". Voir Roland, Les seigneurs
el comtes de liochcfort, pp. 82-81. Les actes relatifs à la fondation se trouvent dans Fisen, I,
pp. 282-283.
(3) Henri !", duc de Brabant, mort en I2ÔK. II est qualifié du titre de duc, du vivant de son père
Godefroid III, en I 180 et même déjà en H 72.
(*) Louis II, comte de Looz, 1195-1218.
(6) En 1l8i, d'après la Chronique de Saint -Trond, II, 174.
{' En 1189, d'après le même récit, II, 175.
CHRONIQUE DE JEAN DE BRUSTHEM. 29
XLIII. L'hôpital de Saint- Mathieu à la Chaîne. Statuts de Gui de
Palestrina, 4205.
Eodeni anno. predictus dominus Guido Prenestinus... (') novum hospitale, G. abbr.
quod Cathena dicitur, benedixit el eunidem locum visitantibus... septimam
s partem penitentie injuncte induisit. Hoc hospitale ab initio fundavit Helliniis
abbas Sancte-IMarie (2). quod et subsequenti tempore ampliavit et auxit major
decanus Walterus de Cravechin (3), qui ex dono comitis Namurcensis personas
in eo utriusque sexus pauperes et impotentes congregavit et... ibidem sepulturam
accepit.
tu Deinde legatus reformationibus cleri intendere cepit. intellegerat enim Cf. G. abbr.
canonicos per totum episcopaluin non in suis dormiloriis sed, quod oninino
detestabile est, cum suis dormire fornicariis. Quibus desuper leges et statuta
salubria decrevit et quedam alia presertim circa ecclesiam majorem ordinavit,
prout in epistola super hoc confecta plenius continelur. Sequitur epistola...
î5 XLiV. Prise de Constantinople pur tes Croisés, 120b (4).
Eodeni anno, Constanlinopolis capitur. Balduinus namque cornes Flandrie Cf. Chr. de 140"2,
et Hannonie cum fratre suo Henrico (5) aliisque plurimis clericis et laicis
Leodiensis dyocesis iter Hierolo^omitane peregrinationis arripientes, portum
Venetorum sub ductu fortune subjiciunt. Cum istis ad iter prenotatum multi
30 accinguntur episcopi et innumerabiies ecclesiarum prelati, duces, comités
ac diversarum nationum optimales cum incomprehensa mullitudine etiam
exterarum provinciarum. Veneti hos omnrs in dolo circumvenientes nequa-
quam aul naves aut victualia eis voluerunl exhibere, nisi prius Gazaream
(») Guy, cardinal-archevêque de Palestrina. 1200 a 1221.
25 (') Hcllin, abbé de Notre-Damc-aux-Fonts, mort vers Ut 8, cf. Leodium, 1909, p. 08, el L. I.ahave,
Les paroisses de Liège, dans B. I. A. L., t. XLV1, p. 70.
(*) Gauthier de Chauvency. Voir De Theux, Le chapitre de Saint-Lambert, i, 159-102, et L.Lahave,
op. cit., p. 71.
(*j Nous avons ici un récit emprunté à la même source, mais plus développé que celui de la
30 Chronique de U02.
(s) Voir ci-dessus : XXXVII, page 26.
30 CHRONIQUES LIÉGEOISES.
civitatem Vendis sxibjugassont ; nam in eadem dux eorum caplus fuerat et
cecatus. Quod cum mullo labore fecissent, dominus papa Innocenlius, rogalu
régis llungaric, omnes peregrinos supradictos excommunicavit; nam civitas
Gazarea dominio el potestatî subjecta eral régis îlungarie. qui cruce signalus
protectioni pape siibmiserat universa que possidebat. Transmittitur ad Apos- 5
tolicum pro absolutionis benelicio, quod tamen nullo paclo obtinere potuerunt,
nisi Alexium juvenem imperatoris filium Home commorantem Constantinopolim
redneerent et in sede imperiali patris sui ipsum relocarent. Ouod similiter cum
fecissent. multa a Grecis adversa suslinuerunt. Sed tamen peregrini predicti
armis accincli strenue civitatem opprinuint: itéra to eives vincunlnr et urbs io
ipsa Constantinopolilana capitur, anno Domini XIIC1V, idus aprilis sabbato
sancto Pasche. Sic urbis Constantinopolis dominio jam secundo potiuntur.
(Jonstantinopoli itaque pro suis culpis justo judieio recompensavit Dominus
duplicia. quoniam que bactenus innumerabilium spolia provinciarum obti-
nueral et sibi retinuerat ad presens spoliatur. et non solum forenses sed etiam 15
ecclesiastice persone una cum ecclesiarum suarum bonis et maxime ornamentis
et reliquiis in rapinam abducunlur; diripitur equorum innumera multitudo;
auri et argenti, pretiosarum vestium. gemmarum eorumque que inter divitias
computantur tam inestimabilis habundanlia reperitur ut tantum possidere
thesaurum tota latinitas vix crederetur. Alox Balduinus, cornes Flandrie et 20
Hannonie in imperatorem coronatus et inunctus sublimatur. Qui infra unius
anni spatium a natali solo recedens Gazaream subjugavit. (Constantinopolim
bis occupavit et ad imperii culmen ascendit lNecdum tamen annis duobus
regnavit, nam in congressu quodam cum Bulgaris interceptus ultra non
comparait. Frater ejus Henricus in imperium subrogatus fines imperii sui 2b
laudabiliter ampliavit. Capta igiiur urbe, divitie reperle sanctorumque reliquie
per universum orbem disperguntur. Pars capitis beati Johannis Baptiste, que
faciem demonstrat, a quodam canonico \mbianensi Ambianis transfertur.
Sed et dominicum quod per Helenam de Hierosolimis translatum auro et
gemmis preciosis insignitum, in maxima veneratione babebatur ab episcopis 50
qui présentes aderanl. incisum et cum aliis preciosissimis apostolorum et aliis
sanctorum reliquiis per nobiles quosque partitur et postea, eis ad natale solum
reverlcnlibus, per ecclesias et cenobia distribuitur. Preterea in Leodiensi
CHRONIQUE DE JEAN DE BRUSTHEM. 54
parochia de eisdem reliqtiiis ditate sunt plures ecelesie. In ecclesia béate cf.M.Chr. belg.
Marie Huyensi portiuncula de corona spinea Christi ad quantitatem unius
digiti longa et grossa absque spinis, sed est de calamo et adhuc patent vestigia
cicatricum ex quibus spine fuerunt evulse. In ecclesia Sancte- Marie
s Trajecti servatur de eisdcm reliqniis in cruce aurea grccis litteris sculpta
portiuncula dominice crucis, Iongitudinis unius magni cubiti et latitudinis
duorum digitorum : tabula quoqne aurca contincns crucem dominicain quam
Constantinus Magnus in bello super peclus portabat. In ecclesia Sancti-
Albani martyris Namurcensis videntur quattuor tabule auree et in qualibet
îo portiuncula ipsius ligni salutaris. In ecclesia Floreffiensi, maxima pars
crucis, quam Philippus cornes Namurcensis. frater novi imperatoris cum aliis
sanctorum reliquiis ibidem reposuit. In castro Namurcensi, dens beati
apostoli Pétri, capul sancti Pauli episcopi et confessons, aliorumque ibidem
sanctorum habentur reliquie.
to Predictus cornes Philippus has binas ecclesias, scilicet beati Pétri in castro cf. G. abbr.
et Sancti- Albani martyris bonis multis dotavit, clerum quoque earundem
ordinavit. prout in scripto Guidonis Iegati plenius continetur.
XLV. Guerres de Henri Ier de Brabant (d).
Postquam Balduinus, cornes Hannonie et Flandrie in imperatorem Constanti- g. abbr.
20 nopolitanum est sublimaius. Henricus dux Lovanii dominium totius Lotharingie Chr. roy. Col.
sibi soli reputans esse relictum (2), cepit more JNemroth robusti venatoris ' '
impetuosum gladii sui furorem in vicinas rotare gentes, et in copioso exercitu
descendit primum in Hollandiam, quam auxilio Philippi [Namurcensis comitis,
sue penitus subjugavil ditioni, coniilemque Theodericum (3) cepil et Gelrensis
25 comitis consilio fines ejus igné vastavit. Perpendens autem fortune favon m in
applausu sibi arridere jucundo, audacler apponit apprehendere etiam comitem
(4) Nous avons ici un récit emprunté à la même source, mais plus complet que celui du Gesla
abhreviata. Ce récit fait immédiatement suite au précédent. Tous deux dérivent probablement de la
même source.
30 (•) Dans le texte abbrégé du Gesla abbreviata, ce passage devient inintelligible et erroné, comme
le remarque G. Waitz dans son édition M. G. //. SS., XXV, 153, note 8.
[3j Thierry VII, comte de Hollande, 1190-1203.
32 G1IR01N1QUES LIEGEOISES.
Gelrie Géranium ('), qut'in primo congressu sue submisi t ditioni, vinculo
fldelitatis sibi illum l'ederans et nexu homagii. Quem postea die solemni «atalis
Domini proditiose captum coegit spondere solutionem III M marcharam
Colouiensium. Lit autem repromisse pecunie solutiouem celerius cornes
expedire valeret, precibus obtinere contendit qualenus libertati prisline 5
restiluerelur. Verum dux consentire reouil douce loco patris filins primo-
genitus, qui poslmodum spoliationi civitatis Leodiensis interfuit, in arcta
custodia vinculis mancipetur. Animadvertens cornes injuste terre sue
depopulationem, sui suorumque optimatum inhonestam detentioncm, suique
filii incarcerationem. de prudenti consilio episcopi Trajeclensis Tbeoderici (*), 10
Hugonem Leodiensem episcopum aggreditur et homagio ligio esse illi constrin-
gens, universum allodiura suum a ponte Trajecti usque Ruremundam per
manus Henrici ducis Lymburgensis et Philippi comitis Namurcensis, solemniter
sancto Lambert o contulit ipsumque de manu Hugonis episcopi relevavit.
At Hugo episcopus perpendens quam discreta debeant esse diversarum perso- 15
Ad Rom., XIII, 7. narum mérita, dicenle apostolo l'aulo : Gui bonorem honorera, cui vectigal
vecligal, cumque dux Lovaniensis comiti Gelrie indebitum imposuerat jugum
servitulis, atque ideirco voleas hominis sui injuriam ab aliéna violeniia modo
competenti decenter tutari, Henricum ducem predietum convenit, consulte
proponens monendo et monens proponendo quatenus ab incepta injuria et 20
injusta vexatione comitis Gelrie vasalli sui bénévole désistât et obsidem,
videlicet comitis filium, résolu lum honorifice patri restituât. Dux vero dum
Ps. LVll, 4. admonitionem salubrem nec audit nec exaudit, sed, more aspidis surde
obturantis aures, quolidianam episcopi instantiam quasi subsannando
preteriret. preeum blanditiis succedit minarum asperilas, et effrenis ducis 25
animus petilioni, ymo jussioni episcopali, licet nolens et invilus, tandem
tamen consentit, concedendum potins reputans quam aculeo calcitranti
repugnandum. Injustam itaque exactionem tri 11 m millium marebarum comiti
Gelrie indebito faclam dux iibere remitlit et filium a vinculis absolutum
libère eidem restituit. 30
(«) Gérard IV, comle de Gueldre, mort en 1229.
(») Thierry de Nuenar, cvèque d'Utrcclil.t 198 1212.
CHRONIQUE DE JEAN DE BRUSTHEM. 55
XLVI. Fondation de Val- Dieu et de Val-Notre-Dame, 1216.
ho tempore, constructa est abbatia dicta Vallis-Dei cisterciensis ordinis, et in G. abbr.
capite jejunii ejusdem anni, adductus est illic conventus a Guidone abbate
nono Sancle-Agalbe Hochlensis. cum ibidem permansisset annis XL et amplius.
5 Factus est ipse Guido primus abbas Vallis-Dei et ultimus Sancte- Agathe
predicte, quia mox post discessum ejus a cenobio prememorato locate sunt
in ipso Hochtensi monasterio moniales cisterciensis ordinis assumpte de
cenobio Sancti-Salvatoris in monte Aquensi, quarum fuit prima abbalissa soror chr. del4o-J,
Helwigis, mulier humilis et devota. Cum vero Albertus cornes de Muha (*) 1S0-151.
10 ipsarum intellexisset penuriam, sancto tactus spiritu, de consensu Hugonis
Leodiensis episcopi , ad quoddam hospitale situm in valle inter Wangias et
Vinamont prope Huyum eas adduxit et ibidem ecclesiam in honore Virginis
gloiiose Marie ediflcavit, ob cujus reverenliam abbatia ipsa nuncupata est
Vallis-Nostre- Domine. Quam quidem abbatiam idem cornes multis dotavit
15 possessionibus. Pro situ vero ejusdem abbatie a quo moniales Wangie aliquid
exigebant, lenentur abbatissa et conventus Vallis-Nostre- Domine annuatim
dictis monialibus in tribus denariis aureis persolvendis.
Contigit eo tempore ut Albertus cornes de Moha ex uxore non posset heredem Triumph.s.L.,
suscipere... que omnia prefatus dominus Wilhelmus, demptis paucis, de manibus 1 ,!3; '27'
20 pessimorum excussit. Fuit hic Wilhelmus dominus de Perweys frater ducis ex
pâtre tanlum, cujus mater fuit Imana ° (2) filia comitis Lossensis. Ingressus
dux nequam palatium suaque jam pastus... et dictorum sigillis principum firmius
roboralur.
a Margareta : cod.
25 (») Albert III. comte de Moha, 1 180-1212.
(•) L'erreur du manuscrit, portant ici Margareta, est corrigée dans le manuscrit même par une
note ajoutée d'une main postérieure : Imana secunda uxor sui patris, cujus prima fuerat Margareta
filia llcnrici ducis Lymburgensis, ex ducis Lotharingie. Godefroid III, duc de Brabant, eut de sa
première femme Marguerite, fille d'Henri Ier, duc de Limbourg. mort en H 72 : 1° Henri I", son
30 successeur, mort en J2Ô5; 2» Albert de Louvain, évéque de Liège, assassiné à Reims en 1192. Il eut
de sa seconde femme Imaine, fille de Louis I" de Looz : 1° Guillaume, tige des seigneurs de Perwez;
2° Godefroid de Louvain.
Tome II 5
54 CHRONIQUES LIÉGEOISES.
XLVII. Déchéance d'Ollon IV, 1240 (').
G.abbr.,a»l2i2. Intérim dum tractatur de pace componenda, Tbeobaldus. cornes Barensis (2),
elam collecta militari manu, terrant episcopi ultra Mosam latenter invadit et ad
favorem ducis obtinendum. munitionem episcopi apud Uffey, turrim erectam
in dolo adéquat solo et prosternit. Attente igilur Dominus devolis gloriosi s
presulis et martyris Lambcrti snpplieationibus provocatus. primum in Otlonem
eo tempore adhuc impcratorem ultricem manum suam evidenter convertit.
(lum enim nocte quadam cum conjugc sua (3) in maritali tboro recumberct
illa de latere suo subito mortua miscrabiliter est abslracta. Quo siquidem
ru more diffuso, tola Suevia simul et Bavaria ipsius dominio se substraxit. to
Et quinii excommunicationis scntentiam ab apostolico presule in ipsum latam
et per universam llaliam alque Alemanniam promulgatam contempscrat neque
ad cor reversus emcndam Ecclesie prestiterat, unanimi principum imperii
consensu, auctoritale apostolice Scdis. ab impcrio irrefragabiliter deponitur,
atque sub interminatione analbematis ne quis Ottoncm de cctero nomine régis 15
vel i in pera loris designare audeat, districtius inhibetur.
XLVIII. Bataille de Steppes, 4245.
Triumph. S. L., Dum autem Eerrandus (4) cornes ducem Henricum postea super pactione...
Interea Namurcensis cornes Philippus sine libcris e vita discessit, et Petrus
Cf. Rein. Ann., cornes Autisiodorensis (5), qui sororem Pbilippi babebat conjugem, in comi- 20
ta tu Namurcensi succedit. Dux autem convenit Francorum regem Philippum...
ad locum reversa est nibil inveniens spoliorum que Lossenses jam antea
rapuerant.
(i) A la mort d'Henri VI en 1198, son (ils Frédéric M, né en 1194, et déjà élu roi des Humains
en 1196, fui de nouvesu proclamé sous la régence de Philippe de Souabe, cinqtlii me fils de l'empereur 25
Frédéric 1er. Mais en même temps, quelques princes étirent Otton IV, duc de Saxe et comte de Poitou.
(V Thiliaud, comte de Bar, 1191-1214.
(3) Otton IV avait épouse, en 1210, la lille de Philippe de Souabe, son rival, Béatrix, qui mourut
la même année. Il épousa, en 1214, Marie, lille du duc Henri I" de Brabant. (Voir ci-après.)
(*) Fernand de Portugal avait épousé Jeanne, fille de Baudouin IX, en 1211. Il mourut en 1253. 50
f) Pierre de Courtenai, comte d'Auxcrrc, époux de Yolande de Hainaut, sœur de Philippe 1" dit le
Noble, comte de Namur de H 96 à 1212. En 1217, il partit avec sou épouse pour Constantinople pour
succéder à l'empereur Henri el laissa le comté de Namur à son fils Philippe II. Cf. plus loin, Ll, p. 40.
CHRONIQUE DE JEAN DE BRUSTHEM. 33
Celebrata est hec Victoria, auxiliante suis gloriosissimo martyre Lamberto, Triumph. S: L
xiu die octobris, dominica die qua cantabatur : Justus es, Domine, et rectum 184,> IS""
judicium tuum, anno Domini XIFXIII, indiclione prima, hora diei tertia, in
loco qui custodia sive gardia de Stips nuncupatur. Cecideruntque in hoc Triumph. S. i..,
s certamine ex parte ducis circiter tria milia, qui omnes excommunicati erant, ' 48"18"' ;'
capli vero vM, prêter eos qui de peregrino exercitu corruerant. Leodiensium
vero tantummodo xv viri cesi sunt. De qua sunt hi versus :
Anno milleno C bis 1 cum duodeno,
Legia vicisti Brabantos nocte Calisli.
to Hinc captivati sunt V ter mille necati.
Ex quibus, exemptis alienis sicque peremptis,
Nostrorum seni ceciderunt atque novem.
Jam diei illius hora nona venerat... ipsumque oppidum Leewis [episcopus] Triumph. s i..
omnimodis in favillam redegit. Similiter et Landis, oppidum tune magnum 185,2-
13 et famosum, penilus dissipavit. Quod postmodum anno Domini XIICXXX
restauralum est et in parvum oppidulum restrictum. Neque enim potentie Triumph S. i. ,
episcopi adversariorum ullus audebat resistere, tantummodo fuge presi- ' 18H
dium expetentes. Consiliarii autem ducis ejusque famîliares qui illius animum
ad depopulationem civitatis Leodiensis specialiter inflammaverant, hi fuerunt
20 Gerbertus quidam phariseus, decanus aliquis Thenensis (*); Balduinus scolas-
ticus Lovaniensis, qui relicto habitu monastico, a domo quadain Afflighemiensi
aposlatavcrat; Hobinus, miles quidam Thenensis; Reinerus eanonicus Hugar-
densis, scriba ducis, totius adinventor fraudis el prodilionis. Qui qualem
sue nequitie mercedem perceperunt audiamus. Gerbertus inopinata morte
25 preventus est in stratu suo dormiens prefocatus. Hujus cadaver nullus terre
sinus capere voluit, sed super arborem quemdam ad extremum projectum
contabuit. Consimili fine Balduinus miserabililer interiit. Hobinus carceri
régis Francie mancipalus omni penarum génère addicilur. Rcinerus vero lecto
accumbens phreneticus, lingue sue devoralor et manducator est effectus. Et
50 quid per singulos discurrimus? JNon est plane vel unum reperire de majoribus
Brabantie, Flandrie sive Alemannie qui civitatis Leodiensis desolationi inter-
(4) Voir Triumphus S. Lamberti in Steppes, chap. IX, p. 180.
56 CHRONIQUES LIÉGEOISES.
fuisset et non alicujus inforlunii exituin consecutus fuisset. Sed quid nunc de
comité Gelrie dicemus? Prius siquidem Leodiensis civilas a Brabanlis violata
est, qui pretiosa queque jam subtracta asportarant. Post hec supervcnientes
I tireuses nec aiiimum nec manum a violenlia retraxerunt. tjuin veluti canes
famelici per civitatem discurrentes, que ïirabanli ut vilia contemnenles 5
reliquerant. tanquam pretiosa estimantes rapuerunt Collegerunl ilaque et ipsi
singulas sarcinas quas onustalis navium stationibus per iMose alveum ad
lerram suam trausmiserunt. Scd quid idem consecuti sunt? Otto imperalor,
militari coagitata copia, ex insperato fines exoccupans comitis Gelrie. gladio
depopulatur et igné, nec manum revooat crudelem donec funditus omnem 10
Cf. Rein. Ann., circumquaque deleverit regionem usque Kuremundam. civitatem opulcntam,
a° 1214, p. \U\.
que et ipsa pemlus vastata est.
Cf. Kein Ann., interfectorum etiam in btips cadavera diu inhumata jacuerunt, quibus
a° 1"13 p 112
devorandis canes totius regionis concurrentes die noctuque incumbebant,
sicque canum timon; nemo ad ea humandum audebat accedere. Cumque 15
in vicinis pictate motis multa corpora in profundissimam foveam fuissent
projecla, canes, cadaveribus spretis super lerram jaeenlibus, unguibus sepulta
exlrahebant et dentibus.
Triumph. S. L., Meuse octobri die xx, cornes Flaïubie Ferrandus... ubi tempus suis perspexisset
185,51-186, îu. ... viil'irvmi • , ,
Cart. S'-Lamb. yotis congruere. \ erumtamen anno :,'omini aIP'XWII, m festo Dccollalionis 20
I, chartes 175 Dealj Jolmnnis-Baptiste, Henricus dux ad cor reversas in oaslro Warhemie
omnem quam habere posset aclionem ad dominia de Moha et VValevia, una
cum primogenilo suo Henrico, pro expiatione sui criminis et anime sue salute,
quitavit episcopo et ecclesie, solvitque. pro illatis damnis xcmliv Valencenenses,
perpétua deinceps pace cum episcopo et comité juramento firmala. Quam quis n
violare presumpserit ta m ipse quam heredes sui perpeluo deputentur exilio.
Acta sunl hec, presentibus Fgidio îJcrtholdi, Waltero Bertholdi, Leonio
castellano Bruxellensi (1), Godcfrido de Perweys, Arnoldo de Waelhem ('),
Arnoldo de Weezmale (J), etc.
Anno Domini XIPXIIII, mense aprili. Fredericus rex 8icilie, tlectus in 30
Triumph. s. L., imperatorem, contra Oltonem regem eonfligens in Alemannia mirifice trium-
r iA2°iiQ,! nhavit. Otlo aulem fusains ab Augusto Rhenum transire... Victorie Bulloniensis
li.u u.,llo,Bo-ra. ' D c
(*) Voir Fh.-L. Ganshof, Les ministeriales en Flandre et en Lotharingie, pp. 121, 107 et 92.
CHRONIQUE DE JEAN DE BRUSTHEM. 37
recolitur memoria. Subséquente mense maio, dux Henricus primogenitam suam
iMariam dédit Ottoni régi conjugem, cum nonum etatis ageret annum, ut de
Leodiensi diocesi quanrloque ad libitum plenam reciperel ultionem. Hec Maria se
postmodum seripsit dominam de Helmont. sub tenore hujusmodi : Maria Oei
5 gratia quondam imperalrix Bomanorum, filia ducis Lotharingie et Brabanlie.
Cum inter monasterium Averbodiense ex una parte ac domines in dominio
nostro de Helmont super paludc juxta curiam de Stercsel orta esset
dissensio, elc Datum anno Domiui MCCXLVI (1). Fuit preterea etiam domina
in Arendonck. ubi usque hodie apud seniores nuncupatur imperatrix repuisa.
10 Anno autem gratie XIICXIIII, mensis julii su, apud Nivellam... vacuus est fide Triumph. S. L.,
, ■ .... 187, 23-188, 33.
et justifia.
XLIX. L'empereur Frédéric 11, 12U-12I5.
Factum est autem postquam Philippus rex Francorum percusserat exercilum
Oltonis et suorum, Fredericus rex AUemannorum et Sicilie, mense septembri,
15 exercitum cnpiosum et miri apparatus opulenter eongregavit, VM mililum suo
ducens comitatu. Tendens autem Aquisgrani per Confluentiam Mosellam
transiens, terram comitis Juliacensis (2) subintrat. Audito consilio quorumdam
ne ad presens locum Aquensem vallaret donec Brabantie fines sue potestati
subjugaret, Trajectum se contnlit. Cui occurrit Hugo Leodiensis episcopus
20 cum sexcentis fere militibus, centum milibus tam peditum quam equitum,
quos eduxerat ab episcopatu S.eodiensi. Dux itaque Brabantinus, considerans
quod in supremum terre sue excidium tendat omnis ista multitudo, Hugonem
episcopum Leodiensem adiit ut de pace proptr-r Deum inter ipsum et regem
tractaret.Quod et fecit.Simile quid de duce Lymburgensi et rege Frederico fecit.
25 Principes Allemannie discrète considérantes partem Frederici de die in
diem ad nulum ejus féliciter prosperari, Oltonem vero deficere, omnes
tractu temporis conciliantur Frederico, nec est qui Ottonem visitet vel eum
consoletur ex omnibus Allemannie primatibus primitus ei charis. Post hec
Fredericus legatos suos ad Aquenses dirigil, qui ut dicerent quomodo cuncta
30 ei cedebant in prosperum, solis exceptis Aquensibus. quodque licet non illos
(«) Cf. Wauters, Tables, t. IV, p. 487.
(>) Guillaume III, comte de Juliers, 1208-1218.
58 CHRONIQUES LIÉGEOISES.
persona régis moverct, veruintamen predecessorum suorum mérita plurimum
fidem suffragari debercnt Siquidem Fredericus, ejus atlavus. fundamenta
mururuni Aquensium primus locavil, muris locnm circumdans et valle
muniens. Pater ejus Heuricus imperalor ampliori liber late quam oinnes
imper ii incolas sublimiter decoravit, singularî quoque specialis prrrogativa 5
privilegii insigniens et exornans. insuper el ipse rex Fredericus solito more
imperialis raunifieentie ampliora beneûcia sie eis exhiberc paratus in liabun-
danliori collatione liberlalis, anliqua si opportunum fuerit privilégia innovando,
si addendum fuerit addendo, si subtrahendum subtrahendo, et. ut breviter
dieatur. modis omnibus eadem meliorando. Dis audilis et in commune recitatis, 10
Aquenses una cum comité Juliacensi, cum plausu magno et hilaritate, preces
régis suscipiunt. legalis ponigunl dexteras, portisque reseratis et patentibus.
locum Aquensem régie per omnia exponenles voluntati, el a minimo usque
ad majorent omnes débita Qdelitate régi sese indifferenter astringunt. Sicque
omnia que viderunt et audierunt legati régi suo Frederico retulerunt. 15
Cbr. de 1402, Anno igitur Domini XIICXV, Fredericus rex Sicilie, filius Henrici imperatoris,
vin kal. augusti, pontificatus domini Innoeentii pape III anno XVIII in regem
inungitur Alemannie, in templo béate Marie Aquisgrani. Precipui aulem el
preelecti bujus sacre unctionis minislri ex anliqua eonsuetudine atque ordinata
dignilate soient esse constituti metropoiitanus Colonicnsis et episcopus Léo- 20
diensis, sieut a longis rétro temporibus Ira iitum constat et observatum. Sede
aulem Colonicnsi bis diebus vacante (J), vices archiepiscopi ejusdem eeclesie
quas in ejusmodi necessilatis articulo Leodiensis episcopus supplere tenetur,
Sifridus Moguntinus archiepiscopus (2) egit ex permissione Hugonis Leodiensis
episcopi, qui rogatus a Frederico rege déferre voluit Moguntino archiepiscopo, 25
non solum propter régis ipsius revereiidum interventum, verum etiam propler
insignem Apostolice Sedis prerogati vam , quam idem prefulgebat Sifridus,
ulpnte judex delegalus super universam Alemanniam a domino papa constilutus.
G. d'O., 119,w-i7. Hoc anno. ix kalendis mardi, consecrata est ecclesia de Juncis... ac propter
crebra miracula... populus... cum oblationibus et hostiis devotus supplexque 30
conlluxit.
(*) Par la comjiétitiun entre Adolphe d'Allcna et Thierry de Heinsberg.
(s) Sigfrid de Eppenstein, archevêque de Mayence, 1200-1250.
CHRONIQUE DE JEAN DE BRUSTHEM. 39
L. Concile de Lalran, 4245.
Eodem anno, mense novembri, présidente domino papa Innocentio III, ReineriAnn.
celebrata est sancta et universalis synodus... Adfuenint... Hungarie, Cypri ^TitJl^
Arragonieque oratores diversarumqiie nationum nuncii deputati. Inter
s hos tolius orbis patres et proceres adfuit eliam rcvercndissimns ecclesie
Leodiensis episcopus dominus Hugo, vir et ipse non infime dignitatis. G. abbr.,
Fueruntque ibidem très synodi dies. Prima itaque die... Terlia vero die,
habitu ornalus ecelesiastico ut episcopus industns pontificalibus et mitratus.
Quidam religiosus episcopus romanus... accessit salutandi gratia Hugonem
10 Leodiensem antistitem... Miratus ille : Domine, ait, magna vobis est
cura commissa. Fucrat istud concilium anlea per universum orbem tribus
annis pronuneialum. Singulis equidem diebns qnibus synodus celebranda erat.
pontifex sacrosancla mysteria in ecclesia Lateranensi pontificalibus ornamentis
iudutus solemniler eelebrabat, erantque eadem paramenta auro omnique lapide
io pretioso in tantum pregravata ut vix illa gestare nimio et ultra modum eorum
depressus pondère suffîceret. I>esuper autem fores majoris ecclesie Latera-
nensis solium sibi extruxerat excelsum, ab tminentiori loco volens ab omnibus
videri in décore suo et audiri in lingua sua admodum diserta. iViissarum
solemniis ecelesiastico ritu completis, pontifex ad solium suum excelsum et
20 elevatum mox transibat in sonitu tube ductilis et in voce tube cornée, terra
résonante in voce instrumentorum tinientium in auribus universorum qui
aderant et pre confusione sonitus obstupescebant. Sic cor gerere videbatur
exaltatum ante ruinam imminentem. Nec plane sine prognoslico appropin-
quantis termini contigit quod prima die synodalis residentie pontifex causam
25 facti vocationis in publicum proponere volens, i ta exorsus : Desiderio, a. abbr.
inquit, desideravi hoc pascha manducare vobiscum antequam patiar.
Et merito quidem mentionem fecisse videbatur de pascha et morte, quia in
brevi ab bac erat vita transiturus. In hac sancta synodo venerabilis pontifex
Leodiensis Hugo communes Alemannorum omnium suscepit causas, univer-
30 saque pertractabat negotia majorum Francie, Alemannie, Germanie cetera-
rumque nationum ante faciem pape sedentis in throno. insuper a rege
Frederico suo cognato specialis Apostolice Sedis nuncius erat episcopus Hugo
40 CHRONIQUES LIÉGEOISES.
destinatus. Summum enim atquc indubitatam fidem super ceteros Alemannos
in Hugonem episcopum habebat. In bac synodo orientalis ecclesia se subdilam
romane hcclesie exbibuit multaque alia salubriler ordinata fuere. A primis
autem hcclesie crcpundiis, etiam si cbronicus ténor diligenlius indagetur, non
facile cri! invenire ullum fuisse coneilium ad quod tam copiosus patrum ac s
principum numerus convcnisset. Soluto jam eoneilio. dominus papa Inno-
eentius, vocalo ad se vcnerabili Hugone episcopo, ex singularis prerogativa
G. abbr., 134, m. dileetionis et gratie, contulil unam laehrimam quam Salvator noster plorando
emisit in vase cristallîno inclusam. liane episcopus Hugo contulil dilecto suo
Oltoni abbali Sancli-Laurentii (*). qui illi concomitatus fueral. Etiam juncluram 10
unam corporis sancti Pauli apostoli quam in ecclesia ejusdem Sancli-Pauli
reposuil. At dominus Hugo episcopus. accepta pontifieis domini Innocentii
Cf. G. abbr., liccnlia. suos solemniter remisit l.eodium. intendens Allissimo persolvere
votum quo se illi obligaverat, ilum conflictus in Stips immineret,
limina sciliset beati Jacobi in Galicia se visitatuium, quod et fecit, io
assumptis secum novis paucisque peregrinationis sue comilibus.
LI. Mort de l'empereur Henri de Constantinople, 4217.
Chr. de 1402, Anno Domini XIICXVH, Henricus imnerator Conslantinonolitanus, quondam
l.')6
cornes Hannonie et Flandrie, qui fratri suo Halduino successit in imperio,
Alber., a° 1247, anno X imperii sui obiit absque liberis. Porro Namureensis cornes Petrus qui 20
Altisiodorensis dicebatur, Rhomam profectus cum sua conjuge Yolena sorore
predictorum iialduini et Henrici imperatorum consecratus est ad Sanctum-
Laurentium per papam Honorium III in imperatorem Constantinopolilanum.
Qui mox ut (Jncie fines attigisset, captus est a duce quodam, sed lamen cum
filiabus liber evasit, uxore ejus ibidem manente terramque et imperium 25
quamdiu viveret gubernante (2). Philippus autem eorum filius, diclus ad
labraa(3) factus est cornes Namureensis.
" adalabra : cod.
(*) Cf. D. U. Bsri.ikre, Monaitieon, l. Il, p. 41.
(•) Elle mourut en 1210. 30
(!) Philippe II à la Lèvre, marquis de Namur, 12)7-1226.
CHRONIQUE DE JEAN DE BRCSTHEM. 41
LU. Croisade, 4%18-4219.
Eo tempore. cum post coronationem Frederici imperatoris. dominus Sifridus
Mogunlinus archiepiscopus, aposlolice Sedis legalus, missarum solemnia ritu
coniplesset ecelesiastico, sermoncm inchoavit ad populum, proponens novo
5 régi Frederico cunctisque primatibus ad assuinendum signum salutifere crucis
in negolio rccuperande terre civitalisque sancte H Jérusalem, (omplela autem
tam pia legali exhorlalione, rex Fredericus pre gaudii immensitate medullitus
concepli resolutus in lachrimas genibusqnc provolutus pontifîcis signum
crueis ab ejus suscopit manibus, sese in liolocausluni offtrens Domino, ad
10 cujus nutum sese dévolus exponit martyrio. Ut autem legalus ad hoc alios
suo horlarctur exemplo, juxta id quod seriptum est : Cep il Jésus facere et
docere, omis ipsum ad quod suscipiendum fidèles alios salubriler invitabat
etiam suis imponere humeris consulte decrevit. Aderat sane ibidem snagister
Johannes scolaslicus Zanclensis, in quo vere gratia S)ei habitabat, homo faciei
îs columbine et elegantis in teuthonico idiomate elegantie, qui per triduum
verbum exhortatorium populo Dei proponens plurimos et fere infinitos ad
idem animavit. Insigni itaque victoriose crucis charactere muniunlur precipui
quidam et illustres in dignitate lam ecclesiastiea quam mundana, videlicel
Bambergensis et Monastcriensis episcopi, Brabanlie, Ardenne, Moravie et
20 Austrie duces, Lossensis, de Hocslade, de Uennech, fralrcs. et comités Julia-
censis. de Montibus, Hollandie et alii quamplurimi comités et barones cum
innumerabili procerum et laicorum multitudine. Hemanserunt autem non
signali Leodiensis, Cameracensis et Osnaburgensis episcopi, Theobaldus dux
Lotharingie, Waleranus cornes Lutzeburgensis et Henricus eomes Barensis (1).
25 '.') Egbert de Meran, évêque de Bamberg, t203-li'37; Olton d'Oldcnburg, évoque de Munster,
1201-1218; Henri I", duc de Brabant, 1 190-1255: Léopold VI, duc d'Autriche, 119(5-1230; Louis II,
comte de Looz. 1195-1218; Lothaire I", comte de Hochstade, époux de Malhilde, qui se remaria à
Louis II de Looz ou Lothaire II, son fils ; Guillaume Ml, comte de Julicrs, 1208-1238; Adolphe V,
comte de Bcrg, mort en 121 H; Guillaume 1er, comte de Hollande, 1204-1525.
30 Adolphe de Tccklenburg, évêque d'Osnabruck. 1217-1225 ; Jean de Betliune, évêque de Cambrai,
1200-1219; Thibaut, duc de Lorraine, 1213-1220; Waleran, comte de Luxembourg, époux d'Erme-
sinde, veuve de Thibaut de Bar et fille d'Henri l'Aveugle, 1214-1226; Henri II, comte de Bar,
1214-1239.
Tome II 6
42 CHRONIQUES LIÉGEOISES.
His diebus, reges Ilicrosolime, Hungarie, Cypri et (lux nobilis Austrie,
patriarcha Hierosolimilanus ctim archiepiscopis et episcnpis multoquc clero
et optimalibus phirimis consilium inierunt pugnandi adversus SalTadinum,
tîabilonie soldanum, et Coradanum ejiis filium, qui tune imperabant Hieru-
Clir. de 140-2, sale») et Damasco. Verum civilas Hiertisalem deslructa erat a Coradano prefato, 5
à te
mûri ejus cnm lurribus intus et foris prêter templiim Domini et turrim David in
acervos lapidum erant redacti. De sepulcbro glorioso Domini destruendo consiliati
sunt Sarraceni, per litleras a eivibus Damiate transmissas ad hoc concitati,
sed huic temeritati propler loci reverentiam nemo presumpsit manus apponere.
l'iacuit igitur dictis principibus i:i Rgyplum descendere et inimieos erucis, io
auxiliante Deo, in spiritu vehementi conterere Qui naves subeuntes infra
triduum Damiate urbi \ entis prosperis applicuerunl Ksi aulein Damiata eapul
omnium civilatum Egypti, sita in ripa Nyli fluminis, ultra mndum muni ta,
habens in medio fluminis turrim inexpugnabilem lnler urbein autem et
chrislianorum exercilum médius discurrebat Nylus. et in medio Rumine turris 15
dicta erecta erat. Que laboribus et sumptibns magnis tandem, coopérante Deo,
capta est et dirula, milite qundam juvene et strenuo Leodiensis diocesis ipsam
viriliter ascendente. Hoc audito. Saffadinus, vir dierum malorum inveteratus,
merore ac luclu deliciens descendit ad inferos. Tandem etiam civitas ipsa
Damiala. mense februario. in feslo sancte Agathe, obsessa est sub solerti cura 20
domini Pelagii Albamnsis episcopi, Apostolice Sedis legati, deeursisque
ix mensibus. quinla novembris, capta. J'osl cujus captionem, cives quidam
Huyenses qui interfuerant, reversi similem turrim quam in Nylo flumine
viderani secus Damiatam. in Qrmitate murorum lloyensium, supra rupem,
juxta caslrum, versus Sanctum-Jacobum construxerunt eamque Damiatam 25
denominaverunt (*). Ibi enim olim Balduinus, cornes Hannonie (-'), qui comi-
tatum [Namurcensem ab Henrico Ccco suo nvunculo usurpaverat, cum ipse
Balduinus et Huyenses Symonem filium ducis Lymburgensis electum episco-
puin (3) in Castro Huyensi obsideret (4), turrim construi consuluerat.
(4) Cf. R. Dubois, Les rws de Huy, pp. 134 et ÎS93. 50
(') Baudouin V, comte de Hainaut, mort en I 197.
(*) Simon de Limbourg, 11(13-1195.
(*) Voir Gesla abbreviata dans Chronique de 1403, p. 143.
CHRONIQUE DE JEAN DE BRUSTHEM. 43
LUI. Mort d'Otlon IV, 1248.
Anno supradicto XIFXVII, cum audiret Olto quondam imperator Frede-
ricum regcm caplivos ducenlcm fllium ducis Brabantie aliosque nonnullos
ejusdem terre optimates, cum sua conjuge Maria, dicli ducis filia. mctucns
s sibi fugit a Colonia in Bruynswyck. Quodam autem tempore, mense maio,
anno Domini XIICXVIII, cum in suo dcambularet sccretario tantam fcrcbatur
sumpsisse elecluarii laxalivi eopiam ut, resolutis visoeribus, acuto morbo
correplus xx maii subito riefungitur, prestita cautione juratoria de stando
Kcclesie mandatis. poslquam annis XXI sub jugo potestatis ejus orbis inge-
io miscens ipsius insolcntiam ultra tolerare non valeret. Dcfunclus est aulem in
castro quodam Saxonie ad jus spectante imperii, Harcheburch (4) nuncupato,
nullo de se rclicto postcritatis hcrede. Pepererat siquidem conjux ejus Maria
Lovaniensis filium cujus in bac vita brevis perstitit incolatus. Sed nec quidem
a mille retroactis audilum est annis quod sub cujusvis romani pnncipis
ib tempore tôt menia extiterunt locata, tôt erecte muniliones, tôt valla defossa
turresque fabricale. toi Iocala presidia in defensionem orbis, ut lemporibus
Ottonis imperaloris predicti, ne scilicet locus quispiam ejus paterct irruptioni
vel ab eo posset expugnari.
Eodem anno, obiit dominus Ludovicus, cornes Lossensis, qui licet etate Keineri Ann.,
a° 1218, p. 133.
20 esset juvenis, omm tamen eral bonitale et honestate conspicuus, cujus mors
universum episcopatum commovit ad lachrimas.
Anno Domini XIICXIX, post inilum fedus, rogatus pontil'ex Hugo a duce Tr. S. Lamb.,
. 191,30-3Î.
Prabantino ne ultenus festum triumphi Sancti in suum. ut videbatur. fieri
deberet opprobrium. annuens presul ac in vigilia ipsius festi sancti martiris
25 ingressus basilicam festum ipsum quod per sexlennium celebratum extilit
ulterius fieri vetuit, provocatisque majoribus suisque volis assensum
prebentibus, abscessit. In illius autem diei diluculo... Ex eo aulem lempore, ibid., «-s*.
triumphi hujus facta est, memoria anima III idus octobris.
Circa hec tempora, floruerunt in episcopalu Leodiensi quamplures sanc-
ôo tissime mulieres..
Cum ablato de medio archipresule, vacaret sedes Remensis... charilas et potens G. d'O.,
119 *«-121 is
bonorum hominum oratio revocavit. ' '
(i) Hautzbourg.
44 CHRONIQUES LIÉGEOISES.
LIV. Accident à l'église de Dînant, 1227.
Ciir. de I40ï, Eodem anno, apud Dvonantum ieodiensis dyoeesis oppidum, super ecclesiam
béate Marie in valle silam rupis maxima que de monte din pependerat, altéra
bcati Thome apostoli, corruit et XXXVI viros missam pro présent! defunclo
audientes oppressif et plures alios debililavit, verum saccrdos oflicium peragcns b
illesus permansit.
LV. Mort d'Hugues de. Pierrepont. 1250.
Post aliquanli tempnris spatium, episcopus Hugo Huyum drvenil ibique
G. d'O., leclum decumbens graviter infirmari ccpit. Omnibus igitur rébus suis tam
exterionbus... Hugonem antistitem fortiorem purgatorii partem transcurrisse. io
LVI. liègne de Jean d'Eppes, 1230-1238.
G. d'O., Jobannes de Appia, filins Margarcle, sororis predicti doniini Hugonisepiscopil1),
123, n-124, «. . n • ...
M. Chron. belge. ex r('*10 •' rancorum sanguine Castro Appia gemtus, major prepositus ceelesie
23*- Leodiensis. frater Hugonis domini de Florinics (2) ab omni clero et populo
eunetisque nobilibus, nemine contradicente, eligitur. .. nullus ab intus egredi is
vel de foris auderet ingredi civitatem. Post tantorum autrm tumultum malorum,
Deo donante, pax reddila est inler episeopuin et populum civitatis. ad quam
revertens Jobannes episcopus duas cappas super altare beati martyris Lamberti
dévolus obtulit,
G. d'O., 125, ois. Anno ponlificatus Johannis secundo, l'undalum est cenobium dictum Grande -20
pratum... die quo secularis militie baltbeum susceperat inox deposito
mundane glorie cingulo in monasterio Viliarensi tondetur in monacbum.
Cf. J. d'O, Eodem anno. seilicet XIICXXX1, Jobannes de Feronstrier el Anselmus
sororius ejus. scabini î.eodienses, q!:emdam carnificem Thcobaldum boréal
occiderunt, qui et in pertinaeia perstilentes nullain super commisso bomieidio -:.;
emendam facere voluerunt. Turbalus episcopus eos apprehendi jussit compre-
hensosque capite puniri. Indignati desuper dictorum punilorum amiei lumuitum
('; Jean d'Eppes était (ils d'Hugues, seigneur de Humigni, et de Marguerite de Pierrepont.
t*) Hugues de Florennes. Cf. Carlntaire de Saint- Lambert, I, 101, 131, 148.
V, 207-208.
CHRONIQUE JEAN DE BRUSTHEM. 43
in episcopum excitare voluerunt. Episcopo autem fugiente ad Huyum. facta
est tandem concordia per nobiles de Prato.
Eodem etiam anno, facta est translata monasterii Sancte-Katherine extra Cf.G.abb.Trud.,
oppidum Sancti-Trudonis ad locum de Mielen, quem locum nobilis domina ?,jiraeùs op'db
s de Perweys cum jurisdietione temporali donatione contulil. Translatum est IV' '"30-538.
tune ad eumdem locum corpus sancte et mirabilis Christine.
Hiisdem temporibus, moniales de Soliers... consanguinea domini G. d'O , t25,i6-i*.
Johannis episcopi.
Fundatur eisdem temporibus claustrum de Vivengnies quod Vinea Nostre g. abbr.
io Domine dicitur... ordinem cislerciensem susceperunt. Quarum prima abbatissa
fuit domina et soror Mathildis (1).
Episcopus Johannes construxit circa annum Domini XIICXXXIIII monas- Cf.J.d'0.,V,2iO.
terium Cruciferorum in Huyo. quod primum et initiale est lotius ordinis.
Eodem tempore, inchoata est ecclesia fralrum minorum... eructautia ex hoc G. d'O., 126. c-u.
îs in il I iid.
Circa eadem tempora episcopi Johannis, in loco qui Graveria... de ordine G d'O , 126, i-».
scolarium constitua sunt. Post hoc conventus ejusdem ordinis in Lewis et
Huffalies a predicta domo creatur, et est prior Leodiensis visitalor eorum (2).
Anno XIFXXXVH in Huyo tam ingens nix cecidit quod excrescens aqua cf. Alber.,
20 uic et ix domos deiieeret. Combusta est etiam lune regalis ecclesia cum tota civitate a° „ \.? *8'
' G. abbr.
Aquensi.
Episcopus Johannes villam de Zitlarl... usque ad Montem Jovis fugere G. abbr.
coarclavit.
Post bec suhorta est guerra inter episcopum et Walranum comitem causa G.d'0.,l25,i9-«.
2S castri cujusdam quod Pilansvacca... (3). Qui luus autistes te rexit ter tribus annis.
LVII. Guillaume de Savoie. 1238.
Guilelmus nalione Sabaudus. germanus Thome Sabaudi. comitis Flandrie G.d'O ,126,îo-îi.
(*) Cf. Ed. PoriCELET, L'abbaye de Vivcgnis. dans B. S. A. II., t. X, pp. 2 et 15.
(*. Cf. Gobeht, Lièije à travrrs les âges, t. Il, p. 886.
30 (') Le château de Poilvacbe, alors occupé par Waleran, sire de Fauquemont et de Montjoie, frère
de Henri, duc de l.imbourg. Voir L. Làbayb, dans Annales de la Société archéologique de Namur,
t. XXII.
46 CHRONIQUES LIÉGEOISES.
et Harmonie ('), Valeniine ecclesie electus, subrogatur ecclesie Leodiensis
sexagesimus septimus cpiscopus. anno Domini XIICXXXVIII : prefuit anno
uno. Celebrata namque electione, altéra Nativitatis beati Johannis- Baptiste,
quidam in Ottonem Trajeclensem prepositum et ecclesie Leodiensis cano-
nicum (*) couve ni uni ; alii vero in Wilhelmiim , virum bonum, doclum et s
Alber., a» 1238, honestum consenti un t. Pro quo etiam Otto cardinalis (s) qui lum in Anglia erat,
943, ts-ss. electione Ottonis cassata quem etiam electus Coloniensis abjurare per
pontificem compellitur. Eo tempore, rursus mota est dissensio inter
pontifiera) et imperatorem Fredericum II in quem pontifex Grcgorius XVII
excessus annolavit ipsumque per universum orbem exeommunieari jussit. to
Alber., a» 1239, Pro quibus tamen controversiis sedandis, rex Francie sanctus Ludovicus,
anno XIICXXXIX, misit episcopum Lingonensem Robertum, poslea Leodiensem
G.d'O., 126,3i-is. episcopum, ac dominum Adam militem. Interea vaslabalur graviter episcopalus,
Cf. Hist. s.Laur. jn parti lui» Sabaudie diem clausit extremum. Ferebatur ab aliquibus quod a
cubiculario suo in villa de Presse (4) regionis Lombardie, dato veneno, fuerit is
extinctus. sepultus in monaslerio Cathacumba (5) cisterciensis ordinis, in terra
nativitatis sue. cum patribus suis qui monasterium ipsum fundaverunt, anno
Domini XIICXXX vacavitque scdes Leodiensis annis duobus.
Chr. del402, Eo tempore, natus est in Trajecto pullus cum duobus capitibus et cum
165 ,-,
utroque comedebal. Et in Dyonanto natus est puer nomine (.onrardus qui a 20
lergo circa renés gestabat oculum grandem ut spéculum et caputium carneum
(>) Guillaume était fils de Thomas, comte de Savoie (1188-1213). Son frère Thomas épousa, en 1257,
Jeanne de Flandre, veuve de penaud de Portugal. Sa sœur Béatiix avait épousé le comte de Provence.
I.a fille de Béatrix, Éléonora. épousa, en 1256, Henri III, roi d'Angleterre. Il est faux que Guillaume
de Savoie fut grand prévôt de Liège (De Theux, I, 202.) Le prévôt était h cette époque Jacques de 25
Lorraine, élu évéque de Mclz en 1239. Cf. L. liani. Les paroisses de Liège, dans II. I. A, L.
t. XLVI, p. 71.
(*) Otton, fils d'Adolphe, comte d'Altena et de La Marek, et de Lutgarde, sœur du comte de Gueldre,
chanoine de Saint-Lambert et prévôt de Notre-Dame à daestricht, est dénommé Otton de La Marck
en 12+7 et i:omtc d'Altena en 1249. Il mourut en 1262. Voir Bon de Cbestket, Histoire de la maison 50
de La Marck, p. 10.
(*) Otton, cardinal, cvêque de Porto, créé cardinal en 1227, mort en 12HI.
(') Brescia.
(s) Abbaye de Haute- Combe.
CHRONIQUE DE JEAN DE BRUSTHEM. 47
super caput, longum, ad instar monachi tegens caput et capillos, qui tertia
die nativitatis sue, loculus est, sed infra annum obiit.
Ànno Domini XIICXXXIX, dominus Henricus de Haccour (*) decimus Cf. Hist. S . Laur.
quarlus abbas Sancti-Laurenlii Leodiensis, primus mitram accepil. A?vPlio9()1 '
5 LVIII. Robert de Langres.
îiobertus, vir génère nobilis, scientia eruditus, ac moribus ornatus, quondam
Lingonensis episcopus, ordinatur sexagesimus octavus Leodiensis episcopus,
anno Domini XIICXL. atque in festo sancti Stephani intbronizatus. prefuitque
annis VI. Vacante enini post decessum Wilhelmi Leodiensis cathedra, slaluta G. d'0.,127, ih.
10 est electionis dies circa festum Omnium Sanctorum. Erat tune temporis in
Francia dominus Jacobus Prenestrinus... depravatus fertur exercuisse.
Anno Domini XIICXLII, Robertus episcopus consecravit ecclesiam fratrum G. d'O ,428,39-w.
predicatorum... idibus augusti.
Anno Domini XII°XLIIII, fralres minores... ibique conventum edificaverunt. G. abbr.
15 Eodem anno, obiit in kalendas julii frater Julianus, unus ex septem
fratribus a beato pâtre Francisco ad plantandam novam religionem in his
terris destinatis, in ecclesia fratrum minorum Leodii sepultus.
Temporibus btijus episcopi Roberti, facta est siccitas immensa... omnis plebs, G.d'0.,l28,u-3o.
ut vidit, dédit laudem Deo.
20 Anno XIICXLV, (lonrardus rex, frater Frederici imperatoris conûrmavit Wauters, Table,
VII 770
privilegium quoddam oppidanis ^ancli-Trudonis (2)
Eodem anno, obiit Jobanna comitissa Flandrie et Hannonie absque liberis, Chr. de 1402,
j go i n H
que dudum nupserat Thome (ilio Thome de ^abaudia (3) elerieo quondam
et archidyacono Lugdunensi. Margareta autem soror Johanne in dominio
•2s dictorum successif comitatuum. Que eliam in flore quodam juventutis sue
conjuncta cum quodam fiucbardo de Avennis, nobili viro sed non legali thoro,
nam canonicus erat Sancti- Lamberti Leodiensis et arebidyaconus, quare et
dyaconus, genuitque filium Johannem de Avennis. Cumque intérim Buchardus
(«) Henri de Haccourt, abbé de Saint- Laurent, 1239- 1288. Cf. D. U. Berlière, :lfona>ttron,t.ll, p. 42.
30 (*> Cf. Strave.n, Inventaire des archives de la ville de Saint-Trond, t. I, p. S.
(l) Voir note de la page 46.
48 CHRONIQUES LIÉGEOISES.
Romam dispensai on i s ab ordine prefato obtinende gralia profectus esset,
(juatenus dominant Margaretam uxorem ducerc possct, el in dispensationis
benoficio ponlilicis assensum «lilïiculter oblinere prevalens diutius tardaret,
dicta domina Margarela Wilhelmum qucmdam de Dampire, strenuum militem
Flandric, qui ci eral homo legius, in malrimonium sumpsil, ex quo duos o
filios Wilhelmum et (Juidonem genuit, Buchardo adhuc in Urbe existente.
Tandem ipse Huchardus ab ordine dyaconatus dispensât us et ad contrahendum
malrimonium cum dicta Margarela auctoritate apostolica admissus, cum ab
Urbe rcverterelur. in vin finem vite fecit. Suboritur ingens rommotio inler
Jobannem de Avennis primogenitum et Wilhelmum filium Wilhelmi i>ampetri 10
secundo genitum pro dictis comitatibus Fiandrie et llannonie. Mater eral pro
Wilhelmo quem etiam Flandrenses tenebant pro suo hereditario comité.
Pro parte Johannis erant amici omnes et Hannonienses eum habebant pro
domino. Hinc lis et discordia ac fomes odii. Verumlamen Margarela comi-
latum nomine et actu gubernabat ne filium suum Jobannem exheredilare ts
viderctur. Johannes autem amicorum suorum consilio matrem quoad viveret
in régi mi ne sustinuit
Cart. S. Lamb., Sabbato post dominicam Lelare anno supradicto XLIIII [1245 n. s.],
preposilus, decanus tolumque capilulum ccclesie Leodiensis direxerunt ad
impcralorem Fredericum Miteras continentes : Qualitcr Johanna predicta 20
comilissa comilatum suum llannonie in feudum relevasset ab ecclesia
Leodiensi, filius quoque simililer Tlieodcricus jam pridem defunelus. Et
quum ipsa Johanna sine liberis decessit, Margareta ejus soror in dictum
comitatum sese intrusit contra consuetudinem imperii, rogantes ut desuper
ecclesie juribus subvenire velit. 25
Anno Domini XII'XLV, deposilo Frederico imperatore ab imperio,
substiluilur in regem Alemannorum Henrieus lantgravius i iniringie (1). Quo in
regem coronato. statuitur apud Franefordiain diela solemnis pro statu regni
et ecclesiarum Alemannie reconciliando. (Jbi presentibus regni primatibus,
per sententiam dilïinitivam deeretum est quod pir litteras dicli régis hac 00
série scriplas deeretum est : Henrieus Dei gralia Khomanorum rex et semper
(*) Henri Raspon, landgrave de Thuringe, surnommé le Roi des Prêtres, mort en 1247.
CHRONIQUE DE JEAN DE BRUSTHEM. 49
augustus. In solemni curia nostra apud Franckenfordt nuper celebrata, per
coneordem omnium principum et aliorum nobilium qui aderant coram mea
serenitate, fuit per sententiam ditïiiiituin quod si aliquis sine liberis deeesseret
feudum tenons ab ecdesia, libère ad ecelesiam eadem feuda revertantur.
5 |);iium in solemni euria nostra apud Franckfordt, idus augusli, indictione LUI,
anno dominice incarnationis quadragesimo quinto.
Eodem anno, celebratum est apud Lugdunum générale concilium per papam
Inuocentium IIII in ecclesia beati Johannis, eonvocatis circiter ducentis
archiepiscopis et episcopis, plurimis quoque abbatibus et aliis ecclesiarum
10 prelatis. Interfuit et nostir episcopus Robertus. Qui etiam a concilio chr. de 1402,
regressus pro bono pacis obtinuit a Walerano comité Luceburgensi pontem 169-
Leffie, terram quoque secus ripam Mose inferiorem usque ad rupem pertran-
seuntem in occursum Bovinie, etiam quicquid habebat juris in Dyonanto (').
Eodem tempore, in festo beali Calixti, reedificatum est cenobium Roberti
15 Montis, ... abbatissa Béatrice ab Huffalieze...
Eo etiam tempore. Halduinus imperator Constantinopolitanus impignoravit
régi Francie sancto Ludovico eastrum Namurci [pro] quinquaginta milibus
librarum Parhisiensium, at pauco interlapso tempore, restituta est pecunia.
Cum autem Robertus episcopus in magna securitatis... sepulturam ele- g d'0., 128, *-io.
20 gerat...
Additions de Jean de Brusthem au texte d'Hocsem.
I. Siège de Parme par Frédéric II, 4254.
Anno Domini XI1CLI, Fredericus imperator, non modo ira effrenis verumlamen Hocsem,
et crudelilale immanis, cum civitatem Parmam sibi magis exosam fortiter éd- Kurth' p>
25 obsideret . . .
II. Paix entre les échevins et le chapitre, 12S2.
Hinc electus et clerus... recesserunt bona sua secum et lliesauros ecclesie Hocsem, 14.
déportantes. Verumtamen pax per Oltonem (2), fratrem clecti. reformata fuit, Cf.J.d'0.,V,309.
(«) Cf. CarllUaire de Saint- Lambert, I, 499.
30 {*) Otton III, comte de Gueldre, 1229-1271.
Tome II. 7
50 CHRONIQUES LIÉGEOISES.
mensis novembris die xvnia, lali pacto quod scabini canonicis non injuriarentur
nec de eis vel eorum familiis judicarent.
III. Élection d'Henri de Dinant, 4254.
Hocsem, 21. Et sic evenit ut... a non suis lerminis excedantur. Fuerunl ergo primi magistri
Cf J d'O V 310
" civium Lcodiensium prediclus Henricus de Dyonanto et Johannes Grimeal, 5
ambo nobiles (1).
IV. Proscription d'Henri de Dinant, 4255.
Hocsem, 27. At ibidem scabini pro tribunali sedenles, Henricum de Dyonanto, Arnoldum
. . ., ,330. Hioçkjç^ Gerardum Beafyer usque ad xn tanquam edium effractores, latrones,
incendiarios pacisque turbatores proscripserunt. <°
V. Retour de l'écêque, 1255.
Hocsem, 30. Quinto kalendas novembris, electus ad civitatem revertitur cum canonicis,
militibus et scabinis, cui Leodienses promiserunt ni51 librarum grossi solvere.
VI. Retour et mine en fuite d'Henri de Dinant, 1255.
Hocsem, 33. Scabini preparaverunt se ut eos appréhendèrent sed non potuerunt. 15
Cf. J. d'O., v, 33'J. Xreuge procurantur per decanum et canonicos. Media nocte dum putarent ex
domo Helquest securi exire, Hadulphus de Prato exurgens invasit eos omnesque
cepit vel occidit, dempto Henrico de Dyonanto, qui versus INamurcum fugit.
VII. — Siège du château de Namur, 1258.
Hocsem, 35. Anno eodem, scilicet XlIcLVII!,... cornes Lutzeburgensis (2) comitatum a 20
Cf.J.d'0.,V,346. Comite Hannonie in feudum relevavit. Anno namque LVI, imperatrix Constan-
(«) Ces données, empruntées à Jrnn d'Outremeuse, sont fabuleuses. La cité de Liège avec ses
maîtres existait avant l'époque d'Henri de Dinant. Le nom de Jean Grimeal est probablement inventé
par J. d'Outremeuse. Voir G. Kirth, La cité de Liège, t. I, p. 188.
(*) Henri III, comte de Luxembourg, 1226-1274. 25
CHRONIQUE DE JEAN DE BRUSTHEM. S\
tinopolitana (J), Namurci residens, burgenses nitebatur aggravare, propter quod
clam cornes Lutzeburgensis demandatur ut maternam hereditatem (2) veniat
accepturus. Qui gaudio repletus illic militiam dirigit, quam Namurcenses circa
mediam noclem Nativitatis dominice intromiltunt. Ab his castrum in crastino
s obsidelur, sed ipso ab inlus bene munito, in biennium obsidio protrahitur.
Clinique dominus Franco de Weezmale (3)...
VIII. Siège de Malines, 1267.
Anno XllcLXVII, cum ducis Brabantini auxilio Mechlinienses rebellarent Hocsem,43.
episcopo, idem in festo Sancti Dyonisii, advocatis in auxilium Ottone fratre Cf.J.d'0.,v,372.
10 suo, comité Gelrie et sororio suo comité Juliacensi (4), Monlensi quoque (5),
Lossensi (6) ac de Nassouwe comitibus ac multis Hasbanorum nobilibus, cum
exercitu scilicet lxm, qui inlrantes Brabantiam destruxerunt quidquid in via
invenerunt, Landen scilicet, Hanutum, Thenis, Vilvordiam etc. Postea
obsederunt Mechliniam xx diebus strenue impugnanles, sed pre viclualiura
15 indigentia, cum esset circa principium hyemis, imperfecto negotio redierunt.
Sicque remansit Mechlinia usque ad tempora domini Theobaldi de Baris
episcopi. Cum autem Henricus episcopus ab obsidione reverteretur...
IX. Désordres d'Henri de Gueldre, 4271 .
Episcopus Henricus, cum minium carnis luxui deditus esset, inter cetera Chr.Tungr.dans
20 insolentie sue facinora, filiam Conrardi dicti Le Frison violavit. Hic Conrardus Chapeav.,298.
Cf. J. dO.,
erat de prosapia dominorum de Prato et Juppilia, qui et eorumdem insignia V, 382-383.
(4j Marie de Brienne, épouse de Baudouin II de Constantinople, empereur depuis 1227, comte
de Namur depuis 1257; Baudouin fut chassé de Constantinople par les Grecs en 1261 et mourut
en 1273 en Italie.
25 C1) Henri de Luxembourg était fils de Waleran, comte de Luxembourg et duc de Limbourg
et d'Ermesinde, fille de Henri l'Aveugle.
(') Francon dit le Bâtard de Wesemael, qui se couvrit de gloire à la bataille de Woeringen en
défendant le iluc Jean I. Cf. Gansbof, Les Ministérielles, p. 9i.
{*/ Guillaume IV, comte de Juliers, 1218-1278, avait épousé Marguerite de Gueldre, sœur
j0 de l'élu.
(5) Adolphe VII, comte de Berg, 1289-1296.
(e; Arnould IV, comte de Looz, 1227-1273.
52
CHRONIQUES LIÉGEOISES.
Ilocscm, 49.
deferehat. Unde dicti Dobiles qui ante fuerant episcopi amici fidelissimi, facti
sunt ei létales inimici. Oie sequenti, que crat xi maii anni LXXI. facta est
querela in capilulo. Sed dum dominus Theobaldus (J) predictus episcopum
charitative commonerct ac reverenter increparet, episcopus ipsum calce ad
pectus percussit. Quare dicti nobiles de Prato episcopum invadere et»
occidere volucrunt, Theobaldo archidyacono hoc impediente. Qui cum ad
apostolice Sedis fastigium promotus esset, destinavit Henrico episcopo
epistolam pulcherrimam monitioncs evangelicas contincntcm. Cujus tenor
sequitur : Débet unusquisque... Ex hac îtaque paterne informalionis
medicina salvifica non est infelix egrotus mutatus in melius, sed velut io
lytargiam patiens unde mel sugerc debuerat, doctrine vencnum hausit furoris
et impatientie. ftam chartam hanc apostolice et evangelice eruditionis
plenam remisit ad capitulum, comminando de reditu suo et de vindicte in brevi
sumenda.
Velustusscriptor
dans
Chapeay., 299;
Zantfliet, 114.
X. Déposition d'Henri de Gueldre, 4274.
De quo dictum est :
Qui fuit ante cornes, dux marchio, simul et abbas,
De thalamo pape tantummodo presbiter exit.
XI. Mort d'Henri de Gueldre, 1286.
llocsein, 73. Hic post depositionein xn vixit aunis, quihus succcssoribus suis plures îo
Cf.J.d'0.)V,400. „10](.S(jas intuiit. Tandem dominus l'heodericus de Prato miles, juxla Kran-
chiiiiont, eum inlerfeeil. Oui morluus reduclus esl in Kuremundam. sepullus
in ecclesia m:ijori in scpulcliris patrum suorum.
XII. Règlement des monnaies sous Louis IX, 12S0.
Circa annum itoniini X1ICL, tempore Sancli Ludovici régis Francie, 25
celebrata fuit cerla convenlio super ordiuatione monctarum in civitate
(ij Thibaut Visconti, archidiacre d'Ardcnne, cité comme tel en I2S2, I2B9, 1209; élu pape en 1271,
Il prit le nom de Grégoire X.
CHRONIQUE DE JEAN DE BRUSTHEM. 5.3
Parisiensi, in qua companicrunt dcputati multorum prineipum tam cilramon-
tanorum quam ultramontanorum. Et ibidem sequendo vcstigia precedentium
et posteris providere volentes, conclusum fuit deberi capi unam marcham
argenti regii et ponderis Trecensis. quod conlinet ad veram probam xi denarios
s obuli fini, et illam marcham dividi in lxiiii partes equales faeiendo tôt grossos
veteres. Et unus grossus velus fuit et est ac esse débet u cum dimidio esterling
vel septuagesima quarta pars uni us marche argenti re^ii et ponderis Trecensis.
Statim vero sequendo hoc fundamentuin, feeit idem rex sanctus cudi in regno
suo Francie grossum veterem vel I huronensem, qui idem sunt Angli staterum,
10 Itali querlinum, Âlemanni inferiores denarium dictum. Colonienses etc. Volentes
autem dicti principes providere in moneta aurea secundum valorem et concor-
dantiam predicte monete argentée, dictus rex feeit cudi denarium aureum
dictum regale in pondère n cum dimidio esterling auri quasi puri, quorum lxiiii,
prout dictum est de grosso veteri, faciunt unain marcham auri ponderis
15 Trecensis. et ille denarius reputatur tanquam solidus grossorum veterum, quia
grossi veteres faciunt et valent regale predictum.
XIII. Guerre dite de la Vache, 1275 (1).
Anno Domini XIFLXXV, commissa sunt circa Andenam hastiludia ad que cf J. d'O.
comparuerunt plures nobiles, comités et milites. Advenit aulem quidam ' fl
20 adducens vaccam ibidem, quam videns Rigaldus de Corbion. civis Cennacensis, 114-115.
dixit domino Johanni Halois, balivo Condrosii. vaccam hanc ante dies quatuor
furto fuisse ablatam. Quare balivus cognoscens ab institore, secrète tamen,
vaccam, ut premissum est. furto abductam. feeit eam reduci ad Cennacum.
Putavit aulem is qui eam duxit nihil se inde mali passurum, quod tamen secus
55 evenit. Nam tanquam fur notorius patibulo appensus fuit. Eaque occasione
multa mala subsequuta sunt. Cum enim progenies castri de Belloforti fidelis
semper episcopo et episcopatui favorabilis extitisset, audito nunc dominus
Johannes de Gonnes, cujus fratres erant Raso dominus de Belloforti et
Richardus dominus de Fallaize. quomodo unus de suis servitoribus suspensus
S0 (') Sur l'origine réelle de cette guerre, voir E. Poncelet, La guerre dite de la vache de Ciney,
B. C. R. H., 5« sér., t. III, pp. 278-59B.
M CHRONIQUES LIEGEOISES.
Hocsem, 89. esset, discordia gravis exoritur. Nam tribus prediclis fratribus... sua castra
receperunt in beneficium a comité Namurcensi (i), vero suo domino beato
martyre Lamberto relicto.
Anno liomini XIICLXXVI, die m februarii, discedentibus Leodiensibus
et Hasbaniensibus, ut dictum est. ab obsidione castri de Fallaiz, venit Johannes s
Brabantie dux (*) cum cxercitu xnM arniatornm ad dicti castri tuitioncm.
Verum nobiles de Pralo cum Hasbaniensibus de IWomalia, Hcmmcrcourt,
Hanncff et Waroux Brabanlinis viriliter restilerunt. Nain Brabuntinorum cesi
sunt xxx milites, inter quos et Henricus filius ducis interiit. De rcliquis autem
circiter viMimc cecidisse feruntur. Hasbanorum autem tantummodo cenlum 10
et quinque sunt occisi.
Hocsem, 60. Eodem anno, un martii, cornes Namurcensis, hortatu... se parât ad terre
Cf.J.d'O ,V,413. Leodiensis exitium. At dominus Buchardus prepositus l.eodicnsis (s) et
mamburnus patrie, adjunctis sibi Hasbaniis, terrain Brabantie ingressus, omnia
usque Thenis flammis absumpsit, xxi maii. Cornes vero Lutzelburgensis, qui is
veneral in auxilium... castium cum villa destruxit. Non tamen Deus ultionum
dominus hoc très fllios diffidentie jura beati Lamberti usurpare conantes
impune evadere voluit. Nam comitem Lutzelburgensem in curia régis
Alemannie ferunt capilalem subisse sentenliam (4). Dux Brabantie ictu lancée
occubuit (5,). Cornes vero Flandrie in custodia régis Francie miserabiliter 20
obiit (6). De incendio Cennaci sunt versus cum data annorum :
J. de w. dans Ursmari f'esto gens Cennaci memor esto
"' ' Anno milleno bis centum septuageno
Sex quoque portasti mala, nam succensa fuisti.
(«) Gui de Dampierre, fils de Marguerite de Flandre, avait en 1263 acheté les droits de Marie 05
de Brienne au marquisat de Namur. Il succéda à sa mère dans le comté de Flandre en 1278.
(*) Jean I", duc de Brabant, 1207-1294.
(*) Erreur de J. d'Outrenicuse : Le prévôt était à cette date Jean de Condé (1243-1280). Son
successeur fut Bouchard d'Avesnes (1283 1288). Cf. L. Làhaye, Les paroisses de Liège, p. 71.
{*) Inexact : Henri IV, comte de Luxembourg, 127S-1288, périt à la bataille de Woerbgen sur 50
le Rhin, le 5 juin 1288. On ne retrouva pas son cadavre.
(") Jean l*r périt en effet dans un tournoi en Angleterre, le 3 mai 129-1.
(') Gui de Dampierre mourut le 7 mars 1303 dans la prison de Pontoise, où Philippe le Bel l'avait
enfermé.
CHRONIQUE DE JEAN DE BRUSTHEM.
55
Mense sequenti, quinto idus maii, marescalcus... Demum in Francorum regem
Philippum compromittitur, qui xu septembris sic partes arbitrio concordavit
ut, sopito negolio vacce etc., domini de Belloforti, Fallaiz et Gonne sua allodia
ut prius ab episcopo relevarent.
s XIV. Grisellus, chantre de Saint- Lambert, 1279-1280 (1).
Anno XIIcLXXlX, dominus Grisellus, cantor ecclesie iSancti-Lamberli, fieri
fecit vilream fenestram in ecclesia Leodiensi rolundam versus palatium. Et
eodem anno reedifleatus est pons lapideus Trajecti, quem dominus Henricus
de Monleforti sive de Gelria, olim episcopus, destruxerat. Anno Domini
10 XIICLXXX, prediclus dominus Grisellus cantor in curie sua de Motta in Avroto,
edificavit prioratum \\ ilhclmitarum. In quo quidem loco ipse ordinaverat de
redditibus sufficienler assignalis sustentari debere octo sacerdotes senes et
impotentes qui propler debilitatem suis forte non possent nutriri prebendis,
quos tamen ob honorem sacerdotii non deceret mendicare. Quibus et hanc
15 prefixit legem quod si futuris temporibus irregulariter et dissolute viverent,
capitulum Leodiense, auloritate accepta, eos amoveret et ut indignos et ingratos
privaret, aliosque religiosos de quacumque régula approbata illuc introdueeret.
Quod sic postea factum est, et introducti sunt ibi fratres ordinis Wilhelmitarum
subrogati de alio ejusdem ordinis monasterio dicto de Biernhafay (2) in Ardenna.
20 et hoc tempore domini Johannis de Flandria episcopi, hujus successoris.
XV. Mort de Jean d'Enghien, 1281.
Anno Domini XIILXXXI, cura Henricus de Monteforti... crederet se esse
securum, per satellites sepedicti domini Henrici et domini Arnoldi (3) comitis
Lossensis nocte capitur. Propter quod tota Leodiensis patria comitem ipsum
23 diu post exosum habuit, privans eum episcopalus mamburnio quo, vacante
sede, fun^i solebal. Cum igitur episcopus Johannes super sellam strictam in
Hocsem, 62.
Cf. Chapeav.,
310, note 3.
Cfr. Chapeav.,
310, noie 6.
Hocsem, 64.
Chr. de 1402,
222.
(*) Gérard Griseal de Bierset; sur ce personnage et sur la fondation du couvent des Guillemins.
voir Th. Gobebt, Liège à travers les âges, III, pp. 209-210.
(*) Sur le couvent de Bernardfagne, voir Éd. Pdncelet, Le Monastère de Bernardfagne dit de Saint-
30 Roch, dans Bulletin db la Société d'art et d'histoire du diocèse de Liège, XIII, pp. 1 -13-298.
(*) Arnould V, comte de Looz, 1279-1323.
m CHRONIQUES LIEGEOISES.
caballo a quattuor militibus posilus festinanter abducerelur essctque vir pinguis
et oorpubntus angustia selle et suocussoris ineonsueta ventilatione deficiens
semivivus. ymmo quasi mordais projicitur et in semila secus fossata juxta portam
monasterii de Helechinis (J) tanquam cadaver vile relinqui tur. Diluculo dum
adhuc palpitaret essetque parva tuniea alba indutus usque ad genua, a quadam 5
meretrice inventus est. Et seiscilante ea quisnam esset, cxili et moribunda voce
respondit se esse episcopum Leodiensem. Tune illa caput ejus in gremio suo
Hocsem, 64-65. reclinavit et mox pontifex spiritum dédit, anno Domini XIFLXXXI, ipso die
beati ttarlholomei apostoli. Et quia libertates ecclesiarum... anle majus altare
secum pariter tumulala, anno XIII'JI. ,f)
XVI. Transfert des religieuses à Saint- Quirin, 1285 (2).
J. de Warnant, Eodem anno XIICLXXXV, religiose mulieres, scilicet priorissa et convenais
22g. " Sancti-Martini in Rollion ordinis sancte Marie Magdalene, ex illo loco qui erat
ci-dessus, 1. 1, u]tra Mosam ex opposilo ville de Daules in terra Namurcensi a latere quo itur
p. 00.
Boviniam translate sunt ad locum qui Sanclus-Quirinus nuncupatur in suburbio 15
Huyensi, ubi prius fuerat parvum bospitale.
XVII. Transfert à Huy du corps de sainte Odile, 1285.
Chapeav., Eodem anno, transfertur corpus Sancte Odilie... choruscans miraculis venera-
31S-316.
Transi. s. Odilie, Hone digna honoratur.
dans
Anal. Bon., m, xvm Prise rfg Saint- Jean d'Acre par les Turcs, 129'!. se
Hocsem, 83. Eodem anno, Acon civitas... in favillam redigitur, occisis in ea christianis
nobilibus propugnatoribus ad numerum xvM, excepto reliquo vulgo de quo
major pars necatur. Simililer et urbs Tripolis diruta et in ea xxxM christianorum
oceisa. Eodem etiam anno, ab eisdem capitur urbs Damieta.
XIX. Mort de Jean de Flandre, 1292. 2s
Hocsem, 83. Eodem anno, in die Calixti,... in Flandria deportatum cum suis patribus
Chapeav., 322, tumulatum est. Vacavitque sedes episcopalis post mortem domini Johannis
(*) Heylissem.
(*) Cf. R. Dubois, Les rues de Huy, p. 206.
CHRONIQUE DE JEAN DE BRUSTHEM. 57
cpiscopi annis IIII. Sub quo inlcrmcdio tempore, cum apud Trajectum chorea
duceretur, ncc sacerdoti sacram Fucharisliam deferenti debitum bonorem
exbiberent, subito ponte lignco in quo erant fraclo, circiter uc in Mose
flumine demcrsi perierunt.
5 XX. t'reclion en colléyiale de l'église de Sittard, 4299.
Circa annum Domini X1I(,XCIX ", ad instantiam domini Walerani de Ernst, VI, 43,
i\!onljoie et Valkenhurgh ('), dominus Hugo de (abilone ecclesiam parocbialem JU"
de Zittaert erexil in collcgiatam, incorponmdo ei cerlas eeclesias de jure
palronatus dominii de Valkenburch, ut ex litleris palet erectionis hujusmodi.
10 XXI. Cession de droits sur Matines, J500.
Ab hoc epi^copo Hugone Johannes II dux Brabantie (2) collalionem
quamdam obtinuit non sine gravi dispendio Leodiensis ecclesie et patrie,
tenoris sequcnlis, prout habetur in thesauria et regislro ducatus Brabantie : Wauters, Table,
Universis présentes litteras... Ex tune idem dux Johannes et predietus Mir. On. dipi
15 Johannes Berthout anno primo proxime sequenli concesserunt oppido „ I'?12.„„„
r ' ^ rr 22 octobre 1300.
Mechliniensi forum salis, piscium et avene. sub litleris corumdem de data ,,, , ^ ..
r Wauters, Table,
anni millesimi IIICI, ipso die béate Lucie virginis Deinde anno XIIICIII, VIII, 23.
propter cerlos excessus Mechliniensium. predicti principes Johannes dux et
Johannes Berthout oppidum ipsum obsidione vallarunt, eoque expugnato, in
20 certis locis portas cum mûris destruxerunt, ut in dicto continetur registre
XXII. Accord touchant Maestricht, 1291 .
His temporibus, cum dux Brabantie Johannes II in prejudicium episcopi j. iieW. dans
beatique Lamberti totum Trajectensis oppidi dominium suo juri retineret et 11^330.331
dominus Hugo episcopus super hoc injuriam sibi et ecclesie fieri i psi duci chr. de 1402,
25 ac patribus patrie proponeret, de utriusque partis assensu compromissum
« XIICXCVII : cod.
C,i Waleran II, seigneur de Fauquemont, 1268-1502.
(*) Jean II, duc de Brabant, 1294-1312.
Tome II. §
237.
58 CHRONIQUES LIÉGEOISES.
est in arbilros qui bujusmodi in causa talem protulere sententiam. Ut
scilicet totum domininm Trajecli et Wyck cum eorum snburbiis sint in ditione
ducis, duabus tamen parochiis tam in spiritualibus quam in temporalibus exceptis,
videlicet béate Marie, ubi olini sedes episcopalis ab ccclesia beati Scrvatii ad
lempus fertur fuisse transposita, necnon Sancli Pétri existentis in suburbio s
Trajecli, que parocbia cum suo dominio bereditarium extat allodium beati
Lamberti, cujus mater Herisplindis lilia fuit bigolai domini temporalisquondam
Sancli Pelri. Item quod omnis alienigena, id est non progenilus in episcopalu
Leodiensi, in quoeumque loco dicli oppidi Trajeclensis maneat, ejus si
forefecerit correctio ad ducem pertineat. Omnis vero in episcopalu natus, 10
ubicumque in dicto oppido sive Wyck niorelur, ejus correctio pertineat
episcopo. Mulier autem in episcopalu progenita, si viro nupserit extraneo,
ubicumque moram traxerit sive Trajecli, sive in Wyck, semper erit cum
suis liberis sub correctione episcopi; vir autem ejus sub correclione ducis. Et
simililer mulier alienigena, si con traxerit cum viro in episcopalu progenito, 15
erit cum suis liberis, ubicumque moretur, sub correclione ducis; vir autem
Hocsem, 93. episcopi correclioni subjacebil. itaque conclusum fuit ut locus antique
civitatis juris esset episcopi, boc tamen inlerposito quod omnes loci incole
cum suis familiis capitalem censum persolvant bealo Petro Lovaniensi. Cetera
vero ultra velerem civitatem ampliala ad ducis dominium perlineanl. Perso
quod arbitrium ecclesia enormiter lésa fuit. Sed et temporc illo quo Guido
Hannonius electus episcopus ad urbem pro suis profeclus expediendis negotiis,
orto in oppido Trajecti inter cives dissidio, quidam bealo Lamberto et ecclesie
fidèles asserebant se ab exactoribus ducis nimium molestari et contra ecclesie
jura graviter opprimi, aliis e contra ducis consuetudines defendentibus. 2a
Ulrinque igitur ad arma congressum est. Sed quia ducis pars longe fortior erat.
his qui pro parte crant ecclesie. pluies ex parte episcopi trucidantur, aliis aut
captis seu graviter sauciatis vel ab oppido fugientibus. Quorum etiam bona
dirimuntur, domus irrupte spolianlur. relique tandem in deditionem coartantur,
homagium facientes duci et beato Petro Lovaniensi, relicto bealo Lamberto 30
legittimo cjusdem oppidi herede et domino. Et ut nonnulla que. superius de
Trajecto scripta sunt repetamus. constat Porctem comitem oppidi cjusdem
bealum Servalium conslituisse heredem. Et tempore Sulpitii episcopi, Bodonem
quemdam, qui sibi dominium dicti oppidi usurpare nitebatur, jussu Lotharii
CHRONIQUE DE JEAN DE BRUSTHEM. 59
Francorum régis fuisse peremptum, ipsumque Lotharium cxtunc ccclesie
factum fuisse defensorem. Cirea annum Domini IXCVH, l.udovicus rex, filius Wauiers, Table,
I 3''4-
Arnulphi imperatoris, confirmando quasdam donaliones Karoli simplicis Chape'av" 1^267:
Francorum régis et ducis Lotharingie, dédit et ipse domino Stephano Leodiensi 28ianv>er908.
5 episcopo theioneum et monelam oppidi i rajeclensis. Â lempore autem Henrici I Wauiers, Table,
ducis Brabanlie, qui jura imperii in oj.pido Trajectensi obtinuit a Philippo Mir. ôp.di'pi.,
Romanorum rege, duees Brabanlie dictum oppidum sue mancipaverunt ditioni, .- ' 7îjo0i
cum lamen olim civitas esset episcopalis ab imperatoribus et regibus in pura
et simplici possessione episeopis donata. a summis Pontificibus conlirmata,
io licet ab ecclesia jam in magna parte alienata.
XXIII. Bataille de Courtrai, 1302 (').
Mis temporibus, exorta est sanguinaria simultas inter Philippum II II
Francorum rcgeni (2), cognomento Pulchrum. et Flandrie comitem Guidonem,
hac scilicet ex causa. JNam cornes filiam habebat nomine Philippum, predicli
is régis ex sacro fonte patrinam. Hanc dictus cornes, contra régis voluntatem,
volebat dare filio régis Anglie uxorem. Ob hoc Francorum rex vehementer
commotus cum maxima multitudine venil ad prelium adversus Flandrenses.
Rex autem Anglie Eduardus I (3) occurrit comiti Guidoni in auxilium, quo
non obstante, cornes cum duobus filiis a Francis captivalur, et Flandria régi
îo subjugatur. lium vero rex in Flandriam redire disponeret. Jaeobum fratrem
comitis Sancti-Pauli (4) gubernatorem Flandrie constituit. Qui cum nimis
tyrannizando populum variis exactionibus opprimeret, et die quadam ad
oppidum Brugis venisset, populus, seditione commota, portis clausis pontibusque Hocsem, 105.
effractis, in dictum comitem suosque qui cum eo vénérant impetum fecit,
25 multique nobiles Irucidati sunt, comité tamen paucisque cum ipso evadentibus.
Quod cum régi Francorum nunciatum fuisset, vehementer commotus, congregalo
(*) Sur cette célèbre bataille, voir V. Fris, dans les Annales de la Société d'histoire et d'archéologie
de Gand, t. V.
(*) Philippe le Bel, roi de France, 128S-13H.
30 (li Edouard I", roi d'Angleterre, 1272-1307.
(4) Jacques de Cliàtillon, seigneur de Leuze et de Condé, frère de Gui, comte de Saint -Pol,
t ^92- 1297, qui prit la fuite à la bataille de Courtrai après avoir vu périr ses deux frères.
60 CHRONIQUES LIÉGEOISES.
exereitn gravissimo ad internctionem Flandrensium se accinxit ac bel li dueem
Alrebalenscm comitem (') prcfecit. Frai nobilis Hugo dominus de Frckcl miles.
vir fortissimus giganlie stature, qui se régis scrvitio ad standum cum suis in
fronte eonfiiclus obtulit. si rex ipsum jusljs stipendia honorare velît, sed a
Francis refutalus ad Flandrenses se translulit. Commisso igitur prelio apud 5
Cortracum, dominus Hugo prefatus Francorum irrumpens cuneos. vexillum
régis delraxit et ad Flandrenses reportavil. Quo gaudentes et animati Flan-
drenses, more leonum rugiunlcs et viriliter decertantes. tandem Francos bello
vicerunt. Ceciderunt autem in lioc prelio apud Cortracum commisso virorum
illustrium circiter 11" prêter alios fere innumeros. Inter quos eesi sunt 10
reges duo Majoricc (2) el Meiidie, «lux Lotbaringie (3), Godefridus, cornes
de Virson germanus Jobannis ducis Brabantie (4), episcopus liellovacensis (5),
Kobertus cornes Arthesie, Jacobus cornes Sancti-Pauli, Johanncs filius Jobanni.
comitis Hannonie (6), Ludovicus cornes ( larimoniis, prineeps Campanie,
princeps Norlfordie, prineeps Clarionis, cornes de Baerne cum tribus fralribns, ih
cornes Bolonie (7) cum fratre suo Godefrido, dominus Arnoldus de Echouen
Cf. De Dynter, cum filio Jobannc (8). dominus Henricus de Wilre, dominus Gcldolphus de
II 4M. ' Wynghen (9), dominus Wilbelmus de Kedinghen, domini de Cranen, de
Weezmale(' "). de Houtershem, de Walem (41). cum aliis plurimis quos longum
esset dinumerare. Quotquot autem evade.re poterant non retrospicientes velut 2n
(') Robert, comle d'Artois, 1230-1502.
(*) Le roi de Majorque à cette époque était don Jayme qui mourut en 1514.
(3) Thibaut II, qui devint duc de Lorraine en 1504, fut fait prisonnier.
(*) Godefroid de Rrabant, sire d'Aerschot. frère du duc Jean Ier et son fils Jean de Virson.
(B; Il n'y eut pas d'évèque de Beauvais tué à Courtrai. 25
(6) Jean, fils de Jean d'Avesnes, comte de Fjainaut, en 1280-1501.
C ) Robert VI, comte d'Auvergne et de Itoulogne, se distingua à la bataille de Courtrai, où son frère
Godefroid fut tué, mais mourut en (514 seulement.
(8j Arnold d'Eeckout et son fils. Cf. Du Dvnter, t. Il p. i-44.
I8) Gendolplius de Wyncghcm et Wilbelmus de Redingen sont aussi mentionnés par De Dynter. 30
(,0) Arnould IV de Wezemael, fils de Godefroid de Perek. Cf. Ganshof, Les Mimstcrialcs, p. 98.
('*) Les sires de Bautersem et de Walhain. de Borjun, I/emricourt, 1. 1, p. 1 KO, conteste, avec raison-
que ces seigneurs aient succombé à Courtrai en 1502, ainsi que l'affirme aussi Dk Dvnter, t. II, p. 444.
Cf. Ganshof, Les Miiiisteriales, pp 109 et 128.
CHRONIQUE DE JEAN DE BRUSTHEM. 61
lepores effugerunt. Tune textor quidam, qui Petrus rex (!) dicebatur, lanquam
demagogus gerebal Flandrensis populi principalum. Cui propter animositatem et
industriam suam, quamdam de reddilibus eomitis conlulerunt partem, atque ipsum
assumere fecerunt ordinem militarem. Actum est prelium supradictum « die
5 mensis augusti anno Domini XIIICII.
XXIV. .'.es chaperons blancs, 4502.
Appropinquante termino octodecim anuoruin quo debebat gabella seu firmitas Hocsem, 106.
cerevisie terminari, scabini et nobiles civilatis qui adhuc gubernabanl civilatem C\i'ti''
eamque tenebant subjeelam, considérantes qualiter. .. Adolescentes enini et
10 pueros polentiorum totius civitalis instruxerunt ut in signum unanimitatis unius
coloris capulia, alba sciliect, déférentes per civilatem ad omnes pergerent
ministeriales et gabellam super omnia venalia ad voluntatem levarent, asse-
rentes sibi restare adhuc annos IIII cum concessi fuissent octodecim et
X1III duntaxat annis levassent. Adolescentes predicti se nominabanl pueros
15 deFrancia. Hec cum doniinus Jobannesde Cambiis decanus et capitulum Leodiensis
ecclesie egre ferrent, majores ad capitulum evocantes monent eos ut ab hujusmodi
désistant. Simili quoque modo increpabat eos prepositus Leodiensis dominus
Arnoldus de Blanckenheym (2) super delalione alborum caputiorum et impor-
tuna exactione bominum. Qui cum desistere non curarent, excommunicantur et
civitas inlerdicto supponitur. Decanus vero, quamvis de majorum esset procrealus
génère, meebanicarum gubernatores artium civitatis, xn scilicet ministeriorum
clam ad se convocat, per quos capitulum se plebi confédéral, ul arma accipientes
suas vendant mercimonias incitant ac se muluo fideliter subventuros spondent.
Sicque animati mangones armata manu carnes suas vendere ceperuut. In die
25 itaque beali Barlholomei, venerunl pueri nobilium ia maceilum albis, ut
premissum est, induti eaputiis et a mangone quodam vendente carnes
importune nimis exegerunt pecuniam. Ille autem, arrepto ciiltro, amputavit
uni pugium. Videnles hoc alii albi caputiati irruerunt in mangonem, sed aliis
illi subito surgentibus in auxilium, multi bine iude graviter mulilati fuerunt.
30 Quibus rébus dum majores animo consternanlur, unus ex nobilibus magisler
(<) Pierre de Coninck, Cf. Piiienne, Histoire de Belgique, t. I, pp. 579-381.
(*) Arnould de Blankenheiru, prévôt de Kiège, de 1281» à 1512.
62
CHRONIQUES LIÉGEOISES.
Franco de Sancto-Servatio suis complicibus persuade! ut désistant. Sequenti
die. ad capitulum conveniunt, desistere spondent ut tamen absolvantur. ..
Peracta sunl liée anno Domini XII1CII, sede vacante per mortem hujus domini
Adulphi.
XXV. Expulsion des usuriers, 1302. 5
Cf. Chapeav., Modem anno in septembri, recepta est bulla papalis que generaliter continebat
339, note. , , , . . . .... , ,
Sexti Décret., kumbardos et usuranos extra civilalem ejiciendos, que habetur capitulo
lib. VI, tit. v, Usurarum vo-raginem, libro v " et est Gregorii X in concilio Lugdunensi in
cap. I. °
qua inter cetera scribitur : Hac generali constilulio-ne sancimus ut nec
collegium nec alia universitas vel singularis persona cujuscumque sit io
dignitatis, conditionis aut status, alienigenas et alios non oriundos de
terris ipsorum b publiée fenebrem pecuniam exercentes, aut exercere
volentes, ad hoc domos in terris suis conducere, vel conductas habere,
aut alias habitare permittanl; sed hujusmodi usurarios manifestos
omues intra très menses de terris suis expellant, nunquam aliquos 15
Hocsem, 108 taies de cetero admissuri, etc. Quare Adulphus episcopus Lumbardos quos
scabini Leodienses lucri gratia confovebanl armatus non clypeo vel galea sed
pontilicali thyara et baculo pastorali, fractis domorum suarum foribus, a civitate
penitus extirpavit.
XXVI. Destruction du château de Mirwart, 1302. -20
Hocsem, 339. Hoc tempore, custodes castri de Mirwart... Adulphus castrum ipsum funditus
, '• deVL,, diruit terramque castro subjectam suo dominio subitigavit, quia prius recuperata
dans ms. 9841, ^ J . . .
ci-dessus, 1. 1, erat bonis ecclesie, tempore Guidonis electi, et ipse ea in lite consumpsit.
p. 56.
XXVII. Mort d'Adolphe de Waldeck, 1302.
Chr.de 1402, Cum autem esset dominus Adulphus episcopus in domo scholastici Sancti îs
, . ' Pauli, decidit in lectum. Et cum jam morti vicinus esset, in extremis clamabat :
dans ms. 9841, Domine, suscipe spiritum m eu m ut cum fratribus meis sim, et ipsam anli-
ci-dessus, 1. 1, , . . . .
p. 57. phonam ad hnem usque complevit. Qua imita, mox expiravit, anno
Domini XIIICII, idibus decembris. Putabatur a Lumbardis qui ipsum oderant
° Libro VI : cod.
» Eorum : cod.
30
CHRONIQUE JEAN DE BRUSTHEM.
63
dato veneno extinctus. Hic in lecto decumbens... conderenlur. Quod et Hocsem, HO.
factum est. Super cujus sepulchrum hoc exaratum est epitaphium : Chapeav.,340.
De Waldegh natus jacet hic Adulphus humatus,
Qui vixit gratus anno minus hic cathedratus,
5 Nobilis elatus nil, fit sine fine beatus.
M. C. ter et iota bis annos conjunge, notabis
Post mortem Christi sua dum mors incidit illi,
Semper justitie cupido sub luce Lucie.
Sepultus est cuni domino Johanne de Anginis. ut supra dictum est, ante
io summum altare majoris ecclesie, unus a dextris, aller a sinistris domini
Hugonis de Petraponte episcopi.
XXVIII. Entrée à Lièae de Thibaud de Bar, 1503.
Eodem anno, Theobaldus episcopus, circa festum Omnium Sanctorum, a curia Hocsem H8.
romana revertens, in die Sancti Leonardi, Leodium intravit.
15 XXIX. Guerre des Français contre la Flandre, 1305.
His temporibus, rex Francie, immenso congregato exercitu,... Tune papiliones Hocsem, 420.
pretiosissimi pro corpore régis preparati in sortem strenuissimi comitis Adulphi
de Marcha postea episcopi, qui tune parles adjuvabat Flandrensium ceciderunt.
Postea vero rex recollectis viribus contra Flandrenses reducit exercilum. Conser-
30 tumque est prelium a mane usque ad vesperam. Superveniente aulem nocte,
cum Flandrenses pre nimio silis ardore ad aquas properassent, repente rex qui
se in silva quadam absconderat super eos irruit, commissaque pugna, rursus
lune inde forlissime dimicatum est. At dominus VVilhelmus de Juliaco... ubi
Flandrenses sua tentoria perdiderunt.
25 XXX. Suppression des Templiers, 1507.
Anno XIIICVII, una die et hora Templarii per totum regnum Francie cf. Chapeav.,
capiuntur Cum enim pontifex Clemcns V cum curia sua moram traheret in 3*7349-
civitate Pictavensi, rex Francie Philippus, seductus ab officialibus suis,
denunciavit pontifici magistrum Templi et mansionis suosque fratres dicte
ôo religionis quibusdam infectos esse erroribus ac sceleribus involutos. Totum
64 CHROiNIQUES LIÉGEOISES.
(amen falso ex avaritia dicebatur fuisse confictum, ut illi religiosi templarii,
qui initium hahuerunt in Hierasalem et postea multiplieati et diffusi per
Franciam el alias provincias, magnas divitias et possessiones ac loca opulenta
possidebant. expoliarentur bonis suis, prout faetuin est. Cujus mali principium
taie fuit. Quidam prior de Monte Falcone îbolose dicli ordinis «eu religionis s
Templariorum, hoino pessime vite ac hereticus. propter notabiles suos excessus
ab ipso magislro ordinis Parhisiis in perpeluum carccrem fuit retrusus. In
eodeni carcere delinabalur alius ÎSolïus nomme. Florenlinus natione, vir et
ipse sccleribus plenus. îii duo spiritu maligno concitati et callidissimi ad
invicem convenerunt in malum false accusalionis ut earcere liberari possent 10
et, aliquo emoluiiiento inde pcrccpto, infelicem vitam sustentarent. Qui tandem
egressi de ergaslulo mala morte perierunt, uno suspenso et altero violenter
interfeeto. Hi ergo eum in carcere cssent, insinuarunt officialibus régis illos
religiosos de ordinc Templariorum heresibus el flagitiis irrelilos. Unde si
procederetur in inquisilione contra ipsos, procurante boc rege a pontiflce, îs
magnas et limitas eorum divitias obtinere posset. Quod eum régi denunciatum
essel. suggessit pontilici ut ordinem illum deleret, ulpole beresibus et nepbandis
erroribus et facinoribus implicatum. Tandem utrum de jure propter delicla
personarum posset ordo destrui in consislorio queslioue diutius ventilala, eum
petitio régis non procederet, Clemens papa, auri cupidus et spiritu symonie 20
replelus, proponit utrum propter régis polentiam, cujus scisma timendum
dicebat, nisi procederet faclum suum boc Ecclesie ad vitandum scandalum
expediret. Tandem super boc diutius disputato, pontifex régi placere volens,
absque discussione alia malerie eorum que Templariis objiciebanlur, utrum
vere vel calumniose procederetur, pctilioni régis acquievit, concedens per as
litteras apostolicas ut omnes Templarii per orbem dispersi cerla el determinata
die caperentur el eorum bona omnia sequestrarentur. Capitur igitur magistcr
Templariorum qui tune Parhisiis erat et incarceratur. Dicebatur frater Gracbi,
natione Burgundus, génère noliilis, habens secum alios lx milites ejusdem
ordinis nobiles. Opponebantur eis aliqui articuli beresum ac vilia contra 50
naturam, quod spuebanl in crucem Christi, et quod antecessores eorum
fuerunt causa per prodilionem quod terrain sanctam fidèles amisissent. Super
bis probationibus aliquibus exbibitis, rex fecit eos torqueri variis crucialibus,
CHRONIQUE DE JUAN DE BRUSTHEM. 63
ut omnes faterenlur excessns. Qui cum omnino negarent et falso esse confieta
dicerent, in carceribus diu detenti sunt cum magnis incommodis. Demum ut
conclusionem sumerent dicti processus, extra Parliisiis educti, in magno solario
igneo et alto positi sunt, omni plèbe spectanle, fecitque eos nudatos ad palos
5 ligari et ignem sub eorum pedibus poni. postea ad tybias et sic paulatim ad
membra superiora, uniim post alterum comburendo, eisque aperte nuntiando
quod si qui illos faterentur excessns et peniterent, liberarentur. Dura igitur
talia paterentur. eorum amici et consangtiinei hortabantur eos ut confiterentur
taies eorum defectus ne tam enormia paterentur tormenta. Sed illi nolentes ac
10 pre dolore et nimio cruciatu clamantes, dicebant se sine causa talia pati.
Jmocabant proinde Deum et beatam Virginem ac alios sanclos, et sic vitam
inter tormenta liniebant. Fuerunt aulem reservati ex dictis Templariis magister
principalis ordinis et frater i'elpliinus. et frater Hugo Paraldi, et alius quidam,
qui aliquando fuerant olliciales et Ihesaurarii régis. Hi ducli fuerunt ad civi-
ls latem Pictavensem coram papa, ubi eliam rex Francie erat. Et promissum
fuit eis quod si faterentur illa flagilia. venia concederetur eis et vita. Ferebatur
quod aliqui confessi fuerint et sic Parhisiis reducti. Destinanlur illuc duo
cardinales ad ferendum sententiam contra dictum ordinem ex dicta confessione
facia coram ponlifice, alque ad faciindum punilionem conlra diclum mag strum
20 et socios. Positi sunt ergo in allis pulpi lis ut viderentur ah omnibus Perlecto
aulem dicto processu. m;igisler empli surrexit et cum magno clamore poslulato
silenlio. publice dixil quod ille bereses et crimina de quibus inquisili fuerant
nunquam perpétrassent, et quod eorum religio ab illis semper immunis fuisset.
Sed dignum se fatebatur morte, et illam in patientia paratus esset sustinere,
23 quia timoré et blandiliis pape et régis, in aliqua parle confessus fuisset illa
crimina dolose et mendaciose. interruplo sermone et non completo, data
sententia, recesserunt cardinales et prelati de loco. Magister cum socio ante
aulam régis positi sunt ad igncm et paulatim igné suecenso combusti. Frater
quoque Pelpliinus eodem modo per ignem Iransiit ad Dominum. Frater Hugo
50 Paraldi cum socio timoré pêne omnia confessi sunt, et pro tune morlem
e\adentes. postea miserabiliUr obierunt. Papa vero stalim bona Templi infinilo
thesauro fralribus vendidit llospitalis bancti-Johannis. et, suspensis eorum
privilegiis, recepta pecunie sumrna. nova privilégia renovavit.
Tome II. 9
6b CHKOiNiyUES LIEGEOISES.
XXXI. L'affaire de Matines devant la Cour de Home, 4307.
Hocsem, 124. Mis temporibus, videntes dnmini canonici Sancti-I.amberti jus civitatis
ÎMcchliniensis, quod dudum pro média parte eral ecclesie l.eodicnsis, in
prislinam et débitant liberlatein redactum. inota desupcr queslione, propo-
suerunt non esse juris seu auctoritatis Eeodiensis episeopi transporlare, s
alienare, vendeie vel impignorare bona ecclesie. nisî duntaxal ad vitam. sine
aposlolice Scdis licentia. capituli quoque Leodiensis et patrie consensu. Quare
dominus Theobaldus episcopus eitari fecil ducem Home coram Summo
Pontitice. Misit ergo Johannes dux suos legalos. Kuitque linalitcr pcr Summum
Pontiliccm indiealum quod transportait domini Hugonis episeopi nullius essel 10
momcnli Oblinuitqiie ecc'esia Leodiensis medielatem oppidi Mechliniensis,
rémanente altéra parte apud stirpem Berlholdi
XXXII. décident d l'église de Saint- Lambert, 4307.
Cf. J.d'O, Anno supradicto Vil, in die sancto Pasche. sub proccss;one, corruit magna
pars testudiuis ecclesie tSancti - Lamberti absque tamen aliqua hominum ib
lesione. Verumtamen ex ipso casu corrupta fuit et conquassala magna corona,
ac pavimentum rotundum subtus nobiliier stratum penilus eonfossum et
demolitum.
XXXIII. Érection de l'église de Léau en cotlégiale, 4308.
ci Miraeus, Eodem anno. feria quinta post festum beati Martini, in mense novembri, su
Unov. 1308. dominus Theobaldus episcopus ecclesi;im parochialem Sancti- Leonardi in
oppido Leewensi erexil in ecclcsiam collegialam. adjuvante ad hoc domino
Emicho de Spauwen archidyacono f.rabantie (') in ecclesia Leodiensi. Et
inquisitio de idoneitate loei ae beneliciorum facta luit per dominum Adam
monasterii Sancli-Trudonis abbatem (2). 2S
I1 Emiction Ue Spanheim, archidiacre de lirabant, de IÏUU à 1521.
(') Adam de Ardingen, abbé de Saint-Trond, de 1297 à 133).
CHRONIQUE DE JEAN DE BRUSTHEM.
67
XXXIV. Fraude de Jacques de Ghistelle. 1309.
Eodem anno, transactis annis VI a supradicto conflictu apud Cortracum, Hocsem, 127.
quidam ypocrite gyrovagi... uxorem putativam adiit et eidem cohabitavit. Missis
dcnique Bruxellam nimtiis, in ecclesiam fratrum minorum deponi fecit arma
5 et clypeum predicti domini de Vierson (*), quem adhuc vivere et seipsum esse
asserebal. Mulavit eliam in coinitalu de Vierson scabinos et offlcialos alios
loco eorum substitnendo. Noque in his omnibus domina prefata aiiud sciebat
nisi quod legilimum suum virum recepisscl. Poslmodum lamen fraude détecta...
Johannes de Hocsem compilator hujus hystorialis partis scribit se Parhisiis in
io habitu militari vidisse.
XXXV. Mort de Waleran, frère de l'empereur Henri de Luxembourg,
1310.
Inde procedens ulterius [Henricus! (2) Brixiam obsidione vallavit... lecto Hocsem, 130.
decidens [Waleranus] diem clausit extremum, circa inilium mensis au^usti,
îs régi principibusquc et loti exercilui trislitiam parions et luctum. Quare rex
animo iratus dictait) obsidionem urbis Brixie conjuravit.
XXXVI. Faits de guerre en Hesbaie, 1311.
Eodem anno MIIFXI, in crastino beati Bartholomei apostoli, cum Henricus Cf.G.abb.Trud.,
miles nobilis, dominus de Hermale (3) recederet a Sancto-'î rudone, VVilhelmus
50 castellanus W'arhemie (4) cum suis complicibus, duranlibus adhuc treugis inler Cf. M. de Lewis,
eos pollicitis. secus villam Mielen eumdem Henricum invasit. Ceciditque ibidem
mortuus Johannes ex amita Henrici consanguineus. Henrico quoque semivivo
relicto. reliqui ejus socii fugcrunt Quod factum Alardus miles, dominus de
(*) Jean de Vierson, fils de Godefroid de Brabant, sire d'Aerschot, et frère du duc de Brabant
2i> Jean l'r, avait épousé, en 1297, Marie de Morlagne.
(s; Henri V, comte de Luxembourg depuis 1288, fut élu roi cies Romains sous le nom de Henri VII,
en 1308, el couronné empereur à Rome en 1512. II mourut le 24 août 1313.
(*) Henri, seigneur de Hcrmalle. Cf. Hemricourt, 1, p. 95, et II, p, 280. Poncelkt, Maréchaux, p. 97.
(*) Guillaume de Jenefje, châtelain de Waremme, Cf. Henx^caurt, I, p. 584, et II, p. 260. Poncbiet,
7)ii Maréchaux, p. 105.
68 CHRONIQUES LIÉGEOISES.
Pces (J) qui palriam loco dnmini Theobaldi (une regebat. cum faveret partibus
castellani, non correxit. Quare postmodum inter nobiles Hasbanonim una
progenies adversus alteram mala multa coitiinisit.
XXXVII. Expédition d'Italie, 4Z44.
Chr. de 1402, Circa festum Omnium Sanctorum, Brixienses ad dedilionem positi sunt, ratione 5
559-261. delicienlis annone, reddideruntque se et civitatem ad libitum régis. Rex vero,
urbe sibi reddila, jussit muros per circuitum funditus dirui et quosdam urbis
majores capite puniri. Quod audientes relique transalpine civitates [tremue-
runt "]. Hoc insultu. Guido frater comitis Namurcensis, régi propinquus, ex ejus
amita filius (2), du m ad expugnandam Brixiam, valvam ejusdem urbis securi ut io
gygas invaderet, lapidibus et trabibus super se obrutis conquassatur. Henricus
autem rex, relicta Brixia, Papiam veniens cum honore ut eorum dominus
recipitur et in eadem civitate Guido supradictus obiit. Anno Domini
XIIICXII circa Epiphaniam, dum rex Henricus secessit versus Januensem
urbem, ubi etiam cum gloria et honore receptus est, suorum autem fidelium 15
consilio ductus ibidem usque ad sequenlem quadragesimam quievit. Sub hoc
intervallo temporis, obiit nobilissima regina (3), uxor régis Henrici, sepulta Janue
in ecclesia fralrum minorum. Decessit in eadem urbe frater Alberlus ordinis
minorum. sacre théologie professor. predide regine confessor. Etiam mortuus
est ibidem dominus Joliannes de Agymont. frater comitis Lossensis (4). Rex 20
autem Henricus circa quadragesimam a Janua exiens, secessit versus Pisam, ubi
cum ingenti honore receptus quievit usque ad octavas Pasche. Tandem a
« Omis : cod. Suppléé d'après la Chronique de UOS.
(*) Alard de Pesches. Cf. Poncelet, Maréchaux, p. 89.
(*l Jean I", comte de Namur, et son frère Guy étaient fils de Guy de Danipierre et d'Isabelle 25
de Luxembourg, sœur de Henri IV, père de l'empereur Henri VII.
{•) Marguerite, fille de Jean l,r, duc de Brabunt.
(*) l.e comte Jean de l.ooz, 1373-1279, avait épousé en premières noces la sœur du comte de
Juliers, d'où naquit Arnould V, comte de Looz, de 1279 à 1^23 II épousa en secondes noces Isabelle,
fille de Jacques, sire de Coudé, dont il eut Jean de Looz qui devint seigneur d'Agimont, dont on note 30
ici la mort.
CHRONIQUE DE JEAN DE BRUSTHEM. 69
Pisa exiens iler suum versus Romanam urbem direxit. Quod Robertus rex
Sicilie (4) intelligens domimim Johannem fratrem suuîîi premisit ut régis
introitum prepediret, sed tt ipse Robertus cum valida manu Romam venit.
Henricus vero rex, cum urbi appropinquaret, et viam suam versus portam Latinam
5 dirigeret, fullus innumerabili nobilium socielate, omni "gt-nere annorum munita
in quibus auruin. argenturn, purpura et hiacinctus resplcndebant, Robertus hoc
perspiciens illic morari timuit, cum esset totius urbis invalidior, et trans Tyberim
per pontem transiens, versus Sanctum-Petrum cum suis munitionibus confugit.
Fraler autem Roberti régis perlerrilus in caslro Angeli se recepit, majori parte
10 exercilus cis Tyberim relicta. Omnesque pontes, liempto ponte .Sancti-Petri.
destruxit, ne ad illam ecclesiam, ubi more predecessorum soient Cesares
coronari, sitam trans Tyberim, perveniret. Pons namque Sancti-Petri, editis
munitus turribus transitiim denegabat. Ilaque rex Henricus per portam Latinam,
nemine sibi contradicente, ingreditur vin aprilis, castrametatus ad Sanctum-
la Johannem in Laterano. Igitur anno supradicto, in die Penthecosles, que
tune erat xim maii, illuslrissimus Henricus comes Lutzcburgensis. Alemannie
rex, anno quinto regni sui, in ecclesia beati Johannis, vol ut alii scribunt, in
ecclesia Sancti-Petri ad vincula, ab episcopo cardinali a papa Clémente ad hoc
legato, imperiali dyademate coronatus est imperavitque uno anno, xxvi diebus.
20 Urcisini autem existentes pro parte Romanorum, metu imperaloris, turrim j de W. dans
et vicos suos fortiter munierant. Accidit militiam Theobaldi Leodiensis episcopi C'!apeJav'.' ^f'
r r Chr. de 1401,
armatam, feria III post festum Sancte Trinitatis, que décima fuit dies a 261.
coronalione imperatoris, cum vexillis ipsius episcopi ad vicum Ursinorum,
ruptis litiis quibus munitus erat, proficisci ut contra inimicos pugnarent. Hocsera, i31.
25 Cumque jam Teuthonici se vicisse crederent et absque militari disciplina more
suo dispersi ad spolia currerent, tanla vis pugnalorum de lurri hostium ipsis
obviam in pugnam exivit quod nequaquam vim illorum diutius ferre possent.
Dominus autem Theobaldus episcopus, qui adhuc in castris erat, per nuncium
intelligens, cum jam esset armalus, mox equum ascendit et cum solus, nemine
30 prestolante, valida manu atque velocilate equi polentis, intra inimicorum
cuneum se transtulisset, dominus Bartholomeus de Capua Lumbardus, Hocsem,l32.
(*) Robert, roi de Naplcs, de 130!) à 1343, appelé ici crronémenl roi de Sicile. Son frère était Jean,
prince de Morée.
70
CHRONIQUES LIÉGEOISES.
llocsem, 133.
Chr. de 1402.
-264-267.
cohorlis capitaneus, dalo suis signo qui ad turres domorum confugerant, ab equo
prostratum transtixit. At episcopus vulneribus confossus captivum se reddidit.
Diffusi vero Teuthonici inimicis obvii trucidantur, sanguine per vicos more
fluminis decurrenle. Episcopus aulem intra très dies moritur.
Hoesem,i32. Quem frater régis Roberti recognoscens, quia ipse dominus Theobaldus 5
quondam in curia romana, tempore pape Benedicti XI, fuerat illi amicitia
favorabilis, neci tanti viri plurimum compaliens. in porticu ecclesie Sancti-
Petri, sacello papali, solemnibus exequiis fecit sepeliri. Obiil xxi die
raaii anno Domini XIIICXII.
Peraclis vero solemniis coronationis imperatoris Henrici, cum propter aeris io
inlemperiem non auderet diutius remanere, relicla urbe, discessit, iter suum
versus Florentiam dirigens. Elenim cum fere omnes Tuscie et Lumbardie civitates
Henrico imperatori se tradidissent, sola Elorentia ipsius dominio subesse
recusavit. Quare ipsam quinque mensibus, etsi in cassum, obsedit. Instante
autem solemnitate Penlhecostes, ab eadem civilate per un miliaria elongalus, 15
tentoria bgi jussit, volens tranquilliori pace eum omni diligentia et honore diclam
solemnitalem, que craslino die superveniebat. celebrari. Ubi eliam contritus
et confessus dévote sacram communionem disponebat percipere, sacerdos
imperatoris confessor, pecunia corruptus, vino in sancto calice venenum
commiscens innocentissimum virum nephandissimo commercio toxicavit. Rex 20
vero, dissolutis membris, magnoque Irigore distenperatus in lecto decubuit.
Dictum confessorem gratiose super tanta nequilia correptum, dato fideli
ductore, clam abduci jussit. Cumque a medicis suaderetur vomitum ei
provocaii, cujus utique remedio fuso veneno convalescere posset, is pro
tanti sacramcnti reverentia, non acquievit, melius, inquiens. est niihi mori js
j. de W., ms. quam quod nauseat anima mea super cibo isto benedicto. Sicque migravit ad
de Tongerloo, Domjnum fe,ja Vi post Penthecosten, vi idus iunii, anno Domini X1IICXIII.
ci-dussus, I, 66. ' r J
Papienses, audito imperatoris obitu, corpus aromalibus involulum aquile enee
deaurate reclusum in medio cathedralis ecclesie sue ad cathenam suspenderunt.
XXXYIil. Arnold de Blanekenheim, élu mambour, 4312.
tu
Bocsem,l38. Prenoscentes igitur decanus cum capitulo episcopatus donum in manua
' 26S PaPe devolutum eo quod episcopus ultra Alpes occubuisset, dominum
CHRONIQUE DE JEAN DE BRUSTHEM.
71
Anoldum de Blanckenheym Sancti-Lamberti prepositum (*), virum nobilem,
in mamburnum prefecerunt, quem etiam major pars capituli, modo eleclio Ms. Bibl. roy.
ad eos reverti potuisset, episcopum eligcre intendtbant. Erat autem vir ad 9841 Vf 80 v«
iracundiam et vindiclam admodum pronus. Nam mox ut tutor esset effeclus, Averb.,VlI, 78.
5 in domo Johannis de Harduemont militis in Hollonia super Jechoram (2) quosdam '2g3 '
homicidas obsedit, qui vi ad ejus libitum traditi sunt. quorum unus equis distrahi
et inde cum altero decollari, tertium vero, quia clericus erat, in Castro VValevie
fecit incarcerari. Majores Leodienses egre ferentes quod etiam mamburnus popu- Hoesera, 435.
laribus assisteret... quibus carnes venduntur incenderunt.
10 XXXIX. Le mal Saint-Martin; querelles sanglantes en Heshaie, 4312.
Majores vero timentes multitudinem... cum suis hospitibus concremavit. Sic Hocsem.136.
combusla est iila venerabilis ecclesia Dei et beati iiartini cum suis officinis,
majoresque urbis infra latentes ad numerum circiler ducenlorum igné prefocati chr. del402,
sunt, die quinta augusti. anno XIIICXII.
15 Post hec instinctu quorumdam totius patrie consilio, demplis capitulo et
communitate Leodiensi, cornes Lossensis assumplus est ut tutor seu mamburnus
patrie Qui cum ubique, excepta urbc Leodiensi, ut tutor patriam gubrrnaret,
lata est per capitulum sententia ne qui-piam tanquam tutori diclo comiti
obediret, sicque idem cornes a gubernatione patrie quievit (3).
264.
20 l') Arnould de Blankenheim, prévôt de Liège, de 1289 à 1512.
(') Jean de Harduemont, seigneur de Hollogne. Cf. Hemricourt, t. I, p. 117; t. II, p. 241. Poncelei,
Maréchaux, p. 105.
(8: On trouvera dans la suite plusieurs passages à peu près littéralement identiques au manuscrit
de la Bibliothèque royale de Belgique, n" 98il. Leur ressemblance verbale montre qu'ils dérivent
25 d'une même source, probablement Jean de Wamant, comme d'ailleurs plusieurs autres textes ci-dessus
identiques à la transcription de Chapeavillc ou au manuscrit de Tongerloo.
Après avoir raconté ici une première fois la scène sanglante et les événements qui la précédèrent,
Jean de Brustbcm la raconte plus loin une seconde fois. (Rètjne d'Adolphe de la Marck, fol. 216 V.)
Nous reproduisons ce nouveau récit de Brusthem en le faisant suivre de la version du manuscrit de
10 la Bibliothèque royale de Belgique, n" 9841. On en remarquera les traits communs empruntés
probablement à Jean de Warnant.
Voici le second récit de Brusthem :
Simili quoque justicie zelo, cum venisset episcopus in Hollonia super Jecoram, intelligensque
72 CHRONIQUES LIÉGEOISES.
Hocsem, 136. Patria igitur, ut rlicttim est, defensore carente, qui crimina corrigeret,
C,r 2fiV^°2' horrenda ni u 1 1 a evenernnt, nam Hasbanoriim nobiles capilalibus sese muliin
inimiciliis perseqncnli's hinc inde plurimos trucidarunt. i\am anno Domini
Chr. deUl)2, XIII' XIII, noua jannarii, feria m posl S piphaniam Komini, cum dominus
Henricus de Hermale (*) miles cuidum alteri milili Ucthirio de Aus (2) s
quoddam fcudum proscripsisset, transportans iliud allcri eo quod diclus
lïeihirius cum W illielmo caslellano Warhemie (4) fuisset, cum circa
quosdam homicidas in doino ciijusdain etjnestris urdinis Joliannis de Harducmont delitesccrc, doiimin
obscdit, captisquc viris sanguinum. ununi ex cis capite jussit puniri. altcrum equis distrahi, terciom
squalore carecris vitam finirc.
Oommota fuit proinde non modice adversus eum palria, multaquc rie en in plcbc
murmuratin. Nam habilo eonsilio, l.osscnscm eomitem ccclesie mamburnum esse voluerunt-
Ortaque e:-t in civilale Leoiliensi gravis seriilio majoruin contra vulgares Macellum
etenim appendicesque casas ignibns coucrrmabanl. At vero plcbci invocantes dominum Arnoldum
de Blanck iibeyni ccclesie majoris prepositum, pairie tulorem, que m etiam major pars capiluli 13
elig're Intendebal, modo electio ad eos ilevolula fuisset, prelium nocte in foro commi-
serunt. Erat tutori coiisanguineus Waltcrus ecclesie majoris canonicus. Is ad bases ecclesie divj
Lamberli interemplus est Tulor vero inter Sancl uni- SI artinum et Sanctu m-Hubertum
occisus Nobiles nihilominus inferiores facti ad ccclcsiam Sancli -Martini confugerun! cumque ibidem
se salvare cogitarunt, ab insaniente vulgo iguis suppositus est, et fere ducenti homines ex nobilibus 20
flammis prefocati sunt.
Voici la version du manuscrit n" 9H4I. Nous y notons en caractères espacés ce qui concorde avec le
texte ci-dessus de Jean de Brustbem et en petits caractères ce qui est conforme à la Chronique de HOt.
Quo tempore, Arnoldus de Blanckenhem, prepositus Sancti-Lamberti, tutor fuit patrie, quem
major pars capituli intendebal eligere, si electio in nianus ejus volveretur. Erai enim 25
tune homo irac.undus, quia slalim in domo domini Jobaonis de Harduemonl mililis super Jecoram
In Holonia quosdam homicidas obsedit. Unum fecit decollaii, alium distrahi equis, lercium incarceravit.
Inde comra eum mota est circumlocutio tocius patrie. Et orta est sedicio in civilale
majorum contra conimuuilateni. Unde de nocie combusseiunt iu quibus vendebatur
easas, et facta est coulra eos nocte pugna vulgi in foro. Arnoldus vero lulor pairie cum mio 3(1
consanguineo. Waltero cauonien Sancti-Lamberti, cum manu armala veneruni communiiali in auxilium.
Walterus ad bases ecclesie Sancti-Lamberti versus forum peremptus esl. Tutor vero
patrie Arnoldus occisus inter Sanctum-Marlinum et Sanctum-Hubertum. Ergo fugerunt
in ccclesia Sanc li-Marlini. Sed commuuitas riomum Saocti-Martini cum suis oflicinis et omnes
majores urbis infra latentes mox combussit quasi ducentos boni i nés. 35
(') Henri de Hormallc : voir note 5 de la page 67.
(') Jean Boiicr d'Aaz. ffemricourt, I, p. 90; II, p. (56.
(5> Guillaume de Jeneffe : voir note 4 de la page 67.
CHRONIQUE DE JEAN DE BRUSTHEM. 75
Miclcn(1) villam in reditu aSancto-Trudone a dicto castellano invasus et graviter
vulneratus fuisset. ipse Henricus miles prefatus non sane consullus Mosam cin. de 1402,
transiens, secessit versus Fiez secus claustrum Pacis Dei (2), atque ibidem
turrim quamdam in qua nonnulli dicti castellani consanguinei timoré ejus
» latebant, obsedit. Quam cum per diem et noctem forliter impugnando
conquassassent, mane diei sequenlis igné succensa corruit. Unde quidam
in ea existentes lapidum congerie oppressi sunt : alii igné exusti ; alii auxi-
liante Deo evaserunt. De quo ingens dolor multusque murmur exorlus est
in patria.
10 Eodem anno XIIICXIII, feria m posl octavas Puschc, Wiliielmus castellanus Cf. Hocsem, 137.
Warhemie cum suis fautoribus accinxit se ad impugnandum munilionem \f lsti»i
de Berlo (3), ordinans acies suas circa inlroilum ville de Berlo versus iter
ducens Holloniam (4). Sed, quo nescilur infortunio, hi qui ex parte eranl
de Berlo contrili sunt cecideruntque ex eis xu interempti. reliqui vero ad
15 arcem de Brrlo fugerunt. Unde factuin est ul deinceps nobiles de Waroux,
de Berlo et. de Warfezicz cum suis complicibus in unum federati munitiones
predicti castellani omnibus viribus opprimere conarentur. At castellanus
uimium fidens viribus suis illorum floccipendens multitudinem, diem belli
adversus dominum Henricum de Hermale supradiclum prefixil circa
20 Warhemiam feria ni post Pentbecostes. Qno die, idem castellanus multo
slipalus milite tam de Brabantia quam etiam de comitalu Lossensi ac
proceribus de Awanz insigniler loricatis a Warhemia exiens ad locum
condictum circa tumbas adversarium prestolatus est, habens secum equilcs
circiter trecentos. Cumque die eodem, dominus de Hermale cum suis amicis
25 de Waroux, Berlo et Warfiziez aliisque compluribus nobilibus ad numerum
quingentorum equitum circa villam de Selve (5) ad pugnam paralus perve-
(i) Mielen, commune de la province de Limbourg, canton de Saint-Trond, à 8 kilomètres de
cette ville.
(*; Fize-Fontaine, province de Liège, arrondissement de Huy, canton de Jehay-Bodegncc. l'aix-
30 Dieu, abbaye de Cisterciennes, sur le territoire de Jchay.
[*) Berloz, commune du canton de Waremme, ci-devant comté de Looz.
(*) Hollogne-sur-Gccr, commune limitrophe de Berloz.
(') Saive en Hesbaye, dépendance de la commune de Celles.
Tom n. io
74
CHRONIQUES LIÉGEOISES.
Hocsem, 138.
nisset, ecce cornes Lossensis cum vexillis ri plurimis terre sue hominibus se
inter partes médium posuit, sicque die i Mo de pugna nihil aclum est. Kegresso
aulem comité cum gente sua ad propria, die sequenti, castellanus iterum
Henrico hélium indixit. Kt quum mulli nohiles die precedenti ad propria
redierant, Henricus. aceessilis in unum quos sibi agiiregarc pnterat. presertim r>
tota penc communitate Huyensi, secessit versus Warliemiam, inveniens
castellanum cum suis paratum ad prelium. Intelligentes lu qui ex parte
castellani erant partem Henrici suam in numéro militum quasi in duplum
excedere, ab equis descendentes, lanceis inclinatis, more venatoris aprum,
preslolantes Henricum cum suis expectabant. Quo adveniente. pars castellani 10
timoré concussa inlra Warhemiam se receperunt, reverlentesque ad muni-
lionem circa licias aliquantisper pugnando restiterunt. illi vero de Hermale
per hortos fossata Ioci transeuntes adversarios versus castrum et ecclesiam
fugere coegerunt. (^ecideruntque ex parte castellani viri xvm, inter quos
1111 milites, videlicet dominus Betbirius castellanus de Montcnaken, Symo is
de Lymon (J), Henricus baslardus de Weezmale et Johannes de Lobost (-), ceteri
terga verlentes ut potuerunt evaserunt, aliis in domibus fugientibus interfectis.
XL. Siège du château de ISamur par les habitants de la ville, 1313.
Hocsem, U7. Hoc [empore, oppidani Namurcenses per comitem exactione gravati in castro
Naraurcensi comitissam cura liliis obsederunt, sed post arctali per comitem, dalis 20
octo librarum milibus, comiti concordantiir.
Hocsem 147.
Hocsem, 148.
XL1. Les nobles de Hesbaie se mettent en garde contre l'ètèque, 1313.
Tune etiam do mini de Warfeziez, de Hermale et de Waroux, qui se
sentiebant nonnulla correctione digna patrasse, machinarum et instru-
mentorum fabricas, quas episcopus jam ante ingressum suum fieri mandaverat, 25
in sui pernicicm paratas suspicantes,... treugas finaliter impetrarunt, super quod
postea diu disceplatum fuit.
(') Simon de Herbais, de Limont. Cf. Hetnrieourt, I, 588, et II, 290.
(i) Jean de Looboscb. La Chronique de Saint-Trond (éd. ns Borman, II, 247; fait un seul et même
personnage du bâtard de Wezemale et de Jean de Loobosch. 50
CHRONIQUE DE JEAN DE BRUSTHEM. 75
XLII. Guerre des Awans et des JVaroux, 13(4 (1).
Hoc tempore, gravissime discordie eranl inter nobiles de \\ aroux et Awans. Cf. ms. Bibl, roy.
Unde plurimi variis preliis interempli sunt. Parles de Awans cum \\ ilhelmo 9841, fol* 21.
castellano Waremie, eorum capilaneo, confederati sunt Leodiensibus. Altéra Averb., vil, 79
... J ' Cf. Chr.de 1401
o vero pars de Waroux cum Henrico domino de ilermale confederata erat 267.
Huyensibus, Fossensibus, Dyonensibus. comitibus Lossensi. Namurcensi. et
Hasbaniis Episcopus vero parti de Awans adhesit.
Anno Domini MIIIcXnil, quia episcopus Huyensibus culpas remittere
nolebat, mota est inter ulrasque partes guerra gravissima. Nam circa festum
10 beati Johannis Baptiste,... cum plnribus domus de Awanz episcopo serviebant.
XL1H. Discorde au sujet de l'élection impériale. 1314.
Hoc etiam tempore, duo reges Alemannie in discordia eliguntur. Nam Hoesem, 153.
Moguntinus (*) et Treverensis (3) archiepiscopi et marchio Brandeburgensis (4)
cum rcge Bohemie (5) clegerunt Ludovicum Bavarum (8) . Contra hune
is Coloniensis archiepiscopus (7), Palalinus (8) et dux Saxonie (9) Fridericum
(*) On peut constater les ressemblances du texte i|ui suit avec celui du manuscrit n° 9811 :
Anno 1315. Hoc tempore fuerunt maxime discordie iuler progenies de Warous el
Awans. Unde plurimi sepius oeei*i sunt, et plurima bclla emerscrunt. Waremia etiam fuit
spoliata ab illis de Warous. Pars ergo de Awans cum castellano de Waremia, eorum
20 capilaneo, juncta est in t'edus civitati Leodiensi timenti forefacta sua, et capitulo quodam
modo. Altéra pars de Warous domino Henrico de Hermalia conjuncta et confederata est
cum Hoyensibus, Fossensibus et Dyonant ensihus, ul recuperarent libertatem suam, et
comiti etiam Lossensi et N'amurcensi et Hasbaniis. Episcopus vero pacero fecit cum
communitatc Leodiensi pro dominis in ecclesi i Sancli-Hartini combustis liltcratorie antequam in
25 terram nostram venit, et tenuit se pro parie de Awans. Anno 1514, intravit Leodiuin et
honorifice suscipitur, sed Hoyensibus iudulgere noluit. Unde guerra mota esl inter
episcopum et Hoyenses...
(•) Pierre Aichspalt, archevêque de Mayence, 1506-1520.
(*} Baudouin de Luxembourg, archevêque de Trêves, 1507-1384.
3u [*) Waldemar, marquis de Brandebourg, 1509-1519.
(•) Jean de Luxembourg, roi de Bohème, 1310-1546.
(•) Louis V de Bavière, empereur, 1314-1347.
(T) Henri II de Virnembourg, archevêque de Cologne, 1304-1552.
(•) Rodolphe I", comte Palatin, 1294-1319.
35 (•) Rodolphe I", duc de Saxe, 1298-1386.
T6 CHRONIQUES LIÉGEOISES.
Austriacum (*) delr^eriint. Fridcricus Ronne imperii insignia accepit (*),
habuilquc fautores Ponlificem (3). Francie (4) et Hungarie (5) reges etc., etiam
episcopum nostrum Leodicnsem. Ludovico autem qui et Aquisgrani coronatus
est (6), adhescrunt rex Hohemie, comités Gel rie (7), Juliaccnsis (8), et
Lossensis (9), quem et i)eus forlunavit, nanti in impeiio prevaluit. Anxius ••
igilur Àdulphus episcopus... propria sua salsa notabant.
XL1V. Siège de S il tard, 1318.
cf. chr. de 1402. Anno Domini XIIICXVIII. Johanncs dnx Brabantie bellum habuit adversus
280-281
Iteynoldum dominum de Valkenburch (1"), vemtque idem dus ad preces
Trajectensium quibus dictus domimis Keynoldus plurima damna et molestias m
inferebal, transitoque Mose fltivio eu m eleganlissimo exercitu, ad terram
Valkeburgensem , incendendo donios circumquaque et omnia spoliando.
Obsidetnr oppidum Ziltaert valde munitum duplicique fossalo circumcinctum.
Impugiialur igitur, sed non exptignalur. capifaneis cum civibus ab inlus fortiter
resistentibus, prêter quoddam fortalicium quod Lovanienses eombusserunt. ia
Hocsem,i66. Inlcrea episcopus (n), coadunato vaiido exercitu, ultra Mosam profectus turrim
de Haren fortissimam, que a domino Valkeburgensi tenebatur, interfeclis
custodibus, cepit funditusque deslruxit. El tune oppidum de Zittaert, cum
(') Frédéric I", duc d'Autriche, 150K-1530.
(*) Le 2S novembre 1314. 20
(') Le pape Jean XXII (I31u'.1334) se déclara contre Louis de Bavière en 1323. Cf. A. Fayen.
Lettres de Jean XXII, n» 1240.
(i) Charles IV, roi de France, 1322-152S.
(») Charobert, roi de Hongrie, 1303-1542.
(•) Le 26 novembre 1514. 25
(') Renaud I", comte de Gueldrc, 127l-132ti. — Itcnaud II, 13215-1343. créé duc en 1339.
(*) Gérard VI, comte de Juliers, 12974329.
(») Arnoul V, comte de Looz, 1279-1325.
(40J Renaud, seigneur de Fauquemont, 1306-1352. Cf. En.vsT, Histairc du Limbourg, t. V, p. 292.
(") Hoesem est ici moins exact que Brusthern et la Chronique de 1402. Il fait concourir le duc, en 30
même temps que l'évéque, au siège de Hacren. Or, il y eut deux expéditions distinctes : celle de
l'évcquc contre Haeren et celle du duc contre Sittard. Il dit encore que Sittard ouvrit ses portes au
due; mais d'un acte de lean III incorporant, le 14 septembre, Sittard au duché de Limbourg (Wautbbs,
l'ntjln. VIII, 601), il résulte que cette ville eut à soutenir un siège.
CHRONIQUE DE JEAN DE BRUSTHEM. 77
a duce predicto omnibus viribu9 et cxquisitis ingeniis impugnaretur, in
deditionem, salvis corporibus, venit, ipso die beali Laurentii. Postremo
dum dominus de Valkenburch ad misericordiam ducis veniens captivatur et
longo tempore detinetur.
5 XLV. Défaite des Namurois en Hesbaie, 1321 .
Tertia vero augusti, secunda feria, cornes Namurcensis sentiens Hasbaniam Hocsem,i69.
hominibus vacuatam... Quod sentiens dominus Jacobus de Leut ('), dominus
de WarOziez et Amelius... inimicos invadunt, ubi de Namurcensibus et
Flandrensibus occisi sunt circiter xvnc. submersi in vivario de Bierwaer (*) cf. chr. de 1402
10 inc, capti vero yic. 283-
XLVI. Image de la Vierge à Cambron, 1524 (3).
Circa idem tempus, fuit quidam Judeus nomine Wilhelmus a comité Cf. ms.Bibl.roy.
Hannonie qui eum de fonte levaverat sic nominal us, quique eum suum gg^ efole|lvo
forestarium fecerat. Hic judaice pravitatis non oblitus in ecclesia ('ambyro- Averbode,
... , ,, . j . ' . VII, 80-81.
i:i ncnsi ordinis premonstratensis imaginem béate dane depictam transfixit cf. J.d'O.
occulte. Verum quidam faber ter ab eadem Dei Génitrice admonitus eum vi, 276.
Judeo duellum iniit et vicit Judeus predicla confessus suspensus capite
deorsum fuit. Ac coram dicta imagine multa miracula fiebant.
XLVII, Pavage de la place Saint- Pierre, 1326.
io Eodem anno, fuit platea infra Sanctum-Petrum et Sanctam-Crucem Leodii Cf. J.d'O.,
pavimentata. et ibidem reperta fuerunt corpora Normanuorum in longitudine
(i, Jacques de Tongies, seigneur de Leutb (Hemricourt, I, p. 2J55; II, p. 584).
(*) Bierwart, commune du canton d'Êghczce, aux confins de la province de Liège.
(»j Encore ici les mêmes ressemblances avec le texte du manuscrit 984 1 : Eodem anno vel circa,
an Judeus quidam nomine Wilhelmus post comitem Hannonie, qui eum de sacro fonte
levaverat et suum forestarium fecerat Montensem, in abbalia Cambironensi Cameracensis
dyocesis, ymaginem Sancle Marie pictam transfixit occulte. Verum quidam faber a beata
Virgine ter admonitus ad hoc, in duello vieil, et Judeus vera tandem fuisse predicta
confessus est et equis disliactis, suspensus et combustus est, et multa miracula per il la m
30 ymaginem choruscarunt.
VI, 311.
78 CHRONIQUES LIÉGEOISES.
decem aut m pedura, que a temporc Franconis episcopi ullra uic anno9 ibidem
jacucriint.
XLVIII. Priât de Fauquemont, 1529.
Hocsem, 20."). Eodem anno, dux Brabantie, circa principium mensis augusti, caslrum de
Valkenberch per mensem jam sccunda vice obsedit incassum. Quod cum terlia 5
vice circa carnispriviuin obsiderel, videntes qui intus erant ducis totale
proposiluni ad ipsum obtinendum, licet ad mullum tcmpus adhuc essent de
victualibus provisi. sese ullro dederunl anno XIIICXXIX, ix maii (*).
XLIX. Miracle à Ciney, 4532 (*).
ct.ms.Bibi.roy. Anuo Domini XIIICXXXII, prefeclus Cennacensis queradam de crimine <o
de Bêle., ...... . , ,. . ...
<i8«, foi. 21 incendiant injuste accusatum, vivum m terra fodi jusscrat, cl ccce die tertia
Averbode, clamât qui defossus fuerat. rcquirens a suneraslantibus se de fossa erini co
VII, 81-82. ' mi i
quod virtute gloriose Virginis, cui suain commendaveral innocenliam, a mords
meruissct faucibus libcrari. Audiens bec prefectus nequaquam credidit. Proinde
nec defossum eripit donec, oranlibus vicinis et propinquis, cum presbilero qui is
ejus confessionem audicrat, in ecclesia Cennacensi coram imagine gloriose Dci
Genilricis. imago ipsa junctis manibus, stupenlibus nimirum qui aderanl,
septics se vertil. Annuente igitur prefeclo, vir sanus ab bumo exlrahitur et ad
ecclesiam, illachrimanlibus eunctis, pro gratiarum actionc Christo ejusque
piissime malri facienda deducilur m
(<; Octo kalendas maii : Zandfliet, col. 195.
{*) De nouveau le même texte que dans le manuscrit 9S41 : « Villicus Cennacensis quemdam
liominem pro quodam incendio super se imposilo a quo mundus et innocens fuit, vivum infoderat.
El ecce lertia die post alloquilur superstantes ut deponalur a sepulchro vivens adhuc
nieritis Sancte Marie. Villicus vero non credens eripere eum ooluit, donec oranlibus ÎS
vicinis et propinquis et presbitero confessori dicti viri cum lacrimis ante ymaginem Sancte
Marie in ecclesia Cennacensi venissenl. Et lune flexis genibus, ymago Christi pucri, eunctis
[videntibus], conjunctis ntanibus, se replies vertit. Et sic licentia villici est defossus et ad
ecclesiam ductus, agens gratins Christo et benedicte sue Malri. »
CHRONIQUE JEAiN DE BKUSTHEM. 79
L. Coalition contre le duc de Brabant, 4332.
Hac occasione (i), annuente rege Francorum, sedecim principes, rex Bohemie (2), Hocsem,2i9.
'" ï.abb.Trt
II, 271.
conestabularius Francie (3), archiepiscopus Coloniensis (4), archiepiscopus Trêve- J
rensis (3), episcopus Leodiensis, cornes Gelrie (6), cornes Juliacensis (") frater
s archiepiscopi Coloniensis, cornes Barrensis (8), cornes Lossensis (9), cornes
Namurcensis (10), cornes Calsenellebergensis(11). princeps de Marcha (12), dominus
de Valkenberch (13), dominus de iieynsberch(14). dorainus Johannes de Beamonl
frater comitis Hannonie (15) et dominus de Alompyey hi, inquam omnes
ducem Brabaniie unanimiter diffidarunl alqne in oppido Sancti- lïudonis conve-
io nientes terram ducis incursare ac vastarc volebant. !)ux vero exercitum
bellicum in Leewïs habebal. Dux. vero in abbatia Heylcchemensi (16) se tenebat. Cf.Chr. de 4402,
314-316.
(«) Jean III, duc de Brabant (1312- 1535 1, avait reçu à sa Cour Robert d'Artois, contre la défense
du roi de France, Philippe VI de Valois (1 528-1 5S0).
('; Jean de Luxembourg, roi de Bohème, 1310-1546.
(5 [*) Rodolphe de Bricnnc, comte d'Eu en 1502, connétable de France en 1350, morl en 151S.
(*) Waleran de Juliers, archevêque de Cologne, 1552-1562.
(") Baudouin de Luxembourg, archevêque de Trêves, i 507- 1354.
(*t Renaud II, 1326-1345j créé duc en 1359.
(') Guillaume V, comte de Juliers, 1529-1561 ; créé marquis en 1556, créé duc en 13S7.
50 (8) Edouard 1", comte de Bar, 1502-1557.
(») Louis IV, comte de Looz, 1323-1356.
('") Jean II, marquis de Namur, 1 330-1 358.
(u) Le comte de Catzenellebogen.
('*) Adolphe II, comle de la Marck, 1528-1547, neveu de l'évéque Adolphe. Il avait épousé
25 Marguerite de Clèves, fille de Thierry VIII de ClèYes et de Marguerite de Gueldre. Celle-ci élait sœur
de Renaud H de Gueldre, et son fiis Renaud III eut pour mambotir. pendant sa minorité, le dit comte
Adolphe II, son oncle.
(4S) Renaud, puis Thierry III, seigneur de Fauquemont, 1552-1546, tué à la bataille de Vottem.
50 11 était aussi seigneur de Moiitjoie, cité à la fin de celte énumération comme dominus de Moropyey.
[u) Thierry III. seigneur de Heiiisbcrg, 1551-1561.
(••) Jean de Hainaut, seigneur de Beaumont, épousa Marguerite, fille de Hugues, comte de Soissons,
et dame de Chimay. Fils de Jean d'Avesnes et de Philippine de Luxembourg, il était frère de
Guillaume I", comte de Hainaut (1304-1557). Il termina sa vie de prouesses et d'aventures
jg le H msr» 13B6.
('•) L'abbaye de lleyliasem.
Hocsem, 281.
80
CHRONIQUES LIÉGEOISES.
Intérim cornes Hollandie (') otramque partem diseurrendo pro pace convenit,
sed nihil apud principes proficiens duci remandavit ut sibi provideret. Dux
nolens incendio terras vaslari, prelium exegit et oblulit, quod principes
noluerunt. Dantur intérim treuge vi hebdomadarum et sic tain dux quam
prefati principes ad sua redierunt, anno Domini XIHCXXXH, ix kalendas maii. s
Dominica vero sequenti, scilicet vi kalendas maii...
LI. arrangements concernant la possession de Matines, 4555-
Hocsem, 223. Comité vero Flandrensi (â) in Cameraco... cum procuratoribuscomitis recesserunt.
Emerat etiam cornes predictus alteram partem Mechlinie a Iteynoldo comité
Gelric ut tuiore sive mamburno senioris filie sue cujus avus fuerat dominus io
Florentius LuTthoul, verus dominus alterius partis Vechlinie (3). Et quoniam
hec secunda pars Mechlinie vendita nullum visa fuit sorlita fuisse valorem eo
quod feudum esset ducis et sine ipsius scitu aclum, ymmo ipsam partem duci
cessisse; etiam quia venditio episcopi non fuisset acla cum debitis solemnita-
tibus juris, rursum exoritur dissensio non modica. Al vero rex Francie cujus ît;
filia iilio ducis (4) nupserat et jam defuncta erat, in hune modum pacem
Willems, focit : quod filins ducis, quondam filie régis maritus, filiam comitis Wilhelmi
De Brabantsche
Yecsten, 1,704; Hannonie, que et prius desponsata fuerat. uxorem sumeret; aller films ducis
30 août 1334. jj|jam comjtjs (Jelrie acciperet; Glius autem comitis Juliacensis filiam ducis
wautprs, Table, UXOrem haberet; de Mechlinia suo tempore juditium suum proferret. Convenit 20
IX, 574;
34 mars 4330. intérim cornes Flandrie ducem, ila quod eorum quilibet Mechliniam sub cerlis
\}) Guillaume III, comte de Hollande, 1304-1357, comte de llainaut sous le nom de Guillaume Ier.
(') Louis I", dit de Nevers, comte de Flandre, 13"2:2-I34b; tue à la bataille de Créci.
(»; Renaud II, comte de Gueldre, avait épousé Sophie, fille de Florent Berthout, dont il eut comme
tille aînée Mai guérite, héritière de Malines. L' évoque de Liège vendit sa part de Malines au mois 2j
de juillet, et Renaud l'autre part le Ib décembre 1333.
(*) Pour briser la coalition formée contre lui et dont le roi de Fiance était l'àmo, Jean III de Hrabanl
avait fiancé son héritier Jean avec Marie, fille .lu roi de France, déjà promis à Isabelle, fille de Guillaume
de llainaut. Ce second mariage se réalisa en 1334, à la suite de la médiation de Philippe de Valois qui
mit fin à la seconde coalition formée contre le duc de Brabant. Guillaume de llainaut devenait l'époux 90
de Jeanne de Brabant, tandis que le fils aîné de Renaud, comte de Gueldre, épousait Marie, fille aînée
du duc de Brabant.
CHRONIQUE DE JEAN DE BRUSTHEM. 81
conditionibus in parle sua tonerel; et quod dux posset rodimere partem comitis
pro Lxxxr* et vc regalibus, addito quod dux suis expensis impetraret dispen-
sationem super juramento quod predictus cornes ecclesie Leodiensi fecerat
quod parlem suam nunquam venderet vel alienaret. Cum autera dominus
s Clemens papa V, obstante episcopo cura cr.pitulo, dispensare rcnueret, rex
Francie obtinuit ul negolium tribus episcopis Francie commilteretur. Quo facto, Wiliems,
dicti cpiscopi auctoritale apostolica dispensaverunt anno Domini XI1ICXXXXVI, e Yeesten,
xxix junii a. Mortuo postniodum comité Ludovico predicto in prelio de Cressy, il, 461 467 ;
* .. Cart. S. Lamb.,
rex Francie convenit cum ejusdem defuncti filio Ludovico dicto de Maie (/) îv, 40, 45.
io facta commutatione ut Henricus, filius ducis Johannis (2), ex integro possi- Wauters, Table,
deret Mecbliniam absque solulione pecunie prelaxate. Quod sic factum est 6 juin 1347
anno XIIICXXXXVII ". Et sic manet Mechlinia apud ducatum Brabantie
usque in diem bodiernurn (3).
LU. Paix des Awans et des Waroux, IZoi.
is Anno Domini XIIICXXXIIII. facta est pax in monasterio Sancti-Laurenti, Cbapeav., 429.
prope Leodium inter parles de Waroux et Awanz. Inde et initium sumpserunt
duodecim judices sive paciGcatores patrie. Steterat hec simultas annis XXXVII
a tempore domini Hugonis de Cabilone episcopi. Quo temporis spatio feruntur
fuisse inlerfecli ex utraque parte hominum circiter xxn milia.
-20 » XIIICXXXIIII, xix junii : cod. — » XIIIe XXX VII : cod.
l'y Louis de Maie, comte de Flandre, 1516-1584, épousa Marguerite, fille de Jean III, duc
de Brabant.
(2) Henri, fils aîné du duc Jean III, mourut le 20 novembre 1540. Son frère Godefroid, seigneur
d'Aerschot, recueillit sa succession, mais ne survécut que jusqu'en 1552 et le vieux duc Jean III,
23 redevint seigneur de Malines.
(*) Jean III avait testé en faveur de sa fille Jeanne, épouse de Wenceslas de Luxembourg. Mais à la
mort de son beau-père, arrivée le 5 décembre 155'd, Louis de Maie réclama la part de Malines Après
la bataille de Scheut, où les Brabançons furent battus, le 14 août 1555. la paix conclue à Ath,
le 4 juin 1557, fit rentrer Malines dans le domaine de la Flandre, et, après le mariage de Marguerite
30 de Maie avec Philippe le Hardi, le 19 juin 1509, la seigneurie de Malines passa à la maison de Bour-
gogne. La finale du texte de Brustlicm est-elfe le résultat d'une distraction, ou bien provient-elle d'un
texte contemporain, antérieur à 1556?
Tome II. H
82
CHRONIQUES LIÉGEOISES.
LUI. Guerre de l'Angleterre avec le Brabant, 1338.
Chapear.,440. Fodcm anno XXXVIII, venit Eduardus rex Anglie tertius (*) illius nominis
Anlwcrpiam cum regina et prolibus, cum nuc navibus ad invadendum terrani
INormannic contra regcm Francie Pbilippum Valesium, dcditquc ad hoc
magnam pccunie summam Ludovico Bavaro ab eo ad annum auxilium 5
expeclans, qui tandem aspersus fuit aqua benedicla curie utpote vicarius
impcrii effectus. Multi igitur principes profecti sunt cum rege Anglie in
Franciam, dux scilicel Brabantie, cornes Gelrie, maregravius Juliacensis,
maregravius Brandeburgensis (i). dominus de Heynsberch qui se pro comité
Losseosi gerebat (3), cornes de Marcha, dominus de Valkenberch. Sed rex 10
Bohemie, episcopus Leodiensis, cornes Hannonie et Hollandie (*) tenebant
partes régis Francie. At postquam hi qui crant pro rege Anglie depredando,
comburendo aliaque damna inferendo in Francia usque Peronam, Sanctum-
Hocsem, 281. Quintinum, Laudunum grassati fuissent, tandem rex Anglie ineffleax Ant-
werpiam ad conjugem et liberos venit, anno XXXIX cirea feslum Dyonisii. is
Confisus igitur dux in auxilio Bavari... in exercilu contra ipsum.
LrV. Discussion au sein du chapitre sur l'affaire de Looz, 1558.
Hocsem,267. Exercitibus jam ad sua reversis, rex cum episcopo venit ad capitulum...
sentenliam tantummodo alii duo secuti sunt, dominus Eniorandus de Fieses (5)
nepos regi9 et vicedecanus, sacre théologie professor. îo
(«) Êdonard III, roi d'Angleterre, 1527-1377.
(*) Louis I" de Bavière, margrave de Brandebourg, 1323- 136b.
(*) Thierry de Heinsberg, comte de Looz, malgré l'opposition du chapitre de Saint- Lambert,
1336-1361.
(*) Guillaume II, comte de Hainaut; Guillaume IV, comte de Hollande, 1537-1545. Ses sœurs îb
avaient épousé : Jeanne, Guillaume V de Juliers; Philippine, Edouard III, roi d'Angleterre; Llisabelb,
Robert de Namur.
(•) Knguerran de Fiea ou de Fiefes, chanoine de Saint-Lambert, vice-doyen en 1334. Voir
DiTacn, 11, 46.
CHRONIQUE DE JEAN DE BRUSTHEM.
83
LV. Nouvelle convocation du chapitre, 4338.
Feria sexta, octava die maii, venit rex et episcopus feceruutque indici capitulum... Hocsem, 268.
aliqui indignali venire renuerunt. Dominus scholasticus timoré régis noluit
interesse. iNain rex, cum idem dominus alias respondisset in capilulo obediendum
s esse polius sacerdotio quam imperio, verbis mordacibus in eum incanduerat,
jurans quod de hoc suo tempore recordaretur. Persuasit tamen dicto domino
Enioxando quod... dicto capitulo interesset (*).
LVI. Incendie de Malines, 1342.
Eodem anno,... fuit Mechlinia conflagrata, cum ecclesia Sancti-Rumoldi, Hocsem, 309.
io multis hominibus ardore et fumo extinctis.
Cf. Chr. de 1402,
334.
LVII. Châtiment des échevins de Saint -Trond; 4344 (2).
Eodem anno, episcopus ad Sanclum-Trudonem secessit, nam communitas Cf.G.abb.Tmd.,
II, '278-279.
Chron. abrégée
de J. d'O.
Ms. Bibl. roy.
de Belg.,
9841, fol. 23.
Averbode,
VII, 84-85.
turbata et commuta erat contra scabinos. Et facta inquisilione, invcnit scabinos
culpabiles pro majori parte, et hoc in exaclionibus. Unde episcopus fecit eos
is detineri.
(i) Notons ici deux petits passages du manuscrit de la Bibliothèque royale de Belgique, II, 232!!,
dont les expressions concordent avec le texte de la Chronique de 1402 :
Manuscrit II, 2325, fol. 91.
Tune etiam Visetnm ab episcopo et capi-
îO tulo Leodiensi novis mûris et turribus
vallabatnr.
Item, idem episcopus et capitulum sta-
tuerunt in civitate Leodiensi ut quolibet
anno, in octavis Sancti Lamberti, nundine
îo fiant quod forum vocatur.
Chronique de 1402, pp. 350-531.
Tonc temporis Visetum novis mûris et
turribus secus ripam Mose ab episcopo et
ecclesia Leodiensi vallabatur.
Anno Domini M"CCCXXXIX», episcopus et
capitulum in civitate Leodiensi statuerunt
ut quolibet anno, in octava Sancti Lamberti,
nundine fiant in sua civitate Leodiensi : quod
forum, vocatur.
(*) Même texte dans le manuscrit 9841 : Adulphus vero episcopus secessit apud Sanctum-
Trudonem, quia communitas commuta erat contra scabinos, et facta inquisilione,
invinit scabinos culpabiles pro majori parte, quia exacliones levaverant. Unde episcopus
30 fecit eos recludi. Sur cet événement, voir aussi les deux actes mentionnés dans Stbave.-», Archiva
de Saint-Trond, t. I, pp. 20 à 31.
84 CHRONIQUES LIÉGEOISES.
LVI1I. Attaque contre les llittois à Clermont. 1544 (*).
Hocsem, 330. Eodem etiam tempore, Huyenses magno numéro Leodium adnavigaverunt,
Cf.ms.BiM.roy. coni|uerentes de episcopo quod pronunciationem comitis recusabal, par;iti tamen,
y8ii. foi. 23. si possent, facere emendam secundum delicti exigenliam. Et cum xxvi octobris...
Cf'ch' bré ée ^esl'nus temptaret perûcere, de suis tribus ab iluyensibus occisis ipse balivus 5
«leJ.dO. vix eil'ugil. Ex Huyensibus "saltem unus cecidit.
LIX. Règne d'Engelbert de la Marck, 1546- 4 565.
i.in. de 1402, Enghelberliis a Marcha, prepositus Leodiensis, filius fratris domini Adulphi
defuncti ex filia domini de Weezmale (-), in vigilia beali Mathie apostoli,
institutus est septiiagesimns sextus cpiscopns, anno Domini XIIICXLV, 10
cf. c.hr. ahrégée prcfuitque annis XX, conGrmatus per dominurn papam Clementem VI.
Mortuo namque domino Adulplio episcopo, vacavit sedes plus tribus mensibus (3).
Ms. Bibl. roy. ' r r i r
de Bel!?., 9841, Nain canonici, cognilo apostolice Sedis decreto, quo dominus Clemens VI
fol. 23-23 v». , „ ...
Averb vu 85. e'cctiones et conlirmationcs archn-piscopalutim, episcopatiium aliarumque
prclalionum ecclesiasticarum et dignitatum vaeanlimn sibi retinuisset, ab 15
eleclione facienda pro tune quieverunt. Sub hoc temporis spatio, Philippus
Francorum rex precibus et litteris domino Clementi pape pro Enghelberto
(i) Immédiatement après le texte transcrit dans lu note précédente, le manuscrit continue avec plus
de clarté que llocsem : Et indc regressus Leodium mandnit consiliuro tocius patrie, exceptis
Hoyensibus. Iloycnscs vero parati erant facere entendant si deliquissent, et super lioc 20
miscrunt nuncios Leodium. Et cum episcopus tune esset in Castro Clarimontis, timentes pro nuneiis
suis, miscrunt oliviam eis Hoycnscs plures armutos Et cece quidam ex familia episcopi cum ballivo
llaibanic transilivit ad nnvim nunciorum prrdiclortim, clamando ad mortem. Et ecce equitarii
Hoycnscs qui niissi erant in succursiim nunciorum occiderunt duos vcl très aul quatuor de parte
episcopi, aliis fugientibus. Verura «le Hoyensibus unus solus cecidit. î'i
('; D'après Levold île iVorthof, Engelberl était fils du comte Engelbert II de la Marck et de Malliilde
d'Arenberg. La filiation indiquée ici par J. de Brustbcut est celle que donnent la Chronique de 1401
et les manuscrits de la Bibliothèque royale de Belgique, 9841, et II, 25"2B j elle provient sans doute
du texte de J. de Warnant.
(») L'auteur du manuscrit 9841 s'exprime comme suit : Vacavit enim sedes nostra post mortem 30
domini Adulphi per 1res menses et amplius. Infra quod tempus mamhurnus et tutor patrie
Ludovicus de Agiinont fuit, capitulo spiritualia régente.
CHRONIQUE DE JEAJN DE BRUSTHEM. 85
directis. ejus tandem eonfirmalionem obtinuit. Confirmatus igitur dorainus
Enghelbertus litteras sue confirmatiom's premiltens eliam loco sui Conradum Cf. Chr. abrégée
de Lonchien (*) gubern;itorem pairie constituit. Rrgressus aulem episcopus
ab Avinione, ad arcem Clarimontis divertit, et inde Flemaliam ad domum dicti
s Conrardi perveniens ad ingressum chilalis Leodiensis se disposuit. Mensis
itaque aprilis die xn, ingressus est civilalem Leodiensem, stipalus suorum
agmine amicorum, decenti qnoque comitatu nobilium et militum, receptus a
clero et populo ingenli letitia et tripudio.
Cum diebus istis mota fuisset simultas inter Coloniensem archiepiscopum
10 et comités de Monlibus (2) et Marcha, mense aprili, anno supradicto, utreque
partes casu sibi obviantes gravem commisere pugnam. Verum pars dictorum
comitum viclrix eflecta quamplurimos nobiles partis arcliiepiscopi captivos
detinuit, reliquis in fugam versis. Archiepiscopus aulem hoc inforlunio tristis
effectus, alium eodem mense congrrgavit exercitum ad delendum alterum
ib dictorum comitum. Enghelbertus aulem episcopus (3) cum ingenti totius patrie Cf.ms. Bibl. roy.
117 « • • deBelg.,
sue militia omni armorum gencre communita, secessit versus Werllanam in 9341, f0i. 23 v.
auxilium dictorum comilum. Quo percepto, Wilhelmus cornes Hannonic sese Averb., vu, 85.
médium interposuit pacemque inter dictas partes composuit, licet minime
observata fuisset.
20 Eo tenapore, cum regimen civitatis Leodiensis a nobilibus translatum Hocsem, 335.
fuisset ad plebeos, contigit, exorto tumultu, inquisitionem fieri super
quibusdam pecuniis... céleri cives erant.
Dominus Enghelbertus eleclus episcopus super lite tempore Adulphi de Cf. Chr. abrégée
Marcha episcopi adversus Huyenses mola eisdem civibus infestus esse cepit. e . *
!» Eorum namque picora abduci. grana levari,oppidanos quos poterat apprehensos
in vincula conjici jussit. Verum inlerventu nobilium virorum Walteri de
(*) Conrard ou Corin de Loncin, chevalier, cité à partir de 1314 (Fiefs d'Ad. de la Marck, 4), comme
bailli de Hesbaie en 1519 (Ibid.. 18), souverain mayeur en 13291330, éclievin en 1329-1346 (Ltt
Échevins, I, 174-176). Cf. Hemricourt, I, p. 262; II, p. 291.
"0 (•) Adolphe VIII, comte de Berg, 1508-1348.
(») Le manuscrit 9811 porte : Post pauca cum iugeuti milicia nosire terre processii
versus Werflariam in auxilium comitum de Marcke et de Monlibus contra Coloniensem
tpiteopum. Sed Wilhelmus corne» Hannonie de pace inter diclos dominos traciavit.
86
CHRONIQUES LIÉGEOISES.
Momalia (*), Theoderici de Heranio (*) et Egidii de Cervo (3) militum. pax
reformata fuit.
Post hoc. cpiscopus ccrncns quantum immineret pcriculi super cxpulsione
predictorum Leodicnsium scabinorum et civium, regem Dohemie, qui tune
Namurcum advenerat, pro eorum revocatione intercessorem accersiri decrevit. 5
Quo audito, communitas I eodiensis in unum eonveniens potius judicavit
predictos expulsos ad sui episcopi preecs quam eujuscumque allerius extranei
principis revocare. Sicque ad instantiam episcopi eti;im Lcodiensibus pax
restiluta est.
Cf. M. de Lewis, His ita compositis (4). dominus Enghelbertus a quodam episcopo ordinis 10
Hs. Bibt.'rov. Carmelitarum a Lovanio in castro Muha ad se vocato, sabbato mi Temporum,
<)84idenel^s • xvn decembris, promolus est in presbiterum. Deinde sequenti die, que erat
Averb., vil, 86. dominica, cum dicto Carmelitano episcopo, secessit versus abbatiam Vallis-
Sancti-Lamberli, ubi per episcopos quos Coloniensis archiepiscopus ad hoc
direxerat, in episcopum est consecratus. Die vero dominica sequente, que is
fesliva crat sacratissime dominice Nativitalis, anno XIIIGXL"VI, a castro Muha
quo ante diverterat, oppidum Huyense cum eleganli nobilium comitatu
introgressus, cum ingenti gaudio et reverentia receptus est.
Hocsera, 336. Circa inilium mensis maii precedenlis anni, dominus Wilhelmus cornes
(*) Wauthier de Warfusée, dit de Momallc, chevalier, maréchal du pays de Liège de 1327-1329, iO
mort en 1500. Cf. Hemricourt, II, p. 597, et Po.ncelet, Maréchaux, pp. 2(7-223.
(*) Thierry de Hancffe, seigneur de Scraing le Château, mort en 1357. Cf. Hemricourt, I, p. 141,
et 11, pp. 238-239.
(3) Gilles de Cerf, chevalier, qualifié dans Malhias de Lewis : amicus et oppidanus Hoyensis.
Cf. Hemricourt, II. p. 173. 23
(l) Texte du manuscrit 9841 : Promolus est in presbiterum in castro de Muha a quodam
episcopo Cai nul i 13 ru m ordinis, et in episcopum consecratus anno Domini prescripto in
monasterio Vallis. SanctiLamberti cisterciensis ordinis a pluribus episcopis quorum quidam
Iransmissi ab archiepiscopo Coloniensi, cujus vices gerebaot.
A comparer aussi le texte de Malhias de Lewis : El sic omnibus pacificatis, noster electus... 50
in Castro de Muha, die xvn mensis decenibris, ordinal ur in sacerdotem, et in crastinum in
ecclcsia Vallis Sancti Lamberti in episcopum consecralur. Deinde die Nativitalis Domini,
anno videlicet MCCCXLVI cum ingenti consortio tam nobilium quam luoruni amicorum
eattrum de Muha exiens lloyum intravit.
CHRONIQUE DE JEAN DE BRUSTHEM.
87
Hannonie, Hollandie, Zelandie, et dominus Phrisie (*), sub pretextu invadendi
Phrisones ei rebelles, aggregato permaximo Hannoniorum, Brabantinorum.
Luceburgcnsium, Namurceiisium atque Leodiensium exercitu, ab Ultrajecten-
sibus victualia queque ad rem bellicam essent necessaria prelio recipiens,
» eosdem improvisos obsidione vallavit. Mota namque in dicta civitate
scdilione, quamplurimi dicto comiti faventes extra eamdem civitatem ad
cenlum annos proclamali sunl. Cum igilur dictus cornes Dordraco Hollandie
oppido applicuisset, predicti cxules eumdem ad excidium Trajeclensis Infé-
rions civitatis incitarunt. Itaque cornes a feria vi que x erat mensis junii,
io per vi bebdoraadas continuas civitatem predictam fortitcr impugnavit, habens
secum iimvic minus quatuor nobiles milites... quia cornes fovebat partem que
succubuerat litigando.
Eodem anno, prefatus cornes tam vehemenlis anirai... xxvi die mensis Hocsera, 337.
septembris feria il.
13 Eodem anno, quinta die octobris,... confederationem quamdam fieri procu- Hocsem, 338.
raverunt (2).
Eodem anno, abbas Sancti-Nichasii... presentibus canonicis decem et octo (3). Hocsera, 340.
(4) Guillaume V, comte de Hollande; Guillaume III, comte de Hainaut, 13W6-1389.
(*) Sur l'affaire de Huy que J. de Brustlicm raconte ici d'après Hocsem, on trouve d'autres détails
20 dans le manuscrit 9841, fol. 25 v. : Hoyenses anno Domini 1346 domum ballivi de Condrosio
destruxerunt eo quod quemdam homincm decoilarant contra justiciam eorum, ut dicebant, opidanum
Hoyensem. Unde per scabinos Leodicnses 18 opidanos Hoyenses fecit ballivus cum suis qui erant pro
parte episcopi vogiri. Communitas vero Leodiensis cum consilio bonarum villarum adhesit Hoyensibus
contra factum scabinorum. Cum ergo episcopus reverteretur a Werflaria, ubi tune fuerat, mestus est
25 factus de hiis et dissimulavit sibi appropriarc factum dicti ballivi, sed tamen egre ferebat ruinam
domus ejus. Et convocans apud Febe consilium tocius patrie, conquestus est de Leodiensibus et
Hoyensibus quia confederati sunt et quia usurpant sibi jura sua. Sed nil actum est, quia excusabant
se Leodienscs. Ce passage manque dans la Chronique de 1A02. On peut comparer M. de Lewis, \ 14-HÎJ
et la Chronique abrégée dr J. d'Otttremeuse.
J0 (») Le manuscrit 9841 est ici plus conforme à la Chronique de H02 : Hoc tempore, abbas Sancti
Nycasii Remensis venil Leodium legatus tractaturus de reformatione pacis comitatus
Lossensis, a curia romaiia missus. Apud Hasselt dictum comilatum LosseDseni domino
de Heynberch et suis heredibus quidam electi de pace tractanda, precibus vel aliter
decepti, capitulo et patria ignorante, reddiderunl, presenti episcopo Engelberto, quem mox
Z'-j in feodum recepit ab eo. Quam pacem dictus legatus confirmavit, et domiuum de
88 CHRONIQUES LIÉGEOISES.
Hocsera, 3il. Eodem anno, circa médium mensis julii, episcopus intendens se de Leodiensibus
vindicare, assignata certa die Leodiensibus per episcopum, scilicet feria III post
Margarele in loco dicto Vottemia, ubi scabini Leodienscs, quando in Leodio judicare
Cf. ms.Hibl.roy. non audebant, consueveranl pro tribunali sedere, venit ibidem episcopus cum
deBelff.,
9841, fol*. 24. pulchra socielate nobilnim utpote cum Johanne rege Hohemic et filio ejus 5
Averb., Mi, 87. ]£ar0|0 rPge Alemannie (1), comité de Marcha cum comitibus Montcnsi,
INamurcensi (2), \ iennensi (3). domino de Heynsberch et fere cum tota gente
comilatus Lossensis, cum \\ alerano domino de Valkcnbi rch.elc. (4). Leodicnses
vcro circa peronam sive locum juditii solilum circumfodiendo se vallaverunt,
ita ut non csset nisi angustus meatus ad eos. Intravit crgo episcopus vcloci io
cursu equorum ad eos, sed non diu permansit. El ecce comités iMonlensis
et de Marcha cum domino de Valkenburch invaserunt Leodienscs et Huyenses,
qui viriliter resistentes peremerunt de ex^reitu episcopi ad quingentos et
Hocsera, 342. amplius viros. Inter quos et dominus Waleranus de Valkenburch corruil, apud
fratres minores primo sepultus, sed statim postea ad propria deportatus. Huyenses 15
pulchra maneria quorumdam scabinorum et canonicorum seabinis adherentium
fundum diruerunt. Intérim Leodienses omnes scabinos, excepto uno Hubino Barret (5),
qui cum ipsis manserat, bannierunt. Cum autem exercitus episcopi multos inermes
Cf. ms.Bibl.roy. procuratores et presbiteros ac clericos Leodienses inlerfecisset, tandem recessit.
9841 "fof 24 Peremerunt namque xxvi presbiteros, xxvm clericos, mulieres, puellas, leprosos 20
Averb., VII, 87.
Heinsbercb absolvit, et organa in dicto comitalu resli lui t. Quod audiens capitulum
Leodiense turbalur et conlra sentenliam dicte pacis Apostolos appellut, nec cessavit ab excommuni
cationc domiiii de Ileinsbcrch. Dicti etiara pacificatorcs sedicioncm civitatis motam metuentes
fugerunt extra eam. El sic noster episcopus Lcodiensis est diffisus. On lit à peu près le même texte
dans M. us Lewis, p. 115. 25
Philippe la Coque, abbé de Saint-Nicuise de llcims, 13)0-1348, mort en 1349. Cf. Lettres de
Clément VI, t. I, pp. Cl 6-6 18.
(«) Charles 1er, roi de Bohème, élu roi des Romains, 19 juillet 1346, couronné empereur au mois
de novembre suivant, mort en 1378.
(*) Guillaume Ier, dit le Kiclic, marquis de Namur, 1357-1391. 30
(*) Ilumbcrt II, dauphin de Vienne, 1355-1349.
(*i Thierry III, seigneur de Fauqueniont, 1332-1346, Fisen, II, 108, l'appelle Adolphe et fait
remarquer que Jean d'Outremeusc l'appelle Waleran ; nous voyons que Brujthem l'appelle de même.
Voir Chronique abréyee de J. d'Outremeuse.
ts) Sur Hubiti Baré, chevalier, échevin de Liège de 1338 à 1346. Voir d» Borman, t. I, p. 190. 35
CHRONIQUE DE JEAN DE BRUSTHEM. 89
aliosquc imbecilles et incrmes ad summam vc et amplius. Clinique millier
quedam pregnans ibidem jaceret eviscerata ita quod infans, horribile dictu, in
utero malris palpilaret, quidam presbiter misericordia motus accessit, volens
infanlem baplizare ac mulieris confessionem audire, et in ipso pio opère
5 crudeliter a gente episcopi necatus est. Àcta sunt liée anno predicto XHFXLVI
in festo sancle Marie Magdalene (1).
Eodem anno, xxvi die mensis augusti, rex Francie... (2) comité Blesensi cum Hocsem,3l4.
(') Encore a peu près le même texte dans le manuscrit 0841 : El sic noster episcopus Leodiensis
est diffisus. Vcnilque die quem statuerat cum iogenti societate comitum et nobilium apud
10 Votemiam, prope scilicet Lcodium, anno Domini 1346, julii die 19, cum rege Bohemie et filio
ejus Karolo electo in regem Alemannie comitibusque de Marcha, de Montibus, de
Namurco, Vienne, domino de Heiusbercb, cum tota génie terre Lossensis fere, domino
de Falconismonte et aliis multis nobilibus et etiam cum magna milicia terre nostre et diicatus
Brabancie, cujus multitudo, ut opinor, excessit quasi in quadiuplum Leodiensium et Hoyensium
lo exercitum. Leodienses vero peronem vel locum ubi consultum est fieri in Votemia
judicium vallaverunt in clrcuilu fossis, et ad dictum locum sic vallatum cum solis Hoyen-
sibus episcopum prevencrunt, ipsum prestolantes et dicm ab eo prefixum. Intravit igitur
episcopus cursu veloci equorum infra motas fossarum illarum. Sed ibi non tardavil
et ivit ad alium locum ubi non consueverant ficri judicia, et ibi scabini Leodiensis. episcopo prcscnlc
20 proscripserunt 42 cives Leodienses quos eiegerant ad libitum. Et ecce comitus de Montibus
et de Marcha cum domino de Walkeuberch invaseruut Leodienses et Hoyenses. Ibi
occisus est doroinus de Valkenberch, alias de Falconismontis, et plurcs nobiles partis illius
Et secus muros incrmes peremerunt illi de parte episcopi 20 presbiteros, 28 clericos
pueros, mulieres, pueilas, leprosos elc. ad numerum iu summa tota vr et amplius. Et
■25 cum mulier quedam pregnans ibi jaceret eviscerata ita quod infans vivus palpilaret,
quidam presbiter accessit ex pielate voleus puerum baplizare et mulieris confessiouem
audire, qui hec sacramenta agens occisus est a spiculatore. Innocentibus igitur occisis,
mox Dci operacio patuit quia lantus limor exercitum episcopi invadit quod fugerunt omnes.
(Comparez ce qui suit avec M. de Lewis, pp. 117 à 118.) Hoc viso, Leodienses et Hoyenses cliam
30 sunt regressi. Et in regressu combusserunt domos scabinorum quorundum extra urbem et etiam in
civitate quasdam domos scabinorum prostraverunt. Hasbani vero et Coudrosii pre timoré
Leodiensibus confederantur . Sed dominus de Hamalia et custodes castri de Muha
Hasbanos comburebant et predabantur. Et custodes Clarimontis observabant li tus Mose
spoliantes pertranseunles.
35 (') Jean de Brusthem reproduit ici le texte d'Hocsem, tandis que le manuscrit 9841, concordant
avec la Chronique de 1402, et M. db Lewis, p. 118, nous donne sans doute la version de J. de Warnant :
Hiis diebus, 87* die augusti, factum esl bellum inter reges Francie et Anglic apud
Cresti, et confusus rex Francie fugit Ambianis. Et ceciderunl ex parle ejus plurimi
nobiles, scilicet.. .
Tow II. 13
90
CHRONIQUES LIÉGEOISES.
Hocscm, 34o.
Hocsem, 351.
Ms. ISibl. roy.
de Belg.,
9841, fol. 24 v°.
Hocsem, 351.
Cf. ms.Iîibl.roy.
de Belg.,
9841, fol. 24 v°.
Averb., VII, 88.
Cf. Chr. abrégée
dcJ. d'O.
Hocsem, 352.
Hocsem, 357.
aliis vin comitibus et cxlv equitibus militibus. ut inventi fuerunt in suis
vestibus et galeis insigniti, de reliquis ad numerum xxx" interfectis. Die
sequenli,... ibidem occubuil. Deindc rex Anglorum ad obsidendum Calays se
transtulit. Quod postquam mensibus xi obsedisset, in deditionem aceepit,
anno XIIICXLVII. Expulitque rex omnes quo9 intus invenit viros, mulieres, s
senes cum junioribus, regulares et socularrs, permitlcndo cuilibet sibi sumere
duntaxat unicam vestem. Poslea, medianlibus duobus cardinalibus, dalis
treugis, rex Anglie in terram suam reversus est.
Circa tempus belli prescripti, capitulum Leodiense misit pape Miteras in
hune modum... Custodiat vos, etc. io
Terlia die septembris, castrum Clarimonlis... solotenus diruilur (l), factaque
est confederalio Huyensium, Dyonensium, Tungrensium et yaneli-Trudo-
nensium cum Leodicnsibus.
Sequenli die, que fuit feria terlia, interdicto... sententiam incurrunt. Céleri
omnes religiosi el clerici interdiclum observarunt (2). Abbas vero AInensis (3) 15
cum quibusdam aliis de paee tractarc ceperunt. Slatutaque die dum apud
Trajectum convenire deberent, ferebatur dominum de Hamalia (4), marescalcum
episcopi, Leodiensibus insidias in via parasse. Hegressi igitur Leodienses cum
suis adjutoribus, caslrum de Hamalia prope Tungris obsident, quod cum
aliquandiu... diruerunt, caplivis secum abductis. 20
Vicesima quinta septembris, scripsil capitulum Leodiense... de plenitudine
potestalis. Datum xxv septembris.
Tandem appropinquante hyeme,... mane combusserunl Miremort, interfectis
ex improviso cxx hominibus.
(*) Ce qui suit se trouve identiquement dans le manuscrit 9841. 25
(») Même texte encore dans le manuscrit 9841 : Tune abbas de Alna cum aliis quibusJam
coepit traciare de pace, et perceperunt quod dominus de Hamalia mariscalcus episcopi
lusidias pararet Leodiensibus in via, ut dicilur. Et sic regressis eis Leodium, tota ciritas
turbatur. Leodienses ergo et Iloycnscs, Dyonantcnses et Tungrcnscs castrum de Hamalia prope
Tungris obsident et xv die obsessionis cum ex lapidibus projeclis quasi illud penitus Leodiense» 50
diruissent, territi custodes castri reddunt caslrum, salvis corporibus, se captivos otlercntcs. Et sic
castrum penitus dcstruilur et ad solum usque sternitur, ac singuli ad propria sunt reversi.
(*) Probablement Alard de Marbais, cité en 1348 par D. Ilerset, dernier abbé d'Aulne, dans sa
chronique manuscrite de l'abbaye. Voir V. I'kiiuèuc, Afonasticon, t. I, 335.
('; Sur Jean, seigneur de Hsmal, voir Htmricourt, t. I, p 527 et I. Il, p. 236, et Poncslkt, 55
Maréchaux, p. 124.
CHRONIQUE DE JEAN DE BRUSTHEM.
91
Circa médium mensis junii, legatus Sedis apostolice... applicuit Namurcum. Hocsem, 358.
Eodem terapore, crescente Leodiensium audacia, cum multas nobilium
domos invasissent, volentes omnia sue ditioni submitlere, colleclo gravi
exercitu, habentes capitaneum quemdam molendinarium, exiverunt ad Hocsem, 358.
s obsidendum Argenteal. Archiepiscopus autem... Argenteal obsidendo.
Nona die julii... nonnullos occiderunt. In crastino vero cum amplius resistere Hocsem, 358.
non possent, dedito Castro seque salvis corporibus, Leodiensibus reddiderunt. Cf. Chr. abrégée
Rogaverat autem dominus Reynaldus de Argenteal (*) una cum episeopo
ducem Brabantie quatenus eis subsidium venire dignelur, eo quod castrum
io ipsum in feudum levaretur a duce. Annuebat dux ac se cum Henrico filio suo
et Reynaldo duce Gelrie (*), génère suo, et comité Lossensi paravit prediclo
domino in succursum. Verum anlequam venirent, Leodienses castrum
obtinuerunt. Erant autem in castro centum circiter numéro... a tribus annis Hocsem, 359.
dominus castri levandum instituerai,
is Feria tertia sequenti, Leodienses, Dyonenses et Huyenses cum grandi exercitu Ilocsem, 359.
plus quam xxx" profecti sunt versus Waleviam circa partes illas castrametantes.
Venit et dux cum suo exercitu. Leodienses offerunt pugnam, sed propter
nimiam pluviam non evenit. Mane orto sole, percusserunt Leodienses plurimos
ex fortissimis exercitus Gelrie gavisique sunt gaudio magno. Sed hoc eorum
20 gaudium statim conversum est in luctum. INam dux cum suis in Leodienses
acriter irruit, et interfectis quatuor militibus , . . . domus fortes episcopatus in
conflnibus Brabantie. Accidit bec Leodiensis adversa pugna sabbato in profesto
béate Marie Magdalene. Videntes autem hec Trudonenses eodem anno in festo
beali Jacobi, reddiderunt se duci Brabantie eique fidelitatem... domos per
25 Hasbaniam combusserunt.
Archiepiscopus vero ducem querens... hoc fedus pariter juraverunt. Hocsem, 360.
Ultima die martii, dominica Letare anni sequentis. videntes iili de Sancto-
Trudone quod eorum negotia maie succedebanl... Cui venienti processionaliter,
ut decebat, obviam processerunt. Sicque rursus oppidum Sancli-Trudonis ad
30 (') Renard d'Argentcau, ly bon et ly wailhans sire d'Argenteal (Hemricourl), seigneur d'Argenteau
de 1527 environ à 1358 environ. Voir Poswick, Histoire de la seigneurie d'Argenteau, pp. 21-30.
Hemricourt, t. I, pp. 29 et 215, et t. II, p. 139.
{}) Renaud III, duc de Gueldre, 1343-1301, avait épousé Marie, fille du duc Jean III.
92 CHRONIQUES LIEGEOISES.
suum verum dominum devolutum est. ordinata lege ut decet de manu episcopi
et abbatis ejusdem loci.
Anno Domini XIIICXLIX ('), fuit gravissima mortalitas per totum orbem ex
infecto sanguine alque putrefaelo Fuitquc morbus adeo eontagiosus quod non
soluni communicantes sibi invicem, verum etiam audientes vel cogitantes de '■>
(*) Le manuscrit 98H, fol. 24 V-2S, nous fait de cette peste le récit suivant. Ne se trouvant pas
dans la copie d'Averbode et étant écrit dans le manuscrit de la Bibliothèque royale de Belgique en
dehors de l'ordre chronologique, ce passage n'a rien de commun avec Jean de Warnant, source
ordinaire utilisée par le transcripteur :
Temporc istius episcopi Engelberli, scilicet anno Domini 1347, igneus vapor magnitudine horribili, 10
boreali movens regionc, magno aspiciencium terrore, per eclurn dilabitur. Et quidam scribunt hoc
codem anno besliolas multiplicato numéro in oriente e celo cecidisse, quarum corruptio et fetor
pcstilenciam inlulerunt. Anno sequenli, scilicet 1 3 48, lugubris et rniscranda pestis pene per orbem
fuit, que in Asia apud Indos incipiens passimijue per provincias irrepens, trium annorum spacio usque
Britunnos ubique terrarum in oiunes génies desevit, et hoc anno amplius quia lv,a milia homiiium lo
Elorcncie intr.i urbem absumpit, et per agium cuncta prope déserta reliquit. In Avinione etiam hec
cadem peslis codem anno desevit, scilicet anno G10 démentis pape sexti. Incepit autem hec ibidem
prima mortalitas in mente januarii et duravit per septem menses, et habuil duos raodos. Primus fuit
per duos menses cum febre continua et sputo sanguinis, et isti moriebantur intra très dics. Secundus
inodtis per residiuim temporis fuit etiam cum febre continua et npostematibus et atrocibus in 20
exterioribus, in sub ascllis et inguinibus, et moriebantur infra quinque dies. Et fuit tante conta -
giositatis, spccialiter que fuit cum sputo sanguinis, quod nedum cohabitando vel commanendo, sed
etiam, quod mirabile est, solo inluilu vel inspiciendo, unus inficiebatur ab alio, iu tantum quod gentes
moriebantur sine servitoribus et scpeliebantiir sine saccnlotibus. Pater non visitavit filium nec filius
patrem. Caritas enim fuit mortua, spes prostrata. Et fuit non solum universaiis quia totum mundum 2S
occupaverat, sed etiam niaxima quia vix partem hominum quarlam vivant reliquit. De causa tante
pestis multi docti hesitaverunt. In aliquibus terrarum partibus, cicdiderunt quod Judci venenassent
mundum et ita homincs interfecerunt christianos. Finaliler in quibusdam terris, ad hoc res devenit
quod l, m liant custodes iu civitatibus et villis, qui nullum permittebant intrarc nisi benc notum. Et si
alicubi invenissent pulvercs vel unguenta, timentes quod essent poliones, faciebant eos glulire 30
Quidquid lamen fama mendâx super luis referret, volunl aliqui phisici et astrologi quod duplex fucrit
causa istius pestis. Prima est universalis, que fuit conjunctio prima major trium superiorum
plinctarum, Saturni. Jovis et Martts, que precesserat anno Domini 1347, marcii die 24" in 19 gradum
aquarii. Secunda parlicularis fuit, scilicet disposicio humanorum corporum ut cathocinia, debilitacio,
opilacio, etc. Duravit plaga secundum aliquos quoad suas rcliquias et posteritates, et quoad aliquas gs
mundi partes usque ad octavum annum Innocencii sexti. «rilicit usque nd onnum Domini 1360
#l usque ad dimidium annum sequentem.
GHKGNIQUE JEAN bE BRUSTHEM. 95
morte alicujus statim inficcretur. Et de infectis ex mille vix unus mortem
evasit. In aliquibus locis. média pars hominum inleriit. In aliquibus vero vix
quarla pars remansit. Multa proinde oppida, ville, castra et domus deserla
manserunt.
s Ob hanc itaque plagam oritur quedam nova secta assumenlium novum Cf. Chr. de 1402,
genus penitentie; unde et flagellantes dicebantur. Hi ante se crucem portari
fecerunt et ipsi midi seipsos acerrime ferreis uncis ac rcsticulis nodosis
aliisque inslrumentis flagellabant Sicque sanguine perfusi flebilibus vocibus
lachrimanles et pre dolore suspiranles, quasdam preces vernacula lingua
io depromebant. Nunquam noctibus continuis uno eodemque loco cubitabant.
Horum exemplo alii atque alli quamplurimi compaticntes similc fecerunt et
reilerarunt. Multa bona exinde suborta sunt (*), remissio scilicet injuriariim,
homicidiorum, odiorum, restitutiones injustorum, etc. Fueruntque in his
congngalionibus plures prelali, episcopi, presbiteri, nobiles utriusque sexus.
15 Inceperuntque, ut ferebatur, in superiori Alemannia, descendenles in inferiorem
Germaniam et exinde in Franciam. Timens aulem Aposlolicus démens papa VI
ne suborirenlur ex hac novilate secte hereses seu scismata, sub excommuni-
cationis et eterni analbemalis (pena) talem penitenliam, ut premillitur, sine
apostolice Sedis assensu fieri veluit, ac sic cessavit.
îo Fuerunt his temporibus, exigenlibus peccatis hominum, multe tribulationes,
melus et terrores. Nam anno XIIICLI, comètes in aquilone apparuit ac,
subsequentibus ventis validis, visa est cadere trabs ignea. Ante mortem domini
Innocenlii pape VI, fuit eclypsis solis durans xvn horis, quod nunquam vel
ante vel post visum est. Mulli eliam terre motus ita ut homines habitarent in
as nemoribus, non audentes manere in domibus, villis vel civitalibus. Erant
denique pestilentie et famés. Mec miium, cum essent mulli hereses, secte,
superbia et nequilia hominum multa (2).
(*) Nous avons dans ces cinq mois la dernière trace certaine de la pénétration de J. de Warnant
dans le manuscrit de Brustliem.
30 («) Nous croyons que le récil de Jean de Warnant s'arrête avant cette description de la peste
et que le texte qui suit sur la succession au comté de Looz n'est plus dérivé du même chroniqueur,
mais provient d'une source nouvelle qui sera désormais utilisée par Brustliem, à savoir la Chronique,
de Jean de Stavelot. Voir S. Bàlou, Sources, p. (511.
94 CHRONIQUES LIÉGEOISES.
Chr. latine Anno : omini XIIFLXI, mortuo domino Thcoderico de Heynsberch, qui
deJ.de Stavelot. . . ....... „ , „
Cf.ms. Bibl.roy. comitalum Lossensem occupaverat.sine liberis. dominus Enghelbcrtusepiscopus
''•^3-Hol^lv°' Leodk-nsis recepit dominiiim ejusdem coinitatus. Cui dominus de Dalenbroeck,
9841, fol. 24 v»; _ r
13791, prcdicti domini Theoderici consanguineus, se opposuit vi armorum, lenens
fol.78v-79. ... . „, . , *. • • , ,■
Aveib. vu 89- niumlionem m bloekem conlra episcopum. At vero episcopus in manu forti s
ix, fol. 168. dictum castrum de Slockem obscdit, mense junio. Fatigali ergo assultibus et
deTlieux, .....
78, fol. 61. maclnnis, qui in Castro eranl seipsos cum caslro. salvis corponbus, episcopo
Voir Bai.au. dederunt. Prius tamen eadaver unius mortui in puteum dicli castri projecerunt
Sources, p. 611. ' ' *
Unde custodes castri ex parte episcopi in eo immissi de aqua potantes aut in
graves inciderunt egriludines, aut pilis et capillis fuere decalvati. Adeplo igitur io
comitatu, diclus dominus de Dalenbroeck paclum iniit cum domino Arnoldo
de îiummenis, qui et consanguineus domini Theoderici predicti fuit. Kmitque
Arnoldus omne jus quod dominus de Dalenbroeck ad comilatum Lossensem
habuit, pro mullis florenorum milibus. acccptis ab episcopo lilteris et chartis
de diclo comitatu a domino Tbeoderieo dereliclis. 13
Anno Domini XIIICLXII, rursum gravissima fuit epidcmia ex qua pêne
nullus evasit, vel ex x" vix unus. Anno XIIICLXIII, cepit geiu fortissimum
a feslo Sancti Trudonis per xv continuas bebdomadas. Tandem, defunclo
archiepiscopo Coloniensi domino Wilhelmo de Ghempe, Enghelberlus
Leodiensis episcopus ad archiepiscopatum prediclum per dominum innocen- 20
tium papam VI est promotus. cum rexisset Leodiensem ecclesiam annis XX.
Annotations de Brusthem au texte d*A. d'Oudenbosch.
I. Détails sur la paix d'Arras, i 43$.
A. d'Oud., 18. Anno MCCCCXXXV... dominus Johannes de Heynsberch... ivit ad Attrebatum...
ad Iraclandum de pace inter regem Francie (l) et regem Anglie (2) et ducem îs
Burgundie (3). Erantque omnium cqui albi et eorum vcstimenta similiter alba
(•) Charles VII, 1403-1461.
(») Henri VI, 1422-1461.
(') Philippe le Bon, 1396-1467, fils de Jean Sans Peur.
CHRONIQUE DE JEAN DE BRUSTHEM. 95
conscissa cum rubea transparente foderatura. Cum enim idem dux sepe rogatus
ad ignoscendum mortem patris sui semper durus et inexorabilis persisteret,
missi sunt duo cardinales a ponlifice Ëugenio IIII, dominus scilicet Ludovicus Cf. Monstreiet,
cardinalis Cypri legalus (') et cum eo cardinalis Sancte Crucis (*). Cumque c ap'
s nec ad apostolicc Sedis instantiam dux ipse fleeti poluissel, unus cardinaiium
aceeptum panem album cunctis qui astabanl cum stupore et admiratione
cernentibus duci ostendit, maledicensque panem in carbonis nigredinem
mutavit, sicque facturum se duci nisi mandatis piis obtemperaret, constanter
asseruit. Sicque dux tali prodigio terrefactus sub certis conditionibus acquievit.
10 II. Renonciation de Jean de Heinsberg, i 45S.
Anno De-mini XIIIICLV, reverendissimus dominus Johannes episcopus
Leodiensis descendit ad Hagam comitis Hollandie per prefatum ducem
Philippum vocalus et honoriûce curialiterque vocalus. Cumque post multa
habita ad ducem familiaritatis, ut apparcbat, colloquia, dominus episcopus
15 abcessum maturaret. detentus et rogatus est per dominum ducem ut remaneret
usque in crastinum, et lune, habitis quibusdam secretis colloquiis, ipsum abire
dimitteret. Annuit vir fraudis nescius. Mane aulem facto, cum idem episcopus
ad abeundum juxta condiclum paralus esset, habens secum domicellum
Arnoldum de Uppey. accessit ducem illi valedicturus. Demonstrata est ei
20 caméra quam ad colloquendum prius duci ingredi deberet Veniens igilur sepe
dictus dux ad episcopum hujusmodi cum aggreditur alloquio : Domine, inquit,
episcope Leodiensis. ad quid nobis grata verba dedisti? Quare promisisli nobis
te nepoti nostro provisurum de oplimo beneficio dyocesis lue? Neque tamen
pinguius habcs quam archidyaconatum Campinie, quod tamen cum vacaret,
23 nunc alteri dedisti. Quare nobis ita illudere voluisti ? Sed certe adhuc suo
tempore hujusmodi facti mcmores erimus. Ad quod animo consternatus
episcopus respondit : 0 domine, maie informalus es de eo quod dicis me non
habere melius beneficium quam archidyaconatum Campinie. Est adhuc aliud
(*) Le cardinal, surnommé de Chypre, s'appelait Hugo Lusignanus (1426-1442) et non Ludovicus.
S0 (*) Nicolaus de Albergatis (1426-1443).
96 CHRONIQUES LIÉGEOISES.
inulto melius illo. Quod cum dux false diclum asscruisset rcspondit opisoopus
in magnum pnjudicium et sui et lolius patrie Leodiensis : Ymmo, inquit,
illustrissime domine, habeo episcopatum quem de facili paratus essem resignare
nepoti tuo. Hoc verbo captus est episcopus, et dux ab ejus asp<ctu se subtraxit.
!\'on multo intcrjecto tcmpore, dcducitur vcnerabilis dominus episcopus ad 5
aliam cameram Quam ut ingressus essel, invenit ibi quemdam sacre théologie
professorcm de ordine minorum et a tergo earniOcem babentem nigrum
pannum de serico convolutum et ensem evaginatum. His visis, dominus
Johanncs episcopus stupore nimio et anxielate confectus, fere exanimis
ellicilur. Cui dicius frater ila locutus est : Ecce, inquit, reverendissime 10
domine, nosli quomodo promiseris serenissimo principi noslro le de optimo
benelicio quamprimum vacaturo quod sorti collationis lue obvenerit provi-
surum nepoti suo generoso adolescenti Ludovico, lilio illustrissimi domini
Karoli ducis Hourbonie et Alvernie. ÎNunc autem vacantem arebidyaconalum
Campinie, qui melior est in tola dyocesi tua, conlulisli. non servalo sponsionis i»
tue fédère, comiti de Solms (*). Preterea dixisli te babere adbuc unum multo
dignius quod utique débet esse episcopatus tuus. Igitur unum e duobus datur
tibi eligere, aut ipsum episcopatum luum ad opus dicti Ludovici resignare, vel
certe. si placuerit eonfiteri, facta confessione, mox omni mora et dilalione
poslposila, super hune pannum te inclinare et huic ensi cervicem submiltere. 20
In hujusmodi anxietatis dominus episcopus constitutus meditullis. vile sue
suorumque consulens, de re>ignatione facienda prestito fidelitatis sacramento,
a. d'Oud., i3. seipsum oblulit. Demissus itaque ac remissus venit cum nepote suo comité
de Blanckenhcym (2), die .wancte Cecilie virginis et marlyris, in oppido Breda
rcceplus in hospilio regni. Et ibidem constituit procuratores irrevocabiles in 25
curia romana ad îenunciandum episcopatui in manus Summi Ponliflcis ad opus
et favorem nobilis ac generosi adolescentis Ludovici de Borbon prepositi
Sancli Donatiani lirugensis. Quo ibidem sic expedito. venit in oppidum Uiest,
ibique recolens quid fecisset, tantum cepit cum multimodis singultibus amare
(i Bernard de Solms, chanoine de Saint-Lambert er. 1151. archidiacre de Campine en l;5i. 5"
Cf. De Tbeix, t. Il, p. 18-2.
-i Gérard de Blankcnheim, (ils de Guill. de Looz-Heinsberg. Cf. t. I, p. 218.
CHRONIQUE DE JEAN DE BRUSTHEM. 97
flere ut nequaquam se posset a lachrimis continere. Deinde venit Leodium,
asu:nptisque venerabili quodam pâtre ordinis minorum de Observantia, fratre
Johanne Goes (*). et rcverendo domino priore Cartliusiensium (2), necnon
priore Carmelilarum, cepil in sua propria persona facere visilationem in
s monasterio Sancli Laurentii Leodiensis. Et cum omnes fratres audisset et in
crastino dicerel se revcrsurum et finem rei facturum, très canonici Sancti
Lamberli cum amicis domini abbalis ejusdem monasterii opposuerunt atque ex
parte capituli cassaverunt omnia in dicta visitalione facla, co quod episcopus
nullum ex confralribus suis canonicis majoris ecclesie secum duxisset.
10 III. Réception de i.ouis de Bourbon, 1 456 (3).
Fuit autem reccptus cum magna solemnilate a clero et populo, ita quod
populus Leodiensis a gradibus ecclesie Sancti Lamberti staret ordinate
in armis ab utraque parte fori usque ultra portant Sancti Leonardi passim et
distincte, doncc omnes pretaxati équestres introissent ad hospitia sua.
is Fueruntque adhibite atque complète in ejus receplione omnes solemnitates
et cérémonie de more fieri consuetc.
In crastino fuit servala processio cleri et populi ad Sanclum Laurentium,
ad quam tantus accurrit populus quantus unquam visus fuit.
Feria quinla, cantata fuit missa specialis...
2q (•) Sur Jean Goes, voir t. I, p. 58'J.
(', Jacques de Gruytrode, prieur de lii2 à 1 475.
(3J Particulièrement pour le règne de Louis de Bourbon, Jean de Brusthem reproduit un texte
diiïérent de la chronique d'Adrien d'Oudenbosch. Les passages se rapprochant du texte de cette
chronique y sont entremêles à des passages de Merica. l.e principal intérêt des textes qui suivent c'est
25 qu'ils sont vraisemblablement empruntés au Diarium d'Adrien d'Oudenbosch plutôt qu'à la chronique
même. Or on ne connaît plus du journal du moine de Saint-Laurent que les extraits publiés en note
de leur édition par Maiiène et Durand et les deux passages retrouvés par Mgr Schoolmecstcrs dans
un manuscrit du Séminaire de Liège et imprimé dans le Bulletin de la Société des Bibliophiles liégeois,
t. X, pp. 227-i34. Le second passage relatant l'arrivée du légat Onufrius à Liège en 1468, se
30 retrouve en entier dans Jean de Brusthem et il est donc probable que les not'.s du Diarium ont sen i
pour établir une bonne partie du texte que nous fournil notre compilateur.
Ton ïi 43
98 CHRONIQUES LIÉGEOISES.
Feria sexla, profeclus est navigio versus Huyum... Dehinc ad Trajectum.
Postea visitavit Tungrim, Loos, Sanctum Trudonem, Hasselt, in singulis
locis honorifice recepliis.
IV. Les conseillers de Louis de Bourbon. 1458.
Erant autem domino eleclo 1res familiares prccipui, quorum consilio omnia s
sua disponebat, magister Boberius de Morialmis ('), magister Riebardus
vulgariter dictus Ritsarl el Jacobus de Morialmis, viri nullius lilulo nobililatis
insignes. Incipicntibus igitur i eodionsibus se eontra dominum suum erigerc,
illeque [quum] suorum consilio seduclus mulla puerilia salis ineircumspecte
patraret, factus est de ipso murmur mullus in populo a. 10
V. Exactions des procureurs fiscaux, 4459.
Quam indigne egerint, quantas tiufas exercuerint procuratores fiscales... diclu
prorsus est incredibile. Proli nephas, citabanlur villani simplices coram nobis,
hora prime ad sabbalum, trahebantur ad judicium. Non apparebat quonani modo
insolites oves Itipoiuni rapaciuni dentés potuissent evadere nisi dalo laele cum 15
lana, illorum imperiis obtempéraient... Facte fuerunt proinde ex ipso
comitatu [Lossensi] ad dominum electum super Iiis lamentaliones et queri-
monic. Verumtamen non erat qui indicaret pupillo et humili ut non opponerct
se ultra magnifie-are super lerram. Sed magis conquerebatur dominns eleetus
Leodiensis sibi in sua jurisdiclione a laicis esse prejudicatum. 20
VI. Mort de Jean de Heinsberg, 4489.
Jobannes de Heynsbercli, quondam Leodiensis episcopus, ad suam ultimam
osteiitationem, fecit sibi fieri preciosam diploidem cujiis unicam manicam, quam
■ Wacht. ajoute en note : Et estoit avec luy M. Robert de Morialmez, M. Richard et Jacques de
Morialmez, gens de basse estoffe, lesquels gouvernoient tellement le menu peuple, tant de Liège -25
que des villes et plat pais, qu'ils prindrent l'évesque en grande hayne, et furent cause de la
dissention qui s'esmeut entre ceux de Liège et de Maestricht et d'Aix.
(4) Sur Robert de Morialmé, voir t. I, p. 291. Sur Richard de Troncillon, ibid., p. 527. — Sur
Jacques de Morialmc, cf. de Borman, Écltcvins, t. 1, p. 384, et éd. d'Adrien d'Oudctiboscli, p. 331.
UiROMQUEDE JEAN DE BRUSTHEM. 99
secundum moduin illius temporis sub toga serica viridis coloris portabat,
ornai'i fecit gemmis preciosisque margaritis... ïali igitur habilu vestitus
per civitatem Leodiensem proficiscebalur ad oppidum Diest. Erantque
eo die cura magno frigore acuti venti autumnales. Al dominus Johaones
5 algore constrictus ventoque inflalus dolorem concepit in uno latere...
Circa vero mediam noctem, in crastino sancti Luce evangelisle, xix die octobris,
feria sexta, ex liac vita migravit.
VII. Remplacement de l'abbé de Saint - Laurent, 1460.
Cepit igilur predictus episcopus (*) (Suessionum) traclare, secrele tamen
io et per litteras, cum domino et magistro Emerico (2), quondam sub domino
Johanne de Heynsbercb sigillifero, quonam pacto aliquod coramodum sive
lucrum per suara industriam [elecloj procurare possent ut tali via ejus
amplioreni gratiam consequi possent. Tumulluantibus aulem monachis Sancti
Laurentii Leodiensis conlra suum abbatem qui, ut supra diclura est, siraplex
15 eral el semislolidus, curavcruut predicti episcopus et Emcricus cum Alexandro
Berart (3) dictuni abbatem per conventuui destitui et alium loco ejus
subrogari, qui eliaui pro sua confirmatione Iargam promisit domino electo
elargiri propinam. Qua exhibita, magister Emericus et Alexander, cum aliis
quos dominus electus repudiaverat eo quod de offieiatis domini de Heynsbercb
20 fuissent, nunc coram oculis ipsius electi ceperunt invenire gratiam.
VIII. Raes de Heers (*) contre les procureurs fiscaux, 1461.
Predicte autem factionis fusligatorum in procuratores magnus fautor erat
dominus Raso de Heer, qui se communilati associans, contra dominum electuin
se eri^ebat. et salis quidem ad oculum apparenter. Cum enim vice quadam
26 idem dominus Raso vocalus fuissel ad mensain cujusdam procuratoris, essetque
(ll Jran Millet, évêque de Soissons, 1445-1503. Cf. db Borman, Adrien d'Oudenbosch, p. 5H0.
(*) Emeric Groy, chanoine de Sainl-Martin, mort en 14C4. — Ibid., p. 555.
[') Alexandre Bérart, échevin de Liège, dk Bobjian, Écltevins, i. I, p. 560,
(*) Sur Kaes de la Rivière, seigneur de Heers, voir t. 1, p. 255.
100 CHRONIQUES LIÉGEOISES.
apposita. cum ingenti apparatu, delicalissima rcfectio, paratis variis ferculis,
Hab., m, u. ccpit ipsc dominus liaso intra se cum fremilu murmurare et mentem i evolvere
quomodo procuratores neduin devorarent pauperem in abscondito, sed
ctiam ad vanam oslenlalionem excedcnles quoscunque, potenles et nobiles,
Amos. VI, 1-6. incederent pompalice, comedenles agnum de grege et vitulos de medio 5
armenti, hibentes vinum in phialis et optimo unguenlo delibati et
n i li i I patiebantur super contritione Joseph pau péris uti((ue populi. Unde
ex tune radicalnm in procuratores concepit odium.
IX. Ambassade des Liéyeois à Paris, 4461.
Sed venienles ad regem magister Egidius de Métis (*), dominus Egidius îo
de Huyo, dominus Johannes le Ruyt ac alii ex parte eivitatis, dominus
Conrardus de Horion (2) cum aliquibus majoris ecelesie canonicis ex parle
capituli, et de nobilibus Conrardus de Leers, Johannes de reranio (3), niliil
adversi passi sunt, yinmo cum venissent ad regem... Estne hic, inquit,
Egidius de Métis? 1S
X. Querelle entre les maisons de Heers et de Hamal, 4462.
Sub bac etiam tempestate, orta est cruenta inimieilia inter nobiles de Heer
et Hamalia. Cum enim domieellus Johannes de Hamalia (4), adolcscens non
conjtigatus. quamdam mulierem minus pudicam oppidi Lossensis pro explenda
sua libidine procarelur, et quidam Theodericus de Boeshoven eamdem simili 20
desiderio insequeretur, conligit in villa temporalis domini Kasonis, dicta
Horpmael. quod dominus Johannes predictus cum suis persequeretur prefatum
Thcodericum in hospitio quodam ville illius bibenleni cum aliis et cum
bastardo de Heer. facloqiie per illos de Hamalia impelu. cum dietus baslardus
per posticum exilire vellet, in ipso exitu interficilur. Oh cujus mortem 25
(i Sur Gilles de Metz, Gilles de Huy et Jean de la Bovcric dit le Riiyte, voir de Borman, Adrien
(VOudcnbofeh, pp. 549, 338 et 317.
(•) Sur Conrard de Horion, chanoine de Saint-I.oniberl depuis U3G, voir de Thkux, t. Il, p. 233.
(3) Sur Conrard de Licrs et Jean de Seraing, voir de Bobjian', Adrien d'Oudcnboseh, pp. 345 et 561.
(*) Sur Jean de Hamal, voir t. I, p. 235. 30
CHRONIQUE DE JEAN DE BRUSTHEM. 101
obfuscata dissensione inter domicellum Johannem et Tbeodericum, exorla est
illa sanguinaria inimicilia inter domos de Heer et Hamalia. lit quia domicellus
Johannes conlulit se ad cpiscopum ut tueretur ab eo captaretque benevolentiam
nobilium qui cum eodeui domino erant, dominus autem Kaso verlit se ad
5 communitatem Leodiensem eamque in odium domicelli Johannis concitavit
adversus dominum electum.
XI. Mission de l'ovêque de Tournai, 1462 {l).
Cum rcverendus dominus episcopus Tornacensis variis mediis laborasset
Leodiensem populum ad subveniendum atque obediendum suo domino
10 Leodiensi, etiam dura ex parte ducis proponendo, nequc tamen proiïceret, M., v, 231, ion,
sed heu ! omnis ejus conatus inanis redire t, tandem idem episcopus in bec
verba finem sue legationis fecit : « Nos, inquit, venimus jam ad vos, ecce A.,85, s-i.
adhuc tenipus adveniet quo venietis ad nos. » Sic se habuit idem Tornacensis
episcopus in causa inter dominum electum et populum suum Leodiensem M., v, 231, u.
15 sed quia affectui effectus minime respondebat, valedicens eis recessit. Intérim
magislri multis instantiis miserunt ad dominum ducem.
XII. Intervention du pape, et envoi d'un légat, 1462-1465.
Quapropter idem pontifex nepharios et execrabiles ausus ferre non valens, cf. Bulle
processum per dominum electum [inslituil] contra rebelles Leodienses suosque fermant
20 complices, interdieti quoque impositionem ac alia exinde subsecuta apostolica dans de Ram,
auclorilate confirmavit. Ullerius etiam commisit venerabilibus dominis episcopis
Trajectensi (2) ac Cameracensi (3) neenon domino abbati Sancti Adriani Montis
Gerardi, quatenus prefalos temerarios et eorum faulores infra xvm dies dislricte
requirant. Et nisi omnia et singula promissa retractaverint et ulterius absti-
25 nuerint, eosdem auctoritate apostolica excommunicationis gladio ferirent et
eorum loca ecclesiaslico interdicto supponerent. Insuper si ab hujusmodi
nephandis aclibus infra decem dies sequentes se non correxerint, eterne
(i) Guill. de Rancovado. Cf. t. 1, p. 251.
[*) David de Bourgogne, évéque d'Utrcclit, de 14S7 à 1496.
30 (3) ,'ean de Bourgogne, évêque de Cambrai, de 1459 à 1479.
104 CHRONIQUES LIÉGEOISES.
malcdictionis srntcntic ourn aliis formidabilibus imprccationibus subjicerent.
Ilujus commissionis bulla est de dala anni dominice incarnationis XIII[CLXII,
kalendis maii, pontificalus Pii pape anno quarto.
Postcujus commissionis cxecutionem, Leodiensesab ea appellantes miserunt
ad Summum Pontificem, petentes ab bujusmodi excommunicationis sententia s
absolvi cl interdictum relaxari, olTcrenles se ad omnia que juris essent et
rationis. In diebus illis. pendente appellatione. exsccutus est processus quidam
et affixus ad valvas ecclesie Sancti Servatii Trajcctensis ex parte domini
i'.asonis. abbalis Sancli Adriani, executoris bulle inlerdieli, in quo fere omnes
eanonici nominative expressi admoniti fuerunt recedere a locis interdictis, 10
a quo processu omnes unanimiler appellaverunl. Intérim redierunt nunlii
eivitatis qui ad romanam missi fuerant curiam ad prosequendam appollationem.
portantes secum brève aposlolieum eontinens quomodo Pontifex deerevisset
velletque mi Itère legatum sufflcienti pielale fulcilum ad examinandam eausam
et relaxandum interdictum. 13
Anno Domini XIIIICLXIII. missus est a Sede apostolica dominus et magisler
Pelrus Ferrici Hyspanus, decrctorum doctor, capellamis et orator domini
pape (') Pii II. qui tum erat in episcopalu Moguntino ad expcdiendnm eerta
negotia apostolica. Hinc igilur dominus i'etrus babens in mandatis aposlolicis
ut mox. visis litteris quarum dala erat anno Domini XIIIFLXIII. kalendis îo
februarii, pontificatus Pii pape anno V, omni mora postposita, ad Leodiensem
episcopatum pergertt, allegationes partium auditurus et. ut juris ratio expostu-
Javerit, terminaturus aut compositurus, ultima martii, venil idem delegatus ad
oppidum Aquisgranis receplus hospitio in convenlu [canonieorum]areguIarium.
\ 10., Statimque jussil ad se vocari dominum Leodiensem... quesivit multis 25
90 «j 91 -
mediis partes concordarc, scd non prevaluil. Magistri autem eivitatis,
dominus Kastrar, dominus Baré Surlet, et llellinus de Holzéc, ad instinclum
magistri Johann is Herpel (2), ordinaverunt quamdam appellalionem contra
legaltini.
« canoniconim : add Wacht. 30
(l) Sus le légat Pierre Ferrez, voir t. I, p. 255.
(*) Sur l'astre P.aré «le Snrlel, Hellin de Boisée et Jean Herpel, voir ob Dor.ua>. Adrien d'Ouden-
bosch, pp. 363, 314, 33tl.
CHRONIQUE DE JEAN DE BRUSTHEM. 105
XIII. Départ du légal, 1463.
Ilis et aliis indisciplinati populi cavillationibus perlesus, ipse dominus
legatus, postquam a sanctissimo domino papa aliiid brève apostolicum
recepissct de diligenti recognitione facienda super attentatis in prejudicium
s ecelesiaslice juiisdictionis, enjus data oral anno Domini XIIIICLXIII,
vi kalend. novcmbris. ponlificatus Pii pape sexto, post singulos juris terminos, Merica,
(ranstulit se ad urbem Trevericam, veritus sane obstrepentis populi
indomitam feritatem, quam saltem in modico Aquisgrani experlus fuerat.
I, 236, i-3.
XIV. Prise du château de Reydt (*), j 464.
»o Cum circa initium presentis anni, scilicel in nocle sacratissime Nativitatis
Christi, quidam î gidius (îoddyns. incola ville de Ulbeeck, pairie Leodiensis,
licet ab omni parte cingatnr a comitatu Lossensi, spoliatus esset furtive magna
pecunie summa, et exinde publiée fama cum vebementi suspicione orta esset
de Johanne dicto der Loerer moram trahente in Roesel. parochie ville de
î3 Wellen, non longe ab Ulbeeck, cujus uxor soror erat illegittima uxoris dicti
Egidii, idem Johannes metu eorporis sui confugit ad castrum de Reyda.
fumque ibidem aliquanto fuisset tempore, in mense mayo, vcnil ipse Johannes
eques, adjunctis sibi aliis x equitibus, in domum dicti Egidii sui sororii. atque
cumdem Egidium ejusque fratrem Ghisbertum clericum minime conjugatum
io eaptivos abduxit et ad castrum de iîeyda transvexit. ac domum Egidii omnibus
clenodiis, localibus ptcuniis et omni pretiosa suppellectili spoliavit. Uxore
autem dicti Egidii et amicis ejus pro captivorum redemplione spoliorumque
recuperatione omnibus modis sollicitanlibus, dominus Raso de Heer videns
sibi oblatam occasionem captandi benevolentiam et favorem communitatis
25 patrie Leodiensis et comitalus Lossensis, in odium domicelli Joltannis de
Hamalia, qui domini Leodiensis partes fovcbat. ac etiam domini Fastrardi iîare,
populum ad obsidionem dicti castri incilavit. Igilur, in festo Satietorum A. d'O., 98, i-«.
Johannis et Pauli fratrum martyrum, demandavit proceres totius patrie
Leodiensis ac comitatus Lossensis, Trudonenses quoque et Tungrenses atque
30 (i) Cf. de Borman, Adrien d'Oudenbosch, p. 587,
loi CHRONIQUES LIÉGEOISES.
ad obsidionem dicli eastri de Reyda, non obstante quod dicti captivi relaxati
ac remissi essenl, sese accinxit. Ilec autem dominus Raso in odium dictoruni
virorum nobilium cgit. Nara castrum de Reyda eral allodium domini Johannis
de Arcndael. patrui domini Fastrardi. De quo sepe proposuit dominus Raso,
nacta oecasione. vindictam sumere eo quod ipse dominas Rare ad versus eum s
populum instigasset pro pace habenda. Predicios itaque eaplivos Egidium
et Ghisberlum jam vinculis emancipalos rnrsum ceperunt et Egidium secum
ad obsidionem duxerunt. Caploque primum antemurali, acceplo consilio a
magislro Egidio de Métis, ipsum castrum fortiter impugnantes tandem in
deditionem receperunt. Sieque oblenlum, cum invenissent in omnibus usque 10
ad annum sufficienter provisum. spoliarunt et fundilus everterunt, prefalum
vero Jobannem (1er Loerer combusserunt et in cincre? redegrrunt ac novissime
eum triiimpbo et gloria ad propria redierunt. Dominus autem Leodiensis
cernens ta m expeditum gentis sue exercitum desuper ponlem lapideum Trajecti
navibus per Mosam transfretare, aceensus animo volebat simul cum ipsis ad 15
obsidionem transire, sed a suis retentus et impeditus Trajecti remansit, quod
mullorum et infinitorum malorum seminarium fuit " . Eleetus autem Olo-
niensis. dominus hobertus (*), cum fralre suo aliisque quibusdam nobilibus,
venit videre exercitum Leodiensem fecitque cis in vino gratiosam propinam in
modica tamen satis mensura. Lx bac autem Victoria Leodiensium crevit 20
audacia multoque plus quam hactenus rebellare ceperunt '.
< Wachtendonck, qui reproduit en noie ce passage de J. de Brusthem, ajoute ceci : Unde versus
capti eastri de Reydt : Accessit valida Reida castrum plebs Leodina, 1464. Puis il note le passage
suivant du manuscrit de Jacques Chabot : Sed maie statim Leodiensibus successit, quia detruserunt
et ejecerunt Ludovicum episcopum Leodiensem extra suam civitatem. Nec cognoseebant eum épis- 2b
copum et dominum corum, ita ut nemo de eo loqui auderet. Nain quidam dictus Mathias Calipodiarius,
civis Leodiensis, ex quo dixerat quod Ludovicus de Bourbon adlmc esset tam potens in Leodio
sicut unquam fuerat, licel verum dicebat, sicut antea evenit, propterea ante S. Lamberti gradus
sententiam accepit capitalem. Et etiam successive plures alii pacem desiderantes et veritatem
dicentes, ad detruncationem capitis eondemnabantur, et sic plures inconvenientie in civitate tiebant. 50
— * Waclit. note ici : Kn ce temps les Dionantois lurent en division à l'occasion de messire Jan
de Valle, chevalier, auquel ils abbalirent sa tliour du chasteau et le reste de sa maison. (Voir
A. d'Oudenbosch, p. 87.) - En ce temps, le s' Everard de la Marche ayant grand nombre de soldats
près de Liège print vengeance de ses ennemis.
(M Robert, comte palatin, élu archevêque de Cologne le 50 mars lifi~>, mort le 17 juillet 1480. 55
CHRONIQUE DE JEAN f)E BRUSTHEM. 105
XV. Excommunication lancée par le légat, 1464 (1).
Rodem igilur anno, feria secunda, décima septembris, dominus legatus
supradiclus Pelrus Ferrici, in Treverica civilale existens, pcr suam sententiam
diffinilivam excommunicavit el analhemalizavit in générale, et quamplurimos
s nominatim in specic, omnes et singulos burgimagistros, rectores, juratos, cives,
incolas et comraunitates civitatis Leodiensis ac oppidorum Sancli-ïrudonis,
Tungris, Los. Hasselt, cum aliis oppidis comitatus Lossensis et locis supradictis
adherenlibus, declaravitque eos incidisse desuper sententiam excommunica-
tionis auctoritate stalutornm synodalium et provincialium, penani quoque
10 cenlum milium florenorum aurcorum de caméra et tri^inla milium florenorum
rhenensium. Fuit autem bec sententia lata et in scriplis promulgala anno a
Nativitate Domini XIIIICLXIIII, décima septembris, pontificatus Sanctissimi M. 236, «-s.
domini nostri pape Fii secundi anno septimo. A qua lamen sententia tanquam
indebita et injusta appellatum est.
13 XVI. Ambassade envoyée au roi de France, 4464. a., too, h-m.
Missi fuerunt ad regem Francie dominus Wilhelmus de Berlo (2) et magister
Egidius de Melis... Quos rex bénigne suscepit... rogavil (amen quod caute
prosequerentur causam suam haberentque ad modicum patienliam, scilicet ad
mortem ducis Pbilippi qui senio confectus multisque corporis molcsliis
20 fatigatus videbatur non diu posse superviverc. Missum est denique versus
Bruxellam, servatoque convenfu, predicti captivi dimissi sunt, accessus quoque
ad Brabanliam admissus. Omnia eliam suspensa sunt usque ad médium mensis
martii ac tune de singulis fieret inquisitio. Quod lamen, quia ad pacem vergere
videbatur, domino Rasoni minime placuit.
i:> (,') La sentence du légat fut approuvée par le pape Paul I! avec certaines atténuations. Voir Médita,
<!ans notre t. I, pp. 25G-257. J. de Brusthem reproduit le texte de Mérica. Un annotateur indique en
marge la date de la bulle pontificale : Oatuni ad S. Mariam majorem Romae 1465, 10 kal. januarii,
pontificatus ipsius anno î.
\*) Sur Guill. de Berlo, voir de Bohman, Adrien d'Oudenbasch, p. 512.
Tome II. 14
HMS CHRONIQUES LIÉGEOISES.
\.. iii,j-iM, ». XVII. Déclaration de guerre des Liégeois au duc de Bourgogne, {46$.
Post hec audilum est duccm Clivie itcr suum dircxisse ad terram Brabantie.
Al regens... egressus est ad intercipiendum viarum aditus quibus dux
prefatus lerram Brabantie adiré deberet, sed propler ingentem pluviam
Leodienses exitum suum relardantes, antequam vcnirent, dux jam pertransierat. 5
ilis auditis. clamor magnus faetus est in populo, vociferantibus omnibus ut
exirent contra hosles, antequam illi parali essent se defendere. Volebantque
primum inr.ursare terrain Lympurgensem. Majores vero dicebant nihil
attentari debere donec injuriam aliquain ex parle ducis Philippi paterentur.
In die Decollationis Sancti Johannis Baptiste, ceperunt minisleriales vini- io
culture versus terram Lympurgensem proficisci eranlque adeo animo obstinati
ut ncc per magistratus imperium ncc per dominum Rasonem, qui multum
apud plebem semper potuit, ab hoc suo proposito possent quovis modo
revocari. Sed nec regentem cum fratre suo idipsum impedire vel saltcm
prolraherc volcntes audire noluerunt. Al dominus Fastrardus Bare (J) in 15
hujusmodi verba proriipit : « Quid, inquit, agitis, 0 boni viri Leodienses?
Vultisne ducis lerram devaslare priusquam prius diffidetur? ÎVon sunt bec
acla proborum mililum. Necesse est ergo ut prius diffidetur. » Intérim
H.,242, ». minisleriales pannifici subsecuti fuere vinicolas. Posl m:ila verba ventum
est ad pessima facta. Quid enim? Die sequenti, scilicel sanetorum Felicis 20
et Adaucti. mittitur nuncius versus Bruxellam ad dominum ducem Philippum,
deferens secum literas publiée diffidalionis quibus eumdcm ducem cunelosque
adjutores et fautorcs ejus petulanti animo diltldabant.
XVIII. Dévastations commises par les Saintronnaires, 146$.
Ludique multiplieata sunt mala super terram. Sed ad maloruin cumulum, îs
oppidani Sancti Trudonis egressi lanquam furibundi incenderunt omnes domus
et fortalicia nobilium circumvicinorum, scilicel Duras, Ordîngben ae etiam
Home, non obslante quod silum esset Home sub districtu Sancti Trudonis,
pluresque alias domos per circuilum, et hoc ideo quia predicti nobiles nolebant
rclinquere verum suum dominum, sciliect dominum Ludovicum de Borbon, 00
r>) Sur Failré Baré Surlet, voir t. I, p. 237,
a. m, t ..
CHRONIQUE DE JEAN DE BRUSTHEM. 107
sed relinquentes oninia sua manserunt cum eo usque ad finem guerrarum.
Unde predicti Trudonenses, non valentes se ad libitum de predictis nobilibus
vindioare, non dtsistebant lamen in eos plurima irrogare convicia. vocando
eos tradilores el corum uxores meretriccs borbonistas, et similia plura fecerunt.
s XIX. Bataille de Montenacken. Négociations de paix, 1465-4466.
In feslo (Jndecim milium virginum, factus est conflictus inter dominum Cf. A. d'O.,
Johannem ducem Clivie, noniine domini ducis Philippi et ejus fllii comitis 126,ÎS'
Karoli cum INamurcensibus ex una, et Leodiensium, Lossenssium, liasbanen-
sium partibus ex altéra, cecideruntque ex parte Leodiensium circiter xvmc.
tu Unde factus est clamor magnus el ululalus, neque enim erat villagium in
Hasbania ex quo non vcl x vel xu plus minusve in ore gladii corruissent.
In vigilia Omnium Sanetorum, cum per nuncium delatum fuisset e A. d'O., 127, t-n
Francia de pace facta, ecclesie congregale in Sancto Lamberto traclare
ceperunt inter se quomodo populum inducere possent ad pacem. Et quidem
ib primo statuerunl vocare magistros ac alios probos cives eosque humiliter
rogare quatenus se velint ad pacem disponere et quod dominmn electum
recognoscere velint et ecclesiam, quodque interdiclum servari permittant.
Intérim rediit magister Johannes Heylman ('} a Francia cum magislris oppidi
Dyonantensis, asserens quod dominus Karolus, cornes de Charioes. voto suo
20 potitus esset de rege, et quod Leodienses née unum quidem amicum
haberent in aula régis nisi solam ipsius personain, et quod non potuisset redisse
nisi sub salvo conductu Karoli comitis. Quibus auditis, Leodienses animo
consternati omnes pacem desiderabant. Rogaveiuntque comités de Meurs (2)
et de Home (3) ut legationem accipere dignarentur ad dominum ducem
25 Pbilippum pro treugis impeliandis. At comités a Bruxella rcdeuntes, eonvocato
palatio, proposuerunt quomodo tractassent modis omnibus quibus potuissont
de treugis dandis et pace faeienda, sed ex parte domini ducis responsum
accepissent quod Leodienses prius dominum suum et ecclesiam reeognos-
cerent et locum restabilirent et tune pacem seu treugas pelèrent.
;u if) Sur Jean Heylinaii, voir de Bokman, Adrien d'Oudcnbosch, p. 336.
(*) Vincent, comte de Meurs et de Saarwerden, voir t. t, p. 513
(*j Jacques de Home, voir de Bohman, toc. cit., p. 337.
108 CHRONIQUES LIÉGEOISES.
Cl. A. d'O., Lossenscs et Dyonantenses miscrunt deputatos suos Leodium, roganles ut
pacem exquirerent, nam oi ipsi pacem modis omnibus componcrent, sed
mallcnt ut insimul pax per uni versa m terrain baberelur. Intérim palria
Cf i. d'O., Leodiensis rapinis graviter vastabatur et incendiis. In die Sancii Brictii,
conibustum fuit forlalieium de Berlo multaque villagia cirea Waremiam. Cum a
autem dominiis Karolus cornes cura suo exereilu redisset ex Franeia esselque
cirea Tlienis oppidum Brabanlie, venerunt comités supradicti cum qualluor
Cf. A., d'û.,128. deputalis, domino seilieet deçà no Leodiensi, magistro Jolianne de Quercu (J),
Dianum. decano Sancti Pétri {-) et decano Sancti Johannis (:i), qui missi fuerant ad
dominum Lcodiensem proponentes de traclanda paee. Quam cum omnes io
appelèrent, incenlor totius mali dyabolus quoi falsos rumores per suos
ministros disseminavcrit in populis ad impediendum pacem vix cxplicari
posset verbis. Dicebant aliqui quod dominus de Baden per aposlolicam Sedem
esset in episcopum confirmatus et imperalor haberet in commissione ponendi
cum in possessione. Alii dicebant dominum de Borbon esse defunclum, et alia is
hujusmodi quamplurima.
A d'O., 129,17-sj. Anno Domini XIIII'I/XVI, ipso die Nativitalis Cbristi, venerunt comités
déférentes in scriptis volunlatem domini ducis. Unde in die Sancti Stephani
convocalo palatio ac scedula lecta, dominus Haso et Bare multuni renitebant
a. d'O., 130, i !. de arliculo illo principalius concurrente quod seilieet ad voluntatem ducis 20
deberent dari deeem viri. Ministeriales concluserunt pacem sed nolebant dare
viios ad volunlatem, quos magis pecunia redimi volebanl.
In oclava Innoeentium, Brabanlini inlraverunt terram Hasbanie vcnerunlque
in Heer et Loscaslri. Mulli autem Hasbaniensium fugerunt versus Leodium.
' ommissum igitur fuit a xxvui ministeriis Libcrto Texloris (4) et magistro 25
Jobaiini le iiuyl (5) componere pacem meliori modo quo possent. Qui, facto
prandio, profecti sunt ad dominum KaroWim in oppido Sancii Trudonis
(0 Jean de Seraing, doyen de Saint-Lambert depuis 1 îSG, et Jean de Chcsnc, chanoine de Saint-
Lambert, voir de Tiieux, t. Il, pp. 25b et 263.
(2) Eustache de Atrio, voir Poncelet, Saint -Pierre, p, xxxiv. 30
(3) Evrard de Vcrncnholt, voir Lahavr, Saint-Jcau, p. xxxiv.
(*) Libert Textor, échevin de Liège. Cf. de Borman, Echevins, t. I, p. 336.
("] Jean de la noverie, dit Le lluytc, voir de Bormam, Adr. d'Oudenbosch, p. 337.
CHRONIQUE DE JEAN DE BRUSTHEM. 109
existentem quo inhibente armigeri ejus ulterius non processcrnnt. Cornes
Sancti Pauli (x) maiisit in Heer.
Rursum insurrexerunl Leodii quidam malcvo'i qui nolcntcs paccm armali
exire volebant lantumque egerunt ul ad sonilum campane omnes esscnt ad
s arma parati. Dominus Raso voluit paccm noluilque dictis sediliosis adherere.
Intérim venit Libertus Texloris cum quodam byraldo domini Karoli ferens
secum formam pacis. Hyraldus in foro a prediclis perversis percussus fuit et
nisi dominus Raso et dominus Barc eum défendissent, discerptus et occisus
fuisset, Libertus autem voce magna ctamavit : Quid facitis. inquit, boni cives;
10 iste salvavit vitam meam et vos vullis eum occidere? Malo ego occidi quam
hic a vobis occidatur. Populo igitur congregato, exposuit dictus Libertus
negotium se bene habere et mox debere pacem acceptare, alioquin nisi
accepletur infra triduum, Brabanlini venient proculdubio usque Leodium.
Post niultos tumultus, sigillala fuit per Leodienses littera pacis in octavis A.d'0.,{30,so-5i.
15 Epiphanie. Tungrenses sigillare recusabanl, nam cum dominus Rare depor-
tasset dictam litteram in Tungri, fuit in maximo vite sue periculo. Hasselenscs
etiam sigillarunt.
Fuit itaque Leodii iterum magna in plèbe commotio fuitquc magister Egidius
de Métis, cujus supra fréquenter meminimus, per noctem deductus in Violetta
-20 captivus. Dominus Karolus mansil in oppido Sancti Trudonis ad inveniendum
modum pacis et concordie inter dominum electum et Leodienses et ibidem
permansit usque post oclavas Epiphanie.
Interea i'iccardi, qui cum domino Karolo vénérant, miserunt servos ad
proxima loca pro pabulis equorum suorum. Eodem temporc, ordinati fuerunt
2o per comitatum Lossensem viri pediles, locali circa villam de Wellen, ad
observandum et tuendum viarum adilus adversus predictos Riceardos, ne pro
suis equis pabula ferrent, llnde et complures ex eis circa villas Berlinghen
et Hupertinghen interfeeerunt halebantquc predicti viri Lossenses instrumenta
ad sagitlandum dicta bombardas, teuthonice clueveren, undc et eodem vulgari
30 nomine dicebantur « clucverschulier9 ». Igitur uni versus exercitus Riccar-
dorum, contra predictos veniens, intercepit eos in Wellen, Berlinghen et
(*) Jean de Luxembourg, surnommé le Bâtard de Saint-Pol, voir de Bormin, Adr. d'OudcnboscU
p.346.
ilO CHRGNIOUKS LIÉGEOISES.
Huperliiighen ae potissimum in nemorc adjacenti dicto Kriekelcrcbosch, ubi
et plurimos dictorum sagiltariorum proslraverunt. Videntes autem qui residui
eranl potentiam dicti exercitus, collegcrunt se ad prefatum nemiis, cumque
Piccardi nitcrcntur nemus irrumpere et adversarios, qui in eo latebant, penilus
prosternere, e contra Lossenses sagittarii, se viriliter defendentes, quamplurimos :;
ex Piccardis interemerunt, eecideruntque in co conflietu plures magnâtes,
inter quos quidam dictus fllius solis. 'Tandem nocte supervenienle, Piccardi
incenderunt adjaeens sacellum in Otersloe domosque vicinas. Sed et hoc
factum est cis in scandalum. Nam ex claritate ignis Lossenses dictos incensores
Piccardos clarius contemplantes, nec lamen ab eis videri poluerunl, magnum 10
eorum numerum occiderunt et tandem, extinctis flammis, post mediam noctem
liberi abierunt. Ceciderunt ex Lossensibus viri ultra quam quadringenli, sed
proïlratorum l'iecardoruin longe copiosior erat nu mer us. Acta sunt in initio
anni LXVI, circa festum Epiphanie. Sequenti die, dominica infra oclavas
Epiphanie, exorta fuit maxima sedilio inter Piccardos et oppidanos Sancti i»
Trudonis in ejusdem oppidi foro publico, que tamen, ad instantiam et inter-
ventionem domini electi. per dominum comitem Karolum confirmati, sedata
fuit, dictaque fuit ipsa dominica « den quaden sondacb ». Sequenti die, faela
discussionc ac veritate comporta, jussit prefatus cornes plures Piccardos,
prcfale seditionis incenlores. in foro capitibus truncari reliquosque precepit ïo
abire oppidumque di mi Itère. Et ipse cornes post dies paucos, pace composita,
ad propria rediit.
Non post mullos bos dies, Leodienses, Tungrenses et Lossenses in continio
Sancti Trudoni commoranles. pretactam pacem violantes ac in suas prislinas
iniquitates et injustitias récidivantes, dictum oppidum Sancti î'riidonis obsidere 2r>
conali sunt, Sed quia dominus eleclus in Huyo jam cxislens nullum dicto
oppido subsidium prestitit, mediantibuseertis paelis concordie. ipsum oppidum
intraverunt. Post dies paucos, Welnenses et eorum confines prefali sagittarii,
qui etiam a viridi vexillo quod habebanl dicti sunt vulgariter « die gruentente »,
id est de viridi tentorio, seditionem in oppido concitarunt. Contra quos fortiores 00
juvenes et adolescentes Sancti Trudonis sumpserunt sibi vexillum aurei
coloris et ab eo dicti de Flaveo tentorio, qui et prediclos de viridi tentorio
expulerunt.
CHRONIQUE JEAN DE BRUSTHEM. H 4
Porro scientes Leodienses doininum Karolum, occasione pretacte seditionis a. au, 131,»-».
ac violate prioris pacis, eis rursus graviter esse offensum, elegerunt ex quolibet
ministerio duos viros probos, qui litteras pacis sigillatas déferrent domino
Karolo, qui lum veneral ad vindicandum se usque in villam Yechtmale
5 eomilatus Lossensis. Qui iterum eos bénigne recepit, jubens eos locari in
hospitio ac apponi cibaria. Et altéra die, cum essel in campo, ostendil eis
armaluram suam, faciens omnes ordine congruo pertransire. Dixitque intcr
cetera : Dilectissimi amici viri Leodienses, cor nostrum semper ad vos
rectum fuit et ante bellum et post paceni proclamatam. Sed quia dicebatis
10 omnes meos armigeros occisos in Francia, ostendam vobis reliquias que super-
fuerunt et uiecum venerunl. Et si voluerilis ingredi semitas juslitie, omnes pro
veslra defensione erunt. Si igitur pacem desideratis, curetis litteras ab aliis
etiam oppidis sigillari, et ego dabo vobis litteras de pâtre meo. Datisque
lilteris, redicrunt ad propria. Quod cum expositum fuisset in palatio, factum
îs est gaudium magnum in populo. Verum Dyonanlenses pacem acceplare reçu- A. d'O.,431.
sabant. Similiter et Hasselenses nitebanlur corrigere dominum de Diannm.
Voghclsanck f1) aliosque qui se ad partem ducis diverterant.
Dominus Faslrardus Baie, deducto ad palatium magistro Rgidio de Métis, A.d'0.,l3l,«!s.
renuntiavit clavi magistrali, que ci data fuerat pro domino Johanne de
20 Seranio deditque eam Henrico Rosseal (-), adversario magistri Egidii, qui
etiam se illi partem adversam constituens petiit de eo senlentiam condem-
nationis.
Cumque magister Egidius pro se responsionem reddere vellet, nemo A. d'O., 132, 7-».
illi intendebat, sed eum tradi advocato sive villieo proeiirabant. Prefeclus ,1}1<î > Dianum-
2ri dixit se neminem ad causam mortis debere recipere nisi prius judicatum.
Invalescentibus aulem omnibus adversus diclum Egidium, pulsata campana
bannali, deductus est sepedictus magister Egidius de Métis ad gradus in
foro traditusque prefecto. Qui populo circumstanti locutus ait : « Boni
cives, ego per annos quinquaginta (3)... » Quo facto, mox ad pyronam insonuit
30 et p3x proclamata.
(l) Jean d'Autel, seigneur de Yogelsanck, voir de Uoksun, Adr. d'Oudenboacli, p. 3H.
(') Henri Rosseal, Ibid., p. 559.
l5y Le discours de Guillaume de Metz est identique duos Adr. d'Oudeubojcu (Di»riuro) et dans
J. de Bruslhem, sauf quelques différences d'expressions.
lia CHRONIQUES LIEGEOISES.
XX. Révolle d'enfants, 1466.
A. d'O., 138, 7-30. El ecce, sabbato ipsam dominicain précédente, ncscitur quîbus instigantibus
nisi spiritibus malignis, pueri x, xii vel xv annorum fecerunt siln vexilla,
currentcs per plateas civitatis et clamantes « Vivat Baden», in despeclum omnium
de Borbon, et eadem semper resumebant. Dum au te m venirentad domoseorum 5
qui estimabanlur fautores esse domini de Borbon, ibidem persistenlcs fortius
eadem inelamabant. Dominica die sequcnli, pueri mane cum vexillis fuerunt
in palalio eadem vociférantes et omnia insignia domini du Borbon detra-
hentes. Idipsum in ccclcsiis et aliis locis fecerunt. Quemdam eos super his
increpantem, capillis traxerunt in terram, quem et pcreusserunt. vestes ejus 10
dilaceraveiunt ut vix scmivivus cvaderet ab eorum manibns. Erant autem divisi
Cf. a do., in viginti quatuor circitcr turmas. habentes vexilla totidem. Effregerunt etiam
u\, 57-19. Jomos quorumdam canonicorum in Sancto Martino, in Sanclo Petro et in
Cf. J. de L., 35,13. Sancto Baitholomeo, asportantes cibaria et cetera ad usum vite necessaria,
déponentes, si que invcnissent, domini de Borbon imagines et insignia ea is
dilacerando atque sub pedibus conculcando. Sicque pcrgebant usque Visetum,
ibidem perpétrantes similia. El licet ad pyronam voce preconia proclamatum
essel ne lalia de cetero attentare présumèrent, hi tamen quotidie
A. d'O., 141, i-i. audaciores effecti semper in pejora prorumpebant. Insuper in contemptum
domini de Borbon imagines habebant papyro impressas domini de Baden 20
stabatque cum eo angélus imponens mitram capiti ejus, et lias ponebant
in palalio, in ecclesia et in plateis ac vicis civitatis. Angustiabatur proinde
clcrus non modice propter pueros istos. Nemo enim audebat incedere per
plateas neque tutus in domo persisterc. Bogaverunt igitur magistros ut his
malis oportunis rcmediis obviarent et diclos pueros ab hujusmodi temerariis 25
ausibus compescerent. Illi vero respondebant quod bec publiée inhiberi
a. d'O., 443, s-?, jusserant, sed nihil profecerant. Tandem ministeriales statuerunt ut parentes
filios suos cohiberent infra triduum, alioquin a conlubernio ministe-
riorum suorum rejicerentur. Et hoc modo cessatum est a predictis
insolcntiis que nimis moleste fuerant tam clero quam civibus. 5"
CHRONIQUE DE JEAN DE BRUSTHEM. H3
XXI. Impression produite à Liège à la nouvelle de l prise de Huy a. cïo., 174,1-15.
par les Liégeois, 1467 .
Cumque hec nunciata fuissent Leodii, faclum est générale tripudium
pro tam infami Victoria, sed risus talis versus fuit in luctum. Imago sancti
5 Lamberti in foro juxta fontem novo colore de oleo in facie fuerat recenter
obducta et, ut est natura olei, stillare cepit temporibus nymbosis. Dicebat
stolidus populus alter ad alterum imaginem ipsam sudasse. Unde et ultra tria
milia luminaria ibidem fuerunt accensa, sed et candelabra erea et ferrea
extra chorum Sancti Lamberti fuerunt ablata et illic posita.
la Tôt tantisque malis nimirum exasperatus dominus Karoltis... col legit M., 273,13-274, t.
exercitum... tanquam conflicturus cum rege Erancie ac perfidis inimicis suis
Leodiensibus.
Hoc audito, Leodienses, convocato palalio simul, mulli volebant exire. sed
magistri et balivus de Lugduno (l), quem rex Francie miserat, rogaverunt A. d'O., 175,u-m.
15 populum ut non festinarent, nam in brevi alia nova perciperent. Dixitque
balivus : « Qui me misit non relinqui t me solum. »
XXII. Bataille de Bruslhem, 1467.
Sed nunc ad ulteriora procedendum. Oppido Sancti Trudonis in deditionem M., XXIV,
279 3-is
accepto, rébus corporibusque salvis, convertebat faciem suam dominus dux ad
20 Leodium devastandum. Sed priusquam de loco moveret exercitum, supervenerunt
satis ex inopinato Leodienses et Tungrenses, expectantes etiam Lossenses.
Neque enim tempus vel locnm congrediendi designaverant cum tribus turmis,
multitudine satis copiosa et strepitu ingenti, quarta hora postmeridiana, cum
jam sol vergeret in occasum, eralque cum eis balivus Lugdunensis. Effuderunt
og autem se in parochia de Bruestemio, in palude quadam dicta Distelbroeck
ac in pratis et hortis versus villam de Ordinghen. Videbalur prudentioribus
illo die non esse preliandum tum quia sol jam se abscondebat, tum quia
Lossenses nondum advenerant. Verum Tungrenses nullo pacto acquiescere
volebant, ymmo in injurias et convilia adversus nobiles qui cum eis erant
30 prorumpebant. At phalanga domini de Ravenstein, que vicinior erat, sentiens
(!) François Boyer, sénérhal de Lyon, voir di Ror^an, Adrien d'Oudenbosch, \>, 559.
Tome II ?5
114 CHRONIQUES LIÉGEOISES.
Leodienses super se ex improviso irruere, fortiter obequitabal el ad hélium
se preparabat. Commissum est itaque prelium in vigilia apostolorum Symonis
et Jude. Quo inilo, clangor buccinarum obslrepebat vehementius volitabatque
per elhera telorum jactus densissimus, qui (amen parum nocuit duci ac suis
mililibus. 5
A.d'0.,i78,io-u. Tungrenses absque ordine in hostes îrruentes inox ad aspectum irruenlis
multiludinis terga dederunt. Quo viso, et alii stupefacti omnes l'ugere
voluerunt.
M., 280, 4-m. Sane primam turmam Leodiensium per callidam addustionem ac emissam
bumbardarum serpentinam penetrabant alque scindebant qui erant de parte :o
ad versa, et ita divisam prosternebanl. Uli autem videntes quod res pro anima
ageretur et in pedes slantes et ad genua ad inortem usque pugnabaut acerrime.
Sicque percussa est, dclcta et extincla turma prima paucosque evadere
contigit ex eadem prima acie. In qua etiam dominus Fastrardus Baie, dtim
fugere nollel, lancea confossus occubuit, et cum |eo] dominus Kustachius '5
de Slreelz (4) (jusque filius naturalis. uterque vir virtutis, qui in prato quo
itur ad Ordinghen tamquam in leclo conjuncti perempti jacuerunt. Mulli
quoque viri fortes et nobiles ac etiam très canonici majoris ecclesie occisi
sunt.
a. d'O., 178, M-18 Hora décima noctis, venil dominus de Berlo (2) super parvum equum, liabens 20
vcxillum seu standerium Saneti Lumberli in manu confractum el dilaceratum,
nam jactu unius bombarde confractus erat baculus in manu sua et ferrum
curvatum circa brachium, ignorabatque pie slupore, ut aiebat, quomodo
equum ascendisset quem habebat.
M. 280, n-m Reliqua autem Leodiensium multitudo percipiens quod fiebat, nimio concussa 9S
terrore omnique spe ablata, celeriter aufugiens terga vertil summam presumplionis
sue infelicitatem consequuta. Cedebanlur nihilominus fugientes Leodienses ab
hostibus suis, et nisi noctis obscuritas supervenisset, paueissimi evasissent.
Cecidisse feruntur Leodiensium circiter tria milia prêter innumeros
A.d'0.,l78,s«-28. vulneratos et caplivos. Fugit et dominus Raso de Heer, vir magniloquus sed 50
M., 280, u-ic. in rébus bellicis ignavus et pavidus, venitque in molendino suo in Orey,
(i) Eustacuc de Strocl, frère de Jean de Strecl, bourgmestre de Liège en i486.
(*) Guill. de Berlo, voir plu» haut, p. 10K.
CHRONIQUE DE JEAN DE BRUSTHEM. 115
demandans uxorem suam ad se in Huyo. Cumque transisset iMosam, invenit
mulierem venientem de Leodio, quam cum interrogasset quidnam Leodii
ageretur, credebat enim omnes occubuisse, sed comperla veritate, in
civitatem Leodiensem rediit.
5 In die Sancti Martini, fuerunt ordinati trecenti viri qui deberent postulare A. d'O., 181, «.
... ...... . ... , Diariura.
veniam in vestibus suis Iineis, quibus et preceptum erat sub pena capitis ut
irent ad dominum ducem, qui non longe a Leodio erat. expectans eosdem
ibidem ad duas horas. Ferebatur proinde quod dux iret ad Sanctum
Laurentium, iveruntque predicti viri ad ipsum. quem tanien non invenerunt.
io Remansit enim in Bolzée, et dominus episcopus Leodiensis erat in Sancto
Egidio. Porro trecenti viri illi eo die non comederant nec civitatem intrare
permittebantur, nisi prius accepta venia. Eodem die, venerunt bastardus
Anthonius de Burgundia et dominus Guido de Humbercourt ad portam Sancte
Margareta volueruntque civitatem intrare. Quibus occurrens dominus de Beiio
15 dixit quod non ingrederentur neque pacem acceptarent nisi salvis corpo-
ribus. Respondil dominus Anthonius bastardus quod de salvandis corporibus
nihil auderent promiltere, sed tantummodo de civitate non spolianda
neque comburenda. Hoc audito, Leodienses territi pro majori parte
fugientes transierunt Mosam. Immo quasi in seditionem versi monas-
20 teriutn Sancti Laurentii incendio tradidissent et ducem de Humbercourt,
qui nocte illa ibidem fuerat, occidissent nisi trecenti viri predicti ibi
fuissent, quibus monachi de victu providebant.
In crastino summo mane, venit dominus Johannes Le Ruyt ducens viros
secum ad campum prope Bolzée et ibi, accepta venia a domino duce, redierunt
25 in civitatem cum domino Anthonio el domino de Humbercourt.
In die sancti Brictii, venit dominus dux ad Sanctum Laurentium, sed
exercitus mansit in campis et domibus circumquaque constitutis. Et dominus
episcopus Leodiensis, vocatis illuc magistris civitatis Leodiensis, de pace
ordinavit.
•30 Sequenti feria tercia, que erat xvii novembris, dominus dux, sumpto ad A. d'O.,183, «•«.
Sanclum Laurentium modico cibo, ivit ad campum juxta Bolzée. Et omnes
ecclesie cum ledis ardentibus stabant a porta Sancte Margarele usque ad
Sanctum Severinum ab una parte, et eodem modo ministeriales ab altéra
parle. Ceperunlque civitatem ordine congruo ingredi Burgundiones cum suo
116 CHRONIQUES LIÉGEOISES.
principe domino Karolo hora noua, et duravit hujnsmodi ingressus usque
ad liorani quartam, neque tnmcn média pars armatorum intravit,
Cum autem descendisset dominus dux de equo in palatio, mox iinuin ex suis
jussit in foro juxta fonlcin suspendio neeari. qui quarlerium mutonis eeperat,
non soluto pretio: prohibuerat enim dux ipse ne civibus inferretur violentia. 5
In festo Sancti Clemcntis, ceperunt lalhoni cum carbonariis deponere muros
eeeiditque porta Sancti Martini.
A. d'O, In festo Sancte Katherine virginis et martyris, convocato palatio, dominus
d8o,!-t86, t. jnx cum epiSCOp0 Leodiensi post lonsa colloquia, fucalis discordie nebulis,
optatam pacis serenitatem apparere fccerunt sub certis tamen et gravissimis 10
conditionibus. fuitque eo die lecta littera pacis continens xlvi puncta.
Diarium,i84-187. Quorum unus erat...
XXIII. Rentrée, de l'évêque, 1467. Arrivée du légal, 1468.
A.d'0.,488,M-it. in die sancti Andrée apostoîi, clerus qui manserat Leodii vocatus fuit ad
Sanctum Petrum. Ceteri vero qui cum domino Leodiensi in Huyo fuerant 15
congregati, eranl ad portam Sancti Leonardi cum cruce absque vexillo
induit» superpelliceis. Et quilibet de ecclesiis babebat tedas ardentes.
Similiter et magislri Leodienses cum ministerialibus. Iveiuntque proces-
sionaliter a Sancto Lamberto usque ad portam Sancti Leonardi ad introducendnm
dominos canonieos qui cum domino Leodiensi in Huyo manseranl. Sequebanlur 80
autem in habitu ciericali alios précédentes. Et dominus Leodiensis stans ad
gradus Sancti Lamberti junxit se illis. Et ingressus ecclesiam sedit in loco
suo sub imagine Béate Marie. Ibique Leodiensis populus accepit vcniam.
A. d'O., (») Anno Domini X1IIICLXVHI in fine mensis martii, venerunt certi
193, 17-194, i». w.. ,. • , , , .
nuncn cum htteris de legato quem dominus papa dixerat se missurum. îs
Unde dominus Leodiensis misit illi in occursum versus Coloniam cancel-
larium suum magistrum Hermannum, capitulum majoris ecclesie magistrum
(*; Le texte suivant est repruduit, en écriture de la fin du XV' siècle, dans un manuscrit du
Séminaire de Liège. IM»r Schoolmcesters, qui l'y a découvertct l'a publié (Bull, des Bibliophile» licqcoit.
X, pp. 227-2Ô4) démontre que ce texte tout entier appartient au Diarium d'A. d'Oudcnbosch. Martène 50
et Durand n'en donnent qu'un court passage. Négligeant les variantes de tournures et d'expressions,
nous indiquons les additions au texte de J. de Brusthcra contenues dans le manuscrit du Séminaire.
CHRONIQUE DE JEAN DE BRUSTHEM. H7
Johannem de Quereu, secundarie ecclesie dominum decanum Sancti Martini (<),
civitas {-) magislruni Joliannem de Slraelhe. Vigesima septima aprilis, venit idem
dominus legatus navi de Trajeclo, deductus ad Carthusienses, ferens moles-
tias calculi ; sequcnli die, processif ad eum dominus Leodiensis cum
.-, consiliariis suis. At legatus protulit eis scedulam quamdam, inquirens an
secundum contenta in ea vellent se submitlere secundum jura ". Sed quia
dominus Leodiensis disposuerat se ad celebrandum prima missarum
solemnia in civitate Lcodiensi, prima maii, ordinatum fuit quod ultima
aprilis, hora secunda, lotus clerus conveniret ad Sanctum Lambertum
10 ac deinde procederet obviam domino legato usque ad portem Amari Cordis,
et ibi relaxaret interdictum. Igitur universo clero processionaliter ilii
existente, legatus cum domino episcopo Leodiensi venit equester de
domo Carlhusiensium. Et cum venisset ad primam portam, relaxavit
interdictum usque ad quartam maii, que erat feria quarta. Et dato signo,
13 sicut ordinatum fuerat custodibus in turri Sancti Lamberti, ceperunt pulsare
campanas et tympanizare, sicque pulsatum fuit ad omnes ecclesias ' in
civitate et suburbiis. C.umque legatus cum domino Leodiensi venisset ad
gradus ecclesie Leodiensis, descendit ulerque de equo intranles ecclesiam. At
legatus stans in medio ecclesie, legit quasdam orationes in libro c ante eum
20 detento. Deinde aspersit aquam benedictam hinc inde et cantatum fuit « Te Deum
laudamus » et tandem « Salve Regina misericordie » rt- Quo facto, quidam frater
Hubertus (3) de ordine Carmelitarum ascendit ambonem, dicens alta voce
a sed vellent videre commissionem suam : manuscrit du Sémin. — * tam majores quam minores :
wanuscrit du Sémin. — » juxta commissionem sibi dattm : manuscrit du Sémin. — d et pulsata
25 campana ad laudem b. Marie sicut sabbato est de more.
(*) Le chancelier de Louis de Bourbon était le chanoine Ilerman d'Odeur, prévôt de Saint- Denis.
Sur le chanoine Jean de Quereu, voir notre notice dans la Biographie nationale. Maître Henri
de Borman remplissait à ce moment les fonctions de doyen de Saint-Martin. Jean de Strailhe, seigneur
de Voroux, bourgmestre de Liège en 1440, 1445, 1451 et 1436.
30 ;•) Ici est le court passage reproduit par Martènc et Durand comme extrait du Diarium, L'omission
par ces éditeurs du mot civilas a induit en erreur plusieurs historiens.
Ci Le frère Carme Hubert I.conardi, conseiller de Louis de Bourbon, dont il devint le suffragant
en 1474. Cf. D. U. Brrlière, Les évoques auxiliaires de Liège, p. 7b.
118 CHRONIQUES LIÉGEOISES.
quomodo ad futuram memoriam reconciliationis civitatis Leodiensis cum sancta
Maire Pcclesia romana. dominus papa [concessit] perpetuis temporibus, omnibus
vere penilantibus et confcssis qui ultima aprilis et prima maii tribus principalio-
riluis officiis. matulinis scilicct. misse et vesperis in ecclesia majori intéressent,
|iro qualibet ipsarum liorarum XL dies indulgentiarum. Post hoc dcductus est n
dominus legatus ad summum altare ac deinde. rursum ascensis equis, duetus
fuit ad Sanctum Jacobum ".
Prima maii, dominus episcopus Lcodiensis, quia se ad hoc disposuerat et
omnia necessaria preparari feeerat, infra seplimam et oclavam indutus sacer-
dalibus accessit ad altare dicens Contiteor. Omnes canonici in cappis erant 10
in navi ecclesie. Religiosi stabant in stallis in choro. Cantores in medio chori
ad aquilam. Legatus in loco ubi episcopus slare solet. Abbates ad dexteram
parlem chori scdcbant in habitu ecclesiastico. Milites et nobiles ad sinislram 6,
ad partem aquilonarem. Post Agnus Dei dictum, episcopus dédit benedictionem.
Sed dicto Ite missa est. episcopus vertit se ad legalum et, deposita mitra flexisque 15
genibus cum omni multitudine, se prostraverunt. Et legatus stans in loco suo
cum eaputio foderato alla voce dixit Adjutorium nostrum etc. deditque ultimam
benedictionem (1). Quibus pcractis, omncs se ad processionem paraverunt
et dominus episcopus Lcodiensis portavit Venerabile Sacramentum per forum et
claustrum. 20
XXIV. Épisode de la destruction de Liège : Attentat contre le tombeau
de saint Lambert, 1 468.
Sed cum ad feretrum gloriosi marlyris Lamberli manus misissent, quia valde
prcciosum auro. argento et margaritis ornalum, plaga magna divinitus percussi.
" duetus fuit ad Sanctum Jacobum in hospitium. Hora undecima noctis, il l i de Sancto Laurentio, i,s
quia inceperant cantare a completorio, pulsaverunt ad matutinas, quas soleintiiter cantaverunt.
Simililcr in omnibus lioris il] i de Sancto Jacobo et de aliis ecclesiis, quia oportebat eos mane esse
ad primam raissam domini Leodiensis, pulsaverunt de mane et legerunt ofticium : manuscrit du
Sémin. - '" ubi solet legi evangelium : manuscrit du Sémin.
t1) Ici finit le texte du manuscrit du Séminaire. 30
CHRONIQUE DE JEAN DE BRUSTHEM. 119
propius accedere non audebant. Que maxima causa fuit salvationis ccclesiarum.
Cum enim dux jam indicasset civitatem incendio tradi dcbere, volebat sedcm
episcopahm ad aliquam civitatem in Rrabanlia transferre et omnes prebendas
collegiorum et aliarum ccclesiarum ad singula oppida et loca Brabantic disse
5 minare. Sed per mérita beatissimi martyris Lamberti, dominus aliud decrevit.
Mandat itaque dux Leodiensi episcopo tollcre corpus beati Lamberti. Quare
consternatus aninio episcopus misit Trajcclum ad liabendum aurifabros pro
injuncto opère exequendo. Qui per totum diem requisiti non poleranl ad
invicem as^ociari. Cum enim unus puratus esset, aller non erat, sed semper
10 aliquid eorum alicui deficiebat. Qui cum lardarent, misit dux abbalcm quemdam
ex Sabaudia cum XII mililibus ut in eeclesia Sancti Lamberti ultimam
missam celebraret et, ea dicta, corpus beati martyris auferrent. Qui jussa
complentes. dicta per abbatem missa, ascenderunt superius ad tollendum
sacrum corpus. Cumque manus apponercnt, ita stupore percussi sunt et desti-
i:; tuti quod omnino ignorabant quid agere deberent, ita ut unus illorum postea
veridica relatione pluribus audientibus confessus fuerit se illa hora voluisse
esse in Hierusalem et dédisse duo florenorum milia et sic evadere potuisse.
Tandem ad se reversi et sanctum Pei presentem sentientes, descenderunt et
quod experti fuerant duci retulerunt. rogantes eum ut sentenliam temperaret,
20 quia non esset sancti voluntas locum suo sanguine rubricatum deserere. Qui,
mutato consilio, decrevit ut ecclesie intacte permanerent. Sed et rex Francie,
quem quarta feria a Leodio recessisse prediximus, antequam abiret jussit dari A.d'O ,218, «-w.
ecclesie Sancti Lamberti centum regalia, sed is cui mandatum fuit, nihil
dédit. Quapropter cum ad partes suas venisset, cepit graviter egrotare cum
25 inleriorum inflatione ut vix posset respirare. Qui cum se portari fecisset ad
Sanctum Quintinum. in mentem illi venit quod pecuniam quam rex beato
Lamberto dari jusserat, sibi retinuisset, ac in visu percepit quod nunquam
sanitalem reciperet quin prius pecuniam beato martyri restitueret. Accilo
itaque statim nuncio, dédit illi centum regalia ad urbem Leodiensem
so deferenda. Qui ut jussa complevit et pecuniam dédit, ubi venisset ad Sanctum
Quintinum, dominum suum incolumem repperit.
121» CHRONIQUES LIÉGEOISES.
XXV. L'empereur à Trêve* avec le duc de Bourgogne, /47T (*).
Kodem auno, infra octavas sancti Francisci, invilavit dux Karolus de Bur-
gundia serenissimum Romanorum impcratorem dominum Fredericum cjus
nominis tercium ejusquc filium 31aximilianum cum omnibus dticibus. comi-
til)iis, baronibus et nobilibus qui cum ipso imperalore eranl, sed et legatos 5
omnium aliorum prineipum. Dominus imperator. circa lioram nonam anle
meridicm, cum suis principibus et populis visitavit ecclesiam Sancti Maximini.
Précédentes eum erant, egregie armati et induti quoad ludum militarem. cornes
Everardus de Wittenberch ", dominus Vitus de Rechberch. dominus Joliannes
Spech'et dominus Wilhclmus deWernave°(2). î'ost bec veneruni duo australes to
pariformiler induti, nudis brachiis, solis clipeis quasi ad hastiludium obtecti.
Indutus erat dominus imperator tunica preciosa deaurata, fusca, habens in
pectore cruccm auream summe prcciosam. Obviam venit ci dominus Karolus,
dus Burgundie ad portam monastcrii Sancli Maximini. Rratque indutus tunica
aurca, gemmis et margaritis preciosis adornata, eujus valor ferebalur fuisse 15
ceiilum milium ducatorum. Intermcdio vero loco, prenominati sex in armis
0 Wittemberch : 15, D. — b Speeck : 15, D. - c Wernanl : 15; de Warnant : D.
[}) IS'ous devons à l'obligeance de M. J. Vannerus les renseignements bibliographiques suivants au
sujel de l'entrevue de Trêves entre l'Empereur et Charles le Téméraire : i" Libeltus de M aqntficencia
ducis Burgundiac in Treviris conscriptus, dans Basler Chronikon, III, 358, u, 9. — 2° W'urth- Paquet, 20
Table, u" 40G et 407, dans Publications de la Section historique de l'Institut grand-ducal de Luxcm-
I XXXIV (1880). — 3» M. Bax, BiicJurhuv.de zur Geschichte (1er Rheinlande, t. 1 (19:20;,
signale pour cette rencontre : Pracht des Herzogs Karl von liurgund bei seiner Anwescnheit in Trier,
1475, dans Trier. Kranik, IV (1819), 96; Kaiser Friedrich 111 und Karl der Kiihne, tlcrzog von liurg,
zu Trier, dans Archiv fur Geschichte und Alterlumskunde Wettfalent,\ ( 1826), pp. 120-128; J. Baader, *'>
Die Zusammenkunft K. Fricdrichs 111 mit Ilerzog Karl dem Kùhncn von Burg. zu Trier im JaUre
1475, dans Anzeiger fur Knnde der deutschen Vorzeit, n. f., XI (1864), pp. "201 207 et 235-243;
Scbelldass, Zur Tricrer Zusammenkunft im .lahre 1475, dans Deutsche Zeilschrifl fur Geschichls-
wissenschaft, V! (1801), pp. 80-85; Bettalst, L., Ein ncuer ticricl.t ùber die Zusammenkunft Fric-
drichs III und Karts des Kùhnen :n Trier, 1475, dans Wesldeulsche Zeilschrifl, XXX (1911;, 30
pp. 119-130. — 4" l(. Wjrtz, Do* lUoselland, 1925, pp. 99-102.
rard de Wurtemberg. Cf Wirtu Paquet, Table chronologique d^s chartes cl diplômes relatifs
à l'histoire de.. Luxembourg, p. -407, et Kenterricii, Geschichte der Stadt Trier, p. 293. Rechher^ est
une ancienne seigneurie dans le Wurtemberg.
CHRONIQUE DE JEAN DE BRUSTHEM. 121
militaribus coram principibus sese oslenîabanl. Expcdito illo, dcscendebant de
equis et, conjunctis hrachiis. intravrrunt ccelesiam. Eral autera in eadem
ccclesia Sancti Maximini, al tare preciose adornatum. Et primo quidem quattuor
scabella et super unoquoque seabello scx imagines preciose. Déport unum
5 scabellum duodecim apostolorum argcnteorum deauratorum (imagines). Scx
ctiam scamna prceiosa el decem in lateribus eorum imagines argentée deaurate.
Et ilerum mi imagines argentée deaurate. Item x cruees cura imaginibus,
quarum scx erant aune et quatuor argentée deaurate. Scx candelabra. duo
aurea, duo argentea. duo deaurata. Quattuor angcli aurei in longitudine unius
10 brachii. Capsa aurea. in qua erant reliquie sanctorum Pauli et Anlhonii. Unum
tabcrnaculum cum paribus imaginibus, aurcum et preciosis gommis adornatum.
I.ilium unum aureum cum lapidibus preciosis et in lilio unus clavus Cbristi
et do ligno sancte crucis et super boc adamas in longitudine duorum digitorum.
Preeiositas lilii erat bene dueentorum milium floronorum Et tantura de allari.
io Post missam vero. prenominati principes intraverunt refectorium Sancli Maxi-
mini, quod sic erat ordinatum. Primo (resorarium decem scabcllorum per
modum graduum El uniunquodque scabellum in latiludine xvm palmorum,
itaquod se ostendebant ab inferiori parle pedis usque ad testitudinem Uesuper
vero erant subscripta elenodia . Primo xxxm vascula quorum major pars aurea.
-20 reliqua argentea. Dcinde lx cancri mixtim magni et parvi. Centum cratères
ornati lapidibus preciosis. Scx naves. Duodecim scutelle auree el argentée ad
lavandura manus. Scx unicornes quorum duo ostendebant se in longitudine
trium bracbiornm. Item sporta pro coliigendis fragments argentea. Sex
amphore xn quarlarum auree. in ipso autem refeclorio erant très mense ornate
25 et omnia superposita vasa argentea. ita ut quilibet pro se haberet craterem
argenteum, et duo unum cancrum deauratum. '-efectorium vero ornatum erat
pannis aureis preliosis. In prima mensa superiori sedebat serenissimus dominus
impirator Fredericus in medio. Ad latus ejus dextrum hoc ordine : arebi-
episcopi Moguntinus et Trcvirensis, episcopi Leodiensis et Trajectensis. Ad
50 latus sinistrum : dominus Karolus dux iiurgundie, Maximilianus archidux
« erant descripta elenodia liic infeiïus s|iecificata : 13; et sur cela estaient descripts les jouveaux
em bas denommeis : D.
Tome II. i G
122 CHRONIQUES LIÉGEOISES.
Vustrie, Stephanus dux Bavaric. Albertus de Monchien" dnx Bavarieet Ludo-
vicus dux Bavaric. In secunda mcnsa, a parle dexlera. episcopns Eustackiensis,
Karolus marchio de Baden, f'.bristophorus de Baden, legalus Alberti de Bran-
deburch, imperatoris Turcarum legalus, Hugo eomes de Montfort, Judocus
cornes de llubcnzon, Uldaricus '' cornes de Montfort. Crafft cornes de Hollen- :>
losclit, Adulphus cornes de Nassouwe, Philippus cornes de ftassouwe, cornes
de Ylen, magi^ter curie archiducis Maximiliani. In tercia mensa. a parte sinislra,
episcopus Metensis, Everardus cornes de Scbouwenburch, Alberlus marchio de
Baden, Jacobus Oafft miles, legatus ducis bigismundis de Austria, Uldaricus
cornes de Sullz, Otto cornes de llenneburch, Alwyc cornes de i?ultz, Schaffart 10
cornes de Lingen, Fredcricus cornes de Lust, prepositus Treverensis, natus de
Zierch, (icorgius cornes de Lingen, Lverardus cornes de Sommebercb (1). Cibaria
Monschera : 15, D — b Wodalricus : 15. — c Alwick : 15.
'■ \ « i les identifications des convives de ce banquet nue nous avons pu vérifier grâce au savant
concours de M. Vanncrus : Adolphe de Nassau, archevêque de Mayencc, 1401-147?); Jean 11 de Bade, 15
archevêque de Trêves, Ii!>fi-I50"i ; Louis de Bourbon, evéque de Liège; David de Bourgogne, éveque
d'Utrecht, 1457-14110; Etienne, duc do Bavière, prévôt de Cologne, cité dans Chronique» de l'histoire
de. Belgique. Bruxelles, 1876, p. 298 (cf. IIubner, I, Tafel, 158 et 159); Albert IV von Mûnchen
(1447-1808) et Louis de Rykc von Landshul, 1117-147!) (IIibnek, I, Tafel, 155, et Kbnterhich,
Geseh. der Sladl Trier, I9IH. p. £85): Guillaume de Reichenau, évêque d'Eichstàtl, 1404-1490; 20
Calistus Amurathi, Mahomclis Turcarum imperatoris germa nus, cf. Browerus et Masenus. Antiqui-
tatum et Annnlium Treviremium libri XXV. t II, p 500, et Wi rtii-Paqi'et, n° 407; Hugo et Ulrich
de Montfort, morts en 1481 et 1495, cf. Mudner, II. Tafel, 497 et 498, et Masenus, Epil. Hitl. Trev.,
p, 602; Judon de tlohcnzotlcn, IIibnek, I, 242; Crallt, comte de Hollcnloscht, lli bner, Il, !5S9;
Adolphe III de Nassau (1444-1511) et son frère Philippe (1450-1509), cf. Hagbloans, Nassauische 25
Geschhchlstafcl des Walramischen Stammes, 1735; le comte de Ylen reste inconnu, Brouweris et
Masenus, o/). cit., p. 502 citent, après CrafTt de llollenlosclil : Maximilianïquc oeconomus, llylcnsis
dynasta; Georges de Baden, évêque de Metz, 1459-1484; Evrard de Schouwenbureh, cf. Masenus,
Epit, llist. Triv.. p 60"?. et Brodwerus et Masenius, op. cit., p. 302; Uldaricus et Al n'eus, comtes de
Sultz, cf. IKu.neu, II, Tafel, 494; Otto, comte de llenneburch, 1457-1496, cf. Hlbner, 11, 618, et 50
Faune, Geschichte dur Grafcn... zu Salm Rciffenscheid, I, 2« partie, 1800, p. 42; Sehaffart et Georges,
frères, comtes de Leissingen-Dachsburg, cf. Hubner, II, t. 409, et Bruckmeier, Genealog Geschichte des
//anses Leiningen, I (1890); Philippe de Sierk, seigneur de Moncler, Meinsberg, etc., prévôt de la
cathédrale de Trêves, 1427-1493, cf. Florange, Hist, des seigneurs et comtes de Sierk en Lorraine,
Paris, 189b, pp. 157-145 et 149-156; Everard deSonneberg, dont la fille Marguerite épousa Hudolphe, 5:;
comte de Sullz, cf. Hibnbr, II, t. 494.
CHRONIQUE DE JEA.N DE BRUSTHEM. 123
vero principuum erant in primo transitu xm et illos prccesscrunt x libicines,
un fislulalorcs et iluo buccinalores. Prccesscrunt hos xn comités induli aureis
veslibus et byraldi xn. Ad secundum transitum, xn dapes et ad tercium x dapes.
Lomplelo vero prandio. apporlabantur xxx ciphi cum confeclis preeiosis,
3 quorum primus estimatus fuit ad precium lxm florenorum. Ilospesautem babuit
in curia sua vic homines, omnes aureis et argenteis veslibus quiqui' secundum
suum slalum indulos. Habuerunl imperator et dux longa colloquia. sed non
sciebatur quomodo diseessissent ab invicem. nisi quod dux ab imperatore in
feudum levassel ducatum (ielrie et comitatum Zutphanie.
10 XXVI. Meurtre de Richard de Troncillon, 4474.
ïn festo sancti Laurentii marlyris, cum dominus SVilhelmus esset in Sanclo A. d'0.,239.
Trudone, habens secum fidèle m si bi Johannem de iSoest, idem Johannes inter
ecelesiam abbatialem et ecclesiam béate liarie in foro caseorum. cum obviam
habuisset magistrum Hichardum Trochyllon. vicarium domini episcopi Leo-
t:> diensis, eumden in ipso loco inlerfeeit, et inox dominus Wilhelmus, cujus
nomine actum erat, ascenso equo in bospilio Navis preparato, cum suis
abscessit.
XXVII. Préambules de la bataille de Granson, 4 476.
Anno itaque XIIIICLXXVI. Helvetii contra ducem exercilum moventes diem M., 317, m-316, »
20 prelii conslituerunt. Unde dux lelior effectus, utpote vir animosus et in
bellicis rébus et confliclibus satis fortunatus, licet esset stature mediocris cum
nigra et crassa barba, rolunda et subrusa, accepto consilio, requisivit quid
esset facturus. Ad quod [cum] quidam respondissent, quibus mens maturior A.d'O., 240, b.
erat, quod expectandum esset donec adversariorum suorum nossent plenam M, 318, 2-6
25 intenlionem, dux vero. mox ordinalis aciebus, nimis feslinus exiil, reliclo
fortalicio suo, curribus compaginatis oplime munito b ac bumbardis per
circuitum dispositis, non tamen satis bene custodilo, cum siquidem thesauri
regales essent in eo, presertim pecunia quam de novo cudi fecerat, unde mililibus
darentur stipendia.
3U " relevasset : 15. — * quod turribus compaginatura erat : Uerica
124 CHRONIQUES LIÉGEOISES.
XXVIII inhumation de l'évêque Louis de Bourbon, 1483.
Altéra die que fuit sabbati, proccsserunt ecelcsie eum fratribns mendican-
(ibiis, eum crucc el aqua benedicta, obviam funeri Leodicnsis episcopi tam
horrcnda morte Irucidati, ipsumque ad cathcdram ecclcsiam Sancli-Lamberti
déférentes, infra candelabrum el altr.re locaverunt omnibus spectabile in:;
babilu pontiûcaii, mitra imposita capili ejus. Conluebantur vero vulnera in
fronte. in collo et gutturc. là missa in presentia funeris dccantata, tandem
sépulture traditur post vesperas, ante mains altare in ehoro Sanei-Lamberli ".
XXIX. Suite des événements après la mort de Louis de Bon* bon.
Sub hae rabie plurimi fugientes et in abditis ac in vînearum montions in
latitantes a discurrenlibus inimicis reperli absque ulla miseralione macta-
bantur. Alii pro refugio ad civitatem revertentes, cirea pontent Amarieordis
deprebensi. in aquam detrudebanlur. ÎNcque hostes persequendo Leodienses
simul eum ipsis civitatem violenter intranles plurimos per vias oeeiderunt At
dominus \\ ilbelmus, summus eorum adversarius, lanquam leo rugiens sedens is
super equum cursu vclocissimum, evaginalo gladio, persequebalur nobiles
domini Leodiensis a facie ejus fugienles usque ultra portam Sancta Margarete,
usque in f onchin et Hasbania. sed eos comprebendere non prevaluit, qui
tandem ad Sanctum Trudonem eonfugerunt. Captus fuit dominus Johannes
de Morne postea Leodiensis episcopus, a quodam Alemanno dicto Scoel non -20
longe a loco in quo eeeidit dominus de iiorbon episcopus, juxta Carthusienses,
ductus ad civitatem Leodiensem positusque captivus in domo quadam eirea
Mosam. fnitque in caplivitate diebus rai. postea ab ilelveliis ipsum custodien-
libus, promissa eis magna pecunie su m ma, deduelus fuit in Trajecto.
At dominus ipse Wilhcltnus, uli erat vir aslulus, gallico suo sermone persua- 25
derc conabatur se hujusmodi sanguinariam ac sacrilegam fecisse vindictam.
° Wachl. : Supra cujus septilcrum habetur hec inscriptio : Anno a partu virgineo miltesirco
quadringentesimo oetuagesimo secundo, tertio kalendas septembris, obiit illuslrissimus princeps
Ludovicus Borbonius a divo Lambeito quartus et quinquagesimus episcopus Leoiiensis. — Nota
quod sit error in sculptura, quia fuit 53"s episcopus et non S4ua. ou
CHRONIQUE DE JEAN DE BRUSTHEM. 125
non ob aliam quidem causam quam ut civitatem Leodiensem suis liberlalibus
redintegraret, afllrmans pontificem non sua factione sed equissimo Dci juditio
corruisse. cujus causa lot ubique nobiles alque plebei proslali fuissent L'nde Cf. J. de L., 83.
etiain prima seplembris, die doniinica. dato edicto publico sub gravissimis
5 censuris ne quis civibus vel minimain irrogarel injuriam, duo in foro erigi
jussil patibula ad lerrorem populi, unum circa fonlem, alium circa Minores,
et in mcdio catbastam sive, ut vocant, scaplietum, propter quod tam terri ficum
spectaculuiii multi qui fugerant reverti ad civitatem formidabant, quorum
bona diripiebantur atque alias dissipabantur. Hune aiinum ferunt m;igistrum
io Johannem Laet Lossenscm (l) pronoslicassc l.eodicnsibus fulurum infortunatis-
simum.
interea dominus Maximilianus, dux Brabantie, cujus uxor jam morle prema- Cf. J. de L ., 83.
lura decesserat, metuens ne et dominus de Arenbureh terram Brabantie inva-
deret, civitalum suarum fretns assistenlia. rem preoccupare voluit. Mox enim,
iï aggregato exercitu copioso, oppidum Saneli Trudonis obsedit, quod tandem
promissis et conventionibus, non billica virtute obtinuit. persuadenle ad boc
cives oppidi domino de Somburch (2), commendatore domus icuthonicorum
dominorum de Juncis oppidi Trajeclensis. î)einde Tungrim obsidere proponens,
cum audissel dominum Willtelmum in latibulis insidiose ejusadvenlum preslo-
-20 lanlem. mutato proposito, exercitum versus Hassell oppidum direxit, quod
etiain sub pactionibus certis in deditionem recepisset, nisi quorumdam oppro-
briosis elamoribus lacessitus ac sagitlarum ictibus provoeatus fuisset. ftam
feria vi pridie Exaltationis Sancte Crucis, Maximiliani exercitus dictum oppidum
hostiliier ccpit, occisis aut letaliter sauciatis circiter quingcntis civibus qui
25 tamen dicte provocationi nullam causam prestilerant. înde. transito Jecore Ct. J, de L, 84.
fluvio, et Hasbania passim depredata, Leodium obsidionc vallavit, qui mox
videns se tanto negotio imparem, relicto Leodio, eirca festum domini Eamberti,
Tungrense oppidum obsedit. quod cum tribus circiler hebdomadibus gravis-
simis oppugnatum fuisset assultibus, videntes cives se ultra non posse resistere,
30 [l) Sur Jean Lait, médecin et astrologue, voir U. CirrTAiNE, Eludes biographiques sur 1rs médecins
liégeois, dans B I. A. L , t. III, nn. 73-75,
(') GéYard de Sombreffe, fait prisonnier à la bataille de Hollogne-surGeer. Cf. plus loin, p. VU.
120 CHRONIQUES LIÉGEOISES.
se novissime, salvis rébus el corporibus. duci dederunt vu oetobris Et non
multo post dux ad propria remeavit.
Cf. J.deL. 84-85. Statuta aulcin die electionis de episcopo eligendo, cnnonici qui Leodii
remanserant, pauci utique numéro, ob favorem domini Wilhelmi de Marcka,
cui conlradicere non audcbant, elegerunt domicelluin Johanncm, predicti 3
domini Wilhelmi (iiiuin. cujus electio inox eodem die eoram omnibus publiée
et celebritcr pronunciata fuit per magistrum Johanncm de Quercn, canonicum
el protunc cancellarium de novo factum. Major vero pars canonicorum qui in
iirahantia confugerant, et Lovanii résidentes capitulum faciebant, in duos
divisi sunt. nonnullis eligentibus dominum Jacobum de Croy (*), aliis vero 10
dominum Johaunem de Horne, sicque propter hujusmodi discordiam et
opostolicc determinationis dilalionem, vacavit sedes episcopalis annis paulo
minus duobus. Unde plurima suborta sunt mala.
Cf. J. de L, 85. Dominus namqiic VVilhelmus comilatum Hornensem suis incursibus
fréquenter cî miserabiliter afiligens. gravissimis damnis attrivit. Leodicnses i»
eliam seditionibus inteslinis permoti; dum adversus ïrajeelenses conflictarent,
Trajectenses ad connu repressionem caslrum Zichen valide obsiden!. At
dominus Everardus de Marcha, robore Leodiensium fret us et armis. obsidioncm
sohit magnamque slragcn in Trajectenses commisit, ila ut quamplurimi cives
potiorcs, qui in sandaliis ad visendum prelium quasi ad spectaculum procès- 20
serant, relictis sandaliis ac calecis, in soccis fugere cum intuenlium adver-
sariorum eachinno et risu debucrunt. Commissum est hoc prelium codem
anno LXXXI1, die xvu decembris, in quo non minus quingenti viri gladio
assumpti sunt prêter cos que captivi l.eodium dcducli fuerunt ".
Cf. J de L., 86. Anno Domini XII1ICLXXXIII, mense januario, die ix, commissum est grave r.<
prelium in Hollonia super Jecoram. i!um enim !5rabanticus exercitus caslrum
Hollonie obsideret multisque damnis circumjacentia loca undique affligeret,
dominus VVilhelmus civilalum cl villagiorum stipalus agminibus cum stipen-
diariis et advenis ex Francia et Alemannia quos cumulatius ordinaverat in
2 Cf. Wachttnbach, fol. SSf v>. 30
(») Sur Jacques de Croy, voir t. 1. p. 3iB.
CHRONIQUE DE JEAN DE BRUSTHEM. 127
con-pectu hostium, non longe positis castris, properavit. Videns autcm quod
Brabanticus exercitus se non movcrct, quin polius ampliora presidia expec-
taret, repente super eos irruit cosque ordinatissimc in campis compositos diu
circumequitans, tametsi a bellicc rei peritis admonerelur ne nimium auderet,
s jurejurando afflrmavit se neminem parcilurum qui Brabantum quempiam aul
captivum aut spoliatum abduceret quem non potius occideret. Sed heu! accidit
illi hoc proverbium : « Anle ruinam exallalur cor > . Ipse enim dominus
Wilhelmus ex victoriis ante habitis, si tamen viclorie dici debeant, in nimiain
prorumpens audaciam, nunc gravem passus esl ruinam, quando stragem
'0 immensain facientibus Brabantis. undique vallalus exercilus bombardarum
alque telorum ictibus ad moriem premebatur, ita ut omnis illa extcrorum virtus
vulgique colluvies que annis, viribus el numéro quasi putabalur invincibilis,
ac iota iila nobilitas tôt virorum illustrium qui convenerant subilo, conlrila
corrueret. Cecidil in hoc conflietu dominus de Galhar (l), capitaneus cum Cf. J. de L., 87
)5 prefecto de Eymale, multique de majoribus capti, utpote dominus commen-
dator Trajectensis (2). dominus de Slreels (3), Ghisberlus de Kanne (4). Alii
vero reverlebantur ut poterant, sicut oves disperse absquc pastore. Neque tamen
sub hujusmodi calamitatis articulo, domimis Wilhelmus ad ea que pacis essent
inflecli potuit. Sequenti etenim die, dum eanonici cum magistratibus de pace
20 tractare desiderarent, ipse vero eos nequaquam audirc vellet, contigit novum
succrescere dislurbium. !Nam cum ad eum ambo magistri civium, dominus
scilicet Quintinus miles (5) et Joiiannes Courtjoic (c) causa pacis componende Cf. J. de L., 88.
venissent, orto inter malivolos murmure quod ad mortem i psi us domini
VVilhelmi conspirassent, predicli magistri ante fores palatii quo se continebant,
*■> interfecti sunt. Sed et alii satellites viri Belial per plateas et vicos civitatis
eircuentes cum gladiis el fustibus nilebantur comprehendere \ iros probos et
(4) Gaillard de la Rocca, capitaine français, fui enterré dans l'église des Mineurs. Cf. Dams, Histoire,
p. 861.
(s) Gérard de Sombrcffe, commandeur des Vieux-Joncs.
30 (l) Eustache II de Strailhe, seigneur d'Otliée, voir U. S. A. H., t. XIX, p. 100.
(') Sur Guy de Canne, voir t. I. p. 5B0.
\?) Quentin de Thuin, seigneur de Jeliain.
(*) Jean de Courtejoie, voué de Grâce.
128 CHRONIQUES LIÉGEOISES.
pacificos, solummodo imponcntcs illis criraen proditionis. Eodem die, compre-
hensus fuil magister civium oppidi Huyensis, vir probus el honestus, dum
accumberet iii hospitio suo in Sabuleto, in donio Andrée Rourlet (*) et ad
forum civitatis Lcodiensis deduclus; ea de causa seilicel proditionis falso
iniposile, capilalem jussus est subire senlenliam Tanlus crat die illo (umul- s
luantium furor ut ctiam, cclo testimonium red ier.te, sol convcrleretur in
tenebras, tenebre operirent terram et caligo populos, et illud Sophonie videretur
expJeri : « Dies calamilalis et miserie, dies lenebrarum et caiiginis. dies ncbule
et turbinis, dies tube et clangoris ». in bac namque miseranda rerum calamitate,
diseordia omnes civitates el villagia,domos et iimiua cepit, ut quolidie homieidia 10
audircnlur et inimicitie. ut denique se nenio domui suc auderet recipere, sed
passim in ecelesiis urgerentur excubare. Neque lamen in eis luli eranl, cum et
in oppido Jlercbensi multus hominum numerus in ecclcsia exustus fuerit. Simi-
li 1er et in ecclesia de \lken piurcs villani ad eam confugienles Oammis prefocali
Cf. J de L., 89. sunt Deinde xvi IVbruarii. dux Maximilianus oppidum Helisie (2) obsessum ts
expugnavit et incendit. In mense martio. Namurcenses oppidum iluyense
obsidione cingentes aliquandiu oppugnarunt, quos dominus Everardus de
Marcha et dominus Wilhelmus crebris exeursionibus faligalos inglorios absce-
dere fecerunt. interea missis utrinque de pace nunciis, induciisque usque nd
octavas Pasche dalis, aliquandiu eoncordia slelil. donec Frederieus de SVit- 20
them (3) el alius quidam capitancus iiuyum advenientes a domino Wilhelmo,
ruplo fédère, captivi Leodium deducerentur. E^xinde exercitus Areburgensium
per Campiniam, multis damnis illalis ad oppidulum Peer quo omnes fere rustici
confugerant hostemque expectabant, appropinquavit, ubi etiam arte magis quam
armis exuperat plebecula; omnes pêne pédestres copie perierunl, occisis ex 23
Campiniensibus circiter mille quingentis viris, ad.^o ut fraude capilaneorum
omnis fere Campinia concideret, et nunquam in lam ancipiti bello lot homines
(<) André liourlet, prélocuteur el citain liégeois, fut à Ilny le défenseur du meunier Jean Loui.»
exécuté en H80 pour avoir comploté contre l'évéque au profit de Guillaume de la Marck. Voir
Il l. A. /.., t. XXXVIII, p. 519. 30
(') Bilsen.
(») Frédéric de Wilteni, voir nu Borman, Adr. d'Oiidcnbotch, p. 567.
CHRONIQUE DE JEAN DE BRUSTHEM. 129
simul e nostratibus prostrati fuerint. Subsecuta est vehemens pestilentia, que
Brabaatiam el Leodienseni patriam graviter afflixit et propemodum extinxit. Cf. J. de L., 90.
Pax tandem tali pacto inter Leodienses et Brabantinos composita fuit, median-
tibus dominis de Nassouwe (*) et Philippo de Ravensteyn (2), ut dominus
5 Wilhelmus a Leodio se sequestraret, et dominus Everardus, ejus frater, guber-
nationi civitatis et patrie Leodiensis preesset, douée per apostolicam sedem
determinaretur quis ecclesie Leodiensis futurus esset antistes. INam electio, ut
supra dictum est, in très divisa fuit, tametsi Johannes de Home finaliter
prevaluerit. sicut in sequentibus clarius et prolixius patebit.
10 Chronique du règne de Corneille de Berghes (3),
1538-1542.
Cornélius a Bergis ex illustri marehionum Bergensium ortus prosapia, pâtre
siquidem domino Cornelio a Bergis, maire vero domina Maria generosi domini
a Sevenberghe filia, octogesimus quintus Leodiensis ecclesie antistes, post
15 obitum Heverendissimi domini Erardi a Marcha, sufficitur ", anno salutis
XVCXXXVIII, prefuitque annis VI. Porro predictus B. dominus Erardus, ut
pacem, quam semper servaverat vivens, etiam moriens patrie relinqueret,
egregium hune tu m adulescentem Cornelium, ob ingeuuam morum probitatem,
in suum, ut vocant, assumpsit coadjutorem. Defuncto tandem ipso K. D. Erardo,
20 cum eo tempore Cornélius apud sororem suam abbatissam in monaslerio
" Wacht. ajoute : Patrem, inquam, habuit Cornelium dominum de Heeswyck et de Sevenberghen
ex parte uxoris suae, matrem vero dominam Mariam de Srynen, dominam de Sevenberghen, que
erat unica filia domini Arnoldi et dominae Mariae de Vianen, factus miles Aurei Velleris anno 1500.
Avum habuit dominum Johannem de Glymes, dominum de Berghes, aviarn Margaretam de S. Symon,
25 dictam Blancam : proavum Johannem de Glymes, dominum de Berghes.
(4) Englebert de Nassau, voir t. I, p. 322.
(•) Philippe de Clèves, seigneur de Ravensteia, voir t. I, p. 533.
(') Pour la chronique du règne de Jean de Hornes, voir t. I, pp. 339 à b69. Pour la chronique du
règne d'Erard de la Marcfc, voir l'édition donnée par Ukiisens, dans B. /. A. L , t. VIII, pp. 1-104.
Tome II. 17
130 CHRONIQUES LIÉGEOISES.
vulgarilcr Tercameren (') nuncupato " degorel. missi sunt illuc honorahiles
viri dominus Ludovicus a Corlembach (2) et cum eo iiounulli alii canonici
Leodiensis ecclesie, dominas quoque Maximilianus (*) ab Yselsteyn, significare
eidem R. domino ut se ad agenda celerius accingerel. Penullima igitur februarii,
applicuit sepediclus II. dominus Cornélius post meridiem ad oppidum Saneti 5
Trudonis mansilque codciu die nocteque subsequenti apud II. dominum
abbatem, digno. ut decuit, exceptus bospitio. Scquenti die. ullima februarii,
feria quinta, idem generosus dominus mane Tiingrorum oppidum adequitavit
sumptaque corporis refectione. eirca horam terliam post meridiem, cum splen-
dido comitatu lxx circiter equitum, venit Leodium per portam Sancle Wal JO
burgis, obequitantibus quamplurimis dominis nobilibuseieivibus.ut in ingressu
civitalis essent trecenti circiter équités, ingredicnte autem domino, stabant
intra portam venerabiles domini canonici majoris ecclesie et cum eis magistri
civium totusque senatus civitatis cum ministerialibus et cum electo, pedilum
exercitu ordinato, grcssu dcducentes principem usque in palatium. Altéra die, 15
prima martii, feria sexta. mane egressus est templum divi Lamberti, deduetus
in capitulum ibique, prout moris est, cum debitis ceremoniis solitisquc solemni-
tatibus rcceptus est. Egressus aulem ab ecclesia, associalis eidem R. dominis
episcopo Atrebatensi '' (*), Adulpbo a Schonwenburch preposito (5), comitibus
a Ruren (6), ab Horne (7), commendatore domus de Juncis (8), ordinis Sancte 20
Marie, leuthonice militie, plurimisque aliis viris nobilibus, cum appropinquaret
porte palatii, deposito superpelliceo prebendam suam conlulil egregio adules-
" Waclu. ajoute : quae vocabatur Elisabet. — * Wackt. ajoute : Eustachio de Croy filic illustris-
simi principis Henrici comitis de Heux.
() Abbaye de Li Cinabre lez Bruxelles, 25
(l) Louis de Corlembach, chanoine de ^aint-Lamberl et cliancelier d'Erard de la Mnrck.
(*) Maximilien d'Egmond, fils de Florent, comte de liurcn.
(*) Eustache de Croy, évéque d'Arras, fils de Henry, seigneur de Rœulx, et de Lamberte de Brismeu .
(>) Adolphe de Schauenbourg, chanoine de Saint-Lamberl depuis IMS, grand prévôt depuis 1S33,
coadjuteur de Cologne, fils de Georges et de Marie, fille du comte Jean de Nassau. 30
^9) Florent d'Egmond, époux de Marie de Bcrghcs, sœur de Corneille de Herghes.
('; Jean, comte de Hornes, époux d'Anne d'Egmond.
(*) Winand Van Breiell, commandeur des Vieux Joncs.
III, 334.
CHRONIQUE DE JEAN DE BRUSTHEM. 151
centi domicello Rasoni a Meroda, filio domini de Waroux. Soluteque sunt
exculiie propter timorom hostium, post obitura R. domini Erardi pridem
indicte. Quintadeeima marlii, in feslo Sancte Gertrudis ", ad horam quartam
post meridiem, venit R. dominus Churingiam. Feria sexta, xim junii, profeclus
o est Trajectum, transiturus inde Leodium. Sequenti sabbalo, perversus quidam Cnapeaviiie,
anabaptista, Johannes a Rommershoven (') Churingie, palo ad exustionem
afflxus, a dyabolo, stiipentibus cunctis qui aderant, prefocatus est : predixerat
enini, suggerente eo cui servierat, se non igné consummanduin. Dominica die,
in oclavis Penthecostes, xvi junii, venit R. dominus Cornélius Leodium eum
io eleganlissima mille ducentorum circiter equituin comitiva, completisque solem-
nitatibus consuelis et debitis. receptus est in ecclesie Leodiensis presulem ae
patrie principem. Feria secunda, facta est processio solemnis cum deportatione
sacratissimi Corporis Christi necnon pretiosi capitis gloriosissimi martiris
Lamberti Ad feriam lertiam. convocati sunt majores patrie \ tractaturi in
io comitiis super communi bono pacis. In festo Inventionis Sancte Crucis (5 mai),
cepit populus b lurmatim adiré loeum cui vulgo vocabulum est « den ossen
Wech », id est via boum. Erant nempe ibidem secus viam quercus ad quarum
alteram statuuncula dependebat lapidea dive Virginis imaginem representativa,
quam etiam aiebant novis elarere miraculis.ls siquidem rumoradeo plurimorum
20 attonitns oppleverat aures ut etiam a remotis partibus illuc catervatim prope-
rantes sua vota exolverent. Eodem anno, xvi aprilis, venit Cameracum R. domi-
nus Reginaldus cardinalis a lutere, legatus, tiluli SS. Nerei et Achillei (2),
învisere cupiens Angliam, suum natale solum. si boni forte quidpiam adversus
heresim ibidem pullulantem facere possent. Verum persuasum illi extitit ne
-j> illuc properare audeat si régis gladium evadere velit. Erat quippe de sanguine
Ricbardi, quem albam rosam nuncupabant, in regno Anglie proximior hères.
Quo accepto gratanter idem cardinalis dyaconus consilio, divertit Leodium,
summo, ut par erat, exceptus honore. Qui cum ibidem aliquot hebdomadibus
" Wacht. note : Error, quia festum S. Gertrudis incidit in 17 diera. — b Wacht. ajoute : Leodiensis.
30 c Wacht. ajoute : Trudonensis.
(4) Sur cet hérétique, voir J. Lyna, De wedtrdoorpers in het graafschap Looit, p. 9.
(*j Le cardinal Réginald Polus, lils de Marguerite d'York.
452 CHRONIQUES LIÉGEOISES.
perstitisset totiquc clero et populo admirundus esset et amabilis, tandem
xxhi junii, dominica die, in vigilia S. Johannis tiaptiste, solemncm egit
processionem, predicata per onmes eivitalis ecclesias plenarie remissionis
gratia, ad quam lantus confluxerat populus quantus vix unquani visus fuit.
Ipse venerabilis D. cardinalis omnes facta benedictione absolvit. Erat plane 5
vir l)eo devotus, catholicus, totius honestalis et religionis spéculum et
exemplar ". Ko tempore, continuata communicatione inter proceres Cesaris et
régis Francie, nullusque exinde subsequeretur fruclus nisi quod prolongarentur
inducie. Paulus pontifex maximus. partis sue id esse arbitrans quo pacis médium
inter potentissimos illos duos heroes reperire posset, utrumque ad Italie 10
invitavit limites, se quoque illuc venturum repromittens. Et quidem César
primum ex Hispaniis in portum Villefrance.haud procul ab urbe Nicea,pervenit.
At pontifex, xxm martii Klioma egressus ac Paschale apud urbem Placcntiam
eelebrato, iNiceam venit.ultimum Italie oppidum, provincielNarbonensi vicinum,
ditionis ducis Sabaudie quem César digno salutatum honore reverenler excepit. 15
Nec mullo post venit Francorum rex ad Villamnovam, juris sui locum etiam
non longe ab urbe JNicea. Qui et ipse pariter eum pontifice sermonem habuit,
variisque modis et mediis quibus ad paeem perveniri posset per pontiDeem
diligenter tentatis, tandem xvm junii, finnate sunt décennales inducie. intérim
regina Leonora Cesarem germanum suum jam altéra vice salutandi gratia adiit, 20
quam gratiose festiveque exeeplam die sacratissimi Corporis Christi César
dimisit. Sub cujus diei noctem, pontifex et Àugustus, conscensis triremibus,
Genuam adnavigarunt. Cum aulem César non diutius in Ilalia persistere sed
Hispanias properaret redire, opporluna sese obtulit oceasio qua rursus duo
principes illi mutuo sibi obviare potuissent. Siquidem Cesare ad Aquas Mortuas 25
delato, cum sua regisque classe eodemque rege illuc cum liberis et conjuge
veniente xuu julii, dominica die. rex prior ad Cesarem in sua triremi manentem
accessit pacisque osculum prebuit et recepit. Postridie vero, César in portum
descendens oppidum Àquas Mortuas adiit, ubi a rege. regina ac liberis omni
génère letitie exceptus est, ubi per sequentem martis diem permansit u.sque in 30
« Wacht. note : llnile in anno precedenti 1537, ubi illud idem narratur et putarem idem esse
nisi esset diversitas in data dieruin dominiearum, quae concordant cum siugulis duobus annis.
CHRONIQUE DE JEAN DE BRUSTHEM. 153
vcsperam. Tune autem, salutatis rege, regina ac liberis, in triremem suam
rediit, commissisque venlo velis, sincera pace slabilila, rccessit. Eodem anno,
in festo \ isitationis gloriose Virginis Marie ("2 juillet), obiit illustris princeps
Karolus de Egmunda (J), dux Gelrie etc , post quem Wilhelmus, dux Clivie et
5 Juliaci, eumdem ducatum occupât quem pridem x februarii tutoris nomine
relevarat. Eodem etiam anno, vu octobris, domina Maria regina Hungarie, soror
Cesaris, provinciarum Gallie S.îelgice gubernalrix, venit Cameracum. Sequenti
autem die, illuc pervenit Francorum rex Franciscus. iNona autem octobris. cum
ingenti pompa egressi sunt simul Cameraco, perveneruntque ad oppidum Sancti
10 Quintiui, ubi baud vulgari recepta fuit honore regina affluentissimeque festi-
vata. Post dies vero xvi quos ibidem egit, alio itinere rediit in Hannoniam.
Eodem anno, (obiit) dominus Eustbaiius a Croy. episcopus Atrebatensis, in
cujus locum canonice successit dominus Anthonius, prenotus illustris domini
de Grandtvelle primogenilus, magne vir erudilionis et probitatis speique majoris.
15 Eodem anno, rex Anglie Henricus VIII, perversissimorum hercticorum iniquis
seductus persuasionibus, archam in qua beati Thome martiris Canthuariensis
archipresulis ossa continebanlur elïregit, aurum, argentum lapidesque pretiosos
detraxit sacrasque inclusas reliquias igné consumpsil. Haud dispari etiam
scelere, Christiernus, Oanorum rex, in eeclesias religiosorumque monasteria
20 desevit. Sed et mulli anabaptiste ex Anglia profligati, mense decembri, oppido
Hollandie Delf applicantes eapiuntur. ex quibus. sequenti januario die vu,
viri xvi capile plectuntur, mulieres vero xv aquis prefocantiir. Anno Domini
XVCXXXIX, César, cum proflcisci versus Conslantinopolim aninio concepisset,
mililibus donatium duorum mensium erogavit. Verum ob Gandensium atque
25 Gelrensium rebellionem, ab itinere proposito desiit. Hoc anno, prima maii, in
festo apostolorum Philippi et Jacobi, obiit illustrissima domina Isabella impe-
ratrix. filia régis Portugalie. Karoli Cesaris conjux, edito prius in lucem filio,
sed mox e vivis sublato, relinquens marilo suo Çesari magni luctus materiam
una cum filio superstile Philippo ac duabus puellis. Tcrtia junii, in Haerlem,
ôo Hollandie oppido, trucidanlur anabaptiste viri mi, femine vm. Similiter et in
(4) Charles d'Egraond, Hue de Gueldre de 1492 à 1558, un des adversaires les plus passionnés de
Charles Quint. Il eut comme successeur Guillaume, dit le Riche, duc de Clèves, de Berget de Juliers.
134 CHRONIQUES LIEGEOISES.
Trajeclo Infcriori xi junii necantur ejusdem sceleris rei viri vu, feinina vi. Hoc
tempore,interCesarem et Francorum regom initum fedus conliiuiatur multorum
admirationc, nonnullorum etiam invidia atque emulalione Die xxmi oclobris,
in Buren diem clausit novissimum gcncrosus dominus Florentius ab Yselstcin,
cornes de Buren, relinquens in comilatu suecessorem lilium Maximilianum. s
Fjusdem mensis die xxvm. templum arsit in Haga comitis Hollandie. Circa
idem fcre tempus, defuncli sunt illustres viri Georgius dux Saxonic et llenricus
cornes a iNassouwe. Mense septenibri. exorto seditiosorum quorumdam tumultu,
apud Trajectum ad Mosam trucidanlur domicellus Gerardus a Coer, dicti
oppidi prefectus, necnon magister Hemigius Prenten, juris licentiatus, civiurn îo
magister, ob quorum necem plures tanti criminis rei gravi distrietione passim
puniti sunt. Eodem anno. César cum in Hispaniis essel, mense novembri,
terrain suam Gallie Belgice invisere varias ob causas decrevit. Premisso ilaque
prius illustri domino de Grantvelle a secretis consule suo primario (J), Hispanias
egressus, venit in Franciam obvium habcns sccus S. Sebastiani oppidum régis io
fllium secundo genitum, dominum Abdenago Aurelie ducem. Inde procedenti
ulterius occurrit Henricus delpbinus cum primis tolius Francie proceribus.
Ingressus itaque Augustus Bagonam cum dictis principibus, modico tamen
suorum numéro constipalus, ibidem incredibili exceptus est honore sub die
xxvi novembris. Postea magnis itineribus venit Burdegalum ac deinde Pictavos, 20
concomitantibus semper prenominatis régis âliis, delphino ac Aurelie duce.
Tandem, x decembris, applicuit oppidum Lochias. ubi Francorum rex ipsius
prestolabatur adventum excepitque cum rex inestimabili gaudio festivaque
gloria. una cum regina Leonora, Cesaris sorore et régis eonjuge. eonfluentibus
aii speetaculum populis innumeris. factumque est gaudium magnum universe 25
plebi. Ipso anno. facliis est apparatus mulliis maritimus adversus Solmanntim
turchicum (lesarem. qui et ipse. magna classe emissa. duclu Heiradini cui
vulgo nomen est Barbarosse, mare inquietavit. oppidumque Castelnuovo. firmis-
simo Hispanorum atque italorum munilum presidio, vi expugnavit, mense
auguslo. interfectis pêne ebristianis omnibus, in qua nibilominus obsidione. 30
(i) Nicolas Pcrrenot, seiancur <lc Granvelle, avait succédé à Mcrcurin île Gattinara comme grand-
chancelier de Charles-Quint.
CHRONIQUE DE JEAN DE BRUSTHEM. 155
Turchici exercitus ceciderunt. plusquam xviM. christianis sese acerrime forlissi-
meque defendenlibus. Qui etiam nunquam victi fuissent si non transfuge
quidam Dalmate, ad Turchas delapsi, sécréta révélassent ac per quas partes
bombardis, quarum maximam Turche habebant copiam, impetendum foret
'■> oppidum signifiassent. Fuit hoc aano magna frumenti cbarislia et inopia.
Verum, miserante l)eo, frumentum advectum est ex Hispaniis et Porlugalia ut
jam iliarum regionum habundantia noslra plurimum relevata sit inopia.
Exoritur hoc anno conspiratio Gandensium adversus magislratus et polentalus;
Verum César postmodum eorum insolenliam compescuit pluresque sceleris
to noxios punivit. Eodem anno, plures variis locis sub districtu justitie Montinia-
censis deprehense sunt malelice et ad ignem cor.domnate ad numerum xiv
vel xv. Octava augusti. quidam apud Sa ne tu m Trudonem flammis est con-
sumptus qui aliarum " fertur fuisse pedagogus. Ipso denique anno, Henricus
Anglie rex uxorem duxit flliam ducis Clivie, quam cum pompa maxima ingen-
15 tique letitia per Antverpiam traduxit in Angliam. Sed hec letantium cythara
stalim versa est in luctum, eo quod rex eam dimiserit; qua ratione incertum
est. Anno Domini XVCXL, César Karolus cum naufragio liber evasisset,
circa initium januarii, ingressus est Parhisium decentissimo omnium occursu
ordinum salutatus, présente etiam ipso rege qui pro sua regali magnifieentia
20 tam Cesarem quam ejus proceres qui cum eo vénérant affluentissime refecit.
Cuncta Cesaris negotia tractabanlur per illustrem dominum de (irantvelle
ejusque germanum, abbatem Sancti Vincentii Bisuntini (*), Cesaris oratorem.
Celebrata est ibidem sacratissima Domini Epiphania. Postea César una cum
rege ad oppidum Sancti Quintini pervenerunt. ibique dimisso Cesare rex cum
25 osculo et Iachrimis remansit. Porro César, assoeiatis ei delphino ac duce
Aurelie aliisque quamplurinis viris illustribus, Cameracum urbem ingreditur,
a R. D. Roberto a Croye episcopo et duce Cameracensi, duce Aerschotensi (2)
" iliarum : Wacht.
(*) François Bonvalot, abbé de Luxcuil et de Saint-Vincent à Besançon.
30 (*) Robert de Croy, fils de Henri, comte de Porcien, archevêque de Cambray ; Philippe de Croy,
duc d'Aerschot.
136 CHRONIQUES LIÉGEOISES.
aliisque multis harum rcgionum proceribus summa pro merito revercntia
exceplus. Postridie, relicto Cameraco. Valentianis applicuit ubi gencrosissima
domina Maria Hungarie rcgina, Cesaris soror, ipsum smim germanum regiosque
filios avida prestolabatur. Que, ut altéra Maria, pro dignis ipsis impendendis
honoribus adeo extitit sollicita ut etiam noctes aliqnot insomnes duxisse dice- s
relur. At Auguslus, cum ibidem substitisset cunctaque que animo conceperat
expedisset, principes predictos a se dimissos in sua abirc permisit. Fxinde
profectus est imperalor Bruxellam quo cum pervenisset, eonfluxerunt ad enm
passim salutandi gratia totius fere Germanie principes, in primis ejus germanus
I). Fernandus Romanorum. Hungarie et Bohemie rex, dux Sabaudie, duces io
Bavarîe, duees Bruinsuigenses aliique plurcs episcopi, comités ac Germanorum
Italorumque proceres. Inter quos et B. D. Cornélius a Bergis. Leodiensis antistes,
habitoque inter Cesarem el antistem colloquio, ordinari cepit de assumptionc
R. D. Georgii ab Austria, ipsius Cesaris patrui, ad ecclesie Leodiensis coadju-
torem. Eodem anno, imperator cum miM peditum Germanorum ac duobus 15
milibus equilum ad compressionem Gandensium profectus est. Qui mox in
civitatem admissus nonnullos predicte rebellionis incentores, etiam aliquos
nobiles gladio puniri jussit, alios in exilium egit, rescisis omnibus fere civium
slatutis ac privilegiis, novisque ordinatis quibus facilius cives subjectos a
rebellionis injuria de cetero contineret. Castrum quoque munitissimum amplis- 20
simumque erexit cui nobilem virum et strenuum dominum de Reux (*) prefecit,
quem et totius Flandrie gubernatorem constituit multamque sibi pecunie
summam exsolvi voluit. Ceterum imperalor ut omnibus sibi subjectis populis
eonsuleret, ad alia etiam invisenda Ioca se accinxit. Unde xv augusti oppidum
suum Trajectum Inferius adiit; inde peragratis oppidis el easlris Buren, 25
Gorichem, Vianen, Buscoducis, etc., rursus Bruxellam veniens, editis prius
aliqnot legibus et statutis, ad Germanos transiit. Destinatis B D. (>ornelio a
Bergis. Leodiense antistite, ac domino S>enalo, principe Oranie, versus Trajectum
ad faciendam vindietam in nationibus que in nece dudum turpiter perpetrata
ree fuissent tanti faeinoris. Fuit hujus anni fecunda nimis et sicca estas qualis 30
unquam vix ab hominum memoria visa fui t ^ nam et fluvii exsiecabantur et
(*) Adrien de Croy, seigneur de KœuU.
CHRONIQUE JEAN DE BRUSTHEM. 137
gurgites. Apud Coloniam Agrippinam, ferunt agricolam quempiam per trans-
versum Bbeni fluminis alveum aratro suo pro insolite rei novitate Iransmcassc.
Sequana apud Parhisios siccis ferme pedibus perambulabatur. Lxtiterc tu m
eliam mures plurimi alque, ut est apud ruricolas proverbium, subsecuta est
s ferlililas anni. Eodem anno m februarii, festo Blasii, fato cessit in Phrisia
animosus et fortis vir (Jeorgius cbenck, preses Phrisie, in eujus locum subor-
dinatus est cornes a Buren D. Maximilianus ab Yselsteyn. Dcindc, sccunda
aprilis, viam ingressus est universe cirnis II. Anthonius a Moutengnies, cornes
Hoechstralanus, preses Hollanilic, in cujus locum suffeclus est generosus
10 dominus Renatus a Chailon, princeps Oranie. Anno Domini XVCXLI. Guil-
helmus flux Clivie profeclus in Franciam. duxit filiam régis Navarre uxorem,
liocque Francorum régis, ut suspicabatnr consilio, quo passim aller allerius
adjutorio frueretur et presidio ad versus Cesarem in quem denuo conspirasse
eum aliquot consimilis frumenti principibus atque etiam alterius ordinis, proli
io dolor, constans fama fcrebat. Eo etiam tcmpore, dux junior Lotbaringie,
malrimonio sibi sumil apud Bruxellam !>anorum régis Cbrislierni filiam, ducis
Mediolani quondam relictam (1). At Karolus imperator, concitatis tolius Ger-
manie principibus magnaque eruditissimorum virorum présente caterva, coram
eliam legalo pontificis maximi, concilium indixit Katisponc quo impios aliquot
20 Germanorum lollere posset errores. Quod cum per menses aliquot cotilinuos,
pro summa sua virili, conatus esset. tandem negotio penitus infecto auditaque
clade magna quam ïhurce Christianis apud Hispanias intulerant, coaclis
aliquot milibus, in llaliam proficiscitur, iranstnissoque mari, multorum milium
exercitu Argeiram, Aphricc seu iNumidie opulentissimam urbem et maximam.
23 obsidione cingit, a qua mox injuria tempeslatis. cuncta annona deperdita
mullisque suorum milibus cum centum triginta submcrsis navibus. eoactus
est retroccdere. Quo infausto damno accepto, maris se commitens discrimini.
re infecta et in aliam delala fortunam, profeclus est in Hispaniam Eodem
anno, D. Ferdinandus. Hhomanorum, Hungarie atque Bohemie rex, Budam
"o Hungarie forlissimam urbem, copio^o obsidens exercitu. a SolmannoTurcharum
(*) François Ier, qui succéda à son père Antoine, dit le Hon. en 1544. Il avait épousé Christine, fille
du roi de Danemark et veuve de François Sforza, duc de Milan.
Tome II. 18
138 CHROiNIQUES LIÉGEOISES.
imperatore repollitur. maxima lamen suorum accepta cladc multisque amissis
militihus Sicque noslris cxigentibus demeritis. Hungaric rcgniim in magna
parte occupalur ab infidclibus. Hoc eliam anno, maxima fuit aquarum inun-
datio, xxnii apiilis. domiuica die nocteque sequenti, ut Leodii per portam
Sancte Margarete maxime trabes ae lapides vi aquarum pluvialiiiiu impetuque s
torrentium ad fores templi Saneti Severinî impellerentur vebementique irrup-
tione hostia ex suis cardinibus dejicerentur. In hujus anni lermino. fuit Leodii
exorta proditiosa quedam conspiratio que lamen divina gratia antequam in
malum exsurgeret, depressa fuit et sopita (i). Media hujus anni estale, compre-
hense sunt apud Locastrui quinque mulieres maléfice, quarum quattuor insimul 10
educte sub unius hore et loci spatio ignibus absumpte sunt. sed et quinta
eonsimili morte perempta est. Anno Domini XV°XLII, post initum fedus inter
(lesarem Karolum V atque Franeorum regem Kranciscum, faclus est maximus
belli apparatus ad partes Austrie adversus Turcas. Quo eliam mox. post festa
paschalia. plures viri nobiles ex Leodiensi palria profecli sunt. is
(') Voir sur celle conspiration, Bon J. de CnESTnET de Hakeffe, Les conjurations îles La Marek
formées à Lie je contre Chartes- Quint, dans Bull. Ac»d. rov. de Belgique, ô' sér., t. XXI, pp. 681-718.
CHRON IÛUES LIÉGEOISES
TEXTES FRANÇAIS
INTRODUCTION
Les chroniques liégeoises rédigées en latin sont relativement peu
5 nombreuses, mais présentent entre elles beaucoup de diversité. Ecrites
dans une langue savante par des clercs érudits, elles sont chacune une
œuvre de compilation personnelle. Leur mérite est de nous avoir conservé
des textes historiques que l'on croyait perdus, d'avoir fixé la date de
certains extraiis ou d'avoir permis rétablissement d'une édition critique
10 de certaines relations, telles que celles de Merica et d'Adrien d'Oudenhosch,
qui n'étaient jusqu'à présent connues que par une source unique.
Avec les textes français, le travail prend un caractère tout différent.
D'abord le nombre des manuscrits devient considérable : la bibliothèque
de l'Université de Liège en possède, en effet, 74, la Bibliothèque centrale
îs de la ville de Liège, 29, la Bibliothèque royale de Bruxelles, 32, le dépôt
des Archives de l'État à Liège, 6. Il faut ajouter à ces 138 manuscrits
tous ceux qui sont la propriété de collectionneurs particuliers et dont
140 INTRODUCTION.
le nombre ne peut être déterminé. Il y a donc Mou d'entreprendre au
préalable une longue et minutieuse besogne de classement el d'élimination
de ces nombreux manuscrits, afin de fixer les types qui ont servi de
modèle aux copistes patients de ces volumineuses chroniques anonymes.
.Mais selon la période que l'on veut envisager, ce groupement devra être s
soumis à de fréquentes revisions.
Cependant les chroniques vulgaires françaises ne sont pas, comme les
chroniques latines étudiées précédemment, des œuvres de compilation
personnelle. Toutes sont la copie ou le résumé plus ou moins modernisé
d'un texte traditionnel dont il n'est pas difficile de retrouver les sources. io
Le pays de Liège a été la (erre bénie des chroniqueurs. En dépit de
l'invention de l'imprimerie, et jusqu'à la fin du XVIIIe siècle, moines,
clercs el bourgeois de Liège se sont complu à consigner dans de volu-
mineux manuscrits les faits concernant le passé et le présent de leur
pays. Ces chroniques, dites chroniques vulgaires, ne pénètrent pas au cœur is
de l'histoire, mais elles abondent en détails sur les faits de chaque année,
parfois même de chaque jour. Elles commencent généralementà la guerre
de Troie et se poursuivent jusqu'au temps où vivaient leurs auteurs.
On rencontre au début de la plupart de ces chroniques une série de
notices sur les prétendus rois de Tongrcs. La liste en est double. Un 20
grand nombre de manuscrits adoptent la liste fournie par Jean d'Outre-
meuse : Tungris, Humbris, Tungris, Cedros, Lotringe, Loiringe, Jupilla,
Trectullus, Colongus, Tremus, Cornulo, Tungris, Trecanus. Il y a natu-
rellement dans ces noms des variantes, quelques manuscrits omettant
certains noms, d'autres en ajoutant. D'autres manuscrits donnent une liste 25
différente et font succéder aux rois de Tongres les ducs de Tongres, dont
ils rattachent les derniers rejetons aux Carolingiens. Les rois se succèdent
comme suit : Tungris, Humbris, Tungris, Agrippa, Ambron, Thuringe,
Cimbert, Cainbert, Servius, Blandin, Cedros, Loiringe, Léon, Léon, Léon,
INTRODUCTION. 141
Waringer, Zinardus, Magnus, Menapius, Léon, Godefroid, Charles Inacque
(le manuscrit 464 place ici Ambiorix), Octavian. Puis les ducs : Charles
Brabon, Julius, Octavius, Godard, Godefroid, Wériek, Artsard, Morsian,
Taxandre, Ansegise, Charles le Bel, Landon, Austrasius, Charles IV,
s Charles V, Carioman, Pépin l'Ancien, etc. 11 n'y a rien à retenir de ces
récits légendaires qui remplissent souvent plus de la moitié des volumes.
Le texte utilise ensuite la chronique abrégée de Jean d'Oulremeuse et
peut de même être négligé jusqu'à la période où nous fait défaut la grande
chronique du même auteur, c'est-à-dire jusqu'en 1340. Nous avons
io malheureusement perdu la partie de l'œuvre du fameux conteur liégeois
où celui-ci narrait les faità qu'il a vus lui-même ou dont il a pu interroger
les témoins, et qui par conséquent aurait gardé une autorité dont la
critique moderne a dépouillé les longs et romanesques récits des périodes
précédentes. Le texte reconstitué de la chronique abrégée peut, jusqu'à
,;i un certain point, y suppléer.
Pour celle partie, qui doit nous restituer un texte perdu, il faul,
appliquant la méthode suivie dans la première partie de cet ouvrage,
retenir, hors de la centaine des manuscrits rassemblés, uniquement ceux
qui fourniront le texte le pius ancien et le plus pur.
20 La chronique abrégée de Jean d'Outremeuse finit en 1400. A partir
du XV8 siècle, les chroniques liégeoises sont un abrégé des chroniques
de Jean de Stavelot, d'Adrien d'Oudenbosch, puis de Jean de Looz,
complété par quelques additions empruntées à d'autres sources contem-
poraines. Toute ces chroniques-sources nous étant connues, cette partie
25 ne présente aucun intérêt et ii suffit d'en retenir le petit nombre de
passages inédits qu'on ne retrouve pas dans les autres récits des règnes
de Jean de Bavière, Jean de Wallenrode, Jean de Heinsberg, Louis de
Bourbon et Jean de Hornes.
Dès le XVIe siècle, il devient difficile de concentrer autour d'un texte
\42 INTRODUCTION.
judicieusement choisi loul ce que l'on peut glaner dans les chroniques
vulgaires. En voici les deux raisons principales :
1° La chronique de Jean de Looz se termine en 1544, et dès ce
moment, le compilateur qui a continué le récit des événements survenus
pendant le règne d'Érard de la Marck et de ses successeurs n'a plus à sa s
disposition de chronique source quM pourrait résumer ou compléter parfois
par de courts emprunts à d'autres narrations. Celte absence de guide et
de plan se remarque d'une façon frappante pour la notice consacrée à
Ér;ird de la Marck. Au début, l'auteur de celle-ci a pu utiliser les dernières
pages de la chronique de Jean de Looz. De 1514 à 1531, il n'a eu à io
glaner que des annotations fort brèves qui nous semblent extraites d'un
recueil dont certaines chroniques fournissent des citations antérieures
au XVIe siècle. Mais en 1531, il retrouve le rapport ofliciel et si détaillé
que le greffier Guillaume de Champion a écrit pour le Conseil de la cité
à propos de l'émeute des Rivageois, et il l'incorpore complètement et is
textuellement dans son récit; puis il ne dispose plus, pour la fin du règne
du grand cardinal, que des notes brèves et banales dont il avait précé-
demment fait usage. Les notices consacrées aux trois princes-évêques
suivants sont, dans la version de ce compilateur, aussi informes et aussi
vides, et il faut arriver au règne de Gérard de Groesbeek pour découvrir 20
un texte, ou plutôt deux séries différentes de textes, qui soit rédigé avec
une certaine suite et une certaine compréhension des événements;
2° A mesure que le narrateur raconte des faits plus rapprochés de son
époque, il a l'occasion de compléter le récit emprunté à d'autres sources
par une documentation qui lui est personnelle, si bien que chaque 25
manuscrit peut révéler un détail inédit et resté ignoré de tous les autres,
et ces passages différeront d'un récit à l'autre, d'après le lieu qu'habitait
le scribe ou d'après la sagacité, la culture intellectuelle ou la position
sociale de ce dernier. C'est pourquoi il peut être fort important de vérifier
INTRODUCTION. 143
Pidenlité de tous les personnages qui ont inscrit leur nom au début ou à
la fin du texte de très nombreux exemplaires des chroniques vulgaires.
Il résulte de ces constatations que la méthode d'investigation doit être
désormais complètement modifiée, il ne s'agit plus de rechercher, parmi
5 une bonne centaine de registres, un ou deux archétypes qui nous fourniront
les meilleures leçons d'un texte bien fixé. Il faut aussi renoncer à noter
toutes les variantes d'une relation qu'un certain mérite littéraire n'a pas
rendue traditionnelle et qui ne vaut pas qu'on lui applique les procédés
d'épuration de la méthode classique. Désormais il n'y a plus de bons et
io de mauvais manuscrits, puisque, dans tous indistinctement, il y a espoir
de récolter des renseignements nouveaux.
Pour le XVIe siècle, le principe de classement des manuscrits sera donc
tout différent. C'est pourquoi nous remettons après la publication de la
chronique abrégée de Jean d'Outremeuse et des textes du XVe siècle la
15 nomenclature et la brève description des manuscrits des chroniques
vulgaires.
144 CHRONIQUES LIÉGEOISES.
Chronique abrégée de Jean d'Outremeuse, de 1341 à 1400.
i'our établir le texte de cetU' chronique abrégée, résumé du quatrième livre
de la grande chronique de Jean d'Outremeuse, les manuscrits suivants ont été
retenus et classés dans les quatre catégories suivantes :
A. — Manuscrit de la Bibliothèque royale de Belgique, II, 2754 (catalogue s
Van don Gheyn, n° 6526). il fournit le texte qui nous parait le plus ancien et
le plus exact. C'est pourquoi nous l'adoptons généralement en le corrigeant
çà et là d'après d'autres manuscrits, principalement B et D.
B. Un grand nombre de manuscrits donnent un texte plus ou moins
rajeuni, mais aussi complet que A et qui peut servir parfois utilement à corriger io
cette première source. Ce plus ancien de celte classe est le manuscrit i5ô de
la collection Capitaine, conservé à la :>ihliothèque centrale de la ville de Liège
et aussi dénommé manuscrit Grégoire Syhius. Le texte donné par la chronique 1
du dépôt des Archives de l'État à Liège est aussi un des moins modernisés.
Les manuscrits 72, 179, 185, 440, 464, 619, 691, 1005 de l'Université de 15
Liège, les manuscrits 6554, 6563, 6568, 6571, 6576, 6578 de la Bibliothèque
royale de Belgique, les manuscrits SIC ancien de Theux 148), 892 (ancien
de Theux 65), 899 (ancien de i lieux 147) de la bibliothèque centrale de la
ville de Liège, fournissent un texte fort rajeuni. Dans les notes critiques, le
signe B désigne la leçon commune à tous les manuscrits, le signe Bi représentera 20
plus spécialement le manuscrit Sylvius et B2 le manuscrit i des Archives
de Liège.
C. — Manuscrit de la Bibliothèque royale de Belgique, 10289 (catalogue
Van den Gheyn, 6555), qui suit la même version que le manuscrit A, mais
fortement abrégé en plusieurs parties. 35
D. — Ce manuscrit 1966 de 1 Université de Liège (ancien de Theux, H 2)
donnant un texte conforme à B. Mais il contient un bon nombre de passages
CHRONIQUE ABRÉGÉE DE JEAN D'OUTREMEUSE. 145
qui ne se trouvent pas dans les autres manuscrits. La plupart de ces passages
sont traduits littéralement de la chronique latine de Jean de Stavelot ou de
celle de Zanlfliet.
Sur ces textes complémentaires du manuscrit D, se présentent deux hypo-
5 thèses. Ou bien ils sont ajoutés au texte de Jean d'Oulremeuse par le copiste
du manuscrit D, ou bien ils font partie du texte de Jean d'Outrcmeuse,
quoique omis dans nos autres manuscrits, et ce sont Jean de Stavelot et Zanlfliet
qui les ont empruntés à la chronique française pour les traduire en latin dans
leur propre chronique.
10 Nous croyons devoir nous rallier à la première hypothèse :
1° Elle est plus conforme aux habitudes du copiste du manuscrit D, qui
sans cesse intercale dans son texte des additions prises de divers côtés;
2° Nous ne trouvons aucun passage où Jean de Stavelot et Zanlfliet repro-
duisent littéralement le texte de Jean d'Oulremeuse. Il serait étrange qu'ils
îs eussent exclusivement réservé cet honneur aux passages qu'omettent nos autres
manuscrits;
3° Tous les manuscrits sont d'accord pour omettre ces textes qu'on ne lit
que dans le seul manuscrit D;
A0 Le copiste se trahit dans un passage relatif à l'année 1397, où il laisse
20 subsister dans son texte français les mots : in crastino Sancti Lamberti, qui
dénotent évidemment l'emprunt à un texte latin.
Il y a cependant un passage qu'on pourrait invoquer en faveur de la seconde
hypothèse. Lors de la compétition pour la succession d'ArnouI de Home,
Gerlach de Montjardin, voyant évincer son fils Bauduin, « dist tout hault qu'il
25 avoit mal employé son argent à cabulawe ». Il fait allusion à une histoire de
cabillauds dont il avait régalé les habitués des tavernes. Or ce fait est relaté
à la page précédente précisément dans un des passages qu'on lit uniquement
dans le manuscrit D. Sans ce passage, l'allusion de la page suivante est incom-
préhensible. Il paraît donc probable qu'au moins ce passage fait partie du texte
30 de Jean d'Oulremeuse. Cette considération nous a engagé à reproduire en
notes les textes ajoutés dans le manuscrit D.
Le texte que nous fournissent ces manuscrits est en réalité celui de la
Chronique abrégée de Jean d'Outrcmeuse et non, comme le croyait Bormans,
Tome II 19
146 CHRONIQUES LIÉGEOISES.
un résume postérieur de la Geste de Liège de Jean d'Outremeuse (1) En voici
les preuves :
i° Antérieurement à 1341, en comparant le texte des manuscrits à celui de
la grande chronique, qui finit à cette date, nous pouvons aisément nous
convaincre que le premier est un simple abrégé du second. 11 doit naturelle- 5
ment en être de même dans la suite. Là aussi le texte que nous possédons doit
être un abrégé du texte perdu de la grande chronique.
"ï" Nous avons sur la personnalité de l'auteur le témoignage formel du texte.
Nous y lisons à l'année I55S : « En l'an devant dit, fut nuit Johan d'Oultre-
mouse qui fist les cronicques hors desquels est excopiez cecy. » De même 10
en 1383, le chapitre charge de faire enquête sur les Clémenlins « maislre
Jehan d'Oullremoeusc, qui fist les présens chronicques ». Enfin à l'année 1 400,
le texte marque expressément où s'arrête le travail de Jean d'Outremeuse.
Comme ou a perdu le quatrième livre de la grande Chronique de Jean
d'Outremeuse à partir de 1541, l'abrégé qu'en donnent nos manuscrits peut io
jusqu'à un certain point y suppléer. Le chroniqueur, racontant des faits dont
il fut le contemporain, assure à celle partie de son œuvre, principalement à
partir de Jean d'Arckel, une autorité que ne possèdent point les longs et
romanesques récits sur lesquels il s'étend pour les époques précédentes. Nous
reproduirons donc le texte de la Chronique abrégée depuis 1341, en négligeant 20
la partie antérieure, qui ne peut être d'aucune utilité.
Fin du règne d'Adolphe de la Marck, 1341-1344.
Sur le règne d'Adolphe de la Marck, nous avons dans Hocsem, une excellente
source. Le savant chanoine se complaît surtout à raconter ce qui se passe au
sein du Chapitre, où il fait entendre souvent une voix autorisée. Le témoignage 25
de Jean d'Outremeuse n'a certes pas la même valeur : encore enfant à celte
époque, il n'a pas été témoin oculaire des événements. Seulement, il s'attache
(') S. Bormans, Chroninuc de Jean d'Outremeuse, ludroductioii, p. lxxxvi, note 1.
CHRONIQUE ABRÉGÉE DE JEAN D'OUTREMEUSE.
147
à un autre côté des faits et s'étend davantage sur ce qui se passe dans l'entourage
de 1 evêque, dans la cité el les bonnes villes. Son récit ne contredit aucunement
celui d'Hocsem, et peut servir à le compléter. H a été utilisé par Zanlvliet.
Hocsem,
XXIX, 312.
L'an XIII CXLI. fut faicle une déclaration que l'évesque du Liège at ossy Hocsem,
Y Y VIT 30fi
s bien le feu (*) ens villes a appartenantes au chapitre du Liège comme ailleurs \
Et adonc vient ° une dissention entre l'évesque et ceulx de Huy, car l'évesque
voloit dire que ceulx de Huy ne devoint demander que vm denirs de cens
pour le vieulx gros, comme à Liège qu'est la teste d, et ils en voloient avoir
xviii denirs (2). dont ceulx de Huy disoint que anchois soy rendrent à duc de
10 Brabant, et que on les meine selon la paix de Fexhe que conferme " les
franchizes et uzances des bonnes villes (3), mais non obslant leurs déplaintes,
ceulx du Liège ne les assistoint mie nullement aidant '.
L'an XIII'XLII, le xue jour de febvrier, revient l'évesque de France car
ils furent mise troix ans de triwes entre les deux roys ° (4). Lt adonc l'évesque
15 rasaillit ceulx de Huy et dist qu'il ens forjureroit plusieurs, sy que alors ceulx
de Huy firent status qu'il jurent que les eschevins de Huy ne iroint jamais plus
à Liège à chien".
Le xxixe jour de may,du feu accidentaire h ardil à Marlinnes l'église S. Bumold Hocsem, 309
el loultes les aultre églises ossy et toiilte la ville ', et bien mic hommes, femmes
20 et petits enfans morts J.
En ce temps, morut Godefroid, fis secund siegneur Thiry de Hinsbcrg (5),ct
J. de W., 334.
« les fiefs : B, D. — b Omis C. — c s'esmeut : B. — d la teste du pays : B. — « concerne : A.
— ' ils n'eurent nulle assistence des Liégeois : B. — a rois de France et d'Engleterre : D. —
* de feu d'aventure : B. — • et après toutte la ville : A. — J enfans exileis : A.
25 (') Le droit d'arsin.
(l) Comme Hocsem l'explique clairement, il faut plutôt lire : l'évêque voulait que ceux de Huy
devaient payer un gros pour huit deniers de cens, et les Hutois voulaient ne payer qu'un gros pour
dix-huit deniers de cens. Sur l'origine de cette querelle, voir : B»n J. de Chestket de Haneffe,
Numismatique de lu principauté de Lièije, p. 150.
50 (3j Paix de Fexhe de I51t>.
(*) Philippe VI, roi de France et Edouard III, roi d'Angleterre (Guerre de Cent ans).
(s) Godefroid de Heinsberg avait épousé Malhilde, duchesse de Gueldre, fille de Renaud de Gueldre.
U8 CHRONIQUES LIÉGEOISES.
estoit paravant mort Guilheaume son aultre fis (*), donl l'évcsque de Liège fut
courouréz " pour re que cYstoint enfans de sa sœur, et qu'il avoit pour eulx
tant laboré que leur père siegneur Thiry tenoit la contée de l.ooz en fieff,
comme desur apert (2), se l'avoit b par sa fault laissir cslongir du l'église à
qui par droict appartenir devoit (3). s
L'an XIII(: et XLIII (4), le xxvm" jour du décembre, recommenchat l'église du
Liège chanter Media Viia sur le siegneur Thiry de Hinsberg, et xiu jours
devant, ceulx de Liège et le pays accordât ' que ceulx de Huy fussent mincis
par loy, et que l'évesque récupérast encontre sondit seroige la contée de Looz,
et fut interdit jectéz pour la contée de Looz Et adonc ceulx de Huy volrent <n
donner à l'évesque xuM florins, aflin qu'il les voulsist confirmer d de payer leurs
cens à xviu denirs pour le gros vieulx, comme pardevant avoinl faict, et ausy les
lettres de leurs franchises et usaiges que faicts et jurez eurent, mais le chapitre
de Liège ne sy voloit mie consentir (5). Et adone siegneur Fastrard de
Bovengnistir, maicur de Liège (6), fist plainte % en nom de l'évesque, pardevant <s
0 fut fort dolent : B. — * la veit par sa fault : A. — c le 13e jour du dit mois par devant la
cité et pays accordèrent : B. — le xnie jour du dit mois, la cité et pays accordèrent : D. — Après
ceulx de Liège accordèrent : C. — d leur voulsist confermer leur privilèges de payer : B. —
« fit planter : A. — lit appeller au peron à Liège 43 par nom de ceux qui : B, D. — fit plainte
par devant les eschevins eontre plusieurs : C. 20
(i) Guillaume de Huinsberg avait été tué en 1340 au siège d'Algésiras.
(*) Voir J. d'Outremeuse, éd. Borgnet, t. VI, pp. 881 et suiv.
(») Le manuscrit #' ou Sylvius ajoute cette note en marge : L'an 1342, institution des chevaliers
de bleu jartier à Vumdese en Angleterre par le roy Eduard deuxième.
(«) 13 12, nouv. style. 25
(5j D'après le récit d'IIocsem, l'évêque parait avoir été disposé à accepter l'offre des Ilutois. Ce fut
sur les observations d'IIocsem lui-même que le chapitre résista.
(«) Fastré de Bovcnistier est cité comme homme féodal de l'évêque de Liège avec son père Gérard
en 1316 (Fiefs d'Ad. de La Atarck, p. 1B), avec son frère Amelius en 1320 (Ibid., p. 236), puis
souvent à partir de 152b (Ibid., passim.); comme homme allodial de 1322 à 1336 (Carlutaire de Saint- 30
Lambert, t. III, passim.; Saint-Génois, Monuments, t. I, p. 588); comme bailli de Saint-Lambert
en 1524 (Cartulaire de Saint-Lambert, t. III, p. 276) ; comme homme féodal en 1347 (Ibid., t. IV,
p. 79). Nulle part ce personnage n'apparaît comme mayeur, ni comme échevin. Voir IIemricourt, 1,
p. 191; II, p. 247.
CHRONIQUE ABRÉGÉE DE JEAN D'OUTREMEUSE. 149
les eschevins de Liège, de xliii par nom, qui eurent induicl les Huyois à faire
la desurdite lellre et status, et les fist huchier à ung certain jour à peron à
Liège, pour eulx venir respondre, ou aultremcnt il procéderoit à forjugement.
Et adonc les Huyois envoyèrent à Moha par devers 1 evesque, mais son conseil,
s assavoir Renard de Gliore, chanoine de Liège (1), siegneur Johan de Landris
chevalier (2), et Herman de Kevez " (3) ne les laissirent mie venir en la
présence du 1 evesque (4), mais les dirent que flnablement il paieroient à
l'évesque xuuM florins et à eulx inM florins, ou le forjugement b aroit sa course.
Lors les Huoys le notifient c au chapitre, cité et bonnes villes, et que se ansy
1(> devoint estre traictié, ils soy rendcroint pluslost à duc Johan de Brabant (5),
mais ils eurent d'eulx peu de responce d et trovirent que les eschevins de
Huy et leurs maistres mesme estoint contraires à la ville de Huy, se en
proclamirent xi à leur peron e. Lors ils envoyrent siegneur Godefroid de Har-
duelmont, siegneur de Hollongne sur Geire (6) et plusieurs aultres bourgoix de
lo a Herman de Rivercheit : D, B. — b le forjugement commencé par le susdit mayeur : B, D. —
c le signifièrent : B. — d nulles responces : B. — « en proclamant xi forjugiés à leur peron : B.
(') Renier de Ghore, chanoine de Saint- Lambert, cité de 1558 à 1363 (Cartulaire de Saint-Lambert,
t. III et IV, passim ; Fiefs d' Ad. de La Marck, pp. 402-411; Cf. de Theux, Chapitre de Saint-
Lambert, t. Il, p. 54). Il est dit costre de Walcourt en 1314 (Fiefs d'Ad. de La Marek, p. 407).
20 (*) Jean de Langdris, chevalier, maréchal de l'évêque (Les Echevins, t. I, p. 193), cité de 1529
à 1333 et de 1338 à 1542 (Fiefs d'Ad. de La Marck, passim), en 1345, 1346, 1347 (Cartulaire de
Saint- Lambert, t. IV, pp. 5, ÎS3, 79;. Hemmcourt, I, p, 45; 11, p. 276.
(*) Herman de Kevel, maître d'hôtel de l'évêque, cité en 1343 (Cartutaire de Saint- Lambert, t. IV,
p. 3), et 1544 (Fiefs d'Ad. de La Marck, pp. 597-407).
25 (*) Fisen, t. II, p. 98 cite en outre du conseil de l'évêque : Gérard Grevcn, chanoine de Saint-Denis
et receveur de l'évêque; Jean Polarde, grand mayeur, beau-frère de Jean de Landgris. Probablement
d'après la grande chronique de J. d'Outrcmcusc.
(6) Jean III, duc de Brabant, 1512-1355.
(8) Godefroid, seigneur de Harduemont, Hollognc, Kermpt et Fcleppc, fils de Jean de Harduemont,
50 conduisait, en 1565, à la prise de Rumruen, l'armée de l'évêque Jean d'Arekcl (voir plus loin). Il vivait
encore en 1572 et releva : feudum domini quondam Arnoldi de Rummen et dicitur baro de Hollonia
(Lefobt, 2e partie, t. III, p. 62); Hemricoubt, I, p. 117; II, p. 241.
150
CHROMQUES LIÉGEOISES.
Huy (J) par devers le duc de Brabant. El le 1111e jour de may. ils pourofïrirent à
Hocsem, 314. duc de Brabant donneir xlm florins, et d'estre à luy et à son pays à tousiours (2),
voir qu'il les veull tenseir encontre l'évesque et son pays °, et les tenir en leurs
franchises '' et payer leurs cens comme paravant % et que les eschevins de Liège
ne les puissent jamais wagier d (3), et alors le duc les eut tous en covent de ce s
faire e, et les Huyois jurèrent généralement tous cela tenir '. Adonc l'évesque
fist garnir le chasteau de Clermont et de Moba encontre ceulx de Huy. El le
xve jour de may, le pays fut sur ce ensemble et remanirent que ;' le forjugement
fust faicl sur ceulx de Huy, et les barons respondirent à la requeste du
l'évesque d'aider encontre le duc, qui luy usurpoit II uy qu'esloit son pays, et 10
que on sceusl à siegneur Thiry de Ilinsbcrg s'il voloil h rclevcir et tenir la
contée de Looz du l'évesque de Liège et estre aidant encontre le duc ', mais le
chapitre ny voloit mie entendre (4), car on troval qu'il estoil aloyés à duc. Et
adonc l'évesque s'alloial à conte de Namur (:i), et furent vogiéz 3 xim Huyois, et
Hocsem, 316. les Huyois l'escrircnt à duc, et le duc escrivit à l'évesque que se cela ne 15
a à condition qu'il les défenderoit : B, D. — les veuille tenir contre l'évesque : C. — * et d'obtenir
leurs franchises et paix : B et D. — ' leur cens 18 deniers pour un vieux gros : B. D. — d jamais
forjuger : B. — « le receupt et leur promit de ce faire et acomplir : B. — leur promit de ce
faire : B. — leur promit de faire : D. — les eut tous en convenance de ce faire : C. — ' lui
jurarent féaulié, léaulté à tousiours le cognoissant et tenant pour leur prince naturelle : C. — tenir 20
et accomplir leurs promesses : B. — ' conclurent que : B. D. — demeuraient que : C. — '• que on
manderoit premirement sr Thierry de Hinsberch qu'il venist : B. — * et les Hutois : B. — i forjugiez
xiv bourgois de Huy : B.
(J) La (Imputation était composée de Godcfroid, du majeur Wéri le Hardi et de quarante huit
bourgeois, d'après Fiscn copiant sans doute la grande chronique de Jean d'Outremeusc. Toutefois 25
Wéri le Hardi, cité en 1545 connue homme allodial (Cartulairc de Saint-Lambnl, t. IV, p. 34),
n'apparstt nulle part comme échevin, ni comme majeur.
(*) Ils offrirent pareillement au duc de lui permettre de placer garnison dans la forteresse Hocsem).
(3; A moins que le délit n'eût été commis dans la franchise de Liège.
(*) Les échevins étaient d'avis de s'entendre avec Thierry pour qu'il relevât le comté de Looz de 50
l'évéquc de Liège et s'alliât avec celui ci contre le duc de Brabant. Au sein du chapitre, il y eut
deux partis. Hocsem s'opposa avec huit chanoines à ce que Thierry fût mis en possession du comté;
ils alléguaient la défense portée par le pape sous peine d'excommunication. La majorité du chapitre
céda; mais déjà Thierry avait fait alliance avec le duc de Brabant. Tel est le récit d'Hocsem.
(B) Guillaume I", comte de. Namur 1337-131)1. D'après Hocsem, l'alliance ne fut pas conclue. 35
CHRONIQUE ABREGEE DE JEAN DOUTREMEUSE. 151
défaisoif, que dedens xn jours il seroit ardant et bruslant le pays jusques aux
portes de Liège b. Et à dernier jour de may, le pay fut ensemble, mais les
maistres de Liège, sans le consent des aultres membres, escrirent à duc que on
euuist xv jours de Iriwes, et ils pensoint bien troveir paix entre l'évcsque et
5 cculx de Huy, mais le duc n'en volut rien faire (*).
Et le jour de la Penthecoste (2), le pays remanit ° de courir sus le duc de
Brabant, veu qu'il avoit pris en sa garde la ville de Huy, et ossy il défiât
l'évesque rf (3). El lendemain fut la cité ensemble en jardin du palais, et le
sire Wilheaumc d'Heur, chanoine de S. Joban (4). dist la parollc du l'évesque,
io priant, non obstant que la cité ne doibt yssir xl jours après le département
l'évesque, bonnes vilhes et ses amis \ qu'ils se veuillent en eeste besongne
avaneier '. Et adonc eur grande murmuration et sédition, criants se la murmure
et sédition que grandement les défranchissoit et avoit longtemps estez n'esloit
abolie (5), et à la commune rendues leurs franchizes 9, nullement en ce cas ne
15 » s'il ne desistoit à rencontre des Hutoys : B. — b que dedens xn jours il seroit devant les
portes de Liège ardant : A. — qu'il vindroit ardre son pays jusqu'aux portes de Liège devant
12 jours prochenement venant : B. — qu'il luy viendroit ardre son pays jusques aux portes de
Liège dedans 12 jours : D. — c le pays accordât : B, D. — <' l'évesque l'envoyât défier : B, D. —
e et les aultres bonnes villes pareillement : B. — ' qu'ils se veullent... avancer avec les bonnes
20 villes et leurs amys : C. — non obstant qne la cité ne doit issir que dans 40 jours après le dépar-
tement de l'évesque qui veut s'avancer en ceste besoigne : B. — » criant qu'on les défranchissoit
grandement, et il y avoit longtemps qu'on n'avoit rendu les franchises à la communauté, et si
on ne les rendoit pas... : B, C, D.
(») Le 3 juin, le conseil communal de Huy, sans doute par représailles, bannit treize bourgeois de
25 la ville, chefs de ceux qui tenaient le parti du prince et des trois États. C. H. II., 4° série, t. X, p. 101.
('-) 1" juin.
(3) La chronologie des événements suivants est passablement embrouillée. Ces événements abou-
tissent à une double conclusion : 1° le 6 juin, révocation du conseil de l'eveque et institution des
Vingt- Deux; 2° le 1er juillet, concession de la lettre de Saint-Jacques. Nocsem ne s'occupe que de la
30 première série de faits. J. d'Outremcusc raconte la double série d'événements, mais sa chronologie les
intervertit, en contradiction avec les documents.
(*) Guillaume d'Heure, fils d'Alexandre, avoué d'Heurc-Ic-Romain est cité comme chanoine de
Saint-Jean de 1341 à 1345. II était mort le 11 octobre 1550. (Croisiers, rcg. Hfi, fol. 28; L. Lan ave,
Carliilaire de Saint-Jean, p. lxxx; Hemricourt, I, p. 295; II, p. 255.)
35 (») Loi de murmure publiée par Adolphe do La Marck, le 16 janvier 1329, en exécution de la paix
de Wihogne. Elle interdisait, sous peine de bannissement, toute espèce d'attroupement ou de discours.
Voir J. d'Outrcmcuse, t. VI, pp. 4B5-454.
152 CHRONIQUES LIÉGEOISES.
aullrcs, ils no fcroinl service à l'évesque. Et respondil l'évesque que dedens
trois jours il les rendrait, mais son conseil luy dcsconseillat de quitter ladite
niurmur tant et sy longuement qu'il polroit. Et adonc (*) le conte de Henau (*)
vient à Liège avec le siegneur d'Agymont Lowys (3), le siegneur de Scraingne
Thiry ('). et siegneur Wallhier de Moniale (5), lesquelles dcprionl tant que s
triwes furent mise jusques à le vmBjour de julle, et l'évesquc se partit quant
il devoil respondre à la cause de la murmur ", et n'eurent les communs sur ce
nulle responec. El le dernier jour de junc, l'évesque et avec luy ses aidans, le
roy de Bohème ("), le duc de Mont (7), et le conte de la Marche (8), furent sur
la cité sur ce assemblée, pour ce que le duc de Brabant soy appareilloit de 10
venir contre l'évesque. Lors l'évesque dist que le peuple le vcult aideir sans
prolongement, et il les quitteroil ladite murmur '', voir qu'on lesisl la paix de
Wihongne c (°), et ce que scroil à amendeir on le amenderoit *. Adonc c Herbert '
" l'évesque estoit lousjouis fort couroucé pour ce que le peuple avoir murmuré contre luy : C
(mauvaise interprétation que le copiste fait de son texte, dont il ne comprend plus le mot murmure). 15
— 'la murmure qu'ils avoient faicte : C (même observation). — c laissasse la paix de Wihogne : B, D.
— <* et ceuli qui le deveroient amender l'amenderoient et cela que seroil mal faict on l'amenderait
aussi : B. — e Adonc . qu'on dit du S. Jac. : omis C. — ' Hubert : B.
{*) Le 2 juin, d'après Hocscm, arrivèrent à Liège les comtes de Hainaut, de Derg et de La
Marck. 20
(2) Guillaume II, comte de Hainaut 1537-1545.
{*) Louis de Looz, seigneur de Warck et de Ncufcliàteau. (Hkmricourt, I, p. 97; II, p. 292.)
(') Thierry de Huneffe, seigneur de Seraing-le-Chàteau, mort en 1557. Il avait hérité la seigneurie
de Seraing de son oncle, Thierry Tabarcau de Haneffc, dit de Seraing, 1312. Thierry de Haneffe eut
pour fils Eustachc de Seraing, capitaine général du parti d'Awans dans la guerre avec les Waroux, 25
lequel, en 1555, pour mettre fin à cette guerre, épousa une Clic de Walthcr de Warfuséc, seigneur de
Momalle, capitaine général du parti de Waroux. (IIemuicoirt, I, p. 141 ; II, p. 258 et de Chestret,
La terre franche de Haneffe, dans B. I. A. L., t. XXXVIII, p. 25.)
(5) Waltcr de Warfuséc, dit de Momalle, avoué, puis seigneur de .Momalle (voir n»!e précédente),
maréchal de l'évèché, 1551. (Cartulaire de Saint-Lambert, dans B. S. A. //., Il, 227; Hemricourt, I, 30
p. 28; II, p. 397.)
P) Jean dit l'Aveugle, comte de Luxembourg, roi de Bohême. I3IO-I316.
(') Adolphe VIII, comte de Berg, époux d'Agnès de Clèves, mort en 1348.
(8) Adolphe II, comte de La Marck de 1328 à 1347, neveu de l'cvêque.
(8) Paix de Wihognc du i octobre 1528. 55
CHRONIQUE ABRÉGÉE DE JEAN D'OUTREMEUSE. 153
des Preis (4) et Johan de Flémale, bolengier (2), maistres adonc pour le temps,
firent leir ladite lettre leur clerc Johan de Parfonlriwe a (3), et fut concédée la
lettre qu'on dit du S. Jac " (4).
Et furent en aide du l'évesque ineltues hors les banniers sur le marchez c,
5 mais ledit conte de Henau vient à Liège et priât tant que les triwes furent
encor prolongiés, et (5) traiclat tant que l'évesque et le duc soy compromirent
" leur clerc J. de P. : omis B, D. — b finalement la paix fut faite, qui fut appelle la paix de S. Jacque :
B, D. — c et adoneques furent mis hors les banniers des mestiers pour ayder leur évesque : B.
(<) Herbert des Prcz, écuyer, élu maître de la cité avec Jean de Flémalle, le 25 juillet 1512 (Les
10 Echcvins, t. 1, p. 203), cité comme tel le 24 juillet 1345 (Carlulaire de Saint- Lambert, t. IV, p. 8).
Hemricoirt, I, p. 237; II, p. 33S.
(*) Jean de Flémalle le boulanger, cité comme maître de la cité en 1342 (Jean d'Oulrcmeuse, Geste,
t. VI, p. 690), et le 24 juillet 1543 (Cartulaire de Saint- Lambert, t. IV, p. 8). On retrouve ce J. de
Flémalle boulanger en 1 345 (Chartes de Saint-Pierre, p. 46). Personnage différent de l'échcvin Jean
15 de Flémalle, mort à Airbones en 1528 (Cartulaire de Saint-Lambert, t. IV, p. 121; Fiefs d'Ad. de
La Marck, pp. 253, 282; cf. Les Echeiins, t. I, p. 170). Différent aussi de Jean Flémalle le scohier.
(*) Un personnage du nom de Jean de Parfondry fut cité en 1548 (Cartulaire de Flanc dans
Analcctes, t. XXIV, p. 453), et 1349 (Carlulaire de Saint- Lambert, t. IV, p. 1 12). Un personnage du
même nom est cité en 1316, comme fils d'Amel de Parfondry, bailli du Condroz (Fiefs d'Ad. de La
20 Marck, p. 16). Hemricourt, II, p. 527.
(*) Lettre de Saint-Jacques, 1" juillet 1543 (Ordonnances, t. I, p. 248).
(8) Les faits suivants sont nécessairement antérieurs à ceux qui précèdent. L'évéque et le duc
commencent par constituer des arbitres pour connaître de leurs diflércnds, qui sont principalement
relatifs à ces deux points : l'affaire des Hutois et l'affaire du comté de Looz. Le chapitre consent à
25 l'arbitrage, mais en refusant d'y comprendre la question du comté de Looz. Outre les trois comtes de
Hainaut, de La Marck et de Berg arrivés à Liège le 2 juin, le conseil d'arbitrage comprend les
conseillers de l'évéque cités plus haut. Mais ceux-ci, officiers concussionnaires, font déborder le vase
par leurs exigences pécuniaires. Ils sont destitués du conseil de l'évéque, et on établit le conseil des
Vingt-Deux (6 juin). Par le fait même de leur destitution, les conseillers de l'évéque sont éloignés
30 des délibérations du conseil d'arbitrage. Dans l'entretemps, les Liégeois posent des conditions à leur
intervention contre les Hutois, et l'évéque leur accorde la lettre de Saint-Jacques (1" juillet). On est
alors décidé à marcher contre les Hutois; mais le comte de Hainaut obtient une nouvelle trêve dans
l'espoir de faire régler les difficultés par voie d'arbitrage, et malgré l'opposition du chapitre à y
comprendre la question du comte de Looz, il réussit, le 5 août, à se faire remettre les pièces du procès.
ô:> Le 4 août, il est avec Jean de Beaumont admis comme arbitre par les Hulois (Devillers, Cartulaire
des comtes de Hainaut, t. I, p. 205), et le 6 août, par l'évéque (Ordonnances, t. I. p. 154). La sentence
est rendue le 8 août, et solutionne, malgré le chapitre, l'affaire du comté de Looz (Carlulaire de Saint-
Lambert, t. IV, p. 9). Cette sentence est approuvée par l'évéque, le 18 août (Ordo7inances,l. I, p. 261).
Tome 11. 20
154 CHRONIQUES LIÉGEOISES.
sur Iuy, voir que le chapitre réservât que de la contée de Looz la compromise
ne serviroit mie ". Et ledit conte de Looz n'at vollut consentir à conseil du
l'évesque, anchois ne à sa sentence, dont ceulx de II uy n'en povoint yssir, mais
ils respondircnt '' qu'il falloit que ils priassent à l'évesque xnM royals, et à
ceulx de conseil viM, dont le conte fut très courouché sur eulx, et s'en allât s
à Huy et mandai là les estais du pays, et les dil comment le conseil voloil
avoir viM royals de ceulx de II uy, et que ce esloil ansy que desrobeir le pays.
Dont la cilé et les estais ' du pays dirent à l'évesque qu'il ne le povoil plus
souffrir, et qu'il prist des aullres conseillers que ses trois desurdit, le siegneur
Hocsem, 317. de Landris, sire Renar de (ïhore et llerman de Rêves, et aullres bailhiers et 10
officiers. Kt adonc l'évesque respondit qu'il Iuy plaisoit bien qu'on y mellast
bon appoinlement par l'ordonnance de trois princes, le duc de Mont, le conte
de la Marche et le conte de Henau susdit. Lors les trois princes furent à la
Vaulx S. Lambert xi jours, et là firent sur ce une ccdule ''. Et le xxme jour de
julle (J), fut sur ce le pays en chapitre, excepteis ceulx de Huy, qui n'estoint is
encor accordeis, et là firent lesdis princes leir ladite cédullc c de ce qu'ils avoient
conclut à la Vaulx S. Lambert. Et contenoit ladite cédille que là fut pronuncié
que l'évesque rostast loul son conseil et officiers, el mellisl désormais proid-
hommes et du l'extraction du pays, affin que ce que le conseil ou ofïîciers
aroint exaclioné,soy peussent radresseir ',que y soient constitueis xxu personnes 20
sur tous juges pour les forfaitcurs, juges et officiers eorregier du exaction et
faux jugements, et les polrat ons faire tiroir en cause les desusdits conseils et
officiers pardevant lesdis xxu de ce qu'ils ont faict paravant •', lesquels en polront
" la contée de Looz ne fust mis dedens la promist : B. — '• le dit comte de Hainaut voulut sentir au
conseil l'évesque, avant qu'il eusse donné sa sentence comment il seroit de ceux de Huy ; adoneques 2b
Iuy fut dit desdits conseillers .B.D. — voulut sentir au dit évesque comment ceulx de Huy pouldroient
avoir paix : C. — c De quoy les nobles et estats du pays : B. — d et mirent par escript leur ordon-
nances : B. — e leur ordinances et sentences : B. — t afin que s'ils avoient fait quelque exaction,
qu'on se puisse prendre à leurs biens : B, D. — "et que on les poldroit traire en cause tous
conseillers devant eulx, officiers et nobles du pays, de petit jusques au plus grand, et faire enquest 30
et corriger selon la qualitéz de l'excès et pronunclier leurs sentences : B.
(') La lettre des Vingt-Deux est émise à la date du 6 juin. Le 19 juin, l'évêque et le chapitre
déclarent que par celte institution ils n'ont entendu porter aucune atteinte aux droits de l'abbé de
Saint-Trond. (Piot, Carlulair» de Saint-Trond, t. I, p. 488.)
CHRONIQUE ABRÉGÉE DE JEAN D'OUTREMEUSE. 155
faire enquestes et sur ce senlencier et corrigier. Et polront lesdis xxn avant
slatueir voir au prouffict et l'honneur du l'église, et doient estre de ses xxn
quatlre chanoines du S. Lambert, quattres barons du pays, quallre de la cité,
deux de Huy en cause là ils seroinl d'accordés à l'évesque du Liège, deux de
5 Tongre, deux du S. Trond. deus de Dionant, ung de Fosse et ung de Boilhon,
laquelle lettre fut saillée du l'évesque, chapitre et des aullres membres. Et
doient lesdis xxu toutte leur vie rcmanir, non obslant qu'il ne plaisoint mie à
ehapitre, car le chapitre disoit qu'il seroil meilleur du cslicr tous les ans
h nouveaux (*).
10 Le xxviii6 jour de julle l'an susdit, le conte de Hcnau et Johan de Bealmont,
siegneur de Soyson (2), son oncle, furent en chapitre, où ledit conte dit qu'il
ne povoil troveir accord entre le duc et l'évesque à cause de Huy, sy doncq
premirement on ne luy donnoit tous les procès faicts contre le siegneur Thiry
de Hinsberg à cause de la contée de Looz, mais le chapittre n'y voloit aulcun-
15 ncment entendre. El le m° jour d'auguste, le chapitre remonstrat ce à la cité,
à cause de ladite contée de Looz, sy que la cité passât, ossy généralement les
grands que les communs, que pour morir il remaneroienl deleis le chapitre,
que la contée susdite remaneroit à l'évesque enlirement. Et puis l'évesque
demandât en chapitre les procès susdis, et le chapitre luy présentât pour ce
20 qu'il disoit que c'esloil pour plus avant ledit siegneur Thiry excommunier,
mais il les donnât à conte de Henau susdit. Et le xxvie jour d'august, ledit
conte en chapitre, en la présence du roy de Bohème et du son oncle Johan de
Bealmont, pronunchat sa sentence entre l'évesque et le due de Brabant (3).
Premir qu'il soit bonne paix entre eulx et que l'évesque aye sa juridiction par
ss sa diocèse, et que l'alliance de duc et ceulx de Huy soit abolie, et que Huyois
prient mercy à l'évesque et par ansy doient estre quittes du desurdit vogement,
et payer leurs cens comme ils avoienl acousluméz, et qu'on puist ceulx de Huy
appelleir ne huchier pardevant les eschevins du Liège, fours que des cas qu'ils
(') Hocsem et sept chanoines s'opposèrent seuls à la perpétuité de la charge.
50 (*) Jean de Beaumont était fils de Jean 11 d'Avesne, comte de llainaut; ii était frère de Guillaume Ie,
de llainaut, père du comte Guillaume II. Il épousa Marguerite, fille de Hugues, comte de Soissons.
Il mourut à Valencienncs le 1 1 mars 1556.
r3) Paix de Duras, 8 août iôiô. Voir ci dessus. (Cartulairc de Saint-Lambert, t. IV, p. 9.)
156 CHRONIQUES LIÉGEOISES.
fourferoint en la franchize de Liège, et que les eschevins et ceulx de Huy
qu'avoient eslcis criez hors reviennent à Huy. Et plus " avant pronunchat que
le siegneur Thiry euuisl ladite contée de Looz, comme le roy de Bohème,
quant il esloit mamhor, luy concédât.
Hocsem,323. Mais le chapitre nullement ne s'y volut accordeir; il l'escrirent à pape (*), et s
le pape envoyât à Liège ung légat, et l'évesque esloit malade en Allcmangne (*).
Non obstant l'évesque revient à Liège quant il secut la venue dudit légat,
l'évesque du Forlivez, mais il fut tellement informé de par l'évesque que jetiez
fut ooveau interdiet en Brabant et à Huy (3), dont le due et Huyois ont sur ce
appeliez et paransy l'évesque ne voloil tenir la desurdite sentence. Et adonc 10
eut à Huy m vestils qui n'acontirent mie audit interdiet.
Et les maistres du Liège Johan Jacqmot (4) eurent convent b au conseil du
l'évesque d'abatre ' les xxu susdis, mains que l'évesque voulsist défaire les
ii francs foerres susdites (5) et que il luy livrerai ix ou x banniers pour com-
battre ceulx qui y voiront résisteir. is
L'an XHJ,:XL11II, le xne jour de janvier. ledit Johan Jacqmot soy descouvrit
à plusieurs governeurs des mestirs et fist contrefaire vi banniers pour, se
besoing esloit, apporteir sur le marchy, et estoit segure du nu mestirs, drappirs,
" plus : omis A . — davantage : C . — b eurent en convent : C, D. — eurent en convenance : B. —
c abolir : B. 2o
(') Le 4 septembre, l'évêque Adolphe déclare au pape Clément VI qu'il a excepté l'affaire du comté
de Looz de l'arbitrage confié au comte de Hainaut, et le supplie de confirmer les excommunications
fulminées contre Thierry de Heinsberg (Chapeaville, t. Il, p. 472). Le 14 septembre, l'évêque et le
chapitre implorent l'assistance des cardinaux contre le duc de lirabant, le comte de Hainaut et
plusieurs chevaliers liégeois qui demandaient que Thierry de Heinsberg fût confirmé dans la possession 25
du comté de Looz (Ibid., pp. 472-474).
(2, Le légat arriva à Liège le 30 septembre.
(5; Le chapitre écrivit au pape pour le remercier des services lui rendus par l'évêque Jean de
Forli. [Analecles, t. XV, p 23.} Voir aussi l'n. vain Isackeh et D. V. Beulièue, Lettres de Clément VI,
n" 923 à 920, !)32. 50
(4J Jean Jacquemot est cité comme drapier en 1350, ISII. (Carlulaire de Suint-Lambert, t. IV
pp. 128, 157.) Il épousa la fille de Jean Mous tard. (Recueil héraldique des Bourgmestres, p. 66.)
(B) Foires établies en 1331). Voir J. d'Oitremeisk, t. VI, p. 617.
CHRONIQUE ABRÉGÉE DE JEAN D'OUTREMEUSU. 157
xhohiers, retondeurs et merehiers ". Et le xxve jour du féverir, Guilheaume de
Budresem (*), chanoine du Liège, et siegneur Johan de Lardir (5) vindrent en
la chambre du Pévcsque avec les aulfres xxii du chapitre et du la cité, et là
mesme en la présence du Johan Jacqmot, maislre du Liège, et de ses complices
5 governeurs, l'évesque volul veoir la lettre des xxn, et lesdis xxii lui monstrirent Hocsem,
328, 329.
par le conseil dudit maistre,et luy donnirenl fort malgré le desurdits Guilheaume
et Johan de Lardir, qu'esloint garde de la lettre, et l'évesque volut courir sus
ledit siegneur Johan, mais il s'en allât et adonc l evesque deschirat la lettre
des xxii. Et adonc Johan Jacqmot demandai à l'évesque s'il avoit bien tenu
10 covent. L'évesque dit qu<' owy et que ce qu'il avoit covent il le tiendroit, cestoit
qu'une foire b seroit abattue, mais la chose fut celée jusques au mitant du
quaresme. Lors le faict vient à la cognoissance du peuple, sy que quant Johan
Jacqmot et le conseil et ausy ceulx de leur secte veyrent que à peine polroient
ils avoir les susdis un mestirs, et que la cité estoit toulle contraire, ils ne
is osirent venir sur le mardi y. Adonc le peuple s'assemblât et passât de faire sur
ce enquestes, et pendant le temps que l'enqueste se faisoit, l'évesque s'en allât
en Wasfalle. Et le dernier jour de marce, l'enqueste fut publiée et furent banis
du conseil de l'évesque siegneur Johan de Landris, Johan Pollard, mayeur du
Liège (3), Johan Jacqmot, maislre du Liège des pitis, et tous ses complices %
20 et Johan de Lardir, maistre du Liège pour les grands, en fut en péril, mais pour
ce que ces choeses avoint esté faictes malgré luy, il ne fut point banis, et eurent
covent les englises de corrigier, s'il en avoit aulcuns coulpables dedens
l'église d.
Et le xvue jour de june, le conte de Henau qu'estoit revenus d'Oultre mère,
25 o trois mestiers, soyeurs, tondeurs et merciers : B, B5. — quattre mestiers, assçavoir les drappiers,
les follons, les retondeurs et les merehiers : C. — trois mestiers, drappiers, soyeurs, retondeurs
et merehiers : B1, B* et D. — b une chose seroit abattue : A. — c Jehan du Lardier, Jehan
Jacquemot, maistres du Liège pour cest an, et Jehan Pollard, mayeurs, et plusieurs autres esehevins
que autres bourgois : C. — a pour les grands.., dedens l'église : omis C
50 (') Guillaume de Bautersem, mort en 15ÏÏ4. (Hemricourt, I, p. 1ÏS9; II, p. 145.)
(*) Jean Surlet, dit de Lardier. Voir Les Echcvins, t. I, pp. 1 88-159.
[*) Jean Polarde, chevalier, mayeur et éclievin, beau-frère de Jean de Langdris. Voir Les Echcvins,
t. I, pp. 191-192; Hemricourt, I, p. 411; II, p. 554.
138 CHRONIQUES LIÉGEOISES.
vient à Liège avec le roy Johnn de Bohème el son oncle, siegneur de Bealmont,
Hocsem, 329. et là soy déplaindit que l'évcsque et le chapitre avoit alleis contre sa sentence
que la contée de Looz devoit remanir à siegneur Thiry de Hinsberg. Et adonc
le chapitre respondit à conte que jamais ils ne s'estoient compromis à luy de
la contée de Looz, et pour morir jamais tant à ce poinct ils ne liendroint sa 5
scnlcnce. Lt adonc le conte disl grande villcnie au chapitre, mais cela vient en
aide du chapitre ", sy que lendemain lesdis roy et contes se partirent de Liège
et s'en allircnt en Brabant, et là ledit roy fut conjoinet à duc de Brabant, et
ossy le conte Guilheaume susdit qui avoit à femme Jehenne. fille audit due de
Brabant. Alors à l'information dudil conte, furent tous les biens des églises du 10
Liège arresteis en Brabant et le conte eserivil une lettre à chapitre et à la cité
qu'ils veullent estre à Fexhe le vme jour de julle. car l'évesque n'esloit encor
revenu de Wasfalle. Et à ladite journée, par force de maladie, ne vient point
ledit conte.
En cesle année, en mois d'august, le peuple du Sainct-Trond s'armal encontre 15
les eschevins, disant qu il ne voloinl plus que les eschevins eussent plus les
biens des messeaux. el qu'ils ne levassent plus la fermeté que mise avoinl sur
les biens (i). Et adonc les eschevins s'en allirent paissiblement alloyer à duc
de Brabant, et le due di^t qu'il viendroil volunlicrs à Saincl-Trond, car il avoit
achapté à siegneur ïhiry de Hinsberg la vowerie du Sainct-Trond, mais la ville 20
luy reseript qu'il n'y viendroit mie, sy que le duc jurât qu'il les destruiroit. En
ce temps l'évesque revient à Liège de Wasfalle, le xvie jour de septembre, car
le chapitre luy avoit rescript des affaires du Sainct-Trond et du conte de Henau,
et alors l'évesque allât à Sainct-Trond, et prist les eschevins et en fisl comme
de bon jugement (*). 25
" et le commun se mist en nyde de chappitre : B.
(i) Il n'est pas question de ces deux points dans le règlement porté pour les échevins de Saint.
Trond par l'évéquc Engelbcrt et l'abbé Amelius, le '.) avril 1518. [Cartulaire de Saint-Trond, t. I,
p. 490.) On n'en trouve pas davantage la mention dans le récit conçu d'ailleurs en termes généraux
de la Chronique de Saint-Trond, éd. de Norman, t. Il, pp. -78-279. 30
(») Le 29 avril 134S, l'évéque Engelbert, l'abbé Amelius et le Conseil communal de Saint-Trond
ratifièrent les dispositions prises par l'évéque Adolphe contre les mauvais administrateurs de la ville.
(Cartulaire de Sainl-Ttoud, t. I, p. 489.)
CHRONIQUE ABRÉGÉE DE JEAN D'OUTREMEUSE. 159
Et adonc l'évcsque revient à Liège et soy plaindit qu'il [n'jeust tenu la
sentence sur ceulx de Huy, niais ils I'avoint premir brisiez, et la cité dist
qu'elle manderoit ceulx de Huy qu'ils amendent à l'évesque à décret du conseil
du pays, ou la cité aideroit l'évesque sur ce contre ceulx de Huy. Et allors
5 n chanoines de Sainct- Lambert et n eschevins allirent à Huy remonslreir les
déplaintes du l'évesque, mais ceulx de Huy dirent que l'évesque mettist en
escript ce du quoy il soy déplaindoit, et ils respondrent desus et s'ils estoint
trouvez coulpable, ils vouloint deubtement amendeir le forfaict. Et adonc les
susdis commis rapporlirent à Liège ce qu'il avoint trouvé à Huy, sy que le
10 lendemain ils fuient renvoyez devers Clermoni, où l'évesque gisoit malade, et
firent leur relation, mais l'évesque dhoit qu'il estoil sy malade qu'il n'y povoit
présentement entendre, et la maladie luy venoit à l'occasion de ceulx de Huy,
lesquelles il remeviscroit " s'il vivoit plus longuement, néantmoins à ce faire il
voldroit useir de conseil du pays, tellement que ceste responec fut envoyée à
15 Huy. El trois jours après, ceulx de Huy envoyèrent à Liège, en une neiff, de
leurs gens pour informeir de leurs besongne, mais quant ils passoint devant
Clermoni, où l'évesque gisoit malade, et on luy dit, dont l'évesque mandat b
siegneur Tbiry Marteau, bailhier de Hcsbaye ('), et luy commandât que à
revenir il corrist sus ceulx de Huy. Et le xxvie jour d'octobre, Huyois rendirent Hocsem,330.
20 en leurs neiff, quant ils avoinl faict leus informations à chapitre et à la cité, et
quanl ils vindrent à Cloekier, siegneur Tbiry Marteal et ses gens copirent les
cordes et tirèrent la neiff à terre, et y eut grande batailhe, et ceulx de Huy
euuissent esté perdus, se ce ne fussent grands gens de Huy qui accorrirent
prest, car on l'avoit nuncié à Huy, sy que siegneur Thiry Marleal s'en rallat à
2g tant c, et n'y furent que trois morls; lors renlrirenl Huyois en leur neiff comme
devant. Adonc quanl l'évesque le sceut, il tombai en frénésie et très chaude
maladie, et alors ceulx du 1 evesque décolpoint d ung bourgoix de Huy qui s'en
alloit vers Condros.
" remercieroit : B, D. — b on luy dit et il mandat : B, D. — c se partit à son déshonneur sans
50 rien faire : B, D. — d découpèrent : B.
(') Louis Marteau de Mirmottc, chevalier, seigneur de La Neuville, grand bailli de Hcsbaie en 1344.
C'est son nom qu'il faut lire ici au lieu de Thierry Marteau qu'on ne trouve cité nulle part comme
bailli de Hesbaie. (Hemricourt, I, p. 115; II, p. 299.)
1G0 CHRONIQUES LIÉGEOISES.
Et l'évesque par force de maladie aveuglât et tantost perdit la parolle, et
adonc sr Renard et Johan de la Marche, frères baslards à l'évesque. chanoine
du Sainct-Johan (J). luy prirent tous ses joweaulx. Et le nu" jour de novembre,
iiocsem,330. le jour de S. Hubert, morut l'évesque Adulphe de la Marche en ebasteau de
(Jermonl sur Mouse, et fut son corps amincis par nuict en une neilï à S. Jac 5
à Liège, et lendemain la cathédrale, églises el les secundaires l'allirent quérir
en procession et firent ses exèques à Sainct-Lambcrt, et fut ensevely pardevant
le grand allaire ". Et pour ce qu'il morut sans testament, le chapitre alla lanlost
osteir les officiers, sans appelleir les maislres, dont la cité fut nulcunement
eourrouchéc, mais adonc le chapitre assignat journée de mandeir le pays pour 10
cslier ung mambor. Et le xu jour de novembre, la nuict du S. Martin, le pays
fut ensemble et cslcurcnt siegneur Lowys d'Agymonl, mais tantost qu'il fut
liocfem, faict, sans le consent du chapitre, il rostal le rcchepvcur que le chapitre avoit
33.7 333 ,
mis, et fist Faslrard liarc (2), chanoine du Sainel-Poul, rcchepveur, et le chapitre
l'excommuniât, sy que il renunehat tantost (3), et le chapitre fist reccpvcur 13
Héribert '' des Preis (4), et le mambour susdit governal pour Engelbcrt de la
Marche '.
« et fut enterré par devant le grand autel du coslé du palaix proche des gréz du dit autel
dessoubs une platine de cuivre, où est engravé allentliour ceste épitaphe ensuivant :
En clarum, cui Dfarckâ genus, natura decorem,
Fama decus tribuit, raeritorum copia farnam.
Leodiensis apex in pacem praelia vertens.
t'roch do!or, hic recubat presul venerandus Adulphus
Qui centura ter et decies Iluberli luce futiscens
X quater, i toliens junctis, in pace quiescit. 25
Liège Univ. i64.
b Libert : B. — c gouvernât le pays tant que Engelbcrt de la Marche fût receu à évesque : B.
(') Voir biron J. de Ciiestrkt, Histoire de la maison de la Marck, p. 243, et !.. Laiiave, Cartulaire
de SaiutJcan, pp. xlii et L.
il) Fastré Baré, chanoine de Saint-Paul et de Saint-Martin. (Hrmmcourt, 1, p. 403; II, p. I4S.) ôtf
(', Voir un acte relatif à celle affaire, 15 décembre 1344. (Cartulaire de Saint Lambert, t. IV,
p. 28.)
[*) Sur Ilerbert-des-Prcz, voir p. 133, noie t.
CHRONIQUE ABRÉGÉE DE JEAN D'OUTREMEUSE. 161
Engelbert de La Marck.
Jean d'Outremeuse a sans doute connu les récils d'Hocsem et de Jean de
Warnant, mais il les utilise très peu. Au contraire, il suit de plus près Radulphe
de Rivo, à partir de 1347.
5 Le manuscrit C est fort abrégé. Le manuscrit D contient quelques additions
empruntées à diverses sources, parmi lesquelles le copiste cite la Chronicque
de France.
Le texte se ressent de la négligence habituelle à Jean d'Outremeuse; il a
donc besoin d'être contrôlé d'après d'autres sources.
io Engelbert de la Marche qu'estoit Gs du frère l'évesque Adulphe de la Marche
susdit, de la fille du seigneur de Wezmalle (1), qu'estoit alors privost du
Sainct-Lambert (2) a, s'en allât vers le roy de France et luy comptât h la mort j. de W., 336.
du son oncle l'évesque Adulphe, et priât à roy qu'il voulsist escrire à pape pour
luy, et tellement le roy escript0 que le pape Clément VIe l'eslcuzit évesque du
is Liège (3).
L'an XIIIe XLV, le xxme d jour de féverir, fut ledit Engelbert confirmé, et
" quant ilz sceut que son oncle estoit mort : B. — b luy comptât de la mort : A. — "et tellement
fist le roy son debvoir : B1. — ce que le roy fit très volontiers et telement : B2. — d le 22e : D.
(l) La même filiation est donnée par la Chronique de H02, probablement d'après J. de Warnant.
20 Lefort attribue au comte Engelbert de la Marck, père de Pévêquc, un double mariage : le premier,
avec la fille du seigneur de Wesemael; le second, avec Mathilde, fille de Jean, sire d'Arenberg. Après
avoir d'abord fait naître l'évèque du premier mariage, il se corrige et le fait naître du second. Levold
de Northof, éd. Tnoss, p. 128, l'historien attitré des la Marck, ne parle pas d'un premier mariage et
donne Mathilde d'Arenberg comme mère de l'évèque. Celle indication est confirmée par une charte
25 publiée par Van Stkinen, Westphâlische Gesehichte, t. I, p. 176, où sont énumérés les huit enfants du
comte Engelbert de la Marck.
(*) Cité comme tel en 1356 par Jean b'Outremeuse, t. VI, p. 586, el à partir de 1357 (Fiefs
d'Ad. de la Marclc, p. 439) et de 1358 (Cartulaire de Saint-Lambert, t. III, p. 535) dans les
documents.
30 (5) Le 18 novembre 1344, le pape écrivit au chapitre pour se réserver la nomination de l'évèque.
( Vatikanische Akten zur deutschen Gesc.'iichte in der zeit Kaiser Ludwigs des Baycrn, p. 794.)
Tome II. 21
162 CHRONIQUES LIÉGEOISES.
Coen deLonchin(1)aportatles bulles d'Avingnon,el l'évesque remanit làjusques
en apvril (*), el ledit Coen r' comme son facîeur, présentât en chapitre lesditcs
bulles, et fut en nom dudit évesque recheupt; se cessât alors le susdit siegneur
Lowys d'Agimont à mamborneir, et mambournat ledit Coen ° jusques à la
venue dudit évesque Engelbert. El le vue ''jour d'apvril (3), entrât à Liège noble- 5
ment l'évesque Engelbert de la Marche desurdit (4), et régnât xx ans à Liège.
Ledit évesque, tantost après sa venue, enlreprislla guerre az Huoys comme
son prédécesseur avoit quant il morul ' , mais la pais fut faicte l'an XIIICXLV
Hocsem, susdit ', par le moien du trois chevaliers (5), assavoir siegneur Giel du
Cerff e (6), siegneur Thiry de Seraingne, et siegneur Walthier de Momale, 10
par telle manier que la paix sur ce jadit faite par le conte de Henau serat tenue,
et l'excommunication jettée en Brabant annichilée, et l'évesque ferat absoulre
ceulx de Huy par le pape, voir qu'ils paieront à l'évesque dedens m mois
xviM florins r (7). Après, le xvm" jour de décembre, fut l'évesque Engelbert
sacré aile Yaulx Saint-Lambert ». 15
" ledit conte : B1. — b en celle mesme année, le vne jour : B. — le 8e : D. — Hocsem dit : le 12». —
c avoit faict en son vivant jusque à sa mort : B. — d le jour del saincte Barbe : B, D. — la nuyt de
S. Barbe : Liège U. 181. — " Gilles de Rochefort : B, D. — ' L'an mesme le quinzième d'octobre,
furent approveis les status de Liège par Engelbert esleu de Liège. An mesme, fut mise la première
pierre du monastère de Saincte Claire à Brucelles : ajoutent B' en notes marginales et D. — » L'an 20
mesme, le jour de Noël, eélébrat le dit évesque ung grand convive à chasteau de Uuy : ajoute D.
(«) Coune de Lontzen. (Hemricoukt, I, p. 262; II, p. 291.)
(*) Engelbert reçut de Clément VI, dès le 28 février, l'autorisation de revenir à Liège.(Vatikanische
Akten, p. 798.)
(5) Le 7, l'évêque arriva au château de Clermont, d'après Fisen; il fut inauguré le 12 (IIocsbh.) 25
(') Capitulation jurée par l'évéque Engelbert, à son avènement, 12 avril. (Ordonnances, t. I, p. 261;
DE Tiibi'x, Le chapitre de Saint-Lambert, Introd., p. xxvm.)
(B) a Ad procurationem doraini Egidii de Cervo, militis, amici et oppidani Iloyensis, dominus
Walterus de Momalia, Theodericus de Serayn et Theodericus de Koesmer receptor... pacem fecerunt. »
(MatUias de Lewis, éd. Bormans, p. 113, probablement d'après Jean de Warnant. Thierry ou Tilman 30
de Rosmcl, est cité de 1530 à 1544 comme receveur général de l'évêché de Liège (Fiefs d'Ad-
de la Marck, passini), échevin en 1554-1545 KLcs Échevins, t. I, p. 181;. K'sen, t. II, p. 10b, en fait,
par erreur, un parent de l'évéque, Tilman de Wcscmacl.
(«) Gilles de Cerf, cité de 1528 à 1544. ^Iemricourt, I, p. 547; II, p. 173.) Sur les deux autres
chevaliers, voir pages 1 52, notes 4 et 5. 33
(') Paix des Hutois, 8 novembre 1515. (Ordonnances, t. I, p. 275.)
CHRONIQUE ABREGEE DE JEAN D'OUTREMEUSE. 165
L'an XIIFXLVI, le premier jour de marce, ceulx de Huy ardirent la maison
Jehan Mérode (*) à la N'eufville (2), pour ce que comme lieutenant siegneur
Colien Fraipont (3), marischal l'évesque, il avoit faict trencheir la teste d'ung
bourgoix de Huy, qui, le siège vacant, avoit occis ung homme eu Condros,
s et en avoit faict paix à mambor et à la partie °. Tellement que à la déplainte
Johan Mérode, les eschevins de Liège voigirent6 xvm Huyois. Adonc les bonnes
villes vindrent à Liège à la prier de ceulx de Huy, et remanirent deleis ceulx de
Huy que le voigement c n'estoit de nulle valeur, veyant que c'estoit contre la
paix de Henau (4), car les eschevins du Liège ne peuvent par ladite paix
10 voigier d bourgoix de Huy, s'il ne at forfaict en la franchieze de Liège ou
dedens le ban lieu, sy qu'ils commandirent auz eschevins de Liège qu'ils
défissent leurdit voigement ', et sur ce saillèrent par seriment Liège, Huy,
Sainct-Trond et Tungre.
En ceste année, quant l'évesque fut revenu de Wasfale, il mandat son pays
15 à Fexhe, et soy plaindit de ladite alliance des bonnes villes desurdites (5),
mais le pays luy priât d'estre content, car ce n'estoit que pour la paix de Henau
susdite à gardeir, et non obstant l'évesque se départit sans estre content.
Pendants ces choeses, vient à Liège l'abbé de Sainct-Nycase de Rens (6)
comme légate de par le pape, en moy de june, et fut le pays assemblé, et fut Hocsem, 340.
20
a et pour le temps al partie : B'. — au mambour pour le temps et pareillement à la partie : fi!. —
1 forjugèrent : B. — c forjugement : B. — d forjuger : B. — e de rappeller les forjugéz : B.
(*) Le vrai nom : Jean Meiraude del Nueville, est cité le 1er novembre 15S9. (Charles du Val-Saint-
Lambert, n» 600.)
(*) La Neuville-sur-Meuse.
25 (5) Collin de Fraipont, chevalier. (Hemricourt, I, p. 212; II, p. 217.)
(*) Paix de Duras du 8 août 1545. Voir ci-dessus, p. 15b.
(5) Le 4 mars 1545, le pape Clément VI avait chargé les abbés de Saint-Nicaisc et de Werdcn de
déclarer nulles toutes les alliances que feraient les habitants du diocèse de Liège contre leur évêque.
(Cartulaire de Saint- Lambert, t. IV, p. 50.)
30 (6) Philippe le Coeque, abbé de Saint-Nicaise de Reims, était venu une première fois à Liège
en 1526 et avait échoué dans sa tentative de pacifier les Liégeois. Il est dépeint comme doué d'une
éloquence verbeuse : « verbis volubilibus quibus abundat » . (Lettre du chapitre au pape, 1 0 août 1 546.
Hocsem, éd. Kurth, p. 547.) Les chanoines de Saint-Lambert le rendirent responsable de ia perte du
comté de Looz : « a cujus loquacitate omnia mala que patimur initiura acceperunt ». (Lettre du
35 chapitre au cardinal prévôt, 25 septembre 1546. Ibid., p. 554. )
164 CHROMQUES LIÉGEOISES.
accordé que ledit légate et avec luy v channones du Liège, assavoir Renar de
Barbenchon ('), Guilhcaumc de Botresen " (2), maistre Elbert juriste de Bettin-
court (3), Lowis de Colon9ter (4) et Jean le Beul b (b) entrirent à Sainct-
Léonard pour traictier à Thiry de Hinsberg, qui prctendoit avoir la contée de
Looz, mais adonc le chapitre cnvoiat avec les maislres de Liège leurs escolastre s
maistre Jehan d'Oxhen (°) et Ghis de Charnoir, chanonne(7), à Sainct-Léonard,
disant qu'ils ne donnassent sentence qui ne fust à la détermination du chapitre
et du pays, et lesdis commissaires respondirent que ce qu'ils feroint ils le
reporteroient en chapitre; non obstant l'évesque volut sur ce mandeir son pays
pour oyr. Dont ung peu après vient le pays à Fexhe au mandement du i"
l'évesque, et là ledit légate Gt leir la sentence qui s'ensuit : que Thiry de
Hinsberg tienge en fiefz et homaige luy et ses hoirs ladite contée de Looz de
l'église de Liège à tousiours (8), laquelle sentence les maislres du Liège répro-
virent, mais tantost l'évesque (fl) allât mettre ledit siegneur Thiry en féaulté de
ladite contée de Looz, et ledit abbé confirmât ladite sentence comme légate. is
Mais adonc xvm des chanonnes qui estoint à Liège firent appellation à ladite
sentence à la court d'Avingnon, en excommuniant tousiours ledit siegneur Thiry
et le pays de Looz. Desquels chanonnes les principaulx estoint qui remanirent
« Guillaume de Bavvesin : A. — b Jehan le Veau : Bi. — Jean le Beau : B%. — c au 18 d'aoust : B.
— d'avril (mauvaise lecture) : D. 2°
(') Renaud de Barbançon. Voir de Tubux, Le chapitre de Saint-Lambert, t. Il, p. 76.
(•) Guillaume de Bauterseni. Voir Ibid., p. 41. (Hemricolrt, I, p. 159; II, p. 143.)
(3) Elbert de Bettincourt. Voir Ibid., p. 05.
(*) Louis des Prez, dit de Colonster. Voir Ibid., p. 82. (Hemiucuort, I, p. 255; II, p. 538.)
('•) Jean le Bel, le chroniqueur connu. -••
(«) Jean d'Hocscm, le chroniqueur. Fisen, t. il, p. 106 ne cite pas son nom, mais nomme à sa place
Joannes Baptista.
(') Guy de Charneux n'est pas connu de de Thcux. (Hemricourt, I, p. 485; II, p. 178.)
(•) 11 juin 1546. (Cartulaire de Saint-Lambert, t. IV, p. 46.)
(9) Le 18 juin, l'évêque relève Thierry de l'excommunication. (Cartulaire de Saint-Lambert, t. IV, 30
p. 47.) Le même jour, il fait savoir que Thierry a relevé de lui le comté de Looz. (Ibid., p. 48.) Acte
de relief du même jour. (Ibid., p. 51.) Le 19 juin, Thierry renonce à toute réclamation qu'il pourrait
élever contre l'évêque et ses adhérents, spécialement contre Jean de J^angdris, du chef de dommages
subis à l'occasion de la contestation. (Ibid., p. 5.)
CHRONIQUE ABRÉGÉE DE JEAN D'OUTREMEUSE. 165
contre ladite sentence (*) siegneur Johan d'Oxhen, Engorand de Grand Sart (2),
Guilheaume de Broinshorne (3), Raeze de Landris (4), Martin Bense a (5)
une Lombard (6), Dominic Balsamus de Florence (7), Henric le Blamerc " (8)
et aultres jusques à xvni. Lors la cité passât de mettre gens ens maisons des
5 chanonnes qui estoint sur ce absentis (9), car la cité tenoit qu'ils estoint d'accord
à celle sentence.
Adonc l'évesque mettit sa court à Tungre, mais pour ce que la cité doubtoit °
que l'évesque ne les fesist forjugir à Vottemme, elle remandat les escbevins de
Liège qu'estoint deleis l'évesque et mettirent de chascun mestier xu hommes
10 pour gardeir la place à Vottemme. Et quant les eschevins furent revenus
à Liège, ons rapportât que gensdarmes couroint sur les gens qu'estoint à
Vottemme, sy que on criât auz armes, mais quant les eschevins ce oyrent, ils
fuirent leurs voie, et plusieurs chanonnes et aultres, car ils pensoint que ce
fust pour eulx, et quant ceulx de la cité vindrent à Vottemme, ils trouvirent
io que c'estoint bourdes. Adonc les maistres et le conseil commandirent à ceulx
qui avoint criez auz armes chascun une voye de Sainct-Jac. Et ont encor les
maistres et le conseil envoyez prier auz eschevins qu'ils veullent retourner, et
ils les asségurent bonnement, mais les eschevins respondirent que voluntier
" Martin Beuse : B. — b Henri le Blamercq : B{. — de Blamerck : B*. — Henri de Blanraarch :
20 B, D. — « la cité craignant : B*.
(*) Plusieurs des chanoines dont les noms suivent, sont déjà cités en 1543 au nombre de ccuxq ui
s'opposèrent à ce que les pièces du procès fussent remises entre les mains du comte de Hainaut. Voir :
Hocsem, p. 11, chap. XXX, p. 520; ctJ. d'Outremeuse, ci-dessus, p. ISS.
(8) Enguerrand de Grand-Sart. Voir de Tbeux, Le chapitre de Saint- Lambert, t. Il, p. 53.
25 (') Guillaume de Brunshorne. Voir Ibid., p. 37.
(*) Raes de Landris. Voir Ibid., p. 75. (Hemricourt, I, p. 41 ; II, p. 276.)
(*) Martin Bence, Bencius. Voir Ibid., p. 77.
(6) La raison de cette dénomination nous est inconnue.
(7) Dominique Bavan, né à Florence. Voir de Theux, p. 84.
50 (8j Henri le Blavicr. Voir Ibid., p. 84. Il est cité comme chanoine de Saint- Lambert en 1548
(Cartulaire de Saint- Lambert, t. IV, p. 99), comme chapelain de Saint-Denis en 1550 (Ibid., p. 125)
comme chanoine de Saint-Denis en 1353, 1361 (Ibid., pp. 184, 549), comme ehanoine de Saint-
Lambert et de Saint-Denis en 1547 (Ibid., p. 217). II est encore cité en 1374 : Le vingne Saingnour
Henry le Blavier, canoine de l'église Saint-Denis en Liège. [Cartulaire du Val-Benoit, pp. 602, 606).
35 [*) A savoir les cinq chanoines ci dessus.
166 CHRONIQUES LIÉGEOISES.
reviendront se on faisoit bonne inquisition, que ceulx qui aroint criez auz
armes soient corrigiés selon la lettre du Sainct-Jac, et on les respondit que la
lettre ne les touchoit mie, car les hanniers des mesticrs avoint premirement estez
sur le marchez avant le cris. Alors Henry de Sollicrs (') qu'esloit maistre pour
les grands, dist que ce n'avoit esté mie son grez, que Rigaul le Rosty (2), son s
lieutenant l'avoit apporté, mais Jehan de Flémalle escohirs (3), maistre pour le
temps pour les pitis, dist que sa bannier avoit esté de son gré sur le marché.
Adonc fut départ la cité criez à peron cent ans et ung jour ledit Henry de
Solliers, femme et enffans, et fut siegneur Berlho Bareit (4) faict maistre.
En ce temps, mandat l'évcsque à Liège que à xvme jour de jung ons vient à io
forjugier à peron à Votemme tous ceulx qui ont criez auz armes, et les Liégois
ont jureis sur saincts qu'ils obtiendronl et feront ung conduiseurs mambors, et
siegneur Raeze de Waroux (5j fut faict capitaine ". et avec luy Biertho
d'Oekicrs (6). sy que pour veoir la puissance de la cité, ils allirent logier avec
Huyois à Awans et à Hollengnoul,mais Giel le Hobeir,qui fut ûs à Robert d'Isle, is
qui fut frère à Johan Robeir, qui fut eschevins et depuis maistre du Liège (7),
" un mambour pour estre leur conducteur : D.
(•) Henri du Solicr, maître de Liège en 4341 et en 1345. (Les Bourgmestres, pp. 64 et 67.) Il
mourut en 1349 (Ibid.). Hembicourt, I, p. 243; II, p. 371.
(«) Rigault le Rosli On trouve un personnage de ce nom cité en 1345 comme bailli du Comlroz 20
(Cartulairc de Saint- Lambert, t. IV, p. 33), en 1338 comme homme allodial. (Cartulaire de Flâne,
dans Anakctes, t. XXIV, p. 441.) Il avait une maison à Wonck (ci-dessous, p. 172).
(s) Jean de Flémalle, le Scoliier, maître de Liège en 1345, 1357. (Les Bourgmestres, p. 65.) Jean
de Flémalle le Scohier est cité en 1344 (Fiefs d'Ad. de La Mareh, p. 402) et en 1364 (Cartulaire de
Saint-Lambert, t. IV, p. 399). il était mort en 1375. (Ibid., p. 521.) Abry le confond avec Jean de 2b
Flémalle le boulanger (voir p. 153). Jean de Flémalle est encore cité en 4341 (Fiefs d'Ad. de La
Marck, p. 467), en 1350 (Cartulaire du Val-Benoit, p. 451), en 1358 (Cartulaire de Saint- Lambert,
t. IV, p. 268), sans qu'on puisse dire duquel des deux personnages il s'agil.
(*) Berthold Baie de Voroux, chevalier, fils de l'échevin Fastré Baré. (Hkmricolrt, 1, p. 463;
II, p. 145.) 30
(*i Raes de Warfuséc, chevalier, seigneur de Waroux. (Hemricoirt, I, p. 49; II, p. 398.)
(6; l'.arthélcmy d'Ocquier. Un personnage de ce nom est cité en 1530 (Fiefs d'Ad. de La Marek,
p. 595), en 1335 (Ibid.,\). 570), en I554(/Wd, p. 415', en \ô£3 (Cartulaire. de Saijit-Lambert, l.W, p. 8).
(') Jean le Robcirs, échevin en 1551-137:', maitre en 1558 et 1564, mort en 1379. Voir Les
Echevins, t. I, p. 204; Les Bourgmestre!, p. 80. 33
CHRONIQUE ABRÉGÉE DE JEAN D'OUTRE.MEUSE. 167
celuy fut pris par le siegneur de Hamale (1), qu'estoit du le ayde de l'évesque.
Et les Liégoix allirent logir à Flémale, et Huyois à Tyleur, et abattirent
touttes les maysons des amys à l'évesque, à Seraingne la thour Collar le
pannethier (2), à Frangnée la maison siegneur Gérard d'Oxhen (3), à Sainct-
5 Laurens la maison siegneur Jehan le Beau.
Lors les maistres allirent devers Vottcmme pour visiteir la place et ons
accorrut à Liège disant que les ennemys estoint à Vottemme, et on y allai f', et
y on trouvât les maistres qui en furent courrouchéz et revindrent à Liège. Et
firent sur l'isleal Hochet (4) adonc faire des bois et mairiens Johan de Brabanl (5)
10 eschevins de Liège en»iens et mangoneal. Et le xvne jour de jung, la cité fist
crier albaints à tousiours les eschevins, femmes et enffans, fors que Hubin
Bareit (6) qui reportât sus son eschevinaige. Et ce mesme jour, Liégoix et Huyois Hocsem, 342.
s'en allirent à Vottemme pour prendre place al encontre du la venue de l'évesque.
Et le ïvme jour de jung en ung mardy, l'évesque aminat pardevers Vottemme
ib le roy Charle (7) qu'estoit novellement eslus par la privation de Lowys de
Bealwir (s) à royalme d'Allemaigne, et estoit venus pour prendre la coronne à
Aize,et estoit avec le roy Johan de Bohangne6(9) son père, le conte deMarca(10),
a les Liégeois i accoururent : B. — * roy de Bohême : B.
(l) Jean, seigneur de Marnai. Poncelet, Maréchaux, pp. 124-129. Hemricourt, 11, p. 236.
20 {*) Colard le Pannetier de Seraing, cité en 1347 (Cartulaire de Saint- Lambert, t. IV, p. 79) et
en 1370 {Chartes du Val-Benoit, pp. S65-56Î5), était mort en 1386 ayant un fils nommé Gérard
(Cartulaire de Saint- Lambert, t. IV, p. 644). Hemricourt, I, p. 541; 11, p. 36b.
('; Gérard Chabot dit d'Ochain, chanoine de Saint-Lambert, mort en 1348. (De Theux, t. II,
pp. 42-44). Hemricourt, I, p. 308; II, p. 174.
2o (*) L'isleal Hochet : à l'emplacement occupé actuellement par l'université. Voir Gobert, Liège
à travers les âges, t. III, p. 260.
(5) Jean de Brabant, mort en 13S5. Voir Les Echevins, 1. 1, pp. 182-186; Hemricourt, II, p, 374.
(6) Hubin Baré, chevalier, fils de Fastré Baré, échevin de 1338 à 1546. Voir Les Echevins, 1. 1,
pp. 190-191, et particulièrement p. 191, note 6. Hemricourt, I, p. 465; II, p. 148.
50 (7) Charles de Luxembourg, roi des Romains, empereur, 1547-1578.
(») Louis de Bavière, empereur, 1514-1547.
(9) Jean l'Aveugle, roi de Bohème, comte de Luxembourg, mort à Crécy le 26 août 1546.
(,0) Adolphe, comte de La Marck, frère de l'évêque, mort en 1517. Voir B°D de Chestret, Histoire
de la maison de La Marck, pp. 28-29.
168 CHRONIQUES LIÉGEOISES.
de Mons ('), de Namur (2), de Vienne, de Lucemborch (3), de Looz (4) et le
siegneur de Faulcoumont (r>) et plussieurs aullres. Et lendemain le merquedi,
l'évesquc et ses aidants vindrent à Vottcmme; là ils trouvirent cculx du Liège
bien enfosseis.ct assez près ceulx de Huy pareillement, mais Gallerand de Falco-
mont traictiat entre deux pour bien ". Touttefois l'évesquc ne voulloit oyr 5
nul traictié. se fist ordoneir ses batailhes. Assavoir la première Galerant de
Falcomont '', le conle de Julie (6), le conte de Gelre (7), item Hinsberg, Cacene
Lengoige (s), Clève % Mont et grande planté d'AHemans et Lombarts furent à
Hocsem, 344. celle balailhe. En la secunde balailbe, fut l'évesque du Liège avec son frère de la
Marche, le conle de Salme, Vernenburge. En la troizème batailhe, estoit le roy io
Johan de Boliangnc et son fis Charle eslus roy d'Allemangne '', avec eulx le duc
de Lucemborg. Navarre ,Agymonl,Hamalle,Wezemalle,Romengnis'', Morialmé.
Et vindrent lesdites batailhes près des fosseis de Vottemmc, et l'évesque trouvât
là que Liégoix avoint pourpris le peron ", sy que il ny povoit faire forjugier,mais
ung peu arrier l'évesque fist forjugier par ses eschevins du Liège xlii Liégoix, et 15
pour ce que cela ne fut mie faict à peron, maintenoint Liégoix estre de nulle
valeur, car ce fut à mollin à vent Adonc lesdites batailhes apprepoint les Liégoix
et Huyois, et avec eulx esloint siegneur Godefroid de Harduemont (9), siegneur
a entre eulx pour faire la paix : B. — b de Montfaulcon : B1. — de Faulcomont : B-. — c Hinsberg,
Cacellehoven : B*. — Chancelhoven, Clèves : B, D, Liège Univ. 181. — a esleu empereur : B. — 20
« Navarre, Vienne : B, D. Liège Univ. 181. — t Lomaigne : Liège Univ. 181. — Somangne : Liège
Univ. 182. — o Liégois estoient assemblez auprès le peron : C.
(') Le comte de Mont, c'est-à-dire le comte de Berg, Adolphe, comte de Bcrg 1308-1 "48.
(*) Guillaume 1", comte de Namur, 1357-1591.
(3) Le comte de Luxembourg était à cette date Jean l'Aveugle. L'auteur indique peut-être son frère 25
Wcnceslas.
(*) Thierry de Heinsbcrg, comte de Looz, 1556-1561.
(") Le Seigneur de Fauquemont était Thierry III d'après Ernst et les documents. Fisen, t. II, p. 108,
l'appelle Adolphe, en faisant remarquer que Jean d'Outremeusc lui donne le nom de Waléran, ce qui
concorde avec notre texte. Tiiierry de Fauqucmont fut tué à la bataille de Vottcm en 1346. 30
(Hemricoubt.)
[*) Guillaume, marquis de Juliers.
(7) Renaud, duc de Gueldre.
l»j Catzencllebogcn.
(9J Godefroid de Harduemont. Voir p. 140. 35
CHRONIQUE ABRÉGÉE DE JEAN D'OUTREMEUSE. 169
Walthicr de Haultepenne (*) et siegneur Arnulcl (*) son frère. Et avec Huyois
esloint Lowis le voweis (3) et le siegneur de Borgnaivaulx (4) qui les ordinèrent à
batailhe, sy que le xixe jour de jung ° fut la balailhe à Voltemme, et briefmenl (5)
les Liégoix et Huyois oblindrent la place, car ansy plaisoit à Dieu, veu que les
5 siegneurs commenchoint pitittement. car ils occirent avant b la batailhe environ
de vic pouvres gens sans armes qui n'estoint point c dedens les fosseis, et y fut
l'abbé du Sainct-Jac (6) quassy. et xxvi prestres et xxvm clercs y furent morts, et
plusieurs femmes et enfans d. Dont pour la victoire y eut créez des Liégoix aul-
cuns nouveaux chevaliers, Johan voweis du Liers (7), Henry de Rocourt (8) et
10 entre les Huyois Obert de Cocencourt (9), Johan Obier (l0), (ïillard de Ferrier ("),
« le 19e jour jour de juillet : B, D. — * car ils occirent avant la bataille : B, D. — c qui estoient
dans les fosséz : B, D. — d et une femme qui enfantât son enfant priât ung prestrequi estoit tout
près de le vouloir baptiser et le prestre en le baptisant fut tuez : B. — avec ladite femme et mesme le
petit enfant : D.
15 («) Walthcrc de Hautepennc, chevalier, fils de Lambert de Harduemont dit de Hautepenne cite
comme homme féodal le 25 mars 1555 et le 23 septembre 1314, époux de Mahaut de Guidegoven,
qui vivait en viduité le 6 novembre 1381. Cf. de Borman, J. de Hemricourt, t. I, p. 118; II, p. 241.
(») Arnould de Hautepenne, chevalier, seigneur de Villercau et Boilhe, bourgmestre de Liège
en 1347. (Hïmricourt, I, p. 118; II, p. 241.)
20 (3) Loui» le Voué. Ce n'est pas l'avoué de Huy qui était à cette date Henri de Ramclot qui releva
son avouerie le 20 décembre 1545 (Cour féodale, reg. 59, fol. 308) mais bien Louis d'Agimont de
Looz, voué de Hesbaye. Cf. Cartulaire de Saint- Lambert, IV, p. 50.
(*) Jean de Borgneval figure parmi les arbitres brabançons désignés par le comte de Flandre pour
mettre fin au différent survenu, en 1579, entre le due de Brabant et Arnould de Hornc, mambour
25 de l'évéché de Liège.
^s) Fise.n, II, 108, donne sur la bataille des détails empruntés probablement à la grande chronique
de Jean d'Outremeuse.
(') Jean Poilhon, mort en 1351. (D. U. Berlière, Monasticon, t. II, p. 17.)
(7) Jean, avoué de Liers, chevalier. (Hemricourt, I, p. 201 ; II, p. 288.)
30 (8) Henri de Rocourt, cité en 1557 et 1558 [Cartulaire de Saint-Lambert, t. IV, pp. 258 et 270), fils
de messire Arnold de Tillice, cité comme homme féodal en 1324.
(9J Gilbert de Gossoncourt. (Hemricourt, I, p. 4!4; II, p. 224.)
(10J Jean Obier relève, par succession de son père, des terres à Faimes en 1325, cité comme homme
allodial en 1545 et 1579. (Cartulaire de Saint- Lambert, t. IV, pp. 54 et 578.)
35 (") Gilles de Ferrière et sa femme Marie sont cités dans le nécrologc de Neufmoustier, à la date
du 25 avril.
Tome II. 22
170 CHRONIQUES LIÉGEOISES.
Gérard de Longcamp et Giel do Gcrmomont ". Et les surnommés des chevaliers
qui montrent à Vottomme Walrand de Falcomont. le siegncur de Pirpont, le
siegneur de Lewenberge, le sirgneur de Wolkenberge, le siegneur de Lance-
trove, le siegneur de Trouenbcrge, le siegneur de Wildenberg 6, le siegneur de
Sulcen. le siegneur de Basen, le siegneur d'Erkel, le sirgneur d'Ellenairc et son s
frère, le siegneur de Staffussen, le siegneur de Mellen, le siegneur de Lech,
le siegneur de Mesque, le sirgneur de Flccte, le siegneur de Musquenverch, le
siegneur de Vridaxh (1). Ils y morurent par bon compte lvii chevaliers et
ensevelis à Liège. Et celuy jour, Ligoix et Huyois à la vesprée logirent à Liège.
Et le xxie jour, Huyois envoyrent à Liège qu'on les surcourist, mais quant 10
Liégoix vindrent à Flémallc, se trouvirent ils que Huyois les voloint esproveir.
J. de w., 338. Adonc liégoix allirent ardre les maisons de leurs ennemys aval la Hcsbayc, et
Huyois pareilbement allirent ardre aval la Condros.
Hocsem,344. Et le xxvi» jour de auguste, furent par les Anglois deseonfis les Françoys
à Cressy. is
Le ni" jour de septembre. Liégeois et Huyois assaillèrent Clermont, et à
xiiie jour fut elle rendue, et adonc fut abattue et destruite. Et convient scavoir
que Charte le Grand " en Dst une contée de Clermont, et en fut le premier conte
Arnuld et son frère Ghuy fist il marquis de Franchimont en l'an VIIe rf.
Le seconde conte de Clermont eut non Raldris; le tu6 eut nom Leone; le 20
1111e Johan; le ve fut Thiry; le vte fut Guy l'an IXe; le vne fut Henry l'an M;
le vme fut Thiry l'an XIe: le ixe Lambert l'an XIe; le xe eut nom Guilheaume
l'an XIe; le xie Pier qui régnai l'an XIIe et donnât sa contée de Clermont à
0 Granmont : B. — Groraomont : B1 et D — Grandimoutiers : Fisen. — '' et plussieurs aultres
ensemble lvii chevaliers : B. — c Charlemaigne : B. — d en l'an VIIe et VI : B. 25
(4) Cf. la liste donnée par Uocsem (éd. Kurth, p. 542Ï : inlcr quos dominus de Ealcomonte apud
fratres Minores primo sepultus est. post satis cito ad propria rrporlatus.El rcliqwi plus quam iO nii'itcsi
quorum 18 nomiuali fuerunt de lerra comitis de Monte, videlicet domini Moor de Fusten, Adulplius de
Wolkonborg, llcnr. et Throd. de Ellacr, fratres, llcnr. de Srocnrode minor, miles ibi factus; Eng. de
Steinbruxel, Petrus de Keelheim, Gerardns de l.anlscrone, Ilenr. de Liewenborg, ambo vexilliferi, Crait 50
de Ysendorp, Ilenr. de Permont, Wernrriis Wint, llermanus de Vossen, dominus de Pirmont, et Stole
de Lantwaden. Sur l'identification de ces personnages, voir édition précitée, page Ô43, note \.
CHRONIQUE ABRÉGÉE DE JEAN D'OUTREMEUSE. 171
l'église de Liège l'an XIIe et fut destruite l'an MCCCXLVI par Engelbert de la
Marche évesque de Liège.
En ce temps devant dit, Liégoix ardirent le chasteal de Chockier. Adonc vient
à Liège interdict, sy que les églises cessirent, mais les parodies chantoint. Lors
5 Liégoix allirent ardre lianneffe et Waleve, et ne polrcnt gaigneir Seraingne le
chasteau, car le siegneur de Seraingne i ustace (*) et siegneur Raezc de
Jemeppe (2) le gardoint vaillamment. Et les bastards siegneur Henry de Fexhe (3)
ardirent lousiours sur les amys des Liégoix assavoir à Rocourt, Lattinnes a,
Liers, Freumont, Emale, Ëmbour, et plusieurs aullres villes et maisons. Adonc
10 le chapitre avoil impétré triwes, mais Liégoix ne sy volrent assentir, se les
eschevins de Liège ne dcslruoint leur voigement " qu'ils firent contre leurs
bourgoix à mollin à vent deleis Voltemme. mais l'évesque ny vollut à ce assenlir,
se furent les triwes nulles. Adonc la garnison d'Argenleal vient passeir Mouse,
et occirent à Heur mi hommes et emminèrent x prisonniers., et ceulx de Liège
15 quant ils le sceurent yssirent hors et desrobirent Hermalle, et Biertho Baré (4)
maistre du Liège, et Johan Waldor>'al (5) son compangnon avec Liégoix soy
combattirent en Mouse contre la garnison d'Argenteal, mais la garnison
eschappat et emminat Biertho Bertrand de Drapperie comme prisonnier, qui
morut des quasseurs, et Liégoix en revenant ardirent Hermalle. Lors Wil-
20 heaume de VVeis (6) c qu'estoit du linaige des Preis vient à Liège sur asseurance
a Letins : B1. — Lonthin : B8. — ° forjugement : B. — * Lors vint à Liège un nommé Guillaume
des Prêt pour parler de paix; il luy firent telle cruoté qu'il le faisoyent sauter dedans des poinctes
de picques, espées et daegues, et cependant que les Liégeois bruloyent d'un costé, l'évesque bruloit
d'autre, et tout ce mal venait pour la conté de Loo : D.
25 (*) Eustache de Haneffe, sire de Seraing-le-Château. (Hshkicourt, I, p. 27; IF, p. 259.)
(*i Raes de Jemeppe. (Poncelet, Maréchaux, p. 138; Hemricorrt, I, p. 59; II, p. 597.)
(') Henri de Fexhe, cité en 1514, mourut avant le 7 juillet 1566. Hemricourt, I, p. 62; II, p. 201.)
(*) Sur Berthold Baré, voir p. 166, n. 4.
(*) Jean Waldorcal que nous trouvons ici comme maître de la cité en 1516 avait, au dire d'Abry,
30 été élu une première fois en 1541. (Les Bourgmestres, pp. 61, 70.) Il fut maître une troisième fois
en 1567, car on le trouve cité comme tel avec Aoust (Adolphe) de Charneur le 4 août «le cette année.
(Cartulairc de Saint Lambert, '.. IV, p. 147.) Il fut echevin en I3S3 1371 (Les Echevins, t. I, p. 207)
et est cité comme tel en 1558. (Cartulaire de Saint- Lambert, t. IV, p. 268.) On le trouve encore cité
en 1347 avec Berthold Baré, et en 1550. (Ibid., pp. 125, 216.) Il mourut en 1571.
55 (') Guillaume des Prez dit de Weys, bon et vaillant écuyer. (Hemricourt, I, pp. 217, 222, II, p. 542.)
172 CHRONIQUES LIÉGEOISES.
pour faire paix, car il avoit cslé do la partie l'évcsque, mais non obslant la
commune le chachat au Falcon en marchy et le firent saillir hors des fenestres
dedens leurs glaives. En ce temps, le marischal de la contée de Looz (') vient
en Hesbaye, et les Hesbaingnons le rechachirent jusques à Oreilhe et Jamynes
et ardirent lesdites villes. 3
Après l'abbé d'Aine (2) priât de venir à Haccourt pour traicteir de paix,
mais le siegneur de Wczmalle. parens à l'évcsque. laissât scavoir que Liégoix se
gardassent d'alleir à Haccourt, car le fis Walrand de Falcomont avoit faict une
enbusc à Hamalle ° |>our décepvoir Liégoix, et sans le scavoir de l'évesquc,
Hocsem, 3S2. dont Liégoix en furent très courouceis Alors Liégois, Iluyois et ïungrois 10
allircnt assaillir la forteresse de Hamalle; non obstant le siegneur de
Hamalle (3) allât ardre tout alentour de Tungre, et les gensdarmes de Hesbaye
attirent ardre à Mellin et à YVotrenge, et ardirent à Wonck la maison
Johan de Pas (4) et du Iligauld le Kosty (5) et des enffans siegneur Ogier
de Fexhe (6). Or advient que ceulx du chasleau n'avoint espérance '' d'avoir is
désigemenl, et que les bombards de Harstal il Hocourt et les engiens et man-
gonealz avoient abattu grandement du chastcau, eulx et leurs biens mettirent
à la disposition du pays ', et furent em minez 'iisonnirs en Aigrimont qui
o Hermalle : A. — b voyans qu'ils n'auroient aucun secours : B. — espérance d'avoir aucun
ayde : D. — c ils se rendirent à eulx et leurs biens en la discrétion du pays : B. — se rendirent eulx 20
et leurs biens mettant en la disposition du pays : D.
(') Henri, seigneur de Guygoven, de Wintershoven, châtelain de Colmont, sénéchal du comte
de Looz (voir p. suiv.). On ne le trouve toutefois cité sous celte qualité dans aucun document. Sa
tombe était encore intacte dans l'église de Guygoven en 1862. En voici l'inscription copiée à cette
époque par M. le chevalier C. de Borman : Anno . a . nativitale . domini . M . C" O O . XI.VI" . in . 25
die . bcati . Dyonisii . martyris . obiit . dominus . Hcinricus . dns . de . Guydigove . et . de . Wcnter-
choven . castcllanus . de . Coelmont . miles . cuius . anima . requiescat . in . pacc . amen . oratc . pro . co .
Le chevalier portait le casque en léte, signe qu'il était mort en combattant. (Ihmriconrt, I, ; p. 32,
312; II, p. 229.)
(*) Jean de Barbcnçon. (Berlière, Monastieon, t. I, p. 535.) 30
(s) Jean, seigneur de Marnai. Voir ci-dessus, p. 167, n. I.
(*) Jean de Pas de Wonck, mort avant 1567. (Cartulairc de Saint- Lambert, t. IV, p. 446.)
(5) Itigault le Bosti. Voir ci-dessus, p. 166, n. 2.
(*) Ogcr de Fexhe, chevalier, vivait en 1348. (Hemricourt, t. I, p. 6B et t. Il, p 202.)
CHRONIQUE ABRÉGÉE DE JEAN D'OUTREMEUSE. 175
apartenoit à siegueur Lowys d'Agimont (1). Adonc abatirent Licgoys le
cbasteao.
En ce temps pendant, les coureurs du Liège allirent aval la contée de Looz,
mais siegneur Henry de Guttehoven (2) " sénescal du ladite contée, les courut
5 sus et y fut occis.
Dont pour le moien du l'abbé d'Aine, furent triwes mises, voir que x des
eschevins de Liège vindrent annichileir à Vottemme le voigement qu'ils avoient
paravanl faict sur Liégoix à mollin à vent, assavoir Johan de Lardir (3), Jehan
de Landris (4), Alexandre de Sainct-Servais (5), Lowy d'Ouffey (6), Henry le Hocsem,355.
10 Beau (7), et Arnould de Charneux (s), tous chevaliers, item Collar de Peron (9),
Johan Pollard (10), Hubien Harduwiens (J1), Baldewin Paniot (12), et les aultrcs
i î ii ny furent mie, assavoir Conrar de Lonchin (13) 6, Johan de Brabant (u) et
Hubien Baréz (15) qui estoil remanant avec Liégoix, et Tilman de Boesmelle (16)
« Gultehoven : B. — Guttehoven : D. — b Conrard de Lonchin : B, D.
15 (') Aigrcraont appartenait à Louis de Looz ou d'Agimont, par sa femme. (Voir p. 152.)
(*) Henri de Guygoven. Voir page précédente.
(3) Jean de Lardier. Voir ci-dessus, p. I K7, n. 2.
(*) Jean de Landris. Voir ci-dessus, p. 149, n. 2.
(*) Alexandre de Saint-Servais, chevalier, échevin en 1521-1350. (Les Echevins, t. I, p. 169.)
20 Hemrkourt, I, p. 4-69 ; II, p. 3C0.
(aj Louis d'Ouffet, chevalier, échevin en 1329-1348 (Les Echevins, t. I, p. 173), mayeur en 1545-
1548 (Ibid., p. 591), maître de la cité en 1357 (Les Bourgmestres, p. 61), mort en 1346 (Ibid.).
C) Henri le Beau, chevalier, frère du chroniqueur, échevin en 1529-1367. (Les Echevins, t. I,p. 172.)
(8) Arnould de Charneux, chevalier, échevin en 1548-1366, mayeur en 1558-1356. (Ibid., pp. 195-
25 196, et p. 592.) Hemricourt, I, p. 514; II, p. 178.
(») Collard ou Nicolas de Peron, marchand de Huy, échevin en 1534-1549. (Ibid., pp. 181-182.)
(t0) Jean Polarde, chevalier, échevin en 1342-1567, mayeur en 1340-1343. (Ibid., pp. 191-192.)
Hemricourt, I, p. 41 1 ; H, p. 534.
(") Hubin Harduin, échevin en 1546-1560. (Ibid., p. 196.)
30 (") Bauduin Paniot, écuyer, échevin en 1537-1552. (Ibid., pp. 187-188.) Hemricourt, I, p. 360;
II, p. 526.
(,s) Coune de Lontzen. Voir ci dessus, p. 162, n. 1.
(u) Jean de Brabant. Voir ci-dessus, p. 167, n. 5.
(,5) Hubin Baré. Voir ci-dessus, p. 167, n. 6.
35 C6) Tilman de Rosmel. Voir ci-dessus, p. 162, n. b. il fut tué par Jean Crasscmoule. Hemricourt,
I, p. 84.
174 CHRONIQUES LIÉGEOISES.
qui avoit esté occis à ïreicl. lit Collai- de Boymont (*) comme maieur à la
requcste de Waldoureal, inaistrc do Liège, mist en warde desdis eschevins la
annichilation dudit voigement, et lendemain furent à Liège lesdiles triwes à un
an proclamées à pcron, et rcvindrcnt chascun à sien.
Après, ensuyvant les franchises, fut criez à peron que quiconques n'avoit esté s
dcsous sa bannière payasl tant fois quant fois x marc, et y eut aulcuns qui
payèrent les x marc qui avoicnt esté avec l'évesque. Dont plusieurs eschevins
et aultres s'en allirent hors pour ce qu'ils disoint que les triwes continent que
chascun doibt revenir au sien comme pardevant, et la cité disoit que chascun
devoit greyer les franchizes, et les franchizes continent que quiconque n'est 10
desoub sa hanier doibt tant fois quant fois il est défallant x marc. Adonc tous
ceulx qui en allirent on les bannissoit à pcron, et on criât que les n eschevins
Johan de Brabant et Connar de Lonchin qui n'avoint pas comme les aultres
desdilz le voigement de Vottemme. qu'il les fissent, ou on les liendroit pour
ennemys. Johan de Brabant le vient desdir, mais Tonnar de Lonchin ny vient 15
point, se fut tenu pour ennemys. Dont l'évesque le tenoit tousiours en son
hostel, et Liégoix manlenoint que l'évesque brisoit les triwes.
En ce temps, on requist au chapitre qu'il vollist sailleir une certaine lettre
contenanle que le gros tournois, qui n'esloit que à vin deniers à cent, fust
doresnavanl à xvm deniers (2), qu'esloit désia saillée du grand scel de la cité 20
et de la ville de Huy, et le chapitre respondit que jusques à la paix faite à
Hocsem, 3SS. l'évesque, ils ne le polroint sailleir sans son consent, et non obstant la cité le
fist ansy crieir, et qui feroit le contraire il iroit à Sainct-Jac en Galice (3). Dont
quant l'évesque le sceut. il les mandat qu'ils avoient brisiez les Iriwes. et
Liégoix luy respondirenl que ses Allemans l'avoiut anchois brisiez (*), et qui 25
par enqueste seroit trouvé culpable qu'il en fust corrigié.
Et siegneur Arnuld de Frankenberge adonc vient ardre et pilhier à Fléron et
(«) Colard de Beaumont. A cette date, on vient de voir (ci-dessus, p. 175, n. 6) que le mayeur était
Louis d'Ouffet.
(') Voir baron J. de CnESTnET de Haneffe, Numismatique de la principauté de Liège, p. 157. 39
(3) Le 20 novembre 1546, le Conseil et toute la communauté de Liège statuent sur la valeur du
denier. (Paweilhars, Université de Liège, n» 482, fol. !)59.)
(*) 1540, 20 novembre.
CHRONIQUE ABRÉGÉE DE JEAN D'OUTREMEUSE. 175
là enlour, et fut pris Wilheaume de Weis (') et ransonnéz ". Et siegneur Gode-
froid délie Heide travaillât b Liégoix grandement avec plusieurs Alternants et
siegneur Goswin de Chivre, sy que les triwes furent ouvertement brisiés.
Lors le duc de Brabant (2) demandât à Liégoix amende de ce qu'ils avoint
s arse Hamalle et Rouchon ' qu'ils maintenoit eslre de son pays. Dont on en
avoit tenu maintes journées, et soy présenlirent Liégoix mettre sur vi arbitres
depar eulx et vi depar le duc, car il mainlenoint avoir ce faict on se défendant,
et le duc voloit qu'on luy offrist amende.
Adonc fut traictiéz de paix entre l'évesque et Liégoix tant à Seraing que à
10 Vivengnis, et fut traictié que tous les ans on feroit vu nouveaux escbevins de
Liège, pour les sept plus vieulx (3), mais les eschevins monstrirent à l'évesque
une lettre saillée de son seel qui contenoit que les eschevins avoientjuréà
l'évesque et l'évesque à eulx que se l'évesque avoit guerre aux Liégoix, que
eulx au mandement du l'évesque les conviendroit yssir du Liège avec luy
•s anchois ung mois, et se l'évesque avoit telle puissance d'eulx miner à Vottemme,
et ils en fussent requis par le maieur, ils voigeroint Liégoix desquels en feroit
plaindre rf, laquelle copie l'évesque envoiat aux Liégoix, parquoy dudit traictié
il se excusoit de non le povoir faire. Lors Liégoix renvoirent par escript à
l'évesque comment les eschevins alloint contre les franchizes de la cité, pour ce
20 qu'ils ont demandé à l'évesque telle lettre dont ils deveroint estre privé par
plusieurs cas, tant à cas des cens, comme des monoyes, et de la lettre du
Saincl-Jac, lesquelles avoint jurez, mais non obstant ils firent tellement que
" William de Foux et Ranchis furent pris : B, D. — b guerroya : B, D. — c Herraalle : A. —
Riwechon : B. — d ils forjugeroient les Liégois desquels il se plaindroit : B. — il se vouldroit
23 déplaindre : D.
I1) Guillaume des Prez, dit de Weys. Voir ci-dessus, p. 171, n. G.
v») Jean III, duc de Brabant, 1512-1355.
(3) Les échevins seraient donc nommes pour deux ans. La version d'Hocsem, p. 358, est un peu
différente: t Leodienses episcopo 120 milia scutatorum dare promiscrunt si scabinos deponeret et
30 alios annales substitucret inter consiliarios ville per dominum eligendos. » Fisen, t. II, p. 1H, suit la
version de Jean d'Outremeuse dont il utilise la grande chronique : a Ut scabinos septenos deinceps
singulis annis episcopus crearet, nec plus biennio tenerent magistrature; ut episcopo populus nume-
rarct centum viginti millia rcgalium aurcorum. » Notre texte omet celte dernière disposition, mais
il y lait allusion un peu plus bas, à propos des Hutois.
176 CHRONIQUES LIÉGEOISES.
l'évesque ne soy vollnt consentir de tenir ledit traicliéz, et ossy ceulx de Huy
dirent qu'ils devoint tant qu'ils ne povoint payer argent (1).
L'an XIII<:LXVII, lendemain des cendres, le pays fut en palais, et siegneur
Wéry de Hersée ° (2) là flst leir une lettre sailée du 1 evesque, contenante
maintes choescs par lesquelles l'évesque mainte:;oil que Liégoix avoint brisiez 5
les triwes, mais VValdoreal réplicat en démonstrant plusieurs poincts par les-
quels il mainlenoit depar la cité que l'évesque avoit ltiy mesme brisiez les
triwes, dont il fut accordé d'allcir vers le chapitre. Lendemain, le xxue jour de
fcbvrier, le pays fut en chapitre et fut requist à chapitre qu'il volsist rescrire
à Avcngnon pardevers le pape plusieurs déplaintes contre l'évesque, mais 10
siegneur Engorand de Grandsart (3) dit depar le chapitre qu'il luy sembloit
bon de envoyer à Treict vers l'évesque pour traictier de paix et pour corrigier
eeulx qui trouveis seront infraeteurs de triwes, et se l'évesque le refuse, le
chapitre escrirat voluntiers à pape ''. Et moynant que Liégoix volsissent
remettre les cens comme ils soloint, tout ce que l'église demandoit, il plaisoit is
bien à l'évesque, et mettre l'entredeux sur vi arbitres, mais Liégoix n'en
volrent rien faire, se remanit ansy la besongne.
Lors l'évesque et le duc de Brabant s'aloirent ensemble contre Liégoix,
mais Huyois volrent traictier à duc, et le duc ne les vouloit mie oyr. Sur ce
Hocsem, 358. l'archidiacre ' de Rains (4) voloit depar le roy de France traictier du l'entredeux 20
susdit, mais le duc de Brabant le défendit. La dame de JVamur (5) ossy en
traictiat, mais tout ny vault rien, en recommenchat la guerre (l.
" Wéry de Herzée : A. — Henri de Harzée : D. — » et l'évêque fut de ce content, mais que
Liégois voulsissent : B. — c l'archevesque : A. — d Manuscrit Sckoohneesters : Hoe die Lyckeners
Arckenteel wonnen. 25
(4) Voir la note précédente.
(*) Wéry de Clcrmont dit de llarzé, chevalier, sire de llarzé, haut voué de Franchimont, sénéchal
de Jean de Bohème en 1544, eité comme seigneur de Harzé en 1343, 1355, 1358 (Cartulaire de Saint-
Lambert, t. IV, pp. 8, 178, 183, 277, 281, 282), mourut et fut inhumé à llarzé en 1368. (Roland, Les
seigneurs et comtes de liochefort, p. 150.) 30
(3) Enguerran de Grandsart, chanoine de Saint-Lambert. Voir ci-dessus, p. 105, n. 2.
(') 11 s'agit de Nicolas Canali, archevêque de Ravcnnc. Cf. Hocsem, p. 358.
(s) Le comte de Namur, d'après Fiscn. A la mort de Philippe III en 1537, son frère Guillaume I",
quatrième fils de Jean I" et de Marie d'Artois, obtint le comté de Namur, étant âgé de 13 ans. Il avait
donc 23 ans en 1347 et gouvernait son comté. Dès 1342, il acheta la prévôté et le chât:au de Poilvache. 35
CHRONIQUE ABRÉGÉE DE JEAN D'OUTREMEUSE. 177
Le un" jour de may, siegneur Henard d'Argenleal (*) ardil Mirmort et occist
vi xx personnes. A donc le siegneur deKocourt vient avec les Hesbaignons jusque
desoubs Oupey et corrit sus les ennemys, mais les ennemys le desconfirent et
cnminèrent maints prisonniers en Argenteal, dont Liégoix allirent ardre
s Hermalle et escrirent à l'évesque demandant s'il ralifioit ce que ceulx d'Argon-
teal avoient faict, veu que les triwes n'ebtoint encore mie contremandées, et
levcsque rescript que non. Allors Liégoix yssirent hors jusques à Slerstal, car
on les avoit dit que ceulx d'Argenleal esioint aval le pays, mais ce fut men-
songne, et ils retournèrent. Un peu après, ceulx d'Argenleal allirent ardre Heure
10 et Hermée avec mc lances ", sy que ceulx de Liège y recourirent; toultefois
ceulx d'Argenleal estoint désia rentreis, dont Liégoix mettirent garnison à Oupey
deux hommes b de chascun meslier, sy que ceulx d'Argenleal s'en allirent tenir
à Treicl et corrirent tous les jours à l'enlour de Tongre. Lors Liégoix allirent
jusques à Moniale, pour ce qu'ils esioint informels que le duc de Brabanl esloit
's entrez en force dedens le pays. Ù esioint Liégoix tous armeis des armes sainct
George, une blanche colle avec une rouge croix, mais on trouvât que c'esloit
bourde. Néantmoins ile ardirent la maison siegneur Walthier de Momale (2)
qu'esloil avec l'évesque. Et le sénescal de la contée de Looz eut adonc convent
par force aux Liégeoix ° de non laissir passeir les ennemys. Item fut traictié d,
20 mais que le siegneur d'Argenleal soit exclus, que Liégoix amenderoint à duc
x voye sainct-Jac. Toultefois le duc ne voloit aultre choese qu'argent. Adonc
les maislres de Lowain direnl a Waldoreal qu'il fist quitter le sénescal de Looz
son convent e ou aullrement ils arderoint lira ban t à rencontre des Liégoix, et
Waldoreal respondit qu'ils soy passeroint bien des Brabechons. En ce temps,
2b ceulx de i.iège saielèrenl à Thomas de Hemricourl et à Thiry Nicase de Ieveir
" avec IIIe lances : omis A. — b et deux hommes ossy : A. — c promit aux Liégeois de ne point
laisser passer : B. — d Item fut traictié : omis A. — e renoncer sa promesse : />.
(') « Renard d'Argenleau, ly bon et ly waillians sire d'Argenleal « (IIemiucourt, I, p. 21 S), seigneur
d'Argenleau de 1527 environ à IÔB8 environ. Voir Poswick, Histoire de la seigneurie d'Argeiiteau
30 pp. 21 à 50 et B. I. .1. L , t. XXIV, p. 181.
(2) Walter de Momale, chevalier, cité en 1347. (Po.ncelet, Maréchaux, p. I0U. IIembicourt, I, p. 28 ;
H, p 597.)
Tome II 23
358-359.
178 CHRONIQUES LIÉGEOISES.
une mallclolte sur le slier de muydz jusqucs à lanl qu'ils aroicnt levez la somme
d'argent qu'ils avoient presléz pour faire siège devant Argenleal. Dont fut jetiez
à Liège inlerdiel pour ce que c'estoil contre la paix des clercs ('), et comman-
deis de payer i.xM livres de hlan.
Le xvnc jour de jung, Liégoix et Huyois allirent assiégier Argentcal. En ce s
temps, siegneur («odefroid de Harducmont avoil traielié à duc de lirabant qu'il
renuneeroit az alliances du févesque, et qu'il feroit amendeir xxx amys du
siegneur d 'Argentcal certaine voye, et que le tournis d'Argenteal (2) seroit anni-
cbilé à toujours, et que Liégoix veullent leveir le siège, et qu'il prendroit Argen-
llocsnm, teal pour luy hérilablcmcnt, mais le siegneur d'Argenleal défendit à duc ledit 10
traielié à faire °. Lors Colinea le Sein et Philpot l'orfèvre allirent eselicrmuceir
tellement que en l'eawe devant Argenleal commencbal grande balaillie, et non
obstant que grands gens d'Allemans et de Lymborch et de Dolhcn (3), estoint
adonc avec ceulx d'Argenleal, ils fuyrenf, et y eut 11e morts et beaucop9 ''
blessiés, et des Liégoix nuls0. Et départ Liégoix furent faicts nouveaux cheva- \:>
liers Bertrand de Liers (4), Henry de Lardier (5) et Anlboine le lïlavier (6),
et deschacirent Liégoix leurs ennemys jusques à Dolhen (3), et quant Huyois
passoint l'eawe pour aideir Liégoix, on les priât de ralleir delà pour gardeir la
place avec Dionanlois. Adonc Liégoix remanirent pardelà '' et firent leur logis
" avoit escrit au duc de faire celuy traitié ; B. — escrit à eux... : D. — '' plusieurs : B. — 20
" et des Liégeois personnes ny fut tuez : B. — '' pardeça : B, D.
(f) Paix dos clercs du 7 août 1287. — Le 8 mai 1347, le clergé secondaire déclare qu'il s'opposcro
au rétablissement de la fermeté. (l'awcilhnrs, n° 23, fol. ICO.)
(') Péage sur la Meuse exigé par le seigneur d'Argentcau, près de son ciiàleau.
(») Dalhem. 25
(') Bertrand de Liers, seigneur d'Emal, d'Embcnne-sur-Gecr, de Castre près de Maestricht, de
Ncdcrcanne, souverain majeur de 135,! à I3B4; maître de la cité en 1372, 1573, 1378; éehevin
de 1371 à 1386 ; mort en 1591. (Les Eclievins, t. I, p. 226.) Hemricoirt, I, p. 205; II, p. 289.
(») Henri de Lardier (HEMRICOURT, I, pp. 220; 11, p. 279), maître de la cité en 13-10 (Les Bourg-
mestres, p. 63). 31)
(«) Antoine le Blavier, fils de l'echevin du même nom (Les Eehevin», t. I, pp. 179-180) est cité
comme chevalier en 1550 (Carlulairc de Saint- Lambert, t. IV, p. 125). Sa sœur Agnès avait épousé
Berlhold Baie (IIemiiicourt, I, p. 465; II, p. 145;. 11 avait un frère nommé Henri, chanoine de Saint
Martin.
CHRONIQUE ABRÉGÉE DE JEAN D'OUTREMEUSE. 179
dedcns le bois d'Argenleal; mais le duc les mandat qu'ils ne logassent plus par
delà sur sa haulteur, et Liégoix n'en firent compte. Et Ysegrin le Pexheur qui
demoroit desoub Argenteal tiroit souvent contre Huyois, et Liégoix faisoint
sovent lireir tonnea de merde qui grandement grevoit cculx du chasteau. Ce Hocsem, 358.
s temps pendant, les huilcurs fossoint fortement desous les murs du chasteau, et
ceulx du chasteau liroint fort dehors " et jectoint sur les hulleurs des chaud
sayen °. Alors le duc de Jule vient logier à Hourle (J) pour alleir en aide de duc
qui assembloit gens pour désiegir Argenteal, et passât en Hesbayc sans rien
mesfaire. Après, par ung samedy, Johan Warnier et Johan de Chapeavilhe, qui
10 estoint maistres desdis hulleurs, meltirent le feu en leur ouvraige. sy qu'il tombit
une partie du chasteau, et Liégoix fortement l'assaillèrent, et Huyois pareilhe-
ment. Adonc VValdoreal et siegneur Arnuld de Haultpenne dirent à ceulx du
chasteau qu'il prisent advis, car si on les prendoit par force, on les occiroil sans
ranchon. Sy que iis soy conseillèrent, veu qu'ils n'espéroint nul confort, se soy
'3 rendirent, voir salve leurs corps, et furent enminéz prisonniers ens tentes des
Liégoix, et furent nouante et deux prisonniers, desquels estient les princi-
paulx : le siegneur Henir d'Awclhonriwe, les m fis de Frai pont, Stazins Drugien,
Johan d'Asse, Walthier de Waine, Llric vowéz de Mortir0, Renar Spreide,
Renard Coie, Zise de Chetengnée et son fils, Marteau de Bombais, et Ysegrin
20 le pescheur se sauva en nayant '. Adonc fut pillié et abatue Argenteal.
En ce temps, sont venue novelle aux Liégoix que le duc de Brabant et le
duc de Gelre (2) à grande noblesse estoint à Hanut, et l'évesque Engelbert et
son frère, et son oncle de Wezmalle (3) à grands gens estoint à Tourinne (4).
Et le xvne jour de julle. yssirent hors Liégoix et en allircnt devers Tourinne %
25 pour ce qu'ils avoint peur que les ennemys ne corrissenl susMa garnison de
0 et se défendoient vaillamment : B. — b de la chaux vive : B, D. — feu aident : C. — « Wauthier
de Wayrae, VVéris voweis de Mortier : B, D. — d — Ysegrin najat : A. — e Lattinne : A.
(») Hoesselt.
(s) Renaud, duc de Gueldre.
30 (3) Voir ci-dessus, p. 161.
(») Ici commence !c rcc;t de Radulpbc de Rivo.
180 CHRONIQUES LIÉGEOISES.
Ilesbaye qu'estoit à Laltinne, lesquels Johan Magoulz le Hardy ('), et le voweis
de Horion (2), siegneur Walthier de Haultpenne " conduisoint (3), et Hustin
doyen (4) porloil le standart, et furent à tierce jour près des ennemys. Ht lcnde-
Rad., chap. I, i. main '' volât ung colombe entour le standart, qui plaisit moult aux Liégoix.
Mais ou ne les conseillât mie d'yssir hors de leur lieu, non obstanl que plusieurs s
des gens des ennemys se pennoient de escharmucicr pour faire ' hors yssir
Liégoix, Kuyois, Dionantois et '' Tuwins. Et dirent plusieurs se Liégoix eussent
corrut les ennemys qu'ils eussent adonc gaigné la batailhc, c;ir siegneur Walthier
de Hautengny, ung vieulx chevalier d'armes, disl que hier Eeirt de llollan-
dane c (5) deseonseillat aux siegneurs qu'ils ne corrissent sus en tel estât io
Liégoix, car Liégoix gaigneroint. Allors les siegneurs Liégoix soy retirèrent
ung pilit, et Johan Mangoullcz voloit alleir courir sus, mais les maistres de
Liège soy doubtoint que leurs gens ne fussent trop tranchy/, qu'ils avoient esteis
tousiours sus les piedz. Dont à la vesprée siegneur itadus de Colonster (°)
vallant chevalier qu'estoit des Preis, de Bierses, el d'Isle, traicliat moull de paix, is
mais ce fut pour néants, car Renard d'Argentcal la destournat. Adonc le siegneur
de Uamal, mariscal de l'évesque, et llenard d'Argenleal pt nsoint ce temps
pendant alleir gaigner 8aincl-Trond mais ung jeusne compangnon les veit, se
« Johan Magouly le Hardy, le voueis de Horion et siegneur Walthier de Haultpenne : A. —
b pour un vendredi : ajoutent II, D. — c pour escharmucier de faire : A. — et rendoieni paine par de 20
petites escarmouches de faire sortir : B, D. — escarmouclier pour les attirer : C. — d et ceulx de
a taillerie de Tuwin : B — c dist... llollandane : omis B, D. — ' trop travailliez : B.
(') Un personnage du nom de Jean Magon est cité en 1550 comme échevin de Fragnéc. (Cartuluiie
de Val- Benoît, pp. 397, 405.) Jehan Hardi jadit le mangon d'Isle est cité en 15i4. (Cartulaire de
Saint-Lambert, t. IV, p. 27.) 25
(*) Radulphc de Uivo désigne erronément l'avoué de Horion du nom de Waltcr (de Haultpenne).
(3) D'après Fiscn, les troupes liégeoises étaient conduites par le mambour Barthélémy d'Ocquier.
(*) Hustin de Borston d'après Itadulphc de Uivo et Fiscn. Ce n'était pas le doyen. Hocscm, p. 561,
note qu'au lieu de faire prendre l'étendart par le doyen de Saint-Lambert pour le remettre en
mains de l'avoué de Hesbaie, le peuple liégeois s'en empara sacrilègement pour combattre contre 30
l'évéque.
(=) « Hollandus quidam eques t (Fiscn).
(«j Itadjux des Prcz de Colonster, le jeune, maître de la cité en 1547. (Heheicourt, I, p. 255;
II, p. 538)
CHRONIQUE ABREGEE DE JEAN D'OUTREMEUSE. 181
s'en chevalelial le nuncier à Sainct-îïond. Et quant se vient à la vesprée,
Liégoix en allirenl vers leurs logis à Walevc et Latinne, Muyois vers Ayneffc,
Dionanlois et Tuwicns ausy, cl Liégoix euidoint que leurs ennemys fussent
fuys. Lors l'évcsque cl ses gens veinrent prendre la place, aux Liégoix, où ils
5 avoint esteis vin jours, el Liégoix firent grande folie de la lessier ". Toutlefois
le duc estoità Trongnéc. qui venoit en ayde du l'évcsque avec le duc de (ïclre,
son frère de la Marche, de Cleyve, Namur, Agymont, Hoehefort, Argenteal,
Wezmalle, Hamale. Et par le conseil siegneur Walthicr de Haultcngnis, allât
siegneur Renard de Skonvoursl (*) dit Malxhureit, qu'esloil mariscal des oesls
10 des Siegiicurs, et fist tant par nuict qu'il secut le cris des Liégoix et droict à la
journée * il courit sus Liégoix aux logis cl y boullirent le feu à inc armeis, sy
que adonc Liégoix tous défrotteis, désarmeis et endormis, volrenl corrir après
culx. Dont l'évesque vient avec ses gens el corrirent sus Liégoix cl bricfment
Liégoix furent occis, sy xx, sy cent, sy qu'ils furent Ions desconfis '. Et ce tuf
15 l'an XlllcÂLVII, le xxic jour de julie rf, et y furent morts des Liégoix vm°,
des lîuyois vin0, de Dionant, Fosse, Covins e ixc ou environ, voir sans les
prisonniers '. Après cela deux presclieurs rapporlirent à Saincl-Lambcrl le
slandarl, car il les fut chargy par celuy qui l'avoit gaigny en la batailhe.
Lors quant le duc Johan de Crabanl veil que par la deseonfiture des Liégoix
20 la puissance du l'évesque fut plus pitiltc, il allât ardre Waleve, Mcffe et
Waremme, et fisl faire des portes de Warcmme les portes de Landre (2). Depuis Hoesem, 3j9.
le duc allât devant Sainct-Trond. et la ville se rendit à duc par le conseil d'ung G. abb. Trud.
II, 298.
° car ils faisoint le semblant de la lessier : A. — mais ils furent trompez, car estans partis, l'évesque
et ses gens prirent leur place, et les Liégois lirent grande folie de l'abandonner : B. — et l'évesque
25 avec ses gens vindrent prendre la place où Liégois avoient estez, et firent Liégois grande folie de le
laisser et d'eulx à séparer : B1, B2 el D. — Adonc l'évesque et ses gens vindrent prendre la place où
les Liégois estoient le jour de devant et en firent les Liégois grande follie d'abandonner leur fort
lieu : C. — b sur le matin : B. — c et i eut environ quattre milles tueis, comme plus amplement
trouvereis en la grande cronicque : ajoute D. — et furent à dernier desconfits, comme plus plainement
troverez en la cronicq : B1. — d par un samedi : ajoute B. — e Fosse, Tuin : B. — / et y furent... :
30 omis B.
(l) Renard de Schonau ou de Schoonrorst. Cf. de Bokman, Hcmricourl, I, p. 70; II, p. 562. Il était
le frère de l'abbé de Sainl-Trond. (Gesta, II, 291, et Lefort, 2e partie, vol. XXVI, fol. 229.)
(*; Landen.
182 CHRONIQUES LIÉGEOISES.
prcstrc (') qui puys fut enfoys tout vilT ", et ardit le duc plusieurs maisons aval
la Hesbaye, el requist ceulx de Tungrc qu'ils soy rendissent à luy. mais ils ne le
voiront aulcunemcnl oyr. Adonc l'évesque rescript à duc qu'il estoit faulx et
Iraislre, pour ce qu'il avoil sailléz de point greveir son pays; néanlmoins le duc
n'en fist compte, ains destroict avant le pays, Dont l'évesque envoyai à Liège s
requérir qu'ils venissenl à obéissance à luy, et il prendrait raison '', car il ne
voloit mie laissir ansy faire le duc, sy que Liégoix envoyèrent vi bourgeois
traiclier à l'évesque. El le xxviu0 jour de julle, vu jours après ladite balailhc de
Hocscra, 360. "i hourinne, fut la paix faietc à l'évesque (*), parmi c el l mille florins, dont on
Rad., 2, c-:>. mjsj assjczc p0Lir ce Jeveir sur bleidz, vin cl seil, qu'on nommât l'oeillc de io
mollin (3). laquelle durât xvu ans. Adonc les bonnes villes de lirabant traiclirenl
entre l'évesque el le duc, et furenl adonc faites alliances entre l'évesque et son
pays, et le duc et son pays, et fut faite bonne paix (4).
Lan X1ÏÏCXLVIH, le dernier jour de marce, ceulx de Saincl-Trond vindrent
à obéissance et prièrent mercy à l'évesque de ce qu'ils avoinl ledit prestre qui 15
les avoil conseillez du rendre à duc, occis et enfoys, et l'évesque les par-
donna (5).
Le xvme jour de jung, le chapitre du Liège revient à Liège qu'avoil esté ung
an et xxui jours à Namur. En ce temps, siegneur Raeze de Landris, chanoine
de Liège (6), prisl le siegneur de Floyon (7) et plusieurs aullrcs qu'esloint venus 20
courir en son office de Boilhon. En augusl après, le siegneur de Hommines (8)
a tout viff : omis A. — b escouleroit toutes raisons : B, D.
(') Jean Pctcrs de Mcrvile (Fiscn).
(*; Paix de Waroux. (Recueil des Ord., t. I. pp. 279 282.)
(') Cartulaire de Saint-Lambert, t. IV, pp. 215-224. 25
(«) /Aid., t. IV, p. 70.
(8) Cf. Stkayen, Inventaire des archives de Saint- Trond, t. I, pp. 52 à 38.
(o) llaes de Landris, fils de Jean, seigneur de Landris, qui avait été maréchal des troupes de
l'évêchc de Liège en 1315, gouverneur de Bouillon l'année suivante. Haes mourut le 17 juillet 1360.
(De Tueux, t. Il, p. 73.) Hemiucoirt, 1, p. 41 ; II, p. 276. 50
(') Gilles de Berlaymont, seigneur de Péruwelz, de Floyon et de Chaumont.
(8) Amould de Ilummcn, fils de Guillaume de Montferrant d'Oreye, dit de lîummen, et de Jeanne
de Looz. (Hemiucoirt, I. p. 52G; II, p. 520.)
CHRONIQUE ABREGEE DE JEAN D'OUTREMEUSE. 183
esloit lieutenant du lcvesquc, car l'évesque csloit allé à service de duc de
Mont ".
L'an XIII'XLIX, fut le roy Charle (d), fis à roy Johan de Bohème, coroneis Rad.,chap il, 5,
à Ayeze, et sa femme, lîlle Lowy de Bealwir, qui fut jailit roy d'Allemangne,
5 qui morut l'an XIII'XLVII. Et le roy Johan de Bohème, père jadil à roy
Cbarle susdit, morut à la balailhe à Cresy avec François contre Englois (2), le
xxxe jour après la batailhc de Vottcmme dcvantdite b ;3). En ce mesme an J. de w., 342.
XIIICXL1X, fut générale mortalité de la bouche et épidimie c. Allors vindrent Rad-.chaP!11.*-
devers Aquilone v hommes qui portoinl confanon et chantoint chanson en
io priant que Dieu volsist faire eesseir la mortalité, mais depuis- il accroisircnt et
furent bien uc à Liège environ de xxxu d jours. A ce temps, pour ce que famé
portoit que les Juifz avoint punis " les fontaines, dont celle épidimie venoit, on
les ardit en plusieurs lieux.
L'an XII1CL, après le trespas Philippe roy de France (4), fut son fis Johan (5) Rad., ehap.lll,
îs coronneis à Rains '. L'an XIIÏCLI, LU. LUI, ne LIIII, ne fut rien faict de
memoir °. L'an XIIIe et LV en may, le roy Charle allât vers Mclan et à
Rome, et fut coronné empereur en paix. En décembre après, le duc Johan de
Brabant (6) morut, qui avoit trois filles. La premir eut Guilhcaume de Henau
qui morut en Frise (7), laquelle ou nommoit Jehenne. Après le duc de Win-
20 « l'an 1348, trespassat Joh. Hoxsen, escolastre de Sainct-Lambert, le 18 d'octobre, cronicqueur de
Liège : note marginale de HK — 6 et sa femme... devant dite : omis B sauf B'. — c empidimic fort
cruelle, car nulz ne s'en couchoit qu'il n'en morist : B. — <* xxx jours : B. — c empoisonné : B, D. —
t l'an 1350, le 24» de marce, lettre de la foire instituée : note marginale de C. — » L'an XuT'L... de
mémoir : omis Bsauf B1. —Item l'an LI, LU, LUI, ne fut riens trovés en la cronicque qui venist à
25 propose de nostre matière de Liège : BK — 1333, fut mise la première piere de la halle de Brucelle :
note morginale de Bi.
(4) Charles IV, empereur d'Allemagne, 1547-1578.
(*) IIocsem, p. 545. — Jean de Warnant dans chronique de 140:!, p. 558.
(») La bataille de Vottcm eut lieu le 19 juillet, la bataille de Crccy le 20 août 1 540.
30 (4) Philippe VI, roi de France, 1528-lobO.
(8) Jean II, roi de France, 1550-1504.
Ie) Jean III, duc de Bmbant, 1512-1555.
(T) Guillaume II, comte de Hainaut en 1557, mort en Frise le 27 septembre 1345.
184 CHRONIQUES LIEGEOISES.
cclin de Lucemborcl) (1), fis à roy Johan de Bohème susdit do la fille du duc
de Borbon, el fut frère à desurdit empereur Charlc (8), espouzat ladite Jchenne,
ainec fille Johan jadit due de Brabant. Et le conte Lowys de Flandre (3)
espouzat la secunde fille (4) Joban de Rrabanl. Et le duc Renard de (îelre
espouzat la treizième fille dudil Johan due de Brabant, que on nommoit s
.Marie. Après la mort dudil Renard, son frère Lduard fut duc de (îelre ° (5).
Rad., ciiap. iv. L'an XIIlcLVI, commenchat l'cnlredeux entre le duc Wincclin et le eonlc
de Flandre, car le pays de Brabant avoit recheupt comme maris du l'ainée fille
le due Wincclin, et voloit donner b pour sa parle à conlc de Flandre somme
d'argent, mais le eonle dist qu'il ne voloit mie vendre son hérilaige, cl requisl 10
qu'il rcust Malincs, qu'il avoit bien aehapté à chapitre de Liège, et pour ce qu'il
avoit la fille du duc Johan de Rrabanl, se Iuy avoit il laissy tenir sa vie, dont
grande guerre nasquil entre Flandre et Brabant c.
L'an XIII* LV1 d, le xue jour de marec (6), le conte de Namur et le eancellicr
du conte de Flandre Lowys requirent à l'évesquc cl à chapitre de Liège qu'ils is
qu'ils mellissent journée où le conte Lowys de Flandre viendroit rcleveir la
ville de Malincs par la succession de son père le conlc Lowys de Flandre (7),
qui morut à la balailhe Cressy susdite, et il luy fut mis journée à xxxe de
° La promirent... duc de Gelre : omis B sauf fi1. — '' pour faire paix : ajoutent B, D. — c Item al
blance tache en Poitou, le xvme jour de septembre, furent pris le roy Jclian de France, le duc Phillippe 20
le hardis et plussieurs aullres princes de France par Richars roy d'Engleterre : ajoutent fi1 et D d'après
Chronicque de France. — d l'an XIII'LVII : B.
(*) Wcnceslas, fils de Jean l'Aveugle et de, Bcalrix de Bourbon, duc de Drabant, 1 356-1 583.
(SJ Charles IV élait fils de Jean l'Aveugle cl de sa première femme Elisabeth de Bohème.
(») Louis de Maie, 134(> 1384. o3
(*) .Marguerite de Brabant.
(*) En 1501, Renaud III, duc de Gucldre fut fait prisonnier par son frère Edouard qui régna
de 1 30 1 à 1371. Après la mort d'Edouard en 1571, Renaud fut rétabli, mais il mourut trois mois
après, le 4 décembre 1571.
(°J Le 22 mars 1556, le comte de Flandre donne procuration à Olivier de Poekcs et à Sohier 50
de le Bekc, chancelier, pour aller à Liège faire reconnaître ses droits sur Malincs. (J.-F. Willkms,
Urubantsche Ycestcn, t. il, p. <i7b\)
C) Louis de Nevers, 1522-134(5.
CHRONIQUE ABRÉGÉE DE JEAN D'OUTREMEUSE. 185
marcc a auquel jour le dit conle vint au chapitre de Liège en propre personne
et il y releva Malines de l'évesque et chapitre avec Grandmont et Bornehem
avec leurs appendices (J) non obslant que le duc Wincelin pardevanl l'avoit
volul releveir '. lit quant le conte de Flandre eut relevez, il s'en allai par devers
s Malines, où le duc de Brabanl esloil, dont furent l'ung cl l'autre conslraint de
guerroier fortement. Lors le conte Flandre avec ses Flamens vient à Bruxelles,
mais le duc de Brabanl, et le duc de Moni (2), el le conle de Looz (3) courirenl
sus Flamens, lesquels furent constraind par Flamens de s'enfuyr jusques à
l.ovain. Adonc les Flamens assaillèrenl Bruxelles, cl Bruxelles soy rendit au
to conle de Flandre à mercy.el luy firent féaullé e. Après ce, ceulx de Lovain firent
le duc ^Yincelin descendre de Katbcrgc'', se s'en allât corrouchc à Landre. car
oncq pays ne fut sy lost desconfist comme Brabant fui, el la dueessc s'en allai
vers Binches en Hcnau, son doyare. Allors lévcsquc de Liège, ensuyvant les
alliances qu'il avoil au conte de Flandre (4), envoyât deffier le duc Wincelin, Rad., chap. iv,
15 et ceulx de Lovain soy rendirent au conte de Flandre parcilhemcnt comme
ceulx de Bruxelles '. El bien peu de temps après ', siegneur Lambert d'Ouppey,
qu'estoit mariseal du lévcsquc (5). siegneur Jehan de Sainct-Marlin (6), et
siegneur Jacmar Chabot (7), avec beaucops de gensdarmes, en allirenl devant
a au i3e d'avril : les manuscrits B, à l'exception de B1 qui toutefois donne aussi cette date dans
20 une note marginale. Celle-ci est confirmée par le document signalé à la »"te I — * il luy fut mis
journée à xxxe jour de marce, comme il fis!, nonobstant que le duc Wincelin l'avoit volut releveir :
A et B1. — c loyaultez tt féaul)és : B. — d Cauberg : D. — ' mais le duc de Brabant. . . : omis B.
— / le dimanche après : B et D.
(*J Cartulaire de Saint Lambert, t. IV, pp. 226-256.
25 (S; Gérard, comte de Bcrg, fus aine de Guillaume V, duc de Juliers, époux de Marguerite de Bcrg,
héritière de ce comté, mort en lôCO.
(*) Thierry de Ilcinsbcrg.
(*; Traité d'alliance, 17 août 1350 (Cartulaire de Saint-Lambert, t. IV, pp. 245-246.;
(») Lambert d'Oupeye, chevalier. Voir Les Eehevitu, t. I, pp. 220-221. — Poncelet, Les Maréchaux
30 d'année de l'évêché de Liège, B. 1. A. /,., t. XXXII, pp. 258 à 245.
(8) Jean de Saint Martin, chevalier, cité en 1572 [Cartulaire de Saint Lambert, t. IV, p. 495), et
en 1582 (Ibid., p. 428).
(') Jacques Chabot, bailli de Hesbaic. Voir Les Echevins, p. 198.
Tome IL M
186 CHRONIQUES LIÉGEOISES.
Landre. et là furent maints Brabechons occis et pris, et le duc s'enfuit et en allât
vers l'empereur Gharle son frère pour avoir assistance, et adonc Liégoix ardirent
Landre et refirent des piers les portes de Waremme ('). En ce temps, tous les
estais do Brabanl firent fidélité à conte de Flandre el luy donnirenl lettres
sailées de le tenir siegneur, excepté le Bois le duc. Allors le conte de Flandre s
allai à Paris pour complainde" le duc de Normandie (2) pour ce que le roy son
père estoit en Englelerre en prison (3). Ce temps pendant, le duc Wincelin
qu'estoit revenus à Dist, fist tant à ses amys en Brabanl, qui por le doulle ''
de l'empereur son frère qui s'appareilboit de venir en Brabanl, soy rendirent
à duc l'ung après l'autre, car le duc Wincelin (ist paix aux Liégoix, par 10
couvent tel que l'évesque joysseroil entirement de sa juridiction en
Brabant (4). Dont le duc de Gelre (5), de Mons, et le conle de Looz allirent en
aide de duc Wincelin avec xuc lances, et premir devant Lovain qui soy rendit
sans défense, cl ausy le remanant du pays c. Et non obslant cela, l'évesque qui
soy excusât à conte de Flandre de ce que son pays a voit faict paix, veu les is
alliances qu'il avoil à luy, néantmoins l'évesque envoyât siegneur Lambert
d'Oupey pour gardeir la contée de Namur encontre Brabccbons et desconfirent
plusieurs Brabccbons devant Boncffe. En ce temps, l'empereur Cbarle,
frère à duc Wincelin, vient premir à Mets en Loraine, et après à Treicl,
et voloit traiclier pour son frère, mais il s'en rallat sans riens faire. Après 90
«ad., chap. iv, Brabccbons eurent convenl à conle (Juilbeaume de Ilenau (,;) fils jadis de
8, A-Il.
" comprendre : B, D. — * que pour la crainle : B, D. — c et après les autres villes de
Brabant : B.
(') Voir p. 181.
(') Charles, duc de Normandie, plus tard roi de France sous le nom de Charles V, 1561-1380. 25
r3) Jean II, fait prisonnier par les Anglais à la bataille de Poitiers, le 19 septembre 1556.
(*) Le 14 octobre 1550, les villes de Brabanl reconnaissent la juridiction de l'officia! et des archi-
diacres sur la partie du Brabant comprise dans le diocèse de Liège. {Cartulairc de Saint- Lambert,
t. IV, pp. iil'J-'iS'J.) Le 18 novembre, Wcnceslas autorise la ville de Bruxelles à signer le même traité.
(Wiliems, Brahanltche Yeesten, Codex diplomaticus, t. II, p. ($21.) 30
(*) Bcnaud III.
(*, Guillaume 111, comte de Hollande et de Ilainaul ( l "49- 1580), reçut de sa mère cession de ses
Etats en 1319.
CHRONIQUE ABRÉGÉE DE JEAN D'OUTREMEUSE. 187
Lowys de Bavière empereur et de la fille de Willem comte de Hainaut a (*),
qui morut en Frise, qu'il aroil Hosden, et qu'il voulsist traictier de paix,
comme il (ist, et fut sa sentence que Malines rcmaneroit à conle l.owys de
Flandre, et avec ce Grandmont et Bornehen, et se aroit pour la parchon sa
a femme xM escus de renie sur la ville et maicrie d'Anvers, et que après la
ducesse Johannc. espeuze à duc Wincelin, ledit conte aurat luy et ses lioirs
la ducée de Brabant b (2).
L'an XIIICLVIII. le premir jour de janvier, fut la loi novelle (3) et la
lettre d'icelle sailée et mise en warde des eschevins de Liège (4) c. En ce
10 temps, Johan de Jupillc (5) fit bâtir de nouveau d de sa maison en
Neufvice l'église Saincte-Catherine e. L'an XIIICLIX, allirent plusieurs com-
paignies ' qu'avoient esteis en guerre de France cl dEngleterre desrobeir
et pillier tout aval le pays, tant qu'il en vient vnc à chevaulx, et environ
de vuic à pied en la baillerie de Tuwin, mais Joban de Lovain, baillier de
15 Tuwin (6), avec les gens de sa baillerie, les corrirent sus, et en occirent nic à
" Guilheaurae de Henau qui eirt fis à l'empereur Lowys de Bealwir : A. — 6 L'an 1357, les
Chartreux ont commencé à demeurer dans le lieu que les Prémonstréz avoient possédez sur le
mont de Cornillon : addition du manuscrit Univ. de Liège 629. — c L'an mesme, le douzième
de décembre, fut faicte la paix de Waroux qu'on dist la loy nouvelle : D et note marginale de Ii{. —
20 * fundat : A et B. {La leçon ci-d.'ssvs tirée du manuscrit Univ. de Liège 629 est plus exacte, car Sainte-
Catherine existait déjà en ISIS : Chartes de Saint-Pierre, p. 59 ; Leodium, 1908, p. f'0.) — e Du temps
de cette évoque, l'esglise de Sainte-Baibine au mont de Sainte -Walburge étoit fort fréquentée des
pèlerins et fut largement dotée. L'an mesme, la chapelle de Saint-Jean et de Sainte-Catherine en la
grande boucherie fut fondée et administrée par les boucliers : addition du manuscrit de Liège 629.
Î5 — ' compaignons : A.
(*) Marguerite de Hainaut qui régna de 1545 à 1349.
(*) 4 juin 1357. (Willkms, t. 11, p. 543.)
(*) En exécution de la paix de Waroux.
(*) Recueil des Ord., t. Il, p. i.
30 (5) Jean de Jupillc. Son testament, du 28 niai 1359, se trouve au stock n° 1 de la paroisse Sainle-
Catherine, aux archives de l'église Saint-Denis à Liège. Sur la fondation de Sainte-Catherine par Jean
de Jupille, voir Gobeiit, Liège à travers les âyes, t. IV, pp. 299-50'2.
(6) Jean de Louvain, bailli de Thuin, cité en 1358 et 1560. {Cartulairc des comtes de Hainaut, t. I,
pp. 555, 585.)
1RS CHRONIQUES LIÉGEOISES.
clicvaulx, inf à pied, et 11e prisonniers, cl le baillier perdit xl liommes ".
Rad., chap. iv, L'an XIII'LX, en may. l'abbé do Clungny Iraicliat tant que la paix fut faite
9 c.
entre le roy de France Johan qu'esloil eneor prisonnier en Lnglcterrc, elle roy
Eduard d'Englelcrre, en la eité de Gharlre, par la manier qui s'ensuicl '' (*) :
que le roy Eduarl et ses hoires après luy tiendroient hérilablemenl, sans ressort 5
en fieiï ne aullrcment, en pays les terres qui s'cnsuyvcnt : premier le bourges
d'Angcnnes, Caorsin, Piragoire, de Roergnée, tout Poitou, Rachcl, Lymosin, la
conté d'Angolesme et Saulongue, le fieff de Thouwart cl de Bonne Ville, la conté
Ghuanc et. en Picardie, Calais, la conlé de Poylou comme le beau roy Phillippc
de France le donnât en mariage à sa mère quant le roy Eduart. son père, l'es- 10
pousat, et le doibt celle conté de roy de France tenir en fielT et en bommage.
Item (loi |>t avoir eneor, selon ladit paix dedens trois sapmaines, c'estoit dedens
la sainct Jehan Baplist, vic mille escus, item l'an LXI ensuivant dedens ladit
sainet Joban vinc mille escus, item eneor vmc milles l'an LXII : somme totale
xxxc mille escus; el l'an LXI, eneor vmc que j'avois obliéz. '5
Rad., chap. V, L'an XIII'XLI, le xvii" jour de janvier, morut à Stoekhcm siegneur Thiry de
Hinsberg (|ui, par la faillie du l'évesque Adolphe delà Marche jadit, usurpoit la
coulée de Looz, et morut ledit siegnetir Thiry excommuniez depar l'église de
Liège par l'authorité du pape pour ce qu'il usurpoit ladite contée injustement,
pourquoy les dames de Herckenrode ne le volrent mie laissir ensevelir en leur 20
église des Augustins à Hasselt. En ce temps, le siegneur Arnuld de Rumines et
siegneur (ïodefroid d'Akmbroux la volrent relcveir du l'évesque et du l'église
de Liège par la succession dudit siegneur Thiry, cl mainlenoil le siegneur d'Al-
lembroux qu'il esloit plus proisme, car siegneur Thiry esloit frère «à sa mère (!)
" L'an mesme, le il de juin, Wenrelin de lîolièmc, duc de Luxembourg et de Braibant, releva de 2o
nostre évesque le chasicau de Mirwart avec ses appendices, au chasteau de Bouillon, comme père
de l'église de Liège : ajoutent B et fl', ce dernier en noie marginale. — comme père et mambour de
Liège à cause du chasteau de Buillon : I). — 6 L'an mesme, vindrent les Chartroux demourer en
leur couvent emprès Corneillon : H, D et B1 en note marginale.
(<) L'analyse du traité de Brétigny, du S mai lôliO, ne se trouve que dans les manuscrits A et /?', 30
Pour les détails, voir Maiitenne, Ampl. Coll., t. I, pars I, col. 186, et Dijiônt, Histoire des traites.
I. Il, pp. 7-17.
(5; Il faut lire : « à son père ».
J.dcW., 347.
CHRONIQUE ABRÉGÉE DE JEAiN D'OUTREMEUSE. 189
et avoit acquis à dame Margarite, ainée fille (l) le conte Lowys de Looz
jadit espcuze siegneur Guilhcaume d'Oreilhe (*), le droict de ladite contée de
Looz, parmy une grande somme de florins, cl sondil oncle Thiry esloit lis
de l'autre seure du jadit conte Lowy " (3). Lesiegneur d'Agymont (4) ossy voloit
5 releveir ladite contée, car il maintenoit qu'il esloit audit conte le plus proisme
depar l'cspéc. Et 1 evesque respondit que ladite contée de Looz estoit et devoit
eslre par droiel, par plusieurs raisons, comme en les procès sur ce faicls conte-
noit plainement, à luy et à son église, sy que il la calengoit, car par la faulle son
oncle Adulphe jadit, siegneur Thiry l'avoit tenus jusques à ce. Adonc ledit
io siegneur d Allembroux allât pourveoir Stockiu-m et fist le pays d'allcntour rele- RaJ., 10, c.
veir de luy. En cest an, le xxve jour d'apvril, accordai le pays de remanir dileis
l'évesque et son église, pour b aideir avoir son droict en ladite contée de Looz
non obstant que plusieurs nobles du pays esloint du la faveur dudil siegneur
de Rumines qui n'avoit nul droict (5), et sa mère mesme Margarite susdite
13 l'avoit vendu, se droiel y euuist mesme. El le xxvme jour de ir.ay, l'évesque, ses
gens d'armes, Liégoix, Huyois, Dionantois, de Fosse, Tuwin, ^ainct-Trond,
s'en allirent par devers Sloekhem, cl siegneur Everard de la Marche c (fi)
u conte de Looz : B. — b de aideir : A. — c frère à l'évesque Engelbert : ajoute B, D. —
L'anXI!IcLXVI, vindrent de la partie d'Allemaigne plusieurs gens hommes et femmes dansans et
20 saultans qui avoient les diables au corps; et estoit celle mauldicte diablerie tellement augmentée
que de nulle part on ne povoit expulser ces diables. Dont il advint en la clergie de Liège grand
honneur, car par eulx lurent les diables expulsez, et les personnes remises en bon entendement.
Tellement que de tous costéz on amenoit gens démoniacques à Liège, et sy retournoient tous
sains et guarys : Liège Univ., 181 et 182; cf. ms. 1577; ms. 418, pp. 568; 559, fol. 155.
25 (*) Il faudrait lire : o aînée scure », d'après ce qui suit : • fils de l'autre seure ».
(*) C'est Jeanne et non Marguerite qui épousa Guillaume d'Oreye. Marguerite épousa Guillaume
de Duras.
(3; Dans le passage qui précède, le chroniqueur fait plusieurs confusions. Pour les éclaircir,
nous renvoyons au tableau généalogique I publié au début du tome I de ces chroniques.
30 (*) Jean IV, de Looz, sire d'Agimont, Walhain, etc., vivait encore en 1574. (Hemuicourt, I, p. 158 j
II, p. 2D5.)
(5) Il était fils de Jeanne de Looz.
(6; Ëverard de la Marck, frère de l'c'vèque, était avoué de Hesbaie depuis 1551. (Daron
J. de Ciiestbet de Haneffe, Histoire de tu maison de la Marck, pp. U5-t)7.j 11 avait épouse Marie
35 de Looz, fille unique de Louis de Looz d'Agimont. Voir Tableau I précité.
190 CHRONIQUES LIEGEOISES.
portoit le standart, et siegneur Guilheaiime de Coir (') et Jolinn de Flémalle
eseohier (2) estoient adonc maislres de Liège, et siegneur Lowys .Martel de
Juppillc (3) conduisoit l'ost. Et 1 évesque avoit avec lui les contes de Cleyves(4),
et de la Marche (5), l'évesque de Monstcir (G) et plusieurs aullres, et siegneur
Raezc de Jemeppe (7) estoit mariscal l'évesque du Liège. Allors Wéry des s
Palais, et Jacmin de Wonck. elumonne du Saincl-Johan (s) en Isle à Liège
s'en allircnt veoir l'ost, se furent pris et enmineis à liinsberg. Adonc, entre
Eyck et Stoekhem. furent nnxx foriers des Liègeoix occis. La nuict du sainct
Rad., H, b. Joh;in Baptiste fut le chasteau du Stoekhem rendu, et le siège avoit esté
devant xxv jours. Adonc l'évesque allât en paix prendre homaige aval la 10
contée de Looz.
Rad., il, c. L'an XIII' LXII, fut en pays du Liège très grande mortalité de la bouche",
que du xM qui l'avoint n'eschappoit mie ung. En ceste année, fut faite modé-
ration sur la loy novelle '', qu'a voit désia eslié commenchié depuis l'an LXI (9).
L'an XIIFLXIII, l'évesque en allât à Prâgc pardevant l'empereur à l'enconlre is
[lad., 12, c. du siegneur de Humilies et du siegneur d'Allembroux qui clamoit Hinsherg,
j. de St., 15. et quant l'empereur eut oys le droict que l'église de Liège avoit à ladite contée
0 peste : B. — * modération de la loy nouvelle touchant les eschevins qui la confirmèrent l'an
treize cents soissanle trois, le mardi après la S. Jolian Baptiste; elle avoit esté faicte l'an 1361 : D et
noie marginale ae BK. 20
(') (îiiillnume de Coir, chevalier, époux d'Nabelle, fille de l'éohevin Gilles M.ithon, maître de la cité
en 1500, 1505, mort en 1575. (IIemricourt, I, p. 253; II, p. 184. Les Bourgmestre», pp. 75, 80.)
Il est aussi cité comme maître le 12 janvier 1572. (Cartulaire de Saint Lambert, t. IV, p. 488.) Il est
cité en qualité de chevalier en i 5:»7, 1558, l5Ct, I50b, 1566, 1375. {Cartulaire de Saint-Lambert,
t. IV, pp. 287, 268, 400, 401, 413, 455, 502.) Sa veuve apparaît en 1570. (Ibid., p. B28.) i3
(5) Jean de Flémalle, escohicr. Voir ci-dessus, p. 166.
(3) Louis Marteau de Jupille. Ce doit être Louis Marteau de Milmort, sire de la .Neuville. (IIemri-
court, II, p. 299.)
(') Jean, comte de Clcves, mort en 1508.
(») Engelbert III, comte de la Marck (1547-151)1), neveu de l'évéque. (Baron J. de Chestret 30
DE Haneffe, Histoire de la Maison de la Marck, pp. 50-52.)
(o) Jean de Virneburg, évéque de Munster, 1557-1565.
C) Sur Ilaes de Jcmcppc, voir Porcelet, Les Maréchaux, p. 240.
(8) Jacquemin de Wonck, voir L. Lauave, Cartulaire de Saint-Jean, p. xliii.
(') Voir Recueil Ordonnances, I, 500. 3S
CHRONIQUE ABRÉGÉE DE JEAN DOUTREMEUSE. 191
de Looz, il confirmai à 1 église ladite contée et commandât silence aux deux
siegneurs d'Allembroux et de Rumines. En cest an, il fist sy grande gelée qu'elle
durât xv sapmeines.
L'an XIIFLXIIII, en quaresme, l'évesque (Engelbert de La Marck) fut
5 translaté de Liège à larchcvesquié de (iolongne ", et le xvc jour d'apvril, fui
publiée ladite translation.
Le lendemain de la Penlhccoste, Liégoix allirent à Orcilhc, car le siegneur de
Humines (') estoit là et voloit enlreir en la contée de Looz, mais il ne les osât
attendre. Adonc fut faiet par le chapitre et le pays siegneur Johan d'Agy-
io mont et de Rochefort (2) mambor, et siegneur Walthier de UanelTe (3), frère
audit mambor, qu'esloit mariscal, prist gens d'armes avec luy et le chapitre y
envoyât avec luy troix chanoines, siegneur Euslaee Persan de HannelTe v4), frère
aussy audit mambor, siegneur Henry de Lonchin (5) et siegneur Léonard de
Geeve '' (8), et desconfirenl des gens le seigneur de Rumines xi.iu hommes
ta devant Hasselt. Lors ledit mariscal et ses gens allirent gardeir Hasselt et depuis
ledit siegneur de Rumines voloit assiégier Hasselt, mais il ny gaignat riens
sinon perde.
» par la mort de l'archevesque Je Collongne : B. — b Bernard de Gei'e : B1. — Bertrand de
Goire : B*.
20 (') Voir plus haut, p. 188.
(') Sur les seigneurs de Rochefort, voir Roland, Les seigneurs et comtes de Roche fort, pp. 152-i5G.
(!) Wauticr de Rochefort, voir de Chestrbt, La terre franche de Hnueffe. (11. I. A. L., t. XXXViU,
p. 29.) — Po.ncelet, Les maréchaux d'armée de l'evêché de Liège. (H. I. A. L., t. XXXII, p. 2!3 )
(') Eustache Persant de Rochefort. (Hemuicouet, I, p. lôb; II, p. ôbi.)
2S (s) Henri de Loncin, cf. de Theix, II, SU.
(') Léonard de Geeve. Aucun chanoine de ce nom ne figure parmi les bénéficiaires des prébendes
de Saint- Lambert en 136! et en IS67. Bouille cite Bernard de Glcvc, prévôt de Saint Martin (I, 40j).
Il s'agit évidemment de Bernard de Eigher, ehanoine de Saint-Lambert en i5bi), mort le 7 juin I3'J8.
Cf. Scboolmeesters, Liste des prévôts de Saint-Martin. (Leodium, 11107, p. 33.)
192 CHRONIQUES LIÉGEOISES.
Règne de Jean d'Arckel, 1364-1378.
Règne de Arnoul de Horne, 1373-1389.
Début du règne de Jean de Bavière, 1390-1400.
Le texte de nos manuscrits devient ici d'aulant plus précieux que nous
n'avons sur celte période d'autres sources contemporaines que Malhias de Lewis 5
et Radulphe de Hivo.
An XIIi'LXIIIi susdit, le xxixe jour de Julie ", vient à Liège Jolian d'iïrke,
fis à siegneur d'Erke (') de la fille le conte de Verneburge, comme évesque de
Liège xlix", et avoit paravant esté évesque d'OuItrcict b. L't esloienl maigres
de Liège allors siegneur Thiebar de Lardir (2) et Jolian le robeir (3j. 10
En cest an, ons vient bressier à Liège premier hoppeljier.
L'an XIII'LXV, le jour de Noël, trois docteurs en théologie chanlirent
les in messes a Saincl-Lambcrt. le premier maislre Jolian Hochait (4),
doyen de Liège, la seconde maistre Jolian de Marville (:,)} chanoine de
Liège, et la troisième Jolian de Sainct-Martin (G), carme, évesque suffragant. 15
« après que Enylebert fut conferméz arebevesque de Collongne : D. — b et tist son entrée par le
pont d'Amécourt et fut receupt comme evesque xlviif l'an XIIIe et LXII1I, le xxix jour de jullet : B.
(') Sur Jean d'Arckel, cf. Archief voor de gcschicdcnis van lut Aartsbisdom Utreeht, XXXII (1900),
pp. 103-110.
(s) Thibaut de Lardier, écuyer eu 1548 [Carlulaire de Saint Lambert, IV, SS); cité eu 13IJ0, 1557, 20
1358 (Ibid., pp. 22b', 200, 270); chevalier en 130*) [Ibid., 40.-», 413 ; assiste à la renonciation
d'Arnould de Ilummcn (Ibid., p. 455).
(3j Sur Jean le Roberes, voir p. 100, n. 7.
(') Jean Blanckard, cf. de Tuelx, 11, 09-101.
(B) Jean de Marville, cf. Ihid., Il, 109. 25
(6) Jean de Saint-Martin, cf. Ibid., II, 105, secrétaire du pape, pourvu d'une prébende de l'église
Saint-Lambert !<■ 22 décembre 1301. [Carlulaire de Saint- Lambert, IV, 350.) — D. U. BtHuÈiiE, Les
Êiêqucs auxiliaire) de Libye, pp. 40-42.
CHRONIQUE ABRÉGÉE DE JEAN D'OUTREMEUSE. 193
En ceste année, l'évesque Johan d'Ercke portât le Sacramant le jour du
S. Sacrament a.
En cesl an, siegneur Amuld de Rummines vendit ce qu'il avoit en pays de Rad., 16, b.
Liège et garnis! son chasteau de Rummines et surprist Liégoix, mais il y avoit
5 triwe jusque à la dernier paske. Lors les triwes passée, la garnison de Rummines
occist ung mangon de Sainct-Trond (*), dont le pays en fut très courouchéz.
Dont la nuict du Saint Laurens.l évesque et les Liègoix allirent vers Rummines,
et siegneur Lambert d'Oupey portât le standart (2). Adonc le duc Wincelin de
Brabant euuist faict donner l'évesque et le chapitre à siegneur de Rummines
to xl" moutons d'or et iiM de pension, s'il luy eust vollut donner sa calenge à ladite
contée, mais il délaissât et s'en trouvât mal. VA l'évesque, le jour du sainct
Laurens. assiégat ledit chasteau de Rummines (3), et y furent Liégoix, Huyois, Rad., 16, c.
Dionantois, de Fosse, Tungre. Sainct-Trond, et le siège pendant, siegneur Lam-
bert d'Oupey, qui portait le standart, soy partit du siège et s'en allât vers
îs Roilhon, là il estoit chastellain, car grande compangnie estoit la venue, et fut
adonc le standart mis en la main siegneur Walthyr de Hanneffe (4). Après la
nuict du sainct Calixte, fut rendue Rummines, et furent vicxx et mi prisonniers
rendus en la main du l'évesque et mineis à Moua, qui avoient noblement
gardez le chasteau jusque adonc 6.
20 L'an XU1CLXVI, Gst grande gealée alentour de Noël, qui durât bien vi saip-
maines ', et après il plouvat d tellement que les eawes furent très grandes,
et bien peu après eut grande mortalité.
" L'an mesme, le xmi8 de marce, fut faict l'instrument des fleffs deaues duquel on use eneore
présentement : add. ms. D et note marginale de B1. — b et fut ledit chasteau arruinéz jusques à
25 la terre par les Liégeois : add. D. — c onze sapmaines : B et D. — d onze jours : B.
(*) A pracsidiariis de Runimis lethaliter vulneratum (Rad. de Rivo), dominus Henricus de Berghines
miles quemdam oppidanum de Sancto Trudonc carnilîcem juxta Rumines occidissel (M. de Lewis).
(s) Lambert d'Oupeye, voir ci-dessus, p. 18Î5, n. S. Il remplaçait ici Everard de La Marck, avoué de
Hcsbaic, son beau-père. Ce qui a induit M. Kurth (Kotger de Liège, I, p. 207, note) en erreur et lui
50 a fait croire qu'à ce moment, c'était le maréchal d'armée qui portait l'étendard. Il avait épousé Alix
de Lummen, dite de Hermalle, fille d'Evcrard de La Marck, seigneur de Lummcn.
(5) Voir détails sur ce siège dans Gesta abb. Trud., édit. de Borshn, t. II, pp. 352-555.
(') Voir tableau généalogique B.
Tomb II. M
194 CHRONIQUES LIÉGEOISES.
Rad , 17, a. En oest année, le siegneur de Rummines a renunehat en la main de l'évesque
toutle son action à lousiours, qu'il prétendoit avoir à ladit contée de Looz, de
tout en tout, parmy une certaine somme de florins (').
Rad., 17, b. L'an XIIICLXVII, en august, allât l'évesque ardre sur le duc de Julie la ville
d'Audenhoven, et plusieurs autres villes, et pour ce qu'il fisl sy chaud, on le 5
nommât la chaude chevauchie b.
L'an XII1CLXVIII, le roy ' Charle eut ung fis, qui puis fut roy Çharle
do France, qui fut malade long temps et tenu en gayoulle (*).
L'an XIIICLXIX, le m8 jour de janvier, tonnât sy fortement que toutte terre
crollat vers Orient. Hungrie, Bohème et sur le Rins. Et cest an n'avoit nulle 10
apparance du roisins jusque à may, et fut néantmoins du vin en grande
plantcis d.
L'an XIIICLXX, riens ne fut digne de mémoire e.
Rad., 18, u, c l/an XIIICLXXI, le jour sainct Symphorien, le xxue jour d'august, fut la
batailhe à Bousewillre (3), et là fut occis Eduward. le duc de Gelre (4), sans is
" vint au chapitre de Liège où, en présent de l'évesque, renunehat à tout ce qu'il prétendoit à la
contez de Looz, avecque pleurs et gémissemens, voyants et oyants tous ceulx qui estoient présents
et en donnant à l'évesque toutes les lettres et chartes de ladite contez et ainsi demourat tout en paix,
parmy une certaine pension vitale que l'évesque luy promist de donner, assavoir trois milles florins":
add. D; cf. Chronique latine de J. de Stavclot. — '' L'an mesme, en la ville de Brucelles, tombât 20
la thour Sainel-Nicolas le propre jour de sainct Nicaise : add. D et B' en note marginale. —
" l'empereur : B. — d L'an mesme, la veille de l'ascention, l'abbaye de Sainct-Jacques en feu
par accident, le réfectoire et dormitoire et partie de l'hostel de l'abbé bruslé : add. D ; cf. Zanlfliet,
col. S95. — L'an traize cents septant, miracle de la Vierge Marie ens encloistre de Sainct-Lambert :
add. D; cj. Zantfliet, col. 295. — L'an mesme, la veille de l'ascention, furent mis en cendre et 23
brusleis à lirusselles plussieurs Juiffz qui avoient desrobé le Sainct Sacrament ou hostie sacrée à
Saincte- Goule, et frappé plussieurs coups de couteaux dédains, dont en sortit sang et les veoit on
encor aujourahuy et fut appelle Sacrament de miracle, duquel on célèbre la feste à Brucelles en
grande solennité le dimanche après Saincte Margarite : add. D et résumé en note marginale de B1.
— e Item l'an XIIICLXXI, n'avoit riens qu'il fust à nostre matière convenable : B1. 30
(') 21 septembre 156G. Voir Carlulaire de Saint Lambert, t. IV, pp. 454-439.
(») Charles VI tomba en démence en 1392.
(') Basweiler à une lieue de Guilckirchen et à une lieue et demie de Rolduc, dans le Limbourg
hollandais.
(*) Edouard, duc de Gueldre, 1361-1371. 3-;
CHRONIQUE ABRÉGÉE DE JEAN D'OUTREMEUSE. 193
heurs, sy que le fis de sa seur nommé Guilheaume fut duc après luy (*),
qu'estoil le fis de duc de Julie (2), qui gaignat adonc ladite batailhe et prist le
le duc Wincelin de Brabant, le jeusne conte Wilheaume de JNamur (3), et ses
deux oncles siegneur Robert et siegneur Lowys de iNamur (4), et fut pris ossy
3 siegneur Lambert d'Ouppey (5), qu'estoit là envoyez depar l'évesque pour
conduire les Hesbignons ° et plusieurs aullres. Et y furent occis de costé de
duc Wincelin de Brabant, le conte de Sainct-Paul (6), le siegneur Wilheaume
de Hamale (7) et plusieurs aullres grandement.
L'an XIIICLXXII, ceulx de Tuwin ne volrenl point recepvoir à leur bailhier M. de L., 215.
îo siegneur Giel Chabot, s'il ne faisoit seriment à leur voloir, Adonc Engelbert de
la Triche et Johan de Henchies b qu'estoient maislres de Tuwin vindrenl à Liège
et informirent le peuple que siegneur Giel Chabot ne voloit faire le seriment
acoustumeis, et l'évesque disoit que sy faisoit, qu'il avoit eneor aullrefois esté
bailhier de Tuwin (s) et qu'il scavoit bien quel seriment il devoit faire ''. Lors
io siegneur Giel Chabot allât à Tuwin pour faire le seriment, niais ils le volrent
encor faire jureir à leurs volunteis. Dont Johan de Henchies'' vient à Liège en
moys de jung, quant l'évesque esloit deleis l'empereur à Ayeze, et informât la
cité contre l'évesque en despitant siegneur Giel Chabot grandement, dont depuis
fut occis ledit Johan Hanchies (9).
20 Et anchois que l'empereur Charle de Bohème venist à Ayeze, madame Jehene Rad., 18, d.
" conduire Huisberg : A. — b Linchier : B1 corrigé en marge Harchies, leçon des autres manu-
scrits B. — c ilz avoit faict : B.
(') Guillaume I", duc de Gueldre, 1383-1402, ou Guillaume VU, duc de Juliers, 1393-1402.
(5) Guillaume VI, duc de Juliers, 1361-1393.
25 (!) Guillaume, fils du comte de Namur, Guillaume Ier (1337-1391), plus tard, Guillaume II (1391-
1418). Voir ci dessus, p. 176, n. 8.
(*) Robert et Louis de Namur étaient fils de Jean I et de Marie d'Artois.
(5) Voir ci-dessus, p. 188, n. 8.
(«) Guy de Luxembourg, comte de Ligny et de Saint-Pol.
30 (') Il n'est pas cite par de Raadt. Il faut probablement lire : Eustache de Hamal.
(8) En effet, Gilles Chabot était déjà bailli de Thuin en 1370 (Carlulaire de Saint-Lambert, t. IV,
p. 477) et en 1366 (Fiefs de Jean d'Arckel, p. 42.)
(') Jean de Harchies. Cf. Verkooren, n° 5023. Avis du duc de Brabant sur les points à lui soumis
par la cité et bonnes villes du pays de Liège.
19(i CHRONIQUES LIÉGEOISES.
espeuze Wincelin, duc de Brabant, frère à l'empereur desurdit, donnât à
l'évcsque de Liège xviMescus pour avoir l'ost, se besongne en estoit, pour aidier
son maris ° Wincelin hors de la prison de duc de Julie. Après ce, vient en mois
de julle ledit empereur Charle à Ayezc pour sondit frère aidier. et furent avec
luy les trois archevesques électeurs (J) et Albert, archevesque de Magdel- s
berche (*), Johan, évesque de Oulmen (3), Jolian, évesque de Liège. Thiry,
évesque de Messe (4), Gérard, évesque de Cambray (5), Arnuld de Home,
évesque d'Oultreiet (6), Adulphe, évesque de Spire (7), Florence, évesque
de Moustcir (8), Pier, évesque de 'I hour (9), encor le roi Wincelin de Hohème,
fils de l'empereur (10), là présent. Albert duc de Saxone, Robert duc de Uealwier, 10
le conte palatin, Albert conte de Hollande, Frédéric de Brandebcrg ("), et des
aultres sans nombres. La nuict du sainct Johan, la paix fut faite, et fut quitte
de prison le duc Wincelin et les siens.
° son dit barons : B*.
(') Jean de Luxembourg, fils de Wenceslas, archevêque de Maycnce, 1571-1574; Frédéric de Sar- iî>
werden, archevêque de Cologne, 1570-1414; Cuno de Falkenstein, archevêque de Trêves, 1 562-1588.
(') Albert de Stemberg, archevêque de Blagdebourg, 1568-1574.
(') L'évêque de Toul? Ce siège épiscopal était alors occupé par Jean de lloye.
(4) Thierry Beycr de Boppard, 1 56 S- 1584.
(") Gérard de Dainville, évèque de Cambrai, 1571-1578. 20
(8) Arnould de Home, évêque d'Utrecht, 1571-1579.
(') Adolphe de Nassau, évêque de Spire, 1371-1579.
(8) Florent de Wcvclinghoven, évêque de Munsler, 15641579.
(») L'évêque de Tours en 1572 élait Simon de Renou (1565-1579).
(,0) Wenceslas VI, couronné roi de Bohème en 1565 à l'àgc de deux ans, roi des Romains en 1376, 2o
succéda à son père l'empereur Charles IV en 1378, fut déposé en 1400.
(") On constate ici la négligence ordinaire de Jean d'Oulremcusc : 1° Albert n'a jamais été duc de
Saxe. Fils d'Otton qui élait le frère aiué de Rodolphe 11, duc de Saxe, il fut en guerre avec son oncle,
et à la mort de celui-ci en 1570, il fut évincé par Wenceslas, frère puiné de Rodolphe 11, en vertu
d'une bulle de l'empereur; 2° le duc de Bavière n'était pas Robert, mais Etienne, qui régna de 1547 50
à 137ti. Jean d'Oulremeusc confond sans doute le duc de Bavière avec Robert, comte palatin de 1553
à 1590; 5° le comte de Hollande n'était pas Albert, mais Guillaume V (en Hainaut Guilaume lllj, qui
régna de 1549 a 1589 et eut Albert pour successeur; 4° l'électeur de Brandebourg n'était pas Frédéric,
mais Otton de Bavière, qui régna depuis IÔ66, fut en guerre avec l'empereur et dut, en 1575, lui
céder le margraviat de Brandebourg. 35
CHRONIQUE ABRÉGÉE DE JEAN DOUTREMEUSE. 1U7
En cesl an ", aulcuns des amys l'évesque occirent Johan de Henchies b susdit
et blessirent son compangnon, pour ce qu'il avoit à Liège dit que l'évesque estoit
du traictrcs yssus, et aultres mavaix parleir. Dont ceulx de Tuwin le firent
tout mort porteir à Liège, et le monstreir par touUcs les bonnes villes, et après
s fut enselis à prêcheurs à Liège °.
L'an XIIICLXXIII, en fut le pays sy emflambéz qu'il conclud d'avoir guerre
à leur seigneur et luy imposoint qu'il estoit homicide et ont proclameis à Liège
sicgneurs Giel Chabot et Pirlo de Fiennes à peron, disant qu'ils avoint occis
ledit Johan de Henchies ° (*). Dont la guerre fort commenchat, mais les
io xxn hommes qu'estois députeis pour enquérir ce faict (2) rcmanirent ung an en
leur office d (3).
L'an XIIFLXXIIII. le xie jour de septembre, fut la lettre des xxn sailée (*)
" en avril : add. BetD. — bie Harchies : B. — « L'an mesrae, morut au couvent des frères Guilhemins
à Liège Johan de Mandeville (5) dit à la barbe, chevalier, siegneur de Campdi, natiff d'Engleterre,
15 professeur de médecine, orateur excellent et fort dévote et aux povres grand aulmosnier, lequel après
avoir circuit toute le monde universelle, morut comme dit est, l'an traize cents et septante deux, le
diex septième de novembre, enterré audit monastère comme on veoit encor la pierre de son sépulchre
eslevé : add. D; cf. Bruslhem. — " L'an mesme, le premier jour de marce, la paix fut faicte des vingte
deux et entre auhres conditions fut ordonnez que nulz estrangiers n'auroient les gardes des places
-20 et forteresses : add. D. — L'an traize cents septante quattre, le quatrième jour de janvier, grandes
eaues qui montèrent jusques sur le grand aulteit du couvent des frères prescheurs. En temps des
grandes eaues, devant qu'il fussent en l'église de Sainct-Jacques, le marlier dudit monastère alluma
ung Ïambe devant l'aulteit de Sainct-Andrier, en disant que s'il vouloit du temps des eaues entretenir
sa lampe, qu'il l'entretenist, car il ny retourneroit plus, et estant les eaues retirées, on trovat encor la
25 lampe ardant. Pareillement l'onzième et douzième jours du mesme moys, fut encor la Meuse plus
grande, tellement que les batteaux passoient par Sainct-Poul, et monta à Prescheurs à grand aulteit
ung pied hault : add. D.
(*) Ad peronem proscripti et perpetuo damnati sunt exilio Agidius Chapotius ceterique caedis
conscii (Fisen).
30 (*) Fisen, sans doute d'après la grande chronique de Jean d'Outremeuse, dit que les enquêteurs
furent choisis un de chaque métier. Ils auraient donc été au nombre de trente-deux.
(») La première paix des Vingt-Deux est datée du 2 décembre 1573. (Ordonnances, t. I,
p. 328.)
(*) La seconde paix des Vingt Deux est datée du 1" mars 137.1. (Ordonnance s, t. I, p. 331.)
3g (8) Sur Jean de Mandeville, voir Gobeht, Liège à travers les âges, t. IV, pp. 42-16.
198 CHRONIQUES LIÉGEOISES.
en la maison siegneur Bertrand de Chaster " (') qu'estoit maistre du Liège (2), et
en eut l'évesque xvM escus.
El le xiu" jour dudit moys, vindrent les danseurs de devers Aquilone à Liège,
et plusieurs devindrent de leur compangnie. Ils crioint Sainet Johan Baptiste,
et ailloint fortement loyés et bendeis au travers des flans b. ferrants ' leurs 5
palmes. Dont le xxve jour d'octobre, toutte la elergerie fut à la spéciale messe
à Sainct-Lambert, et maistre Johan de Marvilhe (s), docteur, chanoine de Liège,
fist ung sermon en palais et dist et provat que c'estoit arte diabolice, et ne povoit
yssir ne fineir son sermons par les adversités des diables qui l'encombroint.
Après, l'évesque des ordres chantât une spéciale messe à Sainct-Paul et voloit 10
après la messe sermonneir. mais il ne peult dire aultre choese que du Jacob qui
servit son oncle xuu ans, car les diables l'empéchoinl d. Lors advient aulcunes
disputations. où le léseur e des prêcheurs provat qu'il estoint remplis du
l'cnnemys. Le xxvejour d'octobre, ledit frère Martin d'Amiens, léseur7, chantât
la tierce spéciale messe à Sainct-Berthtlmé, et la messe dite, il prist ung des 15
danseurs et luy mettit ses doibts en la gorge, et fist adonc gehire le démoniac
et jettat le diable hors de son corps, et siegneur Adam de Brahicr (4), chanoine
du Sainct-Berthelmé, fut le second qui les conjurai, et plusieurs aultres
prestres après.
L'an XIIICLXXV, l'évesque se partit de Liège el mettit son seal 3 à ISamur 20
et puis à Treict, car les xxn luy avoint commandeis qu'il rendist à Herman
" de Ctiasteau : B. — b liez et warocqués travers les flans : B et D. — c battant leurs palmes : B, D.
— d pour les diables qui avoient grand pouvoir : B1. — e Item le yingtroizieme jour d'octobre, le léseur
des prescheurs en la disputation provat : D. — < frère Martin, léseur d'Amiens : B et D. — s son siège : B.
(*) Bertrand de Licrs, voir ci-dessus, p. 178. Il est appelé ici du Chaster, du nom de son château de 2b
Castcrt où, d'après le chroniqueur, la paix aurait été scellée. Mais il semble que Jean d'Outremeuse
fait ici une confusion : la paix scellée au château de Castert est celle du 14 juin 1576.
(') Encore une erreur de Jean d'Outremeuse. D'après ce qu'il dit lui même, plus loin, page 200, les
maîtres de la cité en 1 571-1 575 étaient Jean de Bernalmont et Jean le Coq. Bertrand de Liers occupa
cette magistrature les deux années précédentes. 30
(») Sur Jean de Marville, voir de Tdeux, t. Il, p. 109.
(') Adam de Brahier, chanoine de Saint- Barthélémy, était curé de Vcrvicrs en 1577. Cf. Chronique
de la Société verviéloise d'archéologie el d'histoire, année 1905, p. 71.
CHRONIQUE ABRÉGÉE DE JEAN D'OUTREMEUSE. 199
Winclaer (*), du Sainct-Trond une certaine somme d'argent qu'il avoit recheupt
de luy, car 1 evesque luy avoit donné une lettre sub son seal, cognoissant que
ledit Herman estoit proidhomme, non obstant que ledit Herman avoit cognus
musdre a, sy que les xxu avoinl jugiés et dirent \ puysque l'évesque par ses
s lettres le tesmongnoit proidhomme, qu'il ne debvoit point avoir argent de luy,
et s'il estoit musdrier, qu'il le devoit avoir faire traineir; et l'évesque remons-
trat à la cité c que les xxu avoint tort de jugier personne qui n'est point sub-
jecte d, car seigneur ne doibt poinct estrc jugy par ses subjects. Non obstant la
cité remanit deleis les xxu, sy que l'évesque se partit par courouche Le ixe jour
10 d'august, fut pour ce jettée cesse à Liège et par tout le pays, depar l'authorilé
du pape Gregore XIe, ou le jugement et commandement des xxu contre
l'évesque soit annichilé, ou ils seront tous excommuniés. Le xx8 jour d'august, le
pays fut en palais, et là maistre Johan Blanchar (2), doyen du Sainct-Lambert
exposât la tenure de ladite cesse et conclud que, affin que le pape ne viengne à
15 exerceir rigeur, qu'il seroit bon d'appelleir à luymesme, et d'envoyer à luy
ambasiateurs, comme le pays conclud plainement. Le xxve jour d'august, Renir
de Bierses (3) et Houwal Houwenal, maistres de Liège, demandirent au chapitre
se on ne povoit suspendre la course du ladite cesse, et se le chapitre remaneroit
deleis la cité. Le chapitre respondit que oys, mais qu'ils soient certains qu'on
20 ne les fera riens e. Adonc les maistres le remonstrèrent à peuple ', et le peuple
passât que owy véritablement. Le xxim6 jour de septembre, expirât le terme que
la cesse donnoit à conseiller, sy qu'il falloit adonc cesseir. Et le xxvu" jour de
septembre, fut siegneur Walthier de Rochefort, siegneur de Hanneffe, par le
pays faict mambor (4).
23 « meurdre : B et D. — b et dirent : omis A. — " et à la commun : B. — * que les xxu comme
dessus avoient faietz en la personne qui n'estoit point subject à ladit paix : B. — e qu'on ne le ferat
point desplaisir : D. — ' remonstrèrent au peuple, qui fut du tout content : B.
(') Le 20 mars 1375, le chapitre de Saint-Lambert, en vertu de la paix de Fexhe, mande aux
échevins de» bonnes villes du pays de suspendre la justice jusqu'à ce que l'évêque Jean d'Arckel ait
50 restitué une somme de 1,700 florins extorquée par ses officiers à Herman Winseler, prisonnier à Moha.
(Cart., IV, pp. 817-Î519.) Cf. de Borman, Le livre des fiefs du comté de Looz sons Jean d'Arckel, p. 173.
(*) Sur Jean Blanckard, voir de Thelx, t. II, p. 99.
(*) Renier de Bierset et Huwart Huwenial, cf. de Borman, Échevins, I, 230, et Lotins, I, 87.
(«) 27 août 1376. (Pawilhar, V. C, t. 1880.)
200 CHRONIQUES LIÉGEOISES.
Et le vin' d'octobre, soy départirent les ambassadeurs pour alleir en Aven-
gnon vers le pape et portirenl avec eulx les articles qu'ils mettoint sur levesque,
et furent depar la cité les deux vieulx maistres de l'an devant, sieimeurs
Johan de Hiernalmonl (') et Johan le Cock (2), et aussy depar les bonnes
villes, et entrircnl en Avingnon le jour du sainet Léonard et trouvirent là s
siegneurs Wilbeaume Boylauwe (3) et Jacqmar du Kemiehamp (4), ambedeux
chanoines du Sainet- Lambert, cl plusieurs du pays. Etl'évesque en y envoyât
plusieurs, qui défendoint gentilment ses affaires ", entre lesquels estoil Lambert
de Fexhc (5). qui soy plaindoit à pape des maistres du Liège qui là estoint,
qu'ils luy avoint abattus sa maison, et commisl le pape à cardinal de Florence (6) 10
la cause dudil Lambert, et furent tantost cité contre ledit Lambert. Le
xvme, jour de novembre, les ambassadeurs soy départirent de la court, car ils
veoint bien qu'ils perdoinl leurs peines, et le vin", jour de décembre, les ambas-
sadeurs rentrirent à Liège et firent leurs relations.
Le xx* jour de décembre, le pays fut à Liège, et fut alors faicle relation, dont 15
Boilet, ung parlir, dit que depar Dieu on fist chanter et bailler les prestres, ou
" qui le respondoient vaillamment : B.
(') Jean de Bernalmonl, chevalier, échevin en 1 380-1592, maître de la cité en 1374, grand mayeur
en 1378-1586. (Les Échcvins, t. I, p. 296.)
(s) Jean le Cocq, maître de la cité en 1374, voir Les llourgmestres, p. 87. D'après Abry, dans le 20
même ouvrage. Jean le Cocq fut encore maître de la cilc en 1579, 1584, 1591, 1397. Ces dates ne
concordent pas avec ce que nous trouvons dans les lextrs. En effet, Jean le Cocq est cité comme maître
de la cité avec Guillaume de Flémalle, le 1 1 février et le 15 juin 1579 (Cartulairc de Saint-Lambert,
t. IV, pp. SÎ59, 5G4\ avec Nicolas de Champs, le 27 janvier 1581 [Fiefs de Jean d'Arckel, p. 22K),
et le 16 juillet de la même année {Chartes de Val-Saint- Lambert, n° 717), enfin, le 7 février 1394 2è>
(Cartutaire de Val-Benoit, p. 708), et le 29 mars de la même année [Charles de Saint-Jacques.) Il est
cité plus loin comme élu en 1391. Ses dates d'élection sont donc 1574, 1578, 1580, 1591, 1593.
Il mourut en 1597.
(3) Guillaume Boileau de Mons, voir de Theux, t. Il, pp. 96-98. (Hemricourt, I, p. 5K9 ; II, p. 160.)
(') Jacques de ncniouchamps, voir de Theux, t. Il, p. 122. Cf. Carlulaire de Saint-Lambert, t. IV, 30
p. SI5.
(8) Lambert de Fexhc, chanoine de Saint-Servais de Maestricht, chapelain de Saint-Pierre en 1353,
fils d'Oger de Fexlie et d'une fille de Guillaume d'Odeur. Suppliques d' Innocent VI, n° 187.
(') Pctrus Corsinus, ep. Florrntinus, promu cardinal le 7 juin 1570, au titre de Saint-Laurent
in Damaso. 33
CHRONIQUE ABRÉGÉE DE JEAN DOUTREMEUSE. 201
on les nayast tous, et qu'on devoit sur ce constraindre le chapitre a. Dont lende-
main fut la cité ensemble, et le mambor, siegneur Walthier de Rochefort susdit,
estoit malade, et y fut son frère, siegneur Giel de Rochefort, et siegneur Baréz de
Lardier, (*) et firent remonstreir par ledit Boilet ce qui il avoil le jour devant
5 remonstré, et fist encor pis. Et adonc. ensuivant la sceut de la cité, ils allirent en
chapitre et les requirent de faire leurs xxn, car s'ils ne les faisoint. ils prendront
leurs corps et biens, et que les xxx preslres chantent ossy, ou ils les prendront
scmblablement corps et biens. Adonc maistre Thomas de Hcmricourt (2),
scolastre, disl que ce n'estoit mie la ferme asseurance que la cité les avoit
îo aultre fois promis, et que lendemain ils respondroient. Kt lendemain, le jour d;:
sainct Thomas, le chapitre respondit qu'il avoit faicl quattre xxu, assavoir
siegneur Guilheaume Royleauwe et siegneur Philippe Waleran (3). qu'estoit
alors à la courte, et maistre Giel Fiehon (4) et siegneur Giel de Rochefort.
L'an XIIFLXXVI, le jour du Noël, chantât le deserviteur de Herstal messe
is en palais pardevanl ledit mambor.
Le premier jour de janvier, siegneur Guilheame Boylcauwe et siegneur Phi-
lippe Waleran apportirent depar le pape deux bulles, l'une à chapitre, l'autre à
maistres, contenantes qu'on reslituast Févesque en sa juridiction et le sien, et
que on recepvast bénignement son légale qu'il envoyoil à Liège. Le xme jour de
20 janvier, Gérard de Rochefort. frère à mambor, et bailhier de Tuwin. prist troix
procureurs et les fist mangeir leurs lettres b. assavoir Hellin de Temploux %
Gielchon Vairon (5) et Johan de Liège (6), et les drappiers reschoivenl d ledit
" et que on destruiroit le chappitre : B. — b leurs lettres et citations : B. — c Gerabloux : B, D.
— <* rescouvirent : B
25 (*) Fastré Baré de Surlet, dit de Lardier, chevalier, fils de Thibaut de Lardier, maître de la cité
en 1381, grand mayeur en 1588, mort en 1389. (Les Échevins, t. I, p. 593; Les Bottnjmestres,
pp. 93-94.) Il est cité comme maître le 24 novembre 1381 et le 19 mars iô8'2.(Ctiartcs deSahit- Jacques.)
(*) Thomas de Hemricourt, voir db Thei'X, t. 11, pp. 111-112. (Heihmcourt, I, p. 289; IJ, p. 2i6)
(') Philippe Waleran ou Walrami, voir de Thedx, t. Il, p. 108.
50 (*) Gilles de Bcrmonbèche, dit Fichons, voir Ibid., pp. 108-109.
(BJ Gielchon Vairon. Un personnage du nom de Colson Vairon est cité en 1578, [Carttilaire de
Saint- Lambert, t. IV, p. 824.)
(') Jean de Liège. Un personnage de ce nom est cité en 1582. (Carlulaire de Saint Lambert, t. IV,
p. 607.)
Tome II. 26
202 CHRONIQUES LIÉGEOISES.
Hellin, car il estoit de leurs mestirs. Dont la cité fut assemblée, et le mambor fist
tant que la cité luy donnât de faire des aullres deux procureurs son plaisir".
Apres survint quelque commotion, et le chapitre fut requis de mettre hors le
standar, et que le chapitre face à ses fraix gardeir Viseit, veu qu'il y at grands
biens. Et le mambor les requist ossy 6, et le chapitre luy respondit qu'il ne s
ne devoint mettre hors le slandart se le pays ne le requerroit généralement.
Le mambour respondit qu'il falloit tanlost alleir vers Eick, car siegneur Johan
de Joncost (*), chastelain d'Eick, n'avoit encor volut faire seriment à luy, et
avoit laissiet '' entré dnns le siegneur d'Eick, et siegneur Robert d'Erckel (*),
et siegneur Johan de liinenstein d (3). Lors le chapitre respondit qu'il n'estoit io
mie tenus de gardeir Viseit, mais le mambour qui levoit les rentes. INon obstant
siegneur (îiel de Rochefort, r ère audit mambour, allât, contre la volunté de ses
confrères, mettre hors le standart sans sonneir la blanche cloche.
En ce temps pendant, vient l'abbé de Sainct-Bavon (4) à Gand et démonstrat
à Tongre à l'évesque et à pays la puissance de sa légation depar le pape, et ce is
le xxui" jour de féverier. Adonc le susdit légate priât au pays qu'il voulsissent
osteir et déposeir le mambour, et il mineroit l'évesque à Liège, et feroit bon
accorde, mais les maistres dirent qu'ils iroint anchois parleir à la cité. Mais
quant les maistres vindrent à Liège, ils trouvirent que ledit siegneurde Rochefort
° à son plaisir : B. — 'Et lendemain, le mambour leurs requist encor le mesme : B et D. — 20
c et avoit eus laisiet : A. — d de Ravenstein : B.
(*) Jean de Joncout, chevalier, sénéchal de Maeseyck, cité en 1365, 1367 et avec la qualité de
chevalier de 1569 à 1581 {Fiefs de Jean d'Arckel, passim), comme sénéchal du comté de Looz en 1576
(Ibid., p. 179).
(') Robert d'Arckel, neveu de l'évéque, sire de Rynswulde, aujourd'hui Rcnswoude, village de la 25
province d'Utrccht, châtelain de Montenaekcn, cité comme tel en 1373, 1376 (Fiefs de Jean d'Arckel,
pp. 158, 172), cité aussi de 1366 à 1578 et en qualité de chevalier à partir de 1372 (Ibid., p. 49, 114),
receveur de l'évéché de Liège en 1370, 1572 (Ibid., pp. 100, 115, 118).
(3) Jean, seigneur de Rynenstein, en Hollande, bâtard de l'évéque (Zantfuet, col. 306), cité en
qualité de chevalier de 1372 à 1378 (Fiefs de Jean d'Arckel, passim), comme sénéchal du comté de 30
Looz en 1572, 1573 (Ibid., pp. 12», 132).
(*) Jean du Fait, abbé de Saint-Ruvon, 1350-1594, cf. Kirtb, La Cité de Liège, t. II, p. 529 : Le
pape Grégoire XI charge Jean, abbé de Saint- lîavon à Gand de faire la paix entre le princc-évéqoe
Jean d'Arckel et les Liégeois, 18 décembre 1375.
CHRONIQUE ABRÉGÉE DE JEAN D'OUTREMEUSE. 203
avoit informé le peuple contre les maistres de faulseté, tellement que le palais
fut ensemble et ses officiers. Allors les maistres s'en allirent démonstreir touttes
ses affaires à légate à Tongre. et le légate respondit qu'il iroit voir l'évesquc à
Treict et demanderoit sa volunlé, et l'évesque luy dit que rien n'en feroit °.
5 Adonc plusieurs des nobles du pays allirent à Treict vers l'évesque, qu'ils le
pensoicnt induire de revenir, mais l'évesque les respondit qu'il reviendroit
volunlier moinnant que le mambour et ses officiers fussent osteis, et que les
xxii ne jugeassent jusque à Paske, et il suspendroit la guerre, et le procès
de l'interdit ossy jusque adonc, et que fussent restituées forteresses du pays et
10 satisfaict raisonnablement de ses despens, et ausy il s'accorderoit à faire paix,
mais lesdis barons se partirent atant, disant que ce n'oseroint reporteir. Le
seconde jour de mars, le mambour remonstrat sur le palais comment, az raportes
des maistres, par une seule bailbe que le légate les avoit dit, la cité avoit passé
qu'il fusl déposé de son office, sy que bricfment fut ordonné par la cité que le
ib mambour demorast jusque à la paix parfaite '', veu que les barons n'osoinl
déclareir la responce de l'évesque.
En ce temps, le duc Wincelaire escrivit à Liège qu'il peuuist à avoir
hc lances pour alleir avec luy combalre les compangnies et que le privost de
Builhon (J) et le bailhier de Condros (2) allassent avec luy. comme la cité et le
20 mambour y consentirent. Le vie jour de mars, siegneur Jac de Landris (3) et
siegneur Herman de Zante(4), chanoines de Liège, et tretous lesabbeis de Liège
et Johan de Parfonlriwe (5) allirent vers l'évesque à Treict encor pour l'induire
à voie de paix, mais ils le trovirent plus dure que devant, si que allors fut crié
à peron que nul n'allast à Treict ne de la parle ° de l'évesque.
23 ° iroit à Treict parler à l'évesque pour veoir s'il ne le vouloit faire, qui respondit que neny : B.
— b quant la cité sceut ce que lesdits barons avoient trovés à l'évesque, ilz passât que le mambour : B.
- c ne en la puissance : B.
(') Jean de Denville, prévôt de Bouillon. (Hemricourt, I, p. 270.)
(') Jean de Denville, chevalier, cité comme bailli du Condroz en 1367-1576. (Fief» de Jean
30 d'Arckel, pp. 84-169.) (Hfmricourt, I, p. 270; 11, p. 192).
(') Jacques de Landris, voir de Theux, t. II, pp. 119-120.
(*) Herman de Xanctes, voir Ibid., pp. 68-70.
(!) Jean d'Achou dit de Parfondry, clerc de la Cité de Liège, cf. Hemricourt, I, p. 267; II, p. 315.
204 CHRONIQUES LIÉGEOISES.
Le xnu° jour de mars, à mandement de susdit légale, allircnt à Treiet aulcuns
chanoines de Sainct-Lambcrt et des secundaires églises, qui rapportirent lettres
qu'ilz sulïioit à l'évesquc que la paix des xxu remanist. mais qu'elle fust
modérée par certains députeis. et que le mambour fust ostéz, ce que plaisoit "
bien à la cité, voir que tout le pais fust mandé. Ce pendant le mambour dist .">
qu'il avoit lettre comment siegneur Ilobert d'Erckel, siegneur Johan de Renc-
slein '', siegneurs Giel Chaboz et Johan de Denvilhe ' avoinl marchandé à jugu-
leurs de despier la ville de Tuwin pour cns oceier Gérard de Rochefort.
bailhier de Tuwin, laquelle lettre ne fut oneque ouverte, mais non obstant, à
command et information du mambour, la cité allât abattre Ratier, qu'estoit à 10
siegneur Gicl Chaboz (*), et furent adoncq tous nu huchieis banis c ans et i jour.
Le xx" jour de mars, le pays fut ensemble, et requist le mambour d'alleir
rcjiaignier Eyck. Lors le chapitre priât, ensuyvant les lettres du légate, que on
volsist alleir avant sur le traicté de paix '. mais le mambour. affin qu'il tenist
doresnavant la mamburnie, défendoit le traicté', disant que le pays n'estoit mie 15
sur ce assemblé, et son frère siegneur Gicl de Rochefort eschaufoit tousiours
le peuple contre ses confrères mesmes et conchanoines.
En ce temps,siegncur Robert de Mamur^) requist à pays de Liège que,se!one
le seriment qu'il avoit faict à l'évesque Engelbert.il puisse demoreire et laissy ens
les bonnes villes et le suivre comme il avoit faict le seriment en chapitre, mais 20
le pays luy priât qu'il volsist laboureir 'avec certains députeis depar le pays de
traicteir de paix avec l'évesque à Treiet et, ce faict, ils feroint tant qu'il aroit ce
qu'il devoit avoir. Dont à ce dist siegneur Robert qu'il escriroit voluntiers
vers l'évesque daulcunnes triwes, et adonc on feroit sa puissance de traicteir 9.
" il plaisoit : A. — b de Ravestein : B. — c de Douville : B. — d qu'on voulusse traiter de paix : B. 23
— « de traiter de paix. — ' requist sur le pays de Liège, veu le serment qui luy fust jadis laissez par
l'évesque Engelbert de la Marche, et qu'il fist en chapitre à cause des bonnes villes aulcuns que lesdites
villes l'ensuyvissent, mais luy priât de vouloir rendre paine : B et D. — 0 et adonc il rendroit peine de
toute sa puissance de traiter de paix : B, D.
(') Les Liégeois abbattirent aussi le manoir de Jean de Denville à Mavelangc. (Zantflibt, col. 306; 30
Matbias de Lewis, p. 129.)
(*) Robert, frère du comte Guillaume de Namur.
CHRONIQUE ABRÉGÉE DE JEAN D'OUTREMEUSE. 205
Lors à la requesle du mambour, fut la cité ensemble et là démonstrat
le mambour que la cité volsist yssir hors, car la contée de Looz estoit pleine
d'ennemys. Adonc Gérard de Puchey (*) dit que on veoil bien que on ne vol-
droit mie que paix se fesist, et priai que le mambour monstrast les lettres de
s celuy qui luy avoit cela mandeit, mais il dit qu'il n'en avoit nulle. Adonc eut
grand murmure en palais l'ung contre l'autre, tant qu'il convient à maistres de
descendre a et jettirent quaranlaisnes, et dit Renier de Bierses (8), maistre pour
le temps, tout hault que qui disoit la vérité, ils estoit malvenus, et que le temps
viendroit que on oserat bien dire la vérité et parleir de paix, sy que alors
10 le mambour retournât en sa chambre et ung chascun ausy.
Ce temps pendant, ceulx de Huy mandirent que ceulx de Liège et le mam-
bour les allassent aideir, car ils avoient assaillis ÎMoha, mais le chapitre et la cilé
et le mambour les allirent prier de soy relireir, car se seroit contre ladite paix
des xxii. Lors ceulx de Huy disrent que les mi albains susdis, qui ne peuvent
's entreir dedens le pays, estoint enclouz dedens Moha, et le chastelain disoit que
c'estoit mensongne et qu'il donneroit les cléz du chasteau az seigneurs du
chapitre pour le visiteir, comme il fisl et fut trovéz le contraire, car ils n'y
estoienl point b. Non obstant lluyois disoint à chastelain, siegneur Hubin de
Fanchon (3), qu'il rostast le siens dedens vi jours, car ils voloint mettre
20 xl hommes desus.
Le pénultième jour de mars, furent accordées les triwes impétrées par le duc
Wincelaire, légale de Brabanl, jusque Quasimodo, voir que les susdis nu banis
n'y soient mie compris.
Le xim* jour d'apvril, soy combalirent un champions à Huy par devant
25 le mambour, mais la paix y fut faite.
En après les triwes finées, le xviu0 jour d'apvril, on criai à peron que chascun
a tant qu'il falut que les maistres descenderoient : fi3. — b comme il rist... estaient point : omis A.
(l) Gérard de Puchey, clerc, cité en 1567, dans Cartulaire de Saint Paul, p. 501.
(') Renier de Iiierset, maître de la cité en 1575, voir Les Bourgmestres, p. 87. Zantfliet, col. 507,
50 cite avec lui Henri Frérart, tandis que Matliias de Lewis, p. 128, cite comme niailre cette même année,
Huwart Huvenial que donne aussi Abry et que nous trouvons ci-dessus, p. 199, n. 5.
(3) Hubin de Fanchon, chevalier, cilé de 15GC à 1384. (Fiefs de Jean d'Arckel, pp. 42-250.)
206 CHRONIQUES LIÉGEOISES.
fust apareilhéz à son de cloche, car grands gcn<; vonoint. Le xxixe f' jour d'apvril,
l'évesquc escript qu'il voloit, s'il plaisoit. prolongicr lesdilcs triwes jusque à la
sainct Johan Baptiste, mais le pays passât que on envoiast à Treict à luy scavoir
s'il veull tenir la paix des xxn, laquelle avoit sailléz, car sinon il soit certain
que on abnlterat ÎMoha et assiégerat ons Fyck. Adonc y furent envoyez siegneur 5
Willicaume Boileawe et Jac de Landris, chanoine du Liège, le siegneur de
Seraingue, Fastrard Bareit de î ardicr, Henry Frérar (') et Johan de Parfon-
riwe, clerck de la cité, mais l'évcsque respondit que se il et les biens de
sa table n'estoint hors de ladite paix des xxii excepteis, que jamais ne s'accor-
deroit à paix, Adonc les dépuleis susdis demandirent à conseille de Treict s'ilz 10
le aroint passez par naviers eulx et leurs engiens et instruments et ossy se e'estoit
leur intention de sustenir gens allencontre du pays. Lors ceulx de Treict prisrent
dilation de respondre jusque à ve jour de may. Cependant siegneur Walran
de Borne (2) fisl tant que triwes furent prolongiées jusque à me jour de may.
Le dernier jour d'apvril, le siegneur Walran de Borne traictiat à Tongre à iï
conseille de l'évesque et de pays une certaine manière de paix, et sur ce 1 evesque
prist dilation de conclure dedens le ime jour de may, et adonc la cité envoiat
Johan le Cork prier ceulx de Huy qu'ils ne veullent mie encore abalre Moha.
Le me jour de may, le mambour et son frère siegneur Ciel disrent en palais
sur la cifé, s;ins personne dénommeir \ que les maistres ne procuroient c nulz 20
biens, et accordât la cilé de mettre cesle fois maistres des gouverneurs, et que
chascun chiefz d'hostcil aye à paicr toultes les sapmaines 1 pitit halmeit à
mambour pour défendre le pays et qu'on retinsse le cours de la Meuse d, que
0 le xxiie : B. — b sans rien déclarer : B, D. —c porteraient : A. — d qu'on retinsse le cours de la
Meuse : omis A. 25
(') Henri Frérart, tanneur, cité en 1559, 1560 (Cartttlaire de Saint-Lambert, t. IV, pp. 290, 520),
maître de la cité en 1577-1578 (Ibid., pp. 540, B45, 561-564). Voir Les Bourgmestres, p. 89.
En outre, un acte du 9 novembre 1579 désigne Henri Frérart comme maître de la cité avec Gosuin
de Flémalle. (Lacomblet, Urkundenbusch, t. 111, p. 757.) Il a donc été élu une seconde fois en 1579,
contrairement à ce que dit Abry. Enfin, nous le trouvons ci-après cité comme maître pour la troisième 30
fois en 1582.
(5) Walcran de Fauqucmont, sire de Borne et de Sittard, releva la forteresse de Borne, le
5 septembre 1356 (Carlutaire de Saint- Lambert, t. IV, pp. 246-247), mourut sans hoirs en 1578.
CHRONIQUE ABRÉGÉE DE JEAN D'OUTREMEUSE. 207
Moha fu9t abatue, et que les biens qui appartenoint à pape en ce pays, à cause
de la clergerie, fussent distribuez az gendarmes, et tout ce bressoit le mambour
et son frère. Et quant l'évesque sceut ce, il ne volut respondre et fut très
couroucé et fist son appareilhe pour la guerre, sans plus de triwes.
5 Adonc l'évesque envoiat lettres à mambor et à pays, laquelle fut lesue en
chapitre, contenant qu'il devoit respondre au 1111° jour de may à traicliés de
Tongre, lesquels il ne voloit et ne povoit tenir, veu que le terme pendant on
avoit accordé maintes choses irralionables contre luy et sa jurisdiction, dont
depuis il soy plaindoit à Dieu et à ses amys. L'autre seconde lettre fut la
10 deffiance, et mic chevaliers et siegneurs défièrent le mambor et le pays.
Le vie jour de may, Huyois allirent abattre Moha et l'eurent légirement,
caries gardes estoient pour ceulx de Huy. Les nomes des contes qui ont
régné à Moha, dont le premier eut nom Mohelin, qui commenchat à
régneir l'an du l'incarnation A'oslre Seigneur Jesuchrist VICIIIIXX et VII.
15 Le u° Bertolde. Le m* Henry. Le 1111e Barey. Le v" Guilheaume. Le vi',
Arnulde. Le vu* Herman. Le vme Renier. Le ixe Albert. Le xc Lambert.
Le xie Amaury. Le xue Henry. Le xiu" Hue. Le xive Albert, liquel donnai la
conté de Moha aile englise de Liège l'an MCC, du temps Hue de Pierpont,
évesque de Liège.
-20 Le vne jour de may. Huyois vindrenl à frères deleis lhoste de Liège ", et les
ennemis ardirent fort dedens la contée de Looz. Le vme jour, les ennemis
ardirent à Volteme et à Liexhe b. Le ix" jour de may, ceulx de Liège, de Huy et
de Tongre soy retirèrent pour faire provision pour alleir asseoir Treict, et
l'évesque allors fist ardre Sainct-Picr à Treict, affin que Liégoix ne logeassent
25 là. Lors Henry Frérart tlist aux maistres qu'il falloit envoier vers Viseit, car
il avoit entendu que les ennemys l'asailheroint ains trois jours, et tantost
siegneur Johan délie Boverie, bailhier de Sainct-Lambert (*), et de chascun
meslier ung tantost allirent par nuict à Viseit. Lendemain à matin, le xe jour
de may, les ennemys vindrent pour assaillier Viseit, et durât l'assault jusque
30 " se viendrent joindre à l'hoste de Liège : C. — * à Lexhy : B
(4) Jean Bouchar del Boverie, écuyer, puis chevalier. (Hemricourt, !, p. 425; II, p. 169.;
208 CHRONIQUES LIÉGEOISES.
à x heures, car Isaac de [Nivelle " et ceulx qui estoient à Viseit la defïendirent
tellement que les ennemys s'en rallirent deffraileis '', et y laissirent plusieurs
banniers, car ils avient oyt dire que les Liégois y venoient, comme vérité estoit,
et ardirent la maison siegneuf Thiry d'Oye ('). Le xn" jour de may, Liégois
allirenl jusqu'à Herstal et relournirent , aiant entendu que les ennemys 5
retournoint encor devant Viseit. Le xve jour dudit moys, le mambour
perdit vi de ses gens en escarmoucliant ' de là Viseit, et avoit avec luy xv des
maistres de Liège. Le xvie jour, fault il (]uc, à la requesle du mambour et des
maislres, payer vic doubles '' et les seeundaires englises xim' doubles, et y eut
plusieurs englieses qui eraprontirent sur les joweaulx de leurs englises, et i°
pour (Spécial Sainct-Picr sur le ciboire du Sacrement. Lors chascuns qui
avoit c muids de spealle béritables, bourgois ou ebevaliers paiat '' pour les
gensdarmes i doubles moulons, et de plus plus, et de moins moins. Le xvu" de
may, fut Wonck arse par les ennemys, et le lendemain le siegneur de Borne
escript à Liè^c que s'il vouloit, il renlreprendroit 'à traictier, mais rescrirent <5
à siegneur de Borne qu'il voulsist scavoir à 1 evesque ce qu'il demande et leur
vouloir rescrire.
Le xxe jour de maye, vindrent ceulx de Tungre et ceulx de la contée
de Looz sur le palais, et firent requeste d'avoir ung nouveau mambour, qui
mieulx gardast le pays, ou eus mesme ilz feroint ung, car tous les jours 20
ils ardoient le pays sans nulle défense, veu qu'il ne faict que quérir argent.
Lors le mambour soy excusât, disant qu'il feroit son devoir. Lors les Hesbain-
gnons firent leurs capitaines siegneur Kaes de Laminnes (*) et siegneur Johan
le Pollen (3).
a de Kenay : B. — b retournèrent défaits : B. — c en escarmouchant : omis A. — d doubles 25
moutons : D. — « furent constraincts de payer : B — ' que se on se vouloit rendre, prendroit
à traictié : B
(') Thierry d'Oye, chevalier, seigneur de Ucllenraedt. (IIesiricourt, 1, p. 100; 11, p. 323.)
(!) Haes de Laminne (cf. Fiefi de Juin d'Ârckel, pp. H!) et 120), cité en 1579 connue ayant été
maréchal des troupes liégeoises. (Poncelet, op. cil., pp. 241) à 2SI. — Hemricourt, I, p. bS; 30
II, p. 275.)
(0) Jean le Polain d'Alleur, d'après Fiscn. 11 mourut eu 1402. (Cf. Hemricoirt, I, p. lltl;
II, i». 333.}
CHRONIQUE ABRÉGÉE DE JEAN D'OUTREMEUSE. 209
Le xxv* jour de may, le pays accordât que le dernier jour de may ung
chascun fust devant Treict. Adonc Wincelaire, le duc de Brabant, escrivit à
1 evesque qu'il voloit venir à Liège, touttefois avec leur consentement n. En ce
temps, les ennemys ardirent Haccourl 6, Hallebaie et Hermal. Adonc siegneur
5 Walran de Borne (') requist de venir à Liège et dit que s'on voloit envoier
à Viseit ix personnes, que l'évesque en envoieroit xh, et que il avoit espoir que
bonne paix seroit faite. Lors le pays fut à palais ensemble, et dit le mambour
qu'on rostast les maislres, pour ce que ils ne faisient riens de preux. Touttefois
fut arresté qu'ils demeurerient leurs termes c, et furent eslus ix personnes, qui
io allirent à Viseit. Le dernier jour de may, les ix personnes firent relation sur la
maison de la cité de ce qu'ils avoint trouvé à Viseit et fut lesue une lettre
contenante le traitié comment l'évesque voloit que les xxn ne jugeassent jamais
sur luy, ne ses biens de sa table, ne sur sa clergerie, et que on luy donnast
pour ses domaiges xvM doubles et v* pour ses frais, et que les xxn ne
15 prendent nulz droicts, sinon seulement az villes qui les mettent en ouvres, et
que Moha soit refaite, et mM doubles pour les pourvéances, et que les
mi bannis soient rappeleis, siegneur Robert d'Erckel, siegneur Giel Chabot et
les n aultres.
Le vu* jour dejung, accordât le pays d'alleir traicteir à paix à Enchastre (*).
20 Le x" jour de jung, le duc de Brabant Wincelin fut à palais et dit qu'il feroit
paix entre l'évesque et le pays, et se l'évesque n'y voloit entendre, il feroit tant
qu'il ne seroit plus à Treict et donneroit assistence az Liégeois, voir qu'ils luy
donnerienl xviM escus, que l'évesque eut quant il fut en prison, pour l'aideir
contre le duc de Gelre. ou il les reprendroit az biens de l'évesque. Lors la cité
25 « comme le pays fust bien content : B. — b bruslèrent en la valée à Haccourt : B et D. — ° mais
pour destourner le traictié, le mambour dist tout hault que on rostast les deux maistres, car ne
faisoient rien de bon, et adoneques les maistres prièrent que on fist deux aultres, qui fussent plus
preux et vaillant, car il luy estoit bien besongne, faict Renier de Bierses preux maistre, qui luy ayde
défendre son procès mieulx qu'il ne fist hier à Haccour, Hallebaye et Hermalle et adoneque se mist
30 le peuple fortement à rire, et passèrent qu'il retiendroient leurs termes. . . : B et D.
(*) Waleran de Borne. Voir p. 206, n. 2.
(') A Castre, dans le manoir de Bertrand de Liers.
Tome II 27
210 CHRONIQUES LIÉGEOISES.
luy remerciât, niais ils voloinl tout ce remonslreir au pays. Adonc dit le duc
qu'il prendroil à eeulx de Sainct-Trond raisonnable amende, s'il vouloint tenir
journée à Tillcmont. Lors la cité envoiat à Tillemont (*) ceulx qui estoint allé
à Enchaslre, sans retourneir à Liège, et trouvèrent que le duc de Brabant allait
arrier de ses propos que se l'évesque ne faisoil paix, qu'il ne scroit plus à Treict, 5
se relournirenl vers Liège et firent leurs relations, mais ils furent renvoyé vers
Enchastrc pour trailicr, à xme jour de jung. Le xime jour de jung l'an
XIIICLXXVI, la paix fut faite qu'on dit de Enchastrc et proclamée à Liège et
à Treict (2), voir que le mambour doit appresteir ses comptes, et les mettre ens
mains du l'évesque. Allors les un albains desurdicts seroint révocqueis, mais to
siegneur Giel Chabo deverat emplire la sentence des xxn et les englises et
Hesbaingnons paieront xviM escus viez et l'évesque ferat à ses frais cesseir
linterdict, et seront prisonniers tous quittes, et seront Huyois quittes de ce
qu'ils ont abattu Moha. Lors le chapitre fit ouvrir la course de la loy, qui
avoit paravant esté clouse. is
Le xixe jour de juing, l'évesque venient à Liège à grand festin. Le xxi" jour
de juing, l'évesque seyt à la publication de la paix à Noslre-Dame à fons. Le
pénulleime jour de juing, l'évesque démonslrat à palais que la cité ne prist
plus nulle sinistre information contre luy et qu'il serat bon siegneur. Lors le
mambour remonstrat qu'il avoit bien servit à pays, et que, par ses comptes, on 80
luy devoit ix" escus, et la cite respondil que lors il falloit premier remonstrer az
bonnes villes ". Le dernier jour de jung, le pays accordât généralement tenir et
sailleir ladite paix, et que siegneur Giel Chabo allisl faire le seriment à Tuwin,
comme il estoit arresté et ordonné, et que de la paix avec le duc de lirabanl à
cause de ceulx de Sainct-Trond, le pays n'en volut rien payer '. Le premier jour 25
de jullet, le palais c accordai qu'à Liège et en Hesbangne ehascun chiefz de
la maison paierai louttcs les sapmaines ung pilil haelmeil jusque à ce que le
mambour arat leveil pour ses despens uiM vieux escus. Le vie jour dudit mois,
0 qu'on en parleroil aux bonnes villes : B. — * passeir : A. — c pape : A.
(') Cf. Straven, I, 96. — Acte du 28 avril 1376 par lequel la cité de Liège fait connaître à quelle 30
condition la ville de Saint-Trond devra faire la paix avec le duc Wenceslas.
(') Troisième paix des Vingt-Deux, du il juin 1576. {liecutil Ordonnances, I, 336.)
CHRONIQUE ABRÉGÉE DE JEAN D'OUTREMEUSE. 211
l'empereur Charle fit couronneir son fis VVincelin à Aeze roy d'Allemangne.
Le xvi* jour dudit mois, l'abbé de Sainct-Bavon, légate, donnât la absolution
du l'interdict qui avoit sy longuement esté à Liège.
En septembre, le pape Grégore soy fist nagier a à Rome, malgré les car-
a dinales (').
L'an XIIICLXXYII, en juing, fit sy grandes chaleurs par l'espace de xxii jours
que tous fiuicts sécboint b.
En ce moys, morut Eduward le noble, roy d'Engleterre, qui avoit
esté roy d'Engletere chincquante ans vi mois moins, car il fut coronné l'an
10 XIIIe et XXVII, le jour de Noël, et n'avoit alors que xvi ans.
L'an XIIICLXXVIII, le xxe jour de mars, morut le pape Grégore susdit. Le
vu" jour d'apvril, Bertclmé, archevesque de Bars, fut esleu pape, mais pour ce
que les Romains ne veullent que nul fust pape si il n'esloit Romains ou
d'Italie, ils firent seoir le cardiuaule de Sainct-Pier en la cheoir papale malgré
15 luy. Le jour de Pasque, ledit Berthelmé fut bénit et coroné, et fut nommé pape
Urbain VIe, lequel, incontinent après la consécration, voulut mettre remède aux
cardinaulx et ehancelerie, dont ils se repentirent de l'avoir fait pape.
L'an XIIICLXXVIII, le premier jour de jullet, mourut l'évesque Jehan c
" soy fist mener : B. — b L'an 1377, l'évesque commença à faire édifier une maison de plaisance
20 proche de Guilhelmins, maintenant dit l'abbastrie (*) : add. au ms. Liège 629. — c En mesme an,
l'évesque ne pouvant aller à chambre, estant le conduict de nature estouppé, combien qu'il print
plussieurs médecines pour faire opération et soy purgier, ce nonobstant, le premier de jullet, rendit
son âme à son Créature, et son corps fut enterré à Outreict où il avoit eslu sa sépulture ; son cueur et ses
entrailles furent enterreis aux frères Guilhemins près et hors la cité, à l'entrée de chœur; ses exèques
25 furent célébrées en l'égliese cathédrale de Liège; les léchons des vigiles chantèrent les channoines de
Sainct-Lambert, et les verses et respont chantoient les channoines des secondaires églieses deux à deux.
Lendemain, fut chantée la grande messe par damp Nicolas De Jardin (3), abbé de Sainct-Jacque, estant
accompaingnié en faisant les commandations après la messe des abbés de Sainct- Laurent (*), délie
(') Grégoire XI sortit d'Avignon le 13 septembre 1376, arriva à Marseille le 20, s'y embarqua le
30 3 octobre, n'arriva à Corneto que le 6 décembre et fit son entrée à Rome le 17 janvier 1377.
(') Sur la Bastrée, voir Alsxandre, B. I. A. L., t. XXXIV, pp. 441 à 446.
(J) Nicolas du Jardin, abbé de Saint-Jacques, de 1372 à 1 51)3. (D. U. Berlière, Monasticon, t. II»
p. 18.)
(4) Robert de Genimont, abbe de Saint-Laurent, 1562-1396. (lbid., p. 46.)
212 CHRONIQUES LIÉGEOISES.
d'Erkel à Liège el se Ost ensevelire à Outreict °. Le lendemain de ses exèques,
fut assiezc journée pour faire élection, le jour des octaves sainct Pier el Paul.
An XIIICLXXVIII, le vie jour de jullet, fut esleu siegneur Persan de Roche-
fort, frère au dcsusdict mambour, et estoit chanoine de Liège '', lequel tantost
fut meiné desoubz la corone et allât à l'autel faire le serimcnl. Le raerquedy 5
après, le pays vint à Lic^e (car l'évesquc Johan d'Erkel l'avoit paravant
mandé), lequel requérat d'avoir mambour jusque à la conflrinalion de l'esleu.
Mais le chapitre respondit que, pour éviter les frais, on n'avoit affaire de
mambour pour celle fois. Adonc Henry Frérarl (^qui estoit maislre, respondit
que toutes les villes, exceptez celle de Tongre, vouloint avoir siegneur to
Wallhier, le frère de l'esleu, pour mambour, mais celle de Tongre vouloit
avoir siegneur Everard de La Marche. Les maistres Johan d'Àmain (*),
changeur, et Henry Frérarl desusdict voloint avoir mambour, non obstante
l'élection faietc par le chapitre, affin de donner à entendre que la cité avoit
pouvoir d'aidier esleir mambour. Or clone pour ce que le vicedoyen (3) ne 15
vouloit mettre le chapitre ensemble pour saillieir ladicte mamboumie, ils
meltirent incontinent la cité ensemble, laquelle accordai qu'il fust saillée.
Et fut contraind le chapitre malgré eux del sailleir.
Vaulx-Sainct-Lambert (J), de Noeuemostier (6) eraprès Huy et de liearepaire (6) en habits pontificats.
Après que les exèques furent accomplies, le corps dudit évesque fut menez à Outreict, où il fut enterré 20
comme il avoit commandé : D,\cf. Zantfliet, col. 313. — » et fut menez à Outreict, comme ilz avoit
commandez, et i fut ensepvelys. Et il y fut enterré devant le grand autel de la grande église; ses
entrailles sont mises aux Guilelmites près de Liège à l'entrée du cœur : add. B. — '• avec telle
condition et protestation que si le pape n'en fust point content de telle élection et qu'il le donnast
à ung aultre, incontinent l'esleu le deveroit quitter et faire place à celui que le pape envoyeroit; 25
ce nonobstant il fut menez comme esleux dessoubz la coronne et puis à grand aulteit où il tist le
serment : D, cf. Chronique latine de Jean de Stavelot.
(f) Henri Frérart, voir ri-dessHS, p. 206, n. 1.
(!) Jean d'Amay, changeur, maître de la cité en 1577. (Voir Les Bourgmestres, p. 89.) Il est cité
en 1573 (Cartulairc de Saint- Lambert, t. IV, p. S02); comme changeur en 1575 (Ibid., p. 520); 30
comme maître de la cité le 10 juin 1578 (Ibid., p. 510. — Hehiucourt, I, p. 283; II, p. 205).
(') Guillaume lioilcau ci-dessus, p. 200, n. 5.
(*) Jacques de llaecourt, abbé du Val-Saiiit-Lambcrt, 1350-1587. (AlonaUicoti, t. Il, p. 102.)
(*) Simon d'Ochain, abbé de IS'cufmousticr, 1380.
(e) Jean de Liège, abbé de Beaurepart, 1504-1387. (Monaslkon, t. Il, p. 228.) 5
CHROMQUE ABRÉGÉE DE JEAK D'OUTREMEUSE. 215
Le siegneur Boeleuve, chanoine, siegneur Gerlaxhe de Monjardin (*) et
siegneur Johan dcl Boverie (2) furent envoyé à Rome pour avoir la confirmation
de l'eslcu. Ce temps pendant, eut grande dissention entre l'esleu et son frère le
mambour, car le mambour vouloil avoir les biens, et l'esleu semblablemenl,
s mais la cité aidoit tousiours ledit mambour, dont l'eslu par couroce s'en allât
tenir en la contée de Looz.
Et alors, comme on famoit, ledit esleu donna lettre saillée au duc de Brabans
que jamais on n'appelleroit ses gens à la paix de Liège, et que luy convenoit
de donner assistence contre les Liégeois, dont il fist grand follie, car il esloit
10 paravant bien aymé de pays et n'avoit ger qu'il avoit esté avec les Liégois
abattre Petersem (3). Adonc le duc de Brabant requérat de vouloir tenir
journée pour l'évcsque al Naye ", après de Treict, comme on fist. Mais le
mambour et l'esleu, frères charnells, soy disent tant de parolles que l'eslu
s'en allât et dist que ceulx qui l'aymoint Iy suivissent, ce que plusieurs
15 cbainoines et chevaliers firent. Et s'en allât à Heer b et le mambour à Liège.
Mais ils ne furent point longue arrier de là quand le duc de Brabant arriva là
pour prendre les Liégeois. Mais voyant qu'il ne les trouva, il s'en allât à Treict,
et l'évesque lendemain le suyvit °. Alors le duc de Brabant brusla le pays, mais
incontinent il fut rencontré. Lendemain de la saincte Catherine, ceux de Liège
20 ardirenl Hannut, et ceulx de Huy alloint vers Marche en Fammyne. Item les
Liégeois allirent ardre bien xxix villes en la terre de Dolhen et prinrent Renart
Thoreveal (4). Alors les ennemys ardirenl à Boirs, mais les femmes en
tuèrent xxm. Adonc le duc se partit de Treict et laissât là l'évesque Persant.
En ce temps mesme, les cardinaulx se partirent de pape et allirent à la cité
25 de Fonde et citoirent là le pape à ung jour, auquel le pape ne comparut
point, ains créât xix nouveau cardinaulx. Adonc les vieux cardinalls créirent
Robert de Geneive, filz de conte Laurent '\ pape appelle Clément VII, dont
" Lanaye : B. — b Hier : A. — c avec 1900 lances : add. B. D. — d conte du Lorrains : A.
(*) Gerlach de Mondersdorp, seigneur de Monjardin, châtelain de Waremme, écuyer, puis chevalier.
30 (Voir Hemricodrt, I, p. 137; II, p. 267.)
(*) Sur cette ambassade, voir tome I de ces chroniques, p. 77, n. 2.
(*) Voir ci-dessus, t. I, p. 76.
(*) 11 l'agit de Renard Thoreal de Bernau. (Hemricourt, I, p. 463; II, pp. 82 et 220.)
214 CHRONIQUES LIÉGEOISES.
commcncha le schisme. Alors les susdits ambassadeurs de Persant allirent
prendre la confirmation dudit Persant à l'antipape Clément. Ce temps pendant,
Arnulphe de Horne, évesque d'OuIlreict, impélrat l'éveschié de Liège au pape
L'rbain.
L'an LXXVIII susdit, le xv" jour de décembre, Arnulphe de Horne, qui alors 5
estoit encore évesque d'OuIlreict, vint à Liège, car la cite l'avoit mandé par le
siegneur Guilheaume de Sainctc-IWargarite et Guilheaumc Toussains d'Amaing
pour venir à Liège, car ils avoienl entendu que le pape Urbain luy avoit
conféré l'éveschié de Liège, et la cité vouloit obéir à Urbain et non à Clément,
qui avoit confirmé Persan, lequel la cité n'aymoit point. Tellement que alors 10
ledit Arnulphe fut fait mambour (*) jusques tant que les lettres de sa confir-
mation viendroient °.
L'an XIIIe LXXVIIII, de moys d'octobre le xxine jour, furent luses les lettres
de la confirmation par le pape Urbain Arnulphe de Horne, jadis évesque de
Oultrcict, en chapitre de Liège. Et avoit alors vacqué le siège du Liège depuis 15
la mort de Johan d'Erkel xv mois et xxi jours.
An XIIICLXXIX, de mois d'octobre le xxiiii" jour, Arnulz de Horne, fllz du
conte de Horne '', fut receu à Liège comme évesque cinquantème c.
" L'an mesme, Johan filzdu siegneur de Serclaes ('), noble famille de Brucelle, docteur ens droits,
channoine de Sainct-Lambert, estant esleu et confirmé évesque de Cambraye, rendit son esprit à Dieu, 50
l'an XIIIe octantliuiclz, le douzième de joanvier. L'an mesme, en la ville de Treict ung enfant de quarant
jour parlât parfaitement : add. D — b filz du siegneur de Horne et de Clèves, et par sa mère siegneur
de Looz et de Cassebeick : add. B et D.— c L'an ensuyvant, au moys d'août, le saizième, fut le pays de
Liège diffié par siegneur Johan Rodemack (5) non obstante que luy mesme avecque son père peu de temps
devant eust faicte ung contract de paix avecque l'évesque Jean d'Erkel et tout le pays de Liège. Après îs
laquelle deffiance, en mesme instante et subitement surprint la ville de Buillon, laquelle il pillât enthiè.
rement, mais au chasteau ne peut rien nuyre ne malfaire. L'évesque ayant ce entendu, avecque tout
l'armée de la cité et des villes de Huy et de Dinant, s'en allèrent incontinent vers Rodemack. Quoy
entendu par ledit Johan, s'en allit vers le chesteau de Charepire où il mit le feu. Après ce, les Liégeois
assaillirent ung chasteau communémen appelé le leup, situé en la duchié de Barre, partenant aux susdit 00
Johan et après l'avoir prins l'abbattirent, ayant pillié tous ses meubles qui estoient dedens. Après toute
ce expédiez, l'évesque exhortoit ses gens de vouloir aller plus avant pour aller assaillir le principal
chasteau dudit siegneur de Rodemack, distant de là deux journées ou environ, leur disant que personne
n'oseroit attendre leurs force ne résister à eulx, comme vraye estoit, car tout allentour de là chascun
(•) 1378, 16 décembre, Arnould de Horne est nommé mambour. (Paweilhari VI. Capitaine, fol. 163.) 33
(*) Jean de T'Serclaes, cvêque de Cambrai, 1378-1388.
(') Sur Jean de Rodemack, voir 1. 1, p. 81, n. 1.
CHRONIQUE ABRÉGÉE DE JEAN D'OUTREMEUSE. 215
L'an XIIICIIIIXX, en mois de septembre, allât 1 evesque vers Checcpire a (l) et
Lupi (2) et menât avec Iuy l'ost de pays générallcment. Car depuys le temps
Johan d'Erkelle, siegneur Johan de Kodemack avoit guerry le pays et maintfois
fait grand dommaige à fentour de Bullion (3). Et furent lantost sans dissension
5 les deux dictes forteresses abbatues, et si les Licgois " eussent voulu aller avant
à la rcquesle du l'évesque, ils eussent gaigny Rodemack ". Après le xix" jour
s'enfuyoit et abandonnent leurs maisons et tous leurs biens. Mais les Hutois s'excusèrent pour fautte
d'admonitions, qu'il disoient plus riens valoir, leurs pains muchiés, les chairs ranches, et les vins ne
valoir plus riens, et se exhortaient l'ung et l'aultre de soy retirer, briefl il fallut que l'évesque, malgré
1:3 luy toutefois, qu'il se retirast, et chascun en son pays et villes, et après leurs départs n'eut aulcuns
personnes sy hardies de soy eslever contre l'évesque ne pays de luy. Le capitaine de tous ces larrons
qui foulloient et pilloyent le pays de Liège s'appelloit Gérarde de Racourt qui par pilleries estoit devenu
fort riche, mais au dernier devint fort peeuvre : add. D, cf. Chronique latine de Jean de Stavelot et
Zantfliet, col. 317. — " Secopre : B. — b et Hutoys : B — e et l'évesque eust volontiers marché avant
13 pourgaigner Rodemarch, mais les Liégeois ny les Huyois ne volurent point aller plus avant. En ce
temps, advint plusieurs choses qui sont icy obmises pour cause de brièveté : Liège Univ. 18Î. —
L'an traize cents octant ung, fut édiffié ung pont sur Meuse entre Jemeppe et Seraingne (*) : add. D ;
cf. Chronique latine de Jean de Stavelot et Zantvliet, col. 318. — En mesme tems, s'eslevat une
guerre fort dommageable entre Loys, conte de Flandres, et la ville de Gand, que le conte Loys
20 assiégea, mais il ny proffita riens, ayns perdit plussieurs de ses gentilshommes, lesquels i laissèrent
leurs vies, et durant entre eulx ladicte guerres, nostre évesque, le chapitre de Liège et bourgeois
du pays de Liège, pour faire paix entre lesdictes parties, eurent plussieurs journées, mais en
vain, car rien ni profitèrent, pour laquelle cause Gantois commenclièrent à monstrer grand amour
audits Liégeois, lequel durât et continuât jusque à l'an quatorz cens et trente, à cause que Liégeois
25 administroient aux susdits Ganthoys vivres et aulties admonitions de guerres malgré leur conte :
add. D.; cf. Chronique latine de Jean de Stavelot. — L'an traize cents octante deux, au moys de
may, le vingte siexième, environ le midi, en la cité de Liège et lieux circumvoisins en Hesbaye et
plussieurs aultres villes de Liège, fut ung grand tremblement de terre, combien que le temps fust
pour lors fort passible et quoye, et tombèrent plussieurs édifices : add. D; cf. Chronique latine de
30 Jean de Stavelot. — Item encor an mesme, le vingtième de may, aultre tremblement, la nuicte délie
Pentecoste universelle par touttes Flandres, France, par lequel plussieurs édifices furent renversées.
Grande peste en la cité et pays de Liège, que commencea environ le Sainct Johan Baptiste : add. D.
(i) Château de Chassepierre, près de Florenville. Voir t. I, p. 81, n. 2.
(!) Château de Louppy, au duché de Bar, appartenant au frère du sire de Rodemachc, Gérard de
53 Haraucourt. [Rad. de Rivo, p. 41.) C'est aujourd'huy Louppy-le-Châleau, département de la Meuse,
arrondissement de Bar-Ie-Duc.
(5) Ce fut son fils, appelé aussi Jean de Rodcmarche, qui, en 1580, déclara la guerre à l'évèque.
(*) Cf. Cartulaire de Saint-Lambert, t. IV, p. 598, et Chartes du Val-Saint Lambert, n° 719 du
6 décembre 1381.
2IG UIROMQUES LIÉGEOISES.
de décembre, furent osiez les xxxh à Liège, qui soloint jugier sour ceux qui tcn-
doinlaux offices " (i).
L'an XIIIe quallre vingt et ung, le jour du saincl Jacques, furent eslus
bourgemaistre à Liège siegneur Barict de Lardier et Piron le l.obier (*), filz
Jolian le Robicr, qui fut jadit maistre et escbevins de Liège, et Colard de 5
Champs et Jehan le Cok favoient estes Tan pardevant (3). Adonc on refist
les xxxii pour ce que on avoit menez si ordre vie * pardevant le sainct Jacque.
Car ceux qui estoienl de la partie Robert crioient jour et nuict à heis et ceulx
de la partie Henry Frérart, qui faulsat ' alors, al aigle.
L'an XIIICIIIIXX et deux, furent maislres de Liège siegneur Jehan del Boverie 10
et Henry Frérard.
(4) L'au IIIIXX et trois, le jour de quaremeal, Henry Frérard dit à haull voix
en palais qu'on luy avoit dict que Jehan de Sprimont, chanoine de Sainct-
Berthelmé (5), qui estoit retourné d'Avingnon de Clément qui se disoit pape,
avoit tant parcuré aval Liège qu'il avoit trouvé grande partie des Clémentins 15
qui seroient en aide à Persan pour estre évesque, et que, au grand quaresme,
lcsdicts Clémentins osleroient'' tous les Urbanist, car desia avoient faits en dix
ou douze maisons procurer des spafus et armures e. Lors là mesme, Henry Gio,
qui estoit desia tout jureis, dist à hault voix que Henry Frérard mentoit et qu'il
n'estoit pas bon assez pour parler sour les Clémentins et Persandins, car, par 20
a et les forbedeis furent rappelés : add. B et D. — b si grand désordre : D. — c faisoit : B et D. —
d occiroient : B. — e pourvéance d'espées et d'armures : B.
(1) Tribunal des Trente-Deux établi en 1373 pour veiller aux brigues des charges. Cf. Kurth, La
cité de Lièye, t. II, p. 324.
(2) Pierre le Roberes ou le Robeir, maître de la cité en 1381, 1383 (voir p. 217), 139b (voir p. 230) Ï5
et en 1400 (Record des échevins, 29 septembre 1400, dans Les Echcvins, I, 476), fils de Jean le
Roberes. Il est cité comme maître le 19 novembre 1581. {Chartes du Val-Saint-Lambert, n° 718.)
Sur Fastré Baré de Surlet, voir ci-dessus, p. 201, n. 1.
(5) Ce texte nous confirme que Abry est dans l'erreur en fixant à l'année 1379 la nomination de
ces deux maîtres de la cité. Nicolas Dechamps et Jean le Cocq sont cités ensemble comme étant en 50
charge en 1381. (Fiefs de Jean d'Archet, p. 225.) D'autre part, Thierry de Moulant que donne Abry
comme ayant été élu maître en 1580 est cité au commencement de 1381 simplement comme
chevalier. (Ibid., pp. 225, 241.
(') Voir Jean de Stavclot, ci-dessus, t. I, p. 8b.
(8) Jean de Sprimont, chanoine de Saint- Barthélémy, 1363. Voir t. I, p. 8b, n. 5. 55
CHRONIQUE ABRÉGÉE DE JEAN D'OUTREMEUSE. 217
Dieu, Persan est évesque et le serat °. Adonc tantosl fut prins et meiné à
l'évesque. Et fut accordez d'aller visiter les maisons des Clémentins, soit clercs
ou layes. Alors l'évesque avec Henry de Perweis, Walthier de Kochefort jadit
mambour, frère à Persan, et plusieurs aultres, les maistres et le conseil allirent
s tout droict à la maison Jehan le Berwier (*), chanoine de Saincte-Croix, et
trouvèrent là aucunes armures et les emportèrent. Mais pour ce que Jehan de
Sprimont estoit fuys envoyé, ils n'allèrent plus avant. Lendemain, l'évesque fut
en chapitre el fut conclu que l'évesque metleroil deux clercs de son conseil, et
le chapitre deux chanoine, qui enquiroient gcnérallcment sur les Clémentins,
10 et aussy deux des secundaires englyses pour enquérir en leurs englizes, mais
chascuns s'eslongat du premier 6, tellement que maislre Jehan d'Oullremoeuse,
qui fist les présens chronicques, fut commis! et le commencha vaillamment.
En ce temps, commencha la guerre entre le conte Louis de Flandre et
Flamens, et mandèrent les Flamens en Engleterre Philippe d'Artivel c. Et furent
15 les Flamens par le roy de France desconfis rf, à Hoisbeick et le dit Philippe
occis. En cest an mesme, devant le sainct Jehan, commença en Brabant grande
discorde entre le duc el les Brabanlois, car la famé couroit que les Brabantois
vouloient occir leur duc Wincelin, mais les maistres de Liège firent la paix.
Le jour de sainct Jacque, furent eslus maistres Baldwuy de Sainct-Ser-
20 vace (!) et Piron le Robier; et le Cock fallit qui y prétendoit, dont fut fort
courroucy sur Henry Frérard qui I'avoit mal aydé. Alors Le Cock accusa
Henry Frérard qu'il avoit eu en Brabant pour aider faire la paix mille florins,
dont Henry Frérard en fut banny a lousiours c, car on trouva que quatre
chevaliers l'avoient départi entre eux '.
25 " et demeurerat : B. — b chacun soy deslogat à premier : B. — c pour estre leur conducteur et
capitaine : add. D. — i vaincus, le vingte unième de novembre : D. — e a tort : A. — ' car on
trouva... entre eux : omis A.
(') Jean le Berwier, chanoine de Sainte-Croix en 1366. (Poncelet, Sainte-Croix, p, xcn.) Cf. t. I,
p. 86, n. 1.
30 (*) Baudouin de Saint-Scrvais, maître de la cité en 1385. (Voir Les Bourgmestres, p. 95.) 11 est cité
comme ancien maître de la cité en 1591. (Poncelet, Charles de Saint- Pierre, p. 202. — IIb.uricoubt,
I, p. 470; II, p. 360.) Pour Pierre le Hoberes, voir p. 216, n. 2. Pour Jean le Cocq, voir p. 200, n. 2,
et t. I, p. 86, n. 2.
Tome II. 28
218 CHRONIQUES LIÉGEOISES.
Le vu* jour de décembre, mourut le duc Wincclin de Brabant et du
Luxemburg.
L'an XIIICIIIIXX et HII, le pape Urbain s'en allât tenir ung peu de temps
à Naples dont il estoit native. Et ce temps pendant, vm cardinaulx qu'il avoit
créés ('), c'est ascavoir le cardinal d'Arict d'Englelcrre, de Tarente, de Venize, s
de Genvc ". de Corpion et de INapulle '' firent conspiration et sédition contre
luy, et firent tant à Charle, roy de Sicile, qu'il prins le pape Urbain, qui
l'avoit fait roy, et ce aufin que les cardinaulx puissent aller jower, car le pape
les tenoit si court qu'ils ne pouvoint aller à leurs plaisiers. Paravant cecy, le
roy Charle avait occis la royenne Johanne, sa tant (dont le pape Urbain 10
luy avoit donné la royaume), pour ce que la royne estoit de la partie des
Clcmcntins. Après, le roy laissât hors de la prison le pape Urbain par ranchon,
et le cardinal de Napullc luy dist en confession la trahison des cardinaulx.
L'an XIIICIIIIXX et V, le xe jour de janvier, le pape fisl prendre vi cardinaulx
qui l'avoient trahis (car ecluy de Manupelle estoit absoult, et celuy de Darict i:>
n'y estoit pas) et les fist mettre en la forteresse de Michiere (*) en prison
obscure où ils morurent. En mois d'aoust, le frère de conte de Sainct-Severin,
Thomas et siegneur Egmond de Nove vindrent avec vmc lances dessiégier
le chasteau de Michiere, lequel le roy avoit assiégé por prendre le pape et ses
gens, pour ce qu'ils avoient prins lesdits cardinaulx. Alors le pape s'en allât 20
à Sainct-Nicolay de Baire, où il estoit avant son élection évesque ". Item
retourna pardeça jusque Pise où il demoura xvn jours. Après s'en allât à
Genve f', où il séjournât xv mois.
L'an susdit XIII(iIIIxx et IIH, al sainct Jacque, sensuyl novelle élection. Les
nobles renonchèrent à leurs élection des maistres et furent alors eslus non 25
a Genève : B. — * Naple : B. — c archevesque : B.
(') Cf. Eudel, Ificrarchia catholica, t. I, p. 23 : Liste des cardinaux nommes par Urbain VI, Parmi
ceux-ci : Joannes de Aurélia, évêque de Corfou (cardinal de Corpion); Gentilis de Sangro, diacre de
Saint- Adrien; Bartholomeus de Cucurno, évéque de Janua (cardinal de Genve); Marinus de Judice,
évèquc de Tarente; Louis Donat de Venise, furent arrêtés et conduits, le 12 janvier 1585, au château -"0
de Nuceric, où ils moururent en décembre suivant. Un sixième, Adam de Eslon, dit Anglicanus
(cardinal d'Angleterre), fut conduit au château de Nuccrie et reléche sur les instances du roi
d'Angleterre. Thomas Ursinus, dit de Manupcllo (cardinal de Manupelle), mourut le iO juillet 1390.
CHRONIQUE ABRÉGÉE DE JEAN D'OUTREMEUSE. 219
obstant par les mesticrs siegneur Barie de Lardier et Jehan le Cock °.
L'an XIHCIIIIXX et V, à la sainct Jacque, furent eslus maistres Collart de
Champs et Warnicr de Bierses (*).
L'an XIIICIIIIXX et VI, en quaresme, Gille de Lavoir (2) plaidoit pardevant
s les eschevins de Liège et perdit la querelle, dont il fut mal content, et dist par
tout qu'on l'avoit faulsement jugé, et qu'il melteroit le sien anchois qu'il
debvist proveir son intention '', et que les eschevins prendoient argent aux
parties. Et vint un jour ledit Gille en palais et dist oultrageusemcnt que les
xnii eschevins estoient larrons et qu'ils avoient faulsement jugez le sien perdu %
10 et plusieurs autres choses, et que non obstant qu'ils n'avoient nulls rappeaulz,
monsiegneur estoit leur supérieur qui feroit bons enqueste. Et ledit Gille
vouloit tout chachier à ses frais rf, moynant qu'on Iuy donnast la troisième
partie des torlfais qu'on trouveroil en ladite enqueste, et feroit faire le gibbet
de Sainct-Giele tout noeve. Mais les eschevins disoient qu'il menloit mauvaise-
io ment, et qu'on ne le debvoit point escouter, car cestoit un enragy sot. Adonc
les maistres allèrent au conseil, cl la cité accorda que monsiegneur en fist bonne
enqueste. Alors les eschevins dirent qu'ils ne steroient point à jugement
de 1 evesque qui les avoit mandé et requis qu'ils soy soubmellissent à luy et
à son jugement. Alors Giele de Lavoir requisl à lendemain la cité ensemble et
20 dist en palais que, les eschevins ne vouloient point obéir à monsiegneur.
Et la cité accorda que, avec le conseil monsiegneur, les deux maistres et de
chascun mestier un homme lissent l'enquesle. Alors les eschevins prioient
" L'an traize cents octant cineque, des malveillans qui comversoient en la terre de Dolhen prindrent
et emenèrent ung homme appelle Francotte de Sait, gouverneur de l'hospital de Wandre, pour lequel
25 la cité fut fort esmeue, laquelle envoyât les maistres de Liège vers ladite terre de Dolhen avecques
grand nombre de soldats, lesquels amenèrent avecque eulx plusieurs prisonniers sans aucuns prémo-
nitions ou deffiance faictes au duc de Braibant : add. D. Cf. Chronique latine de Jean de Stavelot, t. 1,
p. 87. ~ b qu'il en metteroit le sien devant qu'il deust parvenir à son intention : B. — c jugé et
perdu le sien : B. — * dit davantage qu'il pourchasserait tout à ses frais : B.
50 (*) Warnier ou Walter de Bierset, fils de Jean de Bierset, changeur, mailrc de la cite en 1385, 1392
1396. (Voir Les Bourgmestres, pp. 96-97.) Nicolas de Vclroux, dit del Champ. (Les Bourgmestres, p. 96.
— Hemricoubt, I, p. 220; 11, p. 588.)
(*) Sur Gilles de Lavoir, cf. de Borhan, Les Echevim, p. 151 et t. I, p. 88, n. 2.
220 CHRONIQUES LIÉGEOISES.
à monsicgneur qu'il voulist faire seul l'enqucste, et l'évesque dit le lendemain
sur le palais qu'il vouloit faire seul l'enqueste °, car il n'appartenoil point à la
cité, et si ce non, il renunche de tout à la bcsongnc et soy partit sans rien
conclure. Adonc on conseillât à Giele de Lavoir qu'il allast aux bonnes villes et
les informas! et requist de faire l'enqueste, ce que firent les bonnes villes, car s
de chascune furent députez deux avec leur maislres pour aidicr faire ladicte
enqueste. Alors, à la sainct Jacque, furent eslus maislres du Liège Goswin de
(loir et Jacqmin de Teuz (J) ou de Salme. Adonc, à la requeste de la cité et
bonnes villes, monsiegneur commist à faire l'enqueste siegneur Joban de Ber-
nalmont qui esloit maieur de Liège, Guilheaume de Saincte-Margarite (2), to
ebanoine, receveur de monsiegneur, maislre Joban d'Oultremouse devantdit et
Wilheaume Toussain d'Amain. avec les deux maislres de Liège et xxxn hommes
des mestiers avec les députez des bonnes villes. Après que l'enqueste fut
faicte, xin escbevins furent privez de leur eschevinaige; car combien que le
xmie fut aussy eoulpablc que les autres, néamoins, par faveur et assistence, il 15
fut absoul et demorat eschevins. Et furent lesdils escbevins taxié à grande
somme d'argent, et fist ledit évesque autres eschevins de Liège en leurs places b.
a et l'évesque dit... seul l'enqueste : omis A. — ' L'an mesme, grande abondance de vin. Enmesme
temps, par une accorde générale de tout le conceille et pays, furent restitueis les vingte deux juges du
pays de Liège, qui avoient cessez par huicte moys continuels, à l'occasion d'une sentence rendue en 20
faveur de l'abbé délie Vaulx Sainct Lambert (3), à raison de quoy la cité avoit grandement estez offensée :
add. D. Cf. Chronique latine de Jean de Stavelot. — L'an XIIIe octante sept, grande mortalité à Liège
(') Gossuin de Coir, fils de Gilles de Coir, neveu de Guillaume de Coir. (Voir Les Bourgmestres,
p. 97.) Il est cité en 1575 (Cartulaire de Saint- Lambert, t. IV, p. B02), 1574 (Cartulaire du Val-
Bcnoit, p. 005). Jacques de Theux ou de Salm, maître de la cité en 1586, 1592, 1596, 1598 (voir 23
Les Bourgmestres, p. 97) ; Jacques de Theux ou de Salm, ancien maitre de la cité est cité en 1591
(Ibid., p. 101); Jacques de Theux est encore cité en 1563 (Ibid., p. 70); Jacques de Theux, le bou-
langer, en 1579 (Ibid,, p. 87); Jacques de Theux, le vieux, en 1391 (Ibid., p. 102); Jacques de Theux
en 1401, 1406 (Ibid., pp. 140, 143). — L'enquête fut ordonnée par l'évêquc Arnoul de Home, le
2 septembre 1586. (C. de Borman, Les Êcheviiu, t. I, pp. 472-474.) 30
(*) Guillaume de Sainte-Marguerite, cité comme chanoine de Saint-Denis en 1580 (Cartulaire de
Saint- Lambert, t. IV, p. 591); comme chanoine de Saint-Servais à Maestricht en 13b t (Chartes de
Saint-Pierrr, p. S7), et, en 1386 (Cartulaire de Saint-Lambert, t. IV, p. 646), comme receveur de
l'cvcché de Liège en 1386 (Chartes de Saint-Pierre, p. 96:. Sur Jean deBernalmont, voir t. I,p.89,n. 3.
(J) Cf. Chartes du Val-Saint- Lambert du 12 juillet 1388 et du 20 mars 1388. Sa
CHRONIQUE ABRÉGÉE DE JEAN D'OUTREMEUSE. 221
L'an XIIICIIIIXX et VII, lesdits priveis firent tant à l'empereur à Prage °
qu'il les donnât lettres de restitution et envoyât à Liège deux chevaliers.
Mais l'évesque parlai tellement à eux qu'ils retournèrent sans nulle effect.
Adone lesdits privez firent paix et accord à l'évesque et revindrent à Liège b.
s L'an XIIICIIIIXX et VIII, en féverier, le roy de France fit pryèr et appareille-
ment pour venir contre le duc de Gelre qu'il avoil diflié vers l'aoust après
venant que les vins sont mawors c.
Le vin8 jour de mars, le jour del Letare, l'évesque d'Aneone (*), légault du
pape Urbain, dist messe à Saincl-Lambert.
10 Le xvue jour d'avril, le vowé de Coulongnc et Lowis de liivesteid (2) et
par rheume et cathares : add. D. — L'an 1386, la veille de saint Denis, furent faictes sur la loy nouvelle
plussieurs mutations, additions et corrections par les troix Ëstats du pays (5) : note marginale de B1.
— " à Prage : omis A. — b En mesme an, del tousses, rheume et cathères cy dessus narreis en ung
monastère, où il y avoit vingt cineque moynes, furent tellement attouchié que à paine i eust deux
15 qui eussent puissance de chanter et plusieurs d'eulx en morurent : add. D. Cf. Zantfliet, col. 551.
— En mesme temps, ung noble et gentilhomme d'Allemangne accompaingné de trois cens hommes
commenehea à ravager et piller la terre de Stavelot (*) et principalement au villaige de Lerneux, où
aulcuns villageois voilant recouvrier le butin se mirent par où il estoit à eulx nécessaire de passer,
estant environ deux cents, mais, o laisse, i furent occis quarant huicte villageois et trente siex
20 prisonniers, et des ennemys i demourat seulement trois morts sur la place, et le butin fut emenéz.
Mais sainct Remacle, patron de la dicte terre se vengea grandement contre ses dits brigants en ceste
manière. Le prince d'eulx premier devint enragié, mangeant ses mains et les oreilles de son cheval, et
ainsy morut misérablement. Ses complices et compaignons, voyant telle vengeance prinse de leurs
maistres, retournèrent humblement in grande dévotion à Stavelot, demandant dévotement absolution
25 de ce qu'ilz avoient perpétré, ofterants amende condigne à leurs meffaitz, craindant que telz meschieff
ne leur advint : add. D Cf. Zantfliet, col. 552. — L'an mesme, le dernier jour d'avril, fut brusléz
le chasteau de Franehimont par de feu portez à une thour et illec par la garde oblié. Mais peu
après, Monsieur Arnold de llorne l'évesque feit rédiflier deux thours supérieurs, avec l'édifice entre
deux, du fondement jusques à l'accomplissement : add. D. Cf. Chronique latine de Jean de Stavelot.
50 t. I, p. 89. — L'an mesme, le troizième de jullet, Philippus, duc de Bourgogne et conte de
Flandre, vint en la ville de Traict avecque grand nombre de gens, demourant illec par l'espace
de siex moix, et après son département, le conte de Meurs mis le feux au pays de Lemborch et
Dolhen : add. D. Cf. Chronique latine de Jean de Stavelot, t. I, p. 90. — c après que les biens
de la terre seroient mis dedens : B, D.
35 (') Guilelraus Dallavigna, cvêque d'Anconc, 1386 à 1405.
(») Louis de Rciffcrschcid. Voir t. I, p. 90, n. 4.
(3) Mutation de la Loy nouvelle du 8 octobre 1386. Cf. Reciuil des ordonnances, t. I, p. 342.
(') Cf. De Villers, édit. Alexandre, I, 174.
222 CHRONIQUES LIÉGEOISES.
ses frères prirent en la duchié de Julie plusieurs marchans de Huy, de
Treict et de Sainct-Trond pour certaines droicteurs qu'ils demandoient à
l'évesque. Adonc, à la request de monsiegneur. le pays octroyât l'ost. Alors
esloient maistres le souvenldil Giel de Lavoir et \\ ilhcaume de Flémalle (J),
car ils avoient estez eslus à la sainet Jacque passé. Le vie jour de may, 5
les osls soy partirent et portai l'estandart siegneur Evcrard de la Marche (2),
voweit de Lumaigc et abilèrent Heleker " et wastèrent forleinenl la terre
du siegneur de Hynsberg et vouloint exiler '' la duché de Julie, mais le duc
le fist ravoir lesdits prisonniers et donnât ploge six chevaliers qui furent
tousiours à Liège à l'hostel de Monljoye jusque à la paix, saulve ung qui 10
mourut avant que l'accorde fust faicte. Le xv* jour de may, les ostes
revindrent à Liège.
Le jour de l'Ascension, tombal la tonnerre sur le Ihour des prescheurs
à Liège.
La nuit sainet Jan-Baptiste, les Gelrois délrouchèrent plusieurs foriers de ib
Brabant, car iirabansons estoient devant la Grave. Le xxvi" de jung, les
lirabechons vouloienl passer l'eaux et commenchèrent à ardre. Mais le
duc de Gelre les courut sus et les desconQtz tellement qu'ils s'en fuyrent,
mais les Hesbignons e qui là estoient furent tous occis, car ils ne voulurent
point fuyr. 20
■ abatirent Helebercq : B. — Herlebeke : D. — voet de Lumay et allèrent abbattre Arbrecht : C
— b destruire : B. — ° Hensberg : A.
(') Guillaume de Flémalle, chevalier, fils de Baudouin de Flémalle, fut maître de la cité en 1387.
Abry est ici d'accord avec noire texte. (Voir Les Bourgmestres, p. 99.) Mais contrairement aux indi-
cations du Bccueil héraldique, Guillaume de Flémalle avait été élu une première fois en 1578, car il 25
est cité comme maître le H février 1379. (Carluluire de Saint-Lambert, t. IV, p. 559.) 11 est cité,
en outre, en 13G2, 1360, 1307, 1372, 1371, 1379, 1580, 1581. (Cartulaire de Saint- Lambert, t. IV,
pp. 155, 447, 491, 493, 601 j Cartulaire du Val-Benoit, pp. 605, 648, 758 ; Chartes de Saint-Pierre,
p. 84. — Hkmr[coi!iit, I, p. 274; II, p. 200.)
(*) Everard de La Marck, seigneur de Ncufcbâleau et d'Arcnberg, fils second d'Everard et de Marie 30
de Looz. H porte l'étendard de Saint-Lambert en qualité de mambour de sa mère, avoueresse de
Hesbaic. Il mourut le 14 octobre 1440. (Baron J. de Cuestret de Haneffe, Histoire de la maison
de La Marck, pp. 96-97 et 100-105.)
CHRONIQUE ABRÉGÉE DE JEAN D'OUTREMEUSE. 223
Le jour sainet Jacques, furent eslus maistres du Liège Thonnare de Ber-
loir a (*) et Renwart de Pont (2) d'Avroy.
Le vme jour de septembre, le roy de Franche vint à Bastongne avec grande
puissance pour venir sur le duc de Gelre. Adonc le roy commenchal à ardre la
5 duché de Julie, mais le duc de Julie, qui estoit père à duc de Gelre, priât
à l'archevesque de Çoullongne de faire sa paix, comme il fist, à celle condition
que le duc n'aideroit point son dit filz. Alors le roy s'en allât vers Rulmond,
mais il plovoit tousiours si fortement que les François ne scavoient que faire.
Adonc l'évesquc Arnulz allât veoir le roy accompaigné b noblement, et le roy Iuy
10 fist grand recueil!. Ce temps pendant, l'archevesque de Çoullongne et le duc de
Julie firent tant à roy que la paix fut faicte, voir que le duc de Gelre jurât
sollennellement que, de son scavoir, la diûiance n'avoit oneques esté escriple et
qu'il serviroit le roy contre tous, saulve l'empereur et le roy Richart d'Engle-
terre, son cousin.
15 L'an XIIICIIIIXX et IX, l'évesque fist jetler cesse sur l'abbaye de Sainct-
Trond pour certains entredeux c. Adonc la ville de Sainct-Trond bannist
les eschevins l'abbé et abbatat leurs maisons partout d. La ville de
Sainct-Trond vouloit traitier à l'évesque, qu'il les voulist donner certaines
" Berlo :!). — * accompaigné : omis A. — c interdicts : A. — d et mirent pareillement le feu
"20 en ung beau béritaige partennant à l'abbé, dit Munenhoven, scitué après la ville de Sainctron. Les
religieux volant fuyr et éviter la fureur du peuple, abandonnèrent leur abbie, et par ung grand
espace de temps, s'en allèrent demourer à Meusden, ville de Hollandre, où ilz avoient de grands
biens et rentes. L'origine de tout ce discord fut ung brasseur de la ville, appelé Meys ou Barthelmy,
qui estoit adjugié par les eschevins de Sainct-Trond et banni à cause qu'il avoit porté l'esseingne sur
25 le marchié de la dicte ville contre l'évesque de Liège, et à dernier vouloit la ville de Sainct-Trond
traicter à l'évesque : add. D. C/. Zantfliet, col. 555.
(4) Antoine ou Thonar de Berleur, maître de la cité en 1389, époux de Jeanne de Hervé. (Les
Bourgmestres, p. 100.) Il est cité en 1570, 1572 {Cartulaire de Saint-Lambert, t. IV, pp. 474, 479,
495), et comme ancien maître de la cité en 1392 [Chartes de Saint-Pierre, p. 104).
30 (*) Renwart ou Renncwart de Montegnce, dit du Pont d'Avroy, époux de Catherine de Flémalle,
maître de la cité en 1389. (Les Bourgmestres, pp. 100-101.) Il est cité en 1547, 1356, 1502, 1578
(Carhilaire de Saint-Lavibert, I. IV, pp. 216, 258, 56b, 552), en 1396, comme jadis maître de la cité.
(Cartulaire du Val-Uenoit, p. 720.) Sa veuve vivait encore en 1405, 1454. (Charles de Saint-Pierre,
pp. 141, 210.)
22i CHRONIQUES LIÉGEOISES.
franchizes pour une somme d'argent, mais l'évesque avoit un grand aposlème
en sa jambe, dont ne pouvoil à rien entendre. Le vin0 jour de mars, levesque
mourut à dimye nuict " et fui enbaulsmé et emminé en la terre de Home et
le coeur aux Chartreux. Adonc Henry de Perweis fut fait mambour de pays.
« morut l'huictième jour de marée, à minuict, en son palais à Liège, Arnould de Horne, évesque de 5
Liège, liomme pacible et quérant la paix et profitz de son pays. Et son corps fut reporté sur la rivière
de Meuse, en deschandant embas au pays de Horne, et ses entrailles au Chartreux de Cornillon en la
grotte furent enterreis avec pareillement son cueur. Après les exèques solennellement célébreis,
lendemain de l'annuntiation .N'ostre Damme, comme il y avoit plussieurs anhelants après l'éveschié de
Liège, principalement Siegneur Jehan de Lecka (•), archidiacre, pour lequel la duchesse de Brabant *°
avoit intercédé, et pareillement Albertus, duc de Bavvier et conte de Hollandre, feit grand instance et
grandes prières pour son lilz; mais, par le consentement du chapitre, fut postulé à évesque siegneur
Thierry de la Marche, cousin de jadit Englebert de la Marche, qui fut évesque de Liège et après
archevesque de Collongne, lequel ne le volut accepter, mais y renuncea simplement, en remerchiant
toutteflbis le chapitre de leur bonne volunté. Vacant le siège de Liège, par le consentement de tout le 15
chapitre, fut esleux à mambour de Liège et protecteur du pays novea chevalier (Henri de Perwez),
cousin à l'évesque défunct, à cause qu'il avoit noblement et paciblement gouverné la conté de Looz
quant il estoit leur séneschal. Mais à luy se opposât siegneur Gerlache de Montjardin (•) lequel, pour
obtenir ladite mamburnie pour son filz siegneur Balduin, fist plussieurs convives. Et estant pour ce
temps là quarême, il acceptât plussieurs cabilaux, lesquels il envoyât à ptussieurs tavernes où il y avoit -20
des beuveurs, en son nom. Estant ce divulgué et manifesté à plussieurs, fut banni par l'espace de diex
ans et n'eut personne qui le puisse ayder : add. D. Cf. ZANTFLitT, col. 355-556. — Cest an mesme,
furent bourghemaistre Jacqmin de Hemrieourt et Alard le mangon (J). — Après que le siegneur Thiri
de Marca eut renuncié et librement remis au chapitre son élection à ladite éveschié, laquelle élection
toutteffois le pape Urbain avoit approvéz et confirmez estant encor vivant, car il décéda de ce 25
monde au mois d'octobre à Rorame. Et les cardinals estants en la dicte cité de Rome csleurent le
cardinal d'Apulie, le second jour de novembre, lequel fut appelle Boniface neuffième de ce nom,
lequel Boniface donnât l'éveschié de Liège à noble et illustre siegneur Johan de Bavière, tilz à très
illustre siegneur Albert, duc de Bavière, conte de Hollandre, Zélandre, et siegneur de Triese, après
avoir vacquô le siège quatuorse moys et ung jour : add. D. Cf. Zantfliet, col. 537. — L'an mesme,
Boniface, pape de Romme envoyât lettres au pays de Liège. Item les Clémentins firent une lettre 50
passiblement... : D.
(4) Guillaume de Lccka ou de la Lecke, archidiacre de Hainaut, neveu de la duchesse Jeanne
de Brabant. {Chronique de 140!, p. 422.)
(*) Gerlache de Mandersdorp, seigneur de Montjardin, relève, le 21 mai 1383, le fief de Jehay. Son
fils Baudouin le relève le 16 juin de l'année suivante. Cf. de Tbeix, Histoire de la seigneurie de Mont- 35
jardin, pp. 2b et 27. — Hemmcourt, I, p. 137; II, p. 207.
(*) Jacques de Hemrieourt, le chroniqueur, et Allard de Kemexhe dit le Mangon. Voir notes 1 et 2
de la page suivante.
CHRONIQUE ABRÉGÉE DE JEAN D'OUTREMEUSE. 225
An XIII,;III1XX et IX, le xne jour de mars, le chapitre postulat Thyri fllz le
conte de La Marche (*) pour estre évesquc. Le xxvie jour de may, les ambassa-
deurs entrèrent à Rome, asscavoir le chantre de Sainct-Lambert, siegneur
Olivier de Malle (2) et siegneur Johan Donge (3) ; ilem deux chevaliers,
s siegneur Thyri de Meulant (4) et siegneur Jehan dcl Boverie (5). La nuict de
la Magdaleine, ils rapportèrent^ Liège la conûrmation. Le vne jour après, le
prévost de Zanlres (6) apportât lettres que ledit Thyri nullement ne vouloit
consenlire d'estre évesque. Adonc son oncle (7) Everard de La Marche pryat
au chapitre qu'il le laissai aller parler à luy. Le jour sainct Remye, siegneur
10 Everard de La Marche rapportât au chapitre qu'il estoit vérité, car son
cousin Thyri nullement ne vouloit accepter l'éveschié. Adonc le chapitre
envoyât envers le pape siegneur Andrier de la Sauvenier (8), chanoine, pour
sour ce l'informer.
Le xie jour de février, Henry de Perweis avoit esté par le chapitre présenté
15 sur le palais comme mambour, si qu'il eut xx mesliers, et siegneur Bald-
win (9) xu. Adonc siegneur Gcrlache dist tout hault qu'il avoit mal employé
son argent à cabulawe (10). Alors les maistres firent faire enqueste par les xxxii
et furent corrigez les coulpables.
(*) Thierry de La Marck, administrateur de l'évéché d'Osnabruck, chanoine de Liège et de
jO Cologne, morl en 1400. (Baron J. de Cdestret de IIaneffe, Histoire de la maison de La Marck,
p. 33.)
(') Olivier de Malle, chanoine, chantre, puis vice-doyen de Saint-Lambert, mort en 1428. (Voir
de Theix, t. Il, pp. 155-156.) Il est cité en 1380, 1387 comme chanoine: en 1388, 1390 comme
chantre. (Cartulairc de Saint- Lambert, t. IV, pp. 638, 651, 659, 660.)
25 (5) Jean de Dunghcn, morl en MOI. (Voir de Theix, t. Il, pp. I2S-129.)
(*; Thierry de Moylant. (Hemricourt, II, p. 310.)
(Bj Jean Bouchar de la Boverie. (Hemricourt, I, p. 206; II, p. 109.) Voir p. 207, n. 1.
(«) Xantcn.
(7) Il faut lire : son cousin. En effet, Everard de la Marck, époux de Marie de Looz, oncle de
30 Thierry, était mort en 1387. (Baron J. de Chestret de IUmeffe, Histoire de la maison de La Marck,
p. 96.) C'est de son fils qu'il s'agit ici, de même qu'à la page 224, note a, ligne 12.
(8) André de la Sauvenière, chanoine de Saint-Lambert, abbé de Thuin, mort en 1395. (Voir
de Theux, t. II, p. 153.) Il est cité en 1384. (Cartulaire de Saint-Lambert , t. IV, p. 618 )
(9) Baudouin, fils de Gerlach de Montjardin. (Voir p. 224, n. 2.)
35 (10) Allusion aux tentatives de corruption électorale. (Voyez p. 224, n. a, I. 20.)
Tome II. 29
22G CHRONIQUES LIÉGEOISES.
Le jour del sainct Jacques, furent eslus maistres Jakmin de Hemricourt (l) et
Alard le iMangon (*).
Le xxix* jour de septembre, allât le pays devan! llynsberg, mais, le vin" jour,
fut trailié qu'on raroit les prisonniers que le siegneur de Hynsbcrg avoit prins
devant Viseit. Ainsi fut faite la paix audit siegneur Jehan de llynsberg, filz s
siegneur Godefroy jadil d'AlIembroux (3).
Le xv° jour d'octobre, mourut le pape Urbain, qui avait régne xi ans, cinq mois
et xxvu jours. Le seconde jour de novembre après, le cardinal de Naple fut eslu
et nommé Boniface IXe ".
L'an XII1'III1XX et X, le xvme de janvier, le pape Boniface envoya lettres 10
au chapitre (*). En ce temps, les Glcmcnlins fissent une rollc b paisiblement et
meltirent dedens plusieurs de la cité et pays affin qu'ils se tornassenl vers
l'antipape Clément.
Le xxvuc jour de féverier, allèrent le mambour et siegneur Baldwin de iWon-
jardin et siegneur Jan del Bovcric et les maistres de la cité tenir journée contre io
ledit damoiseau de llynsberg et ils rencontrèrent' un meudrier et le siegneur
Jean de la Bovcric, mayeur de Liège, le ramena et cognul qu'il avoit marchandé
au siegneur Thiery d'Oye de meurdrir ledit siegneur Jean, mayeur, et accusa
trois compagnons d.
" Omis B} et autres manuscrits B. — b firent une lettre : D. — escrivirent une lettre : B. — -20
' Pasquea : add. B et D. — '' Ce te.rte est cela des manuscrits C et D. — et ils rencontrèrent... :
omis A.
(') Jacques de Ilemricourt, l'aulcur du Miroir des Nobles. Abry fait erreur en fixant à l'année 1 31)0
au lieu de 1389 son élection et celle de son collègue. (Les Bourgmestres, p. 104.)
(') Alard de Kemcxhe, dit le Mangon. (Les Bourgmestres, p. 104.) Il est cite en 1307 comme ayant 23
élé autrefois maître de la cité. (Cartulaire de Saint- Lambert, t. IV, p. b'39 et t. V, p. 25.)
(3) Cf. traité de paix conclu entre Henri de Prrwcz, mambour de l'évérlié et les villes du pays de
Liège, d'une part, et Jean de lleinsberg, d'aulre part, le 10 octobre 1589. Traduction latine, pièce n° 41
du procès n° 1334 de la Chambre Impériale aux Archives de l'Etat à Liège.
(*) Le 1er janvier 1390, le pape Boniface IX charge les évêques de Rose et de Capitoliade de faire 30
prêter serment de fidélité à Jean de Bavière, qu'il vient de transférer du siège de Cambrai à celui de
Liège. (Libri chartarum, IV, fol. 103 v\)
CHRONIQUE ABRÉGÉE DE JEAN D'OUTREMEUSE. 227
Le ixe jour de may, siegneur Evcrard Fonke (') apportât en chapitre bulles
départ le pape comment le pape donnoil 1 eveschié du Liège à Johan de Bavière.
Et fut ledit Everard reccut comme son procureur. Et avoil desia l'éveschié
vacqué xim mois et un jour.
5 An XIIICIIIIXX et X, le xe jour de jullet ", vint à Liège le noble Johan de
Bavière 6 comme eslus évesque du Liège (2) li. Et relevât son père Albert, duc
de Hollande, la contée de Hainaull de sondit lilz, lendemain, en chapitre.
L'an devantdite, ceulx de Sainct-Trond abbatirent plusieurs maisons appar-
nanles à l'abbaye de Sainct-Trond, et l'abbé les lisl excommunié par l'authorité
io de l'archevesque de Coullongne c.
L'an XIIICIII1XX et XI, al yssue d'apvril, abbatirent ceux de Dionant le
chasteau Thyri (3) qui appartenoit au damoiseau de Boullan, pour ce que aucuns
marchans de Dionant et de pays du Liège estoient arrestéz en Franche por le
faict dudit damoiseau, qui avoit prins plusieurs marchans de France d.
)5 " L'an mesrae, le diexième de jullet, feit son entrée à Liège ledit Bavière en l'eage de diex sept ans,
accompaingnié de son père et siegneur Guilheame son frère, avecques plussieurs aultres princes et
siegneurs, avecque raille chevalz ou environ, et fut reçeu par le chapitre et bourgeois fort honnorable-
ment comme de coustume : add. D et Liège Univ., 181, 182. Cf. Chronique latine de Jean de Stavelot.
— * qui n 'avoit que xvn ans d'eage, fils esloit de Aulbert duc de Bavière, comte de Hennau, de
20 Hollande, Zélande et Osterne et siegneur de Frise : B et Liège Univ. 181, 182. — c L'an traize cents
nonante susdit, sur le fin d'avril, eraprès Vaiève et Borlé, pleut ung liqueur du couleur de sang.
A Lamine, fut naiz une enflant fille ayant deux testes, ung corps, mi piedz et les visaiges tourneis
l'ung contre l'aultre : add. D. Cf. Chronique latine de Jean de Stavelot. — Miracle à Seraing d'un
enfant noyez, qui fut resuscité par les prières de la glorieuse Vierge Marie. L'an mesme, en may, le
2b trentième jour, grand tremblement de terre en la cité de Liège : add. D. — ''et l'abbatèrent pour
tant que on arrestoit aulcuns marchans de Dinant et de pays de Liège en France pour ce que
celuy Bollant avoit prins aulcuns François et ransonnéz sur ledit chasteau Thierry : B.
(') Everard Fonck, chanoine de Liège et d'Utrecht, mort en 1418. (Voir de Theux, t. Il, pp. IOK-
100.)
30 (') Jean de Bavière était fils d'Albert, comte de Hollande, de Zélande, de Frise et de Hainaut. Son
frère Guillaume, comte d'Ostrevant, épousa : 1° Marie, fille de Charles V, roi de France; 2» Marguerite,
fille de Philippe le Hardi, duc de Bourgogne. Ses sœurs épousèrent aussi de grands princes, Margue-
rite : Jean-sans-Peur, duc de Bourgogne; Catherine : Guillaume, duc de Gueldre; Jeanne : Wenceslas,
roi de Bohème; Yolemîc : Albert, duc d'Autriche,
55 (*) Château-Thierry. Voir t. I, p. 96, n. 3.
228 UIHOMQUES LIÉGEOISES.
L'an susdit, furent maistres Johan le Cock et Giel de Hersez (').
L'an devandit, la nuict de sainct Martin, fut Gérard Denis mis sur la scalle
devant le destroict et ausy trois jours après, et puis décollé, pour ce qu'il avoit
e9levé une faulseeourte de tenants.
L'an XI1ICIII1XX et XII, le troisième jour d'apvril, morut monsiegneur s
Hoberl, le cont de Namur (2). Et monsiegneur Guilheaume, son aisné filz, fut
conl pris. Et après, son frère Johan vendit le contée de Namur à Philippe, duc
de Bourgogne et conte de Elandre.
Après, en mois d'aoust, fut commenchy cl jeelé le fondement de la thour
Sainct- Lambert et fut parfaicle l'an XIIIIC et XXXIII. 10
L'an devandit, en mois daoust ", vint à Liège levesque d'Ancone (3)
départ le pape Boniface de Rome, et apportât bulles de rabsoult de peine
et de coulpe '', dont pour celle cause vindrenl un grand nombre de gens
de tous costéc c à Liège audit évesque, Icquell, chascun jour deux fois, faisoit
absolution en l'engliese Saincte-Croix. Et cesle absolution envoyai le pape à 15
nostre pays pour ce que les Liégois avoint estez lousiours à luy et à ses prédé-
• " vint à Liège ung légault du pape Boniface, lequel estoit évesque d'Ancoune, lequel légault fist
publier par toute le pays de Liège et de Cambraye que tous ceulx qui viendroient à luy ou à ses
commissaires et lieutennants à confession, estans vrays repentans de tous ses péchez, qu'ils leurs
donneroit pardons enthiers de coulpe et de paine. Par quoy vindrent grande multitude de gens à 20
Liège pour avoir absolution de leurs péchez. Lequel légault résidoit à SaincteCroix, lequel donnoit
deux fois le jour absolution. Et duroit la commission jusques à la Nativité .Nostre Siegneur ensuyvant :
D. Cf. Chronique latine de Jean de Stavelot. — ° bulles et pard jns et puissance de absouldre de paine
et de coulpe : B. — c plusieurs gens de nostre pays et nos marchans : A.
(') D'après Abry, Gilles de Bicrset auiail été maître de la cité en 1387, puis, comme notre texte le 35
porte ci après, en 159!i et en 1599. (Les Bourgmestres, p. 98.) Mailre Gilles de Bierset, civis quondam
et magister communitatis Lcodicnsis, mourut le A octobre 1408. (Ncerologe des Chartreux.) En 1591,
au lieu de Gilles de Bierset, Abry cite Henri Coen. C'est une erreur : Henri Cocn était maitre de la
cité le 20 juin 1391. (Chartes de Saint-Pierre, p. 101.) H fut donc élu en 1390.
(*) L'auteur est ici dans l'erreur. Robert n'a pas été comte de Namur. Le comte de Namur, ,30
Guillaume I", surnommé le Riche, mourut le 1er octobre 1591. Il eut pour successeur son fils
Guillaume II. D'après Crocncndacl, Robert de Namur, sire de Renaix et de Bcaufort, mourut le
18 avril 1391.
\*) Guillaume délia Vigna, trésorier d'Urbain VI et évéque d'Ancônc. Voir t. I, p. 97, n. I.
CHRONIQUE ABREGEE DE JEAN D'OUTREMEUSE. 229
cesscurs parfaiclement obéyssanlz comme vrays filz de la Sainctc-Engliese ".
L'an XIIICIIIIXX et XIII, en mois d'aoust, Johan de Bavière allât à grande
puissance, scavoir800 lances 'J chevauchié sour l'archevesqué de Coullongnc et
avoit avec Iuy vmc glaives, et son frère le conte Guilheaume d'Oustreval et le
s duc de Gelre, leur souroige, lequel duc de Gelre (4) avoit convenu, parmy une
somme d'argent, de livrer sondil souroige à l'archevesqué °, dont qu'il retournât
à Liège et racomptat tout cela à son pays. Le sme jour de septembre, l'an
devantdit, le pays accorda l'ost sur le duc de Gelre. Le jour de sainct Lambert,
Baldwin del Roche (2), avec xlv lances que Henry de Perweis avoit à Stochem
10 laissyé, receupvèrent les Gelrois qui cstoient là venus et les desconfirent et
occirenl lxxv personnes.
L'an XIIICLXXXXIII, fut la feste de la Visitation Nostre-Dame ordonnée '.
a Item les deux tliours de l'égliese de Liège à deus costéz du vieux chœur abbalues et renversées en
partie par tempeste. Item le cloehier de Sainct-Johan-Evangéliste et des Chartroux, pareillement les deux
•S ihours de Sainct-Jacque furent endommaigés par tonnoires et (empestes, et entrât le tonnoire dedens
le réfectoire et gatat toutes les imaiges : add. D. Cf. Zantfliet, col. SiO. — * à grande... : omis A. —
c et en avoit jay reçu grand somme de deniers : B. — d premièrement en jullet : add. B.
Item en mesme temps, à Sainctz-Jacque, à la feste de tous les Saincts, par les charbons et feu laissié
derier par ceulx qui avoient sonné les cloches, furent successivement (brûlés) la cuisine, la barberie
20 et plussieurs chambres des hostes : add. D. Cf. Zantfliet, col. .~43. — L'an mesme, émotion de peuple
à Sainctron contre l'abbé, pour et à l'occasion d'un brasseur lequel avoit estez occis on ne scait par
qui, qui fut cause de grande discorde, qu'il advint entre les religieux et bourgeois de Sainctron. Car le
bourgheroaistre, son confrère en l'office, feit porter le corps mort à Liège et monstrer publiquement
et tellement qu'il incitât le peuple contre l'abbé et couvent de Sainctron, et fait sa cause bonne;
25 parquoy de chascun mestier de Liège furent oi donneis octo ou diex hommes, lesquels avecque ceulx
de Sainctron bruslèrent l'abbaye de Sainct-Tron et la maison de Ordinghcn appartenante à la mère de
l'abbé dudit Sainctron; mais à dernier, par le moyen d'aucuns bons amys, la paix fut faicte en tel
manière que les bourgeois payeroientà cause qu'il avoient allez et faicte contre sa juridiction et, contre
(') Guillaume Ier, duc de Gueldre, avait épouse Catherine, veuve de Jean de Bavière. Voir t. I,
30 p. 93, n. 1 et p. 95, n. I.
(') Baudouin délie Roche fut maître de la cité en 1397, comme on le voit plus loin. Ici nous
sommes d'accord avec Abry. (Voir Les Bourgmestres, p. Hl.) Mais contrairement aux indications du
Recwil héraldique, il fut élu, une seconde fois, en 1401, car on le trouve cité comme maître le
17 mars 1402. Charles de Saint-Pierre, p. I 50.) 11 apparaît, en 1374, avec la qualité d'écuyer, seigneur
3b de Flcmalle, fils de Jacques délie Roche, époux de Mente, fille de Gérard Pauster de Tongres. (Cartii-
laire du Val-Benoit, pp. 595, B96, 602, C05, 606. — Hemmcoirt, I, p. 275; II, p. 352.)
230 CHRONIQUES LIÉGEOISES.
L'an 1504. mourut le pape Clément en septembre0.
L'an XHICLXXXXV, en aoust, l'cslu se plaindit de plusieurs de ban de
de Seraingne pardevant les esclievins de Liège à cause d'ung boscaige et les fist
clamer au peron et forjuger b. Adonc les susdits de ban de Seraingne (4) soy
vindre comme bourgois déplaindrc à Liège et qu'ils vouloient raltendre la loy 5
du pays, veu qu'ils estoienl en possession dudit boscaige et disoient que c'estoit
leur héritaige c. Adonc les maistres Piron le Hobier et Giel de Biersez comman-
dèrent à Henry Coen, maieur et les eschevins, que ils rappellassent ladite
proclamation au peron et que ceux dudit ban fussent traités comme bourgeois,
ce que ils ne voulurent faire, par quoy les bourgemaistres firent crier albains le 10
mair et les esclievins de Liège '. Adonc l'esleu lisl houchicr ceux de ban
à l'anneau du palais, et pareillement ceux de Tongrc et de Sainct-Trond
et procéda jusqu'au 4e appelle, lequel il fit accomplir e. Alors les maistres firent
commander à leurs bourgeois que ilz ny fussent point devant la paix pour eslre
homme monsiegneurà appeler ceux de ban. Item à quarte appeale. monsiegneur i»
fist aller sonner la blanche cloche et fist par les hommes de son hoslel fine le
quatrème appeale, et soy partit le lendemain et mist sa cour spirituelle et son
la lois de droit, avoient affligez et enchâssez les religieux hors de leurs maison et habitation, a
l'évesque diex milles florins de Rhyns, et à l'abbé et couvent siex milles, et ainsy fut la paix faicte (').
A dernier retournèrent le neiiffuième de jullet les religieux accompaingné de la noblesse, après avoir 20
demouré et estez hors de leur abbaye environ de quattre ans : add. D. Cf. Zantfliet, col. 342. —
L'an raesme, fut premièrement trouvée l'art et science de faire artilleries aux Augsbourgh en
Allemaingne par ung moisne, comme plussieurs escrivent : add. D et B' en note marginale. —
» L'an mesme, tombit en la Basse Savenier un pan de mur de Sainct-Martin en hault, par lequel furent
abbatues sept petites maisons et i fut unne femme suffoquée. L'an mesme, abondance de vin : add. D. 25
— b clamer vogiéz au peron : A. — clamer forjugéz au peron : C. — ' et maintenoient que ledit bois
estoit à eux : A, Ville de Liège, de Th., i-!S, fol. 284 d". — d les rappellent, car ils vouloient attendre
jugement de la cité, pour ce qu'ils estoient bourgois. Le maieur et les eschevins firent avan à peron.
Alors les maistres et eschevins proclamèrent maieur et eschevins albains : A, Ville de Liège, de Th.,
ISS, fol. 284 V. — * et procéda... : omis A, Ville de Liège, de Th., ISS, col. 284 V. 30
(') Cf. 0. Km™. L'origine des querelles entre Jean de Bavière et les Liégeois, L'affaire de Seraing
en 159 S. {B. A. B. B., 1908, p. 485.)
(*) Paix avec les habitants de Saint- Trond, 17 mai 1593. (Curtulairc de l'abbaye de Saint-Trond,
11, pp. 117 et suiv.)
CHRONIQUE ABREGEE DE JEAN D'OUTREMEUSE. 231
seaul à Diest, dont Baldewin, monsiegneur de Monjardin et les maistres tien-
dront sur ce plusieurs journées. La nuict de Noël, fut faite la paix" selon ung
certain plackar ('), et dit on que le mambour eut à l'csleu imM francs, pris
hors des subsides concédé audit eslcu b.
8 L'an 153(5 % le xxxe jour de janvier, Gelrois ardirent par nuict Viseit, et le
lendemain, l'esleu et la cité allèrent jusques à Dolhen, mais ilz ne trouvèrent
personnes.
Le xme jour de février, fut très grande l'eau e d. En ceste année mesme, fut le
muyd de blé assys à vi libvres, et furent commis ' gens pour garder qu'on ne
10 minast point de grains hors de pays '. mais plusieurs des gardes prindrent
argent et les laissoit hors enminer, dont ilz en furent hannys '■'.
A la sainct Jaeque, furent maistres aux boistelelz et Wathier de Berses et
Jacquin de Weize (2).
En aoust, le duc Albert de Hollande allât en Frise.
13 « et la court remist à Liège : Bl en note marginale. — b pris hors. ..au dit esleu : omis A. —
L'an mesme, fut à monastère des Carmes misa et assiese l'imaige de la Vierge Marie, laquelle on
disoit eslre de la haulteur de la Vierge Marie. L'an mesme, miracle audit couvent. Cas merveilleux
d'un eschevin de Sart battu au champs par ung esprit maling. L'an mesme, estoit le pays en fort
grande trouble et guerres, parquoy, pour prier Dieu pour la paix, furent célébreis plussieurs spéciales
20 messes et processions générales, ens quelles discord survint entre les religieux de Sainctz-Jacque
et Sainct-Laurent pour la préminence et fut ordoné lors qu'il iroient ensemble. — L'an mesme,
tremblement de terre à Liège, le treizième jour de juin, tellement que les platz se remuoient sur
les planches : add. D et B1 en note marginale. Cf. Chronique latine de Jean de Stavelot. — « le dernier
de janvier, par ung dimenche environ minuict, fut prinse Visé par eschelles improvisement par
-s Geldrois et plussieurs bourgeois en leurs propres maisons prins prisonniers et furent tous pilliez
et plussieurs maisons brusleis, quoy entendu par Liégeois, incontinent sortirent avec l'évesque,
lequel fut en grand danger de sa personne par aulcuns malvoillans qui, sans aucuns raisons, le
disoient et accusoient de ce coulpable : add. D. Cf. Chronique latine de Jean de Stavelot. — a et telle
que depuis cent ans on n'avoit veu les pareilles et durèrent huict jours : add. B et D. — e commis
30 deux : D. — / qui furent Renier de Jupprelle et Johan Mathie : add. D. — « bannis avec quattre
aultres leurs compaingnons : add. D.
(*) Le 29 décembre t "95, Paix de Caster. Cf. Recueil Ord. princip., t. I, p. 573.
(5) Par suite des brigues pour la magistrature, les maîtres de la cité furent celte année tirés au sort
par un enfant, hors d'un panier contenant treize boites d'argent avec les noms d'autant de bourgeois
35 qui choisirent soixante députés dans une assemblée du peuple convoquée flux Frères-Mineurs. Sur
Walter de Bierset, voir p. ïH9, n. 1. Jacquemin de Weize est cité, en 1402, comme ancien bourgmestre
de Liège et cchevin de Jupille. 'Po.ncklet, Chartes de Saint-Pierre, p. 1 30.)
232 CHRONIQUES LIÉGEOISES.
L'an XIIICXCV1I, à la sainct Jacque, le peuple esleut Baldwin del Roche et
Jolian le Cock (1).
L'an XIII' XCVII. en mois de septembre, trespassat en Avingnon mcssire
Persan de Rochefort dont cy devant est faite mention ".
En cest an, esmeut la guerre entre la ducesse Johanne de lîrabant et le duc 5
de Gelre à cause d'un escuwier de duc de Gelre qui avoit este occis à Bois le
duc. Adonc siegneur Renart de Skonvorsl (2), qui esloit ennemys au duc de
Gelre, vint à Liège et devint bourgeoy du liège, et procurât tant aval la cité par
argent h qu'il eut plusieurs amys contre le duc de Gelre. Et par l'information
dudit siegneur Renart, madame de lîrabant requis! d'avoir passaige pour aller io
sur le duc de Gelre, ce que luy fust lanlost ollroyé et l'ost avec entièrement,
pour ce qu'il avoit arse Viseit, non obstant que le duc avoit plusieurs fois voulu
amender aux Liégois et venir à la journée. Le duc de Gelre assiégat Boisleduc,
mais rien ne prouflilat. Madame de Brabant vint à Treict avec toutes ses gens
et envoyât à Liège deux cursieurs pour porter aux maistres banniers ° en i»
pryant qu'on les voulis suivre. Adone les souldalz de madame alloienl ardre en
la duchée de Julie, mais par famynne ils retournèrent après de madame
" L'an traize cents nonante sept, in erastino Saneti Laraberti, Liégeois hors de la cité sortirent
en armes avec l'évesque et damoisea Reynard de Schoenvorst, siegneur temporele et chevalier,
estoit pareillement siegneur de Sichem, lequel peu devant par argent c'estoit faict bourgeois de 20
Liège, et s'en allèrent lesdits Liégeois vers la duchié de Geldre, et estoient avecque eulx Tongrois
et ceulx de Hasque en allant bruslèrent la ville d'Eclit et plussieurs aultres villes du pays de Geldres,
commenebant à Echt à Horne et tousiours s'en allant vers Ruremonde, et après diex jours, se mirent en
chemin pour retourner sans aucun dommaige ou empêchement, sauve qu'en retournant après de pont
de Mersen, aulcuns Geldiois se monstrèrent comme si eussent volut assaillir l'armée des Liégeois et 28
pour le bruit et confusion qui s'eslevat entre Liégeois, le cheval de Johan le Cocqz bourghemaistre
esboventé portai son maistre en l'eaue à la mal heure, car il y fut noyez el plussieurs y furent tuez :
add. D. €/. Chronique latine de Jean de Stavelot. — L'an 1397, la siegneurie de Nemours fut érigié
en duchié par le roy Charles siexième et en fut le premier duc Charles, roy de Navarre, tilz de
roy de Navarre, conte d'Evreux, qui fit beaucop de mal en France au temps du roy Charles 30
cinquième (Annales de France) : note marginale de B*. — * par argent : omis A. — • les maistres
banniers : B'. — les banniers des maistres : B.
(«) Sur Baudouin délie Roche, voir p. 229, n. 2 et t. I, p. 107, n. I. Sur Jean le Cocq, p. 200, n. 2
et t. I, p. 86, n. 2.
(') Sur Renard de Skonvorsl, voir 1. 1, p. 100, n. 3 et i. 35
CHRONIQUE ABRÉGÉE DE JEAN D'OUTREMEUSE. 233
à Treict. Lendemain del sainct Lambert, les Liégois yssèrent hors et eurent
grand peine avant qu'ilz parviendrent à Echt " (*), laquelle ils ardèrent et
l'engliese, et les orfèvres apporlèrent à Nostre-Dame aux fons les cloches avec
les joyaux h de l'église susdite et après ils coururent jusqu'à Ruremont et puis
s retournèrent vers Liège, mais le jour devant, qui fui le jour du sainct Michiel,
au pont à Mersen, la garnison des Gelrois courut sur les Liégois qui furent
trouvez delà le pont, et y fut le Cock, qui estoit maistre de Liège, noyé, et Ciel
de Coir (J) y fut occis et Renar de Borges. Adonc la cilé voulut faire maistre
Gérard Crulhon (3) par la mort dudit Cock, mais il ne la voulut point accepter.
10 Si fut adonc esleu le Robeur.
L'an XIIICXCVHI, en février, le jour de sainct Matthie, le roy Wyncelare
de Bohème, qui estoit roy d'Allemaingne, passât à Franchimont pour aller vers
Reims parler à roy de France, pour la cause de schisme, et pensât l'esleu Jehan
de Bavier que ledit roy, qui avoit espousé e sa seur aisnée * (4), viendroit
15 à Liège, mais il ne vint point, ains s'en allât à Stavelou ou il demourat trois
jours, et enportèrent ses gens de l'englise de Stavelou avec eux plusieurs livres
notables.
En quaresme, les Gelrois ardirent en pays de Franchimont. Adonc fut
ordonné l'ost d'aller en la duchée de Gelre et firent appareillement pour le
20 mardy devant le sainct Johan-Baptisle.
En ce temps, ung juif nommé Isaac vint à Liège et disoit qu'il se vouloit
faire e baptiser, mais quant ce vient jour, il s'en allât par nuict.
Lendemain, le siegneur de Perweis (5), sénescalle de Loz, escrivil à l'esleu
comment il avoit entendu que le duc de Gelre, à banniers desployéz, vouloit
25 a Exhe : B, B". — b avec les joyaux... : omis A. — c espousé : omis A. — d sa lante : B, D. —
« faire : omis A.
(i) Sur Echt, voir t. I, p. 98, n. 1.
(») Sur Gilles de Coir, voir p. 200, n. 1 .
(3) Gérard Crawelhon, pêcheur, cilé en 1409, 2S avril. [Cartulaire de Saint- Lambert, V, 42. —
30 Cf. Love.ns, 1, p. 11 1.) Sur P. le Robeur, voir p. 216, n. 2.
(') Wenceslas avait épousé Jeanne, sœur de Jean de Bavière. Cf. note 2 de la page 227.
.') Henri de Morne, seigneur de Pcrwcz. Cf. Cartulaire de Saint- Lambert, t. V, p. 31.
Tomb n. 50
234 CHRONIQUES LIÉGEOISES.
entrer dedens le pays, et l'esleu le lassât scavoir aux maislres, lesquellz se levint
tantost à dimve nuict et vindrent au palais. Adonc l'esleu les requcrat de
clievachier avec luy et qu'ils somonassent sicgneur Baldwin de Monjardin (J)
de clievauchier avec. Us disent qu'il le fer oient, mais ilz furent si cnsongnéz a
de faire saillier une lettre de grand seaul de Sainct-Jacquc pour certain argent 5
qu'ilz avoient preste à la cité, qu'ilz négligeoint à faire la requesle devanldile.
Au matin, le duc vint ardre en la contée de Los, sy que à l'heur de vespre,
quant la cité le sceut, s'armoit, mais ilz furent ralers leurs chemins. Lendemain,
l'esleu démonslrat tout ce sur le palais comment les maislres avoient fait comme
desusdit. Mais les maistres disoient qu'ils n'osoient destrouhlcr le peuple par i°
nuiet 6, car souvent on disoit semblable chose qu'on trouvoit le contraire. Mais
non obstant, la cité les privât et cslcut à maislres sicgneur Jehan de Seraing (2)
et Jacqmin de Weize jusques à la sainet Jacque et del sainet Jaeque en un an.
Le merquedy devant le sainet Jan-Baptiste, monsiegneur yssut dehors, et
Everard, filz sicgneur Everard de la Marche, portât le standarl (3), et la cité et 1=
le pays aussy. Et le jour de sainet Johan, vindrent al Nowc stat (4) et la trou-
vèrent vuyde. Mais ilz trouvèrent xix prisonniers de Loz et les mirent hors des
ceppes. Adonc les Liégeois et Brabanchons abalirent ladite Novc stat et
allèrent devant Rulmond, l'ung d'un costé, l'autre de l'autre. Les huylleurs
abatirent bien xxx piedz de murailles et en eussent encor abbatu davantaiges, 20
mais le duc de Gelre, qui estoit tout près à Montfort, mandast l'esleu et les
maistres pour trailier de paix le lundy, car les Brabechons estoient déparly le
dimenehe, que le conte de Sainct-Poul (5) avoit gyct c. Et avoient les Liégois
0 empêchez : B. — * pour rien : B, D. — c conduisent : B, D.
(4) Sur Baudouin de Monljardin, voir p. 224, n. 2. 25
(*) Jean de Seraing, chevalier, seigneur de Houlain-Saint Siméon. Abry est dans l'erreur en le
donnant comme ayant clé échevin. {Les Bourgmestres, p. 112.) Partisan des Uaidroils, il fut décapité
en M08. Sur Jacquemin de Weize, voir p. 231, n. 2.
(') En qualité de mambour de sa mère, Marie de Looz. (Voir p. 222, n. 2.)
(*) ÎSieuwsladt, à une lieue et demie de Siltard. 30
(*) Walerand de Luxembourg, comte de Ligny et de Saint-Pol.
CHRONIQUE ABRÉGÉE DE JEAN D'OUTREMEUSE. 235
xxi' jour estez là quant la paix fut faite et les lettres escriptes. Le xvm* * jour de
juillet, retournât l'ost à Liège.
Cest an mesme, à cause de la grande galée, ne fut nulz fruiclz b.
L'an XIIIe nonante et IX, envoya le roy Charle de France plusieurs fois
5 à Liège ambassadeurs pour la schisme. Le premier jour de juing. vindrent
à Liège, départ le roy de Franche, maistre Picr Plains ('), évesque et plusieurs
autre siegneurs. Les deux niaistres qui avoient estez esleuz vin sapmaine deux
jours moins devant le sainct Jacque, asscavoir siegneur Jehan Surles, filz
siegneur Bariet de Lardier (2), et Giel de Bierses mirent sur ce le palais
10 ensemble. Et la cité accordât que le pays fust mandé, voyant que la songne
touchoit a tous le pays généralement. Le xne jour de juing, tous le pays fut
ensemble (3). Adonc les ambassadeurs requérèrent départ le roy de France qu'ilz
se voulussent sublraire et estre neutralz : c'est à dire de n'estre obéissantz
à nulle des deux papes, car autrement on ne viendroit à union. Et le roy
15 promettoit de donner lettre au pays d'aidier à celle cause le pays, si de rien on
le vouloit molesteire, moynant que le pays luy donnast lettre semblablement,
mais l'eslu estoit alors en Frise. Le pays requérat le siegneur Baldwin c de
Monjardin porter sur ce leurs lettres au roy de France, et rapporter semblable-
« 13e jour : B. — b L'an 1399, après Pasqne, le roy de France envoyât un légault à Liège pour
20 obtenir consenlement du pays de Liège de n'obéyr à aulcun des deux pape de Rome et soubstraire
toute obéyssance à eulx deubt et faire signer par toutes les villes du pays et pareillement par
l'évesque Bavaria et par toute la clergerie du pays de Liège, ce que fut accordé (!) et demourat en
telle neutralité jusques à l'an mille quatlre cens et chineque : add. D. Cf. Chronique latine de Jean
de Slavelot. — Item l'an devant dit, le vingt quatrième jour d'octobre, fut chanté... : D. — c Baldwin :
23 omis A.
(') Pierre Plaioul, éveque de Scnlis de 1409 à 1415, théologien, né dans le diocèse de Liège. Voir
Biographie nationale, t. XVIII, col. 795.
(«) Jean Surlet, fils de Faslré Baré Surlct, dit de Lardier. Cf. p. 201, n. 1 et t. I, p, 101, n. i. Sur
Gilles de Bicrset, voir p. 228, n. I.
ôO (J) Le 6 octobre 1399, Jean de Bavière et le clergé de Liège déclarent se soustraire à l'obéissance
du pape Boniface, à l'exemple du clirgé de France. \B, C. B. H., 5e série, t. XIV, p. 531.) Le 5 août
précédent, le roi de Fiance avait promis son secours à la Cité de Liège qui s'étjit aussi soustraite,
le 11 juin précédent, à l'obédience du pape de Rome. Pièce n° 50 du dossier I3ôi de la Chambre
Impériale aux Archives de l'État à Liège.
236 CHRONIQUES LIÉGEOISES.
ment les lettres de roy, comme il fist. On en eut aux quatlres vice archi-
diacres (*), asscavoir Brabant, Ilesbaigne, Condros et Campinne v° frans, qui fut
laidement asservir l'cnglicse Q. Kl cecy fut assez légierement '' faict pour le
peuple, car quant le pape Urbain fut créé, la cité saillat de grand scaul avec
l'empereur et les élecleurs de obéir à Urbain cl ses successeurs. Le patriarche (*) 5
et maistre Pier Plains vindrcnt à Liège avec le siegneur de Monjardin. qui
venoil de quérir ladite letlre, et trouvaient monsiegneur du Liège en palais.
Kt là fui !ant par ces ambassadeurs que par les autres clercs du Liège disputée
la matière de la neutralité, que ledit esleu donnât aussy lettre de ladite
neutralité, avec ledit roy de France, madame de Brabant, le conte de Flandre 10
et le conte de Namur. Et fut accordez que monsiegneur et la cité parteroient
les biens des abscnlz, qui csloient tant à la court d'un pape que de l'autre. L'an
devantdit, le xxime jour d'octobre, fut chantée par le susdit patriarche, à
Saincl-Lambert, spécialle messe du Sainct Esprit, et fut après messe faite, une
noble procession avec cappes par toute la clergerie. lo
En ceste année mesme, le xxixe jour de janvier, il neigeât très fortement.
Nota. — Que le souventdit maistre Johan d'Oultre M ou se ne (isl plus
avant de cestes présentes chronicques, ne scay " si il mourut en ce temps.
Sensuyvenl quelques advenuz abrériéz extraites par Johan de Stavelol
des chronicques faites par Humbert de Pas, clerc des XII siegneurs de pays 20
du Liège
" qui fut grand déshonneur de ainsi asservir l'église : B et D. — h pauvrement : B. — c il faut
qu'il mourut : B{. — il convient qu'il : B.
(1) Selon Fisen, t. Il, p. ISO, quatre chanoines de Saint-Lambert, archidiacres de Brabant, de
Hesbaye, de Fanicnnc et de Campine, remplissaient à ee moment les fonctions de cardinaux à Rome. 25
Leurs noms sont restes inconnus.
(s) D'après Fisen, c'était Thomas, patriarche d'Alexandrie. Mais Eubel, Ilicrarchia catholica,
p. 82, signale pour patriarche à ce moment Simon de Cramaud, évêque de Carcassone.
Annotations sur les années 1401 à 1506.
Après l'année 1400, les manuscrits que nous avons ci lés plus haut (voir
p. 144) se continuent en nous fournissant un abrégé de la chronique française
de Jean de Slavelot ('), puis d'Adrien d'Oudenbosch et de Jean de Looz. Nous
s y trouvons ainsi la On du règne de Jean de Bavière (1400-1418). le règne de
Jean de Walenrode (1418-1419), ceux de Jean de Heynsberg (1419-1456)
de Louis de Bourbon (1450-1482) et de Jean de Hornes (1482-150l>).
Au texte de ces chroniques-sources que nous venons d'indiquer sont entre-
mêlées quelques additions qui ne deviennent guère d'une certaine importance
10 que sous Louis de Bourbon. Ces noies complémentaires sont un peu plus
nombreuses dans le manuscrit D; mais elles sont presque toutes traduites de
Jean de Brusthcm. Comme nous les avons données précédemment d'après le
texte de ce chroniqueur, nous pouvons les négliger ici.
Règne de Jean de Bavière.
îs J. de Slavelot, p. 17, 1-13. — 1401. Peste géncralle de laquelle morurent
en la cité douze mille personnes; l'abbaye de Sainct-Jacque eut fort à souffrir
et morurent en peu de temps trois abbéz el douzes religieux, comme on voit
encor sur ung pierre à costéz du chœur par devers les eneloislres (2).
(Ms. 4, p. 643; ms. 0, fol. 217.) (3).
20 (') A l'année 1400 : S'ensuyvent quelques advenus abbréviéz extraictes par Johan de Slavelot des
chroniques faites par Humbert de Pas, clerc des xn seigneurs de pays de Liège.
A l'année 1419 : icy finent les clironicques cscr/plz par Johan de Stavclot hors Humbert de Pas
susdit. S'ensuyvent, jusques a l'année 1449, auquel an il mourut, ceulx de son temps.
(*) Sur cet événement, voir D. U. Berlière, Monasticou, t. II. pp. 19-20.
2g i5) Désormais les manuscrits seront désignés par le numéro de la liste qu'on trouvera ci-après.
238 CHRONIQUES LIEGEOISES.
J. de Slavelot, p. 115, i-5. — 1408. En mcsme temps, Guilheame conte de
IVarnur, homme dévote et aymant la religion christiane, voilant réformer
l'abbaye de Mollins, situé en sa conté susdit, point loing de Bouvigne, en
laquel estoient des dammcs ne vivantes point selon leurs ordres, impétrat à
chapitre de Cislernc d'en chasser les dittes dammcs et en leurs places remettre 5
des hommes dévotes et vivantes selon leurs règles, loullefois donnant aux
dictes dammcs des pensions vitales, lesquelles s'en allèrent demourer en
plussieurs lieux. A laquel monastère le dit conte et sa femme, appelée Margarite
de Haracourt, damme temporelle de Béthunc, feit des grandes aulmoines,
principalement de calices, chasseurs, de chappes et plussieurs aultres ornemens io
des égliescs ('). (Ms. 1, p. 662.)
J. de Slavelot, p. 459, i-io. — 1415. L'an susdit, le vingt huictième de
février, fut consacrée la chapelle de Mouhault en l'honneur de saincleGerlruyde.
(Ms. 4, p. 665.)
Règne de Jean de Heynsberg. is
J. de Slavelot, p. 2)1, i-9. — 1125. L'an mesme, fut fondé le couvent des
frères croisiers auprès de Borchloen et Zepperen. (Ms. 4, p. 677.)
J. de Slavelot, p. 241, i-is. — 1428. ... cl pareillement du consentement
de vénérable siegneur llerman Albert, channoine de Liège et archidiacre de
Condros. (Ms. 1, p. 078.) 20
Wachlendonck, dans le manuscrit 4, ajoute les notes suivantes :
L'an 142!), le 21 de féverier, monsr l'évesque de Liège requist au clergé
de Liège s'ils ne vouloienl contribuer pour subvenir aux nécessités du pays,
lesquels respondirent qu'ils feriont te tout comme aullrefois il avoit fait et
l1) Sur l'abbaye de Moulins, voir D. V. Behlière, Atonasticon, pp. 82-Sô. Guillaume II, marquis de 2o
Namur, avait épousé : 1° Marguerite de Bar; '2° Jeanne, fille de Jean comte d'IIarcourt.
ANNOTATIONS SUR LES ANNEES 1401 A 1506. 239
contribué. Et le 23 dudit mois, messire Engelbert, seigneur d'Enghien ('),
defïlat le pays et la cité de Liège.
L'an 1420, le premier de mars, les députés de la noblesse et des bonnes villes
vindrent au chapitre de Liège où, présens les abbés, rcmonstrarent que, pour la
5 garde du pays, il esloit nécessaire d'avoir bien 1,400 hommes d'armes cl sept
cens arbalestriers. A raison de quoy demandèrent s'ils seriont d'intention de
contribuer aux fraix pour entretenir la susdite gendarmerie. A quoy ils
respondirent que sur ce il aviont dès au 21 de féverier dernier respondu à
monsr l'évesque. Le lendemain, 5e de mars, vint à Liège messire Jacques
io de Viesville, chevalier, et maislre Philippe Longart (*), docteur, ambassadeurs
du duc de Bourgoingne. Ce que p;ir avant, au 28 de féverier, on avait publié
à Liège de ne faire auleun tort aux dits ambassadeurs quand ils viendroient à
Liège. A raison qu'il (le duc de Bourgogne) avoil mis garnison à Bovignes, y
furent envoyés sire Godcfroid Melinel, chanoine de Liège, et Joban del Rouge
,5 Porte (3), secrétaire de Liège, lesquels retournèrent à Liège le 27 de féverier.
El le lendemain, 28 de féverier, monsr l'évesque à Dinant, Wilheaume de
Villers et Johan del Vaulx avec Johan Barrez (4) qui là estoit avec 40 chevaux
pour assister les Dinanlois. Et le sieur Thiery de Wcnberg fut envoyé à
Tuwin.
20 Le duc demandoit que, suyvant le traicté et accord cy devant faict, la thour
de Monlorgeuille, scituée à Dinant, fusse démolie. Item qu'on luy rendasse
17 villaiges appartenantes à la comté de iNamur, laquelle luy estoit dévolue par
le trespas de Jehan conte de Namur, décédé le premier jour de mars. Item
demandoit cineque cens escus d'or que ceux de Dinant dévoient à son feu
23 (') Sur Englcbert d'Enghien, seigneur de Morialmé, cf. Dynter, Chronica, t. III, pp. 435 el 859.
Daris, Histoire ... du XV' siècle, p. 209.
(*) Jean de Stavelot, Chronique, p. 244, nomme ces ambassadeurs Jacques de Viesville et Philippe
Monlgart.
(*j Jean de Stavelot les nomme plus exactement Godifroid Mecking et Jean délie Rouge Porte. Sur
30 le premier, chanoine de Saint-Lambert et prévôt de Fosses, voir db Tueux, op. cit., t. II, p. 199; Daris,
op. cit., p. 262.
(lj Guillaume de Villers, Je m Dareit de Wez sont plusieurs fois cités dans le tome V du Cartuluire
de Saint- Lambert.
240 CHRONIQUES LIÉGEOISES.
oncle Jean de Bavière, ayant l'action de Madame Jacqueline de Hollande, sa
cousine, hem mille coroncs d'or héritaubles dcyus à feu son père. Sur ce fut
arreslé qu'on envoyeroil des députés dedens lo jours à Malines pour décider
l'afaire. Avant lequel terme expiré, le due mandai qu'il ne s'y pouvoit trouver,
mais que, le 15 de mars, se trouveroit à Mamur cl là ils viendriont s'ils leurs 5
plaisoit.
J. de Slavelo', p. 294, t-is. — 1433. L'an XXXIII, la veille des Roys,
Walthier d'Antin avec ses amis et adhérans, soy Jevirenl et firent grande
congrégation. Mais par leur imagination sccretlc, il avoint désia gagnez
plusieur cave de marché, et esloinl retirez dedans les dicl plusieur de leur 10
complic armez. Mais ung servant allant tirer de la bier, fut constrenl par eulx
ne point réveller ce qu'il avoit trouvez à personne du monde, tellement qu'il
fit scriment ne le pas dire à homme du monde. Dont estant retourné en la
quisinc avec sa bier, començat à parler aux crama, et Iuy comence à dire, en
présence de son maistre et de sa maitresse et de plusieurs aultre qu'esloint en 15
la maison : « Crama, crama, il te fault scavoir que j'ay prumy de ne dire mot
à personne de ce que à cest heure j'ay trouvé, mais à loy je le puis bien dire.
Ce que noslrc cave est remplie de soldat. » Alors, ce entendant, furent tous
massacré. Il y en avoit d'aultre qui avoyent désia gaigné les degreilz de Sainet-
Lambert à bannier déployée, dont les bourgeois avec les xxxn mestiers de ce 20
furent advertis et secrètement envoyarent guarde au pont d'Amercourt, au pont
des Arches, au pont dlsle et en Féronslrée, et de là, par bonne ordonnance, à
bannière desployée, vindrent sur le marchiet, et fut le dit Walthier reboulté.
Lors tous leurs biens furent confisqués et leurs maisons rassées, et bannis pour
pour jamais; mais d'aulcuns d'eulx rachaptèrent leur paix par argent, et leur 25
trahison est tous les ans, le jour des Roys, publyé sur le marchiet. (Ms. 6,
fol. 80, et ms. 7, fol. 113 v°.)
Les manuscrits B, c'est-à-dire n05 2, 3, 5 et suivants, continuent à
résumer le texte de Jean de Stavelot. Lorsque celui-ci finit en 144G, le 30
manuscrit ajoute quelques notes comme continuation du règne de Jean de
Heynsberg.
ANNOTATIONS SUR LES ANNÉES 1401 A 1506. 241
Quant au manuscrit l) ou n° 4, à partir de {428, il emprunte le texte
d'Adrien d'Oudenbosch, en y faisant certaines additions.
Nous donnerons donc séparément :
1° Les annotations du manuscrit I) au texte d'Adrien d'Oudenbosch;
2" La fin du règne de Jean de Heynsberg, d'après les manuscrits />.
i° Annotations du manuscrit 4 au texte d'A. d'Oudenbosch.
Fin du règne de J. de Heinsberg.
L'an mille CCCC et trente siex, du mois d'aoust le quatrième jour, furent
publiés à peron de par les maistres à certains stutz et somme d'argent Michelot
10 de liiweron, Albert de Bernalmont, Collar délie Chayne. portant qu'ilz avoient
aulcunement allez allencontre du crys de la lettre dessus escriptes d'alliance (').
Item pareillement Robert de Mons fut criez à trois ans, veu qui s'estoit
remonstré devant trois ans, ausquels il avoit estez criez.
Item l'an quatorze cents trente huict, le xxie de jung, furent publiés au peron
is selon le premier cry (2) à lousiours Johan de Bolzée, Lambert le Maire et
Johan de Somerie par vigheur d'une certaine enqueste où il fut trovéz qu'il
avoient assisté Johan de Harzée et Johan de Burguilés, qui sont de premier
crys, quand il furent à Treict.
L'an quatorze cents trente cineque, l'empereur Sigismond, ayant information
20 entier des excès faiclz et perpétrez par les dits séducteurs rebelles et criminelz,
at approuvée et confirmez les confiscations et appréhensions des biens des dits
séducteurs comme criminels de crimes de lèze majesté, et furent de ces lettres
passées et approuvées par le dit empereur au mesme an, lesquels sont enfermées
en certain coffre qui est en la grande salle de la Violette (3). (Ms. 4, pp. 692-693.)
25 [l) Voir le texte de cette lettre dans de Ram, p. 391.
(*) Ce premier cri est la condamnation de W. Datin et de ses complices le 2 avril 1455, publiée par
de Ram, op. cit., p. 389. Johan de Harzée et Johan de Burguilés (de Bergilers) y sont nommés Johan
de Marche et Johan de Bruijuilet.
(5) Ce dipiôme impérial fut donné, non en 145!>, mais le 14 juillet 1457. L'original se trouvait
30 encore dans les coffres de Saint-Jacques en 167ri. Il est publié par dk Ram, op. cit., p. 598.
Tome II. 31
242 CHRONIQUES LIÉGEOISES.
.-/. d Oudenbosck. p. 20, i-3. — 1442. An mesme, au moys de may le
quatrième jour, furent jeclcis les fondemenls de la grande (hour de lëgliese
Noslre-Dame de Tongre. (Ms. 4, p. G99.)
A. d'Ottdenbosch, p. 31, i-s. — 1449". Ung oussy des plus honnorables
bourgeois de lluy qui, ayant aceomplic son voyaige, se vouloit retourner à son s
pays, il ouit dire à ung de ses eompaingnons que son confesseur ne le pouvoit
absoudre pour ce qu'il estoit présent quant le frère mineur pendit ses com-
pangnous (*) et que après coup fut bruslé en récompense, comme dit est; lequel
toutteffois disant qu'il n'avoit point mis les mains à luy et qu'il n'avoit nul
office fut absoulz de ses péchez à telle condition que jamais ne seroit présent io
où on feroit telle choese. Ledit bourgeois oyant ce, estonné, commencea à
dire : « heu que feray-je, qui at estez quéry le feu, et apporté pour et avec
lequel ledit frère at estez bruslé, mais toutteffois je ne scavois ce que damoisea
Alexandre voloil faire dudit feu, quant il le me envoyai quérir. Je m'en n'at
point confessé. Mais, je vous prie, rattendé moy ung peu tant que j'aye 13
retournez à mon confesseur pour le confesser et raconte comme le tout est
advenu. » Quant il fut retourné à son confesseur et luy eut tout déclaré, le
prestre fort esmerveillé et estonnéz demandât s'il se tenoit pour ung bon
christien et ceulx de son pays, il respondit que ouy et pour vray christien.
A dernier luy commandât de faire pénitance publieque en sa parodie en ung 20
jour solempnel, en blanc linge, et qu'il racontas t à tous ceulx qui demanderoient
parquoy il faisoit telle pénitance leurs déclaras! la cause, et s'il scavoit aulcuns
en la mesme cause coulpables, le plus tost qu'il peuuisse les dénonchasl ou les
list dénuncher; estant ce cas publié en la cité, il fut annunehié aux confesseurs
de faire inquisition de ce fait et pour faire craindre les aultres leurs enjoin- 25
" L'an mesme (1418), fut fondé l'Iiermitage Saint-Maur (J) entre les montagnes (terrier Saint-Gille
par messieurs de Saint-Lambert et consacré par l'cvêque : manuscrit 46.
(' Voir Adkikn d'Oudenbosch, p. 17.
(s) (îoBKiiT, Liège, à travers les tiges, t. IV, p. lfii, pense que cet ermitage fut établi à Fragncc à la
fin du XV' siècle. 30
ANNOTATIONS SUR LES ANNEES 1401 A 1506. 243
dissoient dignes et publicques pénitances, mais trop tarde car la plus grande
partie estaient trespasséz (*). (Ms. 4, pp. 712-713.)
A. d'Oudenbosch. p. 31, 1-23 — 1449 (2). L'an mesme, le jour devant
sainct Michil. ung feu par accident bruslat une maison toute noeuff, passé
3 huict ans faicle, qu'estoit la brassine et le fourny de l'abbaye de Sainct-Laurent
et i feit des grands dommaige, point tant pour la combustion de la maison que
pour la personne de l'abbé que doresnavant commencea à resver et défaillier,
qui presttoit argent à aucuns, de quoy on ne sçait à parler, et celât à grand
domaige dudit monastère a. (Ms. 4, pp. 713-714.)
10 A. d'Oudenbosch, p. 43, 1-21. — 1455 (2). En ce temps mesme, l'abbé de Cf. Brusthem,
c • . 1 > ra\ . . a ■ » -i j 1 fol. 259; 11,97.
hainct Laurent (*) estant devenu resveur ou comme innocent, il diminuoit Hist mon
tous les jours, et ceulx qui gouvernoient l'abbaye soubz luy, il dispamioienl s- Laurent»,
Ampl. Coll.,
toutes les biens de 1 abbaye, ce que voyant les religieux demandèrent l'évesque iv, 1137.
qu'il luy pleut d'y vouloir remédier. Lequel respondit que voluntier, devant
13 que alier en Hollandre. Et estant revenu à Liège, en cellant ce qu'il avoit
faict, visitât le monastère de Sainstz-Laurent en propre personne, mennant
avec luy le prieur des Chartroux (*) et le prieur des Carmes, notable homme,
et frère Johan de Goes (5), provinciale des monastères réformeis, et examinât
a L'an 1432, se fit une tempeste espouvantable, tombant hors du ciel des pierres triangulaires
20 comme on en voit encor en la maison du prince d'Orenge à Bruxelle, qui causèrent de très grands
dommages : manuscrit 46.
(*) Un lexie latin identique se retrouve dans le manuscrit B d'Herman de Wachtendonck, Biblio-
thèque royale, n" 143b'S-67.
I*) Mêmes textes latins dans le manuscrit Wachtendonck.
«g (5) Sur la visite canonique que l'cvêque voulut faire à Saint-Laurent, voir D. U. Bbrlière,
Monasticon, t. Il, p. 49. L'abbé était alors Henri délie Cheraux, 1434-1459.
(4) Jacques de Gruitrode, profês du couvent des Chartreux de Liège, prieur une première fois
en 1440, absous à sa demande et transféré au priorat de Zierickzee, de nouveau prieur à Liège en 1447
jusqu'à sa mort, le 12 février 1475. Cf. Cartulaire des Chartreux, fol. 62 V, et Biographie nationale
50 t. X, col. 75-77.
(») Sur Jean Goes, t. I, p. 589.
iU CHRONIQUES LIÉGEOISES.
tous les religieux dudit monastère à plus petit jusques à plus grand en propre
personne luv mesme. Les amys du l'abbé avec auleuns du grand chapitre se
mirent allencontre tant qu'il peurent, ear il pensoyent que l'évesque voulsist
priver l'abbé et mettre en sa place Arnold Loon ('), lequel estoil chappellain
dudit abbé et mengeanl tousiours à sa table. ToullelTois c'estoit le principal s
promoteur de la cause de celuy et faisoit partie avec le couvent, car il craindoit
que l'abbé ne fisl ung de ses cousins abbé, et Paultre prieur de quelque priorie.
Et rendirent toute paine pour pouvoir résister à l'évesque. Et en la lin vint
en la mémoire d'un d'eulx que l'évesque ne pouvoit et ne debvoit visiter les
monastère, sinon avec deux de ses confrères de la grande égliese, aultrement 10
tout ce qu'il feroit sans son chapitre ne vauldroil rien, parquoy y furent
envoyez trois confraire au chapitre, scavoir M. Judocus de Marca (2), M. Johan
de Stemberch (3) et Francque Halpont (4j, et défendirent au dit violateurs
qu'il n'allassent plus avant en la dicte Visitation, et en cassant de par le chapitre
tout ce qu il avoient faict et en convocquant le couvent, leurs commandèrent is
qu'il n'eussent plus admettre nec ouyr lesdils visilateurs. Ce que entendant
l'évesque fut fort courouchié et presque il battit maistre Jace, mais le chantre
de Liège y survint, appelle Arnould de h ldris (5), lequel conseilla l'abbé de
appeller, car Johan de Hynsberg avoit renonchié son éveschié, parquoy lende-
(i) Arnoul Loon de Kemexhe, abbé de 1459 à 1473. Cf. D. U. Uetlièrb, op. cit., p. KO. -20
(*) Jossc de la Marck, chanoine de Saint-Lambert depuis 1444, mort en 1470. i de THEiix.t. II, p. 247).
On le dit fils de Gérard et petit-fils d'Everard comte de la .Marck. Le baron de Cuestret, Histoire de
la maison de ta Marck, p. 99, a. 2, considère Gérard comme un bâtard ou comme un membre de la
famille liégeoise délie Marche. Celle opinion est conGrniéc par plusieurs actes où le personnage
apparaît sous le nom de Josse de la Marche. Cf. Cartulaire de Saint-Lambert, t. V, n°" 2826, 2833, 25
3000, 3001-5019.
(*) Jean de Stembert, chanoine de Saint-Lambert en 1441, écolâtre en 1444, officiai en 1458.
Cf. de Theux, t. Il, p. 240; Cartulaire de Saint-Lambert, t. V. u» 2757; de Ram. p. 482; Analectes,
t. XXIII, p. 467.
(') Francon Ilalpout, vice-doyen en 1449, mort en 1472. Cf. de Tbbiix, t. Il, p. 241. 3(1
(!) Arnold de Marnai, dit d'Eldcrcn, seigneur de Warfusée et de Bindcrvcld, chanoine de
Saint-Lambert en 1429, grand-chantre et porte-sccl en 1465, bailli de la cathédrale en 1470,
mort le II mars 1480. Cf. db Theux. I. Il, p. 212; Cartulaire de Saint- Lambert, t. V, n" 2999
et 5016.
ANNOTATIONS SUR LES ANNÉES 1401 A 1506. 245
main la famé de la résignation courut par toute. Et l'évesque dist qu'il revien-
droit pour concluyre. Ledit Hynsbergh ne abandonnât de faire la Visitation en
le monastère de Sainct-Laurent qu'il avoit encommencliié, mais ayant prin
avec luy le doyen et plussicurs des prineipaulx du chapitre de Liège, continuât
s et ayant déposé les vieulx officiers, ils instituai des nouveaux et leurs donnât
ung réformation par escript, laquelle il commandât strictement de l'observer,
laquelle fut observée aussy longtemps qu'il administrât comme évesque. Mais
quant il fut divulgué que le pape avoit accepté la renunciation faiete par ledit
Hynsberch de l'éveschié de Liège, l'abbé incontinent déposât le prieur par
10 Hynsberch institué et feit son cousin prieur, contradisant et se opposant le
couvent, lequel feit ses déplaintes aux chapitre de Liège, por lequel chapitre le
cousin de l'abbé fut derechief démis de son office, et l'aultre fut refaiet prieur.
(Ms. 4, pp. 724-727.)
2° Fin du règne de Jean de Heynsberg, d'après les manuscrits B.
15 L'an susdit (J44ti) ('), une partie du chasteau de Stochim lombit par A. d'O.,44.
l'impétuosité de l'eaue.
L'an mesme, estant l'évesque de Liège à Bruge ayant voluntéz d'aller en A. d'O., 27-21
Angletterre, luy fut dit que le due de Brabanl avoit mis gens en chemin pour
le prendre; parquoy se partit d'illec secrèttement et retourna en Liège avec ung
20 serviteur; et ne cessa de courir la poste jusques à ce qu'il fust à Diest. Et i Brusthem,
estoit à ce comis pour le prendre ung chevalier noméz Charle de la Tombe,
ayant espousée la fille bastarde dudit duc de Brabant.
L'an 1448, la généralité du bon mesliers des ruraix et loilliers (2) allât en
ung villaige nommé Delbroucq (3) appartenant à l'engliese de Liège, où estoit
25 une femme prisonnière pour larchin. Et le relaxèrent du lieu et l'amenèrent en
(*) Le manuscrit 6 date ce fait de 1448.
(') Il faut lire mestier des cureurs et toiliiers. Les autres manuscrits B écrivent simplement le
mestier des toiliiers.
(') Il s'agit du hameau de La Brouck, dépendance de Glain.
240 CHRONIQUES LIÉGEOISES
la Violette, mais ils furent conslraints le relivrer au mesme lieu où l'avoient
relaxe, et amendèrent le forfait depuis bien largement.
L'an mesme, 1 evesque avec ses gens alla fournger et lever butin à Dipen-
bcecb. mais cculx de Hasquc de rechieff se mirent sus cl le porsuirent jusques
à la porte de Curenge; et fut en grand danger de son corps, mais ils sceurent s
bien après pour combien.
A. d'O., 28. L'an susdit, ung gentilhomme de la mesme faction se volut venger de
3t ' 1 evesque et le défiât, et avoil louez aulcuns meschans pour le tuer, mais la
choese fut descouverte, et furent aulcuns de ses ministres prins et mis sur des
roues. Ung orphèvre de Treict, accusez de ladit faction, vint en Liège où ilz io
fut prins. mais fut par ceulx dudit mestiers relaxez par force, de quoy furent
depuis bien punis en la bourse.
L'an mesme ", s'eslevat ung vent si impéluelx que plussicurs maisons
tant en la cité que hors furent reversées, pareillement le peron sur le
marchié. *3
L'an 1149, le seigneur de Moreaulmé (J) fist brusler en sa haulleur la maison
d'ung homicide pour ce qu'il ne vouloit amender le faict, dont l'évesque de
ce adverty le fist adjourner par devant les hommes de fieff, et fut jugez que à
luy ne aultres gentilshommes de pays appartenoit faire telle choese, ayns à
l'évesque seul, dont luy convint depuis payer à l'évesque l'amende. 20
A. d'O., 29. L'an mesme, à la sainct Jacque, fut en Liège grande dissenlion pour les
Suflr. Petn, 128. 0fljcjers des mestiers, telement nue plussicurs furent occis.
Brusthpm, ' ' r
foi. 257. L'an susdit, comme l'évesque de Liège fust mis en chemin pour aller à
Treict, fut descouverte une trayson qu'avoienl aulcuns malvoillans conceu
contre luy. Ung religieux apostat des frères mineurs de la cité, ayant une arc 25
bendé et près pour tirer sus l'évesque. par volunté divine tombil à I'enverse,
quoy apparecu par ses complices, ils se mirent en fuitle, et fut le bon religieux
prins prisonniers, et aulcuns jours après dégradé, puis livrez à la justice et eut
■ la nuiet de la sainte Lucie : add. du manuscrit 16.
(*) Engelbcrt d'Eughien. Cf. plus haut, p. 239. 30
ANNOTATIONS SUR LES ANNEES 1401 A 1506. 247
la teste couppé, et son corps mis sur une roue; pour le mesme cas furent
décapiteis et mis en quattre quartiers Louis de Tiez (*) et son frère, tous deux
gentilhommes.
L'an 1450, l'église et abbaye de Florines n fut rédifiée. (En note mart/ittale
s dans manuscrit 2.)
L'an 1451, fut en jullet une grande lempeste, et furent les grains deslruict
où elle tombit. L'an mesme, le jour de Pasque vint le jour sainct Marck qui est
le xxv8 d'avril, et le jour de Sainct Sacrament le jour sainct Johan-Baplist.
L'un mesme, la saison vernale fut fort pluvieuse; toutteffois les fruiet de terre
io profilèrent.
L'an 1452, fut grande mortalité à Treict et lieux voisins, et fut l'hyvier
fort pluvieux et peu de gallée.
L'an 1453. ceulx de Treict bannirent hors de la ville Adulphe (2) mayeur A. d'O.,37.
de par l'évesque de Liège, par quoy ledit évesque envoya dire à Treict qu'il Bzmi,ciiron.,
15 révocassenl ledit bannissement, ce que faire ne volurent ; par quoy furent
appeliez à l'anneau du palais. Qui ni comparurent, et voulant l'évesque procéder
contre eulx en contumace, les Liégois ne le volurent permettre, mais depuis
l'accord fut faicte à Lovaingne par le duc Phillippe de Bourgongne.
L'an mesme, aulcuns officiers de l'évesque de Liège volurent prendre ung a. d'O., 4243.
20 moulnier de la ville de Treict pour aulcuns excès par luy commis, donticelluy
moulnier soy pensant sauver, saulta en la rivière de Mouse et fut noyé. Par
quoy sa femme et ses amys vindrent en Liège et Grent plainte du cas. tellement
que les mestiers vouloient que le cas fust publiez et criez au peron et que les
susdits officiers fussent bannis; contre quoy l'évesque allégoit que ainsi ne se
25 debvoit faire, car les malfaicteurs de.vent estre eorrigiés comme avoit estez le
dit moulnier, telement que à l'occasion de ce s'émeut en la cité grand tumulte.
L'an mesme, la vendenge se flst à la sainct Martin, et furent les vins fort
dures.
a Flones : manuscrit S.
30 (') Louis de Thys, fils de Rigaud de Thys. Cf. Carlulaire de Saint- Lambert, t. V, p. 112.
(*) Adolphe Happart. Cf. t. I, p 217, n. 3.
248 CHRONIQUES LIÉGEOISES.
a. do.. 36et39. L'an susdit. Louis de Bourbon envoya an chappitre de Liège pour estre receu
channoine. mais yceulx furent constrainctz eulx retirer sans rien faire, dont le
duc de Brabant fut mal content, et pour l'apaiser, l'évesque de Liège luy
promist et à dame Isabrau sa femme la première dignité d'arebidiaconie qui
vacqueroit en l'englicse de Liège à sa collation au dit Louis, mais ne tint 5
promesse, car peu de temps après vacquat l'archidiaconie de Campiegne,
laquelle, à la request et instance d'aulcuns et principalement de sa scure le
donna à fils du conte de Salme son nepveu, ce que luy fut depuis réprouvé par
aulcuns conseilliez du duc de iîourgongne. auquel respondit qu'il avoit encor
une dignité plus grande que l'autre, laquel povoit donner quand bon luy )"
sembleroit, entendant l'éveschié de Liège.
L'an mesme, ceulx de Treict furent appeliez à l'instance de l'évesque à
l'anneau du palais, qui ne volurent obéir: toutteffois la paix fut faicte à condi-
tion que pour leur amende feroienl faire le degréz desoubz le peron au marchié,
et les imaiges qui estoient tombées furent refaictes de cuyvre. 15
L'an 1454. ordonnance fut faicte que les Lombars deveroient sortir hors
la cité entre le sainct Johan lhors prochain et quaresme. Item que filles
publicques portassent enseigne affin qu'elle fussent cognues; pareillement tous
ruffiens furent bannis de la cité.
A. d'o., 43. L'an 145S, le dist évesque fist édifier une maison en l'abbaye de Béthanie 20
hors Maline, et fut achevée dedens quattre mois, on ne sçait à quelle fin.
Urusthcm, L'an mesme, nostre évesque fut mandé par le duc Phillippe à La Haye en
Holland, où ilz allât en belle estât, et fut receu par le dit duc à la manière de
la court, et après avoir estez illec quelque espace de temps, faisant bonne chière
sans penser à nulz maulx, demanda congié pour retourner à Liège, ce que luy 25
fut refusé, telement qu'il fut constraint, advant de partir, de luy promettre et
jurer de résigner l'éveschié au proufit de Louis Bourbon, à cause qu'il n'avoit
tenu sa promesse, comme dit est. Et ainsy se desloga de La Haye, accompaingnéz
de comte de Blanquenbem (*), vint à ïîréda où ilz constitua procureurs irré-
vocables pour résigner la dignité susdite, puis vint à IJiest, et de là en Liège, •""
celant touteffois ce qu'il avoit faict.
I1) Gérard de Blankenheim, fils de Guillaume de Looz-Heinsberg et neveu de l'évêquc.
fol. 258.
ANNOTATIONS SUR LES ANNÉES 1401 A 1506. 249
L'an susdil, fut faulle de grains en la cité, telemcnt que aulcuns boulengicrs
meslèrent soyeures de boys avec le pain, qui fut cause que l'an mesme et l'an
après grande mortalité régnât en la cité entre pauvres gens.
Le pape fit difficulté d'admettre la résignation stisdicte. mais à la sollicitation
5 de roy d'Arragon. comme on disoit, fut admise, réservez à Hynsbereh pension
de 8,000 florins de Bhin d'or. La cause de la dite résignation, plusieurs ont
diversement escript et bien estrangemenl.
Au dict temps " de Monsr de Hinsbcrck ont esté fondées les monastères et
couvent des chanoines réguliers de l'ordre de sainct Augustin, à scavoir le
io couvent de régulier à Tongre en l'an quators cent et vinct quattre; l'an quators
cent et vinct huict, le couvent des Bons enfans ont estée réformée lequel estoint
réformée comme ceulx de Sainct-tlille, iceulx par après ont estez translatez à
Sainct- Léonard. L'an quators cent et nonante (*), a esté fondée la maison de
Saincte-Aldegonde à Huy par noble dame Jehen de Berlaymont, et des Beghines
is ont estée faict chanones réguliers. L'an quators cent et quarant huict, fut
fondée le couvent de Sainct-Lucie dict Luciendalle emprès Sainctron. Au
mesme temps, at estez fondée le couvent grand de Saincte-Agnès à Masecque,
le petit couvent de Maseck a estez réformez, et comme la diocèse de Liège
s'extendoit jusqu'à iNamur en Braibant, ausy fut le couvent d'Ognie sur Sambre
20 réformez comme les prescripts. La maison ausy près de Louvain fut fondée, et
tous au temps Monseigneur de Hinsberck, évesque de Liège, adveneu tellement
qu'il peult estre appelle fondateur des prescripts couvent (2). (Als. 6, fol. 87.)
" Audict temps... prescripts couvents : ce passage ne se trouve pas dans les plus anciens
manuscrits 2 et 3.
25 (') Lisez 1449. Ce couvent fut en effet fondé, le 20 janvier 1449, par Jeanne de t'ioyon, fille de
Jean de Berlaimont et de Jeanne de Warnant. Cf. Daris, Notices, t. VIII, p. 17-2, et R. Dubois,
Leî rues de Huy, p. C62.
(*) Sur la fondation de ces couvents, voir Daris, Histoire du diocèse et de ta principauté de Liège
pendant le XV' siècle, pp. 275-277, 287.
Tome II. 32
250 CHRONIQUES LIÉGEOISES.
Règne de Louis de Bourbon.
Ie Annotations du manuscrit 4.
Cf. Brusthem, A. d'Oudenbosch, p. 64, 20. - 1460. En ce temps, comme dit est, l'abbé
de Saincl-Laurenl esloit radoublé ou, comme on dit. baboleu. El Monsieur de
Hist. mon.
S. Laurentii, Liège avoit par deux fois à ung religieux signé l'administration, mais le couvent :;
Amp'.. Coll..
IV, H42. ne le vouloient point admettre, et tout ce qu'on avoit allenté fui révocqué par
deux fois. El pour ce que le prédit Emericus (1) esloit du conseil spirituel du
monastcr de Sainct- Laurent, et le couvent avoient grandement fiance en lui,
les frères par luy trompeis consentirent de faire ung novea abbé, moyennant
qu'il eussent libre élection. Dauvaintaige encor déccu et trompé, consentirent 10
par voy de compromise, et furent esleux cineque compromissaires, assavoir
l'évesque de Soysson (2), le doyen de Liège (3), l'archidiacre de lîainaut (4),
qui avoit estez sayeulleur, M. Joce de la Marche (5), ehannoine de Liège et
M. Emeric, chantre de Sainct- Martin, lesquels après beaucops de traicliés et
beaucops de jurements faiets par chascun moynes singulièrement ens mains k;
dudit évèque, que celuy lequel seroit par eulx nommé pour estre abbé garderoit
ce que par eulx seroit ordonné, assavoir certains points, desquels ilz soy
réservèrent l'interprétation, affin que entre le couvent el l'esleut par cy après
ue sortist dissenlion. Et esleurent Damp Arnold Loen. religieux dudit monastère
professe pour estre abbé, lequel Monsieur l'esleu demandoit d avoir, car il avoit -:••
par deux fois convenu avecque luy. Et par ce moyen, maistre Emericq et
Alexandre Bérart (6) et plussieurs avecque eulx rentrèrent en la bonne grâce
(') Emeric Groy, chanoine de Saint-Martin. Cf. de Bormàn, Adrien d'Oudcnbosch, p. 535.
{-) Jean de Milet, éveque de Soissons depuis 1443.
(>} Jean de Scraing, fils de Jean de Seraine, éclicvin et bourgmestre de Liège, chanoine de Saint- 25
Lambert depuis 1458. Il fut élu doyen en MhG et mourut le 27 mai 1474. Cf. de Thelx, t. Il,
pp, 238-236.
(') II s'agit ici non de l'archidiacre de Hainaut, mais de l'archidiacre d'Ardenne, Walter de
Corswarcm qui fut en effet chancelier de l'évêque. Cf. de Theix, t. Il, pp. 250-234.
(s) Sur Josse de la Marck et Arnold Loon, voir p. 244, n. 1 et 2. 50
(6) Sur Alexandre Bérart, voir p. 99, n. 3
ANNOTATIONS SUR LES ANNÉES 1401 A 1506. 251
de Monsieur l'esleu et de jour en jour rendoienl grande paine de le plus
acquérir a ('). (Ms. 4, p. 749.)
P. 82. il. — 1462. En cest journée, advint ung grand infortune à ung Brusthem,
.... . ... „, .„ fol. 264.
chevalier qui estoit venu avecque mcssire Anthoine (/), car ses serviteurs, pour
s la grand froideur, avoienl faicl ung feu en l'eslable, et deux chevaulx furent
brusieis, deux aveuglés, le cincquième fut tellement attouchié qu'il ne valut
guaire plus riens. Le commun peuple liégeois disoit que c'estoit miracle de
Dieu. Il advint encor aultr.0 choesc, car les grains et victuailles estoient fort
bon marché, parquoy les Liégeois disoient entre eulx : il y at passez cincijue
io ans que nous avons couru après nostre évesque et, en ce temp, avions grande
fault de grains pour menger, et après que nous avons commenchié à déffendre
nos franchieses, Dieu nous est en ayde, et tout nous vient à souhait. El certe il
y avoit beaucop de simples gens que croient qu'il estoit vraye (p. 768) (3).
P. J>D, 28. — 4462-1464. Lan mille CCCC soissante trois, en décembre,
15 ung feu d'accident bruslat presque toute la moinlié de la ville de Boys le duc,
pareillement Schieden en Hollandre, aussy Steenbcrgh fut tout bruslée, saulff
l'égliese, hospitaulx et une maison.
« L'an raesrae (1458), le couvent des religieuses earmes ou blanches dames hors la porte de
Saint-Léonard fut édifié par les aumônes de Juliane de Lierneux et autres bourgois de Liège (4).
20 — L'an mesme (1460), Jean de Lévrier, jadis bourguemaistre de Liège, laisse tous ses biens pour
des pieux légats à la paroisse de Sainte-Catherinne, dont il y fonda un béguinage avec une
prieuse (s) : manuscrit 46.
(') Un texte latin identique se trouve dans le manuscrit Wachtendonck.
(*) Antoine de Bourgogne dit le grand bâtard de Bourgogne. Cf. de Bor.man. Adrien d'Oudcnbosch,
25 p. 516.
(3) Texte latin identique dans le manuscrit Wachtendonck.
(*) Sur la fondation du couvent des Carmélites dites Dames blanches ou Canettes dans la rue
Saint-Léonard, voir Gobert, Liège à travers tes âges, t. III, p. b69. La fondatrice s'appelait Jeanne de
Lierneux et non Julienne.
30 (5) Le béguinage fondé par Jean de Borlé, dit du Lévrier, bourgmestre de Liège en 1452 avec
Wathieu Datin, ne fut pas fondé en 1460, puisqu'il est déjà mentionné en 1447. La confusion provient
du fait que le testament du fondateur, daté de 14GO, augmenta encore la dotation de ce pieux asile.
Cf. Gobert, Liège à travers les âges, t. III, p. 894.
252 CHRONIQUES LIEGEOISES.
En mesme an, le duc Charles (M édiffler le chasteau de («orkum.
L'an mesme, vers l'octave sainct Martin, furent en la ville de Bruges
célébrées les nopces du Adulplie, filz de Arnonld, vicl et aucliien duc de
Geldre, avec la seur de nostre évesque, lequel Adulplie tint son père prisonnier
en temps d'hyver par l'espace de siex moys au chasteau de Locsberch, lequel 5
par les prières du due Charles de Bourgogne fut délivré (').
L'an mille CCCC soissante deux, fut translaté au monastère de Socourse
Noslre Dame delez Koclicforl le couvent de Félipreit et y allèrent demourer
les religieux l'an mille CCCC et soissante qualtrc; pour le présent, on l'appelle
de Sainct Kemy (p. 782) » (*). •«
Le manuscrit Wachtendonck donne les textes latins suivants qui exception-
nellement ne se retrouvent pas dans le manuscrit i :
Kodem lempore. fuit captus monetarius de Hasselt et tormenlatus Leodii, et
dicebalur quod habebat Miteras ad habendum armigeros sed per pecuniam fuit
demissus. 15
In nocte Sanele Margarele, modicum ante decimam horam, clamatum est
per totum Rivagium ad arma et pulsatum ad omnes ecclesias in Leodio, et
omnes fuerunt in armis parali et porte clause, et magnus timor invasit omnes
ac si unus magnus exercitus irruisset super eos, et nihil a!iud fuit nisi quod
una mulier in média via de Huyo clamavit ad arma et deinceps de villa ad -0
villam clamatum est usque ad Leodium.
Eodem tempore, captus est Leodii quidam civis. vir bonus et honestus, eo
quod dixisset ista verba vel similia : •< Nos facimus multa mala et postquam
omnia fecerimus, oportebit nos iterum recipere dominum de Bourbon. » Et
propterea, ad incutiendum aliis limoreni, fuit decollatus hora sexta de mane. 2a
" En ceste année (1464), le grand chandelier de cuivre à Saint-Lambejt at esté assis : manu-
scrit 96, fol. 61. — L'an même, fut mis le grand chandelier à Saint-Lambert à Liège : manuscrit 52,
fol. 306, et 57, fol. 15S.
(') Sur la conduite scandaleuse d'Adolphe de Gueldre à l'égard de son père Arnould d'Egmond, voir
les mémoires de Philippe de Commincs. 30
(*) Sur l'abbaye de Saint-Remy près de Rochefort, D. L'. Berlière, Monasticon, t. I, pp. 87-91.
ANNOTATIONS SUR LtiS ANNÉES 1401 A 1506. 253
Il reproduit aussi les deux passages suivants de la chronique de Chabot :
Intérim, adveniente tempore in quo iterum cessari oportebal a divinis sub
pena excommunicalionis et privationis beneliciorum, canonici résidentes et
interdictiim observare nitentes recesserunt a loco, unde quidam capti fuerunt
5 et exactionali, quidam libère evaserunt Sed post ministeriales intraverunt
domus illorum canonicorutn sic rccessorum et absentium et bona oinnia
diripuerunt ac domus illorum inhabilaverunt quousque voluerunt vel sallem
quousque bona domus sive ulensilia ad usus proprios se extenderenl.
Et quidam pacifici cives, non bella sed pacem desiderantes, privabantur
10 armis et cultello et ante domos eorum ponebalur tabula depicta in qua contine-
batur talis descriptio in gallico sermone : « Dcsidero pacem et propterea non
volo gladium neque fuslem », vel simile quid opprobriosum.
Illo lempore, ecclesie collcgiate cum majori ccclesia ac etiam parochiales
ecclesie deponebant organa, ecclesiaslico interdicto durante, demptis fralribus
îs predicaloribus qui non obedierunt sed rcnitenles cantabant, celebrabant et
omnia sacramenta iuinistrabant ob favorem vulgi et in delrimenlum ordinis.
Unde post a Sede apostolica puniti fuerunt et promiscrunt se, sub excommuni-
cationis pena, numquam simililer agiluros, si causa similis occurreret. Isla
maledicta opinione durante, circuibant garsiones et laici truffalores cum pueris
20 in albis veslibus et vexillo albo circumquaque civitatem, in domibus pacifl-
corum civium pacem desiderantium et in domibus ecclesiasticorum ad eos
exaclionandos et injuriandos, faventibus et consenlientibus dominis de Heer et
Surlet (') cum suis adhrrentibus. Et isto tempore, fuit decollaltis dominus et
inagister Egidius de Mets (2) propler veritatem observandam, qui tamen tam
25 strenue se habuit ante obsidionem castri de Keyde, et ejus consitio expugnalum
fuerat, cum multis aliis, successivis diebus, sicuti fuerunt villicus de Graaz,
Baretus de Laveur et Theodoricus Slephani, etiam unus lannalor et céleri. Et
qui se absentaverunt a Leodio et dominum seculi fuerunt, maxime de scabinis
Leodiensibus, proscribebanlur, et in tabula ante domum civicam dictam La
30 Violette depingebanlur pendentes in patibulo, alii pedibus sursum alii deorsum.
(') Sur Raes de la Rivière, voir t. I, p. 233, n. 5; sur Fastré Baré Surlet, voir t. I, p. 237, n. t.
(') Sur Gilles de Metz, voir p. 100, n. 1:
254 CHRONIQUES LIÉGEOISES.
P. ioS, 19. — 14-66. ... lequel maistre de Tuwin) se voulut excuser, car
quant le duc Charles estoient devant Dinanl, il estoit alliors tousiours à Liège.
Toutefïois deinoura prisonnier. Lendemain cculx d Oultremeuse se mirent en
J.deL., 44. armes et vouloienl qu'on lîst justice de leurs ennemis... Et fut décollé Piron
Stienne... " (') qui par devant avoit estez homme de grande authorité, pour 5
les franchieses... Et alhors fut pareillement décapité le serviteur Thonon
Kosscau (2). duquelle on ne disoit pareillement la cause. Et fut décrété qu'on
feroit garde par tous les villaiges et qu'on ne permeltroit de riens emporter hors
de Liège (pp. 842-843) (3).
J.deL. ,49. P. 163. 2G. — 1467. ... et sur ecluy (phansart : xaphardum) fut décollé io
Wilheaume Kanchin pour les parolles qu'il avoit dit, et Johan Michil (4)
jadit serviteur à Cile de Huy. et le serviteur iîughe de Fexhe, et i alloient les
femmes el jeunes filles lequels on répuloit comme ribauldes (p. 834).
A. d'Oudenbosch, p. 169, 30. — Wachtendonck ajoute, d'après Chabot :
Deinde sepultus (5) juxta patibulum. Unde postea. videlicet post destructionem îs
civitatis, fuit honorificc de loco damnativo in teca plumbea eum immensis
candelis cereis et torceis translatus ad locum et ecclesiam Sancli Lamberli.
Simililer et cum eo fuit magister eivium de Dyonanto qui nominabatur
" et pulsata campana, decollatus fuit Piron Stein, magister délie bel Couest : manuscrit
Wachtendonck.
(•) Piron Stein, maître de la Belle Côte, hôtel renommé de la rue Féronstréc. Cf. Gobert, Liège à
travers letâges, t. III, p. 19.
(') Thonnon Itousseau figure sur la liste des proscrits qui furent exécutes en effigie peu de temps
après. Cf. Adrien d'Oudenbosch, p. 170.
(5) Même texte latin dans le manuscrit Wachtendonck. Ce dernier est même un peu plus complet, 25
car il ajoute après les mots pour les franchieses : qui commendans animam suam Deo dixit quod
nescirit quarc occidcrcnt eum, quia nihil dixisset nisi pro communi utilitate.
(*) Jean Michel, serviteur de Gilles de Huy et sous-mayeur de Liège, le 13 avril 1464. Cf. Échevins
de Liège, OEttvres, vol. 29, fol. C9.
6) Jean Carpentier, bourgmestre de Dinant. Voir t. I, p. 270, n. 1. 50
ANNOTATIONS SUR LES ANNEES 1401 A 1506. 255
magister Gherinus, qui divisus in quatuor partes, caput suam in hasta eleva-
tum et super portam Àvroti infixnm multis diebus omnibus intuentibus,
stetit seu patuit intuendum.
A. d'Oudenbosch, p. 207, in fine. — 1468. Ce temps pendant, en la ville
s de Tongre s'esmcut une sédition (p. 896; Brusthem, fol. 277).
A, d'Oudenbosch, p. 216, i. — 1468. ... pour ce que c'estoit dimenchc,
ils ne pensoient point qu'on les assailleroit (p. 903) (1).
Merica, p. 48-1 , is. — 1468. Le sacristie avecque tout ce qu'il avoit
dedens demoural entier, mais plussieurs coffres et escryns parmi l'égliese
io furent rompus et pilliés (p. 905).
A. d'Oudenbosch, p. 219, 30 — 1468. Mais voulant mettre les mains à flertre J de L ,62.
de Monsieur Sainct-Lambert . . . (pp. 908-910; Brusthem, fol. 279-279 v°).
A. d'Oudenbosch, p. 220, 19. Wachtendonck. d'après une chronique
liégeoise en flamand, ajoute : Après la prinse de Liège, le duc de Bourgongne,
15 reeordanl de ceux d'Aix qui avoient devant sa venue ravitaillé la cité de Liège
de choeses nécessaires, de ce irrité, se partit de Liège avec son camp vers
Maeslricht pour s'acheminer vers Aix et se venger d'icieux. De ce adverty, Munster,
envoyèrent leurs ambassadeurs à Maestricht vers icelluy. présentant les clefs de fol.^ol.'
leur ville et se rendant à sa mercy. lequel leur pardonnât la faulte, voir qu'ils
20 payeroient 80 mille (alias fiO mille) florins de Rhin en 0 ans.
A. d'Oudenbosch, p. 222, 8. — 1468. Monsieur le duc se partit de Treict,
et se allât au pays de Franchimont, où, pour la grande froidure qu'il faisoit,
force fut que la plus grande part des gens du duc allassent à pied audit pays de
Franchimont, qui ne sont que villaiges et n'y a point de villes fermées, et
25 (') Wachtendonck ajoute en note : Toutefois le comte de Vcrnenburcli, les seigneurs de Launoy et
Vlicrmael et plusieurs autres y furent occis. La plupart de ceux qui firent l'entreprise estoient
Franchimontois accnmpaigné de Liégeois, en nombre de quattre cent hommes.
2b(i CHRONIQUES LIEGEOISES.
Ph. de logea oincque on siex jours en un villaige qui s'appelloit Pollenée (J). Son armée
Commines , . . . _ . .
Mém esloil en deux bondes pour plus lost destruyrc le pays et fist bruslcr toutes
éd. Mandroi, |(>s maiSOns et rompre tous les mollins au fer, qui esloienl au pays, qui est la
plus grande façon de vivre qu'ils ayent. et cherchèrent le peuple parmi les
grandes foresls où il estoient cachez avec leurs biens, et il y en eut beaucoup 5
de morts et de prins, et y gaingnèrent les gendarmes de l'argent. Je veis choeses
incroables de froid. Il y eut ung gentilhomme qui perdit ung pied dont oneques
puis ne s'ayda. Et i eut ung paige à qui il tombât des doigts de sa main.
Je veis unne femme morte (gelée?) et son enfant dont elle estoil accouchie de
novea. Par trois jours, fut party le vin qu'on donnoit chez le duc pour les 10
gens de bien qui en demandoient, à coup de cognie, car il estoil gelé dedens les
tonneaux et falloit rompre le glaschon, qui estoit entier, et en faire des pièces
que les gens meltoyent en ung ehappeau ou en ung pannier comme ilz
vouloient. Et après huiet jours, la faym nous feyt fuyr à grand haste. et le duc
retournât par Huy al Vaulx Noslre Dame, de là à Namur et après à Bruxelles, is
où il fut à grande joye receu (p. 9H).
Les annotations qui suivent sont traduites exclusivement de lirusthem,
fol. 284 v°-28S v».
2° Annotations des manuscrits B.
J. de Looz, p. 7, m. — 14-57. Au eommenchement de quaresme l'an 20
mesme, estant nostre évesque à Maline. vint en Liège le signeur de Blanquen-
hem (*) pour estre vicaire dudit évesque en la temporalité, et huit jours après,
y vint aussi 1 évesque de Soissons (3) pour estre vicaire en spiritualité. Les
principaulx gouverneurs, sans le conseil desquels riens ne se faisoit, de par
l'évesque estoit maistre Robert de Moreaulmeis, maislre Richard Risart et 25
Jacque de Moreaulmcis (4), gens de basses conditions, lesquels gouvernèrent
(<) Polleur, commune du canton de Spa.
(') Gérard de Blankenheira, voir t. I, p. 218.
(*) Jean Millet, premier évéque de Soissons le i'i février 1415, mort le 1" avril 1503.
(B) Sur Robert et Jacques de Morialmé et Richard Risart, voir t. I, p. 291, et C. se Boruan, 50
Adrien d'Oudenboich, p. 351.
ANNOTATIONS SUR LES ANNÉES 1401 A 1506. 257
tellement que le commun peuple, tant de la cité que bonnes villes, que de plat
pays, prindrent le dit évesque en grande hayne, telement que tous les différents
furent commis à la détermination et jugement de roy de France, puis au duc
de Bourgongne, mais riens ne se faisoit, car par le moyen et persuasion des
5 dits gouverneurs, les choeses se menèrent en délay; quoy nonobstant, ne
cessèrent de exercer et faire tout à leurs bons plaisiers, ce que enflammoil de
plus en plus ledit commun peuple contre leur seigneur.
A. dOudenboach , p. 55, note b. — 1458. L'an mesme, fut l'engliese [de
Sainct-Pier] à Louvain bruslée. L'an susdit, à la sollicitation et praticque
10 d'aulcuns malveillans, fut faict edicl que quiconque seroit esleu pour bourghe-
maislrc. ilz jureroit. s'il n'avoit juré, de jamais accepter offices eschevinal
d'aullre que de l'évesque. L'an mesme, le jour sainct Jacques, furent esleux
[bourgemaistres de la cité] Gille de 3Iect, qui auparavant s'esloit absenté de la
cité, et "atthy Hauveau (1), lequel ayma mieulx payer l'amende de 20 florins d'or
15 que d'accepter l'office, puis un troisième nommez Henry Solis, lequel subit
monta à cheval et sortit de la cité, puis furent esleux deux aullres " qui firent
le serment susditz et aultres accoustuméz soubs certaine condition.
./. de Looz, p. 8, 8. — 1459. L'an mesme, le xne d'aoust, fut une merveil-
leuse tempeste et furent les bleds gatteis'en Hasbain et aullre lieux quasi
20 8 lieues large; les vins furent ceste année en abondance. L'an susdit, l'engliese
des Seurs des Carmes près la porte Saincl-Léonard fut dédicassée (2).
J. de Looz, p. 8, n; A. d'-udenbosch, p. 63, m. — L'an 1 4(50, l'évesque,
ayant entendu que les Liégois avoient envoyez vers le roy de France, renvoya
lors en Liège la verge de justice, car longtemps auparavant l'on avoit cessé
25 sans administration d'icelle en manière aulcune
A. d'Oudenbosch, p. 65, 12. — 1460. Cest an, furent plussieurs cesses es
englieses de Liège à l'occasion d'un chanoine occis à Diest.
a savoir Jean Helman et Renard de Rouveroit : add. manuscrit 6,
(l) ïur Mathieu Haweal, voir Adrien d'Oudenbosch, p. 55B. Sur Hensi Sollo, Ibid., p. 36:2.
30 (!) Cf Gubert, Liège à travers les âges, l. III, p. 369.
Tome II 33
258 CHRONIQUES LIÉGEOISES.
A. d'Oudenhosch, p. 72. — 44-6f . L'an mesme, le i2 de jullet, fut la
chappelle de Tirrebourse (*) dédieassée.
Cest an (1463), un feu d'aecident brusla presque la moitié de la ville de Boy
le duc. pareillement en Schiede, en Hollande; aussi Sleenberch fut toute bruslée
saulff l'englicse, l'hospital et une maison. En mesme temps, le duc Charle fit s
édillier en Hollande le chasteau de Gorken.
Au dit an, vers l'octave de saint iMartin. furent en ia ville de Bruge célébrés
les nopees du due de Geldre avec la seure de noslre évesque (*). Ce temps
mesme, vint messire Raes de la Marche en Liège.
L'an 14-64-, fut assis le grand chandellier de cuivre au chœur de Sainet- •<>
Lambert et servit la première fois à Noël ".
L'an 4465, fut fondé le monastère des Carmes à Tillemont par la duchesse
Jehenne a.
A. d'Oudenbobch, p. H 4. — 1465. En ce mesme temps, vindrent en Liège
de par le roy de France Louis de la Val (3). seigneur de Chastillon, Aymer de 's
Poutieu, dit Caderat, baillieu de Meule, maistre d'hostel, conseillier et cham-
burlain du dit roy, Johan de Vergier, aussi conseillier dudil roy, président en
la court de parlement à Toulouze, ayant lettres et commissions de traieter,
appoinlir et faire alliance avec la cité et pays susdit contre les ducs de Bour-
« Notes marginales du manuscrit 2. 20
(•) Sur la chapelle et le béguinage de Tïrebourse, voir Gobert, Lièye à travers let tiges, t. V, p. 437
(*) Adolphe d'Egmont éponsa, le 18 décembre 1465, Catherine, fille de Charles 1, due de Bourbon,
sa tante. Cf. plus haut, p. 2b2, au sujet de son indigne conduite à l'égard de son père.
(*) Louis de Laval, seigneur de Châtillon en Vcndclais et de Comper, gouverneur du Dauphiné,
puis de Gennes, de Paris, de Champagne et de Brie, chevalier de l'ordre du Roi, grand-maiire des 25
eaux et forets de France, mort le 21 août 1489. Louis XI l'envoya avec Aymar de Poyrieu dit Cadorat,
bailli de Mantes, Jean du Vergier, président du Parlement de Toulouse, et Jacques de la Royère, en
ambassade auprès des Liégeois. Leur commission datait du 21 avril 1408. Elle était donc antérieure à
l'intronisation de Marc de Bade et l'annotation de Martène et Durand, imprimée au bas de la page :
litterac régis datac die xvi maii à Montluçon doit être inexacte ou plutôt se rapporter à autre chose, 30
car le Roi se trouvait en effet le dit jour à Montluçon. (Cf. J. Vaesen, Lettres de Louis XI, t. Il, p. 292.)
Ces ambassadeurs élaienl chargés, en outre, de remettre en passant une dépêche aux Rémois. (Ibid.,
p. 277. ) A leur retour, ils firent roule par Dinant où ils se trouvaient le 24 juin. (Giciurd, Collection
de documents inédits, t. Il, p. 219 )
ANNOTATIONS SUR LES ANNEES 1401 A 1506. 259
gongne et de Bourbon, du conte de Charlois et leurs adhérens et complices, et
fut alliance faicte et conclude en ladit cité le 17e jour de moys de jung, l'an
susdit, comme appert par les lettres de ce expédiées.., Quant le duc Phillippe
fut adverty de ceste alliance, envoya deux héraulx d'armes en Liège pour
5 avoir la coppie de telle alliance affin d'appaiser les Dionantois et Bovingnois,
mais les Liégois ny volurent entendre.
A. d'Oudenbosch, p. 4 48, 23. — i Ï65. En la ville de Huy, les vignerons,
charpantiers et cntretailleurs s'eslevèrent contre ceulx qui tenoient la partie de
l'évesque, et pillèrent leurs maisons; le pareille firent ceulx de la contée de
10 Looz
A. d'Oudenbosch, p. 422; J. de Looz, p. 27. — 4465. Après ce, le villaige
de Hervé fut pilliée et ars avecque l'engliese par les Liégois, pareillement
plussieurs villaiges en la terre de Dolhen (*) ; ceulx de Hervé, en récompense,
ardirent Sainct-Pierre emprès Treict; aulcunes femmes Liégeoises en habits
15 d'hommes prindrent aussi les armes, et firent audit pays des tyrannies si
grandes que surmontoient les hommes en excès. Peu de temps après, le marquis
de Baden et le mambour, qui avoient receu argent de roy de France pour faire
la guerre avecques les Liégois, allèrent devant Faulcomont et l'assiégèrent de
deux costéz, les Liégois d'un, le marquis et mambour de l'autre; si est qu'il
20 eurent ensemble aulcuns parolles assiz rigoureuse avecques les bourghe
maislres lhors de la cité, par quoy paisiblement abandonnèrent le siège et
laissèrent tout ce qu'il avoient en Liège, mais portèrent avecques eulx le dit
argent, de quoy adverty, les Liégois confus se sont mis en fuitte, laissant leurs
artelleries et aultres admonitions de guerre, et sans ordre sont rentrés en la cité,
23 A. d'Oudenbosch. p. 425, note. — 4465. Ceulx de Sainct-Tron bruslèrent
Duras et l'engliese et plussieurs aultres desquelles sçavoient les seigneurs estre
favorables à l'évesque de Liège; encor assiégèrent Liégeois Lemborch sans
prou fi t.
A. d'Oudenbosch, p. 4i<); J. de Looz, p. 29. — 44(55. Le 21 d'octobre.
30 l'an susdit. Liégois allèrent assaillier le due de Jullez emprès de Montenacquen
(*) Comté de Dallieni.
260 CHRONIQUES LIÉGEOISES.
où ils furent ruez jus et y demourèrent 1800, dont la désolation fut grande
tant en la cité que pays, car ilz n'y avoit si petit villaige qui d'icelluy ne fust
(lemouré mort en la bataille 10, 11 ou 12 plus ou moins, selon qu'il estoient
sortis de chascun villaige.
A. d'Oudenbosch, p. 138. — H66. Mais enfin par les 32 mestiers fut 5
commandez aux pères des enllans qu'il leur déffendissent sur paine de perdre
leurs mestiers.
A. dOudfnbosrh, p. 14b\ — 146b. L'an susdit nonnobstant que la paix
fut faicte. comme dit est, eculx de Dynant ne cessèrent de faire guerre tant aux
Bovingnois que iNamurrois, Brabansons et Hennuycrs, et tout par 1 exhortations «o
et secret assistence que leur faisoient les Liégois. Ce temps pendant que le
conte Cbarlois estoil au pays d'Artoys empesché en aulcune ses affaires, où ilz
fut longtemps, faisoient les Dinantois des chansons en dérision du duc Phillippc;
mirent aussi sur les murs de la ville la statue d une femme filant ayant pour
divise lelz mots : « Quant ceste femme de filler cessera, le duc Phillippe cest ts
ville aura». Oonl advint que quant le conte Carolus fut revenu à Bruxelles et
qu'il ouyt dire les insolences, dommaiges et injures que avoient faictes les
Dionantois esdit pays contre son père, qui estoit lors anchien et lequel ilz
convenoit porter où ilz vouloit estre. par le consent du duc son père qui
pareillement se fit miner, mit sus une puissante armée et vint devant ladit 20
ville de Dynant, laquelle, après l'avoir fort battue d'artelleries et aultres manière
de faire, le prindrent par forces, fit abbaltre les murs jusques à terre et le bruslat
tellement que n'y demoura presque pierre sur pierre; mit à mort femmes et
enfans et cnvyron huict cens noyés en la rivière de Mouse, en moys d'aoust.
De quoy les Liégois furent mal contens, et fut en la cité grande murmuralions -25
faictes quand les nouvelles y vindrent ".
<• Le manuscrit S ajoute en note marginale : avec le duc Charles estoit Henry de Borsselle,
seigneur de Vere, avec son filz Woulfaud ('), conte de Bencey, lequel fuient présentées plussieurs
jouweaux de l'église collégiale de Dinant, comme le chieff saint Perpète et un grand chandelier
de cuivre pour mettre cincq chandelles et plussieurs cappes d'or, lesquels il porta à W...re en 30
Zélande, là où on les voit encor présentement.
(«) Sur Henri et Wolfard de Borssele, voir Adrien d'Oudenbosch, p. 31b.
ANNOTATIONS SUR LES ANNÉES 1401 A 1506. 261
A. d'Oudenbosch, pp. 161 et 169; J. de Looz, p. 45. — 1466-1467. Peu
de temps après la prinse et destruction de Dînant, fut par les Dionantois prins
prisonnier ung homme de bien, noméz Johan Charpentier, qui avoit la garde
d'un place appartenant en partie au duc Phillippe et une partie au pays de
s Liège, et avoit avant la destruction de la dicte ville estez bourghemaistre
d'icelle, et fut menez en Liège. De quoy adverly, ledit duc envoya dire que on
ne luy fisse aulcun mal ou aultremcnt ilz se prendroit à 50 gentilhommes qui
estoient de pays de Liège à Louvaingne ostagiers, comme est dit. Mais incon-
tinent après la mort du due Phillippe, firent le dit Johan décoller et mettre en
to quatre quartiers, et commenchèrenl soy à eslever contre le duc Charle. Leurs
principaulx autheurs estoient messire Kaes de Hers. Vincent de liuren. Hubert
Surlet, Johan Saulvaige. Staes de Streel (*) chevaliers, lesquels firent des
grandes insolences contre aulcuns bons bourgois. desquels aulcuns furent jectéz
en la rivière jus de pont des Arches qui diseroient vivre en paix, et plussieurs,
is abandonnèrent la cité et pays.
J. de Looz, p. 52, 9. — 1467. Parquoy le dit Bourbon fust constraint se
sauver secrèttement, et allât à INamur, de quoy les Liégois furent fort marys;
et firent à ses gens grandes violences et furent aulcuns piteusement occis sans
rémissions et aulcuns pillez et privez de tous leurs biens. Quand le duc fut
20 adverly du cas et de la nouvelle rébellion, envoya Monsieur de Havestain avec
certain nombre de gens tant à chevaulx que à pieds pour garder que les Liégois
n'entrassent dedens son pays de Namur et aultres lieux voisins, lequel fut
rencontré par les Liégois emprès Huy, tellement qu'il fut constraint soy mettre
en fuitte, et perdit environ 300 hommes. Peu de temps après, ledit seigneur
25 remist sus une nouvelle armée affin soy venger des Liégois, lesquels se mirent
au champs avecques les Hutoys, en espérant que la choese leur lourneroit
comme avoit faicte paravant; et assaillirent le dit seigneur emprès Monle-
(») Sur Raes de la Rivière, seigneur de Heers, Vincent de Buren, Jean de Home dit de Wilde ou le
Sauvage, voir t. I, pp. 235, 269 et 296. — Eustache de Strailhe, chevalier, seigneur d'Othée, mort à
30 la bataille de Brusthem. Voir Cartulaire de Saint-Lambert, t. V, n° 2820; Domken, Histoire d'Othée,
dans Bulletin de la Société d'art et d'histoire de Liège, t. XIX, pp. 95, 97. Il faut lire Fastré Surlet et
non Hubert On sait en effet que Fastré Baré Surlet, seigneur de Chockier, fut un des principaux chefs
de la révolte.
262 CHROMQUES LIÉGEOISES.
nacquc; dont la bataille fut fort aspre et rigoureuse d'ung eostéz et d'aultre,
mais enfin les Liégois furent déffaicts et laissèrent mors sur les champs plus
de 900; les aultres se mirent en fuytte.
L'an susdit, au moys de septembre, le duc Charlc mit le siège devant Sainct-
Tron, de quoy les Liégois adverty se mirent aux champs, menans avecque 5
eulx prestrcs, moynes. clercques et religiculx et aultres qui sçavoient estre de
la faveur de leurs évesque, lesquels ilz mirent à l'advant-garde et vindrent
jusqucs àZepperen,et fut donnée la battaille entre Brusthem etZcpperen. auquel
lieu furent Liégois vaincus, et y demourèrent morts plus de 3,000 hommes.
Le jour ensuyvant, le dit seigneur de Raveslain Irovat encor emprès de 10
Brustem environ 500 Liégois qui ne se osoient remuer ne monstrer, sur
lesquelles ledit seigneur besongna telement que bien peu d iceulx eschappèrent
et. sans miséricorde aulcune, les a tous tuez. Le 7' jour après la dite victoire
obtenue contre les Liégois, ayant fort battu la ville de Sainct-Tron, les
bourgois sortirent hors à testes nues sans armes ou bastons et se sont venu 15
rendre à la volantéz du duc, criant miséricorde, et le duc, usant de la vertu
dont estoit garni, les receupt en Lrrâce, saulff que les portes et murs de la dite
ville fussent démolys et arruynéz de fons en comble, ce que fut faicte.
Les aultres bonnes villes, comme Hasselt, Loon, Herck, liilsen, Brée,
Maseick, Beringhcn de la contée de Looz. à l'exemple de ceulx de Sainct-Tron, 20
s'accordèrent avec le duc et l'évesque soubz telles conditions que ceulx de
Sainct-Tron et furent receus. Pareillement se rendit Tongre. telement que, en
peu de temps, le duc eut toutte la contée de Loon à sa subjection. Après ce,
le duc at envoyez vers les bonnes villes de Liège, assavoir Viseit, Huy, Tuwin,
Couvin et aultres, lesquelles se rendirent comme dessus. Incontinent que le duc 25
eut mis à obéissance et subjection tout le pays et bonnes villes de réveschié de
Liège, vint avecq toutte sa puissance devant la cité et l'a assiégez de tous
costés. et telement en peu de temps battu que les bourgois estoient sans espoir
de salut; dont par conseil et advis entre eulx prins, grand nombre des plus
anchiens bourgois sortirent hors d'ieelle en leurs chemises, nuds piedz et testes 00
nues, et se vindrent rendre devant la tente du due. criant à haulte voix
piteusement el lamentablement miséricorde et mercy. Toutteffois aulcuns
malvoillantz ne volurent attendre l'aventure et fortune, par quoy secrèltement
ANNOTATIONS SUR LES ANNÉES 1401 A 1506. 263
se partirent de la cité et allèrent vers 1" roy de France qui les rcceupt.
Le susdit duc, à la requestc et prières du duc de Juilliers et seigneur de
Bavestain, et aultres nobles seigneurs qui estoient illec présents, les receupt
à mercy, saulff que touttes leurs armes, artelleries et instrument de guerre
s fusent incontinent apporteis hors la cité et mis en sa puissance, ce que fut
incontinent faicl; puis fist le duc reminer lesdits Liégois en la cité par monsr
de Ravestain et le duc de Juilliers, lesquels, par le commandement du duc,
firent abbatlre une grande partie des murs de la cité °. En ce temps pendant,
le duc se tenoil au monastère de Saincl -Laurent. Le lendemain de la feste de
io sainct Martin, en moys de novembre, le duc Charle a ramenez monseigneur
de Bourbon, évesque, en la cité et remis en sa possession. Et vindrent au
devant, en belles processions, les englieses et bourgois, puis après avoir receu
des bourgois serment de fidélité et d'obédience perpétuelle et promis de lui
payer promptement cent milles florins de Rhin, dedens 3 ans aultres
is 300,000 florins pour ses dommaiges et intérest, oullre aultre grand somme
de deniers à l'évesque pour ses intéresls, injures et forfaictures, se partit de
Liège et revint en Brabant en grande victoire et triumphe, laissant en icelle
cité Monsr de Hemrieourt b comme son lieutenant, et grosses garnisons de gens
de guerre tant à piedz comme à chevaulx. L'an susdit, fut assez grande planté
20 de vin et de bledz, qui furent bons et de bonne garde.
A. d'Oudenbosch, p. 200. 17. — 1468. Ils prindrent leur évesque prisonnier
avecq le légault apostolicque susdit et les emmenèrent en la cité, après avoir
piteusement occis tous ceulx qu'il trouvèrent portants les couleurs du duc;
morurent ainsi illec le seigneur d'Argenteaux, messire Johan de Seraing et le
-25 seigneur d'Elderen (1).
a et emportât le peron en signe de victoire : note marginale de 2. — b Guy de Hrimeu, seigneur
de Hnmbercourt, conte de Meglien, conseillier et chamburlain de duc Charle : correction marginale
du manuscrit 2 gui se retrouve dans le texte de tous les autres manuscrits B.
(') Jacques 1", seigneur d'Argentcau; Jean de Seraing, seigneur de Hollogne-sur-Geer; Guillaume
30 de lia ma l, seigneur d'Elderen. D'après Adrien d'Oudenbosch, seul Jean de Seraing succomba dans
cette bagarre.
264 CHRONIQUES LIÉGEOISES.
A. d'Oudenbosch, p. 2H. sa. — 4468. Tost après, y vindrent aussi le roy
de France, avecq luy v200 clievaulx seulement, el le duc avecq son armée.
/. d'Oudenbosch, p. 217. — 1468. Sebastianus Munsterus escript que en
la cité furent occis 40,000 hommes et 12,000 femmes et filles noyéez. Et fut
loutte la cité bruslée par trois mille Bourguignons ordonneis à ce faire, vestus s
de pareils habits, saulff les englieses et maisons des channoines, qui furent
gardeis de feu par aulcuns à ce ordonneis pour continuer le service divine, et
le pont des arches arruyné.
/. d'Oudenbosch, p. 221. — 1468. l'eu de temps après que le duc fut
retournez en Brahant, plussieurs bourgois de la Cité qui s'estoient sauvez hors io
d'icelle, à la prinse. revindrent en Liège où ils firent des muulx heaucop. pillant
les englieses et robant tout ce qu'ils trouvèrent, et après corurent es pays de
Lucemborch et Lembourch, contre lesquels le duc envoya messire Antoine son
frère bastard. qui les défist en ung rencontrée.
A. d'Oudenbosch, p. 238, si. — 1472, environ le sainte Agnès, en janvier, is
apparut un grand comète en orient, fort reluisant, ayant une longue queue,
qui dura l'espace de trois moys continus lequel <l..nola les guerres, pestilences
et cher temps qui s'ensuyèrent. (Note marginale de 2.)
L'an 1473, la saison de l'esté fut fort chaulde et grande abondance de
biens de la terre, qui fut cause que grande pestes survindrent en plussieurs 20
lieux.
L'an 1474, messire Guillame de la Marche fil fortifier la place et chasteau
d'Aigremont, on ne scet à quelle intention, mais monstra depuis par œuvres
qu'elle n'estoit bonne. Le pénultième de moys d'aoust, la famé vint en Liège
que ledit messire Guillame retournoit en Liège avecq lesdis bannis et fugitiff, 25
avecq grand nombre de Franchois el aultres du pays de Franchimont, pour
gaingner Liège. Quoy entendu par monsieur de Bourbon, a mis sus une quan-
titéz de gens avecq lesquelz est venus devant Aygremont sur Mouse. Et lende-
main de la feste saint Gille. ceulx dedens se rendirent avecq la plaee, Quant
ces nouvelles vindrent audit seigneur Guillame de la iMarce de la prinse de sa 50
ANNOTATIONS SUR LES ANNEES 1401 A 1506. 265
maison, a envoyez à i\lonsr de Bourbon lettres de difflance plains de parolles
deshonnestes et injurieuses.
L'an 1475, la thour de l'engliese Saint-Hubert en Ardenne fut arse par
tempeste. L'an mesme, les bannis commenchèrent à retourner en Liège soubz
5 saulff conduictz.
L'an 1476, les députeis par le due Charle demandèrent à pays de Liège
grand somme d'argent pour subvenir à la guerre cludit duc contre les Suyssc.
Pareillement monsr de Hymricotirt vint en Liège pour avoir tous les inslrumens
de guerre qu'il trouva mesme dedens le pays, et fut le résidu des murs de la
io Cité qui estoient encor droiclz abbatus.
A. d'Oudenbosch, p. 242. — 1477. L'an 1477, fut tuez le duc Charle
devant Nancy par Lorrenois, et fut mis en terre à Nancy honnorablement
avecq telle épitaphe :
Te piguit pacis, te teduit, atque quietis
,s Larole, sieque jaces, jamque quiesce tibi.
A. d'Oudenbosch, p. 270. — 1482. Et furent au mesme lieux plussieurs
bons seigneurs aussy misérablement occis, le pénultiesme d'aoust " entre
autres le seigneur de Ittcr et de Vogelsanck b (1).
" L'épitaplie et chronograplie suivant de iévêque Bourbon se trouve en note marginale de S et 46 ■
30 eCCe nUnC CrVor MeVs sVper Vos et fILIos Vestros. — b Ce passage ne se trouve pas dans S.
(') Guillaume, seigneur d'Elter et de Vogelsanck.
Tome II. 34
266 CHRONIQUES LIÉGEOISES.
Interrègne 1482-1484.
J. de Looz, p. 85, 13. — 1482. ... moyennant pension de 1,800 florins d'or
qu'il promit donner à Croy... Les advcnlz de nostre Seigneur ensuyvant, messir
Guillaume se partit de nuictz do Liège avecq ses gens et vîndrent devant la ville
de Landen, lequel ilz print et pillât et i furent beaucop de gens occis et plussieurs s
prisonniers. En ce mesme temps, messire :.verard de la Marche mit le siège
devant Sewe, pour lequel faire lever ceulx de Treict sont venus aux champs,
mais ne furent assez fort, car i dcmourèrent plus de 500 morts, et furent
porsuyvis jusques aux portes de la ville, et envyron cents prisonniers.
J de Looz. pp. 86-88. — 1483-1484. L'an mesme, messire Guillame de la io
Marche, ma! content de la promotion à la dignité épiscopalle de monsr Johan de
Ilorne, print par force la ville de Tongre et ne print à mercliis aulcun de ceulx
qui estoienl dedens commis par les Brabansons pour le garder et i furent
plussieurs gens de biens occis, par quoy le duc Maximilianc, avecq lesdits
Crabansons, at mis sus et levé nouvelle armée de gens et vint au moys de 15
janvier dedens le pays de Liège et mit le siège devant le chasteau et forteresse
de Hollongne aux pierre?, dont ceulx qui estoienl dedens, après avoir sustenus
ung assaull, voyant que ne leur esloit possible de résister, se rendirent incon-
tinent. Messire (iuillame, non sachant que la place fust rendue, est sortis de
la cité avecq ses gens pour faire lever le siège, et nonnobstant qu'il veit les 20
bannièrs du duc sur la place, délibéra donner la bataille, ce qu'il fit; mais la
choese tourna mal contre luy et contre ses gens, car combien qu'il fussent deux
fois plus puissans que les cnnemys n'estoient. furent avcugleis en telle manière
que ne peurent tant faire que ne demouras morts sur la place plus de
3,000 Liégois, sans ceulx qui furent tuez en fuyant: et furent près chassies 25
jusques aux portes de la cité; et ne veoit on aultre ehoeses parmy les champs
que corps morts, entre lesquels fut occis messir Gailliard, chevaliers gascons'
mayeur d'Kmale, qui estoit homme barbu comme messire Guillame, et fut sa
teste portée au bout d'une lance, et pensoit on que ce fust la teste de la Marche.
Morurcnt ainsy en la dicte bataille 500 Clévois que le duc de Clèves avoit 00
ANNOTATIONS SUR LES ANNÉES 1401 A 1506. 267
envoyez au secours des Liégois sous la conduitle du seigneur de Wachtendonck.
Et fut lors La Marche en grand danger de son corps; et y laissât toute l'artel-
Ieries. Quand les nouvelles vindrent en la cité de la bataille perdue, grandes
lamentations y furent faictes par ceulx qui estoient demoureis en icelle, l'ung
s réclamoit son père, l'autre son mary, l'autre son frère, son cousin, dont c'estoit
grande pitié. Et délibérèrent les seigneurs de l'engliese de Liège et les bourghe-
maistres de solliciter la paix. Par quoy faire vindrent aux palais lesdils bourghe-
mestres vers raessir Guillame qui les fis! incontinent mettre à mort, ne veullant
ouyr parler de la paix [et estant comme enragé, tournant les yeux clairs comme
io chandelle en sa leste pour !a bataille perdue "]. Pareillement, le jour mesme,
ung des bourghemaistres de Huy. pour avoir parlé de la paix, fut tirez par
force hors de son logis au Cigne en la Saveniere et menez devant les degréz
sur le marchié où ilz eut la teste coppéz Et furent lors plussieurs gens de
biens parmy la cité en diverses lieux misérablement occis.
io En ce temps, la raigc du dit de la Marche et de ses gens estoit si grande que
les gens de biens n'estoirnt en nulle lieu assureis, ne en leurs maisons ne
englieses: la pareille raige estoit par tous le pays et bonnes villes, dont c'estoit
une grande pitié et misère. Edict fut faict sur paine de mort de point parler de
la paix. Liégois entrèrent au pays de Brabant où ils pilloient et destruirent
-o plussieurs villaiges et englieses. Le duc Maximiliane flst le pareille, print
Hercke et brusla l'engliese avecq les gens qui sestoient sauvez dedens. pareil-
lement Bilsen et plussieurs aultres villaiges.
J. de Looz. p. 89. — 1484. Il alla devant la ville de Père où les gens des
villaiges voisins sestoient sauvez en grand nombre, print icelle ville d assault
i.ï et y fut commis grande et pitoable occision et telle que jamais on avoit veu
la pareille et i furent occis plus de i,!j(K) pauvres villagois mesme de pays de
Liège [nayans avec eux ni verges ni baslon pour se défendre, et après avoir
fait tel act b] et ainsi revint en Liège avecq grand butin.
" Omis par S. — » Passage omis daris 2. — En ce temps (1483,), l'official de Liège tenoit sa
ôO courte à Louvain et à la saint Jean fut remise à Liège. L'on payoit pour le muid de spealte xîn
et xuu aidants : Manuscrit 52, fol. 5f8 V et manuscrit 96, foi 277.
268 CHRONIQUES LIÉGEOISES.
Règne de Jean de Horne.
Messire (Juiliame at après assemblé le chapitre de Saint-Lambert pour avoir
élection d'ung nouveaux évesque de Liège, et ce fust là mesme esleu évesque
Johan son fils Touttefois la plus grande partie de chanoine Saint- Lambert,
estant fuis et trouvé en la ville de Louvaine, illec procédèrent de nouveaux 5
évesque et eslirent Johan, fils à conte de Horne, lequel Morne vers Rome
obtint hastivement la confirmation, tellement que la guerre entre eulx at esté
commenché, tant civile que autrement, car aucunes villes tennoinl la partie
de Horne, les autres de La Marche. Maximiliane. marit à Marie duchesse de
lîraibant. tenant la partie de cieulx de Horne. faisoil gens de guerre, dont 10
guerres et pilleries ont esté fait d'ung costé et d'autre en pays de Liège et en
Brabant et des obsidions, camps voilant de part et d'aullre, les biens de terre
destruis et folleils, tellement que les Hcsbeignons ne payent que demi canons
et aucuns plus, aucuns moins, et le muids de spelte se payoit facilement à dix
huicts aidants liégois, la charéc ou clichet de houille ne valloit que huicts ta
aidants, la livre de pouldres six aidants. On avoit tant de maulx que merveille,
ayant pour messire Guiliame gens de guerre, tant de Franchois que Allemans,
en la cité comme aussy dedans aucunes bonnes villes du pays.Lhaîcun requéroit
ses amis, tellement que le duc de Saxe avec gens de guerre et le conte de Horne
furent en armes près la cité, mais peu après trouvèrent conseil d'eux retirer 20
sans rien aultres choses y faire. Après ces longues guerres, paix en at esté faicte
entre Horne et le dit La Marche, à condition que le dit Horne est demeuré
évesque de Liège. La cité et villes ont esté constraints endurer grands
dommaiges et intérest et impositions tant à la dite guerre que à la paix.
{Manuscrits S 2, fol. Si 8 v°, et 96, fol. 277.) 25
L'an mesme [1484], le lundi après les onze mil Vierges, obtint Horne ses
régales à Francfort en l'absence de l'empereur, où il avoit envoyé Jehan de
Platea (') escolaslre et channoine de SainctJohan Fvangéliste et Arnult de
(*) Jean de Plalea, écolàlre et doyen de Saint-Jean. Cf. L. Lahaye, Charles de Saint- Jean
Evangéliste, t. I, p. xxxiv. jq
ANNOTATIONS SUR LES ANNÉES 1401 A 1506. 269
Fléron (*), channoine de Sainct-Materne. (Note marginale du manuscrit 2,
reprise dans le texte des autres manuscrits B.)
L'an mille IIIICLXXXIIII, le 17 de novembre, Monsieur de Home feit son
entrée en Liège par la porte Sainl-Lconard et à son costé estoit le dit seigneur
s Guiliame, pour ce qu'il estoit mambour du pays... Le 28 du dit mois, fut
journée d'estat tenue où l'évesque fit remonstrer qu'aucuns avoynt sollicité
auprès du Saint Père le pape de départir aucunes pièces hors de l'évesché de
Liège et n'y avoynt peu venir, dont ils avoynt enduré des grands fraix, et il
requisl qu'on eust sou cas pour rccomandé, ce qu'il faisoit grandement à la
io cité, c.ir quant aux gens d'église, nobles et bonnes villes, n'en feit grande
mention de ce cas. Ll par conséquence fut accordé à Monsr quarante mil florins,
dont la cité en fut à huict mil pour sa parte. (Manuscrit S2, fol. 518, et
manuscrit 96, fol. 277 .)
L'an XIII1CI1IIXX et V, le diex septièsme jour de jung, une journée tenue à
io Sainct -Tronck pour eulx déduire à esbaltre. Ung jour après disné, s'entre-
prindrent ° à juer à la palme, après s'entreprindrent de jouster à cheval de
leur lance; mais messire Guilheaume les surmontoit de tout. Après, s'entre-
prindrent à courir à pied à eulx désarmez et saillir à pied joinct et estant ainsy
désarmé b, monsieur de llorne et monsieur de Montegny (2), son frère, vindrent
20 d'une froisse et d'ung mesme coup appréhender icelluy Guilheaume de la
Marche. Quand messire Guilheaume voya qu'il estoit prins et détenu, il prya
qu'on le voulsist traictcr honneslenunt et qu'on le voulsist mener en Brabant,
en Flandre ou en Uaynault mais touttefois ' que on ne le menast à Treicht,
" L'an 1485, soubs ombre d'amitié, nostre évesque Horne requit à la Marche de se venir esbattre
25 avec luy jusques à Saint-Tron, comme il fit. Un jour, comme ils s'esbatoient aux champs, ils
s'entreprindrent : manuscrit 28, p. 336. — *> s'entreprindrent à courir à pieds estant désarmés.
Quand il voulut mettre pied en terre, mons1' de Horne et monsr de Montigny, son frère, vindrent
d'une force. . : manuscrit 28. — ° que pour l'honneur de Dieu, on ne le voulsist mener... :
manuscrit 28 et note marginale de t.
ôO (') Arnold de Fléron, chanoine de Saint-Materne et conseiller de Jean de Horne. Cf. Cartulaire de
Saint-Lambert, t. V, pp. 201) et 219, et de Ram, p. 759.
(ij Frédéric de Horne, voir t. I, p. 547.
270 CHRONIQUES LIÉGEOISES.
car il scavoit bien que sy il y cstoil mené, il en souffriroit la mort. Si luy
respondit monsieur de Montengny que pour aullre choese n'avoil esté constitué
prisonnier que pour estre mené à Treicht. Sy fui mis sur un petit cheval, les
pied et les mains Iyés par desoub et, à grande puissance de gens, mené à Treicht.
Lendemain, les portes clocscs, le conseil assemblé, iceluy sire (îuilheaumc, 5
suyvant les privileiges de la ville de Treicht, fut condamné à avoir la test
tranchée ", et luy confessé, fut mené aux lieux de justice où il reecut le coup
de la mort et la collée (J). pour ce disoit Molinet... (Manuscrits 27, fol. 27 1 ,
28, p. 358, et 4S, fol. 283.)
En 1485, fut engaigié la ville et chasleau de Huy à Maximilian, archiduc 10
d'Austriee, pour la somme de douze mille florins d<- braibant (Note marginale
de 2 rrprise dans le texte des autres manuscrits B.)
Et fut peu de temps après Ghys de Canne (2), [seigneur de Spauen grand
mayeur de Liège et chevalier], esleu et constitué capitaine et mambour de la
cité ; de par les maistres, jureis, conseille et 32 bons mestiers de la citeit, 1485i 15
le 15 d'aoust.J (Manuscrit 2, les passages entre crochets ajoutés en notes
marginales. Ceux-ci sont repris dans le texte dans les autres manuscrits
de la série H, à l'exception de la date qui n'esl indiquée que par 2.
1486, le 18 de marce, à dîné, fut éclipse de soleil, lequel dura l'espace de
trois heures, et faisoit si obscure comme de nuict. 20
?48b, moururent en la ville de Brusselles de peste 44 milles personnes.
(Notes marginales de 2.)
L'an mille IIIICLXXXVI, l'évesque Home fist sa novelle messe et les joyaux
présentés au prince estoient montant à la somme de vc et xxx florins de liin de
xx aidants pièce. rà
L'an mille 1I1I<:LXXXVI. aucuns de la rasse de La Marche ont mis leurs
camps devant Liège. Les maistres de la cité estoint Gile de Huy et Tilman
0 et illec se mit à deux genoux au lieu de la justice, qui s'appelle Friedhoffe, où il y a un
siège à quatre lions. Là il eut la teste tranchée, pour ce disoit Molinet : manuscrit 28.
(') Sur la moi t di> Gnilliuiue de la Marche, voir Chronique de Jean de Home, t. I, p. ô48. 50
(») Sur Guy de Cannes, voir t. I, p. 5B0, n. 3.
ANNOTATIONS SUR LES ANNÉES 1401 A 1506. 271
Walderea (*), qui pour avoir argent pour employer à la défence de la cité,
erapruntarent argent aux bourgeois et s'en obligèrent pour furnir aux soldats.
On avoit une journée de masson pour quallre aidants, les manouvriers à deux
aidants, les autres à l'advenant. (Manuscrit S 2, fol. 3i '8vu, et manuscrit 96,
5 fol. 276.)
Au mois de may précédent (1492), nouvelles vindrent en la chèque lasentense
estoit rendue à Rome pour monsieur de Horne et contre Croy, lequel fut fort
trist et courouchié tellement qu'il sYsleva de rechieff contre le pays plus fort
que devant et ses gens exercèrent des grandes tyrannies, principalement à
10 Herkenrode où ilz violèrent les dames, prindrent tous les joyaulx de l'engliese,
mesmement la casse du Sacrament en le jeelant dehors, occirent piteusement
aulcunes femmes grosses, et, pour brieff dire, exercèrent telle crualtéz que
à paine seroit possible de le dire, encor moins d'escrire, car la plus grande
partie de ses gens estoient tous larrons sans oreilles (2). Le dimenche après la
15 publication desditz trieuves Croy se partit de Liège avecqz ses gens, mauldis-
sant les Liégois. Le xxve d'avril, la paix fut faicte de toutte entre nostre évesque
et ceulx de la Marche et fut publiée, le xe de jullet. premier à Tongre et le jour
mesme en la cité et pareillement par touttes les bonnes villes du pays, [où
fut ordonné que les trois Estats du pays de Liège, duchié de Builhon et contée
20 de Looz donneroient à ceulx d'Aremberch et de la Marche 50 milles florins de
Rhin dedens 8 ans prochainement venant, payez chascun an à deux termines
du sainct Jan et Noël jusques à la fin du payement]. (Manuscrit B. La partie
entre croiltets se trouve dans 2 en note marginale.)
L'an mesme, fut la saison de l'esté sec et belle, car depuis le moys de may
23 jusques au moys de septembre, ne pleut que deux ou troix fois, mais la rousée
de nuietz estoit si abondante qu'elle perçoit la terre bien profond, et fut
le grain à bon marehié vendu. (Mêmes manuscrits.)
(J) Gilles de Huy. écuyer, seigneur de Bierset, échevin de Liège et bourgmestre de Liège en 1486,
1493, 1497 et 1505. Cf. de Borman, Echevins, t. 11, p. GO; Abry, Rtxueil héraldique des bourgmestres,
30 pp. 200 et 206. — Sur Tilman Waldoreal, voir t. I, p. 361, n. 2.
(!J Larrons sans oreilles, c'est-à-dire voleurs récidivistes. La première peine appliquée aux voleurs
était en effet l'ablation d'une ou des deux oreilles.
272 CHRONIQUES LIÉGEOISES.
L'année (i 494) fut fort fertil do grains et de vin et ne fut vendu le stier de
bledz pour ung temps que quattre pattars.fet le quart devin du pays un aidant]".
L'an susdit, en moys de décembre, la ville de Tongre fut prinse par la garde
de Brabant qui vindrent sur une nuictz del contée de Namur à Tongre [et
esloit leur capitaine Louis de Wauldrey , '. Dont lendemain furent assiégez par 5
Ilorne en icelle, mais trouvèrent moyen, par belles paroi Iles, de sortir sans
quelque danger. La date est contenue en ces deux vers :
Tongris furlive lit rapta nocle Lucie
dum gens in stratu jacuit custodia sine'.
L'an 496, commencha à régner une maladie incognue en ces Pays-Bas dont 10
plussieurs morurenl, et s'appelloit ladiete maladie le mal Saint Job. (Note
marginale de 2 insérée dans le texte des autres manuscrits B.)
L'an mesme (1499) la tonnaire lombit sur la thour de l'engliese de Liège à
l'heure de midi.
L'an XVcni, l'archiduc Phillippe, qui estoiten Espaigne, vint veoir son père is
iMaximiliane, roy des Hommains, en Allemangne, et après vint en Brabant et
alla au devant de luy monsieur Home, nostre évesque, pour le recepvoir à Treit.
L'an mesme, lhy ver fut durs, aspre cl long et l'esté fort chault, dur et sèche,
car en quattre moys ne pleut, tellement que les herbes devindrent sèches avant
venir à parfaicte croissance et maturation. On ne eut aulcunes aveines, peu de 20
bledz et fut grande mortalité entre les pourceaux.
Le xiiii0 de may (1504), les vignes furent deslruittes par pluyes et grésil, et
furent les caues si grandes que aulcunes maisons furent renversées par
l'impétuosité de IVaue.
j. de L., 121. I^c xvme jour de décembre (1 SOS) ensuyvant, ledit seigneur Horne le Hardy *s
alla de vie à trespasse à Treict et fut son corps sépulture au frères Mineurs
que son père avoit fondés et i esloit enterrés. Les exêques furent faites à
Liège comme apparlenoit à telle personne.
" Passage omis dans S. — '' Note marginale de S. — • Ce passage ne se trouve que dans 2 et 4 ;
cf. t. I,p. 495. 30
CHRONIQUES DU XVIe SIÈCLE
Description des manuscrits des chroniques vulgaires liégeoises.
Ainsi que nous l'avons déjà dit plus haut, page 139, le nombre des chroniques
liégeoises écrites en français est considérable. Ce que nous avons conservé ne
5 constitue qu'une faible partie de ce qui circulait dans les bibliothèques des
couvents et des villes et dans les maisons des clercs ou des bourgeois lettrés
des XVIe, XVIIe et XVIIIe siècles. La nomenclature qui suit ne mentionnera,
sauf quelques rares exceptions, que les manuscrits conservés dans les biblio-
thèques publiques de l'Université de Liège, de la ville de Liège, de la
»o Bibliothèque royale de Bruxelles et des Archives de l'État à Liège. Ceux-ci
sont suffisamment nombreux pour établir, en toute certitude, un classement
que ne viendraient pas modifier des trouvailles postérieures de chroniques
aujourd'hui cachées dans des collections privées et ainsi dérobées à nos
investigations.
15 Au reste, ces chroniques sont le plus souvent copiées sur un modèle tradi-
tionnel qu'il n'est pas possible, pour le présent, d'identifier. Cet archétype, en
effet, ne peut être le manuscrit de Grégoire Sylvius, un des plus anciens qui
nous sont parvenus, car celui-ci omet des détails qui se retrouvent dans des
versions postérieures. Ce n'est pas non plus le manuscrit d'Olivier de Boulongne,
20 greffier du Conseil ordinaire, souvent utilisé par Foullon. Déjà à la fin du
XVe siècle, on signale une chronique de Liège de Jean du Chesne, de Hervé,
chanoine de Saint-Lambert, dont Wachtendonck, au XVIIe siècle, possédait
Tome II. 35
274 CHRONIQUES LIÉGEOISES.
l'exemplaire original (*), et une autre de Jean de Platea, doyen de Saint-Jean-
Évangéliste (*).
Parmi les manuscriis conservés an châleaii de Warfusée, se trouve une
chronique liégeoise de la fin du XVe siècle, qui a fait partie de la bibliothèque
du baron de Crassier et de celle du doyen Devaux. Elle a été écrite à Namuret s
pourrait bien être la source du manuscrit de Hocroi dont nous allons faire
mention (3).
Dans les manuscrits jadis conservés au château de \Y égimont, M. liorgnet
avait découvert, en 1856. une chronique intitulée : récollection d'aucunes
certaines geste* et souvenances du pays de Liège..., extraict hors d'un 10
vieulx certain libre et cronicq escript par un quidam, en son temps nommé
maistre Jehan Doulremeuse, et la copye antérieure d'icelle estoit escript
par S'' Jehan Ilusta, demeurant alors à Dinanl, ce fut l'an Af/CL1A,
le 25 de juleit (4). En recherchant les manuscrits de Jean d'Outremeusc. le
même savant avait signalé, en 18C4, à Rocroi. un manuscrit sur papier du 15
XVIe siècle, écrit par Arnold de Fumai, demeurant à Namur, et donnant sans
aucun doute la version commune des chroniques liégeoises jusqu'en 1539 (5).
Il faudrait donc vraisemblablement remonter jusqu'au XV' siècle pour
retrouver le compilateur qui en s'aidant des récits de Jean d'Outremeuse,
de Jean de Stavelot, Adrien d'Oudenbosch et Jean de Looz, composa une 20
histoire de Liège qui devint extrêmement populaire. Un autre continua cette
chronique jusqu'à la fin du règne de Gérard de Groesbeeck, date où s'arrêtent
beaucoup de nos manuscrits. Mais bien peu de copistes se donnaient la
peine de reproduire intégralement le récit des siècles plus éloignés ; ils
abrégeaient et modernisaient le texte primitif. L'est pourquoi le nombre des ss
manuscrits qui peuvent servir à reconstituer ce dernier sont si rares. Nous les
avons énumérés plus haut, page 144.
(*) Bal*u, Sources de l'histoire de Liège, p. 6a!).
l«) De Becdkuèvke, Biographie liégeoise, I. I, p. 173, et B. C. R. IL, 3e série, I. IV, p. 471, note.
(8, Cf les Nouveaux mélange* de Vulenfagne et E. Poswick, Manuscrits historiques sur le pays de 30
Liège dans le Bulletin des bibliophile! liégeois, t. I, p. 171.
(*) B. C. B. IL, 2« série, t. VIII, p. 422.
f) B. C. B. H., 3" série, t. VI, pp. 413-449.
CHRONIQUES DU XVIe SIECLE. 275
Les catégories dans lesquelles nous avons réparti les manuscrits dont nous
allons faire la description, ont été établies en tenant compte de la valeur de ces
documents pour l'histoire du XVIe siècle. Ce classement prêterait sans aucun
doute à de sérieuses modifications s'il fallait envisager la période des règnes des
s évéques de la maison de Bavière. Nous aurions pu réduire cette liste en
négligeant tous les récits qui abrègent fortement la version commune des
chroniques jusqu'à la fin du XVIe siècle Mais cette élimination n'eût pas
toujours été facile à faire. D'autre part, nous aurions laissé passer une excellente
occasion de donner l'inventaire complet et systématique de toutes les chroniques
io conservées dans les quatre grandes bibliothèques belges citées plus haut.
INous avons groupé celles-ci dans les catégories suivantes :
i° Chroniques donnant, pour le XVIe siècle, le texte complet et traditionnel;
i° Chroniques ajoutant à ce texte, parfois un peu abrégé, des détails
concernant les guerres de Charles-Quint et en particulier la chronique du
ib chanoine de tiesdignoul;
ô° Chroniques ayant utilisé la même source que Alélart;
4 Chroniques donnant une version abrégée mais complétée par des emprunts
à d'autres sources;
5U ..hroniques donnant une version très abrégée;
20 6° Chroniques donnant une version abrégée mêlée à des renseignements
d'histoire étrangère à Liège;
7° Chroniques abrégées rédigées sous forme d'annales;
6° Chroniques incomplètes;
b° Travaux de compilations uniques, c'est-à-dire n'ayant pas été imités;
25 t0° Enfin, pour être complet, nous signalerons les quelques chroniques
rédigées en latin, qui n'ont pas été mentionnées dans 1 introduction du
tome I (l).
(M La provenance des manuscrits sera donnée par les abréviations suivantes : B. R. = Bibliothèque
royale de Belgique, suivi de la cote du manuscrit, le numéro entre parenthèses est le numéro du
30 catalogue Van den Ghciu. — Un. Lg. = Bibliothèque de l'Université de Liège, le numéro entre
parenthèses est celui du catalogue imprimé de Grandjeau. — Ville = Bibliothèque centrale delà
Ville. — Arch. Lg. = Dépôt des Archives de l'Etat à Liège.
276 CHRONIQUES LIÉGEOISES.
1° Manuscrits donnant pour le XVI' siècle
le texte complet et traditionnel.
1. — B. R., IL 2734(6326).
C'est le manuscrit désigné A pour l'édition de la chronique abrégée de
Jean d'Outremeuse. s
Manuscrit mesurant 0ra375 X 0m284, de 257 pages en deux colonnes.
Chronique allant de la prise de Troie à 1370.
Inc. : An de la création nostre père Adam I1I1M1I1C et XIX, fut pris la
noble cité de Troie.
Ce manuscrit fournit le texte le plus ancien et le plus complet de la chronique io
abrégée de Jean d'Outremeuse. Pour les récils des XVe et XVIe siècles, il est
moins complet que les manuscrits de la classe B. Nous signalerons les quelques
passages du XVIe siècle qu'on ne retrouve pas ailleurs. Pour le règne de Gérard
de Groesbeeck, il redevient plus copieux, utilisant la même source que les
manuscrits 3 et 8 décrits plus bas. Le manuscrit s'arrêle brusquement en 1370. 15
2. — Ville, Coll. Capitaine, n° 133.
C'est le manuscrit désigné Bi pour l'édition de la chronique abrégée de Jean
d'Outremeuse. SI est souvent dénommé manuscrit Grégoire Sylvius.
Recueil factice constitué par l'assemblage de trois codices absolument
différents à l'origine, sans tilre, mesurant 0m29 X t'"193, avec trois paginations 20
différentes.
1° Le premier codex est une chronique liégeoise des origines à 1.jo3, illustrée,
pour chaque notice des princes -cvèques, d'armoiries et d'initiales ornées (J),
terminée en septembre 1373, comprenant 173 feuillets, suivie d'une table
alphabétique des matières en 10 feuillets (feuillets 17! à 183). -23
Inc. : Blasons des villes liégeoises : Bouillon, Hasselt, etc. et au folio 3 :
Julius en fut grandement courouchy...
Des. : Car l'an XPCLXXHI, en septembre, que je faisoii la fin de ce
(*) L'initiale du folio 77 v° porte dans une banderolle : diem tinte o. 1571.
CHRONIQUES DU XVIe SIÈCLE. 277
présent cronicque, ne l'est oit point eneor... L'an mesme (1S65), le ni" de
jung... fisl en la cité son entrée très fionnoi ablement avec laquelle, pour le
présent, nous mettrons fin à nostre hystoire et cronicque jusques à temps
plus opportun.
s La table se termine ainsi : fin, suivi d'un monogramme et de la devise :
J'endure pour parvenir. Au verso, le blason de la Cité de Liège supporté par
la double aigle impériale couronnée et entouré de la légende : Legia sis foelix
aquilae quae tuta sub alis semper et imperii fida fovere st'nw.Puis en dessous:
frater Gregorius Sylvius, sacre théologie prof'essor, ordinis fratrum
!0 predicatorum , Dei et Aposlolice Sedis gratia episiopus Tagastensis (1).
Nous pensons, contrairement à l'opinion généralement admise, que cette
note finale n'est pas la signature de l'auteur de cette chronique, mais tout
simplement l'indication du propriétaire du manuscrit. Cette chronique donne
un texte absolument identique à celui des autres manuscrits, dont quelques-uns
ib ont été copiés vers la même époque et d'après un modèle qui n'est pas le
manuscrit Sylvius, ainsi que le montrent de nombreuses variantes du texte.
Un personnage ayant la culture et ayant fourni une carrière aussi active que
l'évêque suffragant de Georges d'Autriche, Robert de Berghes et Gérard de
Groesbeek aurait, comme Chapcauville, composé une œuvre plus personnelle
20 et n'aurait pas consacré ses rares loisirs à reproduire la banale et traditionnelle
version du vulgaire. Si l'on veut rechercher un travail personnel de Sylvius
dans cet écrit, on le trouverait peut-être dans les notes marginales qui montrent
que le texte fourni par le premier copiste a été confronté avec d'autres sources,
et parfois complété ou corrigé.
2b La valeur de ce manuscrit consiste en ce qu'il nous donne le texte le plus
ancien et le meilleur pour les récils de la chronique vulgaire des XVe et
XVIe siècles. C'est lui qui nous servira de hase pour l'établissement des textes
de la dernière période.
2° Le second codex est un fragment constitué par les folios 174 à 517 d'une
50 autre chronique liégeoise écrite au milieu du XVIIe siècle, et rédigée sous
(t) Sur Grégoire Sylvius, évèquc de Tagaste, voir D. U. Berliêre, Les evêques auxiliaires de Liège
pp. 92-97.
278 CHRONIQUES LIÉGEOISES.
forme d'annales, de iijùo" à lou9. L'auleur de celle compilation s'esl parfois
servi de textes qui nous sont restés inconnus. Ce fragment commence au
folio 174, et comme la chronique de Sylvius finissait au folio 17~>, le relieur
qui a composé ce recueil factice a considéré cette seconde partie, dont récriture
et le papier sont cependant tout à fait différents, comme la continuation de la s
première chronique (2).
5° Le troisième codex renferme une copie, faite en 1622, du Miroir des
Nobles cl de la Guerre des Aivans et des Waroux de Jacques de llemricourt.
Cette partie a une pagination spéciale, folios 1 à 472, et est précédée de la
table des généalogies décrites dans le Miroir et de quelques pages d'un armoriai 10
sans texte.
3. — Arch. Lg., n° 1.
C'est le manuscrit désigné /J2 pour l'édition de la chronique abrégée de
Jean d'Outremeuse.
Manuscrit mesurant 0m3i S X 0™210, de 230 folios, sans titre. is
Inc. : Fondation de la cité de Tongres. Tongres et Turnus descendant des
Allemagnes...
Des. : C'esloit un prince qui avoit beaucoup endurez de mal pour garder
et tenir son pays en bonne paix.
il donne de la chronique abrégée de Jean d'Outremeuse et des relations des 20
XVe et XVIe siècles un texte complet et assez ancien. Il se termine avec le règne
de Gérard de Groesbeeck en 1580. Il est complété, folios 207 à 209, par la
copie d'un document intitulé : Ordonnance comment on se doibt tiser à la
venue d'un évesque de Liège et le sériment accousiumé (aide et ordonnée
l'an 44J8, i aoust, à la venue de M" Jehan de Valenrode, et, folios 209 ïs
à 250, par le rapport complet de Guillaume de Mecffe sur la mutinerie des
Kivageois, Ici qu'il a été publié par M. Polain.
(3) L'état délabré de la reliure de ce recueil permettra, lors de la restauration du volume, de
séparer ces trois codiecs absolument dissemblables. Le second et le troisième porteront la cote
Coll. Cap. 1552 et Coll. Cap. 1 35*. 50
CHRONIQUES DU XVIe SIÈCLE. 279
4. — Un. Lg.. 1966 (de Theux, 112).
C'est le manuscrit désigné D pour l'édition de la chronique abrégée de
Jean d'Outremeuse. Il est décrit dans le tome I, pages xxvm à xxxi.
5. — Un. Lg., 183 (768).
5 Chronique allant de la prise de Troie à \ 626, intitulée : Recueil des choses
les plus remarquables arrivées au pays de Liège et es environ.
Manuscrit mesurant 0m29 X 0raI9 de 254 folios. Il a appartenu au héraut
d'armes Jean Gilles Le Fort, et, à la fin du XVIIIe siècle, à L. Closquet, avocat
et greffier des Échevins de Liège.
io Inc. : Tongris et Turmis Gaulois retournants des Allemagnes passèrent
par la Haisbay...
Des. : lia est, L. Closquet, avocat et greffier en criminel et maintenant
de la justice souveraine de Liège, ce 27 juillet 17 Si.
Même texte que le n° 3, mais plus rajeuni. Il ajoute, folio 221 v°, le récit
15 abrégé de l'expédition des Bourguignons au pays de Franchimont en 1168.
A l'année f577, le copiste signale une lacune dans le manuscrit : « ce qui
manque icy du règne de Grosbeck et de l'élection d'Ernest de Bavier, on le
peut rechercher ailleurs ».
Le manuscrit s'arrête brusquement, en \6W, au milieu d'une phrase
20 commencée.
6. — Manuscrit Un. Lg., 7"2 (781).
Chronique allant de la prise de Troie jusqu'à la fin du règne de Gérard
de Groesbeeck, en 1580.
Manuscrit mesurant Vmki) x 0m!9 de 111 folios sur deux colonnes. II
25 provient du Collège des Jésuites à Huy. Il a appartenu d'abord à
D. Lampson.
Inc. : Van de la création d' Adam, nostre premier père, quattre mille
ri XIX, fut destrtticte Troye la grande...
Même texte que 3 et 4, mais parfois abrégé et modifié. On y trouve d'autre
part : folio 86 r°, une addition sur la découverte des Datins dans la cave des
Crama en 1433; la notice sur Heinsberg se termine par l'énumération des
280 CHRONIQUES LIEGEOISES.
maisons religieuses fondées sous son épiscopat; folio 91 v°, le récit abrégé de
l'expédition bourguignonne au pays de Franchi mont. Sur le règne de Gérard
de Groesbeeck, le manuscrit donne, jusqu'en 1570, une relation différente de
celle des manuscrits précédents. Elle sera donnée plus loin à la rubrique 2° de
ebaque année de ce règne. Après 1570, on retrouve le même texte dans tous s
les manuscrits.
7. — Manuscrit Un. Lg., 691 (779).
Chronique allant de la prise de Troie jusqu'à l'avènement d'Ernest de
Bavière en 1580.
Manuscrit mesurant 0m32 X 0m2i de 162 folios, avec armoiries en couleur io
des évêques.
Inc. : Tungris et Turnus en descendant des Allemaignes allèrent tant
par les bouscades...
Des, : Pages blanches où se trouvent de place en place des blasons des
princes-évêques jusqu'en 1724. lb
Texte semblable aux not 3 et o, mais rajeuni et abrégé. Pour la première
partie du règne de Gérard tîe Groesbeeck, nous trouvons la même relation qu'au
n° 6. Le récit se termine par la joyeuse entrée d'Ernest de Bavière à Liège et
par le texte d'une harangue en mauvais vers adressée par une jeune fille au
nouveau prince. 20
8. — B. B., 10289 (6535).
Chronique écrite en 1592 par Arnoul de Cange et allant de la prise de Troie
jusqu'en 1590. Elle provient de l'abbaye de Saint-Laurent de Liège.
Manuscrit mesurant 0m306 X 0m203 de 30! feuillets. Pour la description
de ce manuscrit, voir le Catalogue Van den Gheyn, n° 6ri53. La chronique 25
commence au folio 16.
Inc. : Tongris et Turnus en descendant Allemaingnc. allèrent tant par
les bocages...
Le texte abrégé dérive de la version du manuscrit n° 1. Il est désigné par C
pour l'édition de la chronique abrégée <!e Jean d'Outremeuse. Il s'apparente 30
aux nos 2, 3 et 5. Le règne de Gérard de Groesbeeck est donné, mais fortement
CHRONIQUES DU XVIe SIÈCLE. 281
abrégé, d'après le n° 6 et le n° 3 (après 4570) et est complété par plusieurs
notices ayant trait à l'histoire générale. Le manuscrit se termine, folios 275
à 275, par des annotations sur les années 1581 à 1590.
9. — B. R., 10322-23 (6534).
s Copie textuelle du précédent. Ce manuscrit, mesurant 0m289 X 0m19,
provient également de l'abbaye de Saint-Laurent. Il porte aussi des traces de
l'estampille de la Bibliothèque nationale à Paris.
Pour sa description, voir le Catalogue Van den Gheyn.
10. — Ville, 884 (de Theux, 258).
io Chronique allant de la prise de Troie jusqu'en 1581, prins hors de
plussieurs anciens livres, extraicl par moy Andrien Stoulen, l'an mille
cincque cent et octant.
Manuscrit mesurant 0m27 X 0m20 de 250 feuillets.
Inc. : L'an de la création d'Adam noslre premier père quatlre mille
io et XIX, fut destruicle par trayson...
Version remaniée et fortement abrégée de Jean d'Oulremeuse. Pour le reste,
texte conforme au n° 5. sauf pour la première pariie <!u règne de Gérard
de Groesbeeck,. racontée comme dans le n° 6. Le récit s'arrête brusquement à
la Gn du folio 250, au début du règne d Ernest de Bavière.
20 11. — Ville, 891 (de Theux, 148).
Chronique allant de la prise de Troie jusqu'à l'avènement d'Ernest de
Bavière.
Manuscrit mesurant 0m2i> x 0m19 de 478 feuillets.
Inc. : Table de la chronique: au folio suivant, folio 1 dune ancienne
-23 pagination, Tongris et Tornus descendant des AUemaigne...
Texte semblable aux nos 3 et 3. Une seule phrase sur l'an 1600 est ajoutée
d'une autre encre, au folio 469. Après deux feuillets blancs, on trouve un
court récit de l'entrée de Ferdinand de Bavière, puis, après dix feuillets blancs,
un petit poème intitulé : Heroica expeditio et illustria ac gloriosa gesfa
30 Joahnis de f^erl in provincia leodiensi, tnetisibus februarii, marlii,
Tome IL 36
28* CHRONIQUES LIÉGEOISES.
aprilis, maii, junii, anno 1636. Enfin deux pièces relatives à la querelle
des Grignoux : une proclamation à Messieurs les Bourgeois et le texte
français du mémoire adressé à Rome par le clergé primaire et secondaire, le
17 juillet I<i36, dont Douille et Foullon ont publié le texte latin.
12. — Ville, 888 (de Tlicux, 152). 5
Chronique intitulée : Recueil de plussieurt choeses au pays de Liège et là
entour advenues ef requiliées par Piere de la Croix, l'an io96, en moys
de juillet.
Manuscrit mesurant fJm30 X 0" 10 de 226 feuillets Après la mort de Pierre
de la Croix, il passa à son frère Daniel, croisier de Huy, qui le garda au nom io
de ses nièces Marie et Anne de la Croix.
Inc. : Quatre feuillets de table alphabétique des noms de personnes et de
lieux cités dans la chronique, puis, folio 1, commence le texte de celle-ci,
conforme au n" 7 et complété, folio 213 v°-214, par le récit du meurtre d'un
chanoine à Dînant en 1581, puis, après quelques pages blanches, folios 217-226, i
le poème de Jean Polit, intitulé : Leodinae provinciae principum res precla-
rae gestae ad Serenissimum Bavariae dueem Ernestum, patriae principern.
13. - Un. Lg., 1300 ou 778bis .
Chronique intitulée : La vraye histoire et cronique de la cité de Liège
depuis la prise de Troye la grande jusque l'an 1 580. 20
Manuscrit mesurant 0m3i.f) X 0m2l de 527 pages.
Inc. : Catalogue des burghemestres de. Liège commenchant l'an J51 0.
Des. : FA les gens Jean de JJ'cr le s'en allèrent or pour curiosité biaucop
de gen* de bnrgoy.
Il a été la propriété de Ferd. Henaux. Un passage du folio 458 v° montre 25
que celte chronique fut écrite en 1603.
Folios 3 à 20 : Liste des bourgmestres de 1310 à 1654.
Folio 21 : Liste des évêques.
Folio 23 : Chronique : A l honneur de Dieu et de la Sainte Trinité.
Tongris et Tournas en descendant des Alkmaingne... 30
Version un peu abrégée d'après nos 3 et 5.
CHRONIQUES DU XVIe SIÈCLE. 283
Le manuscrit se termine, folio 469, par la copie du traité d'alliance conclu
le 12 novembre toi 8 entre le Roi Catholique et les États du pays de Liège;
folio 4N0, par la relation de la joyeuse entrée de Jean de Horne, le
7 novembre 1484; folio 485", par des notes diverses sur des événements du
s XVIIe siècle.
14. — B. R, 11637 (6568).
Chronique liégeoise jusqu'en 1581.
Manuscrit mesurant O30 X 0m!5, ayant appartenu à la bibliothèque de la
maison de Gavre Doysseau.
10 Version complète, mais modernisée, conforme à 5 et 5.
15. — Un. Lg., 1369.
Chronique liégeoise jusqu'en 1582, intitulée : Chronique, paicilhart, paix
et autres ancienneté appartenant à G. B. Dominick, échevin de Brus et
et Glons sur Geer.
15 Manuscrit mesurant Gmi75 x 0ml 85 de 475 folios.
Inc. : Tillre des évesques de Tony r es, Maeslricht, Liège.
Des. : Table des bourgmestres de 1417 à 1665.
Folios 2 à llî : Liste des évêques.
Folio iO v° : Inventaire des reliques de ^ainl-Lambert, fait le 14 juin 1489.
20 Folios 12 à 15 : Table de la chronique, continuée aux folios 457 à 475.
Folios il à i64 : Chronique : L'an de la création de Adam, noslre
premier père... version un peu abrégée, conforme au n° 5 et au n° 7 pour la
première partie du règne de Gérard de Groesbeeck. Elle se termine par la liste
des évêques, d'Lmesl de Bavière à Jean-Théodore de Bavière (1744), écrite
is postérieurement.
Folios 178 à 196 : Recueil de jugements et coutumes du pays de Liège.
Folios 197 à 355 : Pawilhar liégeois.
Folios 356 à iOô : liecueil de coutumes liégeoises.
Folios 404 à 45J : Articles de coutumes du pays de Liège, par Ch. de Méan.
30 Folios 457 à 475 : Fin de la table de la chronique.
284 CHRONIQUES LIÉGEOISES.
16. - Ville, 883 (de Theux, 200).
Crotiicque de Liège escrit et colligèz avec diligence pnr le sr Philippe
Gordine de Liège, arec les armes et blasons de tous les évéques.
Manuscrit mesurant 0m34 X 0m22 de 235 folios.
Inc. : Trois feuillets contenant les armoiries en couleur des villes du pays s
de Liège.
Au folio S, les armoiries de la famille Gordine avec l'inscription suivante :
« Des anciens Gordine, seigneur bourgeois de Liège, est descendu honnorable
Philippe Gordine, lequel naquit en la noble cité de Liège, Tan de nostre
seigneur ! J05, et s'estant alliez à Madamoiselle Marie d'Orp, natif de Namur 10
ou Dinant, il décéda de ce monde le 14° jullet l'an 1631, estant aagé de 06 ans.
Et son fils, monsr Gérard Gordine, docteur de Namur, décéda le 21e de jullet
l'an 1649, aagés de 60 ans ». En haut de la même page, on lit : « L'an de nostre
seigneur 1(149, ce présent livre nous a estez donné pour mémoire par mon
frère maistre Gérard Gordine, docteur en médecinne de Namur, et at estez io
escrit de la propre main de feu mon père Philippe Gordine, environ l'an 1608,
dont j'en suis tesmoing, l'ayant plusieurs fois veu escrire. Par moy Natalie
Gordine, ahbesse des Bénédictinnes de Liège ».
Au folio 6 commence la chronique allant de la prise de Troie au commen-
cement du règne de Gérard de Groesbeeck. 20
Inc. : L'an de la création de nostre père Adam... Texte semblable aux
nos 3 et 5, mais fortement abrégé pour la partie antérieure au XVe siècle.
17. — B. R. 10258 (6§7i).
Chronique liégeoise jusqu'en 1606.
Manuscrit mesurant 0m27 X 0m19, ayant appartenu aux Jésuites en Fsle 25
de Liège.
Version complète, mais modernisée, conforme aux manuscrits 3 et 5, suivie,
folios 501) à 31 i, d'une liste des bourgmestres de Liège de 1417 à 1671.
18. — Un. Lg.. 1714.
Chronique de Liège jusqu'en 1609. ">o
Manuscrit mesurant i;n,29 X 0m19 de 17:> feuillets, sans titre.
CHRONIQUES DU XVI» SIÈCLE. 285
Inc. : Noms des évesques de Tongres, Maestricht et Lyege...
Version très abrégée pour le XIVe siècle, plus fournie au XVe et conforme
aux nos 3 et S pour le XVIe siècle. Elle donne dans son intégralité la relation
de Guill. de Meeffe sur la révolte des Rivageois.
s 19. — Un. Lg., 1745B.
Chronique liégeoise jusqu'en 1609.
Manuscrit mesurant Om:29 X 0">;20 de 175 feuillets, sans titre.
Inc. : Noms des évesques de Tongres, Maestricht et Lyege...
Des. : // fut redressé, achevé et les escolles ouvert pour enseigner la
10 jeunesse.
Version très abrégée pour le XIVe siècle, conforme aux manuscrits 5 et 7
pour les XVe et XVIe siècles.
20. — B. R., 13850 (6576).
Chronique liégeoise de 1642.
ib Manuscrit mesurant O^jIS X 0m208 de 210 feuillets.
Version complète, mais modernisée des manuscrits 2 et 3, jusqu'en 1573,
21. - B. R., 10-254-57 (6554-6557).
Chronique liégeoise en quatre tomes, illustrée des portraits des princes-
évêques Tome 1 : De la chute de Troie à lïlOJ ; tome II : de 1021 à 1389;
20 tome III : de î 58i» à 1557; tome IV : de 1537 à 1613.
Version abrégée et modernisée, conforme aux manuscrits 3 et 5.
Le seul passage inédit est, au règne d'Erard de la Marck, tome III, folio 60
une note relative aux Croix de Verviers.
22. - Ville, 897 (de Theux, 115).
25 Chronique liégeoise jusqu'en 1643.
Manuscrit mesurant 0ra31 x 0,195 de 535 feuillets, sans litre.
Inc. : Aux lecteurs. A l'honneur de la très excellente, Trinité....
Version très abrégée pour le XIVe siècle, plus complète pour le XVe et
XVIe siècle et semblable aux manuscrits 3 et 5, 6 et 7 pour Gérard de Groes-
ô beeck, très détaillée pour les régnes des princes bavarois.
28H CHRONIQUES LIÉGEOISES.
23. — Ville, 898 (de Thcux, 21.1).
Chronique liégeoise jusque 1649, intitulée : Chronicque ou recueil de
plusieurs choses advenues au pays de Liège e! enlour.
Manuscrit mesurant 0"»30 X 0m-I de 255 feuillets.
Ine. : Tongris et Turnus en descendant des Allemaignes... s
Version très abrégée pour les XIVe et XVe siècles, conforme à 3 el 5 pour le
XVIe siècle, sauf pour le règne de Georges d'Autriche, fort incomplet.
Une autre main a écrit les règnes de Robert de Berg et Gérard de Grocsbeeck
d'après les manuscrits 6 et 7.
Ce volume appartenait, en 1787, à un prêtre nommé Gerardi. io
24. - B. R., 18670 (6578).
Chronique liégeoise jusqu'en 1850.
Manuscrit mesurant 0m35 X 0m2i de 235' feuillets.
Jusqu'en 1575, copie textuelle des manuscrits 2 et 3.
25. Ville, 899 (de Theux, 147). is
Chronique liégeoise jusqu'en .'050.
Manuscrit mesurant 0mi95 X 0m185 de 578 feuillets, sans titre.
Inc. : Description de la Cité de Liège.
Version complète mais modernisée semblable aux manuscrits 3 et 5.
Pour le règne de Gérard de Groesbeeck, même texte que manuscrits 0 et 7 20
avec beaucoup d'additions. Pour le règne de ce prince, ce manuscrit forme donc
une source non négligeable.
26. - Un. Lg.. 1005 (842).
Chronique liégeoise jusqu'en 1677, intitulée : Chronicques de la noble Cité
et pays de Liège commençant à la fondation de Tongre, colligé à grande 25
diligence hors de plussieurs livres anciens el puis escrit par Hartholomé de
Fraisne, à la plus grande louange de Dieu et de la Pierge Marie et mon-
sieur Sainct Lambert, nostre bon patron, l'an mille siex cents huictante.
Manuscrit mesurant 0m31 X 0m195 de 345 feuillets.
Ine. : Aux lecteurs. A la louange de la très saincte Trinité. 30
CHRONIQUES DU XVIe SIÈCLE. 287
Des. : L'an 1611 ', le 12 août..., à raison de la prime dudit mayeur
GofpZn.
Version complète mais modernisée, semblable aux manuscrits 3 et 5', et
à 6 et 7 pour la première partie du règne de Gérard de Groesbeeck.
5 Des détails nouveaux complètent ce dernier texte.
2° Manuscrits donnant, outre le texte traditionnel, la
chronique de Hesdignoul et le récit des guerres
de Charles-Quint contre les Français.
26bis. - Un. Lg. Wiltert, n" 85.
io Chronique liégeoise jusqu'en 1 58-1 .
Manuscrit mesurant 0m31 X 0m20 de 391 feuillets ayant jadis appartenu
à la famille de Fabribeckers et plus récemment au baron Wittert qui l'a légué
à la bibliothèque de l'Université de Liège.
Pour sa description, voir J Brassinne, Catalogue des manuscrits légués
io à la bibliothèque de l'Université de Liège par le baron Adrien Wittert,
n° 85'. pp. 158 et 159.
Celle chronique est une œuvre de compilalion unique et pourrait à ce titre
être classée dans la neuvième série de cette liste. Nous la plaçons ici parce
qu'elle donne un des textes les meilleurs et les plus complets de la relation de
20 Pierre de Hesdignoul.
Pour les règnes antérieurs à Arnould de Horne, l'auteur reproduit la chro-
nique rimée de Jean d'Outremeuse et de nombreux extraits de la chronique
abrégée du même annaliste, juxtaposés à la première source, sans aucun souci
de se répéter. Après 1580, il suit plus fidèlement la chronique abrégée, puis la
25 chronique vulgaire en la complétant, de 1406 à 1482, par de longs extraits
d'Enguerrand de Monstrelel.
Au XVIe siècle, il résume le texte de nos manuscrits 2 et 3 en y insérant
également le rapport de Guillaume de Meeffe sur la révolte des fîivageois.
Au règne de Corneille de Berghes et Georges d'Autriche, le compilateur
288 ClinONIQUES LIÉGEOISKS.
insère entièrement la chronique de Hesdignoul et le récit des guerres de
Charles-Quint contre les Français et les Protestants d'Allemagne. La campagne
de 1554- est racontée au moyen de longs emprunts aux Commentaires de
Fr. de Rabutin sur le fait des dernières guerres de la Gaule Belgique...
(1551-1558) (*). s
Le règne de Gérard de Groesbeeck est raconté comme dans les manuscrits 7
et 8 et les manuscrits 27 et 28. Les événements survenus de 1569 à 1580
sont très brièvement résumés en une seule page. Le récit se termine par la
harangue en vers adressée à Ernest de Bavière lors de sa Joyeuse entrée.
Une main postérieure a écrit, folio 374, la liste des trois premiers successeurs io
d'Ernest de Bavière, sans la mention d'aucun fait de ces règnes.
27. — Ville, 892 (de Theux, 63).
Chronique liégeoise jusqu'en 1602.
Manuscrit mesurant 0m3l X 0m20 de 374 folios plus dix folios blancs
et sept folios de table; il a primitivement appartenu à Henri le Vesquerea, 15
maître du Lion rouge à Sainte-Marguerite.
Inc. : Description de l'évêché de Liège : l'évesché de Liège est voisine de
Seplenlryon....
Version complète, semblable, à celle des manuscrits 3 et 5. Au règne d'Erard
de la Marck, il reproduit, comme le manuscrit 1, folio 284, une note assez *u
étendue sur le pillage de Malines, en 1507, après la prise de Tirlemont, et sur
la déconfiture des Français à Saint-Hubert; au folio 286, des détails sur la
répression des pillards de Logne et la prise du château, en 1521 ; au folio 310,
une note assez longue relative à l'année 1541. Au règne de Corneille de Berghes,
et Georges d'Autriche, il complète le récit traditionnel par la relation de la 25
chronique composée par Pierre de Hesdignoul, chanoine de l'église collégiale
de Sclayn.
A la fin, folio 369 à 374>, une main plus moderne a ajouté quelques notices
sur les années 1602 à 1612, puis, après quelques pages blanches, la liste des
bourgmestres de Liège de 151)9 à 1677. 30
-
('} On trouvera ce récit dans Biciio.n, Collection des chroniques, t. XIII.
CHRONIQUES DU XVIe SIÈCLE. 289
28. —Un. Lg, 182 (789).
Chronique de Liège allant de la prise de Troie jusqu'en 1630.
Manuscrit mesurant Um3i X O^O de 360 feuillets.
Inc. : La fondation et noms des magistrats de la noble cité de Liège, de
5 1310 à 1653, suivie, folio 7 v°, de la description de l'évêché.
Puis commence la chronique, sous une autre pagination allant de la page î
à 490. Version abrégée, semblable à celle du n° 6. Pour le XVIe siècle, le
transcripteur compile diverses chroniques C'est ainsi qu'il mêle le texte des
manuscrits 3 et 5 à celui du manuscrit 7.7 et reproduit, mais sans citer le nom
io de l'auteur, la chronique de Pierre de Hesdignoul, puis la relation des guerres de
l'empereur, comme les manuscrits 52 et 96. Pour le règne de Gérard de Groes-
beeck, il suit les manuscrits 6 et 7. Le manuscrit se termine, pages 463 à 490,
par la relation de la Joyeuse entrée de Ferdinand de Bavière à Liège, le
7 janvier ! 615. publiée par AL L. Polain dans ses Récits historiques de l'ancien
15 pays de Liège, 4e édit., Bruxelles, 1866, pp. 309 à 336.
29. Un Lg., 179 (811).
Chronique liégeoise allant de la prise de Troie à 1677.
Manuscrit mesurant l)m30 X Omiy de 461 feuillets, sans titre. Il contient :
folios 1 à 8, table des choescs contenues dans le présent chronicque, 167a.
20 Folios ia à 17 : Catalogue des bourgmestres de Liège, de i599 à 1703.
Folios 21 à 382 : Chronique liégeoise.
Folio 392 : Copie du testament de Georges Louis de Berghes.
A ce manuscrit sont annexés deux imprimés : le tableau de la dévastation
du pays de Liège en 1746 et relation des cérémonies qui ont été obser-
25 vées à l'occasion de la barette et du chapeau que Sa Sainteté a envoyés à
S. S. Em. le duc Théodore de Bavière, évêque de Liège, par M^r Lazare de
Pallavicini. Liège, Kints, 1746 (*).
Pour la chronique abrégée de Jean dOutremeuse, ce manuscrit donne le
texte presque complet mais modernisé, comme le n° 5. Au XVe siècle, les
50 règnes de Jean de Heinsberg et Louis de Bourbon sont d'abord omis, puis
l') Cf. de Tbeux, Bibliographie liégeoise, col. Si ï et 0i6.
Tome II. 37
290 CHRONIQUES LIÉGEOISES.
repris plus loin, folios 243 à 254 v°, dans un bref résumé. Au XVIe siècle, il
suit la version des manuscrits 27 et 33 et reproduit en conséquence la chronique
de llesdignoul, à l'exception d'une lacune assez longue provenant de la perte
d'un feuillet. Les règnes de Bobert de Berghes et Gérard de Groesbeeck sont
racontés très brièvement. Le récit redevient plus détaillé pour Ernest de s
Bavière et surlout pour Ferdinand de Bavière où on trouve la copie de la
Tragédie de La Buelle avec la gravure représentant l'infortuné bourgmestre sur
son lit de mort.
30. Un. Lg., 440 (810).
Chronique liégeoise allant jusqu'en 1677. io
Manuscrit mesurant 0m29 x 0m19 de 543 feuillets, sans titre, donnant une
copie textuelle du manuscrit précédent.
Inc. : A l'honneur de la très excellente Trinité
Des. : Comme ils avaient faict passé deux trois ans avec grande con-
fusion. 15
31. Ville (Coll. Capitaine, 146).
Chronique liégeoise allant jusqu'en 1677.
Manuscrit mesurant 0m315 X 0m20 de 275' feuillets, sans titre.
Inc. : Table de tout ce qui est contenu dans ce chronique....
Des. : Sçavoir une à Mr. de Moreau, l'autre à Mademoiselle Lucion, par 20
quels lettres ils leurs....
Version abrégée, identique au n° 29. Après la chronique de llesdignoul, on
trouve divers propos et racontars sur Luther et les autres promoteurs d'héré-
sies. Le récit, terminé en 1677, est complété par quelques notes addilionnclles
de 1701 à 1704, interrompues brusquement. -s
32. —Un. Lg., 1463.
Chronique liégeoise allant jusqu'en 1702.
Manuscrit mesurant 0°53 X 0,205 de 190 feuillets sans litre, ayant appar-
tenu au docteur Alexandre.
Inc. : Table de tout ve qui est contenu dans la cronique.... so
CHRONIQUES DU XVIe SIÈCLE. 291
Des. : Puis être mis sur une roue sur laquel languissant mourut environ
les 8 heures et demi du soir
Version moderne et abrégée, apparentée à celle des manuscrits 28, 29 et 33,
ajoutant, outre les détails relatifs à Luther, la copie d'un édit de la reine
5 Elisabeth contre les catholiques. Ce manuscrit a été assez élourdiment copié sur
un autre : au folio toï. ligne 5, il relate un événement de 157M. puis continue
à la ligne suivante par le récit de l'assassinat du mayeur de Donceel en 1651.
33. Un. Lg., 990 (797).
Chronique liégeoise allant de la prise de Troie jusqu'en 1651.
io Manuscrit mesurant 0m3i X 0m20 de 55 ï feuillets, avec les armoiries en
couleur des évêques.
Version dérivée du manuscrit 27. Elle omet cependant la chronique de
Hesdignoul, sauf l'épisode de l'assassinat de l'hôtelière de Saint-Séverin, inter-
calé à l'an 1545. Le récit s'arrête à la fin du règne d'Ernest de Bavière, puis,
15 après quelques pages blanches, reprend, folio 45-) à 531, le règne de Ferdinand
de Bavière et, folios 552 à 554, le début du règne de Maximilen-Henri de
Bavière. Il s'arrête brusquement à la fin de la page.
34. - Un. Lg., 1743.
Chronique liégeoise allant jusqu'en 1631.
20 Manuscrit mesurant 0m27 x 0m18 de 423 feuillets, intitulé : Histoire
de Liège.
Inc. : A l'honneur de la Saincte Trinité.
Des. : Mais les affaires d Allemaingnc ne l'ai pas permitte.
Pour les XIVe et XVe siècles, version moderne et abrégée. Pour le XVIe siècle,
2s le récit est semblable à celui des manuscrits 28, 29 et 35. Chronique très
désordonnée au point de vue chronologique. Elle saule, folio 157 v°, de 1299
à 1465 et de 1465 à l'émeute des Rivageois en 1531, dont la relation est
interrompue, folio 184, par la reprise des événements de 1500 à 141)5. Puis le
récit de la mutinerie des Hivageois reprend, au milieu d'une ligne du folio 206.
50 Ceci prouve que ce manuscrit a été copié sur un autre dans lequel deux
cahiers étaient intervertis. Au règne de Gérard de Groesbeeck, on trouve une
292 CHRONIQUES LIÉGEOISES.
longue relation du séjour de la reine de Navarre à Liège, comme dans les
manuscits 5 et llli. Au règne d'Ernest de Bavière, on note un long récit de la
prise du château de Iluy, une copie du règlement des Dix Hommes de la Cité
du 24 janvier 159.) (J). Au folio 271, est insérée une Description du mer-
veilleux roiVwye de Guillaume Schouten de Home en Hollande, fait es ans a
4615, 4616, 1617. Le récit, s'arrétant à 1631, est complété, par une autre
main, de quelques notes additionnelles s'arrétant à 1048.
35. — Ville, 895 (de Theux, 212).
Chronique liégeoise se terminant en 1631.
Manuscrit mesurant 0m51 X <>m-0 de ."08 feuillets, sans titre, ayant appar- 10
tenu à Jean-Laurent Du Bois de Bois-lc-Duc, natif de Liège, écrit et continué
par Gisbert du lîois de Liège vers l'an 1706.
Inc. : Création du monde. Dieu incompréhensible cl infini estoit..,.
Version abrégée et modernisée, dérivée du texte des manuscrits 5 et 5' et,
pour le XVI6 siècle, des manuscrits 27, 29 et 53. is
36. Ville, 904 (de Theux, 149).
Chronique liégeoise se terminant en 1595.
Manuscrit mesurant 0m315 X 0m20 de 417 pages et sept feuillets blancs
sans titre.
Inc. : Description de ta Cité de Liège. 20
Des. : Index. — Le trésor de Huy pris par les Hollandais.
Version très abrégée et modernisée, utilisant pour le règne de Georges
d'Autriche la chronique de Hesdignoul comme les manuscrits 27 et 54.
(«) Reproduit dans B. I. A. L., t. V, p. S5.
CHRONIQUES DU XVIe SIÈCLE. 293
3° Manuscrits ayant utilisé la même source que Mélart.
37. Arch. Lg., n° 2.
Chronique liégeoise jusqu'en 1538.
Manuscrit mesurant 0ro31 x 0™-20 de 457 pages sans titre, avec armoiries
5 coloriées des princes-évêques. !! a éié écrit en 1662, ainsi qu'en témoignent les
passages suivants, page (;8 : ... /e fit translater à Liège, (le corps de
S. Materne) où il est eveor à présent, 1 '662, auquel an lui fut fait par le
chanoine Tabollel une belle casse..., et page 209, l'an / 489, fut commencée
à rebastir Véqlise de Saint-Lambert.... qui est celle qui se voit encor
to à présent 1 662, par ainsi elle est vieille de 475 ans.
Inc. : Dieu incompréhensible et infinis estoit auparavant toute chose....
Des. : Epitaphe d'Erard de la Marck. Les deux dernières feuilles,
pages 455 à 457 sont des fragments de la partie postérieure de cette chronique
relatant des faits de 1613. Cette partie est perdue,
ib Pour le XIVe siècle, cette chronique nous donne un texte abrégé et modernisé.
Mais à partir du XVe siècle, elle utilise la source qui a servi à Mélart et nous
retrouvons des deux côtés un texte idenlique, à l'exception des phrases de
transition qui semblent être le seul travail original du prétendu historien hutois.
Mais le compilateur de ce manuscrit a également connu la chronique tradition-
20 nelle qu'il résume brièvement entre des passages de sa source principale, ainsi
que des compilations plus spécialement consacrées à l'histoire religieuse. Nous
donnerons plus loin les notes additionnelles qui ne se retrouvent pas dans
Mélart et dans la chronique traditionnelle.
38. —Un. Lg., 174(805).
25 Chronique liégeoise de 1558 à { 688, intitulée : Sommaire historial
de Liège.
Manuscrit mesurant 0m357 x 0m21 de 960 pages.
Inc. : Cornelis de Berghes, fils du Sr de Berghes. ..
Des. : Le 24 d'aoust 1668, arriva dans Liège la fille de don Casiel
30 Roderich, gouverneur des Pays-Bas.
294 CHRONIQUES LIÉGEOISES.
C'est la suite de la chronique précédente, mais écrite par une autre main.
Nous y retrouvons, jusqu'à la fin du règne d'Ernest de Bavière, comme au
n° 37, les textes de Mélart mêlés à de brèves annotations tirées de la chronique
vulgaire traditionnelle.
Mais ce travail de compilation n'est pas fait sans erreur. C'est ainsi que les s
textes relatifs aux deux sièges consécutifs de Maestricht en 1576 et 1579 sont
confondus. Ce manuscrit est aussi apparenté au n° 45.
39. — Un. Lg., 658-G59 (795).
Chronique liégeoise allant de saint Hubert à la fin du règne de Ferdinand de
Bavière. io
Manuscrit en deux tomes mesurant 0m275 X 0m18 de 211 et 353 feuillets,
écrit par Martin Coppens. Ce nom nous est révélé tome I, folios 3 v° à 4 v°, par
une pièce de vers de 13 strophes de 4 vers, les lettres commençant chaque
strophe donnant en acrostiche le nom du copiste.
Inc. : L'an 699, l'évesque Hubert ayant quelque temps print son repos is
dans la ville de Maestrech....
Le tome I se termine avec le règne de Jean de Heinsberg.
Depuis Floribert, folio 9, en tête de chaque règne, est collé le portrait
de lévêque en gravure, et à partir do Henri de Gueldre, dans chaque règne, la
liste des bourgmestres de Liège. 20
A partir de lévêque Durand, folio 59, le texte est pris à la même source, mais
d'une manière un peu abrégée, que celui de Mélart et du manuscrit 57. Cette
source commune semble aussi avoir été utilisée par Chapeauville à partir
du règne d'Erard de la iMarek. Comme le n° 37, ce texte ajoute aux récits de
Mélart dos nimolalions extraites de la chronique traditionnelle. 25
Au règne de Georges d'Autriche, on note quelques additions omises par
Mélart : folio 107, noie sur les travaux des remparts et de la balte; folios 108
à 110, réformation des Vingt-Deux en 154 i. On constate dans Mélart,
pages 564-565 une lacune dans le récit allant de 1548 au 1 7 juin 1556. Cette
lacune est comblée par les folios 1 15 à Mo v° de ce manuscrit. D'une façon 30
générale, les indications chronologiques sont beaucoup plus précises dans ce
manuscrit que dans Mélart. Celui-ci s'arrête à la fin du règne d'Ernest de
CHRONIQUES DU XVIe SIÈCLE. 295
Bavière. Notre manuscrit y ajoute, folios 2*27 à 232 v° : quelques points de
remarques du temps d'Ernest de Bavière et, folios 235 à 553 v°, le règne
de Ferdinand de Bavière (d).
40. — Un. Lg., 676 (798).
s Chronique de Liège allant de Pria m et Bavon jusqu'en 1(334.
Manuscrit mesurant Om3i X *;m 20 de 404 pages.
Aux ïU premières pages, emblèmes coloriés avec inscriptions en vers tirées
de divers auteurs : pages S et 6, armoiries des villes du pays de Liège;
pages 13 à 19, liste des évêques jusqu'à Georges-Louis de Lierglies, des rois et
io ducs de Tongres, des comtes de Huy, de Moha, des marquis de Franchimont,
des comtes de Clermont.
La chronique commence à la page 22.
Inc. ; Nous trouvons dans les chronics du II ay natif, comme a écrit
Jacque de Guise....
io Le texte de cette chronique présente aussi de nombreuses similitudes de fond
et d'expressions avec le récit de Mélart. mais est cependant aussi différent des
manuscrits 57 et 59. Il s'arrête brusquement à l'année 1654.
41. — Un. Lg, 1013 (816).
Chronique liégeoise allant de la prise de Troie jusqu'en janvier 1704, inli-
20 tulée •• Chronicque des faits mémorables des princes, roys, ducs et évesques
de Tongres, Liège et Maestricht, ayant appartenu, en 1796, au prélocuteur
Grégoire Howet.
Manuscrit mesurant 0mi6 X 0mi8 de 427 pages, avec quelques feuillets
intercalés.
25 Inc. : Nous trouvons dans les chronicques de Haynault., .
Des. : /7 février.
Texte assez semblable au manuscrit précédent mais parfois un peu plus
développé. Ces deux manuscrits proviennent d'une même source que le n° 40
reproduit plus textuellement et ce manuscrit plus complètement. Ce dernier
30 (') Voir plus loin les notes additionnelles au texte de Mélart tirées de ce manuscrit.
296 CHRONIQUES LIÉGEOISES.
ajoute en outre ça et là des vers, des chronogrammes, folio 481 un long extrait
de Monstrelet sur le règne de Jean de Bavière. Le récit au XVI" siècle est
fortement abrégé et assez désordonné au point de vue chronologique. C'est
ainsi que le règne de Gérard de Groesbeeck débute par le récit détaillé de la
bataille de Gembloux. 5
A partir de 1688, le texte prend la forme d'un mémorial notant les événe-
ment mois par mois et s'interrompt, après janvier 1704, au milieu d'une page
déchirée. Pour le XVIIe siècle, texte semblable au n° 88.
42. — Arch. Lg., n° 5.
Chronique de Liège jusqu'en 1 654. le
Manuscrit mesurant 0m155 X 0mi92 de 217 feuillets, ayant jadis appartenu
à J. Body, curé aux Avins.
Inc. : Sancla tegia. Clironic de l'éveschée de Liège escril par Jean
de Ilarzée l'an 1643 el augmenté jusques à l'an 1653.
Des. : Noms des princes et seigneurs tassais et bénéficiers de l'égliese de 15
Liège, tiré de Hempricourt> l'an 1214.
Folios 2 à 5, 0 à 7, II, puis 10e et He folios après la chronique, emblèmes
coloriés avec inscriptions en vers tirés de divers auteurs latins ou français.
Folio 4, armoiries des villes et seigneuries de la principauté.
Folios 8 à 10, liste des évoques, des rois et ducs de Tongres, des comtes de 20
Huy, de Moha, de Clermont. des marquis de Franchimont.
La chronique commence avec une nouvelle pagination, pages f à 587 avec
le titre : Clironic des gestes et faicts mémorables des roys. princes, écesques
de Tongres, Mae&treck el Liège.
Inc. : Nous trouvons en ckronicqae de Haynault comme a écrit Jacques 25
de Guise....
Des. : El se donnant l'adieu avec de grands témoigyiages d'amitié et bonne
correspondance par ensemble...
Le texte est suivi d'une table en 9 folios non paginés, puis, folios i i et S 2. de
la liste des terres et seigneuries appartenant à léglise de Liège et que le Souve- 30
rain Pontife tient en sa protection, puis de la liste des princes et seigneurs
vassaux de 1 église de Liège en 1214.
Manuscrit abrégé du n' 39.
CHRONIQUES DU XVIe SIÈCLE. 297
43. — Un. Lg., 1014(802).
Chronique de Liège jusqu'en août 3665.
Manuscrit mesurant <im31 x 0m20 de 1086 pages, formé de 76 cahiers de
6 à 8 feuilles, portant Vex-libris de Henri Bailly, 1736. Il est intitulé : Chrn-
5 nicque du pays de Liège avec la fondation de toutes les chapelles, oratoires,
cloistres, couvents, églieses, hospitaux, paroisses et secondaires et l'année
quand ils ont estez érigez (pages 52* à 353); avec une table de tous les
saif-cls et sainctes du pays de Liège el le lieu où ils reposent (pages 325-
328); encor un abrégé de tous les remparts et fortifications de la ville,
10 nombre de tous les ponts et leurs noms et tout tes les ruts et ruelles de
la ville (pages 554-540); y joincts tous les privilèges, statuts el franchieses
de la Cité et pays de Liège, avec loulles les paix faicles el accordez par les
empereurs et roys (pages 1 i7 à 50'.') ; avec une liste de tous les maistres de
la Cité de Liège, premier esleu l'an 1 253 jusques à celle année 4663,
15 et pour les autres ensuivants (pages 510 à 521); puis la chronique des
évesques des villes de Tongre, Maestricht et Liège (pages 79 à 134, 541
à 655, 67 1 à 108i); item encor des roiis et dvcq de Tongres (pages 1 à 78).
Inc. : L'an devant l'incarnation de noslre seigneur J^sus Christ 2347 .
Des. : Mandement publié au péron de Liège, ce 27e janvier 1653 et
20 republié le 47 août 1665... Le manuscrit est inachevé.
Version abrégée et modernisée, assez semblable pour le XVIe siècle au
manuscrit 57 et par conséquent apparentée à Mélarl. On y trouve encore,
pages 134 à 145, description du pays de Liège; pages 656 à 671, paix et
accord conclu entre les Liégeois et Louis de Bourbon, le 19 avril J477;
as page 774, ordonnance du 20 août 1582 sur l'organisation de la justice.
44. — Ville, 902 (de Theux, 232).
Chronique liégeoise jusqu'en î6!JJ.
Manuscrit mesurant 0m265 X 0mi7 de §60 feuillets, plus 15 feuillets
blancs et 4 feuillets de table.
30 Copie textuelle du manuscrit précédent.
Tome II. 38
29K CHRONIQUES LIÉGEOISES.
45. -Un. Lg, i486.
Chronique de liège jusqu'en lG!i8, sans titre (').
Manuscrit mesurant (Jm27 X Om17o de 467 feuillets, portant Vex-libris de
Godefroid Gossuart, chanoine et écolâtre de Huy et chanoine d'Amay, en 1745.
Les 18 premiers feuillets manquent. s
Inc. : ... ennemis, lequel avec une leile impétuosité allât donner sur les
Flandruis...
Des. : Ayant encor coitsté bonne somme d'argent à la ville. Messieurs de
S'- Lambert.
Une écriture postérieure a ajouté quelques brèvis noies relatives aux princes- 10
évoques du XVIIIe siècle jusqu'au prince de Velbruck, extraites des chroniques
liégeoises d'Albert-Joseph Gossuart qui font suite à cette chronique. Puis,
folio 447, une délibération du Conseil municipal de Liège, du 17 novem-
bre 1790, relative à la démolition de la citadelle, puis, folio 450, institution des
prières de 40 heures dans la ville de Liège, le 30 juin t690. Après 5 feuillets is
blancs, des fragments d'une table analytique de la chronique.
Celle-ci, après l'histoire des princes d'Austrasio, donne, folio 52 v° à 54, la
liste des princes-évêques, jusque iMaximilicn-iienri de Bavière, continuée
postérieurement jusqu'au prince de Velbruck; folio 55, la table des saints et
saintes du pays de Liège et les lieux où ils reposent. La chronique des évèqucs 20
reprend au folio :i7 v°, avec en supplément l'oraison à saint Lambert, patron
des Liégeois (folio 96), la louange en vers de saint Hubert (folio 104), la des-
cription du pays de Liège (folio i 19), la louange en vers de iV'olgcr (folio 145).
C'est une compilation utilisant à la fois la version abrégée de la chronique
vulgaire et la source utilisée par Mélart. Four les XIVe, XVe et XVIe siècles, 23
les extraits de ces sources sont choisis d'une manière assez capricieuse et
souvent avec des erreurs de chronologie assez fortes. L'auteur raconte avec
d'abondants détails la guerre des Dinantais contre Charles le Téméraire en 1 466,
(') Elle est intitulée dans le supplément au catalogue «les manuscrits de la bibliothèque de
l'Université de Liège, donné par Grandjean en 1884 : Chronique de Liège dile des Chartreux. 50
l.a même dénomination a été donnée par Poswick à une chronique se trouvant au château de
Warfuséc, de 101) 1 à 1506, signalée par de Gei\laciie dans son Histoire de Liège, p. 175, et qui a été
écrite par le chanoine Van den Berch (cf. U. C. R. H., 2e série, t. VIII, p. 59G).
CHRONIQUES DU XVIe SIÈCLE. 299
ainsi que le sac de Liège en 1468. Dans îa courte notice consacrée à Erad de
la Marck, il insère in-txtenso le rapport de Guill. de Meeffe sur la mutinerie
des Rivageois. il note avant tout les incidents de la vie religieuse et les fonda-
tions d'établissements pieux. Au XVIIe siècle, il reproduit : le règlement du
s 15 avril 1603 touchant la réformation de la justice (folios 502-304); 2° l'apo-
logie catholique et chrétienne contre les déclarations, etc.. faite et écrite par les
Jésuites et l'interlocution de l'àme de Jean Hersin avec 1 ame du maréchal de
Biron (folios 310-323) (J); 5° la balance des revenus et dettes établie vers 1648
(folios 524-528) et beaucoup de pièces concernant la lutte entre Chiroux et
io Grignoux; l'apologie du fidèle liégeois pour la neutralité du pays de Liège
(folios 552 v-562) (2); la justice des armes de la princesse de liesse contre
l'évesque et pays de Liège (folios 362-370) ; le martyr de la neutralité innocente
des Liégeois (folios 374-383 (3), la capitation de 1649 (folio 589).
4° Manuscrits donnant du texte traditionnel
is une version très abrégée
mais complétée par des notes puisées à d'autres sources (4).
46. - Un. Lg., 029 (780).
Chronique liégeoise allant de la prise de Troie à la fin du règne de Gérard
de Groesbeeck.
-20 Manuscrit mesurant 0ra51 X 0m2i de 574 feuillets, plus 10 feuillets blancs,
16 pages de sommaire des faits et a feuillets blanes portant ïex-libris de
la bibliothèque Th. de Jonghe.
(») Cf. de Theux, Bibliographie liéyeoite, col. ) 337.
(ïj Ibid., col. 1 SI.
■25 i3) Ibid., col. 170.
(<■) En se basant sur son titre, il semble bien qu'il faudrait ranger dans cette catégorie le manuscrit
suivant qui se trouve dans la Bibliothèque municipale de la ville d'Aix-cn- Provence. C'est une chronique
des évoques de Tongres et de Liège, intitulée : Summaire et brief recueille des choses mémorables depuis
la première institution du jadis puissant et renommé royauime .. . de Tongres, aussy tes fondations
50 d'aucunes villes, villa jes et églises et monastères en iceulx royaulmes, cillé et pays, faictes doiz l'an 4302
avant la nativité de Nostrc. Seignt ur jusque! à t'an après sa nativité IS31 . Ce manuscrit a jadis appartenu
à Philippe Marotte de Montigny qui se trouvait, au 1" juillet 1(547, à Cologne. [B. C. li. 11., 1" série,
t. 11, p. 319.)
500 CHRONIQUES LIÉGEOISES.
Inc. : L'an de la création d'Adam, nostre premier père...
Texte établi en compilant plusieurs manuscrits. Le transcripteur annonce
qu'il traduit en langue moderne des écrits plus anciens. Sa traduction n'est pas
toujours exacte: il commet des erreurs de date; il lui arrive même de rapporter
les mêmes faits à deux dates différentes (par exemple en 1341 et 158I1, fonda- s
tion de l'hôpital de la Mère-Dieu : en 1517 et in'àO. la coadjutorcrie de Cor-
neille de Berghes). Parfois il groupe en les résumant certaines catégories de
faits et substitue alors sa rédaction à celle de ses textes (par exemple, folio "297 v°,
les travaux exécutés par Erard de la iMarck). Il note particulièrement les fonda-
tions de maisons religieuses, le prix des denrées, les phénomènes atmosphé- io
riques et, à partir de H 17, les élections des bourgmestres. 11 intercale aussi dans
son texte de nombreux documents, paix et ordonnances, à savoir :
Folio 2! 8 : La Paix des Seize ou de Tongres, 28 août 1403.
Folio 224 : La modération de la loi nouvelle ou loi muée. 28 décem-
bre ? 403. ,s
Folio 215 v° : Privilège de l'empereur Sigismond. 13 février 1415.
Folio 238 : Règlement de Heinsberg, 16 juillet 14-24.
Folio 26'' v° : La Pauline ou sentence du pape contre les Liégeois, 10 jan-
vier 1465.
Folio 279 : Paix de Tongres, 1484. 20
Folio 300 : Traité d'alliance du 20 décembre in: 8 et les privilèges accordés
aux Liégeois par Charles-Quint.
Folio 507 : Acte relatif à la translation de Saint-Lambert.
Folio 534 : Privilège de Charles-Quint dit la Caroline. 27 juillet 1531.
Folio 3*3 : déformation des Vingt-Peux de l'an 1545. 25
Folio 347 v : Les statuts du pays de Liège et comté de Looz, 1547.
Pour le XIVe et XVe siècle, version conforme, aux autres manuscrits.
A noter, folio 282 v% le serment de l'élu Jean de Home; folio 283. récit plus
détaillé de la mort de Guillaume de la 'iarek: folio 287, ostension des reliques
de saint Lambert en 1489 (cf. Chapeauville, III, p. 225). 30
Pour le règne d'Érard de la Marek. même source que Mélart et manuscrits
57, 58, 39 et 40. Pour le règne de Georges d'Autriche, le transcripteur a utilisé
la chronique de Hesdignoul et les sources des manuscrits 42, 82 et 85.
CHRONIQUES DU XVIe SIÈCLE. "01
47. — Un. Lg., 692 (800) .
Chronique allant de la création du monde jusqu'en f 66 i.
Manuscrit mesurant 0m52 X ^mi:l de "Â\l feuillets.
Inc. : Aptes que Dieu eûl créez le monde universel...
5 Dis. : Le manuscrit s'arrête brusquement au 3 novembre 1664.
Texte semblable, jusqu'au XIIIe siècle a celui du n° 48, puis drpuis cette
époque jusqu'à la Gn de Gérard de Groesbceck, au n° 40. On trouve aussi,
folio 34 v°, description de la Cité avec énuméralion des églises, des rues, des
ponts; folio 37, table des saints du pays de Liège; folio 38 v°, liste des bourg-
io meslres de Liège de 1255 à 1677, comme dans le manuscrit 43. Dans le règne
de Ferdinand de Bavière, folio 161 v". l'histoire du banquet tragique de
La Ruelle, comme dans les nos i9, 75, 74. Dans le règne de Maximilien-Henri
de Bavière, folio 208, dénombrement des maisons de chaque paroisse de Liège.
48. — Un. Lg., 418 (788).
15 Chronique allant de la création du Monde à 1612.
Manuscrit mesurant 0m285 x 0n19 de 418 pages, intitulé Les Histoires de
la ville de Liège. Il est écrit de la même main que le manuscrit n°51.
Inc. : Sonnet au lecteur. Puis, Au commencement du temps...
L'auteur de cette transcription s'attache avant tout à noter les fondations
20 d'églises, de maisons religieuses d'après Jean d'Outremeuse ('). Il cite volontiers
des vers : page 163, prière à saint Lambert; pages 181 à 185, complainte en
en l'honneur de saint Hubert: page 276, éloge de Wason. Aux pages 207 à 224,
on trouve une description de l'évêché de Liège avec une vue perspective de la
ville de Liège, gravée sur cuivre. Au XVIe siècle, le manuscrit donne, surtout
25 pour le règne d'Erard de la Marck, des détails qui ne se retrouvent pas ailleurs.
(») II parait cependant plus exact que Jean d'Outremeuse. M. Kurth a signalé les nombreuses
erreurs de ce dernier dans l'indication des dates de fondation d'églises (cf. Recherches sur l'origine des
paroisses de Liège dans Bull. Soc. d'aut et d'histoire du dioc. de Liège, t. XVI, p. 227). Il arrive
généralement que ce désaccord disparait de notre manuscrit, par exemple : fondation de Saint-Martin
30 en 1037 et non en 1046, de Saint-Thomas en 1041 et non en 1050, de Saint-Remi en 1040 et non
en 1048, de Saint-Clément en 1 128 et non en 1 122 ^cf. t. I, p. 14, n. 5, et p. 16, n. 1;.
302 CHRONIQUES LIÉGEOISES.
A noter aussi, folios 92 à 96, la table des corps des saints et des saintes
du pays de Liège, avec les lieux où ils reposent, comme aux n08 57, 45, 44, 47.
49. — Un. Lg., 991 (796).
Chronique allant de saint Servais jusqu'en 1650.
Manuscrit mesurant 0m31 X 0m'2(> de 26î> feuillets. s
Inc. : Saint Strvaix al eslé esleu évesque de Tongre et le premier de
Maestreick...
Des. : La chronique se termine brusquement au 21 août 1650.
Les notices d'évéques sont généralement très courtes et entremêlées d'autres
notices relatives à l'histoire religieuse : schismes et fondations de maisons reli- 10
gieuses, comme le n° 51. A partir du XVIe siècle, le manuscrit se borne pour
ainsi dire à recopier des documents et à mentionner les nominations de bourg-
mestres et les fondations religieuses. Au folio i 26, récit du meurtre de Dinant
en 1581, comme dans nos 55, 64 et 72, aux folios 156 à 195, récit de l'assas-
sinat de La Ruelle, comme au n° 72. lb
Voici la liste des documents intercalés dans cette chronique :
Mandement impérial impétré de Pévêque contre les bourgmestres et Conseil
de la Cité, 24 novembre 1571;
Libelle du révérendissime Gérard de Grocsbeeck contre les bourgmestres,
conseillers, jurés et 32 métiers; 20
Abrégé d'aucuns points principaux concernant la juridiction du prince de
Liège;
Réformation des Trente-Deux, 29 juin 161 ! ;
Plaintes faites à S. M. Impériale par Son Altesse l'évêque et prince de
Liège. 16:7; 25
Extrait des conclusions eapitulaircs du 21 juillet 1628;
Lettre de Son Altesse au baron de Linkoven, 1er août 1629;
Sauvegarde de Sa Majesté Impériale. 23 mars 1629;
Mandement de Ferdinand de Bavière, 21 août 1636;
Cri du perron du 17 novembre !62i> et autres pièces concernant l'assassinat 30
de La Ruelle;
Documents de la journée d'État de 1639.
CHRONIQUES DU XVIe SIÈCLE. 305
50. -B. R., 15792-93(6551).
Chronique des évêques de Liège,
Manuscrit mesurant 0m257 X (Jm!65 de 279 feuillets (voir la description
dans le catalogue Van den Gheyn).
5 Chronique rédigée sous forme d'annales mentionnant surtout les nominations
des bourgmestres de Liège et les fondations d'œuvres pieuses II donne aussi en
entier le texte de la translation des reliques et de la procession de Saint-
Lambert et en outre, la copie du diplôme impérial du 16 octobre 1 57 î et d'un
libelle du prince contre la Cité. Le récit est fort documenté pour le XVIIe siècle.
10 Manuscrit apparenté au précédent.
5i. — Un. Lg., 539 (773).
Chronique liégeoise allant de Noé à l'année 1442.
Manuscrit mesurant 0m275 X 0ml85 de 144 feuillets.
Inc. : Noël, fils de Lantech estant pour tores aagé de 600 ans...
15 Des. : Manuscrit incomplet, la fin est enlevée.
Manuscrit écrit de la même main que le n° 48 et donnant le même texte,
excepté les vers à saint Lambert et à saint Hubert et la description de l'évéché
de Liège. Il ajoute certains extraits conformes aux manuscrits ordinaires.
52. Ville, 882 (de Theux, 155).
•20 Chronique allant de la prise de Troie à l'année 1 56 i, écrite par Grégoire
Collin en 1633.
Manuscrit mesurant 0m31 x 0m 1 9 de 381) feuillets. Le transcripteur annonce
qu'il a écrit de la main gauche, comme est aussi écrit le manuscrit 62.
Inc. : L'an de la création de nostre premier père Adam...
-25 Aux XIVe et XVe siècles, version abrégée et modernisée, complétée,
folios 116v° et 161, par des citations de Sigebert et, folio 259 v°, des Annales
du Hainaut. A noter aussi la copie de l'ordonnance de Charles, duc de
Bourgogne, du 28 novembre 1467 et, folio 298, des extraits de Phil. de
Commines et de l'inventaire de France du temps de Louis XI.
50 A partir du règne de Louis de Bourbon, le texte s'écarte des manuscrits
traditionnels, tiu règne de ce prince, il ne donne que les faits principaux : lutte
entre Dinant et Bouvigne, destruction de Binant, prise de Saint-Trond, pillage
304 CHRONIQUES LIÉGEOISES.
de Tongres. sac de Liège, expédition de Charles le Téméraire au pays de
Franchimont, attaque de Guillaume de la Marck, mort de Louis de Bourbon.
Pour le XVIe siècle, texte abrégé assez semblable au n° 116, avec les additions
suivantes : folio 554, récit d'un témoin oculaire du siège de Dînant en 1554;
folio 5.17. chanson sur la bataille de Saint-Quentin, après laquelle est écrite la s
note dévoilant la personnalité du copiste : A (celle journée, Nicolas Garnier,
alias Colin, grand père de Grégoire Colin, lequel avoit escripl l'originel du
présent cronick, l'an 1655. Le dit Nicolas y mourut estant au service de
l'empereur.
On trouve en appendice, après quelques feuilles blanches : folios 346-552, io
répartie du corps de Liège à certains manifestes en date du 27 mars 1636;
folios 554-557 v°, ordonnance de Mes" les bourguemestres de Dînant pour les
gardes, 1610; folios 560 à 588 v°, Compte de la ville de Dînant, 16^6;
folio 589. lettre de l'empereur Ferdinand II aux estât de la ville de Liège,
15 août 1655; folio 566, les armoiries des villes de la principauté intercalées 15
dans le compte ci-dessus.
Ce manuscrit se trouvait jadis au château de Betho et a été décrit par
S. Bormans (ti. C. Il //., 2e série, t. XII, p. 502).
5° Manuscrits donnant une version très abrégée 20
du texte traditionnel
sans emprunts importants à d'autres sources.
53. — Ville, 881 de Theux, 154).
Chronique allant de la prise de Troie jusqu'en 1551.
Manuscrit mesurant 0m28 X 0m18 de 12 et de 255 feuillets, intitulé Chro- 25
nicque de Liège commençante la fondation de Tongre, etc la fondation
de la très puissante et nobl- cité de Liège par Monsieur Saint- Hubert, des
princes d'icelle jusque* à Groesbceck et beaucoup d'adjouslements derniers
escrits par extraits faits de, plusieurs autres cronicques.
Inc. : Table des matièrer, de la Chronique. 30
Des. : L'an XVCL11II, fut prinse Marienbourg par apprintest.
Une main postérieure a ajouté le récit des événements de 1675 à 1681.
Rédaction fort abrégée, semblable au n° 121.
CHRONIQUES DU XVI» SIÈCLE. 30S
54. — B. R , II, 2322 (6370).
Chronique de Liège jusqu'en 1560, ayant appartenu, en 1595, à Simon des
Marelz, receveur général de la mense épiscopale.
Version fort abrégée, d'après le manuscrit a" 7. Pour la description, voir
5 le catalogue Van den Gheyn.
Le volume se termine, folios 357-366, par le poème de J. Polit, Leodinae
provinciae, etc., signalée au n° 12.
55. Un. Lg,6i9 (782).
Chronique allant de saint Lambert jusqu'à l'avènement d'Ernest de Bavière
iû en 1581.
Manuscrit mesurant 0m3i X 0m20 de 339 pages. Les dix-huit premières
pages manquent.
Inc. : S. Lambert, le 20e évesque de Maestricht, fils d'Apert, comte
de Looz...
13 Texte fortement abrégé d'après nos 3 et 5. Il fournit, pages 275-276, quelques
détails sur la mort de Guillaume de la Marck en 1484 et, page 505, sur le
procès des chanoines de Saint-Martin en 1563. Le manuscrit s'arrêtait primiti-
vement là. Il a été continué dans la suite, au XVIII" siècle, par une autre main,
en reproduisant la version donnée par le manuscrit 7, puis les deux pièces qui
20 terminent le manuscrit 12. Enfin, la même main du XVIII8 siècle a transcrit
quelques extraits de la Gazette de Liège de l'année 1784, donnant la relation
des funérailles du prince de Velbruck.
56. — Ville, 886 (de ïheux, 64).
Chronique allant de la prise de Troie jusqu'en 1581.
as Manuscrit mesurant ()m_6 X <!ra18 de 753 feuillets. Le premier manque;
à partir d'Mrard de la Marck, armoiries des évêqucs tracées à la plume. Il a
appartenu à Jean-Pierre de Jozé. Version remaniée et par endroit fortement
abrégée d'après le texte des manuscrits 3 et 5. Le récit est brusquement inter-
rompu au commencement du règne d'Ernest de Bavière et se termine par cette
30 phrase : An mesme, le premier jour dejullel, partit l'évesque de Liège pour
s'en aller à la journée impériale qui se devoit tenir à Augsbourg.
Tome il. 39
306 CHRONIQUES LIÉGEOISES.
57 — Ville. 8S7 (de Theux, 199).
Chronique allant de la prise de Troie jusqu'en 1581.
Manuscrit mesurant Omi)(> X <'™2'> de 225 pages à deux colonnes avec
armoiries des évoques et autres dessins à la plume. Écriture du X\T siècle,
très soignée, en rouge et noir. s
Inc. : L'an de la création de Tongre (sic) selon la plus grande compila-
tion qu 'tire mille nevffz cents et deux.
Des. : Le douzième de jullet, tempeste après dinê, tombèrent des gresles
à la grosseur d'une geitle en grande quantité. Le manuscrit s'arrête brusque-
ment à la fin de la page. 10
Version très abrégée. C'est moins une chronique proprement dite qu'un
sommaire du contenu ordinaire des chroniques connues.
58. — B R.. 10324-25 (6559-60).
Chronique liégeoise jusqu'en 1581, intitulée : Croniques de Liège commen-
çant à Tongres. premier roy de Tongres jusqu'à Gérard de Groesbeek, is
60e prince et écêque, qui mourut en 458t , escripl par Tliomas Josses,
prins dehors de vieux registres.
Ouvrage en deux tomes, mesurant 0m28 X 0«»204 de 202 et 182 feuillets.
Version abrégée et modernisée, donnant en entier le rapport de Guill. de Meeffe
sur la mutinerie des Kivageois. 20
59. — B. R., 72*6(6569).
Chronique liégeoise jusqu'en 1585, écrite en 1616, ainsi qu'en témoigne le
faux titre de la chronique, folio 4.
Manuscrit mesurant i)m27 X 0mi8 de 239 feuillets. Version abrégée et
moderne, conforme à 5 et 5, donnant, au règne de Corneille de Berghes, 25
la chronique de Hesdignoul.
60. — Un. Lg., 541 (783).
Chronique allant de la prise de Troie jusqu'en 1589.
Manuscrit mesurant (im^9 X 6m2 j de 70 feuillets.
Inc. : Tongris, premier roy de Tongres descendant des Allemagne... 30
CHRONIQUES DU XVl« SIÈCLE. 307
Version très abrégée, incomplète, ne donnant que quelques faits sur chaque
règne, avec des erreurs de dates et des interversions de faits. Au XVI8 siècle,
les notices de chaque règne des princes-évêques sont également très brèves,
mais utilisent des sources autres que la chronique traditionnelle. Une des notes
s sur Georges d'Autriche se retrouve dans le manuscrit 1, d'autres dans le
manuscrit 96: le siège de Dinant en 1554 est raconté comme dans n" 52, 53,
61 et 62; l'histoire du coffre comme dans nos 27, 61 et 62; l'ambassade du
comte de Meghen comme 29, 62, 70; l'origine du nom des gueux comme 62; le
passage des Ecossais en 1576 comme 29 et 70; le siège de Maestricht comme 29.
10 Le catalogue de la Bibliothèque de l'Université de Liège signale dans ce
manuscrit des détails nouveaux et curieux sur la bataille de Steppes et le Mal
Saint-Martin, mais le récit de ces événements est identique à celui qu'on trouve
dans les autres chroniques.
61. — Ville, 890 (de ïheux, 161).
15 Chronique liégeoise jusqu'en 1598.
Manuscrit mesurant 0m29 X 0m19 de 214 feuillets; les vingt-deux premiers
manquent.
Inc. : Icy commence la cronicque de la fondation de Liège. L'an chincq
cens six, le chasteau de Chèvremont qu'avoit faict fondé Tongris...
20 Des. : Publication de la paix de Vervins en mai 1598. Version très abrégée,
d'après le manuscrit n" 12 et spmblable au n° 55; folio 194 v°, siège de Dinant
en 1554 avec réminiscences de détails du siège de 1466; folio 197, prétentions
du comte de Meghen; folio 202, meurtre d'un chanoine à Dinant, comme
dans 12, 29 et 55.
as 62. — Ville, 879 (de Theux, 156).
Manuscrit mesurant 0m32 X 0m^0 de 23i feuillets.
Il contient deux chroniques La première, folios 1 à 154. allant de la prise de
Troie à la fin du règne de J<;in de ileinsberg, avec en marge les armoiries en
couleur des évêques, écrite, d'après l'auteur, de la main gauche.
50 Inc. : L'an dtlle ci éation d'Adam, nostre premier père... Version conforme
au manuscrit 6.
308 CHRONIQUES LIÉGEOISES.
Folios 155 à 259. autre chronique commençante Louis de Bourbon et allant
jusqu'en I60~>, intitulée le Troisième lirre des faicl et gestes de Liège,
jusqu'à Gérard de (iroesbeeck Le quatrième livre commence avec le règne
d'Ernest de Bavière. Version incomplète et défectueuse, avec de nombreux
bouleversements de la chronologie d'après les manuscrits 3, 5 et 96. Dans le o
règne d'Erard de la Marck, nous trouvons trois pièces qui ne sont pas dans les
autres manuscrits; folios 190 à 193, la réponse des 32 métiers au cardinal
sur le fait des enquêtes contre les hérétiques; mandement du cardinal aux
32 métiers suivant les articles susdits; réponse des 52 métiers au susdit
mandement (i). in
63. — B. R., 19597 (6572).
Chronique liégeoise jusqu'en 1608.
Manuscrit mesurant 0m2:> X Om17 de 248 feuillets, avec armoiries coloriées
des princes-évêques et dessins à la plume. Il provient de l'abbaye de Stavelot.
Version fort abrégée et modernisée.
64. —Un. Lg, 181 (787).
Chronique de Liège allant de la prise de Troie jusqu'en 1 609.
Manuscrit mesurant 0m31 X 0m19 de 268 feuillets, ayant appartenu à
Arnould \iolin, prêtre bénéficier de Notre-Dame de Iluy.
Inc. : A l'honneur de la très Saincte Trinité... -°
Des. : Table des choses contenues en ce chronique... Zuster acquise par
Johan, évesque de Liège.
Version identique au manuscrit 28 jusqu'en 1451. A partir du règne de
Jean de Horne, le texte est très abrégé. Les règnes de Gérard de Groesbeeck et
d'Ernest de Bavière sont un peu plus détaillés et utilisent une source autre que 25
le manuscrit 28.
(M Ces documents se retrouvent aussi dans le pawilhart n° 482 de l'Université de Liège, fol. 770,
et sont publiés dans le H. C. R. H., t. LXXXV'lil, p. 1-26.
CHRONIQUES DU XVI' SIÈCLE. 309
65. — Ville, 889 (de Theux, 257).
Chronique liégeoise allant jusqu'en 1615, intitulée : Brieff recueil des
choses lis pltis mémorables advenus au pays de Liège dès son commence-
ment, recueillies hors diverses escripts, escript à la main et commencé par
s moy Marque delFyse, le 29 de juiny 1398, à Follongne.
Manuscrit mesurant 0m22 x 0ml5 de 18a feuillets.
Inc. : Tonyre fondé l'an de la création 933...
Version très sommaire, avec beaucoup d'erreurs et une chronologie défec-
tueuse.
V3 66. — Un. Lg., 630 (792).
Chronique allant de la prise de Troie à l'année 162a.
Écrite par Gaspar de le Vaulx en 1610.
Manuscrit mesurant 0m30 X 0m19 de 550 pages, portant l'ex libris de
Th. de Jonghe.
\b Inc. : L'an de la création du monde...
Version très abrégée. Le règne de Gérard de Groesbeeck est raconté comme
aux manuscrits 3 et ri6, avec quelques additions et un vers relatif à une crue
de la Meuse en 1571 qu'on retrouve aussi chez Mélart. A partir d'Ernest de
Bavière, le texte est le même que dans le manuscrit 75.
20 67. — Arc». Liège, n° 3.
Chronique de Liège jusqu'à 1628, intitulée : Croniques de la noble Cité de
Liège, commençant à la destruction de Stroit, colligée à grande diligence
hors de plusieurs livres anciens et puis escrit par A. Uumont. Une autre
main a corrigé de « Stroit » en Troye et ajoute : descrit par M. Joannes Goffin,
25 anno seplante et seize cent (anno 1670).
Manuscrit mesurant 0raô3 X 0m20 de 189 feuillets.
Inc. : Aux lecteurs. A la louange ds la très saincle Trinité..., écrit par
Anthoine du Mont..., anno 1651.
Des. : 1628, 28 octobre, siège de La Rochelle.
50 Version abrégée et modernisée. Le règne de Gérard de Groesbeeck est appa-
renté aux n0' 6 et 7.
310 CHRONIQUES LIÉGEOISES.
68. — B. B., 18664-68 (6574).
Chronique liégeoise jusqu'en 16^9, écrite en 1670 par J Balaes.
Manuscrit mesurant Um.M3 X 0m20 de 237 feuillets, avec armoiries des
évêques.
Inc. : Armoiries des évêques. g
Des. : L'an 4629, le 25 de septembre, périrent et furent misérablement
suffoqué 36 ouvriers dans une fosse.
Version très abrégée pour les XIV6 et XVe siècles; un peu moins succincte
pour le XVI6 siècle. Le règne de Gérard de Groesbteck est narré d après les
manuscrits 6 et 7. On note encore : folios 16 26, nomenclature des chanoines io
de Saint-Lambert devenus papes, cardinaux, archevêques et évêques;
folios 26-">^, notes diverses sur l'histoire de Liège; folios 40-5!), noms des
abbés de tous les monastères du pays de Liège et circonvoisins, avee le temps
de leur administration et Tannée de leur mort; folios 64 à 71, liste des bourg-
mestres de Liège, 1272 à 1701. Celte chronique est signalée dans B. C. M. H , is
1" série, tome V, page 415.
69 — B. R., 4749-52(6375).
Chronique liégeoise jusqu'en 1630; écrite, en 1635, par Antoine du Mont
de Bochefort, bourgeois de Liège, et ayant appartenu au grand greffier
Beeckman. 20
Manuscrit mesurant 0m31 X 0,205 de 422 feuillets. Voir la description
complète dans le catalogue Van den Gheyn.
Version très semblable à celle du manuscrit précédent. Au XVI6 siècle,
la chronique traditionnelle est complétée par des notes d'histoire générale
insérées sur un feuillet spécial et écrites par une autre main. Une troisième main 2o
a ajouté, beaucoup postérieurement, la mention d'une grande tempête survenue
le 18 décembre 1725.
70. —Un. Lg., 180 (793).
Chronique allant du roi Piïam jusqu'à l'année 1631.
Manuscrit mesurant 0m28 X 0m20 de 203 feuillets. 30
Inc. : L'an de la création du monde 2770...
CHRONIQUES DU XVI" SIÈCLE. 3H
Des. : La chronique se termine, folio 226, à l'année 1631. Elle se donne
comme complète, étant terminée par le mot : Gn.
Ce manuscrit appartenait à Rémi Lambrecht et était copié d'un semblable
appartenant à Jean Horson, préloculeur.
s Version très abrégée jusqu'en 1581, si ce n'est un récit plus long de la prise de
Liège en 1468, emprunté à Pli. de Commines, et, en 1554, un récit de la prise
de Dinant, comme au manuscrit n° ni. Le texte devient plus détaillé à partir
de Gérard de Groesbeeck, où il donne des notes identiques aux manuscrits 29,
60 et 61, Le règne de Ferdinand de Bavière commence par une harangue en
io vers et n'est pas sans intérêt.
71. — Ville, 896 (de ïheux, 159).
Chronique allant de la prise de Troie jusqu'en 1636, avec deux courtes notes
de 16i0à «643.
Manuscrit mesurant 0m28 X Ûmi8 de 528 pages. Le premier feuillet a été
is enlevé et remplacé par cinq autres feuillets d'écriture plus récente.
Texte semblable à celui des manuscrits 06 et 74.
72. — Un. Lg., 543 (794).
Chronique allant de la prise de Troie jusqu'en 1 580 et continuée de plusieurs
autres mains jusqu'en !6"j7.
20 Manuscrit mesurant 0m30o X 0m205 de 20i feuillets, ayant appartenu à
François Dumortierde Liège et, en 17i6, à Dawionpuis.
Inc. : Sur l'an de la création de nostre premier père Adam.
Version fort abrégée jusqu'au règne de Gérard de Groesbeeck. Celui-ci est
raconté comme dans le manuscrit 5, avec quelques détails nouveaux sur le
25 siège de Maestricht.
Les règnes d'hrnest et de Ferdinand de Bavière ont été écrits par une autre
main. On y remarque, folios 179 à 188, le texte de plusieurs ordonnances et
folios 189 à 201, le récit du banquet tragique où périt La Kuelle.
Le manuscrit se termine par deux annotations trouvées dans un autre
30 manuscrit et relatives à la mort tragique d'un archidiacre en 1199, à la
construction du tombeau d'Lrard de la Mark en 1528 et à la farce macabre
jouée au Cardinal par le prieur des Ecoliers .
312 CHRONIQUES LIÉGEOISES.
73. -Un. Lg.,631 (791).
Chronique allant de la prise de Troie jusqu'en 1639.
Manuscrit mesurant Om:29 X 0«»l8 de 239 feuillets.
Inc. : A l'honneur de bien... L'an de la création noslre Seigneur Jésu-
Christ... Ce premier feuillet a été recopié postérieurement ainsi que les 5
folios 18,81 et 82.
Version fort abrégée et modernisée, divisée en trois livres comme dans les
manuscrits 53 et 121. Pour le XVIe siècle, texte semblable au n° 7. Au règne
d'Krnest de Bavière, on trouve : folio iGO. harangue de la jeune fille à Ernest
de Bavière; folio 162, relation du banquet du 18 juillet lî>81; folio 203 v°, 10
relation véritable quy s'est passé en la ville de Tillemont par l'armée françoise
et bollandoise; folio 211, remarque, chose admirable, notable sur la funeste
mort de M* le bourguemestre de La Ruelle. Le manuscrit s'arrête brusquement
à la fin d'une page.
74. — Un. Lg., 1044 (799). is
Chronique de Liège allant jusqu'en l'an 1639, intitulée : Snmmaire et brief
recueille des choses mémorables depuis le premier institution de jadis
puissant royaulme et fondation de la noble cité de Tongre.
Manuscrit mesurant 0">3^ X 0.21 de 362 feuillets.
Même écriture et même texte que le manuscrit 66, jusque l'an 162?). Le 20
récit est continué jusqu'en 1639, comme dans le manuscrit précédent. A noter,
dans cette continuation, folios 314 à 319, un long récit de la prise de Tirle-
mont en 1635; folios 327 à 330, le récit de la mort de La Buelle d'après un
témoin oculaire, en 1637.
75. — Un. Lg.. 634(814). «
Chronique liégeoise allant jusqu'à l'année '649.
Manuscrit mesurant 0m2a X 0™i6de 228 folios, intitulé: Chronique de
Liège et portant l'ex libris de la bibliothèque de Th. de Jonghe.
Inc. : Table de fa chronique
Des. : ... s'est toujours vendu dix liards le pot dans les tavernes de Liège. 30
Version très abrégée jusqu'à la fin du XVIe siècle, sauf pour le récit des
CHRONIQUES DU XVI* SIÈCLE. 313
événements de 1467 et 1468, la mutinerie des Rivageois en 1531, le siège de
Dinant, raconté comme les manuscrits (5! et 6i. Il y a quelques détails inédits
pour le règne d'Ernest de Bavière, entre autres, folio ISO v°, une pasquillc, et
pour le règne de Ferdinand de Bavière, des lettres relatives au meurtre de La
y Ruelle, publiées en !868, par Ul. Capitaine.
76. — Un. Lg., 1263 (798bis).
Chronique de Liège s'arrêtanl au 8 avril 1654.
Manuscrit mesurant Gm20 X 0mS6 de 139^feuillets, contenant, outre la
chronique, un traité des armoiries tiré du trésor héraldique par le R. P. Sil-
10 veslre, jésuite.
Le manuscrit commence par des vers latins ornés d'enluminures, puis donne,
folio il, les armoiries des villes liégeoises, puis la liste des papes et des évêques
de Liège, puis une courte vie de sainte Anne.
La chronique débute comme suit : Nous trouvons dans la chronique du
15 Hainaut, comme dit Jacques de Guise... Elle donne une version fort abrégée
et modernisée.
77. — Ville, 900 (de Theux, 153).
Chronique liégeoise jusqu'en 1654.
Manuscrit mesurant 0m31 X 0m19 de 170 pages, sans titre.
20 Inc. : Vers latins précédés denluminures, puis armoiries des villes du pays
de Liège et liste des évêques.
Version fort abrégée et modernisée, semblable au n° précédent.
78. — Un. Lg., 1746.
Chronique liégeoise allant jusqu'au début du règne de Maximilien de Bavière.
23 Manuscrit mesurant O^âS x î!mî7 de 347 feuillets, sans titre.
Inc. : L'évescké de Liège est voisin du septentrion et d'occident ...
Des. : 5e retira à lionne, laissant icy son Conseil et gens d'Estat.
Version abrégée et modernisée pour les XIVe, XVe et XVP siècles, mieux
documentée pour les règnes des évêques de la maison de Bavière.
30 On note les documents suivants: folios 140-146, mandement du (3 avril 1G05;
Tome II. 40
314 CHRONIQUES LIÉGEOISES.
folio 151, serment prêté par Ferdinand de Bavière à sa joyeuse entrée;
folio 155, sentence des Echevins de Liège contre Hersin; folio 157, les
58 articles tant pernicieux à la bourgeoisie et liberté...; folio 103, instruction
de la compagnie des Chiroux.
79. — Ville, 899 (Coll. Capitaine, 147). 5
Chronique liégeoise ju>qu'en 1661, continuée par une autre main
jusqu'en 17:26.
Manuscrit mesurant Om303 X 0m185. sans titre, de 125' pages. Les quatre
premières pages manquent.
înc. : Après avoir régné quelque lems, il laissa pour successeur un fils m
nommé Cimbert...
Des. : L'air parut plein de flammes pendant plus de deux heures et l'on
aperçu la même chose au Pays-Bas et même en France.
Version très abrégée et modernisée. On note, folio 319, mandement du
15 avril 1603; folio 361, histoire tragique du meurlre de La Ruelle; folio 382, îs
récit de la joyeuse entrée de Maximilien-Uenri de Bavière.
80. — B. R., 18659-60 (6584).
Chronique du pays de Liège de 14-18 à 1670, ayant appartenu à Jean
Dangleur.
Manuscrit mesurant 0m31 x 0m203 de 187 feuillets. 20
Inc. : Armoiries des chanoines de Liège.
Jusqu'au XVIIe siècle, version très abrégée qui se borne presqu'uniquement
au catalogue des bourgmestres de Liège, exception faite pour l'exposé de l'anni-
versaire d'Erard de la Marck. Le récit est plus détaillé pour le XVIIe siècle et
complété par l'insertion de quelques documents imprimés. 23
Ce manuscrit est signalé dans U C. R. H., lre série, t. V, p. 414.
81. —Un. Lg.; 1747.
Chronique de Liège jusqu'en Î670 intitulée : Histoire de la ville et pays
de Lièye, appartenant à Jean-François Dechesne, au Cœur d'or, dans la
chaussée des Prez, Outremeuse, à Lièye. 31)
CHRONIQUES DU XVIe SIÈCLE. 315
Manuscrit mesurant 0m32 X 0m20 de 223 feuillets.
Inc : In nomine domiiii. Tongris, prince riche...
Des. : Tahle des chapitres contenus dans ce présent livre.
Version très abrégée et moderne, complétée, folio 204, par la liste des
s bourgmestres de Liège de 1242 à 1742. Texte semblable aux nos 82 et 85.
82. — Un. Lg., 1273.
Chronique de Liège jusqu'en 1071, sans titre.
Manuscrit mesurant (Jm31 X 0m20 de 501 pages, ayant appartenu à M. C.
de Rigo, née van llamont.
io Inc. : Tongris, prince riche, homme sage et bien avisé...
Des. : Les Hollandais, joints aux Espagnols et Almands passèrent et se
logèrent aussi en divers lieux du pays de Liège.
Version très abrégée, sauf pour le règne d'Erard de la Marck. raconté
comme au n° 85 et pour le récit du meurtre de La Ruelle. On note aussi,
15 pages 56 à 62, description du pays de Liège ; pages 62 à 111, liste des bourg-
mestres de Liège de 1242 à 1733; pages 510 à 512, liste des reliques et du
trésor de l'église baint-Lamberl; page 472, nombre des maisons de chaque
paroisse, comme dans le n° 47.
83. —Un. Lg, 1381.
20 Chronique de Liège de 15*06 à 1671 intitulée: Chroniques des faits et
gestes advenus dons le pats de Liè</e depuis Tévesque Erarda Marcka.
Manuscrit mesurant 0m515 X 0m:20 de 53 feuillets.
Inc. : Erard a Marcka, évêque 5Se.
Des. : ... logèrent en divers lieux du pays de Liège. Dieu nous en préserve
25 au futur.
Version très abrégée, semblable à celle des n03 82 et 84.
84. — Un. Lg., 1540.
Chronique liégeoise jusqu'en 1671.
Manuscrit mesurant 0"j323 X 0m20 de 93 feuillets, sans titre. Le commen-
30 cément manque et le folio 1 est le folio 23 d'une ancienne pagination.
3i6 CHRONIQUES LIÉGEOISES.
Inc. : Même, mais saint Lambert répondit avec rigeur...
Des. : Les Hollandois... passèrent et se logèrent aussi en divers lieux du
pays de Liège. Dieu nous en préserve au futur, ainsi soi(-il.
Version très abrégée et moderne. Ce manuscrit est surlout intéressant pour
les notes qu'une main postérieure a ajoutées, au XVIII* siècle, après le folio 81, 5
et qui sont relatives à la mort et aux obsèques de Jean-Théodore de Bavière
et aux incidents de l'élection du prince d'OulIremont en I7ô>.
85. — Un. Lg., 6NJ6 (808).
Chronique de Liège jusqu'en 1072 intitulée : Histoire du pays de Liège
depuis son origine jusqu'en 4672, écrit en 1684. 10
Version très abrégée, semblable à celle du n° 82.
86. — B. R., 10828 (6582).
Chronique liégeoise jusqu'en 1672.
Manuscrit mesurant Om307 X 0™198 de 275 feuillets, ayant appartenu aux
Jésuites en Ile de Liège. 15
Version abrégée et moderne.
-r-v-
87. — Un. Lg., 1012 (808).
Chronique de Liège allant jusqu'en 1672, intitulée : Cronique et origine
et histoires remarquables arrivées au pays de Liège depuis la fondation de
Tongre... Appartenant à Joseph Bignoul. 2»
Manuscrit mesurant 0m285 X 0ml9 de 204 pages.
Inc. : In nomine Domini, amen. Tongris, prince riche, homme sage et
avisé. . .
Des. : Le 24 (1672), le r-y partit pour aller du côté du Rhin avec ses
armes, ayant mis garnison dans la ville de Tongres. -'■>
La chronique e^t interrompue, folios 36 à 4 >, par la description du pays de
Liège et. folios 40 à 47, par la liste des bourgmestres de Liège de 1253 à 1282
et 1417 à 1677.
Version très abrégée et modernisée. Seul le meurtre de La Buellc, folios '61
à 173. est raconté en détail. 30
CHRONIQUES DU XVI» SIECLE. 317
88. Un. Lg., 63iî (815).
Chronique liégeoise jusqu'en 1672 intitulée: Chronic des faits mémorables
des princes, roys, ducs et évesqurs de Tongres, Liège et Maestricht.
Manuscrit mesurant 0m315 X 0m20 de 129 feuillets, portant l'ex hbris de
5 la bibliothèque de Th. de Jonghe.
Inc. : Nous trouvons dans les chronicques de Haynault comme rapporte
Jacque de Guise...
Des. : Tellement que plusieurs ayant esté tués et faits prisonniers, le reste
prit la fuite.
io Version très abrégée et modernisée, résumant quelques faits, passant d'autres
sous silence, relatant avec plus de prédilection les détails concernant la ville
de Huy. On trouve ainsi un récit détaillé de la prise de cette ville en 1595
et des campagnes contre les Hollandais. Au XVIIe siècle, le récit est très
laconique pour ce qui concerne les guerres civiles et parle plutôt des faits
ib extérieurs et des guerres. On y trouve le texte latin du traité de Tirlemont
du 17 mars 1654.
89. — B. R. 18661 (6581).
Chronique liégeoise jusqu'en 1672, écrite en 1734 par Antoine Grimont.
Manuscrit mesurant 0m3i5 X 0m2O de 185 feuillets.
20 Version très abrégée et modernisée, semblable aux nos s 12 et H 4, complétée
par la liste des bourgmestres de Liège de 1254 à '672.
Manuscrit signalé dans B. C. R. H., lre série, t. V, p. 414.
90. - Un. Lg., 2012.
Chronique de Liège jusqu'en 1672, avec une liste des bourgmestres de la
23 Cité de 1242 à 1742.
Manuscrit mesurant Gm320 X 0m240 de 213 feuillets.
Inc. : Prince riche, homme sage et avisez.
Des. : ... se logèrent aussi en divers lieux du pays de Liège. Dieu nous
en préserve au futur.
50 Version très abrégée et modernisée.
318 CHRONIQUES LIÉGEOISES.
91. —Un. Lg, 2093.
Chronique de Liège intitulée : Histoire abrogée des évêques de Liège de
saint Materne à 467%.
Hlanuscrit mesurant 0raM0 X 0m8S, de 57 feuillets, de la fin du XVII" siècle.
Inc. : Ce n'est pas sans sujet que l'église de Liège se glorifie d'être la fille s
de l'Eglise romaine.
Abrégé très bref, notant surtout des événements de la vie religieuse.
92.- Un. Lg., 1368.
Chronique de Liège jusqu'en 1675.
Manuscrit mesurant 0m2!)o X 0m182 de 371 folios, sans titre. io
Inc. : Sainct Materne, disciple de S. Pierre apostre...
Des. : La ville d'Aire, il l'investit le 24e et le 24e, il fit...
Version très abrégée pour les XIVe et XVe siècles, un peu plus développée
au XYP siècle, et très détaillée à partir d'Ernest de Bavière. On y trouve,
folio 270, le traité d'alliance du 31) novembre 15 S 8; folio 275, la relation de 15
la Joyeuse entrée de Jean de Horne en 1484; folio 277, le vote du pécule par
la Cité en 1604, la liste des bourgmestres jusqu'en 1688.
93. — Un. Lg., 1742.
Chronique allant de la destruction de Troie à l'an 1676.
Manuscrit mesurant 0m3S3 X 0m22o de 525 feuillets, plus 7 feuillets de garde. 20
Inc. : S'ensuivent les blasons des bonnes villes du pays de Liège.
Des. : Ils intercèdent auprès de leur fils Jésus pour la concorde, union,
paix, repos et soulagement de ce pays de Liège tant désolé.
Version très abrégée et modernisée, suivant pour le règne de Gérard de
Groesbeeck les manuscrits 6 et 7. 2b
94. — Un. Lg., 647 (817).
Chronique de Liège jusqu'en 1707 inlilulée : Chronique des faits les plus
mémorables des princes, roys, ducs et érêques de Tongres, Treict, Liège,
écrits, le 12e novembre 1702, par Remy du Pont d'Ensival.
Manuscrit mesurant <Jm19 X 0ml55 de 272 pages. 50
CHRONIQUES DU XVI" SIÈCLE. 319
Inc. : Octavian, 23e my de Tongres.
Des. : Le premier de l'an 1707 , notre éréque célébra dans l'église...
Version très abrégée, semblable à celle du n° 88.
95. — Un. Lg., 152S.
s Chronique des évêques de Liège jusqu'en 1784 intitulée : Brief traité
recueillie hors de la grande cronicqne de la très renommée ville et cité de
Liège.
Manuscrit mesurant 0m29 x <)m182 de 72 feuillets, ayant appartenu à
Madame la douairière de Liverlo.
io Inc. : Insignia episcoporum ac principum leodiensium ab ortu sedis.
Au folio i, armoiries de la ville de Liège; folios 5 à 17, courtes notices sur
les évêques de Saint Malerne à Velbruck, encadrant leurs armoiries. Les folios
18 à 72 sont demeurés blancs.
Au folio a on lit la noie suivante : Extrait d'un manuscrit que m'avoit mis
15 en main monsr nostre pré ôt Clichel l'an 1687. Et disoit venir de Liège et
appartenir au Sr. Noël Lullemand de Dinant, comme provenant de son beau-
père, bourgeois de Liège.
20
6° Manuscrits donnant,
outre la version abrégée de la chronique vulgaire,
des détails relatifs à l'histoire générale.
96. — Un. Lg., 42S (772 et 778).
Ce codex comprend deux manuscrits différents :
1° Chronique de Liège allant de la prise de Troie jusqu'en 4554, suivie de
deux feuillets d'une description de Liège.
25 2° Chronique allant de Jésus-Christ jusqu'en 1569, écrite en 1597.
Manuscrit mesurant 0m2t) X 0m20 de 314 feuillets.
La première chronique occupe les folios î à 212. C'est une version abrégée
et incomplète.
La seconde, folio 215 à 314, est une chronique très sommaire et mal rédigée,
590 CHRONIQUES LIÉGEOISES.
jusqu'au XVIe siècle. A partir d'Erard de la Marck, ses notices sont puisées à
une source différente des autres manuscrits, mais les événements extérieurs à
Liège y occupent, comme au n° 97, une grande place. Ces notes se rencontrent
parfois avec celles du n° 00.
97. - Un. Lg„ 1544. s
Chronique allant de la création du monde à 1567.
Manuscrit mesurant 0m:285 X 0m193 de 217 feuillets, plus 3 et a feuillets
de garde, intitulé : Chronique de Liège iGi6. Il a été la propriété de
F. ilenaux
Inc. : Ami lecteur, à l'honneur de la très excellente Trinité... 10
Des. : Le roy de France Peppin trespassal... et fut ordonné que le voweit
de Lièfje ie porteroit...
Chronique identique au numéro précédent, un peu plus complète que
celle-ci, mais se terminant deux ans plus tôt. Les faits de l'histoire générale y
occupent la plus grande place. is
98. — Ville, 893 (de Theux, 54).
Chronique allant de la Nativité de Jésus-Christ jusqu'en 1629.
Manuscrit mesurant C|m50 x 0m21 de 9 S feuillets.
Inc. : //* nomine Uomini amen. Recueil des choses mémorables...
Des. : Quelques vers terminent le manuscrit. -°
Jusqu'en 1567, texte identique au n° 97. Dans la suite, la chronique se
continue sommairement en manière d'annales.
On note spécialement : récit de la Joyeuse entrée de Kobert de Berghes,
comme aux n0! 28 et iOi; différend avec la Cité au sujet d'un édit sur
l'hérésie ; liste des personnages présents au couronnement de l'empereur -3
Maximilien H, comme dans le n* 28; relation plus complète du conflit survenu
entre la Cité et le comte de Meghen, d'après n° 28. Après 1569, les annales
sont rédigées d'une façon très succinctes et n'ont plus d'intérêt.
CHRONIQUES DU XVIe SIÈCLE. 521
7° Chroniques sous forme d'annales.
99. - B. R., 14364 (6565).
Chronique liégeoise de 533 à 1547.
Manuscrit mesurant Um32 x 0ml2 de 231 feuillets.
3 Chronique rédigée sous forme d'annales, faite d'après les manuscrits 27, 29,
31 et 53.
100. — B. R., 12818 (6561).
Chronique liégeoise jusqu'en 1 547.
Manuscrit mesurant lim305 X Om20 de 242 feuillets.
io Version très abrégée pour les XIVe et XVe siècles. Au XVIe, la chronique
est rédigée en forme d'annales, et semblable au numéro précédent.
101. — B. R., 11636 (6367).
Chronique liégeoise jusqu'en 1381.
Manuscrit mesurant Um^U7 X OmI7 de 232 feuillets, ayant appartenu au
15 prince de Gavre.
Version très abrégée, écrite, pour le XVIe siècle, sous forme d'annales
rappelant les événements de l'histoire générale en même temps que ceux de
l'histoire liégeoise.
A noter, pour le règne de Robert de Berghes, la relation de la Joyeuse entrée
20 de ce prince et la liste des princes présents à la Diète de l'Empire.
102. — Un. Lg, 1327.
Chronique jusque 1382, intitulée: lirief traité recueillie hors de la grande
cronique de la très renommée ville et cité de Lièi/e.
Manuscrit mesurant ()m3l X OmlOo de 182 feuillets.
25 Inc. : Au b^nin lecteur. Sonnet...
Des. : Table des choeses plus mémorables et pour plus facilement les
trouver...
Annales allant de la création du monde à 13S2, relatant des faits de l'histoire
générale autant que de 1 histoire liégeoise et utilisant des sources autres que la
30 chronique traditionnelle.
Tome II. 41
522 CHRONIQUES LIÉGEOISES.
103. — Un. Lg., 4970 (ancien de Theux, 459).
Chronique de Liège jusqu'en 1636, complétée par une note pour les
années 1610 et 1643.
Manuscrit mesurant 0m28 X CM 88 de 300 feuillets et 4 feuillets de garde,
ayant jadis appartenu à M. de Fastré, échevin à Tongres. 5
Inc. : La destruction de Troye la grande...
Chronique très sommaire, sous forme d'annales, n'ampliûant que le récit de
la mutinerie des Hivageois.
104. — Ville (Coll. Cap., 138).
Chronique liégeoise jusqu'en 1636, sans titre. ,0
Manuscrit mesurant 0m30 X Oml95 de 121 feuillets.
Inc. : Peu de temps après y revient avec...
Des. : Trois- florins d'or d'amende, pour la deuxième du double...
Chronique très sommaire, réduite pour ainsi dire, au XVIe siècle, au cata-
logue des bourgmestres. Elle reproduit en entier la traduction romane de l'acte is
du 4 mai 1526 instituant la procession de Saint-Lambert.
105. — Ville (Coll. Cap., 133bis).
Fragment d'une chronique liégeoise, écrite au XVIIe siècle, racontant les
événements de 15<»6 à 163!) sous forme d'annales.
Manuscrit rattaché au manuscrit de Grégoire Sylvius et décrit plus haut, 20
au n°2, page 277.
106. - Un Lg., 1445.
Chronique jusqu en 1640 intitulée : Sommaire et brief recueil des choses
mémorables drpuis la première institution du jadis puissant et renommé
royaulme de Tongre... jusque* à Van 1659 et i 640. 23
Manuscrit mesurant 0ro31 X 0m2O de 306 feuillets.
Inc. : L'an de la création du monde 4502...
Des. : ... le capitaine Mus, a esté mis en feux par les incendiaires.
Résumé chronologique très sommaire, à l'exception des récits de la muti-
nerie des Rivagcois en 1531 et de la prise de Tirlcmont par les Français so
en 1635.
CHRONIQUES DU XVI» SIÈCLE. 323
107. - B. R., 21309 (fi577).
Chronique liégeoise jusqu'en 1643.
Manuscrit me-urant 0m31 X OmilS de 24o feuillels, écrit dès 1626 par
Alexandre Pesser.
s Version très abrégée en forme d'annales, avec la liste des bourgmestres de
Liège de 1408 à 1677.
108. — Un Lg.. 1880.
Chronique jusqu'en 16i9, sans titre.
Manuscrit mesurant ()m255 X U°>lf>5 de 325 feuillets.
io Inc. : Au commencement des temps, nostre Seigneur Dieu a créé tout le
monde...
Des. : El de là il se parti pour tin long séjour...
Chronique très résumée, sous forme d'annales, un peu plus documentée pour
les règnes d Ernest et de Ferdinand de Bavière.
io A noter, folio 227 : Apologie catholique et chrestienne faites, escriptes et
publiées par les Jésuites et leurs adhérents perturbateurs du repos de la Cité
et pays de Liège. Item une inkrlocution de l'âme de Jean Hersin avec lame
du Marichalle de Biron, par M. P. D. B. A Lion, par Jean Martin, 1621 (*).
109. -B.R., 21370 (6579).
20 Chronique liégeoise jusqu'en 1664.
Manuscrit mesurant dm56 X 0m23 de 322 feuillets.
Version abrégée rédigée sous forme d'annales, donnant au complet l'épisode
de la mutinerie des Rivageois.
110. — Un. Lg., 994 (807).
25 Chronique de Liège jusqu'en 1674 intitulée : Chronique du diocèse et pays
de Liège ou l'abrégé de son histoire universelle, traduit du latin en françois.
Franciscus Pizart posuit et conscripsil anno i 670.
Manuscrit mesurant 0m20 X 0ml5de 29 et i80 feuillets, plu9 32 feuillets
blancs.
30 Folio 4 v°, le traducteur au lecteur; folio 9, épitre à la mémoire de feu
(J) Cf. ob Theux, Bibliographie liégeoiie, col. 1337.
324 CHRONIQUES LIÉGEOISES.
honoré seigneur Jonathas de Depardieu dit de Quareux, en son vivant maistre
de forges au pays de Slavelot. citain de Lièg', faile par François Pizart, prêtre
et bénéficiera Liège le 15 janvier 1673; folio 15, catalogue ou dénombrement
des églises de Liège et de Tongres; folios 22 à 29, liste des églises esquelles il
y a collège de chanoines, abbayes et couvents. s
Puis commence, avec une nouvelle pagination, l'histoire de Liège sous
forme d'annales jusqu'en 1(570, suivie du récit très détaillé des campagnes des
Français dans le pays de Liège en 1072, 1073 et 1074.
L'ouvrage est orné des gravures suivantes : portrait, gravé par Waldor, du
médecin Gilbert de Limbourg, mort en 1507, auteur du premier livre sur les 10
eaux de 8pa; plan de Macstrieht signé Gasp. iioullars, Anvers, 1073 ; Vue
d'Argenteau par le même.
111. — Un. Lg., 5*0 (809).
Chronique jusqu'en 1074 intitulée : Abrogé de l'histoire de Liège distribué
par siècles et par années. i
Manuscrit mesurant 0m18 X 0ml45, non folioté, incomplet.
Inc. : Six cents quatorze ans avant la naissance de Jesus-Christ...
Des. : Le clergé faisant refus de se conformer aux capilations.
Annales semblables au n" 109.
112. - Ville, 903 (ancien de Theux. 66). so
Chronique de Liège jusqu'en 1078.
Manuscrit mesurant ( œ20 x 0ml5 de 500 pages, sans titre.
Inc. : Les anciens habitants gaulois qui avoient dégénéré du courage de
leurs ancêtres...
Des. : Sans vouloir comprendre le banlieu sous prétexte qu'il étoit d'une 35
trop grande étendue.
Annales semblables aux 109, H0 et 113.
113. — B. IL, 18602-03 (6583).
Chronique liégeoise jusqu'en 1079.
Manuscrit mesurant li»3U X 0mIS de 254 feuillets. »
Version très abrégée et rédigée sous forme d'annales, suivie, folios 210-247,
CHRONIQUES DU XVI» SIECLE. 325
de l'indication des revenus des chapitres de Liège et, folios 218-252, de la liste
des villages du pays de Liège groupés par quartiers.
Manuscrit apparenté au numéro suivant.
114. — Un. Lg.,993 (818).
s Chronique de Liège jusqu'en 1728.
Manuscrit mesurant 0m335 x 0m20 de 875 pages, sans titre.
Inc. : Liste des ég'ises canoniales du poijs de Liège.
Des. : Table alphabétique contenante ce qui s'est passé de plus remarquable
d'an en an.
io Chronique sous forme d'annales, semblable au numéro 109. Une main
postérieure a ajouté, après l'an 172$, une note relative au décès de Georges-
Louis de Berghes et à l'élection de son successeur, en 1743.
Après la chronique (pages 11 à 574), on trouve, pages 61 1 à 634, liste des
évoques avec leurs armoiries: pages 637 à 639, armoiries des villes du pays
15 de Liège; pages 644 à 663, chronique des choses principales arrivées depuis la
naissance de Jésus-Christ; pages 664 à 804, dénombrement de la valeur des
biens des abbayes, chapitres, prieurés, béguinages, hôpitaux, etc.. sujets aux
taxes du clergé; pages 803 à 825, noms des villages du pays de Liège répartis
par quartiers; pages 826 à 853, catalogue, des bourgmestres de Liège de 1253
20 à 1723; pages 834 à 875, table alphabétique du volume.
8° Manuscrits
ne donnant que des chroniques incomplètes.
115. — In. Lg., 1091.
Chronique de Liège s'arrétant à 998.
25 Manuscrit mesurant ()m285 X 0m20 de 70 feuillets.
Inc. : Fondation de la Cité de Tongre. Tongris et Tornus, en descendant
des Allemaigne...
Des. : El commencha la batailhe Jean le filz Radus de Preit et occit pour
le premier...
50 Le manuscrit, incomplet, s'arrête brusquement à la fin de la page. Il donne
la version complète du texte traditionnel,
326 CHRONIQUES LIÉGEOISES.
116. — Un. Lg., 176 (769).
Chronique de Liège s'arrétant à lOOi, intitulée : Histoire de Liège tirée
d'un vieux manuscrit.
Manuscrit mesurant 0m31 X 0m20 de 117 feuillets.
Inc. : A l'honneur de la très excellente Trinité... L'an de ta création de s
nostre premier père Adam...
Des. : Van 1004, car Gode f rois veult plus d'enfant que Arnould...
Puis trois feuillets de table d'une écriture postérieure.
Version abrégée et modernisée.
117. —Un. Lg, 186(770). 10
Chronique de Liège s'arrétant à 10 il.
Manuscrit mesurant 0m20 x On,145 de 125 feuillets, ayant appartenu au
héraut d'armes Le Fort, écrite, d'après une note du folio 56, en 1601, par
Paul de Herck, âgé de 17 ans et demi.
Inc. : Chronique de Liège escrtt l'an 1601 . L'an de la formation Adam is
nostre père...
Des. : Pour secourir l'empereur et le duc de Lorraine, lequel quand
il vit...
Version très abrégée et modernisée.
118. — B. R., Il, 4861 (6SSS). 20
Chronique liégeoise jusqu'en 1167.
Manuscrit mesurant ()m212 X 0ml68 de 78 feuillets.
Version abrégée et incomplète, écrite au XIXe siècle.
1 19. — Un. Lg., 1526 (Catalogue Brassinne, p. 48).
Chronique liégeoise jusqu'au début du règne d'Knglebcrt de la Marck. 2
Manuscrit mesurant (Jm305 X Cm20 de 117 feuillets.
Inc. : Sy amy lecteur...
Des. : Englebert de la Marche, 47 évesque de Liège, jusqu'à ce que
EmjUbert de la Maiche fût receu pour évesque.
Chronique abrégée et incomplète. je
CHRONIQUES DU XVI» SIÈCLE. 327
120. - Un. Lg., 424 (801).
Chronique liégeoise allant de Priam jusqu'en 1 408.
Manuscrit mesurant (Jm30 X <>m2() de 14S feuillets, commencé le 16 sep-
tembre Iti.iS. Le copiste avait l'intention de le poursuivre jusqu'au règne de
5 Ferdinand de Ba\ière, mais n'a pu achever sa tâche.
Inc. : In nomine Domini amen. Cronicque ou histoire de l'éveschéz et
pays de Liège. .
Version abrégée et modernisée, semblable au n° 70.
121. — Ville, 878 (de Theux, 61).
io Chronique allant de la prise de Troie jusqu'en 1446.
Manuscrit mesurant ()m3! X 0m21 de 259 pages.
Inc. : Au nom de Dieu amen. Commence la vray cronicq et histoire de
Liège.
Des. : L'an quatorze cent et quarante siex, fut faite et achevé le pont des
ib Arches et y passa le premier fois aux processions aux Escoliers le dixième
de juletle.
Rédaction très abrégée et incomplète.
122. — Un. Lg., 1036 (774).
Chronique allant de la prise de Troie jusqu'au commencement de Louis de
20 Bourbon.
Manuscrit mesurant 0m33 X 0m20a de 380 pages, écrit au XVIe siècle.
Inc. : Premier l'an de la recréation de nostre premier père Adam...
Texte rajeuni et fortement abrégé.
123. - Un. Lg., 542 (786).
25 Chronique allant de la fondation de Rome jusqu'à l'avènement de Louis de
Bourbon.
Manuscrit mesurant 0m195 X 0m14 de 178 feuillets, écrit au XVIe siècle.
Inc. : Romulus, le roy des Latins...
Chronique très abrégée, conforme au texte des n0' 28, 46, 64.
328 CHRONIQUES LIÉGEOISES.
124. -Un. Lg, 4402.
Chronique commençant au règne de Louis de Bourbon.
Manuscrit mesurant 0m518 X 0ml!)9 de 9 feuillets, écriture du XVIIe siècle.
Sans intérêt.
125. — Un. Lg, 1469. ,
Supplément aux chroniques liégeoises de 1455 à 1601.
Manuscrit mesurant 0m29 X <>ml8 de 6 fruillels, du début du XVII" siècle.
Inc. : Supplément <tn chronicque de Lièr/e de Louy de Bourbon.
Des. : L'an susdit (IbOI), fut achevée iéylii>e de Saint Laurent, laquelle
avait esté bruslée l'an 1 568. io
Sans intérêt.
126. — Un. Lg., 668 (77!')
Chronique liégeoise jusqu'en 1531, écrite en 1611.
Manuscrit mesurant <)m32 x <!m20 de 23 i feuillets. Il contient, folios 1 à 166,
une copie identique à celle du manuscrit t>2. En outre, folios H>6 v° à 23 i, une 15
autre version commençant à 1 4 46 et allant jusqu'en 1531, conforme aux
manuscrits 5 et 5 et se terminant par le rapport de Guillaume de MeelTe sur
la mutinerie des Rivageois.
127. — B. R., 18672 (6380).
Chronique liégeoise de 1628 à 1651. 20
Manuscrit mesurant ()"325 x Um2i5 de 48 feuillets.
Inc. : S'ensuivent les LVlll articles tant pernicieux à la liberté des bour-
geois...
Des. : 5e retirât à Bonn, laissant ses Lorrains sur le pays.
128. — Un. Lg., 538 (784). 25
Manuscrit intitulé : Quelques remarques extraites de la chronique Mon-
sieur Loncin, receveur du Béguinage de Saint-Christophe.
Manuscrit mesurant Om203 x 0m16.de 33 feuillets, donnant quelques extraits
insignifiants de la chronique traditionnelle.
CHRONIQUES DU XVI* SIÈCLE. 329
129. — Un. Lg.,1166.
Fragment d'une chronique liégeoise de 1674 à 1679.
•Manuscrit de 37 feuillets.
130. — Un. Lg, 1541.
Fragment de chronique de 1763 à 1784.
131. — Un. Lg,2032.
Fragment de chronique intitulé : Le premier livre des Gestes du pays de
Liège.
Manuscrit de 37 feuillets mesurant 0m228 x 0m180, copie du XIXe siècle.
to 9° Manuscrits donnant des chroniques qui sont des travaux
de compilation qui n'ont pas été imités (1).
132. — Manuscrit du notaire Schoolmeesters, de Maeseyck.
Manuscrit mesurant 0m42 X (im28 de 259 feuillets, il comprend trois écrits
différents.
is I. Folios 1 à 172. Chronique allant de la prise de Troie jusqu'au milieu du
XVIe siècle. Ecrite par Salomon Henrici ou Hendrickx, antérieurement à sa
réception comme chanoine de la collégiale de Tongrcs, le 18 août 1574 (2).
Compilation de textes français et latins, avec même des interpolations en
néerlandais, notamment : folios 56 v°, 41 v°, 49 v", 114.
20 1° Folios 1 à 146. Chronique abrégée de Jean d'Outremeuse. Version incom-
(*) Dans cette catégorie, nous ne mentionnerons que les travaux d'obscurs compilateurs, sans grande
valeur historique et confondus dans la masse des chroniques vulgaires. On n'y trouvera donc pas les
écrits de Langius ni ceux du chanoine Henri Van den Berghe, conservés dans Icsmanuscrils 401
et 46S de l'Université de Liège et dont le volume XXVI de la seconde partie de Le Fort, aux Archives
2b de l'État à Liège, fournit un résume. Ce sont, en effet, des parties de l'œuvre monumentale de cet
infatigable polj graphe qui doivent être étudiées avec l'ensemble des autres écrits de l'érudit héraut
d'armes de Ferdinand de Bavière.
(*) Les renseignements qui suivent sur la personnalité de Salomon Henrici nous sont fournis par
M. l'abbé J. Paquay, à qui nous devons la connaissance du manuscrit; nous lui en témoignons toute
50 notre reconnaissance. Salomon Henrici naquit à Ncderweert en Ibô5, comme le prouve un acte de
Tome 11. 42
33(1 CHROiMQUES LIÉGEOISES.
plète, ne donnant qu'une partie des textes entremêlée de quelques textes latins.
Dans le règne d'Adolphe de la Marck, folio 141. année 1344, nous remarquons
un passage de Jean de u amant : Quidam li Itéras viginti dtiorum cassantes...;
cf. manuscrit d'Avcrbode, Collection die ^oeclU, MI. page 84. Le règne
d'Engelbcrt de La Marck. folio 142 et suivant, est encore incomplet; le récit 5
de la bataille de Vottem est notamment abrégé. Au folio 144. un texte néer-
landais, année 1347 : Hoc die Luyekencrs Arckenteel wonnen. Au folio 145,
année 1345, un texte latin avec détails intéressants sur les Flagellants. Au
folio lia, année loi!), est fautivement intercalé le texte de la chronique
latine de Jean de Slavelot sur la mort de Jean de Heinsberg en 1301; Balau, io
Lis sources de l'histoire de Lièye, page 611, noie 3. Au folio 145, année 1350,
le compilateur commence à intercaler dans son texte des passages de Raoul de
llivo. Au folio 116, années 1557 et 1358, se lit le dernier texte emprunté à
Jean d'Oulremeusc.
2° Folios 146 à 160 v°. La chronique ne comprend plus qu'un texte latin. is
Il est formé d'un amalgame de passages empruntés à Haoul de i'.ivo et à la
chronique latine de Jean de Slavelot. 11 en est ainsi dans tout le règne de Jean
d'Arckel et d'Arnoul de Home, folios 147 et suivants. Au folio 149 v°, commence
le règne de Jean de Bavière, raconté d'après la chronique latine de Jean de
Stavelot. dont le texte, à partir du folio 151, se combine avec celui de la 20
constitution de rente passé par devant la régence de Saint-Trond, le 50 octobre 1565 (Stiiaven,
Inventaire analytique et chronologique des archives de Saint-Trond, t. III, p 42). En l'année 1571,
Ilenrici séjournait à Liège en qualité de secrétaire du chancelier Jean Witten, prévôt de Tongres :
< caprllanus ccclcsiac Sancli Lamberli et familiaris Rcvercndi Domini et magistri Johannis Witten
cancellarii ». II finit à colle époque la copie d'un des plus beaux pawilliars conservés à Liège (n° 39 25
de la collection U. Capitaine, manuscrit de 585 feuillets). Reçu chanoine de la collégiale de Tongres,
le 18 août 1571, il entreprit la transcription de plusieurs registres importants des archives de Notre-
Dame. 11 dressa un recueil complot des stuits ou baux contractés par le chapitre de 1529 à 1587
(reg. 297, aux Archives de l'Etat à Ilasselt); il réunit les documents les plus anciens du chapitre en
deux magnifiques cartulaircs conservés aux archives de la collégiale. Ce travail, commencé le ôO
27 octobre 1589, n'était pas encore terminé le 23 octobre 1592. La même année, Salomon ilenrici finit
la copie d'un f.ihrr diversorum negotiorum concernant les affaires du clergé, 1568-1592 (rcg. 278 aux
Archives de l'État à Ilasselt). Le chanoine Ilenrici mourut avant le 1 1 février 1597. Cf. J. Paqiav,
Cartulaire de Notre-Dame à Tongres, dans Bull. Soc. scient, et i.iiikk. du Limbolrg, t. XXIV,
pp. 104-106. 35
CHRONIQUES DU XVIe SIÈCLE. 33!
chronique du règne de Jean de Bavière, que nous avons découverte à Aver-
bode dans le tome IX de la Collection de Gilles die Voech*. Ce texte se continue
dans les règnes de Jean de Wallenrode et de Jo;in de Heinsberg Quand, dans
le manuscrit d'Averbode, le texte de la chronique de Jean de Bavière se confond
s avec celui de Jean de Stavelot, il en est de même dans le présent manuscrit.
A la fin du règne de Jean de lîeinsberg, folio 1§9 v°, année 14:25, réapparaît
un texte français, dans le récit de la révolte de W athier Dathin.
5° Folios 1 OU v° à lo7 v°. Bègue de Louis de Bourbon et commencement
du règne de Jean de Home. Texte abrégé de Merica; il est visible que ce texte
10 provient du même manuscrit que celui du tome IX d'Averbode. Au chapitre X,
se retrouve, folio 161 v°, l'addition de quelques manuscrits sur l'aide que les
Limbourgeois reçurent de saint Georges, leur patron. Au folio 165 v°, le texte
de Merica se continue, comme dans le manuscrit de Bruxelles 9811 et dans le
tome IX d'Averbode, par le récit des luttes de Guillaume de La Marck :
15 Çrucnta ergo et exlorla...
4° Folios 167 v° à 172 : Règne de Jean de Horne. Même fond que dans la
chronique du règne de Jean de Horne, publiée au tome I. La forme est ici
assez différente, et le texte considérablement abrégé.
II. Folios 178 à 189 v°. Le chanoine Van Buel (*) de Tongres, possesseur
20 du manuscrit, y ajouta le texte d'une glorification des origines de Tongres,
qu'on trouve également transcrite au tome VII de la Collection de Gilles die
Voecht à l'abbaye d'Averbode, pages 195 à 259.
III. Folios 222 à 238. Relation latine de l'histoire fabuleuse des rois de
Tongres : Historia de origine fiuula'iouis nobilissime quondam civilalis
sa Tungrensis. Ce texte est également transcrit au tome VII d'Averbode, pages
274 à 556. Enfin a la dernière page du manuscrit, le chanoine Van Buel a
ajouté une note concernant la prétendue consécration de l'église de Tongres
en 804.
(') Après la mort de Salomon Flenrici, le manuscrit passa à d'autres membres du chapitre de
30 Tongres. Vers les années IC4O-Î043, il était en possession du chanoine Martin-André Van Cue!.
Ce chanoine résigna, en 1GÎS4, son canoàicat de Tongres et conserva la prébende dont il avait été
pourvu à Saint-Scrvais à Macstricht. Il emporta le manuscrit dans cette dernière ville, comme le
prouve un reçu lui délivré à Maestricht, le 8 novembre 1671, annexé au manuscrit.
332 CHRONIQUES LIÉGEOISES.
133. - Arch. Lg., 4.
Chronique allant jusqu'en 1591.
Manuscrit mesurant Om33 X 0m203 de 15'6 pages sans titre, incomplet.
Inc. : A trois cens mile hommes, combien (oullefois Pompée avoit le gou-
vernement... 5
Des. : L'an 1S91 ... ils mèneraient les feux par lesdits villaiges, dont
avoient ars et brnslé antenne* maisons...
Compilation sous forme d'annales dans laquelle l'auteur mêle les événements
de l'histoire générale et de l'histoire liégeoise. Ces événements sont ensuite
commentés dans le texte et dans de très nombreuses notes marginales qui io
témoignent de l'érudition remarquable de l'auteur. Ce sont surtout ces notes
qui font l'originalité de cette œuvre qui mérite une élude spéciale. Celle-ci serait
ici un peu en dehors du cadre de notre travail.
Le manuscrit, dans son état actuel, n'est qu'un fragment sans commence-
ment ni fin. L'écriture est de la fin du XVIe ou commencement du XVIIe siècle, i»
134 — Vn. Lg, 633(813).
Chronique liégeoise jusqu'en i 694-.
Manuscrit mesurant (Jm315 X <)ml95 de 610 pages, sans litre, portant Vex
libris do la bibliothèque de Th. de Jonghe.
Inc. : Louez soit Dieu. Or à l'honneur de Dieu et de la sainte mère la 20
glorieuse Vierge Marie, je vous prie de lire ce petit abrégé de chronique de
Tongr? et de Liège en quatre tombes... recopy par Henri Touilltt de Ver-
riers, 18 mars ian 1 683, et à lui appartient ledit chronicque.
Le volume comprend quatre parties ayant chacune une pagination spéciale :
i° Pages 1 à 115 : Chronique depuis le roi Bacco jusqu'à Pépin le Bref; 25
2° Pages 1 à 189 : La vraye histoire et chronique de Liège appartenant à
Henry Touet de Vcrvicrs, de la fondation de Rome à la consécration de l'église
de Visé;
5° Pages 1 à 141 : Deuxième chronique depuis Pirard, septième évêque de
Liège, jusqu'en 1141, suivie du récit de la fondation de Borne, pages 1 13 à 116, go
de la chapelle de Notre-Dame de Lorellc, pages 117 à 139 et actions dans la
cité de Liège sous le nom de Chiroux et de Grignoux, pages 139 à 141;
CHRONIQUES DU XVI» SIÈCLE. 333
4" Pages 1 à 6d : Troisième chronique depuis Alexandre Ier jusqu'en 1694,
terminée, pages bl à 65, par la Vie du chevalier Bayard.
Compilation informe et sans valeur.
135.- Un. Lg, 1743.
3 Chronique de Liège faite en 1699, intitulée : Histoire des rois, ducs,
évêques de Tongres et des êrêques de Liège par Jean Gilol, chapelain de
Saint- Denis à Liège, suivie de différents traités sur icdle faite par Erard
de Fadaise, de Liège, le tout colligé à renfort de patience l'an j 699.
Manuscrit mesurant 0m3I x 0ml95 de 274 feuillets.
io Inc. : L'an de la création du inonde...
Des. : Finis tragediae.
Compilation dans laquelle les événements de l'histoire générale tiennent une
grande place. Elle reproduit in extenso : folio 118 v°, la sentence de Charles
le Téméraire du 28 novembre 1467; folio 148, harangue de la jeune fille
io prononcée à la porte de Saint-Georges à la joyeuse entrée d'Ernest de Bavière;
folio 214, chronique admirable de la noble cité de Liège par Erard de Fallaise,
l'an 15b7; folio 215, mandement du 14 avril 16U5; folio 260 v°, vers à la
ouange de la Cité; folio 261, élégie en latin sur la mort de La Ruelle.
136. — Un. Lg., 992 (771).
20 Chronique allant de Jules César jusqu'en 1 171.
Inc. : JNotice préliminaire de certains peuples anciens...
Manuscrit mesurant 0m31 X 0ml95 de 200 pages.
Compilation composée au XVIIIe siècle d'après les recherches personnelles
de l'auteur.
as 137. — Un. Lg, 1464.
Chronique des évêques de Tongres et de la ville de Liège jusqu'en 1389.
Manuscrit mesurant l.'n>318 X 0mi05 de 241 folios, sans titre.
Inc. : Remarques sur la création du monde...
Des. : // régnât environ dix ans et eut pour successeur Jean de Bavière,
50 S0° évesque. Fin de cesle histoire.
334 CHRONIQUES LIÉGEOISES.
Compilation faite au XVIIe siècle, résumant les manuscrits ordinaires et
mentionnant des faits de l'histoire générale et les fondations de couvents cl
maisons pieuses.
J38. — Un. Lg, 1391.
Chronique de 832 à 1452, intitulée : Chroniques extraites d'aucuns vieux 5
et anchieiis registres.
Manuscrit mesurant ()m31 X 0m205 de 26 feuillets, écriture très moderne.
Inc. : Grand scandale. L'an 8S2, il advint un grand scandale à
Rome.
Des. : S'ensuit la table de tous les bourguemailres créés à Liège, l'an 10
4283 à 4460.
Compilation sans valeur, provenant de la collection Jules Mathieu de
Vervicrs.
139. — Un. Lg., 1385.
Chronique jusqu'en 1232 intitulée : Manuscrit précieux sur l'histoire de i.:i
Liège, recopié exactement sur l'original par Jules Mathieu.
Manuscrit mesurant 0m34 X 0m21 de 15U feuillets.
Inc. : In nomine Do mini. Tongres, un prince riche, homme sage et bien
avisé...
Des. : Car dès l" heure que les champions sont laissés, le maire et les 20
échevins en sont juges et en fini justice. Explicit.
A noter, folio 41, la bataille de Liège.
Chronique limée du XVe siècle et, folio 73, une pasquille wallonne.
Le manuscrit original se trouve à la Bibliothèque Valicane n° 015709.
140. — Un. Lg., 1006 (775). as
Chronique de Liège de 4 59 à 1489, intitulée : Histoire de Liège commen-
çante depuis Jean de Bavière... qui at commencez de régner en l'année 4390.
Manuscrit mesurant OH 8 X Uml 17 de 3(>1 pages, écrit vers 1643.
Inc. : Jean de Bavière, (ils d'Albert, duc de Bavière succédât...
Des. : addition à l'année 4 489. L'an susdit, la peste fut sy véhémente. so
Compilation sans valeur.
CHRONIQUES DU XVI« SIÈCLE. 335
141. — B. R., 10*44 (6364).
Chronique liégeoise jusqu'en 1462.
Manuscrit mesurant 0™30 X 0m205 de 107 feuillets, du XVI6 siècle, portant
sur la reliure les armes des Bourgmestres de Liège de 1732.
s Compilation très brève, sans valeur.
142. — Ville de Liège (Fonds Capitaine, 148).
Chronique de Liège jusqu'en 1727, sans titre.
Manuscrit mesurant Um295 X <lm185\ formé de trois cahiers non foliotés.
Compilation sous forme d'annales faite au XVIIP siècle, sans grande valeur.
io 143. — Un. Lg., 1367.
Chronique de Liège jusqu'en 1642, continuée jusqu'en 1680.
Manuscrit mesurant 0m51 X 0mI95 de 2*1 feuillets. C'est la fin d'un travail
dont la première partie est perdue et qui comprenait les folios 244 à 72a de
l'ancienne pagination.
15 Inc. : De Richard, 44' écesque de Liège, l'an 9S9...
Des. : 1° L'an 1642, le 3 juillet, mourut en la ville de Cvllogne la règne
mère de France...; 2° le 1 4 juillet 4680, on a commencé à rebastir sur le
vieux pillez le grand pont de Hug.
Compilation sans valeur utilisant les chroniques liégeoises et certaines chro-
20 niques étrangères. L'auteur se plaît surtout à noter les événements extraordi-
naires, les naissances de monstres, etc.
La note suivante du folio 109 : ... De Constantinople et comme elle at esté
prise par les Turcs et y est encore par le présent, j 678... donne l'année de
la rédaction de cette chronique. A noter, folio 158 v°, un rlessin du château de
-25 lluy en 1594; folio 121-127, abrégé des persécutions de l'Église et des hérésies
principales de chaque siècle; folio 212 à 241, divers extraits relatifs à l'histoire
générale.
144. — Ville de Liège, 926 (Ancien de 'I lieux, 100).
Chronique de Liège en latin, sans titre.
30 Manuscrit mesurant 0m2()y x Om155 de 544 pages.
Inc. : S. Marcelltts natione Tongrensis...
336 CHRONIQUES LIÉGEOISES.
Des. : Le manuscrit s'arrête au début de 1638.
Armoiries coloriées des évoques.
Travail personnel de lauteur, qui a beaucoup utilisé Chapeauville.
145. — Un. Lg., 1152-1155.
Chronique de Liège intitulée : Chronique liégeoise el familière par moy t>
Albert- Joseph Gossuart, achevée en juillet 4720.
Ouvrage en quatre volumes manuscrits portant l'ex libris de l'auteur
Albert-Jos. Gossuarl, jurisconsulte et avocat.
Le tome Ier, comprenant 608 pages plus 102 pages de tables non paginées, va
des origines à l'an 1717. Le tome II, comprenant 478 pages plus 154 pages de io
tables, est intitulé : Recueil des choses les plus remarquables arrivées de mon
temps dans la ville et pais de Liège ou que l'on y at appris, ayant qmlque
rapport ou intérêt dudit pais ou des pais voisins,depuis le mois d'avril 41 00
jusque en mois de septembre 41 il .
Le tome III. comprenant 301 pages plus 24 feuillets non paginés, est relatif is
à la période de 17 17 à juillet 1720. Le tome IV est une continuation faite par
Buido, comp enant 451 pages plus 22 feuillets non paginés, constituée par un
recueil factice de pièces diverses.
146. —Un. Lg., 1165.
Chronique liégeoise contenant : 1° folios 1 à 55, des notices sur les évéques 20
de Liège; 2° folios 57 à ÎM, des notices sur la calhédrale, le palais, les collé-
giales, les monastères, hospices et hôpitaux; 5° pages 99 à 251, des notices,
par ordre alphabétique, sur divers points de l'histoire de Liège et sur des
personnages célèbres du pays.
Manuscrit mesurant (>2!)5 X 0m23 de 251 pages, copié, au XIXe siècle, par 25
Epiphane Martial sur un manuscrit de G. Hoyoux.
147. — B. IL, 18669 (6585).
Chronique intitulée : Histoire du règne de Ferdinand de Bavière (4648-
4650), par Gilles de Rigo, de Fairon.
Manuscrit mesurant 0ml95 X 0mi4 de 162 feuillets, signalé dans B. C.R.H., 50
1" série, tome V, page 415.
CHRONIQUES DU XVI' SIÈCLE. 537
148. — Un. Lg, li02.
Extraits des manuscrits Devaulx, copiés par l'abbé Thys.
Manuscrit de 562 pages, XIX0 siècle.
10° Supplément à la liste des chroniques latines.
s 149. — B. R., 8513-14 (6573).
Chronique de Liège jusqu'en 1610.
Manuscrit mesurant Um193 X 0"»167 de 123 feuillets écrit en 1619, conte-
nant, folios 3 à 48, une chronique universelle de 258 à 1593 et, folios 51
à 121, une chronique liégeoise de 44 à 1610, assez développée au début, dans
10 le récit de la vie des Saints, puis très résumée et sans intérêt pour les siècles
postérieurs.
150. — B. R.. 8145 (6550).
Chronique des évêques de Liège.
Manuscrit mesurant 0"52 x 0,2ia de 54 feuillets, du XVIII' siècle, ayant
is appartenu à l'ancienne bibliothèque des Bollandistes.
Dissertation latine sur l'histoire de Liège, sans aucun intérêt comme chro-
nique.
151. — B.R., 6007-8 (6546).
Chronique des évêques de Liège.
20 Manuscrit mesurant 0m50 X 0m216 de 88 feuillets, du XVIe siècle.
Dissertation latine sans intérêt complétée par la copie de divers documents,
bulles des papes, lettres de Charles-Quint dont on trouvera mention dans
l'analyse du catalogue Van den Gheyn.
152. — B. R., 18123-24 (6845).
25 Chronique des évêques de Liège.
Manuscrit sur parchemin, mesurant 0m27 x 0m195, du XVe siècle.
Tome II. 43
338
CHRONIQUES LiÉGEOlSES.
En vue de faciliter aux lecteurs le contrôle des manuscrits ci-dessus décrits,
nous croyons utile de donner les tables de concordance suivantes :
1* Manuscrits de la Bibliothèque de l'L'nivcrsité de Liège :
72 = 6
174 = 38
176 = 117
179 = 29
180 = 70
181 = 64
182 = 28
183= 5
418= 48
424 = 120
425= 96
440= 30
538 = 128
539= 51
540 = 111
541 = 60
542 = 123
543 = 72
619= 55
629 = 46
630= 66
631 = 73
632 = 88
633 = 134
634 = 75
647 = 94
656 = 85
658-59 = 39
668 = 126
676 = 41»
691 = 7
692 = 47
769 = 116
990 = 33
991 = 49
992 = 136
993 = 114
994 = 110
1005 = 25
1006 = 140
1012 = 87
1013 = 41
1014= 43
1036 = 122
1044= 74
1152-55 = 145
1156= 45
1165 = 146
1166 = 129
1182 = 148
1263 = 76
1273 = 82
1300= 13
1326 = 119
1327 = 102
1328 = 95
1367 = 143
1368= 92
1369 = 15
1381 = 83
1383 = 139
1391 = 138
1402 = 124
1445 = 106
1464 = 137
1465= 32
1469 = 125
1540= 84
1541 = 130
1544 = 97
1742 = 93
1743 = 34
1744= 17
1745 = 135
1745B= 19
1746 = 78
1747 = 81
1880 = 108
1966 = 4
1910 = 103
2012 = 90
2032 = 131
2093= 91
»0
)a
20
2° Manuscrits de la Bibliothèque centrale de la ville de Liège
a) Fonds Capitaine.
133 = 2 et 115 135 = 104 140
31
147 = 79 148 = 142
6) Manuscrits de Theux.
54 = 98 147 = 24
61 = 121 148 = 11
63 = 27 149 = 36
64 = 56 152 = 12
66= 112
115
26
153 = 77
154 = 53
155 = 52
156= 62
159 = 71
160 = 444
161 = 61
199 = 57
200 = 16
212 = 35
213 = 22
232 = 44
237 = 65
258 = 10
K
30
CHRONIQUES DU XVI* SIECLE. 339
5° Manuscrits de la Bibliothèque royale de Bruxelles :
Catalogue Van den Gheyn.
6526= 1 6558 = 118 6570= 54 6578= 23
6533 = 8 6559-60 = 58 6571 = 18 6579 = 109
5 6534 = 9 6561 = 100 6572 = 63 6580 = 127
6545 = 152 6564 = 141 6573 = 149 6581 = 89
6546 = 151 6365 = 99 6574 = 68 6582 = 86
6o50 = 150 6567 = 101 6575 = 69 6583 = 113
6551 = 50 6568 = 14 6576 = 20 6584 = 80
10 6554 = 21 6569 = 59 6577 = 107 6585 -= 147
4* Manuscrits des Archives de l'État à Liège :
1 = 3 2 = 37 3 = 67 4 = 133 5 = 42 (i)
(*) Comme la bibliothèque du château de Warfusée renferme un certain nombre de manuscrits
de chroniques liégeoises, nous donnons la liste de ceux-ci d'après la description qu'en a faite
13 E. Poswick, op. cit. dans le tome I du Bulletin des bibliophiles liégeois :
1. Manuscrit de la fin du XVe siècle, signalé plus haut, page 274.
2. La gronde chronique de Liège dite des Chartreux de 1091 à 1506, manuscrit du XVIe siècle
(Poswick, n» 48), cf. note de la page 298.
3. Chronique de Liège jusqu'au 28 septembre 1580, écrite par De la Pierre (Poswiek, n« 85).
29 4. Chronique de Liège jusqu'en 1597 (Poswick, n° 54).
5. Chronique de Liège jusqu'en 16 14 (Poswick, n* 58).
(i. Chronique de Liège jusqu'en 1644, avec de nombreux documents concernant la ville de Liège
et ses métiers, le texte des serments que prêtaient les évêques à leur joyeuse entrée, les serments des
gouverneurs des places fortes, des mandements, des recès du chapitre, etc., touchant les troubles
23 survenus au XVIIe siècle (Poswick, n° 10).
7. Chronique de Liège jusqu'en 1660, appartenant à Gilles Raymondi (Poswick, n» 56).
8. Chronique de Liège jusqu'en 1680, avec la table des saints et saintes du pays de Liège, la liste
des évêques et celle des bourgmestres de Liège de 1253 à 1712 (Poswick, n° 87).
9. Chronique des évêques de Liège, partie en latin, partie en français, rédigée vers 1895 par Jean
30 de Moxhe, doyen du concile de Statte lez-lluy (Poswick, n"96).
Règne d'Erard de la Marck.
Votis decipimur, tempore fallimur omnes;
Mars drridet curas, anxia vita nihil.
Ainsi que nous l'avons déjà dit page 143, tous les manuscrits de chroniques
vulgaires relatant les événements du XVIe siècle doivent être examinés à part s
parce qu'ils peuvent fous contenir des notes supplémentaires ajoutées au texte
traditionnel. Plus on se rapproche des temps contemporains, plus ces notes se
multiplient et se diversifient. Leur concentration n'est pas facile à opérer.
Il nous a paru que la méthode la plus commode était de répartir ces annotations
par années. C'est le moyen que suggérait déjà M. St. Bormans dans un rapport 10
envoyé, en 1867, à la Commission royale d'Histoire, sur les matériaux dont
pourrait être composé le recueil des chroniques liégeoises autre que celle de
Jean d'Outremeuse (1).
Dans ces annotations, nous placerons toujours en tête et séparé des autres,
|e texte des manuscrits les plus anciens qui ont jusqu'à présent servi à recon- is
stituer la chronique abrégée de Jean d'Outremeuse de 1341 à 1 iOO. ainsi que
les annotations sur le XVe siècle. Ce sont les manuscrits composant la catégorie
ci-devant appelée li et c'est celui de Grégoire Sylvius, ou manuscrit 2 qui
servira jusqu'à la fin, c'est-à-dire jusqu'en 15'GS, à fixer le texte. Ainsi le lecteur
pourra reconstituer la version entière de celte chronique la plus répandue, que 20
notre méthode nous oblige à fractionner année par année. C'est la seule raison
justifiant la place privilégiée réservée à cette version qui est loin d être, comme
le lecteur pourra bientôt s'en convaincre, la première en importance si l'on
(«) B. C. li. //., 5< série, I. IX, p. 4C9.
RÈGNE D'ERARD DE LA MARCK. 341
adopte comme critère l'intérêt historique qu'on recherche dans les récits des
chroniqueurs anonymes.
Après les astériques, on trouvera les notes extraites de toutes les catégories
de manuscrits ainsi que la mention de la source. Toutefois les passages qui
a proviennent d'une façon non douteuse de la source utilisée par Mélart seront
donnés séparément. Ainsi le lecteur pourra plus facilement reconstituer lui-
même la relation complète de celte importante chronique du XVIe siècle.
1506.
L'an J506, au commenchement de moys de janvier, l'archiduc Phillippe
io envoya en Liège en faveur de monseigneur Jacque de Croy (l) qui tendoit à
la dignité épiscopal, mais ne profita riens, car Erard de La Marche, fils de
Robert, conte de La Marche a, fut esleux en ebappittre de Sainct-Lambert. par
le jour de sainct Antoine (*), par la voye de Sainct Esprit, et estoit fort aimez
du peuple. De laquelle élection ledit archiduc fut malcontent et montât sur la
is mer pour aller en Espaingne, mais le vent luy fut contraire, et survint grand
tempeste tellement qu'il perdit aulcunes de ses navires avec son trésor, et fut en
danger d'estre noyez. TouttelTois arriva en Angletterre où ilz print terre et j. de Looz, 121.
y fut receu honnorablement en grand honneur.
Le jour sainct Servaix (3, an mesme, Erard, esleu évesque de Liège, print
20 les ordres di- preslrise en l'engliese Sainct- Laurent hors la cité de Liège, puis
alla à Tongre où ilz fut consacrez évesque (4), et, la veille del Pentecoste, flt
son entrée en la cité en grande triumphe (5). Lendemain, célébrât sa première
<• qui estoit comte de Clèves et d'Aremberg : manuscrit 28.
(') Jacques de Croy, fils de Jean de Croy, comte de Chiraay et de Marie de Lalaing, reçu comme
25 chanoine noble à Saint-Lambert le 18 février 1464, avait déjà disputé à Jean de Hornc, en 118-2, la
dignité de prince-évêque de Liège. (Cf. t. I, p 343, n. 2.)
(s) Le 30 décembre 1308 (n. st.). Voir Conclusions capitulaires de Saint -Lambert, reg, 267, fol. 5 V.
(l) Le 13 mai 1506 Voir Conclusions capitulaires, fol. 2i v°.
( ') Le 15 mai. Cf. Conclusions capitulaires, fui. 2 1 v°. Il y séjourna jusqu'au 18.
50 (') Le 30 mai. Cf. Conclusions capitulaires, fol 23 et 23 V. Voir L.-E. Halkk, La Joyeuse entrée des
princes-évèques de Liège. Une relation inédile de 1506, dans Leodium, année 1928, pp. 29-39, et
L'élection d'Erard de la Marck au trône épiscopal de Liège, dans B. I. A. L., t. LU, pp. 27 et suiv.
342 CHRONIQUES LIÉGEOISES.
messe au grand aulteit en l'englicsc de Liège, en grande dévotion, présentes
touttcs les cnglieses collégialles. Puis incontinent après, alla prendre posses-
J.de l»67., 12*. sions des aultres villes du pays et contée de Looz (*), et après print grande
paine de appaiser les inimitiéz et factions qui csloienl entre le peuple et
aultres, et ne volul donner plus de faveur à ceulx qui tenoient la partie de s
La Marche que aux aultres, dont aulcuns furent bien au bas, qui pensoient
estre promeus et exalleis en auctorité. Et mis grande paine à réparer les places
et forteresses du pays, qui avoyent estez destruictes par les guerres susdits.
Premièrement fist réparer le chasleau de Huy [et y fit faire un puis à grand
J. de Looz, 153. despens. Item les chasteaux] ° de Dynant, Slochem et de Franchimont; ilz fit io
aussi réparer Curenge et Seraing (2).
*
* #
... En dit an, la nuiet de penteeouste, at esté fait l'entrée de susdit évesque
avecque grande noblesse de ses amis et grande nombre de Franee, de Lorrainne,
de Germanie, avecque grosse gendarmerie de chevatilx venus avecque messire îs
Robert chevalir (3), frère à l'évesque, avecque Gracia de Gueldre, estant
environ de vc lances gorgiassement armés et montés, et furent faictes par eeulx
de la cité de beaux présens à l'évesque et des esbatemens et joyeusetés tous
plains. Lendemain, le jour de la penteeouste, al le dit évesque célébré sa novelle
messe à Saint-Lambert dévotement et honorablement. Le lendemain, premier 20
des festes, après la messe chantée, la procession généralle et inagnificquc, tenant
ludit évesque par trois jours courtes ouvertes et en donnans vins et viandes
à ceulx qui y estoient venus à sa dite entrée, mesme bon nombre des Ligois.
En dit an, les frères Fratres, qui est un couvent en la cité, at esté érigié;
« Passage omis dans le manuscrit 2. 35
(•) Il fit sa joyeuse entrée à Macstricht le 8 juin, à Macseyck le 15, à Drëe le 18, à Hasselt le 10.
(Conclusions capitulaircs, fol. 21.)
(*) Cf. Euo Buchi.n, Erard de la Marck et la restauration des forteresses liégeoises, dans Leodilm,
année 19:28, pp. 60-81.
(l) Robert II de La .Marck, seigneur de Sedan, etc. Cf. Db Chestret, Histoire de la maison de La gi)
Marck, pp. Ibfi et 186.
RÈGNE D'ERARD DE LA MARCK. 343
cestui couvent tient les grandes escoles ou estude (*). L'an mesme. le muids de
spelte se vendoit xxix et xxx aidants liégois (*). (Manuscrits 60, fol. 279,
96 et 97.)
L'an mesme, fut constituée l'université de Fracforl par Joachim, marquis de
3 Brandemborgh, recteur, et approuvée par le pape Julius secondus de ce nom.
(Manuscrit 102, fol. 126v°.)
1507.
L'an 1507, le jour sainct Michil, fut Tillcmon prinse et pillié par Monsr
Robert de la Marche (3). frère à nostre évesque et par le duc de Geldre (4), j. deLooz
io mais les Rivagois butinèrent ceulx qui avoient battues et furent déchargiez 123-124.
de leurs fais affin de cheminer plus vittement.
L'an mesme l'abbaye de Saint-Hubert en Ardenne fut réformée par ledit
évéque Erard a.
L'an mesme, l'évesque Erard allât prendre possessions de l'éveschié de
15 Chartres que le roy de France lui avoit donnée (5).
L'an mesme, le bouloir à la porte de Saint-Laurent '' fut commenchiet.
L'an XVe et VII, fut la ville de Tillemont prins et pillée le jour de Saint
Michiel par Monsieur Robert de La Marche % frère à nostre évesque, et par le
<• où il envoya des religieux de Saint-Jacques en Liège : manuscrit 37, p. H5. — b Saint-
20 Léonard : manuscrit 7. — ' L'an 1507, messire Robert de la Marche, avec grose quantité d'hommes
et des gens d'armes descendit en Gueldre et eut la compagnie du duc de Gueldre qui s'apelloit Charle
d'Aigremont et allèrent, le jour de Saint-Michel, oppugner Tillemont et la prirent : manuscrit 31.
(') Le couvent des Frères de la Vie commune ou Hiérony mites fut fondé en 1495 et non en j SOC.
Voir la note du t. I, p. 501.
55 (') L'effraction des céréales fixée par les Échcvins de Liège pour l'année 1 506 indique comme prix
moyen annuel 43 aidants, ce qui est un prix un peu supérieur à la normale. Le prix noté ici par la
chronique est vraisemblablement le prix le plus bas atteint par cette denrée pendant l'année 1506.
(3) Voir la note 3 de la page précédente.
(<) Charles d'Egmond, duc de Gueldre de 1492 à 1538.
80 («) Le 28 juin 1507. Cf. De Chestrbt, op. cit., p. 449.
544 CHRONIQUES LIÉGEOISES.
duc de Gueldre, et domourèrcnt illecque quinze jours, pillant et rançonnant
et bruslant le plat pays jusque au portes de lïie.^t et au portes de Malincs.
Là estoyent à Malines, en minorité d'aage. les quatlres enfans de Philippe de
Castille, quy, par les fenestres de leur ehambre. voyoient Franchois piller,
rober, brusler jusque aux portes, et estoit le pays sy estonné que on ne sçavoit s
quoy entendre. Iceulx estoyent Charle, empereur moderne, Ferdinand, roy de
Hongrie, .Marie, vefve de feu Malhias jadit roy de Hongrie, et Eléonor, moderne
espeuse au roy Franchois. Quand iceulx Franchois eurent pillé, robe, bruslé ce
bon gras pays de environ Tillemont, et se retournèrent avec prisonniers et
butins, à sçavoir le duc de Gueldre en Gueldre, et les Franchois en France, 10
y eut une partie d'iceulx quy se logèrent à Saint-Hubert en Ardenne. Et y estoit
la noblesse quy avoit réduict le duc de Gueldre en son pays, et quand ce vint
de nuict, il se désarmèrent et défailleront comme gens assurés. Quand ce vint
sur le premier somme, qu'ils avoyenl beu plain leur teste de ce bon vin de
France, Monsieur de Spontin (') et Monsieur Jean de Hollongne (8), tous deux io
chevaliers, avec le beau bouchier de Jambe, Piret de Monpreis, et plusieurs
gentil compagnons de Marche en Famine et d'ailleurs, de liastongne et Hou-
vingne, lappèrent sur tambourins, et vindrent d'une froisse sur le marché de
Saint-Hubert, et le ebaroy gaigné. vindrent rompre huis et fenestres partout où
Franchois estoient, et les prindrent prisonniers, car peu y eut de tués, car ils 20
n'avoyent point de défence, Et furent là Namurois et Bovingnois recouvert de
butin, et les pauvres adventuriers de piétons, quy à grand peine avoyent
soulliers pour aller à pied, reviendrent sur cheval de selle, avec bon gros
et noble puissant prisonnier franchois. Ainsy partirent au butin de Tillemont,
mais combien que ce fust maulgré eulx. sy firent ils restitution par force, 23
et furent déchargé de leur fardeau pour cheminer plus vistement. [Manu-
scrits 21, fol. 284; 29, fol 240; 33, fol. 352 v°. Version plus abrégée
dans manuscrits 31 et 37 '.)
i/an mesme, le 2i' mars, fut consacrée l'égliese et le grand autel des
(*) Jean de Sponlin, ielëvo la seigneurie de Spontin le 21 août 141)2, mort en 1ÎS18. Cf. Laiiâtk, 5(>
Fiefi de Poilvaehe, p 37î>.
(') Jean de Ilollogne. Cf. Il, de Hadigiés, les Ecltevim <if Namur, p. I8G.
RÈGNE D'ERARD DE LA MARCK. 345
Piedeschaulx par nostrc évesque et fut transférée la dédicassc jusques au Fisen, n, 321
deuxième dimanche après Pasques pour plus grande commodité (1). (Manu-
scrit 102, fol. 126 v°.)
L'an dit, le 25 mars, Févesque I rard a consacré l'église des Piedechaux.
5 Item, les Lollarls furent mandés à Hasque et leur maison fondé dudit Erard,
mais leur église fut faicte environ Fan 1530 (2). (Manuscrit 28.)
L'an mesme, at esté érigiéc et fondée l'église et couvent des frères de Jheru-
saleme en la Cilé oultre Meuse, qui avoit esté comenchée dès Fan mil Yc et V,
at esté consacrée, estant cesdite année achevée. (Manuscrit 96, fol. 19 ei 97,
io fol. 190 V).
L'an 1ÎÎ07 le 20e de fébvrier, fut ratiffiéc la paix de Saint -Jacque par
Févesque Erard joint à son chapitre avec la Cité, sauf la modération contenue
dans une lettre signée dudit évesque (3).
L'an de grâce 1507, les Sœurs des Bons Enfans sont venu de Kénaut pas
13 loing de Hasque demeurer dans Liège et ont fait édifier leurs églises et couvent
auprès de l'église paroichial.' Saint-Hubert, et leur église fui consacrée par
Erard de la Marche, évesque et prince de Liège (4).
i/an i 507, les frères Lollards, ainsy communément nommez, ou autrement
nommés les Sellebreurs (5) furent mandé de Hasque par Févesque Erard de la
20 Marche qui leur fil faire leur église dans la paroiche Sainl-Servaix dans la rue
dite communément la Volicr. lequel, estant achevée, la consacrât. {Manu-
scrit 43, fol. 261 v°.)
(') Sur l'inauguration de l'église des Récollets et la dénomination Ptedelchautr. voir Gobbat, Liège
à travers les âges, t. IV, p. 535 et t. V, p. 145. Les Frères de Jérusalem étaient une autre façon de
25 désigner les Récollcts ou Piedschaulx. Cf. Charte du métier des Tanneurs de 1493 et Gobert, op. cit.,
t. III, p. 407.
(*) Sur les frères Ceilites ou Lollard> à Liège, voir Gobkkt, Liège à travers les âges, t. V, p. 636.
(!) Recueil des Ordonnances, 2« série, t. I, p. 1 et le cri du perron du 20 février dans Paweilhar
Université, n. 551, fol. 500 v» et Paweilhar de Theux 139.
30 (*> C'est le 18 décembre 14!)(i que les Sépulchrines de Neustadt vinrent s'installer à Liè-c au local
des Bons-Enf.mts. Cf. Gobert, op. cit., t. Il, p. 222, et Dams, Notices, t. Il, p. 211.
(5) Corruption du mot flamand Ollcbrocders.
Tous IL 44
546 CHRONIQUES LIÉGEOISES.
1508.
L'an 1.W8, la saison de. l'hyvcr fut fort doulce et atlemprée pareillement
presque tout l'année, tellement que les oyseaux avoient leurs joennes au moys
d'avril, pareillement les arbres esloient floris.
*
# *
Il consacra l'église des pères Rccolels à Liège. Il répara les remparts de la s
Fisen, il. 32î. Cité, il jetta les fondemens du palais épiscopal, il fil commencer la statue d'ar-
gent de î^aint Lambert à demy corps pour y mettre la teste du Saint martyr.
Peu de temps après, il fit faire une chasse aussi d'argent pour les reliques de
Saint Théodart. Il fit battre de la monnoye de bon aloy et coursable entre les
voisins. Les Brabançons ayant assiégé Ruremonde, les Liégeois secoururent io
les assiégés. Plusieurs possédez furent délivrés du diable dans la grotte de
saint-Hubert, sous le chœur de Saint-Pierre, (Manuscrit 112, p. 557.)
L'an 1508, fut ordonné par l'évcsque Erard de vendre les cuirs, vieux
souliers, poissons, harengs et légumes avec toute aultres herbages au vieu
marchez. (Manuscrit 57, pp- 414 et 41 S.) 15
L'an 1308, fut accordé de payer dans Liège l'œil du moulin, mais cest impost
fut révoqué.
Audit an, le sucre venant des Indes fut sy bon marché qu'on ne le vendoit
que six liards la livre à Anvers.
1509. 20
L'an 1509, l'engliese des Frères Piedschaux " en Liège fut consacrée par
l'évcsque Erard de la Marche.
En ce temps, vindrent en Liège aulcuns commissaires de France, de Hrabant
et de Geldre pour traiter de paix, mais rien ne fut conclud.
L'an susdit, l'évcsque Erard tint eompaingnie au roy de France en Italie. ïs
• (1rs Fratres : autres manuscrits II.
RÈGNE D'ERARD DE LA MARCK. 347
*
* ♦
L'an 1509, deux compaignics de eavallerie du prince de Nassaux, gouverneur
de Diest, forcèrent de nuict le monastère de, Herckenrode. donnant tout au
pillage et ayant ramassé tout l'or et l'argent avec ies ornements et vases sacrés Fisen, u, 322.
de l'Eglise et se disposant pour la fuite. Le gouverneur dudit lieux, estant pour
5 lors à Haske, en fut secrettement adverti par l'abbaise (*), lequelle tout soudain
y accourut avec ses gens et ayant donné l'allarme à tous les voisins, environne
■edit monastère et les atlacque de furie pour les faire desloger; il fit eschailler
jes murailles et monta le premier suivi de ses gens qui forcèrent la place, les
tuèrent en partie et ûrent le reste prisonniers. L'évesque adverty de ceci en fit
10 plaindc audit ÏNasseau qui pour faire justice les lit bannir en partie et le reste
publicquement exécuter. (Manuscrit 88, fol 98."
Douses compagnies de cavalerie de la garnison de Diesl s'eslant jetlée dans le
monastère de Herkenrode, les bourgeois de Hasselt en tuèrent une partie, le
reste fut pris et pendu.
15 Le prince lit publier divers édits contre les blasphémateurs; qu'aucun de ses
sujets ne porte les couleurs des autres Estais ni les croix droites ou en sautoir;
que tout voleur puisse estre tué impunément; que les noms et limites des fiefs
et autres biens relevans du prince soient portés à la Chambre des Comptes;
qu'on ne reproche à personne aucun fait des guerres civiles ou factions
m passées (2).
Il se tient à Liège une grande journée d'Ëstat où se trouvèrent les
ambassadeurs de l'Empereur et du Roy de France pour ajuster le
différent de la Gueldre, mais ce traité ne réussit pas. (Manuscrit 110,
fol. 111 et 112.)
2b L'an 1509, pardons ordonnés à Saint-Martin en Mont pour la réparation de
(*) Gertrude de Lexby, citée comme abbesse en i500, 1ÏH5 et 1517. Cf. Dams, Notices, I, IV,
p. 8.
(*) Sur ces édits, voir Chapïauville, t. III, p. 242, et E. Fairon, Supplément à la liste chronologique
des mandements et ordonnances de la principauté de Liège.
34S CHRONIQUES LIÉGEOISES.
l'égliese cl durèrent jusques à l'an XVe nouante, comme appert par les bulles
données à ladite églicsc. (Manuscrit 102, fol. 126 v") (*).
L'an mille VCIX, Tut faicle le mollin condist as awes. (Manuscrit 96) (*).
1510.
Néant. 5
*
* #
Il se fit un édit rigoureux contre toute sorte de vagabonds qui contrefont les
mendiants. (Manuscrits 110, fol. H 1 , et 412, p. 357).
Le château de Hiergcs ci-devant ruiné, estant réparé, apporta de grandes
noises entre les familles nobles de Corswarcm et d'Lmry. Ce différent alloit
allumeir une guerre entre les Liégeois et les Pays-Bas si la sagesse du prince to
n'eust aecoisé la querelle. (Manuscrit 142, p 337) (3).
L'an 1510, l'évêque Erard fut par le roy de France envoyez en Italie auprès
du pape. L'empereur pour ce fait luy accordât ses régaux et le pape confirma
les privilèges du elergéz. lui donnant l'authorité de dispenser les cas quy luy
Chapeauville. estoienl réservez, tant vers les séculiers que réguliers. Il rapportai quantitéz des is
belles pières précieuses et beaux joyaux, desquelles il en fit offrande à Saint-
Lambert et en ornai et embellit son fiellre qu'il fil faire en haut sur le jubilez.
Il fit aussy orner touttes ses belles ebappes de très grande quantitéz de fines
perles et pières précieuses. (Manuscrit 46, fol. 297 V, ei 47, fol. 127 v°.)
Après il s'applicquat à faire réparer et munir les places fortes du pays comme 20
Huy et son chasteau, y faisant bâtir la tour de la Marche, Dinant et son
ehasteau, les munissant d'artillerie et bonnes garnisons, puis fit réparer les
hangars de la Cité et la place de Cerez (4) devant Jemeppe. Il embellit l'église
cathédralle de ses belles tapisseries de Turquie et de belles chappes de pur or
[*) La bulle du pape Jules II accordant des indulgences à tous les fidèles qui contribueront à la 25
réparation de l'église Saint-Martin de Liège date du ô novembre ISOG. L'original se trouve aux
Archives de l'Eut ;i Liège. Cf. Scuoonbroodt. Chartes de Saint-Martin, n G4l>, p. 195.
( ) Sur ce moulin, voir (Iodert, Lièqc à travers les âges, t. Il, p. 101).
('; Sur cet incident, voir Dams, Histoire. ..du XVI' siècle, p. 17.
(') Seraingsur-Meuse. 50
III. 245 et 246
RÈGNE D'ERARD DE LA MARCK. 349
et argent el autres beaux ornements '. Après, il fit commencer son palais,
employant trengt deux ans à le faire bâtir comme on le veoit aujourd'hui, d'une
structure magnifique et royalle, auquel on attribue les vers qui s'ensuivent
à sa louange :
3 Frincipis haec sedes qua pulchrior altéra non est,
qui non banc vidit, nihil is vidisse putandus.
Dans les fondements de son palais, il fit mesler de la céruse '', de la poudre
et charbons et de la laine pour les conserver contre 1 humidité, il fit assoir les
piliers sur plomb et faire toutes les voûtes et galeries ornées de tapisseries c.
io [Manuscrits 45, p. 715, 46, fol. 296 v.)
L'an 1510, l'empereur Maximillian, avec les Anglois assiégea la ville de
Venlo en Gueldre, sur la rivière de Meuse, où après plusieurs assault, ils furent
repoussé et la quittèrent.
L'an mesme, la mesure de froment seulement 5 à fi liard, et le patar de
\o Brabant ne valoit à Liège pour lors que deux aidans ou liard liégeois.
(Manuscrit 57 , p. 415.)
1511.
L'an iU\ S, aulcuns ambassadeurs, tant de France que de Brabant, vindrent
encor en Liège pour traicter de la paix avecq le duc de Gcldre, mais en vain.
20 L'an mesme, l'hy ver fut froid; et commençhal à galler envyron le sainct
Martin en novembre et dura jusques en la fin de febvrier.
*
* #
L'an loi!, étant retourné à Liège, il reforma encor plusieurs monastères,
particulièrement ceux de Cistau, les plus abondans en richesse, élans comme
des libertins, oulrepassans leur institution. Il les remit en leur première obéis- Chapeauville,
HT **lfi
25 sance et observation de leurs règle. Celles de Vivegnis qui vivoient en leur
« Passage omis dans 45. — b de la arine de seigle : add. manuscrits 38, 46 et 8$. — c Passage
omis dans 43.
5*0 CHRONIQUES LIÉGEOISES.
J de Brusthem, particulier furent obligées de se remettre en communauté sous la disposition de
vm 89 1 'curs aDnesse et de ne plus sortir sans sa permission, ce que quelques unes ne
pouvant souffrir, se retirèrent chez leurs parens, en la place desquelles
il en établit d'autres ('). (Manuscrit 83, fol. 130 et 131, et manu-
scrits 59, 44, 46 et 82) s
1512.
L'an loi 2, l'hyver fut fort humide et pluvieux, dont en la saison de l'esté
la peste régna en pîussieurs lieux, et morurent beaucop de gens û.
*
» *
L'an XVe et XII, fit faire Erard la fiert Saint Lambert à Liège, d'or et d'ar-
gent, que on port aux processions, et levesque donna la belle tapisserie que on io
décore l'église les bons jours. {Manuscrit 27, fol. 284, et manuscrits 29 et
96, fol 281.)
L'an lol2, fut par notre évesque fait le fictre Sainct Lambert d'or et
d'argent, où est mis le corps sainct Lambert, que l on porte à la procession.
Item le fietre de sainct Théodard. Item io chappes do drap d'or, pleines de ts
perles, que les chanoines mettent en jours solennels. Item la taies d'or et les
chassures d'or et pierreries. Item le drap qu'on met devant l'autel, de mesine
estoffe. Item touttes les belles tapisseries que l'on met dans le cœur alentour,
où la vie de Noslre Dame et de sainct Lambert y sont figurées, avec tous
les ornements de violet velours, dons digne d'un tel prince. (Manuscrit 70, io
fol. 177, 60 à la date de 1318, 37 à la date de 13 12.)
L'an mil Yc et XII, at esté faict le grand honorable reliquaire ou joyeuaulx
faict d'or et d'argent et pierre précieuses dont est d'or le chieffe de monsieur
sainct Lambert, que l'on porte communément aux grandes processions.
(Manuscrits 96 et 97, fol. 190 v°.) 25
« Omis dans manuscrit 7.
(') Sur l'abbaye de Vivegnis, voir E. I'o.vcrlei, L'abbaye de Vivegnit dans B. S. A. //., t. X, p. 18.
RÈGNE IVERARD DE LA MARCK. 381
L'an 1312. la figure du corps de sainct Lambert étante nouvellement
achevée, d'une structure admirable et magnifique, toute chargée de diverses
pierres précieuses, les orphèvres aians employé sept ans à la fabriquer aux
despens de lévêque Erard. Il en ordonna la fêle de la translation le 28* jour
s d'avril et fit un édit afin que chacun eût libre accès et que la procession ne fût
troublée, que pendant trois jours, l'on ne pouroit appréhender personne pour
debtes, pour crimes ou banissement, dont il vint un très grand nombre de
personnes de tout côté pour voir cet excellent ouvrage nouvellement fabriqué
et porté en procession par six tréfonsiers. (Manuscrit 85, fol. IS1 et manu-
io scrits 39, 44, 46, 82.)
L'an mesme, le cardinal donnât la tapisserie du chœur de Saint-Lambert où
se contient l'histoire de Noslre Dame et de saint Lambert. Pareillement fist
faire l'image de saint Lambert qu'on porte à la procession, qui est d'argent doré.
(Manuscrit 103, fol. 126 v°)
13 Ayant dessein d'instituer la feste de la translation de saint Lambert, il le
communiqua avec plusieurs persones, non sans un opiniastre et longue résis-
tance de quelques uns. Il falloit que ce grand et sage prélast ne fust pas sans
adversaire, afin que sa vertu et son courage éclatassent davantage et ses bonnes
actions ne dévoient non plus manquer de censeurs que les mauvaises de
20 quelques autres ne manquèrent d'approbateurs. (Manuscrit 110, fol. 111 et
manuscrit 112, fol. 339.)
L'an mesme, le 29' de mars, ordonnances faictes sur les renies et héritaiges,
publiées au péron de Liège au son de la trompette le 17* d'avril. (Manus-
crit 102, fol. 127) (*).
25 1513.
L'an 1515, fut l'hyver si long et si froide que la rivière de Saync "
et aullres fleuves en France et la rivière de Mouse en Liège furent engallée
tellement que les chariots passèrent sur la glace et alloient de Liège à Treict
« Salme : manuscrit iS.
30 (<j Voir Recueil det Ordonnances dt la Principauté, 2' s«rie, t. I, p. 15.
129-130.
35Î CHRONIQUES LIÉGEOISES.
tousjours sur la glace et cncor plus bas. Pareillement la rivière du Rhin.
L'an mesme eut ung grand tumulte entre le commun peuple et le magistrat
à Ayes, à Coulongne, à Treict et pareillement à Liège par un dimenche ° en
J. de Looz, quaresme, [que l'on dit encore aujourd'hui le mauvais dimenche] que on
chantoit à l'engliese Fera pessima devoravit filiiim meum Joseph, et le 3
jour ensuyvant, dont Erard de la Marche, évesque de Liège, print grand painc
et travaille pour les appaiser et furent les hourgois en armes sur le marchie
près de combattre '' et faire des grands niaulx, mais le bon prince trouva moyen
de faire retirer chascun sur sa chambre, où ilz alla en personne pour ouyr
leurs intentions, et en sortant hors tombil et se rompit ung jambe, qui fut cause 10
qu'il demoura en sa chambre plus de deux moys; enfin ladicte sédition par son
bon moyen fut appaisée (*).
*
* #
L'évesque Erard fil mettre dans le cœur de Saint-Lambert un grand chande-
lier de cuivre portant 15 chandelles. (Manuscrit 57 , p. 4-17 .)
L'an 15! 3, les Sœurs Grisses sont venues demeurer dans Liège et ont fait 15
édiffier leur église et couvent en la paroiche de Sainct-Rcmy par les aumosnes
des gens de bien, el leur église fut consacrée par l'évesque Erard de La
Marche (2). [Manuscrit 45, fot. 261 V.)
L'an mesme, le roy d'Escosse (3), en une bataille contre le roy d'Angleterre
son beau-frère, fut tué et avec luy ung archevesque, deux évesques, quattres 20
abbés et trengt quattres nobles chevalliers, el oultrc ce huiclz milles Escossois,
sans les prisonniers.
" en.Caresme : manuscrits S et 5. — b et près de combattre et faire des grands maulx :
manuscrits S et 3.
(<) Le manuscrit 4b, fol. 2til v, date erronément cet incident de 1S10. 25
(») Sur l'établissement des Sœurs-Grises ou Sœurs hospitalières de l'ordre de Saint-François
d'Assise, voir Gobert. Liège à travers tes tiges, t. Il, p. 581.
(') Jacques IV, roi d'Ecosse de 1488 à 1513, fut tué à la bataille de Floddcnfield. Il avait épou*t
Marguerite, sœur de Henri VIII, roi d'Angleterre.
10
RÈGNE DERARD DE LA MARCK. 353
L'an mesme, les Portugalois prindrenl Malaga en Indes, en laquelle estaient
25 milles maisons.
L'an mesme, fut accomplis le conseille de Lateran qui avoit esté comenché
soub le pape Julie second de ce nom (Manuscrit 102. fol. 127 v") (1).
1514.
L'an 1514, le 7e jour de marce, furent veu en l'air deux arcq " célestes
(enans b les dos l'ung contre l'autre.
L'an mesme, perist une fosse à heulles à YYeis dicte à Barbeau où périrent Cnapeauviiie,
no • c III, Soi.
Uo ouvriers .
*
* *
L'an mesme, à Wittemberch au pays de Saxe, furent veus trois soleils et une
espée ensanglanté en chascun soleil. L'an mesme, en Hollande, à Leyden, qui
fut le trazième jour d'octobre, fut nay ung enfant sans teste avec deux iculx et
une bouche en la poictrine, les bras et mains attachés au flaneq et par embas
is tout rond sans pied et jamble. (Manuscrit 27, fol. 285.)
Endit an, fut faict le mal et péril de la fosse de Hurbieze (2) où grand
nombre de gens fut péris et noyés, lesquels sont demeurés en ladiltc fosse.
(Manuscrits 96 ; 97, fol. 191 et 98, fol. 48.)
Dans une houillère à Weyz, il y eut près de 100 houilleurs accablés et
20 enterrés, comme il est arrivé encore ailleurs plusieurs fois et naguères à
Jemeppe l'an 1054, mais pas avec une pareille perte d'hommes. (Manus-
crits 110, fol 111 ; 112, fol. 559.)
a fut veu en l'air deux arques tirante l'une contre l'autre : manuscrit 16, fol. 40. — b tenant le
dos : manuscrits ! et S. — c 1108 ouvriers : manuscrits 7, S. IS et 56; ce chiffre extravagant ,
-25 qui n'a pas mis en éveil le sens critique de ces copistes, provient de la confusion des chiffres
romains x et m.
(') Le neuvième concile général de Latran fut convoqué par une bulle du pape Jules II, datée du
18 juillet 151 1. Il fut ouvert le 5 mai 1512, et tint douze sessions successives jusqu'en mars I 517.
(*) Sur ces deux catastrophes minières, voir Gobeht, Eaux et fontaine» publique» à Liègepp. lli et 17 ,
30 d'après Foullon II, p. 220 et Bbusthsu (fi. J. A. L., t. VIII, p. 57).
Tome IL 45
554 CHRONIQUES LIÉGEOISES.
Le prince fil présent à l'église de Saint-Lambert d'une riche tapisserie
travaillée à Paris qui représente en partie la vie de Notre Dame et en
partie les faits héroïques de saint Lambert. (Manuscrits 114, p. 290;
442, p. 340.)
Ceste même année, l'évesque Evcrard at donné à l'égliese de Saint-Lambert s
une fort belle tapisserie dont en est décorée le cœur au jour de sainct Lambert.
{Manuscrits 96 et 97, fol. 191.)
Environ l'an 1514, le stier de froment se vendoit vinte deux aidan et
le wasin vincle aidan, tellement que les brasseurs vendoient le grand pot
de bière dos sos et le bannicr de hier se vendoit deux aidans. El pour lors. io
tous les mesliers estoient à forte bas pris, car un couluriequi faisoitune perde
bas de chausc pour un homme avoit ordinairement pour la façon trente siex
sou, dont un jour arrivât que un homme disoit quy falloit avoir conscience
donnet un vieux Mafia, qui estoit trente siex " sou et un care. avec cella une
personne avoit pain. hier, beurre et autre chose pour vivre; et un marichalle <s
qui ferroit un chevalle avoit ordinairement pour un ferre un aidan et pour ses
peines avoit dous sou. {Manuscrits 48, fol. 593, el 4o, fol. 262.)
Au mois d'aoust, gaingna le grand Turck Selin à la grosse bataille (*)
alenconlre d'ismael Couhy, roy de Perse. An mesme, se mulinèrent certains
vilageois en Hongrie contre la noblesse du pays et esleurent ung nouveau roy 20
nomé George échelon (2), lequel puis après fut delïaicl et prius par Naavoda,
qui le fist menger tout vif par pièces de 20 villageois qui avec luy furent
prins, lesquels ledit JNaavoda par après lisl hacher en pièces.
L'an mesme. mourut Anne de Bretagne, femme à Loys, roy de France,
douzième de ce nom, le 9e janvier. 55
An mesme, plussieurs maisons bruslées à Venize.
<> Vingt : manuscrit 45.
(*) Bataille de Chalderon.
(»j Georges Sekel ou le Siculc était à la tête des paysans révoltes à cause d'une croisade ordonnée
contre les Turcs. Ceux-ci furent défaits prèe de Temcsvar par Jean Zapolski. 3®
RÈGNE D'ERARD DE LA MARCK. 555
1515.
L'an 15iî), morut, le premier jour de janvier, Louis, douxiesme roy de
France, à Paris, ayant régnez 17 ans, auquel succéda Franchois de Vallois,
premier de ce nom.
*
* *
s L'an mille VCXV,... Marcka de Loingne(1), grand volleur, avec ses complices,
se tenant sur le chasteau de Loingne près Bornai ens Ardenne, détrossèrent et
prindrent les marchans amenans à Liège des viaulx, le jour du blan jeudi devant
Pasques, et tous les marchans de Horne et là enthour. (Manuscrit 9 6, fol. 2 ' 0.)
L'an 15Id, Jean Curvimosanus (J). abbé 58e de Saint-Jacques, acheva
io cette église magnifique de son monastère que nous voions cejourd'hui. Le
chœur fut commencé dès l'a;; 1 420 et l'église fut consacrée le i 5 mars \ 532 par
Gédéon Van der Gracht, suffragant de Liège. (Manuscrit 8>5, p. 436;
manuscrits 39, 44, 46 et 82)
Un bourgeois que les sergents menoient en la prison du mayeur, en ayant
'5 blessé un et estant condamné par les eschevins à avoir le poing coupé, eut
recours à I'official et en empêtra des inhibitions comme clerc; mais celui qui
les intima aux eschevins n'eust autre responce que du bourreau qui lui présenta
la main du criminel, ayant à cet effet esté obligé de haster l'exécution. (Manus-
crit 42, p. 344 et manuscrit 444, fol. 294.)
20 L'an mesme, fut prins le chasteau de Milan par le roi de France. L'an
mesme, fist son entrée en Anvers le duc Charle où il fut receu en grande
honneur comme duc de Brabant par tout son pays. (Manuscrit 27, fol. 285.)
Pendant qu'on faisoit leurs procès (aux soldats Allemands pillant la Campine), Chapeauville,
III "53
vindrcnt des lettres du roy de France et de l'évesque pour leur délivrance, ce
25 qui fit soupçonner que ces soldats n'eussent été envoyez par l'évesque; où
chacun murmurant contre sa personne, ce qui l'obligea de retourner dans Liège,
(«) Le château de Logne appartenait au deuxième fils de Robert de la Marck, Guillaume, seigneur
de Jamctz. Il fut détruit en 1521 : cf. plus loin, p. 565.
(*) Sur Jean de Coronmeuse, voir D. U. Berlièbb, Monasticon, t. Il, p. 24.
356 CHRONIQUES LIÉGEOISES.
où étant, il fit appeller les magistrats et conseil de la Cité, auxquels il remontrât
qu'il y avoit des malvcuillants qui semoient de faux bruicts contre sa personne
innocente, leur commandant de s'en informer et les châtier selon leur
offense, ce qu'ils promirent de faire. La Cité esmeue de ces plaintes députa de
chaque métier deux hommes pour faire les excuses de ces bruicts semez par 5
quelques témérairs, lui offrant néanlmoins d'en faire convenable enquête avec
offre de leur service jusqu'au dernier soupir de leur vie, de quoy il fut satisfaict
et content. Alors, pour divertir sa colère et envy, il s'en alla divertir dans
plusieurs villes du pays, où il fut bien reçu et, à son retour dans Liège, les
magistrats et bourgeois lui allèrent au devant, luy faisant un honorable accueil, io
le priant d'oublier ces faux bruicts semés, ce qu'il fit. (Manuscrit 45, p. 7 17
et manuscrits 44 et 46.)
1516.
Néant.
*
* ♦
Le révérendissime cardinallc estant un joure en courte à Paris, où que le is
roy de France jouant au tripot, fut question de juger que le roy avoit joué sous
la corde. Or comme père La Marche avoit coiidemné le roy, y demanda quy
l'avoit jugé. Fut respondu par d'autres spectateurs que sçavoit esté père
La Marche qui l'avoit condemné. Le roy en retournant donnât un soufflet
à père La Marche, qui ne respondit mot, seullemcnt que de dire à son page de 20
aprester son chevalle, ce que le page allât faire, et le révérendissime cardinalle
se sauvât en son pays de Liège et aprochat ce grand prince Charles cinquième
de ce nom, empereur des Romains, lequelle a lousiours tenu le révérendissime
cardinalle pour son grand amis, et se servoit de luy comme d'un sage conseil-
lier, et souvent l'empereur le nommoit son père La Marche. Et d'autre cousté, 25
le roi de France, pour se venger du cardinalle, luy osta l'évesché de Noion
en France. Que sur ce entendant, l'empereur Charles donnât au révérendissime
cardinalle l'évesché de Vallence en Espagne pour récompense. (Manuscrit 48,
pp. 392 et 37, p. 421 et 45, fol. 262 v".)
L'an mil Ve et XVI, l'empereur Maximilian at esté en la cité de Liège, se
(Manuscrit 97, fol. 151)
RÈGNE D'ERARD DE LA MARCK. 357
L'an XVe et XVI. le vingt siexièsme jour d'octobre, fut donné l'ordre du
Toison d'or à Bruxelles parle duc Charle d'Austrice. Manuscrit 27, fol. 285.)
L'an 1516, furent transporté les franches foires de Bruge à Anvers, ce qui
l'a rendue depuis fort renommée. (Manuscrit 57, p. 420.)
1517.
L'an 1517, fut faict Monsr Corneil de Sevenberge, coadjuteur de l'évesque
de Liège.
L'an 1517, commeneba à galler quattre jour après le sainct Martin et dura
continuellement trois sapmaines après le Sainct Poul n.
*
# *
10 L'an 1517, fut tellement la rivière de Meuse engelée que l'on alloit sur
la glace par chariot; le mesme en Anvers. (Mauuscrit 27 , fol. 28S.)
1518.
L'an 1518, fut faicte une paix et alliance f1) entre les pays de Brabant,
Flandre et aullres d'une parte, le roy de Castille et l'évesque et pays de
15 Liège d'autre part h. L'an mesme °, la peste régna fort en la cité de Coulongne
et pareillement en la cité de Liège.
* *
L'an 1518, l'évesque Erarde institua le conceille ordinaire à Liège (2) pour le
bien de la République et pour abréger les procédures, lequelle fut confirmé par
l'empereur Charles V à la requeste dudit évesque. (Manuscrit 88.)
2o " Note marginale du manuscrit S. — <> en abandonnant l'aliance des François : add. manuscrit 3.
— ' L'an 1519 : manuscrit I.
(') Le 27 avril 1818, à Saint-Trond. Sur cette alliance, voir de Marneffe, La principauté de Liège et
les Pays-Ras, t. I, p. 28, et P. Harsin, L'alliance de la principauté de Liège avec les Pays-Bas nu
XVIe siècle, dans Revue belge de philologie et d'histoire, t. VU (1928), pp. 14-18 à 1452, et t. VIII
25 (1929), pp. 95 à 128.
(*) Voir Éd. Poncelet, Le Conseil ordinaire, tribunal d'appel de la principauté de Liège, dans Bull.
Dl LA COMM. ROY. DES ANCIENNES LOIS ET ORDONNANCES DE BELGIQUE, t. XIII, pp. 153 à 287.
358 CHRONIQUES LIEGEOISES.
L'an mesme, le douziesme jour d'aoust, se partit le duc Charte pour aller
recepvoir la couronne d'Espaigne. L'an mesme, commença Martin Luther, de
l'ordre des Augustins, en Allemaigne à prescher contre l'église catholicque.
L'an mesme, Charles, duc de Brabanl, fut couronné roy d'Espagne en la ville
de Validoire. (Manuscrit 27 , p. 283.) 3
1519.
L'an 1519, morut l'empereur Maximiliane. le 12e de janvier, après avoir
tenu l'empire 53 ans. L'an mesme, (marie d'Austrice, roy de Castille, par
la sollicitation de Erard de la Marche, évesque, fut esleux roy des liommains,
future empereur. »a
*
* *
L'an mesme (1519). fut faict nostre évesque abbé de S. Michiel en Anvers.
L'an mesme, Henry, roy d Englcte rrc, rendit la ville de Tournay au roy
de France pour certaine somme de deniers. L'an mesme, on vendoit le slier de
grains neuf palar et le stier de frument douze patar et demy. (Manuscrit 27,
fol. 286). 15
L'an mesme. on vendoit le stier de wassen 56 aidans et le frument
cinequante deux aidans (1). (Manuscrit j 02, fol 129.)
1520
L'an 1520, en octobre, le 12e jour, le susdit Charte fist son entrée en
la cité, allant à Ayes pour recepvoir la première coronne. Lendemain, l'évesque 20
Erard célébra la grand messe en fengliese de Liège, en présence dudit Charte,
et puis fut faicte la procession ".
" L'an mesme, le 22' d'octobre, fut ludit Charles couronné à Aix en grande munificence, où fut
nostre évesque présent : add. manuscrit S.
(*) Le premier manuscrit a noté les prix en monnaie forte et le second en monnaie faible. L'effraction 25
des Echevins de Liège de 1519 use encore de la monnaie faible et donne pour le muid, qui vaut
8 setiers, la moyenne annuelle suivante : epeautre, 47 aidants; froment, 118 aidants; seigle, 92 aidante.
RÈGNE D'ERARD DE LA MARCK. 359
*
* *
L'an mille VCXX. l'empereur Charle a fait son entrée en la cité de Liège où
un peu auparavant on avoit fait dorrer le peron sur la fontaine, avecque
saint Lambert près illeeque et autres choses à la dite fontaine en marchiet, en
dit an après son coronement fait à la ville d'Ais, et fut receu très honorable-
s ment. Or au dit coronement à Aix. le conte palatin (d) avoit à la porte six cent
homme à chevaulx, Johan duc de Clève et de Julliers (2) en avoit nn° cheva-
liers bien armés. Les archevesques de Mayence (3) et Coloingnc (4) constoint
l'empereur et ainsy entrèrent en l'église. Puis l'empereur fist son oraison.
L'archevesque de Coloingnc commenchat la messe. Après là ensuyvant, luy fut
10 remonstreit qu'il esloit délibérez de maintenir la foy, de maintenir justice, de
restaublir l'empire, avecque autres poincts. Puis minez à l'autel où il at juré
seur les livres les susdits points. Puis retournés en son trosne, les princes lui
promiltèrent fidélité, obéissance et services. Puis par les archevesques de
Mayence et de Trive (5) est oinct en la teste, poictrine et ens autres lieus, puis
15 revestu d'autres habilement et vestures et de là l'on luy présente unne espée
nue, luy rescommandant la république. Après unne anneau, ung manteau
royalle et la sceptre avec la pomme. Quant ce vient à poser la coronne, les
trois archevesque y mettent les main, et puis fait encor serment de bon prince,
et lors sont grandes triumphes faictes des trompettes et instruments. Puis après
20 les tables mises par ordre, où chascun selon sa qualité est assis. L'on ataccous-
tumé de rostier ung beuf enlhier plains et emplis d'autres et menues bestes.
Deux fontaines furent que du long du jour jectèrent vin et ce au commun
peuple. Lendemain, il donne cheaulx à l'archevesque de Mayence. Et Marga-
rine, tante de l'empereur estoit présente... (Manuscrits 96 et 97, fol. 19 1 v°.)
25 Dans la mesme année, la peste régna par tout le pays de Liège, et lorsqu'elle
(1) Louis V, comte palatin du Rhin, 1508-1844.
(*) Jean III, duc de Clèves, de Bcrg et de Juliers, 1820-1839.
(3) Albert de Brandebourg, archevêque de Mayence, 1814-1845.
(4j Herroan de Wied, archevêque de Cologne, 1818-1847.
30 (») Richard de Greiffenclau, archevêque de Trêves, 1811-1851.
560 CHRONIQUES LIÉGEOISES.
eut cessée, l'empereur Charles Quint, ne voulant pas oblier les bons services
luy rendus par l'évesque, vient à Liège pour le remercier, où l'évcsque fist
mettre tout son peuple sur les armes et s'alla recevoir à la porte de Sainte-
Walburge, et à son arrivé, les bourgeois le saluèrent de leurs musquetterie et
canons, aussy bien que des loultes les cloches de la ville et le conduisèrent au 5
palais avec quantité des flambeaux allumés. Le lendemain, 1 evecque célébra la
messe à Saint-Lambert avec un concert de musieque sans pareille et ensuitte
il fist faire une procession où s^ trouva tout le clergé et tous les religieux de la
ville et où ledit empereur porta un flambeau blanc derrière le Vénérable que
l'évecque portoit. Et après la procession, on chanta le Te Deum. Après quoy, 10
ledit empereur fust reconduit dans le palais de l'évecque par les troix Estais
du pays où il fust traitlé très magnificquement. De quoy il reçut beaucoup de
contentement et l'évecque des riches présents. Quelques jours après, ludit
empereur, ayant pris congé, fust conduit par l'évecque et la noblesse à iMaes-
tricht et delà à Aix la Chapelle où il se fist couronner empereur et accorda 15
beaucoup de privilèges ('). (Manuscrit 82, p. 523 et manuscrits 44 et 46.)
Audit an, a esté acquestée et ordonnée la place et héritaige qu'on dist
« à Lolars » par ceulx de la cité et en despences d'icelles et pains encoire leur
donnarent rentes et aultres revenues annuelles (J). [Manuscrit 97, fol. 192.)
En temps de l'évesque iWarka, est advenus que les surséans de Vervy ne 2»
vouloient obéir à nostre mère la saincte Engliese ny venir au croix, comme
est l'ancienne coustume de l'englicse, et comme tous aultres font la dernier des
festes de Pentecouste, de manier que le cardinal, entendant cela, jurât qu'il les
feroit venir malgré eulx et, tout dansant, payer l'homaige à monsr sainct
Lambert et reeognoistre messre du chapitre pour leur seigneur, ce qu'il font 25
tous les ans, venant avec croix, tambour et fleute, dansant ledict jour dernier
(i) Sur celte visite impériale, voir J. Mattiiiki', Charles-Quint à Liège, MSO et 1544 dans
//. /. A. L., t. XI, pp. 201 à 222.
(s) Le 15 octobre 1519, les maitres, jures et conseil de la Cité de Liège avaient conclu un contrat
avec les frères Cellites pour garantir à ces religieux un établissement dans la Cité. (Cf. Stephani, 30
Mémoire» pour servira l'histoire monastique du pays de Liège, t. II, p. 32!).) Le <i avril 1820, la Cité
faisait l'acquisition d'un immeuble en Volière pour y loger ces religieux. (Eehevins de Liège, OEuvrrs,
n° 89, fol. 258 y).
RÈGNE D'ERARD DE LA MARCK. 361
des festes et les composant chascung cheff de mesnaige à ung tournois
d'offrande, (leulx doncq estant arrivez à la porte d'Amercourt. le petit mayeur
les va faire introduire, les amenant tout dansant à l'église Saint- Lambert, du
costéz de Nostre-Dame au fondz. Estant là, ils attendent jusqu'à ce que la grand
s messe soit achevée. Lors messrs les chanoynes sont conduiet au vieux cœur et
puis on les faict entrer tout dansant, venant illecq devant l'autel saint Cosme
et saint Damien, ils offrent hors d'une bourse quy est pendant à leur croix or
et argent, promectant d'cslre fidèl et Ieal à mess" de l'église, demourant bien et
stable en la vray foy de nostre mère la saincte Eglise et retourner l'année sui-
jo vant avec mesme offrande et submission, ce qu'il continuent jusqu'à mainte-
nant, ce qu'ayant faict, s'en retournent hors l'église tout dansant (1). (Manus-
crit 21, fol. 60.)
1521.
L'an 1521, fut une trahison conspirée en Liège, par laquelle les conspira-
i.ï teurs avoient délibéré livrer la cité, le jour de l'annonciation Nostre Dame,
du matin, à messire Robert de la Marche et ses enffans pour le roy de France.
Mais l'affaire " fut descouvertc tellement que les marchans x ou xn furent mis
en quatlrcs quartiers ' ; aulcuns seigneurs de l'englie?e de Liège furent tenus
suspects de ladicte trahison et se absentèrent de la cité et pays, qui depuis n'ont
20 estez veus en icelle ou dedens le pays (2). L'an mesme le chasteau de Longue,
" Le tout, manuscrit 5 . — b Un manuscrit utilisé par Foullon, et que celui-ci dénomme l'autographe
d'Olivier de Boulogne, donne le texte suivant : dix ou douze marchands furent mis en quatre
quartiers, Mr de Beaulieu, archidiacre de Brabant, fils de Robert de la Marche, et autres de l'église
Liège furent tenus suspects et partant s'absentèrent et ne revinrent pas. (Foullon, t. II, p. 227, note 2.)
2b (') Sur les Croix de Vcrviers, survivance des anciennes processions banales ducs à Saint-Lambert,
voir J. Hin.v, Les Croix de Verviers dans Bull, de la Soc. verviét. d'arcbéol., t. I, p. 209;
E. Fairon, L'origine des Croix de Verviers, dans la Chroniqub de la même société, 16 janvier 1911;
D. U. Berlière, Les pvocessions îles croix banales, dans Bull. Acad. rov. de Belgique, Classe des
lettres, 1922, pp. 419-4-iG; J. Feller et E. Fairon, Les processions des croix banales de Horion-
ô0 Hozèmont et de Verviers, dans Énquètbs du Musée de la vie wallonne, t. Il (1927), pp. 1-12.
(*) Antoine de la Marck, neveu de l'évéque, chanoine de Saint-Lambert depuis IS08 et archidiacre
de Brabant depuis IBIB, était un des principaux conspirateurs. Il s'enfuit en France et devint abbé
de Beaulieu en Argonne. (Gf. de Theux, op. cit., t. III, p. 20.)
Tome II. 46
362 CHRONIQUES LIÉGEOISES.
que tennoit par force Robert de la Marche, appartenant à l'abbéz de Stavelot,
fut prins et démolits par les gens de l'empereur, ayant en assistence aulcuns
Liégois. et y furent prins 22 eompaignons qui le gardoient, qui après furent
pendus et eslrangléz à une arbre ('). De ladicle prinse. fut faict ce vers conte-
nant l'an : 5
Loglna VI CeCIdlt qUe MULtos anlc CeCIdlt.
L'an mesme, le dernier de moys de may. la place cl forteresse de Messincourt
fut rendue entre les mains de l'empereur, pareilliement Florenge et Sauley;
item la maison et chasteau de Buillon appartenant à l'évesque de Liège fut
gaingnié et prins et presque tout démollie. pareilliement la ville de Mouson (2). in
! 'an mesme. messire Robert de la Marche, sentant " l'armée de l'empereur
eslre preete pour aller assiéger sa maison d'Esden (3), trouva moyen de faire
et avoir paix aveeq l'empereur et ses commis, parquoy ladit armée, qui estoil
estimée à cent milles hommes combatans, alla devant Masières, mais n'y firent
riens, à cause de l'intelligence que avoient les Franchois dedans aveeq les ib
Allemans et leur capitaine général, le eonte Francisque (4); par quoy ils
levèrent le camps et furent les Allemans cassez
*
* #
L'an mesme, fut remonslré à Charles, moderne empereur, comment, en
ses pays, il y avoit forteresses '' qui voilent et qui pillent les pauvres gens, qui
se tenoyent en Argenteau, £alme, Longne, Florhenge ', Misencourt, Seraing '' 20
0 scachant : manuscrit S. — 6 force voleurs. — e Floxhenge. — d Sedaing et Jamay : manuscrit 33.
(') Le château de Logne fut pris le l"mai. (Cf. db Chf.sthet, Histoire de la maison de la Marck,
p. ICI v°.)
(sj Sur celte campagne, voir Henné, Hittoire du règne de Ckarles-Qiiint en lielgique, 1. 1, pp. 302-308.
Messincourt, près d'Ivoix; le château ruiné de Sauley, commune de Trouville. 25
(*j Après la prise de Bouillon, Henri de Nassau se disposait à assaillir Sedan. C'est alors que Robert
de la Marck, perdant tout espoir d'être secouru, obtint une trêve de six semaines qui fut signée à
Balan, près de Sedan. (Cf. de Ciiestrit, op.cit, p. 161.)
(') Franz de Sickingen.
RÈGNE D'ERARD DE Là MARCK. 363
et plussieurs aultres, dont fut ordonné Monsieur de Massault a (*), avec une
grosse et puissante armée, pour les défiaire et ruiner, et ieeulx de Longne, dont
en estoit le ehief Monsieur de Jamais l^2), et alloyent aulcunc fois à diex ou
douzes lieue, et \enoyent prendre ung homme sur son lict, comme ils firent
s à Jean Noé d'Acoche et liinet de Fresne, en les renvoyent à Longne et puis en
Gueldre, et les ransonnent à leur plaisir. Et puis des abbés ont prins prison-
niers et les laisser mourir en prisons et forteresses, et faisoyent des maulx
innumérables, pillant et robanl les pauvres gens. Dont le conte de Massault "
fut mettre le siège devant Longne, et fut illccque l'espace de quattrc sepmaines
io avec Liégeois, et par ung jour de may fut prins du malin, et les compagnons *
quy la gardoyent prins et pendu à une arbre, et leur lieutenant appelé Miscl, et
la place démolie et aruynée. La dite date est contenue en ce vers :
Longia vi cecidit, que multos ante cecidit.
Le sieur d'Argenteau et le conte de Salme (3) se apointèrcnt par le moyen de
15 leurs bons amis, par ainsy demourèrent les places en estre. L'an mesme, le
dernier jour de may. la forteresse de Misencourt fut rendue entre les mains de
l'empereur, que lenoit messire Robert de La Marche, et fut tout démolie. Après
alla mettre le siège devant Bouilhon, quy tenoit messire Robert qui estoit une
place imprenable, et en peu de temps fut prinse miraculeusement et réduicte et
20 remise en mains de l'évesque et du cbapittre. Après fut prinse la forteresse de
Florenge, et Monsieur de Jamais prins prisonniers et mené à Namur, et fut la
forteresse démolie; pareillement la ville de Mouson. (Manuscrits 27, fol. 286 ;
33,foL3S4;34 et 96.)
Le sieur d'Argenteau et le conte de Salme se munirent de toutes pièces
25 craignant un siège. Si allât après Monsieur de Nassoye mettre le siège devant
" Nassau. — b et les compangnons de dedens prisonniers et leurs lieutenant, qui estoit appelé
Niselle et Maequea et leurs complices pendus et estrangléz au nombre de 18... : manuscrit 29,
loi. 241.
({) Le comte Henri de Nassau, capitaine général des Pays-Bas.
30 [*) Guillaunis, seigneur de Jamelz, second fils de Robert de la Marck.
(') I.c comte Jean de Salm-Reiffcrscheid.
364 CHRONIQUES LIÉGEOISES.
Florengc. et fut prise el monsr de Jamais prisonnier et aminé dedans Namur, et
la forteresse démolie. Après allât mettre le siè^c devant Bouillon, qui est à
l'engliese de Sai net- Lambert en Liège, que lennoit par usurpation sire Robert
de la Marche; en bricffve fut prinsc miraculeusement, car c'est une place
imprenable, puis s'en alla mettre le siège devant Missencourt, que tenoit encor s
messir Robert, et fut une espace de temps devant, et enfin fut prise et
démollie, et le eliasteau de Bouillon fut remis dedans les mains de monsieur le
cardinal et de chapittre de Saint-Lambert en Liège. Puis tanlost après, s'en
allât mcllrc le siège devant iMaisieres où il y eut une «rande armée, mais en fin
ce fut un holla pour un mauvais conduit qui estoit en l'ost des Allemands et 10
pour la corence qui y estoit et pour le froid temps qui y approeboit, on levât
le siège et s'en retourna chacun à son plaisir. (Manuscrit 29. fol. 240 v°
et nianuscrit oi .)
L'an mille VCXXI, at esté apporté à Liège le chapiau de cardinalité (4).
(Manuscrit 96.) m
L'an mesme, fut consacrée l'égliese des Augustins hors la porte d'Avroit
nouvellement fondée et édilïîée (2). (Manuscrit 1 02. fol. 150.)
L'an 1521, le dixiesme jour du mois de novembre, se firent telles déluges et
débordements des riviers, lesquels emportèrent au pays bas septante villages
qui furent entièrement noyez. (Manuscrit 4S>) -jo
1522.
L'an 1522, Henry et Jean, frères de l'Ordre de sainct Augustin, furent les
premiers lesquels pour la doctrine luthérienne furent bruslcs à Brucelles.
En Anvers, par la mesme doctrine fut deslruil ledit monastère des Augustins.
(Note marginale de manuscrit 2) 2S
(') Cette nomination de cardinal date du 9 août 1521. C'est donc par erreur que la chronique
rulgaire signale à l'année 1524 l'élévation d'Eranl de la Mark à la pourpre cardinalice (Cf. I.éon-
E. Halkin, Comment Erard de La Marck devint cardinal, extrait de la Terre wallonne, année 1928.)
is) Selon D. U. Berlièiie, les Évèques auxiliaires de Liège, p. 87, d'après Ernst, celte consécration
fut accomplie le 2b' niai l!>27 par le suffi agant Pierre van den llcnde. Cf. Gobeut, Liège à travers les 30
àge$, t. Il, p. 79,
RÈGNE D'ERARD DE LÀ MARCK. 365
#
# *
L'an 4522, les Liégeois furent avec les armes raviclailler Bouillon malgré
leurs ennemis (').
L'an mesme, la cité fit édifier l'église et couvent des frères Lollards dit de
Celleresse pour subvenir aux pestiférés, où elle leur accorda l'héritaige que la
5 cité avoit acquis l'an 4518, situé derrière Saint-Servais et la rue del Volière,
et de leur payer encor annuellement quelques revenus et aulfres droits (2).
En ce temps, l'empereur Charles Quint avoit une grande guerre contre
François de Valois, roy de France, tant en France comme en Itallie. En ce
temps, le cardinal fit abollir la hault vouerie de Liège, qui avoit duré environ
îe de 700 ans, pour éviter qu'ils ne s'emparast des places fortes du pays. (Manus-
crit 37, p. 424.)
L'an 1522, la veille de Noël, les chevaliers de l'Ordre Saint- Jean de Jéru-
salem, chassés des Rodes par les Turcs, après l'avoir tenu l'espace de 212 ans,
se retirèrent en Candie où, ayant demeuré quelque temps, se retirèrent partie
îs à Venise et partie en d'autres lieux d'Italie. L'empereur Charles V leurs donnât
l'isle de Malte pour empescher les cours des Turcs par deçà. Ceste isle at de
circuit environ 50 petittes lieux, en longueur 20 lieux et en largeur 12 lieux,
esloignée delà Sicile d'environ 00 lieux. {Manuscrit 88, fol. 98.)
1523.
20 L'an 1523, environ la feste sainct Johan en jung, fut en la cité une forte
gallée et lieux circumvoisins. tellement qu'on n'avoit nulle espérance d'avoir vin
celle année, mais la choese tourna mieulx qu'on n'espéroit et furent les vins en
compétence a.
L'an mesme, la ville de ilhode fut prinse par les Turcques, le jour du Noël.
25 " Passages omis par manuscrits i et 7.
(') Le manuscrit 97, fol. 192 v", date cet événement de 1523.
(') Voir note 2 de la page 560.
S66 CHRONIQUES LIÉGEOISES.
L'an 1523, fut réparée et de nouveau édifHée et refaiete l'églicse délie chaîne
à l'hospital par le prieur d icelluy Albero de Lembourg et l'an mesme, fut
consacrée par notre evesque Erard (*), [le ie en mois d'octobre, en nom de
Saint Mathieu apostre et évangélisle]. (AVe marginale de 2, sauf le passage
entre parenthèses, et manuscrit 1 02, fol. /J/.) »
1524
L'an 4S24, l'évesque Erard fut promeu à la dignité de cardinal [par les
faveurs de Charle, cinquiesme empereur romain "] soubz le tiltre de saint
Crisogon (*). L'an mesme, al sainct Martin en novembre, comenchat à galler
si fort que les vins s'engallèrenl dedens les tonneaux, les bléz furent engallée io
en terre, tellement que l'an après, fut cbiere temps de grains; plussieurs gens
de guerre, tant Anglois que Franchois et aullres, morurent en diverses lieux et
places de froid et furent constraint abandonner les champs et eulx retirer. L'an
susdit, aulcuns !> avoient pronosticqués que les eaues seroient si haulles que
depuis le déluge universel navoient estez si haulte, parquoy plussieurs, qui 15
n avoient fiance en Dieu, firent mouldie grains et mettre en hault lieu avec
aullres provisions; toultefois il ny eut quelque apparanec d'eaue, mais ont
esteis depuis beaucop plus grande.
L'an mesme, le roy Franchois gaingnat Milan, qui peu après fut reprinsc par
les gens du Roy des iîommains.
*
# *
L'an 1524, furent faicles de grandes levées de gens de guerre au pays de
Gueldre et es environs jusques au pays de Liège, que l'on nommoit les iNoirs
houx ou Néderlins, pour le service du roy de France, lesquels marchèrent par
la Hasbaigne, pays de Liège, déclarant ne vouloir oultrager ledit pays, mais
« Addition du manuscrit 7. — b matématiciens et astrologues : manuscrit 37, p. 425. 25
(') Sur l'hôpital Saint-Mathieu à la Chaîne, voir J. Clvklier, Al Chayne, dans B. C. R. //., t. I.XXI .
p. 173, et Tu. GoBEm, Liège à travers les âges, t. Il, p. 504.
l;) Voir plus haut page 364, note I .
RÈGNE D'ERARD DE LA MARCK. 367
seulement passer en France. De quoy les Namurois advertis se mirent en
armes pour leur empesclier le passage avec le canon aux champs, mais il y
furent battus et deffaict et y perdirent leurs canons qu'ils vendirent au roy de
France. (Manuscrit 57, p. 424.)
s 1525.
L'an 1525, fut prins le roy de France prisonnier devant Pavie par Mr. de
Bourbon et emenéz en Espaingne, laquelle prinse est contenue en ces deux
vers :
Mater eras gaLLo nVnC es fortVna noVcrCa
io Ah ah non dea Cor sed neqVe peClVs habes B.
Ledit cardinal Erard estoit aussi évesque de Valence en Espaigne par la
donation de l'empereur Charles V° de ce nom.
* *
L'an mille VCXXIIII et XXV, esloint gens de guerre au pays de Gueldre et
là enthour prendans leur chemin vers la France, passèrent au pays de Liège (*).
15 Venant sur la conté de iNamur, les Namurois le voulurent courir sus et
empescher leurs chemins, telemcnt que par armes il se sont rencontré, mais les
Namurois furent bientost en grand nombre occis, point fort loing de leur ville,
avec leur artillerie perdue. Eslans arrivé en France sur les fronlicrs, survint
nouvelles que vers Lorainne et là enthour s'estoint élevés et assembleit gens
20 ens deux et troix troupes rebelles, héréticque et vagabond, dont furent envoyés
ses gens qui avoint deffais les Namurois en ayde au duc de Lorainne, et ainsy
joint avecque le duc, diffirent et occirent par deux ou trois fois les dites eslevéz
et rebelles. {Manuscrits 96 et 97, fol. 192 v>\)
" Le manuscrit 2S, fol. 194, donne après ces deux vers les deux autres suivants, dont le premier
25 est également cité par Chapeauville, t. 111, p. 292 :
Pro Zephyro boream gallicus orbis habet
Arma Aquile yincunt lilia celsa trucis.
({) Cf. Mandement du 5 avril 1525 pour la défense du pays de Liège.
S6K CHRONIQUES LIÉGEOISES.
1526.
L'an 1526", ordonnât le cardinal Erard de la Marche la feste et processions
del translation Monsr sainct Lambert b et la nuict deldite feste le scerveaux.
L'an mesme, commencbat le cardinal à faire édiffler le palais.
L'an mille VCXXVI, at esté le palaix en la cité de Liège par l'évesque s
encommenché, qui par après at esté parachevez magnifiquement et richement
par Erard évesque; et au dit an, at esté par l'évesque chaseun an instituée et
ordonnée une belle procession, le jour de la translation de saint Lambert, qui
est le xxvme d'avril. Et fut ordonné que la nuict de la procession, se feroit ung
surguait L par les lais de la cité, comme les compaignies ' et aucuns des 10
mestiers tous en armes et unne foire ou franche feste se feroit en la rue de four
Chestea '. (Manuscrit 96, fol. 28A v° : manuscrit 97, fol. 193.)
Aucuns ont escril que, l'an 1526, fut commencé à bastir le palais épiscopal de
Liège par le cardinal et à ses propres despens. Néanlmoins il consta icy dessus
qu'il estoit desja en estre l'an 1520, lorsque l'empereur Charle Quint y fut is
logez. Ergo il avoit esté basti et commencé encor auparavant. Aussy est-il dit
dans un aultre endroit qu'il employa 32 ans avant de l'achever. Et comme
il constat qu'il est mort l'an 1538, il fault qu'il l'ait commencé à bastir l'an 1506
de son advènement à l'éveschéz. Or soit quil en soit, c'est un superbe et magni-
ficque basliment directement situé chasque costé vers les qualtres parties du 20
monde. (Manuscrit 37, p. 426.)
Le révérendissime Erard de la Marche at enrichy la procession del glorieux
martire sainct Lambert, que on nomme la Translation, de 600 florins de Bra-
bant annuellement, laquelle rente a estée acheptée au denier trente, à cette fin
" L'an 1524 : manuscrit I. — b la feste del translation saint Lambert et la foire; l'an 1526, 25
ordonnât de faire l'escherwais avec la translation, asscavoir la nuit : manuscrit 4. — c un forhault :
manuscrit 97. — d asscavoir les vieulx arbalestriers sérimentés à ladite cité, les vieulx harquebousier;
et les jeunes arbalestriers qui ne sont sermentés avecque aucuns des mestiers ... : aid.de 97. —
• en vénérable chesteau : manuscrit 97.
RÈGNE D'ERARD DE LA MARCK. 369
que la dite rente ne fust rédimible, et pour le distribuer aux gens d'églises au
retourne de la dite procession à chascun leurs quotes et portion, à scavoir :
Au chapitre cathédralle de Sainct-Lambert, a esté baillé trois mille florins de
Brabant pour achepter la rente de cents florins de Rrabant.
s A l'église collégialle de Sainct-Piere, à l'église collégialle de Sainct-Martin, à
l'église collégialle de Sainct-Paul, à 1 église collégialle de Saincte-Croix, à l'église
collégialle de Sainct-Jean, à l'église collégialle de Sainct-Denis, à l'église collé-
gialle de Sainct-Bartholomé, à chascune bOO florins, manoie de Brabant, pour
achepter la rente de vinct florins, manoie de Brabant, pour chascune à distri-
to buer au retourne de la dite procession par quote et portion.
Au monastère de Sainct-Laurent, de Sainct-Jacques, le révérendissime car-
dinale at voullu, au retourn de la dite procession, leurs abbéz seront tenus de
donner à chasque religieux double pitance,à sçavoir s'il ont chasque unne pinte,
y leur donnerat le dite jour à chasque un pot.
is Au monastère de Sainct-Giel, à Beaurepart et des Escolliers, à chascune
a esté donné cents et quattre vinct florins, manoie de Brabant, pour achepter
la rente de six florins, manoie de Brabans, pour chascuns.
Aux quatlres évangéliaires des qualtres stations, à sçavoir le premier au
frères Mineurs serat dressé son eschaufaut honnestement orné, et se chanterat
20 le premier évangille, et auront la charge de le garder les frères Mineurs.
La deuxième stations serat devant Sainct-Barlholomé, de la même forme et
manier comme devant les frères Mineurs, et auront la charge ceux de Sainct-
Bartholomé. La troisième stations serai devant Sainct-Jean-Baptist, de la mesme
forme et manier comme devant Sainct-Bartholomé, où se chanterat le troisième
25 évangille, et aurat la charge le curé de Sainct-Jean. La quatlriesme et dernier
station serat devant Noslre-Dame au Font, où se chanterat la qualtrième évan-
gille, et aurat la charge l'archiprestre de INostre-Dame, où lechaufaut serat de
la mesme manier et forme comme les autres. Sy fut donné cent et vinct florins,
manoie de Brabant. pour achepter la rente de quattre florins, manoie de
30 Brabant, pour distribuer à chascun un florins de Brabant quy chanterat
levangille.
Sy at voullu le révérendissime cardinalle que s'il arivoit que la dite
procession fust du toute anicillée, que messieurs les bourgemaistres et
Tome II 47
370 CHRONIQUES LIÉGEOISES.
conseil de la cité de Liège pouronl reprendre les dits rentes pour marier cinques
pauvres filles de bonne famés tirées hores des cinques vinaves, entre les
murailles tous les cinq, pour les acoutrer et en don de mariages.
Sy at encore voulu le révérendissime cardinalle, à cette fin que la dite
procession fust gardée et continuées à jamais, estre fait quattre instrument s
originaux dont une coupie serai mise ens archives de l'église cathédralle, la
deusième coupie ens archives de Sainct-Piere. la troisième coupie serat ens
archives des eschevins de Liège, la quatrième coupie serat mise ens archives
de la cité de Liège.
^y at encore voulut le révérendissime cardinalle que s'il avenoit que la dite 10
procession demourast aucunes années sans faire, que l'argent des rentes des
années susdits que on achepteroit des nouvelles rentes pour aumenter les
revenues de la dite procession de translation Sainct- Lambert (*). (Manus-
crits 45, fol. 265; 48, pp. 587 à 589; 57, p. 447 , daté par erreur
de 1515.) is
1527.
L'an 1527, fut la cité de Rome gaingnié et pillié par le noble Sr. de
Bourbon a. à l'instance de l'empereur Charle et en entrant, fut ledit Bourbon
tirez mort 6.
15 il fut naiz Phillippe, le premier filz de l'empereur Charles 5", le 7* de 20
may c.
*
# *
Celle année, la ville de Rome fut prinse d'assanlt par l'armée de l'empereur
Charles Quint soubz la conduicle de Charles de Bourbon, son lieutenant géné-
rale, où tout fut mis au fil de l'espée, entièrement pillée par 3 jours continuels.
" par les soldats du noble sr : manuscrit 3. — b fut tirez mort en eschellant et montant sur 25
les murailles : manuscrit 3. — c Note marginale du manuscrit S.
(4) Voir Cartulairc II de la Collcyialc Sainte-Croix, fol. 79, l'acte du l mai 1 526 par lequel Trard de
La Marck institue la procession de la translation de Saint- Lambert et en règle le cérémonial. Traduction
romane de la même charte dans manuscrit 104, fol. 99.
RÈGNE D'ERARD DE LA MARCK. 371
où le pape fut emprisonné el rançonné à raison qu'il tenoit la partie du roy de
France et lui estoit contraire. Mais ce fut au despens de la vie dudil de Bour-
bon qui y fut tué comme il montoit à la bresce sur une eschelle, pour donner
courage à ses gens, d'un coup de fauconneau. Jamais ou ne vit commettre tel
3 insolence dans ceste pauvre ville comme firent les Impériaux, où je renvoyé le
lecteur à ceux qui en ont escrit que sa prinse at esté l'an iu27, le (i de maye.
(Manuscrit 57 , p. 427.)
L'an 15'27, le Ie d'aoust, environ onze heur de nuicle, la ville de Maline,
située en la Brabant, endurât une grande et horrible calamité, car la tonner
io esbranla tellement la ville que les cytoyens pensoient en un instant estre
englotty aux entrailles de la terre. Car après si grand esclat et bruicts horrible
de nuées, comeneat à se manifester une esclair comme une lampe ardante,
duquel sorloit une puanteur intollérable comme d'un soufre sans c'on peut
scavoir d'où celle procédoit, sinon ceux lesquels ceste foudre estoit tombée; car
15 la foudre estoit tombée sur la porte d'Arène, en laquelle il y avoit plus de
800 caques de poudre au canons. Cest embrassement si soudain engendra une
si horrible confussion dans cesle désollée ville comme vit oncque un plus misé-
rable spectacle. Car sur un clin d'oeil, ladit porte fut démollie et bruslée
en dix mille pièces et les murailles prochaines jusques aux fondemens et
20 les pierres d'icelles voilée par toute la ville et l'eau du fossé en un moument
tarie par la grande chaleur du feu.
Le lendemain, on trouva, à l'enlour de cet tour, bien 500 corps morts et
bien lîiO deschirés et blessés, une femme que l'on tirra l'enfant de son ventre
encor tout vif, qui fut baplizé; une autre femme qui vouioit fermer sa porte
2b eut la teste emportée aussi net que si elle eut esté coupée d'un glaive; d'autres
qui, jouant aux caries, furent bruslés de ce feu, hormis l'hôtesse qui estoit allée
tirer de la servoise en la cave fut eschappée.
L'n homme qui estoit caché en une caverne, sortant 3 jours après, demandoit
avec une grande frayeur si le monde estoit encor en vie. Brief. c'estoit un spec-
so tacle horrible de contempler ainsi ceste désolée ville, n'y ayant temple en la
ville qui ne se rcseulisse, mesme les rues toute entière renversées et brisées.
(Manuscrit 145, fol. 152.)
372 CHRONIQUES LIÉGEOISES.
1528.
L'an 1528, le 18e jour de marce, fut assiese dedens le coeure de Sainct-
Lanibert la sépulture [el épitaphe] du cardinal, et en la mesme année, fut dorée
par Pierre le Conte, orfèvre, lors bourgois de Bruxelles, qui en le doranl devint
tout contraiclz a de ses membres, et plussieurs de ses serviteurs tnorurent, et luy s
pour récompense eut toute sa vie certain pension dudit cardinal.
*
* #
Le révérendissime cardinalle du lillre de Sainct Crisogone, évesque et
prince de Liège, ayant à sa table un nombre de prieurs, après avoir fait
bonne cbère au disner, Sa Crâce avoit une eoustume de dormire après avoir
mengéà midy. Or comme il estoit eouebé sur sou lit, un des prieurs, qui estoit to
le prieur des Lsoolliers, s'en allai acoutré comme un more, semblable à celluy
quy est sur son tombeau pour le jourdhuy, et s'en allai ainsy au pied du lict
du cardinalle et ouvrât la gordme en avançant son bras comme par forme de
l'ajourner devant Dieu. Ce que voiant, le révérendissime cardinalle en print une
crainde sy grande qu'il en devient mallade à la morte, et disoil tousiours quy 15
falloit qu'il en mourusl, et n'y avoit personne quy ly pouvoit mettre cest fanta-
sies bores de sa teste, mais y respondit que Dieu l'avoit ainsy adjourne pour
comparoistre devant luy. Sur quoy, survient un docteur quy luy remonslrat
que ce n'estoil que une fanlasie qu'il avoit en teste, et qu il y luy proveroit en
luy faisant paroistre le mesme more devant luy. A quoy le révérendissime cardi- se
nalle s'y accorda, pourveu de luy faire paroistre devant luy la mesme personne,
comme le docteur fist, à condition que le cardinalle pardonnât, mais quy seroit
banny de sa présence et de sa courte. Or suivant ces remonslrances du docteur,
le dite prieur des Escolliers s'en allât racoutré comme à la premier fois et s'en
vient au lict du cardinalle el avansat encore son bras. Ce que voiant, le révéren- 25
dissime cardinalle commensat de dire que c'estoit luy-mesme. Ce quy causal que
le cardinalle receut guérison, et le prieur quy mourut de tristes. Allors le révé-
rendissime cardinalle commensat de dire que sy après y feroit faire son
* devint tout contrefaict : manuscrit S. — devint tout contraire de ses membres : manuscrit S.
RÈGNE D'ERARD DE LA MARCK. 373
tombeau de la sorte avec le more, comme y fict faire de cuivre doré, quy pour
lors a cousiez vincte quatre mille double ducat, et fut assy au milieu du cœur
de l'église cathédralle de Sainct-Lambert en Liège, l'an ia28, le diex huitième
jours du mois de mars. Le dite tombeau a esté doré sur les grand champs de
s Sainct-Giel, par Piere Le Comte orphèvres ° (1). (Manuscrits 57 ', p. 413 ;
48, fol. 262; 46, fol. 315 ;47, fol. 126; 48, p. 384; 72, fol. 201.)
Alors ledit cardinal fit faire son tombeau de bronze doré, où il est lui-même
fleschy en deux genoux, ayant devant luy ladille représentation de la mort
qu'il avoit veu, avec celte épitaphe :
m Erardus a Marka mortem habens
pro oculis vivus posuit.
Ledit tombeau a cousté 24,0(10 doubles ducats pour la dorure seulement, en
laquelle Pierre le Conte, orphèvre, lors bourgois de Bruxelles, qui en la dorant
devint tout contrefait de ses mains et plusieurs de ses serviteurs en travaillant
ts moururent, et luy toute sa vie pour récompense eust certaine pension du
cardinal.
Alors il disposât de ses biens et laissât à l'église Saint-Lambert la seigneurie
de Welem près de Saint-Trond (2). à la charge de luy célébrer son anniversaire
après sa mort et il disposai des personnes qui dévoient assisler, tant chanoines,
»o prélats, magistrats, eschevins et autres officiers, et combien que chaque assis-
tant, officiants et serviteurs de 1 Eglise, dévoient avoir d'argent pour les céré-
monies qu'il at ordonneit que on y list. [Manuscrit 46, fui. 51 S v°.)
" Les manuscrits 37 et 45 ajoutent le passage suivant : je me suis laissé dire plusieurs fois que
comme ledit prieur estoit un homme maigre et extenuz, ressemblant presque à une anatomie que
25 homme vivant, ledit Erard avoit print une coustume de l'appeler « la Mort » et sur cela ledit
prieur print sujet ce jour de s'aller acoustrer comme un vray mort et lui donner eeste trousse par
jovialité, de quoy ledit Erard en fut surprint, estant à mitant endormi sur son lit lorsqu'il y pensoit
le moins.
(') Sur cet artiste, voir Biographie nationale, t. XI, col. 395.
30 (*) Le cartulaire dit de Wellem, à la Compterie des anniversaires du chapitre de Saint- Lambert,
contient le testament d'Erard de la Marck et des copies d'actes très anciens concernant la seigneurie de
Wellem.
374 CHRONIQUES LIÉGEOISES.
... Couste ledit «^pifaphe vingtc quatre milles doubles ducats d'or. Item at
donné plnssieurs ornements et médailles d'or et d'argent, en outres douxses
chappes très magnificques ornées de toutes perles, coustant alors chacune
siex cents escus d'or. (Manuscrit 25, fol. 494.)
Pendant sa vie, après s'avoir tousjours occupé à la fortification du pays, il se a
voulut faire un monument, ayant autant de soin de scavoir où son corps
reposerat au bout de son pèlerinage mortel que où son âme seroit conduitle
après. Il dressât doncque ce monument en sa mémoir. laquelle vrayment
méritle bien d'estre en esprit de toutte la postérité. Ce monument fut fait de
bronze de grand pris, tant pour la sculpture que dorure, le tout fait en relife, in
placé au milieu du cœur Saint-Lambert et représentant l'effigie dudit cardinal,
les genoux fleschis et les mains jointes, dressant les yeux vers le ciel et la morte
devant soy sortant du tombeau, représentée aussi à l'original, l'appellant avec
tous les hommes et faisant souvenir que par icelle on va à la vie éternelle par
de continuelles exercices de vertus, qui sont représentées en posture relevée et au is
naturelle aux costés de ce monument, ouvrage tout doré et digne d'admiration (4).
Il ne semhloit pas au cardinal que ce fust assé avoir fait faire un monument
pour y enserrer son corps qui voyoit de jour à autres tirer à son décours,
dressât des appareilles nécessaires à son âme pour l'asseurer au chemin de
l'autre vie et par suffrages, prières et aumosnes, la délivrer des peynes et 20
l'affranchir des empeschements qu'il auroit de jouir des félicitez éternelles;
il fit donc des légats pieux, entre autres il laissât la signeurie, biens et dépen-
dance de Vellem lez Saint-Trond à l'église de Saint-Lambert, à charge de célé-
brer Ips exèques et anniversaires après sa mort, disposant de la forme des
personnes qui y deveront assister, des chants, prières et cérémonies qu'il veult 23
qu'on y fasse et combien chascun des assistants devoit avoir, selon ses degréz
et mérite, de récompense. Quant à son anniversaire qu'il a fondé en rente avant
sa mort, il est de 600 fl. bbt. à divider comme il at esté ordonné par son
testament. Les vieilles se font après midy. le premier jour après la feste
des Innocens, le lendemain des festes de Noël, et la messe le 30 décembre 30
de chasque ans. « Requiescat in pace. » (Manuscrit 45, fol. 286.)
(4) Sur ce mausolée, voir II. Un nu. et J. Brassinnb, L'art mosan, t. Il, p. 9.
RÈGNE D'ERARD DE LA MARCK. 575
L'an 1528, le dernier de novembre, furent eslablis onze hommes pour la
direction des hospitaux et lieux pieux de Huy, et ce par suffrage de la commu-
nauté (*). (Manuscrit 88, fol. 99.)
Lan mille VCXXVIII, ... at esté par le pays d'Allemaine, Hollande. Brabant,
5 Liège et autres unne maladie courante contagieuse nommée mortel suweur
à rayson que, aiant le corps arrousé d'eaue procédant du corps, l'on moroit et
en ce xxim heures tout dormans, se l'on n'estoit par quelque moien aidés.
(Manuscrits 7, 96 et 97, fol. 195 V.)
Environ ce temps [i528], l'on vendoit à Liège le stier de froment xxii ai-
io dans ('), le wassen xx aidans et le muyd de bras xxv patar brabant, qui estoit
vflorins liégeois, tellement que les brasseurs vendoient le pot de bière wi sos et la
bannière se vendoit un aidant et wi soz liégeois, mais comme le grain se liroit
fort des pays voisins, cela fit remonter le grain, dont on vendit le pot de bière,
au lieu de wi soz, douze soz. qui estoit à 2 aidans la bannière, ce qui causa de
15 grand murmure et fut cause de la révolte des Rivageois comme entendre chi
après. (Manuscrit 57, p. 426 )
1529.
L'an 1529, fut concludz entre l'Empereur et le Roy de France d'envoyer
à Cambray commissaires et ambassades pour traicter de la paix à la sollicita-
20 tion et persuasion du pape, tellement que, le 2e jour de jullet, le cardinal
Salmatis, légault apostolicque entra dedens la cité de Cambray. audevant
duquel alla loulte la clergerie en habit de religion, la croix devant. Le 5e dudit
moys, Madame Margarite, avecq ses dames et damoisselles vint en ladit cité,
(i) Cf. Ernest Jofken, Les Onze Hommes, dans Bull. Cercle hutois Sciences et Beaux-arts,
2b t. XV, p. 129.
(') L'effraction des céréales établie par les Ëchevins de Liège pour 1B28 donne comme prix moyen
du muid de froment 216 aidants, c'est à-dire 27 aidants le setier.
376 CHRONIQUES LIÉGEOISES.
audevant de laquelle allât Erard, cardinal de Liège a, qui esloit venu en la
mesme cité le jour précédent, et plussieurs aultres seigneurs depar Icmpcreur et
maison d'Austrice. Le jour mesme, y vint pareillement [le frère de lempereur '
et] .Madame Loysse. mère de Roy de France, ou [au dernier] la paix fut faicte
entre l'empereur et le Roy de France, comprins pareillement Ferdinant. frère g
de l'Empereur. L'an susdit, au mois de septembre, régnât en la cité de Liège
et en diverses lieux de Germanie, Drabant et aultres pays, une maladie lors
incognue, nommée la sueur d'Angletlerre, et morurent beaucop de gens, à cause
que on ne scavoit la manière de les ayder; loutteffois au buictièsme jour, fut
trouvé le moyen, tellement que cestc maladie cessa; aulcuns n'esloient malades 10
que xu heures, aulcuns plus, et aultres moins, et dedans 2i heures, estoient
morlz ou hors de danger (1).
*
* *
L'an 1529, mourut vénérable pater frère Thomas Lamben (2), premier prieur
des frères Augustins auprès de Liège, après avoir présidé 23 ans à l 'édifficalion
dudit nouveau couvent. (Manuscrit 402, fol. 433.) *5
Le 20 septembre, Vienne assiégé par le Turc en Austrice; le 15* d'octobre,
an mesme, fut enchâssé le Turc Solyman de Vienne par P... conte palatin.
(Noie marginale de 2.)
1530.
L'an 1530, l'empereur Charles receut les trois coronnes de l'empire en la 20
ville et cité de Roulongne (3) par le pape Clément 7e de ce nom, avec grande
solemnité et triumphe, le jour saint Mathias, 24e jour de febvrier c.
" allât nostre évesque Erard : manuscrit 3- — b Addition du manuscrit S. — c Note marginale
du manuscrit 2. — L'an lo30, fut le roy Charles couronné empereur à Boulogne par le pape
Clément 7 en grande solennité le jour saint Matthias : manuscrit 3. 25
(l) Le manuscrit 57 date cette épidémie de 1831, les manuscrits 7, 96 et 97 de 1528. Voir aussi
Henné, op. cit., t. IV. pp. 257-2ÎS9.
(*) D'après Gouert, Liège à travert les âges, t. I, p. 79, ce couvent fut commeneé en 1 4-97. Le prieur
fut Henri Zeems et non Thomas Jaupen, second prieur.
(J) A Bologne, en Italie. Cf. Henné, op. cit., t. VI, p. 270. 50
RÈGNE D'ERARD DE LA MARCK. 377
*
* #
En mesme temps, vindrent les Lolars premièrement demonrer à Liège (J).
L'an mesme, fut assiese la première pierre du parlement à Maline, le vingt
quatlriesme de mars, qui paravant estoit à Paris. [Manuscrit 27.)
L'an mesme, Madame Marie, royne de Hongrie, à Liège. (Manuscrit 102,
s fol. 153.)
L'an 1530, le sucre étoit si bon marché qu'on ne vcndoil la livre que
6 liars, le froment par stier 22 liars, le seigle 20 liars, le pot de bière 8 sols,
les 4 un liard 8 sols. (Manuscrit 47, fol. 126.)
En ce temps cy, les sciences et les artes flcurissoient dans la Cité, notamment
10 la médecine, l'architecture et la peinture. Lambert Lombart, dont les princi-
paux peintres des Pays-Bas ont esté les disciples, commençoit alors à se faire
paroistre. Ayant vescu jusques au temps du prince Groesbeeck, il mourut
pcnsionaire de Cornillon où on l'avoit mis pour soulager sa pauvreté (').
(Manuscrits 110, fol. 113 V et 112, p. 346.)
io 1531.
L'an 1531, au moys d'aoust, fut veu un comète vers septentrion, tenant la
queue vers occident. L'an mesme, morut Johan, conte de Home (3), qui
auparavant avoit estez prévost et channoine de Liège, et avoit résignez et prins
femme à cause que sa lignée finoit en luy, et n'avoit son frère laissez aulcun
20 successeur en légittime mariage a. Au moys de septembre, l'an mesme, ung
° L'an mesme, Johan de Horne, qui avoit esté loing temps prévost de Liège, espouzat femme.
L'an mesme, l'empereur vint à Liège : manuscrit 1.
{*) Voir plus haut, page 315 note 2.
(*) Gobebt, Liège à travers tes âges, t. II, p. 443 et t. III, p. 600, n. 4, a définitivement fait justice de
iS cette légende faisant mourir le grand artiste à l'hospice de Cornillon.
(3) Les manuscrits B font ici une confusion de personnes que n'a pas commise le compilateur du
manuscrit 1. Le comte Jean de Horne qui mourut en 1551 est Jean III, comte de Horne et seigneur
d'AItena, qui mourut sans descendance. Pour ne pas laisser s'éteindre la famille, son frère cadet,
chanoine de Saint-Lambert depuis 1498 et prévôt de la Cathédrale depuis 1504, abandonna l'état
30 ecclésiastique et se maria, en 1532, avec Anne d'Egmont. Il mourut sans laisser d'enfant en 1544.
(Cf. ds Tbbux, t. Il, p. 345).
Tomb II. 4S
378 CHRONIQUES LIÉGEOISES.
noméz Gille de Haullepenne ('), aceompaingné de grand nombre de mauvais
gnrsons. vint assiéger George de Floyon (*j, channoine di' Saint-Martin, au
ehasteau de Haultejienne (3). De quoy adverty, le eardinal de Liège envoya
gens pour le faire retirer arrière, mais pour ce que cculx qui allèrent excédèrent
leur commission à cause qu'il y esloient allez à bannière desployé, comme en 5
faict de guerre, les principaulx du faict eurent grand dommaige et fuient en
grand dangier, tellement que le Sr de Bnmmal (4) et aullres parents dudit
George, peu de temps après, montrent, comme on disoit, de deuil et miraneolic.
L'an mesme, l'empereur Charles cinquiesme de ce nom vint en Liège ° [où il
fut receu honorablement] ''. to
L'an 1531, le ut" c jour de moys de jullelte, les Rivagois, qui longtemps
auparavant avoient cerehé occasions de faire quelque mutinerie en la cité de
Liège, affin de le piller et desrober soubs umbre de faminnes et faulte de
grains, car par tout le pays y avoit grand deselle de grains, [dont lesdils
Rivageois s'cslevèrent et mutinèrent comme cy-après sensuitte '].
Suit le rapport ou un résumé du rapport dressé sur ces événements
par Guillaume de Meeffe, dit Champion, (jrtffier de la Cité (5).
" La seconde fois, le cinequième de janvier : manuscrit S, fol. 133 V. — b Addition du manuscrits.
— «le XVIIe de juillet : manuscrit 3.
(i) Gilles de Berlaymont dit de Hautepenne, second fils de Jean Bcrlaymont dit de Floyon et de 20
Marie Hawcau de Hemricourt. Le Fort fait mention du siège du château de Hautepenne, en 1531, dans
1" partie, t. Il, fol. 14b.
(') Georges de Berlaymont, chanoine de Saint-Martin, fils de Jean de Bcrlaymont, bailli de Hcsbayc.
11 fit testament le 25 avril 1539.
I») Le conflit survenu à propos de la possession du château de Hautepenne fut successivement porté 25
devant les juridictions des Échevins de Liège, du Conseil ordinaire et de la Chambre Impériale. Voir
le dossier 119 de celle-ci aux Archives de l'État à Liège.
(') Le premier seigneur île la branche des Berlaymont qui est intitulé seigneur de Bornai est Ghuy
de Bcrlaymont dit de Floyon qui avait épousé Anne de Hamal, héritière de Bornai ; il mourut en I 522.
Ses deux fils aines, Guillaume de Bcrlaymont, chanoine de Saint Lambert, mort en 1530, et Jean de 50
Berlaymont, bourgmestre de Liège en 1523 et i527, mort en '529, n'existaient plus en 1531. 11 s'agit
donc ici vraisemblablement du troisième fils de Ghuy, Jeannot de Berlaymont. seigneur de Bormeville.
(»J H a été publié par M. L. Polain, dans sa Collection de chroniques liégeoises inédites, Liège, 1835.
RÈGNE DERARD DE LA MARCk. 379
L'an mesme, régna la peste véhément en la ville de Treict où morurent gens
en grand nombre, et pareillement en la cité de Liège et plat pays régnoit une
flèbvre tellement que plussieurs gens morurent en frénésie. Le 2U° jour de
moys de novembre, Monsr le cardinal fist battre de verges tous ses pages °
5 à cause qu'il avoienl esteiz accuseis d'avoir l'ung après l'autre chevalché une
putaine qui n'estoit trop nette, entre lesquels estoit ung nomée Ringrave
lequel, pour ce qu'il estoit plus noble que les aultres. eut double correction.
L'an et moys susdit, damoiseau Evrard de la .Marche (*), conte d'Arembrech,
grand mayeur de Liège, en ung triumphe à Bruxelles, tombit jus de son cheval,
io demourant l'ung de ses pied dedens l'estrié, et fut longuement sur terre, dont
peu de jours après morut et fut son corps apportez aux Croysiers à Liège
emprès ses prédécesseurs.
*
* *
En ce temps mesme, cieux de Huy se mutinèrent pareillement pour les
grains et, un jour de marché, s'assemblèrent les Hulois et de leur vouloir et
'.s authorité, allèrent sonner la blanche cloche pour assembler le peuple et vindrent
les maistres et les eschevins de Huy là ils estoient assemblé au Conseil et y eut
un qui s'appelloit Hasop le Corbesier qui frappoit son poing sur la table devant
les maistres et eschevins de Huy, jurât par la mort de Dieu qu'ils auroient des
grains à leur plaisire, ce que noslre évesque par sa prudence appaisat; aucuns
jo d'iceux vindrent à mercy, les autres furent bannis. Ainsi finat la mutinerie.
(Manuscrits 29, fol. 241 et 31, fol. 157.)
1532.
L'an io52, le premier jour de janvier, le cardinal se partit de la Cité et alla
à Curenge, à cause que le bruict estoit que l'empereur passeroit par illec. tirant
25 vers les Allemangne pour appaiser les séditions des héréticques, et vint ledit
a Ce passage est omis dans beaucoup de manuscrits.
(4j Evcrard IV de La Marck, sire d'Aremberg. Cf. de Chestret, op. cit., p. 122.
iW CHRONIQUES LIÉGEOISES.
empereur à Treicl le 21* du mesme moys, où ilz fut receu en grand triumphe.
Le 23*, se partit de Trcict et vint loger à Ayes et puis tirât en Allemangne pour
cause que dessus. Le premier jour du moys de fehvrier ", un g Rivaigois fut
trouvé ayant ung espéc à costc. contre la prohibition faiele, et pour ce eut ung
poing coppéz pour donner exemple et terreur aux aultres. s
Le i6' de moys de marec, en l'cngliese de Sainct-Marlin, ung jeusno filz *
estant en genoulx desouhz le clocher de l'cngliese devant ung aulteil, attendant
l'opportunité pour soy confesser, fut tuez mort sur la place d'une pierre qui
tombit du hault en bas sur sa teste. Le dernier jour dudit mois, ung joenne
compangnon fut occis sur les encloistres de Saint-Denis. Le lu" du moys d'avril, 10
sur la vesprée, pleut en grande abondance, ce que n'avoit faict plus de six
sapmaincs par devant, et avoit on grand desetle d'eaue. Le 18" jour du mesme
moys, greslat très fort, tellement que les glachons pendoient aux vignes,
et furent gastées. mais depuis sortit de noveaux boys et portèrent fruict en
abondance suffisante. Le xxvin6 dudit moys, troix Rivagois fugitiff entrèrent ts
en la maison du seigneur de Uamioulx ('), en l'absence de luy et de sa femme,
rompirent les coffres et prindrent tout ce qu'il peurent porter avecq eulx, et
tandis que l'ung rompoit et pilloit, les aultres tenoient les chamherièrcs. Le
premier jour du moys de may.dcux desdits Rivagois. avecq ung Franchois. furent
prins a Sainct-IIubert en Ardenne par le baillier, seigneur de Modavc, et amenez ao
en Liège, et récupérât le dit seigneur de Ramioulx son argent, saulff quinse ou
saizes florins qu'il avoient despendus. Les susdits deux Rivagois, le sepfiesme
de may, eurent les testes sur le marchié coupées, l'ung esquartelée et l'autre eut
terre sainetc. Le mesme jour, ung jeusne garson qui avoit portée lettre de
Chapeauville, ditïiance à l'abbesse del Vaulx Rcnoitte venant desdits Rivaigois, fut près pour 25
ni ^ i r
estre pendu et fut jugié. mais une jeune fille le repria pour avoir à mary
et ainsy fut relaxez (2). Le huictièsme jour dudit moys, fut le Franchois susdit
<• le premier de mars : manuscrit 7. — * une jeune garçon : manuscrit 6. — une jeune fille :
manuscrit 7.
(') Jean de Rinckem, seigneur de Ramioul, cchevin de Seraing, est cité dans une charte du 3#
11 décembre 1533.
(*) Sur cette coutume, voir Ed. Poullbt, Essai sur l'histoire du droit criminel dans l'ancienne prin-
cipauté de Liège, p. B42.
RÈGNE D'ERARD DE LA MARCK. 381
pendu à Sainct-Gille et estrangléz. Le xix" jour de moys de jung, maistre
Johan. boreau de la cité, qui esloit bien en grâce d'ung chascun pour son
bonnesteté, eut la teste trancbie et ne sceut on jamais la cause de sa mort,
exceptez que on disoit qu'il avoit estez à Esden, et illec révélcis aulcun secret
5 touchant les affaires des dits Rivagois.
Le xxiue jour dudil moys, deux hommes et deux femmes hérélicques, en leurs
chemises, à pieds nuds, firent en l'engliese de Liège pénitance puhlicque. Le
dimenche après, le maistre de l'hospital des Coquins (1), convaincu pareillement
d'hérésie, fit pénitance puhlicque, et fut priveis de son office et condempnéz de
10 faire pénitance deux ans au priorie de Boneffe. En mesme temps, ung chan-
noine de Sainct-Denis (2) fut ainsy accusé d'hérésie, qui se rendit fugitiff, et
furent trouveis des livres en sa maison plain d'hérésie et composez par héré-
lieques. En mesme an. ung channoine de Sainct-Martin fut convaincu d'hérésie
et pour ce qu'il révoca son erreur.fut condempnéz visiter les escolk-sde théologie
ta à Louvaing un an. Le if jour du moys de jullet, fut en la cité petit tremble-
ment de Urre. Au mesme moys. une servante d'ung chappeliain de Sainct-Denis
enfantât ung enfant sans jambes. En mesme an, montrent de peste en la ville
de Huy plus de 21)00 personnes, et pareillement à Namur. En mesme temps,
emprès Mouson et lieux circumvoisins, l'air fut si fort infectéez, que les beuff,
20 vaches, chevaulx, brebis, cerff et loups, tant es villes que au champs et bois,
morurent, tellement qu'il fut défendus de voiler et chasser et furent trouvez
loups mortz emprès cerff mortz. Le xvn° jour de moys de jullet, le cardinal de
Liège soupa la premier fois en son palais noveaux, mais n'y dormat point. Le
xxixe dudit moys. fut en l'engliese de Liège célébrée messe spécialle et procession
25 généralle, en présence de Mr le cardinal, les englieses secondaires et conven-
tionales, pour prier Dieu affin d'obtenir victoire contre les ennemys de la foy
et fut ordonneis de sonner tous les jours en loutles les englieses et mesme
porrochialles, à L2 heures, une cloche demy heure durant, pour prier Dieu
à telle fin que dessus. L'an mesme, une jeune fille, en eage de 15 ans, fut sans
50 (*) Jean Thierncsse, prieur de l'hôpital des Coquins. Voir la sentence au registre 19 de l'officialité,
fol. 4 v.
(*; Un chanoine nommé Cerf, inscrit en 1 551 parmi les derniers promus du chapitre de Saint-Denis
disparait définitivement des listes de distribution des prébendes dès 1552.
III, 317-319.
382 CHRONIQUES LIÉGEOISES.
boire et sans menger aulcunes choese l'espace de trois moys et plus, mais estoit
nourrie de vivres et réfection invisible. Au mois d'aoust, grand murmure fut en
la cité contre les secondaires et abbayes, et vouloient les xxxu mestiers que
Chapeauviiie, gens d'englieses payassent gabelles tant de vin que de cervoise, saulff l'engliese
de Liège, dont en la fin fut concludz par le moyen de M' le cardinal que eeulx s
qui vouldroient avoir vin en leur maison, fus ecclésiaslicques ou bourgois,
payerait pour chascune charrée de vin de Khin, trois florins d'or siex ans
durantes, et que de ceste argent, on rédimeroit les pensions que debvoit la
cité ('). L'an mesme, le cardinal, aux despens du pays de Liège, envoya
à l'empereur en subside contre le Turc 120 cbevaulcbeurs et 580 piétons, et io
prestat le cardinal 20112 florins d'or " pour siex moys, et luy furent restitués
par les Estats du pays (*).
Au moys de novembre, l'an mesme, eommencha à galler et dura la gallée
jusques à ISoël, tellement que la rivière de Meuse fut serrée l'espace de trois
sapmaines, et tombit du ciel de la neige en grande abondance, laquelle demoura ta
sur terre sans fondre longtemps, telement que les oyseaulx, bestes saulvaiges
eurent grand faim et morurent en grand nombre. Entre Duren et Coulongne,
dedens les bois, les loups cstranglèrent et mengèrent cinq personnes jusques
aux osseaux. Pareillement au boys d'Ardenne ung homme et ung religieux.
Le -S" septembre de l'an mesme, fut veu ung comète, du malin envyron 20
quatre heures, devers Oriens, et dura trois sapmaines; on disoit qu'il tenoit
sa queue vers Constantinoble. Au moys de décembre l'an mesme, fut faicle une
réformation en la court [spirituelle] de Liège, et furent aulcuns procureurs que
on disoit inutiles et ignaves destituez de leur offices, mais ne dura g«ire (3).
" 200 chevals, 400 d'infanterie, 2000 florins : manuscrit 6. 25
(<) Voir un acte du 20 août 1S32 par lequel le clergé secondaire réfute les motifs allégués par la
cité de Liège pour contraindre le clergé à participer à l'impôt des gabelles, dans les Archives du Clergé
secondaire et l'accord conclu le 13 septembre suivant au sujet du nouveau règlement de la gabelle
des vins. (E. Fairo.v, Cartulaire de Liège.)
(*) Cf. Lettre d'Erard de La Marck au Conseil de la Cité réclamant le remboursement d'une somme 50
de 2,011 florins d'or, cote-part de la ville dans le subside voté par les États pour la guerre contre les
Turcs. (E. Fairon, op. cit.)
(3) Cf. Ordonnance du 18 décembre 1 bô2 portant réformation de la Cour spirituelle de Liège dans
Recueil det Ordonnance», 2« série, t. I, p. 80.
RÈGNE D'ERARD DE LA MARGK. 383
*
# #
Mais l'an 1532, ils (les Rivageois) viendrent à obédience avec les conditions
suivantes : premièrement qu'ils seroient privés de la liberté et franchiese qu'ils
a voient en la Cité; que jamais armes ne porteroient ny cousteaux émolues
à pointe, sur peine d'avoir le poing coupé; qu'ils eussent à apporter toutes leurs
s armes et basions de guerre sur la maison de ville. De surplus, furent conslraints
de venir dans Liège en pure chemise, mesme avec la corde au col et la teste nue,
dont en ceste façon ils entrèrent dans la cité par la porte de Sa in te- Marguerite,
aiant pour cheff et conducteur le maistre des œuvres de la Cité, avec l'espée nue
en la main de la justice, lesquels les conduisoient parmi Saint-Lambert par
io devant le seigneur évesque de Liège, le cardinal Erard de la Marche, associé
des nobles chanoines de la cathédrale, devant lesquels les susdits Rivageois se
mirent à genoux, demandants par trois fois pardon et mandant criant mercy.
De là ils allèrent devant la maison de ville, où estoit seigneur Richard de
Mérode (') avec le seigneur Arnold le Clavier (2), bourgmestres, devant lesquels
ia ils firent le mesme qu'ils avoient fait devant le seigneur évesque. Us firent
encor le mesme sur le Marché, devant les bourgeois qui estoient là tous rangés
et le boureau, en tous lieux, hausoit le coup, faisant semblant les vouloir
frapper de son espée pour démonstrer qu'ils avoient mérité la mort.
Ce fait, !e seigneur mayeur (3) les conduit jusqu'à la porte d'Avroit; aiant
20 tousjours avec luy le maistre des œuvres tenant tousjours l'espée nue en la main,
les faisant tous passer dessouhs icellc espée; par ainsy eurent pardon de leurs
meffaits, mais les principaux furent mis à mort et les susdits Rivageois estoient
bien en nombre de 5,000. Ce fait, retournèrent tous en leur maison. (Manus-
crit'75, fol. 141 if.)
25 Ordonnance de sonner les cloches à douze heures de midi, mesme au
parodies, pour prier Dieu pour l'empereur qui estoit en armes à Vienne contre
les Turcs qui estoient en grande puissance venus devant la cité de Vienne.
(*) Richard de Mérode, seigneur de Rumiuen, bailli de Hesbaye, bourgmestre de Liège en 1820,
4825, 1531 et 1541.
50 fi Sur Arnold le Blavier, échevin de Liège, voir de Borman, Échcvim, t. Il, p. 97.
(*) Jean de Junceis, échevin de Liège, mayeur en féauté de 1528 à 1 559. Cf. de Borman, Echevint,
t. Il, p. 107.
384 CHRONIQUES LIÉGEOISES.
Le vingt neufvième dudil moys, fut célébrée en l'églicse de Liège, présent le
cardinal et secondaires et couvent, messe spécialle avec procession affin de prier
Dieu de donner victoire contre les infidèles devant Vienne. A moys d'aoust,
l'an mesme, fust accordé sur chascune cliarrée de vin trois florins d'or l'espace
de siex ans pour rédimer les pensions. (Manuscrit 57 , fol. i93 v°) (*). 5
L'an mesme, le 27 Juliette, le cardinal soupa pour la première fois à son
palais. Et peu de temps après, survint une difficulté à cause d'un père Carme
qui avoit permission de s'enquérir contre les héréticques ou soupsoncs de
l'estre. De quoy les bourgois catholicques de Liège s'en plaindèrent que c'esloit
contre les privilèges, franchises et paix faites de la Cité, qui disoienl que l'on 10
ne pouvoit enquérir contre les bourgois sans la permission des magistrats et
des eschevins, ce que leur fit faire un édit que personne, de quelle qualité qu'il
fusse, ne se présumast de cognoistre des crimes et débets des bourgois, mesme
au fait de la religion (voulant fourrer dans Liège l'inquisition d'Kspagne). ny les
punir si premier ils n'estoient jugés et condamnés par la loy et franchises, puis is
renvoyés aux juges ecclésiastiques (2). De quoy le cardinal se trouva mal-
content et voulut que ceste ordonnance fust révocquée, ce qu'il fit faire, mais
avec condition que l'on ne fist préjudice aux privilèges et statuts des bourgois
et paix faictes. Après il fit convoquer les trois Estais, croiant en ses proposi-
tions envelopper celte clause, mais le temps ny les affaires ne les permettoient 20
et advançat seulement qu'on trouvast les moyens d'avoir argent pour luy resti-
tuer les deniers qu'il avoit advancés pour la guerre contre les Turques, à quel
effeet fut accordée une collecte sur les vins et bierres, exceptés ceux de Saint-
Lambert et le clergé secondaire qui n'y voulurent entendre, alléguant les
immunités ecclésiastiques et le peuple son fardeau, qui estoit constraint seul au 25
payement de tout et remonslrant au cardinal que le clergé contribuast quelque
somme d'argent. Sur quoy, le cardinal les mit d'accord que les uns et les autres
payeroient sur l'aisme de vin eslrangcr trois florins braibanl l'espace de six ans,
lesquelles expirés, le clergé seroit absoud. (Manuscrit 46, fol. 535.)
(*) Voir note de la page
( ) Cf. Délibération des 52 bons métiers du 1" juillet 1S32 et record donné par les Echcvins de 3*
Liège à la requête du Conseil de la Cité au sujet des privilèges, francliises et libertés des bourgeois
de Liège. Cf. E. Fairon, Cartulaire de la Cilé et Un dossier de l'inquisiteur Thierry f/ezius dans
B. C. R. II., t. LXXXVIII, p. 128.
RÈGNE D'ERARD DE LA MARCK. 585
1533.
Envyron le fia dudit an et commenehemcnt de l'an 4333, commrnchèrent les
neiges à fondre et à religner tellement que la nuict du [Noël, la rivière de
Louvaingne dite le Dile creut si haulte que les malade chartrits en l'hospital
5 furent en danger d'estre noyez sur leur lictz, et eut la ville des grand dommaiges
par l'eaue. En ce mesrne temps, le pont d'Amereourt par l'impétuosité de l'caue
lombit avecq ung homme yvre qui en tombant adressât sur une forte pièce
de glace et ainsi fut sauvé. Le Ie jour du moys de febvrier, fut grand vent et
tonnât très fort avecq esclittre. Le 20 dudit moys, de nuict, survint encor ung
io vent plus fort que le jour susdit, avecq lonnoire et esclittre, tellement que
depuis 12 heures en la nuictz jusques à 2 heures après [disné], ne cessa ladit
tempeste, et estoit la nuit par intervalles pelis aussi cler comme à 12 heures
à midi. A Hcrstal et lieux voisins, tombèrent plus de 400 arbres; la tempeste fut
ceste nuict si grande que on pensoil le monde debvoir finer n. L'an susdit, le
15 22e jour de moys de marce, le samedy devant le dimenebe del letare, fut fondue
au despens de Aions" le cardinal de Liège, la grosse cloche de l'engliese Sainct-
Lamberl. sur laquelle furent mis les vers séquentz, faietz par damp Pasque de
Bicrses (l), religieux de Sainct-Laurent, homme fort sçavant es bonnes lettres,
et furent les lettres assieses sur le mole par l'ouvrier à l'ordonnance d'Olevier
20 Boulongnc (2). greffier du conseil en son temps '.
Ipsefero magnum ter magni nomen Erardi,
Auspicio cujus aereque fusns amor.
111e suis nolus gestis famaque loquaci
Vivil, ego strepitu compleo euncta meo.
25 ° Le 4» de février, fist une si grand vent qu'il tombât plus de siex mille arbes à Liège :
manuscrits 10, fol. St8, et 37, p. H9. — » L'an 1537, fut mise la grosse cloche nommée Erard
pesant 18000 livres, à Saint-Lambert: manuscrit 70 — L'an 1533, fut Lymborch bruslée par feu de
meschance (3) : addition marginale de manuscrit S.
(i) Sur Pascal Berselius ou de Bierset, voir Dams, Histoire... XVIe siècle, p. 105; Biographie
30 nationale, t. Il, p. 417 et les notices de J. Brassime et Ceyssens dans la Chronique de l'Institut archéo-
logique liégeois, année 11)26, p. 43 et Leodium, t. XVIII (1925), pp. 68-7 i.
(*) Olivier de Bologne est cite en qualité de no '.a ire, en 1531), dans les registres desÉchevins de Liège.
(3) Cf. J. Thisquen, Histoire de la ville de Limbourg dans vol. IX, p. 43 du Bull, de la Soc. verviét.
d'arcbol. et d'bist.
Tome IL 49
386 CHRONIQUES LIÉGEOISES.
LITugal liereticos, ego demonas; horor utrisque
Dicimur : hinc abcunt inox procul atque volant.
Lendemain del Pasque florie, fut ladicte cloche bénietz et baptisée et nommée
Erard. Le xxve de moys d'avril, le cardinal revint à Liège et fut logez pour la
premier fois en son palais. Le mu' dudit moys, fut ladicte cloche sonnée la 5
premier fois en la thour de l'engliese. Dernier jour du moys susdit, sire
Pcsir ('), prestre del diocèse de Tournay, hérétieque, fut dégradez par le suffra-
gain (2), en présence des abbeis de Saint-Gille (3) et Beaurepaire (4), puis
mis et livrez à la justice séculier et brusléz le mesmejour sur le marebié entre
la fontaine et le Rive [des pescheurs]. L'an mesme, vu Luthériens ° (5), qui 10
demouient en leurs opinions et hérésies furent bannis du pays et cité, et leurs
biens conûsqucis au profitz de ladicl cilé. Au moys de jullet, le deuzième jour,
environ minuict. fut veu ung comète procédant d'Àcquillon, tenant sa queue
vers midi. Le seconde jour du moys d'aoust, fut fondue une aultre ' cloche
pour l'engliese de Liège, moindre que l'autre, à l'enthourde laquelle furent ces i»
vers composeis par le prénoméz damp Pasquez et assiese par le mesme Olivier'',
au despens du Cardinal :
Ksi mihi Chrysogono nomen de semine et auro
Lonflatum geminis vocibus argolicis.
Materiam, pondus, speciem elarissimus héros -o
Marcani generis gloria prima dédit.
" sept intérimists : manuscrit 5. — '' le premier : manuscrit 57. — c la seconde : manuscrit 37.
— d Une autre écriture a ajouté dans manuscrit 37 : elle pèse douze milles livres.
{*) Il s'agit vraisemblablement d'Aubcrt, prêtre du diocèse d'Arras, condamne coninie relaps par le
tribunal de l'Official, le 20 avril lbôô et livré au bras séculier. (O/jficialité, sentences, reg. (53, fol. 129.) 25
(*) Pierre Van den Hende, évêque de Darie. Cf. note 2 de la page 504.
(»> Walter de Bréda, abbé de Saint-Gilles, 1826-1841.
(*) Léonard de Limbourg,abbé de Beaurepart, 1325-lSiG.Cf. D.l'. Hlhuki.k, Monasttcon, t. Il, p. 232.
(6) Cf. liccucil des Ordonnances, 2" série, t. I, p. 94. Ces luthériens étaient Richald Hoesman, voirier,
Charles le Corbesicr, Jean le Tourneur, Baslin de Chaisne, Piron le Bollengier, Jean le Moisne, 30
I ambert de Cuire le Jeune et Jean Reneri. — Le 21 mai 1554, le Conseil de la Cité fil vendre aux
enchères les biens confisqués à Rigaud Hoesman, banni à perpétuité comme hérétique. (Fairon, Cartu-
taire de la Cilé et La répression de l'hérésie au pays de Liège pendant le XVIe siècle it la question
constitutionnelle dans Bill, dk l'histoire du protestantisme belge, année 1950.
RÈGNE D'ERARD DE LA MARCK. 587
L'an mesme, en aoust, les grains furent galtées au champs pour le temps qui
fut pluvieux depuis le ■4e du moys de jullet jusqucs environ la fin d'aoust. Le
6* jour du moys d'octobre, fut l'englicse Nostre Dame d'Anvers arse par feu
de meschance.
* #
s Le 15 avril, le cardinal fut loger dans son nouveau palais épiscopal pour la
première fois, duquel si l'on considère bien la structure, on dira qu'il ne
l'a faict tant pour luy que pour ses successeurs. (Manuscrit 37, p. 449.)
1534.
L'an 1531, le 15e jour de moys de marce, en la ville de Tongre au faul-
to bourch, une vache eut ung veau qui avoit troix oyculx et du costé du derrier;
la teste avoit apparance d'ung bouche et deux narines. Au moys d'octobre l'an
mesme, nouvelles vindrent au Cardinal de Liège comment le xxm" du moys
d'aoust précédent, le roy de Perse et Soliman avoient eu une grosse bataille
l'ung contre l'autre, en laquelle estoient morts des deux costéz xxx milles cheval-
15 cheurs et xxx milles piétons, et que le roy de Perse avoit obtenu la victoire.
L'an mesme, plussieurs Luthériens furent exécuteis à Coulongne, à Ayes,
à Anvers, à Bruxelles et pareillement en la Cité de Liège où plussieurs furent
brusleis et plussieurs qui s'enfuyrent hors du pays, et pareillement en aultres
diverses lieux (1).
*
* *
III, 326.
20 Les bourgeois de Hasselt, ayant pris les armes contre les villageois de Zon- Chapeauviiie,
hove pour quelques différens des limites et ayant mérité le chasloy pour cet
excès, en demandèrent humblement pardon au prince. (Manuscrits HO,
fol, H 4 et 412, p. 546.)
L'an même, les troupes de l'empereur estant venues en Brabant pour eslre
25 payée de leur solde, le cardinal craindant quelque ravage, fit munir et fortifier
les villes frontières et pour les enlreliens d'icette et de ses soldats, demandât
aux trois Kstals la levée de tous imposl du pays pour qualtre ans, ce que luy
(') Cf. J. Lyna. De Wedtrdooiicrs in liel graafahap Loon, p. 5 il 4.
388 CHRONIQUES LIÉGEOISES.
fui accordé. Après n'en ayant plus affaire pour le sujet susdit, il en deschargat
la Cité de ses debtes et paya 250 mille florins braibant dont elle esloil arriérée.
(Manuscrit 46, fol. 556.)
Lembor brusléz par feu de mescliance (J). (Manuscrit 57, fol. 195)
Cesl an, à ISréda, furent bruslées plus de neuf cents maisons par ung jour de s
la .liagdalcnnc. Cest an, fut prinse Munster par Jan van Leyden, anabaptiste.
'est an, fui la ville de Clairvaux en France bruslée par tempeste. Cest an,
le roy Henry d'Angleterre, ne voulant obéir au pape, devint luthérien. (Manus-
crit 34, fol. 225.)
1535. io
Véanl.
*
* *
L'an 1555, il fit convocquer une synode générallc de tous les abbéz, prieurs,
doyens et tous supérieurs dos ecclésiastiques, voulant qu'on fist une réforma-
lion et qu'ils eussent à quitter leurs concubinnes en paillardises et qu'ils
n'eussent en leur maison que de vieilles bonnes femmes de bonne réputation is
ou bien de leurs parentes pour servantes, mais il preschoit aux sourds et se
retirèrent les uns d'un coslé, les autres de l'autre pour éluder ces propositions
et leurs effects. Et depuis on en at plus parlé (2).
L'an même, la famine estoit si grande que grand nombre des pauvres créa-
tures estant affamés mouroient de faim par grand nombre. Et arrivai qu'un 20
seigneur gentilhomme ayant refusé de vendre des grains à pris raisonnable
à ces pauvres surcéants affamés, abimat tous vives sans ne scavoir par après
nouvelles aucune de son corps. (Manuscrits 45, p. 754 et 1 46)
L'an J535, le cardinal Erard fit faire les mures de l'abbaye de Robermont,
à Pentour des jardins. (Manuscrit 57, p. 45 ï) (3). ""'
L'an XV(: et XXXV, le vingt qualrièsme jour de jung, Munster se rendit
(') Voir page 385, note 3.
(») Cf. I.to.vE. Il iLKiN, Le cardtnalde la Marck, Liège, Vaillant, 1 950, surtout 3« partie : Laréforme
catholique, pp. lilôà 11)7.
[}) Ct. Tu. GoDiiBT, Liège à travcri Us âges, t. V, p. 227. 3(J
RÈGNE D'ERARD DE LA MARCK. 389
à l'empereur par famine. L'an mesme. en Engleterre, furent décollés Jean
Fischer, évéque de Roslensis et Thomas Morus, chancelier d'Englelerre. L'an
mesme, à Bruxelles, fut faicl le mariage Dorothée, la fille du roy de Danemark,
avec Frédéric, prince palatin (1). (Manuscrit 34, fol. 223.)
s 1536.
L'an 15.56, morut Franchois, [daulphin de France, fils à François de Valois]",
premier de ce nom, roy de France, comme on disoit par poison, [dont déter-
minât sa vie avec ung feux de ventre] °. Au mois de febvrier, l'an mesme, le
Cardinal de Liège fut appelez par lettres de monsieur révérendissime et
10 illustrissime prince et seigneur llerman, arehevesque de Coulongne, pour com-
paroir au conseil provincial, qui se dehvoil commenchcr le 6e de moys de
marce ou envyron, en la cité de Coulonsme, auquel concil furent envoyés par
ledit cardinal Maislre Art de Linden (2j, docteur en théologie, homme de grande
réputation et estimez, principalement entre les théologiens de Coulongne, et
is Maislre Jacque de Buyssson (3), tous deux chanoines de Liège. L'an mesme, fut
grande planté de tous biens, et touttcfois chicre à cause de la guerre, qui durât
l'an après que Saint-Poul futgaingnié par l'armée de l'empereur en son absens,
car adoncq il estoit à Thunie contre les Turques. L'an mesme, trespassat
Mcssire Robert de la Marche, frère à Ërard le Cardinal (4).
-20 <• Additions du manuscrit 6
(i) Frédéric II, dit le Sage, né le 9 décembre 1482, succéda à son frère Louis comme électeur pala-
tin, en 1S44. Il se convertit l'année suivante au lutliéraniMiic.
(*) H faut lire Arnold de Lude, un des théologiens les plus renommés du XVIe siècle, reçu chanoine
de Saint-Lambert le 19 juillet IK35. Cf. de Thelx, t. III, p 70 et Biographie tialicnalc, t. XII, col. 028.
2a 11 a écrit un manuscrit latin d'une histoire de Liège intitulée : Synopsis seu compendium Annalium et
historiae Tungrcnsis, dont l'original devait se trouver au monastère de Flônc. M. le chevalier de
Schactzen possède la copie du début de cette œuvre.
(3) Jacques du Buisson, chanoine de Saint-Lambert depuis le 20 novembre 1512, grand écolâtre et
prévôt de Saint-Pierre. De Theux, t. III, p. 27, date par erreur le synode provincial convoqué par
31 l'archevêque de Cologne de 1 53 1 . (Cf. IIartzueim, Conc. Germ, t. VI,etL£oM-E. Halkik, op. cit., p. 197.)
(*) Robert de La Marck mourut à Sedan dans les derniers mois de l'an 1B3C. Cf. De Cuestret,
o/;. cit., pp. 162 et 174.
390 CHRONIQUES LIÉGEOISES.
*
L'an I5"><>, a clé commencée la boucherie dans un lieu proche la goffre
où étoit auparavant le marché des porcs (Manuscrit 43, fol. 731 et manu-
scrit 46 (').
L'an i55(i, fut ordonné de hastir les murailles de Bêche en Liège comme
aussy celles de Gravioulle près les Escolliers (*). L'an mesme, jour de [Noël, 5
messieurs les bourgmestres receurenl lettres des amis de feu messire Ghuis de
Cannes, lesquels demandoient réparation et amende de sa mort. (Manuscrit 37 ,
p. 4SI.)
L'an mesme, requérat le cardinal aux bourgmestres et xxxn mestiers de la
Ci lé de luy laissier lever et recepvoir toulles les gabelles et deniers de la Cité le io
terme de un ans pour faire fortifier la cilé et pour diligier les pensions que
la Cité debvoit et luy fut accordé et en deux ans mist Liège presque à lige.
(Manuscrit 1) (3).
1537.
Ciiapeauville, L'an 1537, Reginaldus Polus, cardinal d'Engletterre (4), entra en Liège 15
III 331
où ilz fut receu en grand honneur et révérence, puis aulcuns jours après, tira
vers le pays de Brabant, en volunlé d'aller à Rome. [Estant à Liège, il fut
défrayé de tous ses despens luy et tous ses gens par le cardinal Erard "].
Le 21e de moys de février, fut en la cité de Liège une grande tcmpesle de ton-
noire, cscliltrc, gresle et pluye qui dura long espace de temps. Au Hc jour de 20
moys d'aoust, l'an mesme, le cardinal de Liège revint en la cité, qui avoit estez
" Passage omis par manuscrit 2.
(i) La nouvelle halle des bouchers fut inaugurée le 20 novembre 1546. Cf. Gobert, Liège à travers
les âges, \. Il, p. i±'i.
\}) Voir les contrats passés par les bourgmestres de Liège, le 18 août 155G pour la construction de 55
I» tour en Bêche et le A janvier 1557 pour la construction de la tour de Gravioulle. Cf. E. Faihon,
Carlulaire de la Cité et Chronique archéologique du pays de Liège, t. XIV (11)23), pp. 85-8'J.
(3) Cette délégation des pouvoirs communaux au prince- évoque est confirmée par divers actes du
Cartulaire de la Cite.
(*) Réginald Polus appartenait par sa mère Marguerite, nièce du roi Edouard, à la famille royale 30
d'Angleterre. Cf. Daius, Histoire... XVI' siècle, p. 50.
RÈGNE DERARD DE LA iMARCK. 391
absent depuis le 2oe de moys de janvier précédent, et fut receu en grande joye
[il avoit esté à Bruxelles (*) où il se tenoit en la maison d'Arcmberch "].
L'an mesme, madame Marye, royne douagière de Hongrie, gouvernante du
pays de Brabant, vint en Liège, où luy fut faiclc grande honneur (2).
b L'an mesme, trespassat Mr de Florenge, en son vivant grand marischal de roy
de France et filz à susdit messire Bobert de la Marche, seigneur d'Esden (3).
L'an mesme. l'hyver fut jusques à t\oëI si doulce et sans gallée que aulcunes
ceresiers, pruniers, fraisiers et violliers furent fleurie, mesme furent Irouveis
aulcunes fraises meurs le jour de Noël. L'an mesme, vindrent lettres aux
10 bourghemestres de la cité, de par les amys de Ghys de Cannes, demandant
amende de sa mort et réparations de ce que les Liégeois avoient gaingnéz.
L'an mesme, le cardinal fut esleux légault a latere (4), et le xxv9 jour de
novembre, fit son entrée en I engliese de Liège comme légault. L'an mesme,
le Cardinal requérat en chappittre de Liège que nulles hommes d'englicses, ne
io channoines, ne chappelains, liendroit après de luy meschines b sur paine de
grosse amende, s'ilz ne fussent de leurs parenteis ou en ans d'eage [de discré-
tion], ce que luv fut accordez (5).
*
* *
L'an mesme, fut le cardinal sur la maison de ville en plain concilhe reraon-
slrant comme il avoit en un an et demy déligié la Cité la somme de uc milles
-20 " Passage omis par manuscrit 2. — ' tiendraient auprès d'eux ribault ny putaine ne aulcune
servante suspecte, s'il n'estoit de leur parenté ou de grand âge pour oster toute suspicion : manu-
scrits 27 et 33.
(<) Le 8 janvier 1S57, Marie de Hongrie écrivait à Charles Quint qu'elle avait fait appeler le cardinal
pour « l'assister de conseil ». Dk Marneffe, op. cit., t. 1, p. 284.
25 (sj Marie de Hongrie arriva à Liège le 50 ou le 51 octobre et y resta jusqu'au A novembre. Cf. de
Marneffe, op. cit., t. I, p. 505.
(3) Robert III de la Marek. seigneur de Sedan, plus connu sous le nom de Fleurangc, mort quelques
jours après son père, le 21 décembre IbôG. Cf. Chestret, op. cit., pp. 170 à 175.
(*) C'est par erreur que I.onciiay, op. cit., p. bô, reporte cette nomination à lbôô; ce titre lui fut
50 conféré le 1 !) septembre 1 S37. Cf. Van llove, Etude mr les conflits de juridiction dans le diocèse d; Liège
à l'époque d'Ernrd de La Marck, p. 40 et Cartulaire de Saint- Lambert, t. V, p. 321.
(S) Cf. note 2 page 588.
III, 332.
592 CHRONIQUES LIÉGEOISES.
vc florins de Brabanl et qui resloit encor m milles et xmi florins de Brabant.
(Manuscrit /.)
L'an i 1)7)1 , fui la régente des Pays-Bas à Liège receu fort honorablement,
laquelle donna pardons aux bannis (Manuscrit 37 , p. 4S1 .)
1538. s
Chapeauviiie, L'an 1538°, le Cardinal receut lettres et commission du pape pour reformer
les secondaires, et les fisi appellcr en la cite, mais ils ne volurent point obéir,
[niais le 14° jour de moys de janvier cl aullres subséquents, les secondaires
engliescs. tant de la eité que du pays et diocèse de Liège, se trouvèrent à Lou-
vaingne à cause des reformations susdites que le Cardinal vouloil faire comme 10
légaull aposlolicque a lalere']. L'an mesme. le xvm° jour du moys de janvier,
le Cardinal de Liège devint malade, pour cause, comme on disoit, qu'il avoit
mengé, la vesprée précédent après soupper, trop de moulles, tellement que le
jeudi xxiui0 dudit moys, fut touehié d'une fièbvrc aspre et vexémenle et
n'estoit espoir de plus povoir vivre, à raison de quoy furent envoyez aulcuns is
seigneurs de l'engiiese de Liège : pour la garde de chasteau de Huy, maislre
Johan Henry, doyen de Fosse (J), et Louis de Blois (*); pour Dynant, maistre
Johan del Sart (3) et monsieur de llosfalyc c (4); pour Franebimont, monsr
Hubert rf de Corswaremia (5), prévost de Saint-Poul, et noble homme de
<• L'an 1337 : manuscrit 72. — b Ce passage se trouve placé plus bas dans le manuscrit 2, à la date îo
du M mars. — c monsieur de Houffalize : manuscrit 5. — le seigneur de Hostaige : manuscrit 7.
d Art de Corswarem : manuscrit 7.
{') Jean de Henry, reçu chanoine de Saint- Lambert le 22 juin 1528, prévôt de l'église collégiale de
Fosses, viecdoyen de Sainl-Lambcrt. Cf. de Tiieux, t. III, p. 88.
(*; Il y a ici erreur de prénom. Le chanoine de Saint-Lambert issu de la noble famille de Blois 25
s'appelait Charles et non Louis. Il fut reçu au chapitre de Saint- Lambert le 22 février 1530 et devint
prévôt de Saint-Martin. Cf. deTueix, t. III, p. Cl, Le Fort, I" partie, t. III, p. 256 et Cartulairc de
Saint-Lambert, t. V, p. 302.
(») Jean de Sarla ou du Sart, reçu chanoine de Saint-Lambert le 20 scjitcmhrc 1821, officiai de
Lièj-e. Cf. de Theix. t. III, p, 45. 50
(*) Gaspard de Rcnnenbcrg, seigneur de llooclistractcn, reçu chanoine noble le 5 février 1828, de
Tnci'x, t. III, p. 80.
(8) Hubert de Corswarem, reçu chanoine de Saint-Lambert le 24 novembre 1820, prévôt de Saint-
Paul, de Theix, t. III. p. 42.
RÈGNE D'ERARD DE LA MARCK. 395
Vogelsanc ('); à Buillon, le Sr de Francquenbourch (J); à Curengc °, le sei-
gneur de Duras (3), lesquels seigneurs démoulèrent respectivement esdils places
jusques au moys de marce. Ce temps pendant, la maladie dudit cardinal aug-
menta tellement de plus en plus que le xvme de moys de febvrier 6, entre une
s et deux heure après mynuietz, morul à la grand plainte et désolation de tous
les estas, tant grand que petit, mesme de menu peuple, laissant le pays en paix
el tranquillitéz. comme l'avoit trouvé et entretenu par sa prudence et magna-
nimitéz. Deux jours devant sa mort, furent envoyez aulcuns p;ir le commen-
demenl dudit Cardinal, comme ils disoient, à une abbaye de dames emprès
10 Bruxelles, nommée del Cambre, où esloit lors Mr Corneil de Berghe, eoadjuleur
de I evesque, comme dit est, pour le requérir de vouloir céder à sa coadjuloric
au prolitz du damoiseaux Cuillame de la .Marche (4). nepvcu dudit cardinal,
en luy restituant les deniers par luy débourseis pour l'expédition d'icelle. ce
qu'il refusa, et lesdit commissaires en retournant, estant logez à la bourse à
15 Louvaingne, Monsieur Disselstain (5) entra dedens la ville lendemain de la mort
du Cardinal, qui porloit les nouvelles au susdit seigneur Mr Corneil de Scvcn-
berghe, son oncle. Le corps du Cardinal fut ouvert, son cœur et entrailles
furent prins hors, le cœur fut portez à Croysirs à Huy, el les entrailles à l'abbaye
de Septs fontaines, au boys de Sommes emprès Brussclles, comme ilz avoit
20 ordonnez en son vivant. Le xx° jour dudit moys, ung appariteur de la court c
« le seigneur de Duras à Mohault : manuscrit 5. — '' le xvic, par un samedi : Correction marginale
du manuscrit S. — c de l'église : manuscrit 3.
(*) Arnold d'Autel ou d'Elter, dit de Yogelsanck, reçu chanoine de Saint-Lambert le -20 novem-
bre lbtb. de TnEix, t. III, p. 32.
îb («) Guillaume de Mérode, dit de Franckcnberg, reçu chanoine noble de Saint-Lambert le
7 juillet Ibl8. de Tiieix, t. III, p, 36 et Cartulaire de Saint-Lambert, t. V, p. 292.
(5) Charles de Coelliem, dit d'Oycmbrugge de Duras, reçu chanoine noble de Saint-Lambert le
16 mai lb5G. de Theiix, t. III, p. 79.
(*; Guillaume de La Marck, seigneur d'Aremberg, reçu chanoine noble de Saint-Lambert le 28 jan-
30 vier 1529, archidiacre de lira haut le 21 août 1 533, prieur commendalaire d'Aywaillc. Cf. de Ciies-
trbt, op. cit., p. 210.
(") Maximilien d'Egniond, seigneur d'Iselslain. Cf. de MiiuvEtTE, op. cit., t. 1, p. 270.
Tome II. 50
394 CHRONIQUES LIÉGEOISES.
de Liège fut trouvé emprès d'ung villaige nommé del Naye [meurtris] par
Iroix maulvais garsons, qui le vindrcnt assaillir, quoy voyant se mit eu
genoulx priant merchy, lesquels n'eurent de luy aulcunc pilié, ains luy
couppèrent les deux mains, les deux piédz. et après la teste, puis appelleront
aulcuns chiens pour menger le corps, ec qu il firent en grande partie: les 5
lettres et citations qu'il avoit sur luy jectèrent et espardirenl sur la terre
emprès du corps. Le dimenclie ensuivant, eommenchat à plouvoir très bien
et ne cessa la pluye jusques à jeudy, subséquent, tellement que la rivière de
Mo use creut si hault que l'eauc vint jusques à l'cngliese Sainct-Bartremy,
parquoy les deputeis furent eonstrainct d'aller prier les gens à l'enterrement 10
et service dudil Cardinal à chevaulx, et Olevier de Boulongne c' (') esloit
avecq culx, précédant cl porlant uug maehe d'argent. La date de la mort du
Cardinal est contenue en ces deux vers, composeis par maislre George
Malherbe (J), homme très sçavant es bonnes lettres, demourant lors à Theux :
Chapeauviile, si neget InfLeCtl LaChcsIs VeL honore VeL aUro '5
m» 333 LegitIMUs testls presUL ErardUs erll
Item par ung dimenclie, le troiziesme de moys de marce, on commencha
à faire le service c et furent ce jour chantées les vigilles, et dura cestuy service
en grande pompe, tel que jamais on n'avoit veu le pareille, jusques au mer-
quedi, auquel jour le corps fut mis en une cave dessoubz la tombe au chour de 20
l'cngliese de Liège, qu'il avoit faict faire en son vivant [de bronze doré].
0 greffier de la cité : addition du manuscrit S.— b Le manuscrit S ajoute en note marginale ces
deux vers qui se retrouvent aussi dans Chapeauville, t. III, p. 333 :
qUod neC honor, neC opes, neC gLorla Vertere CUrsUs
AstrorUM posslnt, praesUL Erarde Vides. 2o
« présentes touttes les secondaires églises : addition du manuscrit 3.
(») Olivier de Boulogne fut greffier du Conseil ordinaire et non greffier de la Cilé. Cf. note 2 de la
page 385.
(*) Georges Malherbe fut greffier de la cour de justice de Tlieux et receveur de la mensc épiscopale
pour la recelte du Franchimont. 30
RÈGNE D'ERARD DE LA MARCK. 595
*
# *
Aux exèques, furent faicls grands despens. tant pour les grands convives que
pour les abits noires, dont loule la court et pluseurs honestes et pauvres
bourgois en furent décorés, et mesme les 32 mestiers en receuprent quelques
honestelés. (Manuscrit 19, fol. ^46v°.)
s Le regret de sa mort fut si universel qu'il est encor sensible aujourd'huy. La
mémoire de sa vie sert de leçon perpétuelle aux princes pour le gouvernement
de leurs peuples avec autborité et amour tout ensemble, ecluy de Liège estant
fort aisé à conduire quand il voit qu'on l'aime et qu'il ne pense pas qu'on
le craint. {Manuscrits 112, fol. 350).
io II a faict beaucoup des choses belles et admirables partout son pays el signa-
ment à l'église de Saint-Lambert à Liège, à laquelle il a donné des richesses
inestimables tant es ornements d'église que pierres précieuses et cloches magni-
ficques. Il fit faire son palais d'une structure admirable, comme il est à présent,
et plusieurs forteresses au pays de Liège, comme le chasteau de Huy, Dinant et
15 autres. Ce fut un des plus riches évesques qui fut jamais.
Guillaume Gazette dit que, entre autres choses, il ordonna que le jour de son
service, annuellement soit distribué à chasque chanoine de Saint-Lambert une
bourse de velours cramoisie, garnie d^un double ducat en espèce. (Manu-
scrit 28, p. 369.)
20 Et fut nostre évesque légal a lalere et pour tel receu à Liège el à Saint-
Lambert en la fin de ses jours.
Et n'appercevoit on autre chosse que dame Cupidité n'en fusse causse qu'il
vouloit ledit légat chaslier les secondaires par la bourse ou autrement, s'il eusse
longuement vescu, et il est à présupposer qu'il voulloil destruire l'église qui
23 premier l'avoil mis sus comme il estoit en tel honneur.
Après qu'il eut tenus l'évesché l'espace de "2b ans en faisant des choses
incompréhensibles par tout son pais, principallement à Saint-Lambert à Liège,
auquel il donna inestimables richesses tant en ornemens d'églises que pieres pré-
cieuses,descloches bien magnifiques, il y fit faire mesme une tombe dorée auquel
3° il est ensépulluréz. 11 lit aussy plusieurs dons pour toutes les églises de Liège.
Il fit aussy faire plusieurs forteresses au pais de Liège comme le chasteau de
Huy, Dynant et plusieurs autres.
596 CHRONIQUES LIÉGEOISES.
Et fui le plus riche évesque qui encore eût esté; il luy vient un leup qui le
vient dévorer en l'une de ses jambes et pour chosse que Ton seusse faire, on n'y
secul jamais remédier et luy convient mourir. Prions donc à Dieu qu'il lui
fasse miséricorde. ( Manuscrit 26b", fol. 355.)
L'an mille VCXXXVIII, est trépassé Erard de la Marche... Après sa mort, son s
corps bien embalmé et accoustreit fut par trois jours au pallaix à la veue d'ung
chascun, puis son enterrement fut faict et obsèques fort honorablement à Saint-
Lambert. Furent donnés à cieulx de sa court et autres officiers robes noires et
mesme grand nombre de povres honesl borgois eurent robes et chaperons.
L'cngliese Saint-Lambert bien ornée ens velours noirs et draps noires, ens io
chandelle ardentes de cire grande, comme fut au pallais. Les borgois, les
xxxit mestiers receurent quelque honestelé. S'ensuyt l'épi taphe du dit cardi-
nale a.
La mort at mis soubs ce b tombeau doré
Ung corps jadis en vertus décoré «s
Erard eut nom c de la Marche nommé,
Nom de loucngc en tous lieux renommé ''
Trente deux ans évesque demoura c
Des Ligois. Ossy bien laboura '
Que le chappeau cardinal il obtient :' 20
Et du pape la légation il tint ''
Durant ce temps [aussy] ' que l'on a veu
édiflia le fort chasleau de 11 uy '.
Dinant, Stockem, puis Franchimont aussy ''
Builhon, Curange ne fut mye en oublye 25
« Le texte est donné d'après le manuscrit !>7. Lorsque celui-ci fait défaut, nous adoptons le texte
du manuscrit 37. — * son : manuscrit S6b>'. — c comte de la Mardi : manuscrit 96. — d et en
tous lieux nomm6 : manuscrit S6b's. — c 32 ans demoura évesque des Liégeois || Sy bien il laboura
que le chappeau de cardinal il obtint : manuscrit 26bi*. — ' avecq Licgoys sy très bien laboura :
manuscrit 97. — » chappeau de cardinal obtint : manuscrit 37. — h Pareillement la légation tient : 30
manuscrit 97. — * Addition du manuscrit 97. — •' Et de légat durant son temps aussy || que on a
veu édifïiant le fort chasleau du Huy : manuscrit S6bi'. — * De Dinant, Stockem, Franchimont
et Curenge || son grand palais. . : manuscrit 37 . — Dinant, Stockem, Franchimont, Curenge ne fut
mis en oubly || et puis après il èdirïia pour luy || son grand palais... : manuscrit S6bls.
RÈGNE D'ERARD DE LA MARCK. Ô97
Son grand palais en la Cité de Liège
où il lenoit son épiscopal siège.
Soixante quattre le cours de son eage
il at régné prudent, eourtoys et saige °.
s L'an mil cincque cens trengte huictiesme,
et de fébvrier la saiziesme journée,
en plussieurs lieux, pour singulière mémoire,
ses armes sont en grande triumphe gloire.
Brief, ce corps mort durant qu'il a vescu
10 il a fondé de vertu son escu ''.
Oncqucs il n'eut ung seul jour de repos
pour mettre en paix son peuple , ses suppos.
Or il les at sy bien entretenus
qu'à tout jamais seront rf à luy tenus
13 de prier Dieu que sa grâce il expose
envers son àme quy maintenant repose e.
[Or, il est mort, que tousjours il fuyoit '
et après luy incessamment couroil
de son fort dard, à lame gracieux
20 le fit voler au repos bienheureux] ■''
où reposant tousjours il se tiendrat
jusques au jour que le seigneur viendrat.
Ainssy la mort n'at faict que son debvoir
en luy baillant ce qu'il dt-bvoil avoir \
2.3 <• 1/an de son aage soixante quattre || et de fébvrier le saizesme jour || mille cincque cents
trente liuict ans ]| en tout lieux ou jadis pour mémoire || ses armes sont.. : manuscrit 57.
l'an 64 de son aage, le d6e de fébvrier, || l'an 1S38. ont tous ses lieux que j'ai dit pour mémoire [| ses
armes sont... : manuscrit S61"' — b Bref son corp durant qu'il a vescu, || sy très bien de vertu
fit son escu : manuscrit 37. — sy très bien fit de vertu son escut que oncq il n'eust |( un seul jour
50 de repos pour mettre en paix son peuple || et ses subjects où il les at sy bien entretenus || que à
tousjours mais en sont à luy tennus : manuscrit 87. — c ses sujects et : manuscrit 37. — << en
sont : manuscrit 57. — ' à travailler qui maintenant repose : manuscrits 37 et S6b->'. — / finnoit :
manuscrit 26M>. — » Ces quatre vers sont omis dans le manuscrit 97. — * Le manuscrit $7
termine l'épitaphe à ce vers.
15
398 CHRONIQUES LIÉGEOISES.
Car le corps mort à jamais le fait vivre
incontinent que la (ière mort tint
des Liégeois l'évcsque et bon pasteur a.
Le fleuve de Meuse un sy grand dueille en prit
qu'il ne sceut oneques cacher sa grande douleur, 5
ains commença à pleurer son malheur,
dedans son cauc meslant ses pleurs;
et tellement ses ondes augmenta
que jusques emprès de Saint-Lambert monta b,
et s'approcha pour venir voir illecque io
de son voisin la piteuse obsecque.
0 peuple, pleurez, pleurs nature vous dispense %
bons Liégeois, pleurez votre pasteur
qui vous tenoit en paix et concordance.
Priez ensemble au Divin créateur
que celui qui son peuple en repos a mis
soit reposant là sus en paradis.
Amen.
L'épiiaphe du Cardinal Marcka.
Ce pouldroyez pendant qu'il at vescus ^
si 1res bien fit de vertu son escu
qu'il n'eut jamais ung seul jour de repos
pour en rendre en paix ses subjects et suppost,
lesquels il at si bien entretenus
qu'au grand jamais ils sont à luy tenus 25
" car le corps mort jamais la fontaine vive cito qu'il fut mort || tient des Liégeois le bon pasteur
la mesnie Moeuse une sy grande douleur || qu'elle commença à plourer son grand malheur || que
dedens son eaue elle mcsla ses pleurs : manuscrit 26bi'. — * qu'emprès Saint-Lambert monta et
s'aprocha || pour venir veoir illecque les excèques et funérailles : manuscrit 16M. — ° 0 peuple,
plouréz, plouréz vostre pasteur |] qui vous tennoit... : manuscrit S6hl: 30
IU
RÈGNE DERARD DE LA MARCK. 399
de prier Dieu que Sa grâce il expose
aflin qu'es cieulx doulcement il repose.
Ors est-il mort qui tousjours finissoit,
ors après elle incessament couroit.
La blesme mort sou âme gracieuse
at faict voiler chez les monoirs lieureux
où bienheureux lousjour il se tiendrat
jusque un jour que le Seigneur viendrai.
Ainsi la mort n'at faict que son debvoir
en luy donnant ce qu'il dehvoit avoir.
Le corps est mort, ce belle esprict vivant,
exemple animant ses successeurs,
monstre en eflect qu'il y val de l'honneur
d'eslre de Liège vray prince et bon pasteur.
15 La jeune Meuse changeante de couleur
estant panthise démonstre sa douleur,
car mourant .Marcque ne veult estre marequé
et dedans ses pourpris tenir sa demeure,
meslanle ses pleurs avec les citadins,
•20 rendoit les siècles deucalioniens,
elle augmentât d'une course furibonde
de telle sorte ses tortueuses ondes
qu'à Saint-Lambert, sans respect, la surface
elle occupai pour admirer la grâce
25 que l'on tiendroit célébrant les éxèques
d'ung tel pasteur, ornement de nos siècles.
Ah peuple, pleure, dépleure ton pasteur
qui foumenloy ta paix avec ton bonheur!
Priez ensemble ce grand Dieu Souverain,
50 qui liaulce et baise tout de sa puissante main,
que cest héros soit collocqué es cieulx
et tous illecque le puissons veoir heureux.
{Manuscrit S2, fol. 326.)
4UU CHRONIQUES LIÉGEOISES.
A la suite du texte de Jean de Looz, le manuscrit de la Bibliothèque royale de
Belgique 13791, analysé au lome I de cet ouvrage, sous la cote manuscrit 5,
nous offre, folios 183 v° et suivants, quelques notes peu importantes sur le règne
d'Erard de la Marck, dont nous transcrivons la suivante consacrée à l'éloge du
grand évéque : 5
Anno Domini M" XVe XXXVIII0, obiit illustrissimus Erarùus a Marcha,
xviu0 januarii. Non dicendum est quod periit nomen cjtis cum sonitu campana-
rum quas instituerai. Scd opéra ejus sequunlur eum in eternum, maxime in
celo. Peropporlune igitur hic dioeescos habenas agere cepit; a bellis enim ceu
extrema pernicie semper abhorruit. Era:que lilterarum jurisque civilis peritus *o
et animi corporisque dotibus insignis. Patriam Leodiensem pacifiée annis xxxh
rcxit ac Lcodicnsibus inler cetera bénéficia fuit princeps ad vindiclam lenlis-
simus, ad beneficenliam autem promptissimus. inque prosperis cque ac adversis
codem semper animo preditus. Apud Carolum quintum fuit magne auclorilatis.
Leodiensis sane palria aut ecclesia tam potentem principem et splendidum is
dignitate presulem ad bec usque tempora non habuit. Favore Caroli quinti,
adeptus est in Hispaniis archiepiscopalum Valcntinum. cardinalcntiam digni-
tatem et pensioncs quas vocant non modicas. Ecclesiam suam ab hereseos felle
et peste incorruplam summis semper virlutibus tutatus est. Templa autem,
velut aller David et Salomon, ornamentis preciosissimis exornavit Evangelieam 20
professionem non ccremoniis et externis opibus metitus est, sed affectu. piciate,
officiis, quibus pauperes et afilictos equanimiter sublevavit. Egittum principem
inculpatum, tum episcopum absolulum. Qua prudenlia factura est ut regiones
iste Eburonum, plus nimium ad arma précipites et jam vicinis bellis propemo-
dum exenlcrale, nunc optimis legibus p;icc et concordia florcant. Mortuus est 25
pie in ejus confessione, que est via ad cternitalem et vita ac salus et resur-
rectio. Sepul'us est Leodii in calhedrali ecclesia ^ancti Lambcrli in sump-
luosissimo mauseolo quod vivens preparari mandaverat. Requiescat in pace.
Amen.
Règne de Corneille de Berghes.
Sicul Deo placet.
Conflatum gaeminis rocibus angdicis
1538.
5 Le dernier jour du moys de fébvrier précédent, [l'an mille cincque cents et
trente liuicte], Monsieur Corneil de Bcrghe vint en Liège a. Le premier jour de
moys de marce, furent les lettres de la coadjutorie présentées en chappittre, dont
après la lecture d'i celles, fut déclaré évesque de Liège, et incontinent on chantât
Te Deum Laudamus, et à la Qn de Te Deum, fut ledit seigneur par maistre
10 Jacque de Buysson (l), channoine [de S'-Lambert] et escolastre de Liège, emprès
la fiertre Sainct- Lambert, publiez et intimez évesque de Liège, en latin et en
nostre langaige vulgaire, puis fut ledit seigneur menez au palais, et après les
exèques du Cardinal, se partit de Liège et alla à Curenge, où ilz se tint jusques à
son intronisation. Envyron le fin dudit moys, le seigneur Disclstain (*) fut
13 envoyez prendre possessions des places et forteresses en nom dudit seigneur
[évesque, scavoir] de Huy, Dynant et Franchimont \ Le 16e jour dudit moys,
qui estoit la feste de la Saincle ïriniléz, iMonsieur Corneil de Berghe flst son
entrée en la cité de Liège, accompaingne de plussieurs grands et nobles seigneurs,
assavoir le seigneur de Molenbaix (3), chevalier de l'ordre, item le chancelier du Chapeauville,
w 111,334.
20 " Corneil de Berghe, filz du seigneur Corneil de Berghe de la fille Mr Sevemberg : manuscrit S,
— b scavoir de Huy, Dinant, Bouillon, Franchimont, Stockhem et aullres : manuscrit 38.
(*) Sur Jacques du Buisson, voir note 3 de la page 589.
(«) Sur le seigneur d'iselstain, voir note S de la page 593.
(») Philippe de Lannoy, seigneur de Molerubaix, grand maître d'hùlel de Marie de Hongrie, et
25 Philippe Nigri, conseiller d'État de l'Empereur, chancelier de la Toison d'or, avaient déjà été envoyés
à Liège, auprès des États, le 12 juin lb58, afin de renouveler le traité d'alliance conclu en 1518.
Cf. Cartulaire de Saint- Lambert, t. V, p. 323.
Tome II. M
402 CHRONIQUES LIÉGEOISES.
Toison d'or, légault ou ambassade de par l'empereur, Monsieur de Berghe (4)
le conte de Buren (*),lc seigneur d'Iselstain (3), son fils, le conle de Horne (4), le
conte de Rocheforl (5), le seigneur de Barbanson (6), le conte d'Arembrech (7),
et plussieurs aullres, jusques au nombre de 1200 cbevaulx.
Le 17* dudit moys, le susdit seigneur de Liège tint une journée en la cité 5
avecq les estais du pays, en laquelle luy fut concédée bonnes sommes de deniers,
pour sa joyeuse venue, et cncor pour achever le palais, aultre somme à payer
en certain terme limitez.
Au moys de jullet, lan susdit, survint en la cité et pays de Liège et lieux
circumvoisins une maladie de flux de ventre dont plusieurs morurent. jo
Le jour ensuivant (le 16 juin), luy fut présenté par messieurs les bourgue-
maislres de la Cité et 52 mestiers, en son palais, deux pots d'argent, chascun
du poids de 25 marcs, estimés de la valeur de 5250 florins liégeois, d'une
charelte de vin, l'une de blanc, l'autre de rouge, 6 gras hœufs, 25 moulons,
50 muids d'avoine, sans compter les présens faits à ses gentilshommes, avec 15
dix mille postulats de Horne pour la quoete de la Cité, puis le magnifique ban-
quet que la Cité luy fit avec tous ces princes et seigneurs. Ainsy fut esleu
Cornélis de Berghcs pour le 57™ évesque de Liège et le 86me en nombre,
il étoit consacré sous-diacre et pour procéder plus avant, il obtint du pape un
terme de trois ans. (Manuscrits 38, p. 2 el 88, fol. 99 v°.) 20
(<) Robert de Berghcs, fils d'Antoine marquis de Berghes et de Jacqueline de Croy, le futur prince-
évéque de Liège.
(') Plorent d'Egmont, époux de Marie de Berghcs, sœur du prince-évêque. Il se trouve représenté
sur les vitraux du chœur de l'église Saint .Martin de Liège.
(3) Maxiniilien d'Egmont, fils de Florent, époux de Françoise de Lannoy. Î5
(*) Jean, comte de Homes et seigneur de Wcert et d'Altcna, époux d'Anne d'Egmont, fille de Florent.
(') Louis III de la.Marck, comte de Rochtfort el de Montaigu, seigneur d'Agimont,etc. Cf. deChïstrst,
op. cit., p. 142.
(8) Jean de Ligne, fils de Louis, seigneur de Barbançon, et de Marie de Berghcs, sœur de l'évêque
de Liège. 30
(;) Robert de la Marck, comte d'Arcnberg, grand majeur de Liège de 1531 à I K41 . Cf. di Borjun,
Les Echevins, t. Il, p. i"2"2.
RÉGNE DE CORNEILLE DE BERGHES. 403
L'an 1538, fut une ordonnance et constitution faicte touchant les réforma-
tions et corrections d'aucuns abus dans les courts et justice temporels et tant
en la Cité et bonnes villes du pays de Liège .... les dépuleis de monseigneur et
des trois Estats du pays de Liège. {Manuscrits, note marginale du fol. 166[x).
5 En ce mesme temps, les eaues furent si grandes qu'il entrèrent dedens
l'église Saint-Berthelmey et plusieurs autres [Manuscrit /.)
En dit an, le coadditeur l>lonsr Corneil de Sembrege at esté esleu évesque de
Liège. L'an mesme, est trespasseit le duc de Gueldre, Charles d'Aigmont, vieulx
et anchien, qui avoit eu grandes guerres avec Brabensons, Hollandois. [Manu-
io scrit 96.)
L'an mesme, l'égliese Sainct-Jacques parfaicte. L'an mesme, réformalion
faicte en l'égliese de Liège. [Manuscrit 102, fol. 139.)
1539.
L'an 1339, ung bourgois de Liège, noméz Andrelin fit une mutinerie dont
is plussieurs de ses adhérentes et fauteurs furent prins et mis à mort.
L'an mesme, fut en la ville de Treict ung grand sédition et mutinerie au
moys de septembre entre le peuple, et y fut comise grande tirannies, et i furent
occis ° damoiseaux Gérard de Goert, gouvernt-ur de la ville de Treiet, et
maistre Remy Prinlem % licencié en droict, bourghemaistre de Iadicte
20 ville (2), par laquelle cause plussieurs furent occis ". [L'an mesme, qui estoit
153i», il y eut à Gand grande commotion entre le peuple et les nobles] \
L'an mesme, fut grand chiere temps de grains, qui dura demi ans, et après vint
des grains du pays d'OsIant, [de Bohème et de Hongrie] b.
a maistre Printem : omis par les manuscrits S et S. — un burghemaistre : manuscrit 7. —
25 * Addition en note marginale du manuscrit 2.
('i Celte ordonnance se trouve dans le registre 25 du gretî -cm...., des États du pays de Liège,
fol. 1.
(*j Voir le récit de cet événement dans une lettre d'un anonyme au commandeur des Vieux-Joncs,
datée du 23 septembre 1539, dans de Marneffe, op. cit., t. Il, p. 68, et dans les dépêches du Conseil
30 privé, reg. I, fol. 127 v, les décrets d'amnistie du 5 décembre 1540 et du 6 juillet 1542, rendus par
le prince-évéque à propos de cette sédition et de l'assassinat des deux magistrats désignés dans la
chronique.
404 CHRONIQUES LIÉGEOISES.
*
* *
Chapeauvilie, Pendant celle année, fui découverte la conspiration d'Anderlin, lequel
se sauva, mais ses complices furent prins et exécutez. Après, l'évesque ordonna
de faire bonne garde aux portes et ramparts et faire bonnes sentinelles depuis
six heures du soir jusqu'à six heures du matin et bonnes patrouilles; que les
capitaines et officiers se fissent porler le respect et obéyssance deue; que l'on 5
n'ouvrist les portes pour sortir ou rentrer sans la permission des magistrats; que
survenant quelque alarme, chacun demeureroit dans son poste s'il n'éloit
commandé ailleurs par son capitaine; que autres que ceux delà garde n'allassent
par les ramparts sur peine de la vie; que personne n'allas t masqué de nuict ni
du jour, ny jouast d'instrument par les rues, ce qu il fit publier au son de 10
trompette (J).
Après, fit un autre édict que tous étrangers et vagabonds eussent à sortir de
la ville dans trois jours après la publication et que personne n'eust à les
soutenir; que les hommes étrangers qui seraient atlrappés après les trois jours
scroient battus de verge allenlour du marché pour la première fois, et pour la is
deuxième auioienl une oreille coupée et scroient bannis pour un an et que les
femmes à la première fois seroienl marquées du peron à une joue, à la deuxième
à l'autre joue et à la troisième, pour les hommes et pour les femmes, sur peine
de vie (2).
Chapeauvilie, En outre craignant les grandes armées et préparatifs qui éloient en Aile- 20
magne, ordonna à tous baillyfs et officiers de faire prendre les armes pour se
déffendre en cas qu'on vinsl fouller le pays. (Manuscrit 45, p. 755 et
manuscrits 44 et 46.)
L'an mesme, en janvier, fut commenchyé le ponl el bouloir au pont d'Amcr-
court (3), qui auparavant estoit de bois. (Manuscrits 1 ; manuscrits 27, S2, 25
fol. 527, 60, 96 et 97.)
(•) Voir Recucildes ordonnances, 2" série, t. I, p. 117, cri du perron du li février 1559.
f) Ibid., p. H(i, cri du perron du t> janvier 1559.
y*/ Voir dans E. Pairon, Carlutaire de lu Cité, le contrat pour la construction d'un boulevard, d'une
tour et d'un pont de pierre à Amercœur, le 28 janvier 1S39. 50
III, 336.
RÈGNE DE CORNEILLE DE BERGHES. 405
L'an mesmc, fut grande chaleur, tellement que les vins furent bons et à bon
pris, le vin du Rhin à ung patar le pot et ccluy de pays à demy patar de
Brabanl. (Manuscrits 52, fol. 527 ; 60, 61, fol. 195 v et 96.)
Lan 1559, le vin fut si bon marché qne les vins de France et du Rhin ne
o se vendoient qu'un pallar et le vin du pays deux liards. (Manuscrits 45,
p. 733; 44 et 46.)
L'an mesme, fut si grande abondance de vin que plussieurs, par faulle de
tonneau, faisent faire des fosses en terres pour meclre leur vin. (Manu-
scrit 102, fol. 159 vf).
1540.
to L'an 1540, Ferdinant, roy des Rommains, fist son entrée en la cité de Liège,
où ilz fut receu en grand honneur.
L'an mesme, vient d'Espaingne en ces Pays Basses l'empereur Charles, ayant
entendu la commotion de ceulx de Gand où il mit remède, et i demoura trois
mois entiers, et i fit. faire un chasteau n. La saison de l'esté de ceste année fut
15 si chaulde que plussieurs fontaines perdirent leur source et aulcun rivièrs
leur course, ilz convenoit aux Hesbengnons amener leurs bestes comme brebis,
vaches et moulons en la rivière de Meuse; les grains furent cuilliez et la ven-
dainge faiclc avant le fin du moys d'aoust. [L'an mesme, tomba une des thours
du palais de Liège b\ [qui estoit édifiée sur la chapelle des 11,000 vierges] °(l).
*
* *
20 Cette année, se fil une si grande sécheresse et chaleur que l'on passoit à pied
toutes au travers du Rhin, de la Seine et de la Meuse, en sorte que les Hesbi-
gnons furent contraints d'amener leurs bêtes pour boire à la Meuse, à raison
a L'an mesme. . . château : passage omis par et S. Le manuscrit S l'ajoute en note maginale et le
complète par l'addition suivante : et après soy départit et s'en alla à Gand veoir son frère l'empereur
25 Charles où il fut reeeu en grand honneur le 17 jour de marce. — b Passage ajouté en note marginale
par manuscrit S. — c Addition du manuscrit o.
(' ) Sur cet accident, voir Gobert, Liège à travers les dges, t. IV, p. 416.
40C CHRONIQUES LIÉGEOISES.
que plusieurs fontaines esloient taries. Et les vins furent à si bon marché que
l'on ne les vendoit qu'un patar le pot, le vin du pays 2 liards et le vin de
France 4- paltars ". (Manuscrit 38, p. 4 et manuscrits 60, 96 et 97 .)
L'an 1540, le 14 d'aoust, sur le soir, se ruina et tomba une des quatre tours
du palais, qui servoit de montée ou degréz royale au palais du costé du vieux s
marché, laquelle ruina l'église paroissiale des Onze mille Vierges, sans qu'au-
cune personne fusl blessée. (Manuscrit 58, p. S.)
1541.
L'an iyil, la peste régna fort au long du Rhin, principalement à Coulongne
et dcdens la cité et pays de Liège, Namur, Haynault, Brabant; les gens furent 10
fort molesteis de Gebvres aspre et véxémente, flux du ventre, dyssenlericque,
dont plussieurs mornrent. L'an mesmc, fut commencbé un bolvercq à la porte
Sainct-I.éonard en Liège, par ung noméz Paulus de Richel ('), homme de
grande entreprinse, expert en l'art de l'architecture '', lequel, peu de temps après,
par envie, eut beaucop à souffrier, et fut persécuté par les massons de la cité, is
tellement qu'il fut misérablement occis en ung combat; iiz avoit avant sa mort
commenché à édiflier une partie de l'engliese Sainct-Marlin en Mont jusques
au feneslres et dauvaintaige '. L'an susdit, le jour saincl Marc, survint en la
cité de Liège '' une oraige et tempesle si grand que depuis la porte Sainte-Mar-
garite e jusques au lieux noméz au becquarlz (2) de la rue de pont, les caves 20
furent plaintes d'eaue, et on eusse facilement menez ung batteau ' et nasselle,
" le bon vin de Rhin se vendoit un patar, celui de France deux aidans : note marginale de
Foullon, t. Il, p. 247, d'après uu manuscrit de chronique vulgaire. — b Paulus Dirich, homme de
grande entreprise en esprit, en l'arithmétique : manuscrit 38, p. 16. — c Tout ce passage se retrouve
dans la chronique de van den Berch, t. Il, fol. 200 r° — d à Ans et à Mollin ou là entour : 23
addition du manuscrit 1. — « ex porta Sancte Margarite usque ad Rolandi gurgitem : manu-
scrit B. R. 15791. — t menez une nazalle : manuscrit 1. — un bateau et nasselle : manuscrits 2
et S. — Tout k passage est omis dans manuscrit 6.
(•) Sur cet artiste, voir E. Fairon, Chronique de l'Institut archéologique liégeois, année 1023, t XIV,
p. 83, et Carlulaire de la Cité, contrat du 23 juillet 1540, et Gobert, Liège à travers les âges, t. IV, 30
p. m.
(*) Aux begards. Cf. Gobert, op. cit., t. Il, p. 176.
RÈGNE DE CORNEILLE DE RERGHES. 407
les eaues entrèrent parmy la porte du palais " vers Pierreuse, passèrent parniy
l'engliese de Liège, mesrae par l'impétuosité de l'eauc, aulcunes pierre de
marbre furent eslevées arrière de terre, et fut l'eaue jusques au grand aulteit.
L'an mesme, Martin van Rossen (*), capitaine Geldrois, leva sus ung grand
s armée de gens, tant à piedz que à chevaulx, pour le roy de France, donanl
à entendre que c'esloil pour entrer dedens le pays de Liège, à l'occasion de
quoy la gcnsdarmerie qu'on envoyoit du pays de Liège contre le Turc fut
remandée (2). Le susdit Martin entra dedens le pays de Braibant, brusla la
ville d'Andennc b et plussieurs pétilles places et chasteaux, avecq les villaiges
10 en la Campeingne, et l'ut si grand poeur à Branbansons que s'il fusse allé
à Anvers tout droict, l'eusl emportez. Hz fut devant Louvaingne, mais les
clercqs monstrèrent barbe °, parquoy passât oultrc bruslant par tout, sans faire
quelques dommaiges sur le pays de Liège, et furent par luy deslruiclz environ
1 100 villaiges.
is En celle mesme année, fut George d'Auslrice faict channoine de Saincl-
Lambert (3), et troix jours après fut faict coadjuttur de l'évesque de Liège, luy
«stant à Valence en Espaingne, et fut remandéz par deçhà, lequel pensant
retourner parmy France en temps de paix, i fut détenu prisonnier l'espace
de deux ans, en grand danger de sa vie ', et après avoir payez sa ranchon,
jo retourna à Liège '.
" Le manuscrit 3 ajoute entre parenthèses : sans demander congé à Son Alttese. — * Enthoven :
manuscrit 3. — Enthoven et Duflele : noie marginale de manuscrit S. — c mais les estudiants lui firent
teste : manuscrits 3, S et suivants. — d Le manuscrit B. fi. i 3791 ajoute : quia ibi intocsicatus fuit
una cum aliquibus serviloribus. — « ayant payez une partie de sa rançon argent comptant : manuscrit 3.
ÎS (') Ces événements guerriers se passèrent en 1542 et non en 1541. Cf. 11. Pirenne, Histoire de
Belgique, t. III, p. 131, et H. Vander Linden, Biographie nationale, Martin van Rossem, t. XX,
col. 145-158. Heknb, op. cit., I. VII, pp. 36I-3S0.
(*) Cette affectation du contingent liégeois accordé à l'Empire pour la guerre contre les Turcs est
confirmée dans le message envoyé aux Etais de Liège par Corneille de Berg, le 5 août 1542.
30 (») Georges d'Autriche, fils illégitime de l'empereur Maximilien, évêque de Brixen et de Valence,
obtint une prébende à Saint-Lambert le 51 décembre 1540 et fut désigné comme coadjuteur de
de l'évêque en janvier suivant. Connue il était de naissance bâtarde, les statuts du chapitre s'opposaient
à son admission comme chanoine cl il fallut une dispense du Pape, qui fut sollicitée par Charles-Quint,
pour qu'il fût déroge à cette règle. Cf. de Marcieffe, op. cit., t. H, p. 1 10.
408 CHRONIQUES LIÉGEOISES.
*
# *
A propos de l'incursion de Martin van Rossum en Brabanl, le manuscrit
B. R. 1571)1, fol. 201 v°, ajoute ces détails :
Ille Lovanium venit cum exercitu, sed sludentes animati cum omni confu-
sione repulerunt, quamvis pretor oppidi fuisset de favore inimici, sed non
potuit eflicere compaclum. Amotus fuit a suo officio. s
Hclieto oppido, traxerunt versus Gcmblacum Circa villam Ponthvillam ('),
invenerunl reverendum paire m diclum Joannem a Paslura, priorem monas-
terii Gemblacencis et eum captivum conslituenint. Deinde transeunles per
pagum ..., prope castrum de Coroil (2), cuslodes illius caslri emiserunt certos
iclus bombarde, fixi steterunt miitcntes preconem pelenlem quid pelèrent; io
sine rcsponlione occiderunt tubichinem neenon et secundum.Tunc totus exer-
citus eircumcinxit castrum el cogerunt eos traderc illis castrum, vita salva,
quod non servarunt. quia omnes, demplis quatuor, occisi sunl. (On note en
mart/e : usque ad numerum lxxxiii, ferc omnes coloni divites et scabini).
Castrum una cum pago combusserunt. ïunc ceperunt iter versus Franeiam. io
L'an 1541, le jour de saint Marc, à deux heures après midi, se fit une
telle tempeste et orage en la Cité, par une [nuée] qui s'eslanl rompu vers
Sainte-Marguerilc où il tomba une telle quantité de pluye que l'eau dévalant
impétueusement par toutes les rues de la Cité emmenoit bois, pierres et fanges
en telle quantité qu'elle en emplit toutes les caves et monta si haut qu'elle fui 20
sur le grand autel de Sainl-Séverin, en sorle que plusieurs rues en furent
empêchéez. {Manuscrit 38, p. 46.)
1542
L'an 1542, le Turc fit réparer et fortifier Hierusalem la saincle cité, plus
[belle] que n'avoit esléz auparavant. L'an mesme, vinl ung bérault en Liège de 25
par le roy de France demandant amende et réparation de la mort messire
(') Ponlillas, commune du canton iTÉgliezce, arrondissement et province de Namur.
(') Corroy-lc-Chàlcau, canton de Gembloux.
REGNE DE CORNEILLE DE BERGHES. 409
Guillame à la Barbe, qui fut décollé à Treict, comme nous avons dict (J). L'an
mesme, fut faict Mariembourcli.
Froid et véhément hyver et long, et dura la gallée... sapmaines de long.
(Note marginale de manuscrit 2)
*
* *
5 L'an mesme. firent les Drabansons Mariembourg sur le pays de Liège et en
furent Liégeois mal récompensez. L'an mesme. commenchat grande guerre en
pays de Jullez et Clèves et Geldre contre les Brabansons et durât jusques
à l'an XLIII en mois de septembre, que l'empereur Charle retournât par deçà la
mer de devant Argil et gangnat l'empereur Ourren et Moulice et soy rendit le
îo duc de Julie à l'Empereur (Manuscrit 1 .)
L'an mesme, tombèrent de l'air des saulerelles en si grand nombre que l'air
en estoit tout couvert, qui firent grand domaige à tous les biens de la terre.
(Manuscrit 402, foi 440 V.)
L'an mille VCXLII, at esté assemblée unne journée des estais de l'empire,
15 aflin de fair armée pour repoulser les Turques de Hongrie, ce que at esté
accordé sur les eslats de pais et Saincte Empire, et pour la quoete de la cité et
pais de Liège, unne enseigne de gens de chevaux et unne enseigne de pitons
furent eslevés et près à marcher. Mais comme la guerre estoit encommenchée
entre l'empereur et le roy de France, l'armée du roy estant entrée au pais
20 de Luxemborg, conquestat plussieurs bonnes villes comme Ivoy, Damvillicr,
Monmédier et autres, courans le pais. D'auslre costé, esloint en mesme temps
gens de guerre de cbevals et piétons eslevés au pais de Cueldre par aucuns
députeis et capitaine de par le roy de France, conduit par Monsr de Lavalle et
Martin Van Rossen °, homme de guerre. De quoy ainsy assemblez, nous estant
25 " Vannerosse : manuscrit 26bts.
(4) Voir aux dépêches du Conseil privé, reg. I, fol. 129 v°, une lettre du roi de France aux États,
datée du 1" novembre 1541, annonçant l'envoi de son héraut Picardie pour sommer les États de payer
les indemnités dues à la maréchale de La Marck, en compensation de la mort de Guillaume de La Marck.
Voir aussi plusieurs autres documents produits aux journées d'État du II décembre 1541, du
30 31 mai 1542 et 5 août 1542.
Tome II. 52
410 CHRONIQUES LIÉGEOISES.
voisins le pais (cstoit) à craindre estre surpris et follets tout autre, tellement
que les estats assemblez, at esté passé de retenir les deux enseignes eslevées
pour envoyer en Honghcric et avecque encor eslever force de gens pour conlre-
garder la cité et bonne ville du pais, et de sorte que jusque à xi enseigne ont
este eslevé et en grande diligence at este la cité et bonne ville reforcée et bien 3
réparée de force, doublant les houx de deux coslés. En ce entrefaicle, Martin
Van Hossen " et son armée passèrent la rivier près Ruremund, puis entrèrent
au pais de Brabant, pillans, saccagans, brùlans ville et villages, tenant chemin
vers la ville d'Anvers, et en chemin furent aucun qui prétendoieut à les donner
empêchement, ains furent defîais et mis en fuille par les gens Kossen °. Furent |0
devant la ville d'Anvers, tous hruslans et pilans le plat pais, mais la ville tient
bon, car il n'avoint point de canons. Puis relirarent arrier tous brùslant et pilant
jusque devant la ville de Lovainc. Laissant la ville, se sont tiré en France sans
rien fair au pais de Liège. De là ceulx de Hollande, Brabant, Flandre, Hainaut
et autres pais à l'empereur par dechà firent armée avecque quelque Allemans is
prendant chemin vers France d'amont. Toutefois se sont haslivemenl devallé
et se sont jecté et entré au pais de Julleit et Gueldre, tout despourvu, pilans et
brùlans, prindrenl la ville de Dure, Hinsberg, Suster, saccageans pitieusement
le pais de duc de Julleit 'Manuscrits 96, fol. 289; 97, fol. 196 V et
26b'\ fol. 342 V.) î0
1543.
L'an 1343, oulcuns conceurent '' une traysons contre la cité, comme on
disoit, à raison de quoy Haes de Lamine, Piron d'Heure (') et aullres furent
exéculeis et mis en quartiers, loullefois si ne fut sans suspicion d'aulcuns, car
" Vannerosse : manuscrit S6M-. — b machinèrent : manuscrits 5 et 5. «s
(') Racs de Lamine est cité dans un ucte du 18 septembre 1538. {(lartulaire de Saint- Lambert,
t. V, |>. 510.) Piron d'Heure était le fils d'un ancien éclievin de Liège du même nom. (Cf. de Bohman,
Echcvins, t. H, p. 88.) Le chef de la conspiration était Guillaume de La Marck, chanoine de Saint-
Lambert et archidiacre de Brabant, dont Erard, à la fin de son règne, aurait voulu faire son coadjuteur.
Voir de Chksthet de Haneffe, Les conjurations des La Marek formées à Liège contre Charles- Quint, 30
dans Bill. Acad. roy. de Belgique, 5« série, t. XXI, pp. C81-715. On trouvera au registre 24, fol. 20,
de l'Officialitc la sentence rendue contre le prêtre Louis Chabot, un des principaux conspirateurs.
RÈGNE DE CORNEILLE DE BERGHES. 411
c'esfoit une choese faicte par hayne. Deus novil omnia. L'an mesme, le vin fut
fort chiere et n'esloit quasi en mémoire d'homme l'avoir veu si chière.
* *
L'an mesme, du temps des guerres en pays de Jullez, y eut en la Cité grand Chapeauvilie,
perturbations des bourgeois quant damoyseau Guilheaume de la Marche se
s partit de la Cité, et y furent plusieurs bourgeois quarteléz et corrigez et trois
serviteurs d'un archidiacre de Saint-Lambert qui furent prins en ranimant leur
maislre de l'eiigliese et furent quarteleis. (Manuscrit /.)
L'an mil VCLIII, lesdites gens de guerre Martin Van Rossen a montés par
ci-devant en France au service du Hoy cslans advcrtis [destraitement] des
10 Bourgignons en pays de Julliers, avec armée [ont sorti de France] et repassé et
retournés, venant par les Ardennes au secours et ayde du duc de Julliers, telle-
ment qu'en quaresme, furent armées [dressées] pour repousser les Bourgignons
et par conséquente, environ les Pâques, les uns contre les aultres près de
Sitters (l). Les Bourgignons y furent avec Brabançons deseonfils et des occis
15 en bon nombre, avec beaucoup de prisonniers, et y laissèrent leur artillerie.
Fuiants lors les gens du ducq de Julliers procédèrent plus avant et enlrarent au
pays de Lembourg, Hervé, Dolhen (2) bourgignons, pillants, saccageants et
bruslans le plat pays. De ce temps couroit un bruit en Liège qu'en icelle
debvoient eslre aucuns séditieux aiants entreprins quelque chose contre ladite
20 Cité. De quoy en furent aucuns exéeutés, mais de ce que l'on avoit dil et mis
sur lesdits séditieux, comme on disoit, il n'en fut veu nul effect ne maux
contre ladicte Cité qui procédasse de ce qu'on leur imposoit. (Manuscrit 98,
fol. 53 ; manuscrit 53. Fersion plus abrégée dans manuscrits 96,
fol. 289; 97, fol. 196 V tt dans 26b\)
25 L'an ioi3, fut de rechef emporté le pont d'Amercœur par les grandes eaux,
qui avoit été rédifié l'an 1539. (Manuscrit 38, p. 30.)
L'an mesme (4843), Philippe d'Espaigne, filz de l'emperenr Charles, eut en
« Vannerosse : manuscrit S6bis.
(') Sur la bataille de Siltanl, voir Hbisne, op. cit., t. VIII, p, 277
50 (') Le pays de Dalhcm.
412 CHRONIQUES LIEGEOISES.
mariage Marie, fille du roy de Portugal, et Sigismond. roy de Polloigne espouza
Isabeau, fille de Ferdinand, roy de Hongrie et de Bohème.
L'an mesme, le roy d'Angleterre fil décappiter sa femme Catherine Hauvart,
laquel estoit sa cinquième femme, pour sa paillardise dont il estoit rcmply et
en fit encore d'autres décappiter, et en avoil encor d'autre répudiez, usant de .-;
grande rudesse.
Or donc, en l'an 1543, l'empereur Charles, estant retourné de la guerre
d'Aiïricque, y aiant par fortune de mer beaucoup perdu, at fait voisle en
Espaignc, avec gens de guerre tennant chemin vers le pais Bas, afiin donner
secours. Estant en la fin arrivé en Allemaigne, où avec force de gens de tous 10
costé est entré au pais de Jullicrs, possant son camps devant la ville de Dure,
qui estoit reprinse et la fit fort cannoner, après grand assault sustenus. elle fut
reprinsc par force (').
L'empereur alla plus avant et vint devant Fennelol au pais de Cueldres où
Martin Vanncrossc, avec gens de guerres, tennoit la ville. Mais traitement al ts
esté faict enlre l'empereur et le duc de Jullicrs, et se relirral le duc en son pais.
{Manuscrit W, p> 543.)
1544
L'an mesme, le veille des Boys, l'empereur vint en Liège la 3e fois n (!).
L'an mesme, les Allemans furent à l'entour de Liège S ou 6 jours dont le veille 20
de saint Jan en jung (3), ont eut grand peur en la cité, et fut criez alarme, mais
lesdils Allemans avoient au contraire aussy grand peur que eeulx de la cité.
L'an mesme, rendit Monsieur de Scvcnberghc aux Bivagois leurs franchieses et
privilèges que le Cardinal leur avoil osiez par leur offense, pour cause que du
temps des guerres esmeus au pays de Geldre cl Julléz, fut besoigne de faire 25
a l'an 1541, la veille des rois, l'empereur Charles vint en Liège parla porte Sainte -Walburge la
troisième fois, dont les bannis eurent rémission : manuscrit 402, fol. 140 v°. — Le manuscrit 1
ajoute : delà s'en allât en Allemaingne pour faire concension de grand concilie, laquelle n'a pas
esté faicte de son vivant et loingtemps après.
(*) Cf. IIenne, op. cit.. t. VIII, p. 121. 30
(») Sur ce troisième séjour de l'Empereur à Liège, voir Conclusions capitulaires de Saint-Lambert,
reg. Hi, fol. 30.
(»; Le 24 juin 1544.
RÈGNE DE CORNEILLE DE RERGHES. 413
ouvrer et fortifier à l'entour de la cité, parquoy lesdits Rivaigois furent mandeis
et constrainct de venir besongner, et pour la bonne diligence qu'il firent de
porter terre, et aullres ouvraiges, furent remis en leur libertéz. L'an mesmc,
Corneil de Berghe, évcsque de Liège, résigna son éveschié au proufiiz de
5 George d'Austrice " lequel fut receu le jour del sainct Joban Baptist en jung,
et avoit ledit Corneil régné six ans en son éveschié et avoit estez de bonne vie
et fort aj mé du peuple h et n'avoit encor nul degré de prestrise.
En l'hiver de l'an 1514, le pays de Liège fut chargé et vexé des soldats
tiésadvoués de leurs chef, sans solde ny argent, qui vuidoienl les meillieurs
io bourses et n'espargnoient personne, ny de sexe ny d'âge, ni de qualité et faisans
milles volleries et outrages, si que le coadjuteur fit respublier les édits de
la milice et commandant les armes pour en deschasser et faire sortir.
L'an 1544, n'ayant plus besoin que de repos, l'évesque se retira et se tint
paisiblement au château de Huy, y attendans la fin de ses jours là où il rendit
15 son âme à Dieu. Pendant l'administration de son évesché, il fit un édict que
les charlatans, croches à l'huys et vagabonds de sortir de la ville, commandant
aux taverniers de raporter tous les jours au mayeur les hostes et personnes
estrangers qu'ils auroient (1). {Manuscrit 48, fol. 225 v°.)
L'an mesme, fut commencée la halle des mangons, estans bourghemeslres de
2o Liège Guilheaume de Meffe de Champyon et Jehan Miche. Le peron qui esloit
en la place de laiiite halle fut rapporté devant Saint-Paul, en Vinave d'isle (2).
La veille des Iloys, Charles Quint vint à Liège. L'élu, le chapitre, la
noblosse cl les bonrguemeslres le furent accueillir à la porte Sainte-W alburge.
Les bourguemestres lui donnèrent les clefs de la ville pour lui témoigner qu'ils
25 estoient leurs vassaux. César, les ayant prises, les pendit à sa selle et estant
° George d'Aulrice, fils jadis à l'empereur Maximilien el oncle de l'empereur moderne Cliarle :
addition du manuscrit 1 . — b fort aymé du peuple : omis dans manuscrit 7.
(*) 11 y eut plusieurs ordonnances à ce sujet en date du 5 janvier 1559, 51 janvier 1540,
21 février 1810, 12 décembre 1541.
50 (*) Sur le transfert du perron de la Golfe, voir Gobekt, Liège à travers les dges, t. V, p. 591. Sur la
halle des bouchers, ibid., t. Il, p. 229.
414 CHRONIQUES LIÉGEOISES.
arrivé au palais, comme il ne voyait pas les bourgmestres à raison du grand
monde de noblesse qui y estoit présente, il les fit appeller sans vouloir descendre
de son cheval avant d'avoir remis les clefs en leurs mains et leur dire :
Foulion, « Conservés à l'avenir les clefs de ma Cité avec la même fidélité et vigilance
que vous les avez tenues jusqu'aujourd'hui ». (Manuscrit j i 4, p. 500) 5
Avant de venir à la mort de l'évêque, voyons premièrement pour l'informa-
tion du lecteur, ce que veut dire le cercle inférieur et westphalique dont on a
toujours voulu charger le pays, non seulement lorsque l'empire a la guerre
contre les Turcs, à quoi il est obligé, mais l'ont voulu aussy constraindre
de contribuer pour les guerres particulières dudit empire, à quoi la Cité n'a io
jamais voulu entendre à cause de sa neutralité, dont elle a été pour ce sujet
branscaléz et logée de diverses troupes de gendarmerie, comme voirez à la suite
de cette histoire. Il est donc notoire que l'empire d'Allemagne est distingué en
dix cercles et chaque cercle en dix provinces ou parties, comme l'an 1542 en
la journée des princes de l'empire qui se tint à Spire, comme al été ci dessus 15
dil, on accorda à Ferdinand, roy des Romains, 8,000 chevaux et 40,000 fantas-
sins pour faire la guerre aux Turcs. Le pays de Liège suivant le cercle westpha-
lique fut taxé, suivant les répartitions, à 180 chevaux et 400 fantassins (*.),
lesquelles trouppes furent cslevées l'an 1542 et prestes pour partir, comme
aussi les deniers furent passés et accordés pour les payer par les États du pays, -o
qui pour mémoire se répartissent comme s'ensuit :1e clergé cl la noblesse payent
la milant pari de la laxe et les cinq quarlitrs l'autre part, à scavoir : le premier
quartier est la Cité et banlieue; le second est le comté de Looz; le tierce est la
ville de Iluy avec dépendances; le quart est le comté de Moha et la Hesbaye; le
quint est le pays d'Entre Sambre et Meuse. (Manuscrit 38, pp. 24 et 2S.) 25
Le manuscrit B. R. 13791 termine ainsi le règne de Corneille de Berghes :
Anno Domini M"V°XXXXIIH", die xvia junii, resignavit et celebs permansit,
malens tranquillam conditionem cum securilalc quam splendidam cum descri-
mine. Scicbat regnum rem arduam et curarum atque negotiorum plenam. Simul,
inquit ille, isla posuit Conditor mundi Deus odium atque regnum...
(') A la journée d'Étal du 51 mai 1542, le prince-évéque, dans son message, faisait connaître qu'on
réclamait au pays 150 hommes à clicval et 175 fantassins pour lesquels il sollicitait le vote d'une taxe
de quatre mois romains.
Règne de Georges d'Autriche.
Confide et amu.
1544.
George d'Auslrice " fit son entrée en la cité de Liège, le dimenclie après de
5 Nostre Dame emy aoust b qui est le xvne de moys susdit, l'an ! 544, entrant par
la porte de Sainct-Léonard, ayant avecques Iuy belle compaingnie, grande et
honnorable de ducqs, contes, marquis, chevaliers et aultres grands nobles per-
sonnaiges et i furent envoyez de par l'empereur Charle cinequième, auquel ilz
éstoit oncle, à son eosté dexlre le conte de Laelen (d), au costé senestre le
io conte de Sympiez c (2), et i estoyent pareillement les deux bourghemaislres de
de la cité pour le temps, Guillame de Meffe, dit de Champion (3), eschevin de
la cité, et Johan Miche (4). qui après fut maire de la cité par ledit évesque, et y
estoienl plussieurs aultres jusques à la somme de huictes ou neuff cens chevaulx.
L'an mesme, XVe quarante quatlre, se partit l'empereur Charle d'Alemaingne
îs et s'en allât avecques son armée à Lucembourch, que les Franchois tenoient,
et fut regaingnée, et de là s'en alla devant Saint-Desir (5), où le [bon] d prince
d'Orenge fut tiré mort et i demoura grand nombre de gens de 1 empereur.
" fils naturel de l'empereur Maximilian : add. des manuscrits 3 et 5. — b Le manuscrit ô donne
erronément l'an 1543. Le manuscrit 8 fixe par erreur le dimanche après l'Assomption au 16 août.
20 — c Sympiez, texte donné dans une correction marginale au lieu de Sainct-Piez dans le manuscrit 2.
— d Ce mot est ajouté dans les manuscrits 3 et S et omis dans 2, 6 et 8.
[}) Charles de Lalaing, qui obtint à 13 ans un canonicat au chapitre de Saint-Lambert, puis
l'archidiaconé de Hainaut. En 1528, il abandonna tous ses bénéfices ecclésiastiques pour épouser
Marguerite de Croy, dont il eut douze enfants. Cf. de Theux, t. III, p. 59.
Î5 (') Michel de Croy, seigneur de Scmpy.
(l) Guillaume de Mecffe dit de Champion. Cf. de Boeman, Les Echevtns, t. II, p. 125.
(*) Jean Miche. Voir de Borman, Les Echevins, t. II, p. 4C5.
(i) Saint-Oizier. Sur la défense de celte ville, voir Henné, op. cit., t. VIII, p. 17S.
41tj CHRONIQUES LIÉGEOISES.
*
* #
Et y estoil l'empereur Charles en propre personne, avec plussieurs nobles
princes et grands scigneures, entre lesquels à une assault, d'ung coup d'artillerie
fut atteint le preu et vaillant prince d'Orenge dont au tiers jours mourut, que
Dieu absoult son âme, car s'il eusl veseu son cage et continué ses nobles entre-
prises, il eusl faiet grand prolïit au pays et à son prince. Le siège tenu par 3
bonne espace, la ville se rendit par composition et fut mis en mains de l'empe-
reur et ses gens d'armes. (Manuscrit 27 ■)
L'an mesme, a esté une deflaitc des gens de l'empereur près Carignan dont
Pelro Colona, lequel en csloit le capitaine de la ville, par François de Bourbon,
conte d'Anguien, lieutenant général pour le roy de France et gouverneur de 10
Piedmont, frère puisué de monsr le duc de Vcndosme, et fut ladite ville rendue
par composition par ledit Pelro Colona et autres capitaines allemans et espa-
gnols, et fut la bataille du I4ed'apvril 1544, lendemain de la Pasques.
L'an 154.4, fut un conflit fait près de lirenne où le duc de Brunswick et son
filz furrent prisonniers. [Manuscrit 26'''% fol. 544 v°.) is
1545.
L'an 1545', fut commenebié le mur au long de la rivière de Meuse en la cité,
dit présentement la battre al gouffre (1).
*
* *
L'an 1545, fut commencé de bâtir la batte depuis la goffe jusqu'au lieu com-
munément nommé llongrée qui éloit un lieu onle et sal, y ayant des grandes 20
fosses comme à un golphe, où sont à présent édifiées plusieurs belles maisons.
Puis fut achetée la place qu'on nomme bas aas, boyard ou hayaz (2) pour la
somme de 402 florins. L'an mesme, fut commencé de bâtir la porte de Sainte-
Walburge avec le grand et fort boulevart tout joindant icelle, qui est un beau
bâtiment à la façon de ceux d'Anvers (3). (Manuscrits 58, p. 50; 60, 25
fol, 69 V; 61, fol. 196; 62.. fol. 200 V.)
(') Sur la Batte et llongrée, voir Gobkkt, Lièyt à Iravcrt les àijes, t. Il, p. 144, et t. III, p. 262.
(2; Sur la signification île ces mois, voir Gobert, op. cil., t. Il, p. 159.
(î) C'est en 1513 que ces travaux furent exécutés. Cf. Carlulaire de la Cité.
RÈGNE DE GEORGES D'AUTRICHE. 417
L'an 1545, fut sy sec esté que dedans saize sepmaines, il ne pieu point en
plusieurs lieux et morurenl plusieurs de soif. Et après régnât une grande et
contagieuse courante, et en autres lieux grande pestilence. En Portugal, en
Espangne, estoit sy cher temps que plusieurs morurenl de faim. (Manuscrit 8
3 et note marginale du manuscrit 2.)
On commença le mur ou quay contre la Meuse au lieu condit vulgairement la
Batte. La structure de la maison du poid de la ville, autrement la Grande halle
fut aussi commencée. La pierre marquée des armes de l'Empereur, de George
d'Àustriche et de la Cité au frontispice de la Boucherie fut édifiée cet an
10 dans la place dite communément Verkecour (*) [comme porte la pierre de son
frontispice, montre expressément que l'AN XVCXLV FUT ÉDIFIÉ CET
ÉDIFICE]. (Manuscrit H2,p.3S5.)
L'an mille VCXLV. .. pendant que l'empereur estoit en France, et le roy
d'Engleterre devant Bolloigne, environ le saint Jehan, certaines gens de guerres
13 de chevaulx et de piédz estoient d'Allemaine descendu et séjournoint par faillie
d argent, les ehevalcheurs vers Herves, les pitons en Hesbaingne en ung lieux
ou environ près Liège, mengans les paysans, et estoint assemblez pour l'empe-
reur ou Englois, mais argent ne couroit point. De quoi ayant intention de sur-
prendre quelque ville pour leurs intérest, se montroint quelquefois quelques
20 signes. Enfin les gens du pais se commenchèrent à irriter, dont aucuns gens
de guerre furent secrètement occis (*). Et ainsi chascun estoit sur sa garde,
telcment que une nuict, vers Sainte-Walburge hors la port, les gaits tant des
Allemans que de part la cité se trouvans les ung les autres, cieulx qui estoient
hors de part la cité vindrent à esmouvoir le gait de la porte, telement que par
-25 conséquence, attendu que les Allemans s'estoint monstre en armes, il fut ung
peu après minuicte crié aus armes, la douche sonnans et tambourins, mesme
le corne de Saint Lambert, et chascun sur le pied vitement aux murailles
et autres en marchiet, et messagier vers la chastilerie de Franchimont, qui
(l) Sur l'origine et la situation de cette place, voir (Jobkrt, op. cit., t. V, p. S53.
30 (') Cf. Cri du perron, du 12 novembre 1 54b qui invite les auteurs du tumulte excité dans la ville
et qui causa la mort d'un soldat allemand, à se faire connaître dans les trois jours. Mandements et
Crû duperron, 1545-1548, fol. 20 v» et plus loin Chronique de Hcsdignoul.
Tome IL 53
418 CHRONIQUES LIÉGEOISES.
incontinent furent prest, el en marchant et venant, une partie vindrent de
nuicle en amies en aides, suivant les coustumcs de la cité. Et lors les paissans
et communaltéz et mesconlens estoint délibérez de surprendre de nuict et par
embuseliement les gens de guerre. Mais vindrent en ces entrefaicle novelle que
argent esloit venu pour les piétons de part l'empereur et pour les chevalier du 5
coslé des Ainglois. Ainsy les entreprise lessiéz, marchèrent incontinent non
toutefois sans aucuns d'eux estans auparavant demouréz derier. En cesle année,
on besoingnoit à la batte allant derier Saint-Johan vers Hongherie. (Manu-
scrits 96, fol. 290 V; 60; 97, fol. 198 v°.)
Or de ce temps que l'Empereur estoit entré en France et le roy d'Angleterre io
pareillement, furent assemblés gens de chevaux allemands à la charge dudit
empereur et du roy d'Angleterre. Lesquels marchièrenl avant jusques à ce qu'ils
soy trouvarent vers el allentour de la Cité, comme vers Hervé encha et en
Hesbaingne, et pour faute d'argent, ne marchoient avant, ainsy demeurant
longtemps mengeanls et beuvants sur le bon homme. Les gens en commencèrent is
à estre mal content pour les maux qu'ils faisoienl, à cause qu'ils se payeroient
ou pourroient saccager et piller aucuns; on al ordonné faire bonne garde
et aucuns d'ieeux furent occis et destruicts parmy les champs et aullres battus
et blessés. Et furent tellement les affaires mennées que, s'estant les Allemans
monstres en armes vers Saincl-Wabcux, du costé de la justice fut crié aux 20
armes, la cloche touché et tamborins estoient battants et sonnât mesme le
corne, dont chascuns; estants sur les pieds tant aux murailles que au marché;
néantmoins ce ne fut rien. Après furent incontinent mandés ceux de la
chastelerie et vindrent bien diligemment. Lors fut la communaulté el aussy
paissants esmeus tellement que on prétendoit par embusche et par subtilités, n
faire à iceulx oultrages et le tout estoit advisé de ce faire de nuict, à quoy bon
nombre de gens estoient délibérés. Mais ainsi comme ces choses se demeuroient,
viendrent nouvellesque l'Empereur avoit retenu les piedtons et les Anglois les
chevaucheurs, qui receurent argent el marchèrent Ainsy furent les enlreprinses
délaissées et non sans; qu'aucuns d'eulx soient demeurés derier... (Munu- 50
scrils 32, fol. 529 V et 98, fol. S 4 v°.)
RÈGNE DE GEORGES D'AUTRICHE. 419
1546.
L'an 154.6, tomba la lonnoire à Maline sur une grosse et puissant thour, où
estoit la provision de pouldre de canon, et artelleries en grande quantitéz,
tellement que la thour fut abattue et ne demourra un seul pierre jusques au Chapeauvilie,
5 fondemens, mesme l'eaue des fosséz fut toute perdue, et furent plus de
300 personnes tués; troix jours après, sortit ung homme hors d'une cawe,
demandant si le monde duroit encore (1). L'an mesme, fut grande famine au
pays et cité de Liège a et aux pays circumvoisins. parquoy fut faicte Visitation
es maisons des gens d'englieses et bourgois, et fut le grains assis et crié au
io peron à certaine pris, qui ne dura gaire, car on vendoil le slier de wassen
qualtres florins et cincq aidans, et le muyds d'espeaulte quinse florins, et estoit
encore es aultres pays plus cher (2). L'an mesme, fut le bouloire et la porte de
Sainct-Waulburge commenché et achevé l'an XVCLII (3).
*
* *
En ce temps, arriva à Liège l'empereur par batteau venant de Maestricht, où
15 il fut honorablement receu, puis tira en Allemagne. (Manuscrit 38, p. 36;
manuscrits 38 et S2, à la date de 4S47.)
L'an mille VCXLVI, at esté entrepris et commenchet ung baluerl à Sainte
Walburge (*), où soloit estre la ville porte. En dit an, avoit esté l'empereur à
« et très grande cherté de grains en France : note marginale du manuscrit i.
-20 t«) Cf. Henné, op. cit., t. VIII, p. 211.
(*) Ainsi qu'il arrive toujours en temps de famine, les édits réglementant le commerce des grains se
répétaient sans cesse. Cf. ordonnances du 19 mai, 18 juin, 10 septembre, 15 octobre, 30 octobre,
5 novembre 1546. Le prix des grains actes par les records des échevins de Liège sont beaucoup plus
modérés : le 6 mars 1546, le muid d'épeautre avait coûté H florins 8 aidants, le stier de seigle
25 43 aidants, et le 27 novembre les prix étaient respectivement tombés à 6 florins 10 aidants et
32 aidants. N'oublions pas que ces mercuriales des échevins sont des moyennes de prix, tandis qu'un
chroniqueur notera toujours le prix le plus élevé atteint. A Utrccht, l'année de famine fut 1545.
Cf. Tabellcn van marktprijzen van granen te Vtrtcht, in de jaren 1395 toi 1644 dans les Verhand. der
konink. Acad. van Wetenscb., 2e recks, v. 3.
30 (!) Voir la note 5 de la page 416.
420 CHRONIQUES LIEGEOISES.
Liège et al eslé érigié la halle des mangons, car auparavant chascun vendoit en
sa maison. {Manuscrits 96, fol. 291 t° ; 91, fol. 199 t°; 28 et S 2 à la
date de 1547.
L'an 1546, fut l'église délie Vaux Noslre Dame consacrée. (Manuscrit 102,
fol. 142 if.) s
1546, Francfort prins par le conte de ... en nom de l'empereur en moys d*1
décembre. (Note marginale du manuscrit 2.)
1547.
L'an 1517, [le dernier jour de mars, mourut François de Vallois, roy de
France, et son fils] Henry de Vallois, seconde de ce nom. fut coronnéz roy de 10
France à Reims, le 26e de juillet.
*
* *
L'an mesme, le 26 de jullet, fut Henry, fils au roy François de France
couronné à Reims et à son couronnement furent jettées 1000 pièces d'or et
2000 d'argent à l'effigie du Roy. [Manuscrits 96 et 97 ; 28 et 52; 26"" ,
fol. 550.) is
L'an 1547, fut enclos de pierre de taille le beau pareque sur les cloistres de
Saint-Lambert devant la croix de laiton ", qu'on disl présentement beau por-
tailhe. (Manuscrits 62, fol. 200 v°; 52, fol. 550; 60, fol. 67 t°, à la date
de 1546; 58, p. 50, à la date de 1545 et à la date de 1547 , p. 57 ;
28, p. 586; 96, p. 292; 97, p. 199 v°.) »
L'an mesme, fut le boulevart à la port nouvelle commencé à Sainte-Wal-
burge et achevé l'an XVCLI. (Manuscrit 28, p. 585.)
Alors estoit encor continuant le concilie de Trente. L'an mesme, trespassa
Henry, roi d'Angleterre et la femme de Ferdinand, roy de Hongrie et fut un
édicl fait en Allemaigne que toutes gens de guerre estans au service d'aucuns 25
princes estrangers se retirassent sur peine de perdre corps et biens. Et furent
les mandements par tous les villes principales d'Empire affichés.
« à la croix de l'attei : manuscrit de la Chronique de Hesdignoul.
RÈGNE DE GEORGES D'AUTRICHE. 421
Après le trespas du roy Henri d'Angleterre, fut roy Edouard le jeune. (Manu-
scrits 28, p. 386; 96, p. 292; 97, fol. 199 v° et 26bis, fol 330.)
L'an même 1547, l'empereur Charles Quint renouvella l'eslablissement des
44 bandes d'ordonnances du pays bas, chacune de 50 lances, dont les chefs
s et capitaines étoient tous de grande noblesse. La première fut donnée au duc
d'Arschool; la seconde au prince d'Orange; la tierce au comte d'Egmont; la
quarte au comte de Hornes; la quinte au comte d'Arcmberg; le sixième au
marquis de Berghes; la septième au comte de Mansfelt; la huitième au comte
d'Awaz; la neuvième au comte de Bossul; la dixième au comte de Hoestratc;
10 la onzième au comte de Montigny; la douzième au comte de Berlaymont;
la treizième au comte de Megen; la quatorzième ... ('). (Manuscrit 38, p. 38.)
1548.
L'an 1548, le scpliesme jour de novembre furent tous les abbéz et doyens
dcl diocèse de Liège mandez., et leurs fut proposée la sentence et conclusion du
15 concilie d'Allemangne (*), auquel ils consentirent, mais ilz ne fut pas si tost
publié.
*
* #
En avril, saison telle froidure qu'en longtemps on n'avoit veu la pareille et
neigat en la bonne sapmaine et le jour de Pasques plus qu'il n'avoit faict au
long de l'hyvcr. (Manuscrit 2, note marginale.)
20 L'an 1548, l'empereur est retourné en Germanie en ses pays bas, ayant
accordé à Ausbourg le décret qu'on dit luthérien. Et furent forgées aucunes
lettres de privilèges pour cieux de Braibant et aucuns autres subjecls audit
empereur (3).
(') Philippe III de Croy, duc d'Acrscbot; Guillaume de Nassau, prince d'Orange, cousin de René île
25 Nassau, tué au siège de Sainl Dizier; I. amoral, comte d'Egmont; Philippe de Montmorency, comte de
Hornes; Jean de Ligne, comte d'Arcmberg; Jean de Glymcs, marquis de Berghes; Pierre-Ernest, comte
de Mansfcld; Jean de Hénin-Liétard, comte de Boussu; Antoine de Lalaing, comte de Hoogstractcn ;
Florent de Montmorency, baron de Montigny; Charles, comte de Berlaymont; Charles de Brimeu,
comte de Meghem.
30 i '■) La Diète d'Auggbourg.
(5) La transaction d'Augsbourg qui constitua les Pays-Bas en un seul cercle d'Empire. Cf. H.Pirenne,
Histoire de Belgique, t. III, p. 157.
422 CHRONIQUES LIÉGEOISES.
Audit ;in, illr de Vendosme (') a espousé la fille de Navar. ( Manuscrits 28,
p. 586 j 96, p. 292; 97, fol. 199 V; 26"'s, fol. 350.)
1549.
L'an XVCXLIX, fut le mur et porte à pont d Avroit conimenché de pierre
de Namur a. 3
*
* *
L'an 1549. fut commencée la muraille et la porte d'Avroy jusqu'à Rolland
Gouffre (2) (Manuscrit 45, p. 745.)
L'an mille VCXLIX, at esté érigié et fais au loing contre la fontaine de Saint-
Lambert nouveaux murailles de la cité, joindant à JMcuze avec une nouvelle
porte au pont d Avrcut et derier les murailles. L'an 1549, fut faicle la neuve to
porte de Sainte- Y\ alhurge. L'an mesme. Philippe, prince d'Espagne, est arrivé
à Bruxelles, estant illec l'empereur son père. Et pour sa première venue et
nouvelle entrée, fut reccu honnorablement et aussi de ville en ville fit son
Chapeauville, entrée. Entre lesquelles villes la ville d'Anvers l'a receu avec magnifiques
triomphes et très grand despens et luy ont chacune d'icelle fait serment et 15
homage. L'an mesme, at esté faiet le bolevard du pont d Avroit avec le mur au
long de la Meuse tirant vers les Boggarls.et fut la vielle muraille par conséquence
remparqué. (Manuscrits 28, 52, 96, fol. 296; 97 ; 26bis, fol. 550 v°.)
L'an mesme, Catherine de Medicis al esté couronnée royne de France et est
trépassé le pape Farnèse, aagé de 90 ans. Après luy a succédé à la dignité 20
papale Jules 3 de ce nom. (Manuscrits 102 et 26'"s, fol. 350 v°.)
L'an mesme, au pais de Carinthie en Allemaigne, par la volonté de Dieu,
est tombé grande quantité froument, six lieues loing. (Manuscrit 26b",
fol. 550 V.)
" en pierre de taille : manuscrits 3 et 5. Le manuscrit 38, p. 40, reporte à l'année 1551 cette 25
construction.
(') Antoine de Bourbon.
f) Voir Gobert, op. cit., t. Il, p. 91, et t. V, p. -HT.
REGNE DE GEORGES D'AUTRICHE. 423
1550.
L'an looO, le 3e jour de moys de jullet (1). furent assemblé les estais du
pays et aulcuns aultres ensuyvant, où fut eoncludz et ordonnée aulcuns
constitutions, ordonnances et réformations, tant en la court spirituelle que
s temporelle (J).
# *
Endit an, ont esté érigié et fais au loing, entre la fontaine de Saint-Lambert
nouveaux murailhes de la Cité joindant à Meuze, avec unne novelle porte au
pont d'Avreut y*) et derier les murailles par conséquence remparqués (Manu-
scrits 96. fol. 296 v°, 97, fol. 200 V.)
io L'an XVCL. fut tenu ung concilie provinciale en Pégliese de Liège, où
furent présents tous les prélats de pays et diocèse de Liège. (Manuscrit 2 en
note marginale.)
L'an susdit, fut achevé l'enclos de la place verde sur les encloistres de
Sainct-Lambert, qui a été démoli et pavé quand Ferdinand de Bavière surprint
15 la Cité. (Manuscrit 45, p. 745) (3).
L'an loaO, l'évcsque voulut faire payer l'oeil de molli n , asscavoir sur
un stier de grains un aidant, mais les xxxn mestiers ne l'ont point voulu passer
ne accorder. L'an mesme. en fin de juillet, fut faicle une journée du pays en la
Cité où fut remonstré par l'évesque et ses complices pour avoir le dixième
20 denier de tous les biens en pays de Liège, dont en fut grande murmuration
faicte et les xxxu mestiers ne le voulurent point passer ne accorder. (Manu-
scrits / et 27.)
Mais ils esleurent ung des bourguemaistres de la Cité et trois bourgeoispour
(») Voir le registre de» Journées d'État, État noble, reg. i et 2, fol. 37 v\ La proposition du
25 prinec-évêque soumet à l'avis des États les points suivants : réformation de l'officialité et des cours
séculières; vote d'un donatif de 12,000 florins; approbation des comptes de 1542 à 1843; projet de
mandement pour la protection des forêts. Il n'est donc pas question de la création d'un impôt sur les
grains, dit œil du moulin ou de l'impôt du x' denier dont parlent certains manuscrits.
(») Voir note 2 de la page 422.
30 (3) Cf. Gobbkt, Lièyr à travers les <iyes, t. V, p. 542.
424 CHRONIQUES LIÉGEOISES.
aller à l'empire pour scavoir ee qu'il estoit de faire, et quand ce fut. tout
ce passât et on ne fist plus d'instance, Far quoy les émonaleurs en furent tous
camus, car ils n'eurent moyen de faire leur bourse. (Manuscrits 27. 54 ci56.)
L'an mesme, fut une commotion et perturbation en Liège entre les bourgeois
pour une gabelle ou taille qu'on nommoil l'oeil du mollin que l'évcsque, avec s
plusieurs aultres conseilliez, vouloit lever des bourgeois, mais les trcngte deux
bons mesliers ny voulurent oneque consentir, mais plus losl tous mourir.
(Manuscrit 27, fol. 324.)
L'an mesme, ont esté passées cl approuvées du Saint-Père le pape les réfor-
mations de la cour spirituelle de Liège par le consentement de nostre révéren- io
dissime évesque de Liège qui les at aussy confirmé et aussi certaines confirma-
tions à la loy du pays, approuvé cl mise en garde (').
Audit an, furent veues au pays de Saxe, 3 soleilles et 3 lunes au firmament.
(Manuscrits 28 et S2.)
L'an 1530, furent faites les clefs magistrales de Liège d'argent qui aupar- «s
avant n'esloienl que de fer. (Manuscrit 58, p. 40) (*).
L'an 1550, l'empereur avec son fils s'en alla en Allemangne et les princes et
estais assemblés lindrent journée sur divers affaires tant de la religion que
d'anmasscr une pécule pour deffendre la républicque.
L'an mesme, fut un édiel faict par l'empereur contre les Luthériens et une 20
inquisition rigoreuse, contenant plusieurs poinet avec grand guerdon aux
accusateurs, dont plusieurs marchant furent en la bransle.
La ville de Boulongnc a esté rendue au roy Henri de France par le roy
Edouard d'Angleterre par appoinetement,
Le roy de France ayant envoyé quelques siens nobles françois en Italie en îs
ambassade, ils furent prins et occis vers Milan. De quoy le roy Henri de France
irrité fit instance et doléans vers l'empereur de l'outrage à luy faict. Et voyant
qu'il n'en avoit assez tosl les raison, fit tenir et prendre quelque nombre de
naviere venants d'Espaigne plenes de marchandises et puis les séquestrèrent
(*/ Voir Recueil dtt Ordonnances, 2e série, t. I, p. 189. Mandement du 25 janvier tfiSt. 30
('j Sur les clefs magistrales, voir la notice de Dognéb, dans //. /. A . L., t. XV, p. 5S9, et Gobkht,
op. cit., t. I, p. 1 19, n. 5.
RÈGNE DE GEORGES D'AUTRICHE. 425
pour par ce moyen avoir raison de ses ambassadeurs prins et occis.
{Manuscrits 28 ; 96, fol. 296 v°; 97, fol. 200 v°; 26h", fol. 380 v°.)
L'an 1550, au temps de George d'Auslriche, évesque et prince de Liège,
arrivât une chose de mémoire et digne de remarque, que on at jamais plus
5 veuz ni ouij parler de plusieurs siècles, à scavoir que y survint unne pluive
par laquelle il tomba du bléz en aucuns endroits de 1 Lurope, l'espesseur de
deux doigts, chose vrayment bien digne de mémoire. (Manuscrit 4S, fol. 289.)
1551.
L'an 1551, environ l'ascension, vouloient en Hasbaing et pays de Brabanl
10 aulcunes mouches nommées en nostre langaige a marteau de diable », ayant
quattres aeilles, en si grand nombre qu'elle donnoient umbre contre le soleil,
et en volant ensemble, tirèrent vers le pays de Lorraine et delà en Allcmangnc,
comme on disoit. L'an mesme, commencha la guerre entre l'empereur Charle
et le roy de France, qui fui fort véxémenl et à cause de ce fut chier temps.
15 En ce temps, furent faits des règlements et ordonnances sur les biens des
Pauvres en Isle. (Manuscrit 5 8 , p. 40.)
Endit an, l'on at heu les grains comme frument et wassent à hault pris
au pays de Liège et là enthour (1). (Manuscrits 96, fol. 257 et 97, fol. 201.)
1552.
20 L'an 1552, le 23 de may, se rencontrèrent deux nuée, tellement qu'elles
rompirent deseur la maison de Cornelhon près des Chartreux, hors la Cité de
Liège, dont sortit si grande abondance d'eaue, au lieu de Weis, que la maison de
(») La valeur des blés notée par les records des échevins de Liège pour celle année n'est cependant
pas fort élevée. Le sticr de froment se paya, comme en 15ÎS0, vers 44 aidants jusqu'au 29 août.
J5 11 haussa jusque 66 aidants à la fin de novembre et ce renchérissement dura jusqu'en 1S57.
Tome II. 54
426 CHRONIQUES LIÉGEOISES.
Bcaurepaire lhors nouvellement édifflée fut menez bien long arrière de son lieu,
puis renversée par l'impétuosité de l'eaue, la chambrière fut tuée, la dame de
la maison tellement froissée que peu de jours après morut, grande partie de la
montaingne deseur ladicte maison tombit. Item aulcuns viviers du couvent de
Kobcrmont dessoubz le boys, qui avoit peu de temps auparavant, comme s
on disoit, cousté 1400 ou 1500 Carolus à faire, rompirent et furent tous les
poissons perdus. La maison d'un lattre de Cornilhon près la bergerie fut ren-
versée et démolie, tellement qu'à grand paine y demoura une pièce de boys
enlbicre, grande partie de la montaingne depuis la maison de Cornellion jusques
au grand chemin tendant vers Hobermont, jusques au boys vers Juppille tombit io
avecques plussieurs arbres: mesme un gros pierre ronde qui esloit audit chemin
fut menez bien long arrière de son lieu, ce que n'eussent peu faire dix hommes.
L'an mesme, le 12° du moys de janvier, entre diex ou onse heures du soir, fut
en la cité grande tempeste de tonnoire, esclittre et pluye: le jour après,
fut si grande inundation d'eaue, après de la mer, tellement que plussieurs 15
bonnes villes, villaiges, places et bourghes. furent noyées et perdus en Zélandre
et à l'enlhour; mesme en la cité de Liège, où plussieurs arbres tombèrent pour
ce que la terre esloit trop destrempée et molle, et n 'esloit en mémoire d'hommes
l'avoir veu si haulte et si grand Meuse. Le 4e du moys de jullct " ensuyvant,
Guillame, bastard de Horion (l). qui avoit en garde la place et forteresse de 20
Buillon et la voit bien gardez l'espace de trente ans, le livra à Mr Robert,
seigneur d'Esdain (2), son corps et ses biens avecques ses compaingnons de
guerre qui esloient illec saulff: demeurant tout l'admonition en la place,
à raison de quoy fut prins en chemin par ses gens mesme, et amenez en
0 le 24e de juillet : manuscrits 5 et 5.
1b
(<) Guillaume, bâtard de Horion, prévôt et capitaine de Bouillon, prévôt de Revognc. Sa veuve
revendiqua dans la suite les biens qui avaient été confisqués par jugement des échevins de Liège et
obtint gain de cause devant la Chambre Impériale. Cf. les dossiers 1H9 et 1 120 de cette Chambre, aux
Archives l'Etat à Liège.
(») Robert IV de La Marck, seigneur de Sedan, dit le duc ou le maréchal de Bouillon. Cf. de Chestrbt, 30
op. cit., pp. 17S-179.
RÈGNE DE GEORGES D'AUTRICHE. 427
Liège". La date est contenue en ces quattre vers, composez par maistre Jacque
Boulongne (1). greffier de la cité de Liège'' :
LasChe CoUraige en Horion
felt aUX franChoIs rendre BoUILLon.
5 en Mois JULet prends qUallre et as,
sa date entière troUVcras.
*
# *
L'an XVCLII, le vm° jour de janvier (2), fut encor une journée du pays de
Liège, où fut remonstré par l'évesque qu'il falloit faire argent pour eslever
m enseignes de piétons et une enseigne de chevaucheur, qui furent loing temps
io en garnison en la Cité. {Manuscrits / et 27 '.)
L'an mesme, fut Robert de Berghe esleu coadjuteur de Georges d'Austriehe.
L'an mesme, les bourgeois faisoieut ouvrer à leurs despens aux fosséz
et remparts vers la porte de Saint-Léonard. (Manuscrits 96, fol. 295 ;
97, fol. 202 V et 28.)
is En ceste mesme année, at esté faict un grand oraige de grosses pluies rom-
pant impétueuzement ung peu de là le pont d'Amercourt, Robertmont vers
le Chartroux et ung peu plus avant vers les boix, telement qu'il Ost très grands
maux, rompans et abbatans arbres, maisons et aucuns occis et péris, conduisans
par force les cailloux, pierre en hérilaiges par grans nions. (Manuscrits 96,
îo fol. 295, et 91, fol. 202 V.)
L'an mesme, le 21e septembre, grésil en la Cité. (Manuscrit 102,
fol. 145 v°.)
L'an mesme 52, fut le boulevercque de la porte Saint-Léonard et les
murailles achevés de pierres de JNamur. (Manuscrit 34, fol. 240.)
55 En ce temps, l'empereur Charles Quint éloit en Allemagne avec une puissante
" avec son fils, lieutenant et escrivains de la place et mrent mis en prison : manuscrits 1 et 27.
— b du conseil ordinaire : correction marginale du manuscrit 2.
(*) Sur Jacques de Boulogne, voir p. 394, n. 1.
(*) Voir Journées d'État du 8 janvier 1552, reg. 1, fol. 12.
428 CHRONIQUES LIÉGEOISES.
armée de 14 à 15 mille chevaux et plus de 50 mille fantassins sous prétexte de
faire la guerre aux Luthériens, tàchoit de s'assujettir toute l'Allemagne et les
princes d'icelle Ce qu'ayans reconnus, ils appelèrent le roy de France à leurs
secours, lequel y alla avec une puissante armée, passa outre le Rhin jusqu'à la
ville de Wissemhourg où lesdits princes l'envoyèrent remercier, disant qu'il s
n'étoit nécessaire de marcher plus outre, qu'ils étoient d'accord avec l'empereur
qu'il leur avoit accordé l'intérim de vivre suivant la confession d'Ausbourg, les
remerciant de ses peines. A quoi le roy Henry second répondit qu'ils s'avisassent
à ne perdre leurs libertés qu'ils avoient recouvert par la crainte que l'empereur
avoit eu de sa venue et alors qu'ils auroient besoin de son aide, qu'il n'épargne- |0
roit rien pour les secourir.
Ce qui causa que ledit roy de France, l'an 1582, en retournant d'Allemagne,
entra avec son armée dans le pays de Luxembourg où il prit nonobstant les
forces du comte de Mansfelt, lors gouverneur dudil pays, les villes et places de
Roidemarc, Mont-St-Jean, Solieure, Damvillers, Ivoys. Monlmédy, les châteaux •=>
de Lûmes qu'il lit raser, celui de Trclon qui fut démoli, celui de Gaion qui fut
bruslé avec plusieurs autres. Comme fut aussi le fort château de Rouillon qui
domine les Ardennes qui fut rendu par Guillcaumc, bâtard de Horion, sans
attendre aucun assaut, bien qu'il eût tenu la place plus de 30 ans, lequel
fut rendu ou donné du roy à Robert de la Marck, seigneur de Sedan qui 20
prélendoit lui appartenir, non sans soupçon de trahison Car ils eurent tous la
vie et les biens sauves et toute l'ammonition demeura en la place, à raison de
quoi ledit Horion fut saisis de ses gens même et ramené à Liège où il fut déca-
pité (*). La date... {Manuscrit 58, p. 41.)
1553 "
L'an 1553, le 15e ° de moys de marec, en vinave d'Isle en Liège, en la
paroche Sainct Adalbert, une chatte produict ung chat, qui avoit huict piedz,
quattres oreilles, deux queues, ung leste et deux yeulx, mais ilz inorut inconli-
" Le 25e jour de mars : manuscrits S et S.
(*) Sur cette campagne de Lorraine et la prise de Rodemach, Monl-Sainl-Jean, château de Soleurc, ÏO
Damvillers, Yvoy, Monlmédy, les cliâleaux de Lûmes, de Trélon, de Glajon et de Bouillon, voir Henné,
op. cil., t. VIII, p. 112, et t. IX, pp. 21S-24I.
RÈGNE DE GEORGES D'AUTRICHE. 429
rient. Le Lb'°de moys d'avril, Guillamc, bastard de Horion, eut la teste tranché
sur ung escaufaull au marchié de Liège et fut son corps porté aux Augiislins et
enterré devant l'auteil Sainct Auguslins, où ilz avoit ordonné tous les jours
une messe, assignant aux couvent rentes à cestc fin; tous ses biens furent
s eonfisqueis et son fils qui estoit docteur " de Monseigneur de Liège, morut
à Andenne, de tristesse, où il estoit arresléz ". L'an mesme aux moys d'octobre,
une feme natiff de Theux, pays de Franchimont, ayant estée mariée à ung
home de bien et vescu avecques luy honnestement sains aulcun reproche,
l'espace de 20 ans et plus, et eut de luy plussieurs enflans, se vint accuser à la
10 justice de lieu comment avant [qu'elle eusse] estez mariée, elle avoit eu de deux
hommes successivement deux enfans lesquelles elle avoit occis secréttement, et
de ce elle ne s'avoit oneques confessé, jusques à pasque Ihors précédent, et ledit
curez ne luy avoit point volu donner absolution, disant qu'il n'estoit de ce puis-
sant, ainsi convenoit qu'elle morust par justice, parquoy elle requist justice
13 d'estre exécutée et mise à mort selon ses mérites. De telle accusation la justice
fut fort csmerveillié, et cuidoit on qu'elle fust folle ou touchié de quelque fièbvrc
ou aullre maladie, lelement que on le garda quelque temps pour veoir si elle
ne changeroit propos, ce qu'elle ne fil, mais persévéra en son accusation,
parquoy elle fut exécutée, premier plantée en terre, puis terrée hors et pendue
20 à une forche, où le corps ne fut longtemps, à cause de ses amys, cl pour la
bonne repentanre qu'elle avoit eu. L'an mesme, la saison de l'esté fut fort
chaude et seiche, telement que les eaues, principalement la rivière de Meuse, fut
en Liège si basse qu'on ne l'avoit jamais veu en si petit estât. L'an mesme,
fut lledin et Térouaine prins par l'empereur Charle, soubz la charge de l'hili-
25 bert, duc de Savoye et fut Térouaine (*) de toute arruiné, comme contient
ce vers :
Morlnl DeLell.
" médecin : manuscrit I. — gendre : manuscrits 27 et Si. — b au mois d'octobre : add. des
manuscrits 8 et B. H. 15791.
30 (') Sur la prise de llesdin et Thérouanne et sur Emmanuel-Philibert, dit Tête de fer, duc de Savoie,
voir IIennb, op. cit., I. X, pp. 1-65.
430 CHRONIQUES LIÉGEOISES.
*
* ♦
L'an mcsme. furent eslcvées qualrc compagnies de chevaulcheurs B pour
garder la Cité et bonnes villes de pays de Liège. Lesquels furent entretenues
jusque à tant que l'empereur Charle retournât d'Allemangne et s'en allât mettre
le siège devant la ville de Metz en Loraine. que le roy de France avoit prinse
avec intelligence d'aulcuns bourgeois de la ville. Et l'empereur y campai avec 5
une année de plus de chiquant milles hommes sans y rien faire, à cause
de la trahison que le duc d'Albe luy avoit faicl, dont l'empereur y perdit beau-
coup de gens, par quoy il fut constraint de lever le siège, mais le duc d'Albe
print incontinent la fuitle et s'en alla en ung pays eslraingne où il y demeura
plusieurs années, que on ne scavoit s'il esloit mort ou vif ou s'il scavoit 10
deslruict, dont il fut cause que (*) beaucoup de bons et vieulx soldais y lais-
sèrent la vie sans combattre.
L'an mcsme, fut encor remonstréz aux bourgeois en chapitre de Saint-Lam-
bert comment l'évesque derechef demandât le dixiesme denier de leur biens, ce
que ne fut point accordé. Et pour avoir ung aultre moyen pour luy faire argent, 15
luy fut dit par son privé conseil qu'il eust à faire édifier ung coffre qui fût
fermé avec trois serrures, lequel coffre fut mis en la chapelle de Saint-Luc
dedens les eneloislres Saint-Lambert. Et fut fait un mandement à ung chacun
tant par la Cité de Liège que des bonnes villes et vilaiges du pays de Liège
qu'ils eussent à venir aporler une pièce d'argent audit coffre, ung chacun selon *o
sa puissance et faculté. L'on famoit que ce coffre estoit mis pour résister à la
puissance des Turq, par quoy beaucoup de gens de bien, pensant faire œuvre
de charité, raporloyent de tout quarlier argent et le metloyent dedens le couffre,
et chacune bonne ville et villaige apportoit sa cote; mais Dieu scait que cest
argent est devenu! Car c'estoit seueur de pauvres gens et il falloit que les 25
mambours des xxxn paroiches apportassent en rolles tous les noms et surnoms
" furent eslevéez un ensengnes de piétons et un ensengoe de chevaulx : manuscrit 96.
il) Sur le siège de Metz et les accusations portées contre le duc d'Albe, voir Henné, op. cil.,
IX, pp. 308-38-2.
RÈGNE DE GEORGES D'AUTRICHE. 431
des parochiens et y avoit trois chanoines de Saint- Lambert et deux honnestes
bourgcoix pour signer et rabattre les noms de ceux qui melloient audit coffre a.
{Manuscrits 27, p. 526; 34, fol. 240; 53; 58, p. 47: 60, fol. 69; 61 ;
62, \ol. 202; 96.)
5 L'an 1553, 15» d'apvril, après avoir ouy les alligeances du capitaine de
Bouillon, il fut condamné d'avoir la teste tranchée et tous ses biens confisqués
et son gendre qui estoil médecin à l'évesque fut roslé de prison et il morut de
tristesse. (Manuscrit 34, fol 240.)
1554.
io L'an 1554, le premier, dcuxiesme et troisiesme jours de moys de fébvrier,
lombit en la cité et pays de Liège et aultres circumvoisins de la neige en
si grande abondance que n'estoit mémoire d'home d'en avoir tant veu pour un
hy ver, et demoura sur terre jusques au 10e jour du mesme moys avecques
gallée, tellement qu'en diverses lieux furent troveis gens morts et suffocqueis
15 aux champs par les neiges. Le 22e jour de moys de marce, an susdit, environ b
xii heures à minuietz, en la cité de Liège, la terre trembla environ l'espace d'un
Ave Maria, mais ne fit aulcun dommaiges. Le vic du moys d'avril c qui estoit le
vendredi devant Quasimodo, environ la vesprée, vint une femme à une fosse
de houlles nomée la fosse de Maire, disant que une femme par elle incognue
20 s'estoit à elle apparue et luy avoit commandé de dire aux ouvriers que tous
sortissent hors de la fosse et laissassent I'ouvraige et fisent pénilance en allant
à Sainct-Léonard, car le monde fineroit : dequoy les ouvriers espouvanteis et
esmeus sortirent tous hors, allèrent à Saincl-Léonard avecques aultres à qui ilz
avoient dicl telles nouvelles, aulcuns tous nuds, aulcuns en leurs chemises et
25 les aultres à pieds nuds, tellement que aulcuns de la cité se mirent à faire
° Et pour mieulx entendre l'affaire Jacopin, vous nous entendez bien : ajoute le manuscrit 55.
— <> Le xxv° jour de mars, après une heure à mye nuyct, qui estoit le blanc jeudi : manuscrit 1.
Cette date est erronée, car le jeudi saint de 15S4 tombait le 22 mars. Le manuscrit B. B. 1579 I donne
la relation suivante : Anno M»V°L11II, fuit Leodii terremotus xxv raartii, hora i pust mediara noctera.
30 Quidam religiosus Sancti Jacobi cantando illam antiphonam in matutinis « Terra tremuit » in instanti
omnia ceperunt tremere. Religiosus vocabatur d. Joannes Buisson, computator domus. — l'espace
d'un pater : manuscrit Si, fol. 240. — ' le 25 avril : manuscrit A.
432 CHRONIQUES LIÉGEOISES.
le mesme voyaige, et esloil la presse si grande tant à l'entrée de l'englieze a de
Soi net- Léonard que l'ung ne pouvoit passer pour l'autre, et dura ainsi jusques à
dix heures au soir, que les porles furent à erste occasion fermée. Et fut trouvé
depuis que la femme messagière esloil folle et innocente Le 20* jour dudit moys
d'avril, fut en la cité de Liège et aulcuns lieux voisins une grande (empeste de 5
tonnoirc et cscliltre. tellement que en un mesme moment tombit sur le clocher
de l'englifsc Sainct-Nicolas oullre Meuse, item sur le clocher de l'cnglicse Sainct-
IMioillin, et sur la thour de l'engliese de Sainct-I'ierre et d'ung costéz. Item
rompit le pignon d'une maison en la rue de Foulions. Item brusla une graingne
à Juppillc, et à Herslal plussieurs arbres furent tirées hors de terre. La pluye fut 10
pétille en Liège, mais aux champs et aultres lieux assez véxémenlc. Le 22° jour de
mesme mois, l'ymaige de la Vierge Marie de Grivengnée fut de nuict desrobée'1)
et trouvée en la rivière au pont d'Amercourt, ayant un bras rompue et fut
apportée en l'engliese porrochialle Sainct-Nicolas oultre Meuse, où les gens
en grande dévotion l'alèrcnt vcoir et Iuy allumèrent chandelles. Et advint que »5
comme les gens esloient en grand nombre en ladite engliese devant l'imaige. ung
jeune enffant de dix ou onze ans moula sur la vousure de l'engliese, et en regar-
dant par ung pertuis, en disant : «je le voys, je le voy », ladite vousure rompit
et tombit l'enfant du haut en bas et morut. Au moys susdit, en la paroche
Sainte-Veronne, une femme s'accoucha d'ung enffant mort, lequel fut mis en 20
terre, et i fut troix jours. La femme ayant tousjours en sa fantasie que son
enffant n'esloit mort, réclamant la Vierge Marie, Mère de Dieu, fist tirer
l'enffant hors de terre, qui fut trouvé enthier sans aulcun puanteur ou corrup-
tion, et incontinent fut porté à INostre Dame de Dieupart, où il receupt
incontinent vie et fut baptisez, dont après le baptesme, le corps rendit une S5
puanteur si grande que on ne povoit durer emprès Iuy, tellement qu'à grand
danger fut mis en terre. L'an mesme, depuis le my quaresme jusques au xn°
et xvne jour de jung, ne pleut en la cité ou pays de Liège, dont les fruietz de
terre ne pou voient croistre; ausquelles jours fut ung petit tempeste de tonnerre
« que par les rues : addition de S.
(') Cf. cri du perron du i mai tbtii promettant une prime de 100 florins à ceux qui feraient
connuitre les autours de cette profanation. E. Fairon, Cartutaire de la Cite.
30
RÈGNE DE GEORGES D'AUTRICHE. 435
et pleut lhors assez abondamment, et commenchèrent les fruict à prendre ung
source; aulcunes vignes tant en la cité de Liège qu'alentour d'ycelle et lieux
voysins furent gatlées par les gallée, qui vindrent longtemps après Pasques.
Le 47e de moys d'avriel (J) et autres ensuyvant, Monseigneur de Liège tint une
5 journée de pays avecques les estas, où fut concludt de eslever six ensengnes de
piétons au pays de Liège, pour mettre en garnisons sur le chasleau de Huy,
Dynant, et en la cite, et où bcsongne en seroit. Le jour ensuyvant, fut célébrée
en l'engliese de Liège messe spécialle et procession généralle pour la paix et
et fruict de terre, présens les secondaires englieses, les abbayes et couvcntes,
io et fut la messe célébrée par noble et illustre seigneur Guillame, prolonotaire
de Poicliers (2), archidiacre de Famcne et csleu évesque de Térouanne, mais ne
le voulut point accepter. L'an mesme, l'engliese et cemilière de Saincle-
Véronne hors la cité par ung débat qui avoit estez commis illec et i avoit eu
effusion de sang fut réconsilié. Pareillement l'engliese collégialle Nostre-
15 Dame à Tongre, en laquelle le doyen avoit estez balu et blechié au sang
courant. Item l'engliese collégialle Sainct-Bartremy, où ung channoine avoit
battu l'autre jusques au sang; semblablement l'engliese porrocbialle Sainct-
Martin en Ysle pour cause d'aulcuns qui s'esloient en icellc combattus :; et davan-
laige l'engliese cathédralle de Liège ", en laquelle aulcuns avoient estez bles-
20 chiés jusques au sang. Et fut lhors défendue la déambulation en ycelle, mais en
vain. L'an mesme, fut l'engliese et couvent de Beaurepaire, nouvellement
édiffiée avecques le chœur consacré par le suffragain Grégoire Sylvius (3),
docteur en théologie de l'ordre des frères prescheurs b. L'an susdit \ tombit une
tempeste deseur le monastère de Floon, de coslé de Hasbaing, si grande que
55 ° par trois évesques et cinq abbeis rebennie et réconciliée : manuscrit 1 . — assistentibus tribus
episcopis : B. R. 15791. — b et chanoine de Saint-Paul : addition de 7. — c ladite abbaye, avec la
ville de Flône fut par lesdits François arse en cendre : manuscrit 1.
(') La session des États eut lien en 45B4, 16 juin et jours suivants. Elle fut convoquée pour voter
les crédits et décider les levées nécessaires pour protéger le pays contre l'invasion des Français et
50 particulièrement la forteresse de Dinant. La messe générale pour le retour de la paix entre les princes
chrétiens fut célébrée à la cathédrale le 15 juin.
(») Guillaume de Poitiers. Cf. de Tiieux, t. III, p. 74.
ls) Sur Grégoire Silvius, voir p. 277, n. 1.
Tome IL oo
434 CHRONIQUES LIÉGEOISES.
l'cauc creut et vint en si grand impétuosité qu'elle rompit une porte de l'en-
gliesc dutlit monastère, avecques aulcuns maisonnaiges, et i fist très grands
dommaiges. l'eaue surmonta le grand aulleil de l'engliese, comme fut dit, plus
d'ung genoux hault.
L'an mesme. le 24V1 de inoys de juing ou environ, Henry, roy de France, s
entra à grande puissance dedens le pays de Liège et allât mettre le siège
devant le chasteau et forteresse de Maricnhourch ", situé es limites dudit pays,
dont après avoir donné ou faict semblant de donner sur la place quelques coups
de canons ''. ceulx de dedens soy rendirent aux roy, avecques la place, leurs
corps saulf ', le 2G dudit mois, où ilz fut dicl que le capitaine print intelligence 10
avecques les Franchois, dequoy la présumplion fut grande, pour ce que
ledit capitaine print intelligence avecque les Franchois auprès desquelles ilz fut
un jour perdu hors de la place; le roy trova en ladite place un grand thrésor
tant en artellerie qu'en pouldrc et aultres choeses requises pour la guerre, que
la royne gouvernante avoil illec fait menez pour aller, comme on disoit, devant 15
Masières (1). La date se contient es vers ensuyvant, composez par maistre
Jacque Lîoulongne :
YIX slbl LUstra dUo MarlbUrga reCenserat aeVI,
hanc dULCI GaLLUs prodlllone caplt.
Aullre date du mesme autheur en franchois : 20
MarlenhorCh, sans bcaUCop se faire battre,
par LasCheté az franChoIs s'est rendUe.
en JUng prendz Vingt et sIX sans riens rabattre,
La date allras notoire et cntendUe.
« Marienborch, que est édifiée sur le pays de Liège par Brabansons, qui avoient promis de 25
donner Herstal près de Liège pour la récompense, lequel n'ont encor point faicte (') : manuscrit 1.
— b minatus est illos demembrare iclu bombardarum : B. H. 15791. — c et furent les deux
capitaines menez à Paris : manuscrit 1.
(») Sur la prise de Maricmbourg, voir Henné, op. cit., t. X, p. 104.
(*) Cf. Représentations faites par l'cvèquc de Liège au gouvernement des Pays-Bas, le 27 septem- 30
bre lotitS dans Conseil privé. Relations avec les Payt-llas, reg. 557.
RÈGNE DE GEORGES D'AUTRICHE. 435
Item le 7e jour dudit moys de jullet, le roy de France mena toutte sa puis-
sance devant Dynant et Bovinguc et les fist battre d'artellerie très impétueuse-
ment, principalement Bovingno, tclcmcnt qu'il le print par force et furent tuez
tous ceulx qui estoienl dedans, saulff huict ou neuff. Puis après, ayant pillez et
5 butinez ce qu'ils trouvèrent, mirent le feu dedens. Le dimenche ensuyvant,
commenchèrent à battre la place el forteresse de Dynant, et i furent donnez
tant ce jour que d'aullre ensuyvant 1,800 coups de canons et plus, puis après
donnèrent six " assault par nouante ensengnes, où ilz furent rebouteis virilement
à leur grand pert, car ilz y demoura beaueop de gens, mais finablement al sep-
«o tièsme assault par force se rendirent à roy, saulff la vie, le 11e dudit moys; et
fut le capitaine Henri de Floon (*) enmenéz en France, et fut la ville en grand
liazard d'eslre bruslée, mais aulcuns marchans de France prièrent pour ycelle.
Toutteffois tous les Espagnouls qui estoient dedens furent tous mis à l'espée,
sauve les Liégois et basses Allemans. Le jour après, vindrent les nouvelles de la
is prinse de Dynant (2) à Liège, dequoy tout le peuple fut fort estonnez, tellement
que plussieurs firent mener leurs biens à Ruremond, au pays de Geldre, et
aultre part, et ne veoit on aullres choeses le vendredy, samedy et dymenche
suyvant, que chariottes, charettos et navires chargiés de baghes '' qui estoit
grande confusion pour la cité et donner couraige aux ennemys de venir.
20 Le 16' jour de jullet, un feu survint en la ville de Rurcmonde, si grand et si
vexément que beaucoup de biens des bourgois de la Cité que on avoit illec sauvé
et mis, furent brusleis. el plus de Î200 maisons avecques la grande cngliese,
les Charlroux et aullres, furent avecques l'abbaye tout brusléz, saulfï le
ebasteau. Date de la prinse de Dinant s'ensuit :
25 par Les Liégois en ChasleaU de Dînant,
sUs franChoIs fUt Monstre grand VaILLantIsc
d'aUtre sorte qUe fait n'at paraVant
tardadVIsée par sa CoUardlse.
" neui : manuscrit 58. — b accoustremens : manuscrit S.
30 (•) Henri de Berlaymont, dit de Floyon, capitaine de Dinant, seigneur de Pctit-Modave, grand
majeur de Liège. Cf. de Bofman, Les Echcvins, t. Il, pp. 42S-43V2.
(*) Sur la prise de Dinant, voir IIe.nnb, op. cit., t. X , pp. 115-120.
436 CHRONIQUES LIÉGEOISES.
Touchant la prins de la ville, de Bovingne, Dînant et Bins :
eXpUgnala JaCet YICtore BoVInla gaLLo,
VIX Constans dlonanla périt, bins Igné OeiMatUr.
En ce mesme temps, les villes de Fosse et Cowin ° (J) furent prins et bruslée
par les Franchois, saulff cinq ou six maisons et l'engliese, pareillement le 5
villaige de Brongne ''. Item les places et forteresses d'Engimont, Orchimont
furent prins et deslruicts par les mesme e. Le 24e jour dudit moys, la ville de
Bince, après avoir soustenus aulcuns coup de canons, at estez livrez au roy,
et ont ceulx qui estoient à la garde de la ville prins gaige du roy et se
rendut à son services, parquoy fault présumer qu'il y avoit quelque intel- io
ligenec, dont après avoir pillez ce qu'il avoit dedens, y mirent le feu, tellement
qu'il ne demotira que quatorze ou quinze maisons. Et incontinent deslogèrent
tirants, comme on disoit, vers Wons en Haynault. Ce temps pendant, l'empereur
esloil à IVamur ou tout près, faisant ses aprestre pour aller contre le roy,
lequel ilz suyt incontinent avecque son armée, en telle diligence que le roy ayant 15
cecy entendu se retira en France sans rien faire le dimanche devant Noël,
qui estoit le 25* jonr de décembre. L'an mesme, fut célébrée par le sufïntgan
maistre Grégoire Sylvius messe spécialle, en grande dévotion en l'engliese de
Liège, présent Bme prince et seigneur George d'Austrice, évesque de Liège, en
remerciant Dieu de ce que le peuple, nobles et plébains d'Englellerre avoient îo
reprins noslre foy catholicque et renunchié à l'hérésie luthériane.
" Cowin : manuscrits 1, S, 7, 8, 61. — Tuvin : manuscrits 3, S, 6. — b Le manuscrit 2 ajoute en
note marginale : alla canonner Kendi où il rompit plusieurs compagnies de pied à l'empereur, puis se
relira vers Paris. — c De là ont prins leur chemin pour aller vers Haynaut, passant non point loing
de l'armée de l'empereur, sans toutefois donner aucune escarmouche, et vindrent mettre leur siège 88
devant la ville de Bins. Incontinent le roy fit jecter force de canons contre la ville et lit assalir, puis
le 24 dudit mois, elle fut rendue et livrée au roy : manuscrit S8.
(t) Apres la prise de Dînant, Henri II se remit en marche vers le Hainaut, incendiant le château de
Stavc, Florcnncs et Fosses et passa la Sainbrc à Chàtelct. (Cf. Henné, op. cit., t. X, p. 128.) H faut
donc lire Thuin et non Couvin, que les armées françaises avaient, du reste du atteindre avant de 50
prendre Maricmbourg.
RÈGNE DE GEORGES D'AUTRICHE. 437
*
* #
L'an mesmc, fut parfaicte l'égliese de Beaurepaire (*) par Henry Masson de
Sart demeurant devant l'abbaye de Saint-Laurent, lequel donnât une voirière
où il est pourlraict avec sa femme. (Manuscrit 1 02, fol. 1 45 V.)
L'an 1554, Henri deuxiesme, roy de France, descendit avec 40 milles
5 hommes sur le pays de Liège pour assiéger Dinant, où estant arrivé, la fit
battre si furieusement qu'il l'emportât de force. Henry de Berlaimont, seigneur
de La Chapelle, gouverneur pour lors du chasleau de Dinant, fut attaqué à son
tour. C'estoitune chose espouventable de voir le carnage qui se faisoit des gens
du roy, car ledit Berlaimont les accabloit misérablement à tous coups qu'ils
io approchoient de la place, faisant rouler du chasteau des grands soumiers sur
ceux qui vouloient faire la bresche et en fracassoit tant d'un coup qu'il eslon-
noit toutte l'armée. Après toutes ces furieuses atlacques soustenues courageuse-
ment contre une puissante armée de ses ennemis, il luy fut commandé de tenir
seulement encore 8 jours; alors reprenant courage sur espoir de secours, non-
io obstant qu'il fut dépourveu des gens et de vivre, leurs fist teste encore l'espace
de io jours pendant lesquelles il donnoit bien des regrets à Sa Majesté très
Chrestienne, qui s'eslant lousjours tenu en son camp, voyant à l'œil les tragé-
dies que jour et nuict le gouverneur jouwyt sur ses gens, voyant enfin ledit
Berlaymont qu'il n'y avoit apparance de secours, demanda d'entrer en apoincte-
20 ment, lequelle fut arreslé à condition qu'il deveroit sortir armes et bagages,
mais le roy se trouvant passioné à cause de tant de grands coups " qu'il avoit
donné à son armée le fit mener en France où il fut tenus prisonnier l'espace de
28 mois, au bout desquelles estant au retour, il fut grandement chéry et
congratulé de tous les Estais du pays et particulièrement de l'évesque, son
25 maistre, qui pour récompence de sa fidélité et de ses bons services le fit grand
mombour de Liège. (Manuscrit 88, fol. 100.)
' Sed non steterunt promissionibus suis, quia duxerunt captivos generosos dominos scilicet
dominum de Floyon, post reditura pretorem civitatis leodiensis, item dominum de Hamal ('), et dueti
sunt ad Parisios : manuscrit A.
50 (') Voir Gobert, Liège à travers tes âges, t. V, p. 103.
(*) Jean de Hamal, dit de Monceau, nommé châtelain de Dinant le 14 décembre 1547.
438 CHROMQUES LIÉGEOISES.
Puis y donnèrent (les François) six assaillis par neuf enseignes à chasque
fois où ils furent toujours repoussés par la vaillance du gouverneur qui étoit
Henry de Berlaymont dit Floyon. seigneur de la Chapelle, à la grande ruine
des François, par le moyen du château, où étoit une garnison espagnole avec
une enseigne que 1 eveque avoit envoyé et d'un certain instrument ou engins s
qu'ils couloient de haut en has le long de la montagne, par lequel ils renversoient
les François, puis le reliroienl derechef à eux. Nonobstant ccsle défense, comme
les François s'appresloient pour donner le septième assaut, se voyant en petit
nombre, ils se rendirent par accord, la vie sauve, où le gouverneur fut fait
prisonnier et emmené en France, où le roy admirant sa valeur le relâcha et 10
avec luy tous les Liégeois, mais tous les Espagnols furent arquebuses. (Manu-
scrit 58, p. 46,)
L'an 1554, le roy de France vint assiéger la ville de Dinant, laquelle,
après plusieurs assaux, fut prinse. C'esloit le dix sepliesme fois qu'elle avoit
esté assiégée tant par l'empereur que roys, dont ils estoient superbe et orgueil- 13
leux que on l'apelloit Dinant l'orgueilleuse, tellement qu'ils avoienl faict faire
une statue représentant le duc de Bourgogne au vif, vestus et armé de ses armes
et s'en allèrent à Bouvignc, laquel appartenoit audit duc, et le mirent desur un
banc ou siège, sur quoy il l'assoirent et le mirent desur une fosse plaine d'eaue
puant et orde et disant à cieulx de Bouvignc : « Voilà le siège de voslre duc, 20
le grand crappau ». Dont cieulx de Bouvignc en furent fort couroucés et man-
dèrent à cieulx de Dinant qu'il s'eusent à réconsilier, aultrcment que si le duc
en sceusl à parler, il ne passe roit cela ainsy. Lors ils prindrent le mesager et le
décapitèrent par grande tirannie. Davantage cieulx de Bouvigne envoyèrent un
enfant et leurs admonester de se vouloir excuser envers leurs duc Ils furent si 25
cruelle qu'ils taillèrent le petit enfant en pièces. Dont bien peu après furent
bien chastié, tellement que l'on disoit trois jours après : « ici fut Dinant ». Ce
que j'ai bien voulu icy insérer, ami lecteur, pour servir d'exemple et pour
monslrcr la misérable vengeance que Dieu print de ces superbes Dinantois,
comme ils firent aussi au roy de France, luy disant que si il ne se relirast arier 30
delà, et que s'il tenoit son cœur, qu'ils en feroient une fricassée pour leurs dîner.
Dont enfin ils furent prias après avoir sustenu sept assauts l'une après 1 autre par
90 enseignes, avec grande perte des François. Dedans le chasleau estoit lors le
RÈGNE DE GEORGES D'AUTRICHE. 439
seigneur Henry de Floyon, capitaine, lequel ne pouvoit plus tenir. Dont il fut
print et mené en France. Les Espagnoles furent harquebusés, qui furent trouvés
dedens et les Liégeois renvoyés sain et saufe. Incontinent vindrent les nouvelles
à Liège, lesquelles furent bien eslonnés, mais il esloit trop tard.
5 Expugnata jacet victore Bovinia gallo
Dionanta péril bis igné cremalur.
(Manuscrits 55, fol. 256, 60, fol, 67 v°, 61, fol. 194-, 62, fol. 201 V,
70, fol. 481 *', 404, fol. 554.)
Les François, ayant emporté Mariembourg, prirent eneor par assaut Agimont
io qu'ils ruinèrent, comme aussi Orchimont, Fosse, Couvin, Mariemont, ville de
plaisance de la reyne Marie, qui fut mise en cendres, ensemble Bins, Traisgny,
Reny et l'ancienne ville des Belges dite Bavay et autres, qui toutes furent
prises, pillées, bruslées et ruinées. (Manuscrit 58, p. 45.)
Le duc de Nevers reçoit à composition le chasteau d'Orchimont et Beaurin,
15 brusle grand nombre de villages, puis ayant par la prinse des fortes places assise
au long de la Meuse ouvert le passage, entre dedens le pays de Liège, emporte
d'assault Agimont et Bovigne, exécute presque tous les habitants ou par justices
ou par la tranche de ses espées pour avoir, dans ung bieocque, faire teste
à l'armée et prononcé contre icelle plusieurs parolles oultrageuses, et pour
20 comble de punition, passa la ville par la rigeur des flammes, s'asseurant du
chasteau Tbiry et Walsin, les abandonne, print et pillât Dynant, mais sauva de
la violence des Allemans les femmes réfugiées dans l'église Noslre Dame.
(Manuscrit 52, foi. 555 V.)
Durant le règne de l'évêque George d'Autriche, il fut permis à l'empereur
25 Charles Quint, Philippe son fîis, roy d'Espagne et Marie, reine de Hongrie, lors
gouvernante des pais bas, de bâtir trois forteresses sur le pays de Liège, entre
Sambre et Meuse, terres jadis données par les roys de France au pays de Liège,
et ce pour servir de bride aux François, lesquels furent nommées du nom de
ceux qui les firent bâtir. La première fut bâtie par la reine Marie de Hongrie,
30 lors gouvernante des pais bas au nom de l'empereur Charles Quint et la fit
nommer de son nom Mariembourg. La seconde forteresse fut bâtie sur une
roche contre le village de Givet, sur le rivage de Meuse, l'an 1555. Le troisième
440 CHRONIQUES LIÉGEOISES.
fut celle dePhilippeville,au nom du roy d'Espagne, et c'est sous condition et pro-
messe faite par l'empereur et Philippe son fils de donner en contre change autres
terres, villages et juridictions, de quoi les archives font foy, qui dévoient être les
villages d'Herstal, Wanle et Frères en compensation avec tous intèresls (i).
Ce qui n'at pas été fait par l'empereur ny son fils ny par aucuns de leurs 5
successeurs. De quoi la Cité en a fait et réitérées plusieurs protestations
jusqu'en l'an 1655, qui a été cent ans après, que le roy Philippe 4me céda la
souveraineté de Herstal et Wanle au proufit du pays de Liège, lorsque la paix
de Tirlemont fut arrêtée entre l'archiduc Léopold, comme se voira cy après en
son lieu. (Manuscrit 38, p. 48.) 10
Le dernier de janvier 1610, par déclaration de Jean Barhc l'aisné, maréchal
de son stil, natif de Dynant et bombardier au chasteau, il y avoit passé
48 ans, quand le roy Henry assiégeât la ville et chasteau de Dynant, l'an 1554
le 2." de jullet, estant George d'Austriehe évesque de Liège, Jean de Hamalle,
chastellain avec 35 soldats, Jean de Horion dict Floion capitaine de 500 hommes 13
allemands, le capitaine Julian de Romero avec deux cents espagniolles et plu-
sieurs bourgeois faisant ensemble 800, desquels furent occis 120 et en sortirent
680, et des approches faictes et des exploicts depuis ensuivis, si que tesmoing
oculaire l'at ainsy déclaré.
Du temps que le roy tenoit son siège devant Mariembourg, diverses exécu- -20
lions furent faictes par les François qui furent rudement repoulséz. Le roy
envoyât à ceulx de Dynant ung héraulx pour demander passage, auquel fut
refusé. Le dit héraux fut rencontré vers le vivier par ung que l'on nommoil le
limeur, qui l'occit. Ce qu'estant raporté au roy, il en fut bien indigné. Faisant
approcher ses troupes, se logeai à Cheslreuin (2), demy lieu de Dynant. 23
Le 2" de jullet, les bourgeois de Dynant avec la garnison ont faict une sortie
où il y en eut beaucoup de tuez, entre aullres un capitaine par ung nommez
Bourguignion, la despouille duquel a ung bourgeois nommé Tarha masson, qui
le lira par le pied pour avoir le butlin, et les François se retirèrent.
(') Sur l'épisode des forteresses, voir P. Harsin, L'alliance de la principauté de Liège avec let Pays- 30
llatau XVI' siècle, dans Revue belce de philologie et d'histoire, t. VIII, pp. 115 à 11C.
(S) Cliestruvin, dépendance de Onhayc.
RÈGNE DE GEORGES D'AUTRICHE. 441
Le 5* jullet, le prince de Nevers arrive et mit son siège au champs de
Malaise, avec 40 pièces de canon en tout. La batterie continuât quatre jours par
17000 et 700 coups de canon, faisant une bresehe pour y pouvoir monter faci-
lement, n'eusse esté la déffence des soldats qui estoint dans la place, et pour tenir
s la bresehe ouvert battoinl de nuict et de jour alïin que on ne peusse remparer.
Le 8 de jullet, à quatre heures au malin, montèrent à l'assault onze belles
compagnies de soldats appeliez enfants de Paris, item onze guelides de soldats
avec des rondaches suyvant les uns après les autres, ne restant de 25 pièces de
canon des Liégeois qu'ils avoint dans la dite batterie et défence du dit chasteau
to que trois pièces pour les pouvoir offencer, ayant estez les aullres desmontées et
rompues par les canons de l'ennemi, lesquels trois pièces furent posées pour
donner par le derière de la bresehe. Enfin des dictes 23 pièces de canon, les
François en ont emmenez en France 22; l'aultre fut couverte.
Le capitaine Julien Romero donnât pour son opinion de faire semblant qu'il
is n'y avoil aucuns soldats dans le chasteau et de permettre la montée des ennemis
jusqu'à ce qu'ils vouldroint mettre le pied dedans la place, criant Chasteau
gaigné, allencontre de quoy fut crié Espaigne, qui esloit le mot donné pour se
mettre en déffence, lequel fut tel que les François furent bouleversez et
constrainct eulx retirer et tourner dos, tant pour les coups des dites trois pièces,
20 oultre les balles de quelques deux à trois carreaux de fer et force feu grégois.
Le mesme jour, furent donnez sept assaulx estant lousiour repoulsé.
Par après on traieta d'appointement. Monsr Hamal et Floion sortirent sur tel
asseurance que le héraux leur avoit donné. 11 fut par diverses fois envoyé vers
le capitaine Romero, lequel refusoit de faire aucun traictement. Enfin, sur
25 asseurance, alla trouver le prince de Nevers, lequel après plusieurs discours
dict au dit Julien Romero : si la corde est peu forle, la chaine ne le fauldrat.
Il se mit à table avec les aultres où il fut traicté d'apoinclement l'espée au costé
avec les hardes qu'on pouvoit emporter.
Le 11e du dit jullet, la cavallerie s'approcha du chasteau, et y sont entrez, entre
30 lesquelsMonsrfrère du cardinal La Marche qui avoit faict bastir ledit chasteau^1).
(i) Jean de la Marck, seigneur du Saulcy et de Jametz C'était le neveu et non le frère du cardinal
Erard. Cf. de Cue.mret, op. cit., p. 165.
Tume IL 56
442 CHRONIQUES LIÉGEOISES.
Monsr de Susanne, lequel avoit espousé la vefve de Monsr Walthier de
Avent (1). jadict chastelain, — ayant le dit d'Avent tant en qualité de chastelain
que en qualité de souverain mayeur légale plusieurs beaux légats en la dite
ville, qui sont observé annuellement par les deux greffiers tant de la justice que
celuy de la ville — du dit chastcau, fit convoyer 680 soldats par Mons' Bardil- 5
lion jusque à Spontin, lieu d asseurance.
Après avoir pillez la ville, furent menné en France Monsr Hamal, Floion,
Bomero et bonne partie de bourgeois.
Le capitaine Julien Bornera eschappat par l'addresse d'une belle dame eagée
de "23 ans ou environ, ayant son mari, et at la dite dame demeuré où le présent 10
escrivain sçait bien dedans une maison que présentement il possède en la ville
de Bovigne. De laquelle dame, luy estant prisonier en France, luy gaigniat le
cœur et retournirent ensemble au dit Bovigne et le mari d'icelle.
Ilamal et Floion estoint dans la bastille et sortirent par l'addresse de
Mous' Tabollel (2), bourgmaistre de Dynant, lequel avoit estez députez en Liège io
audit («corge d'Auslriche, évesque de Liège, pour avoir aide et secours.
Fcrpelle, lils du dit burgmaistre Tabollet, estant prisonnier sur le teure
Sainte-Anne, ayant une dague, s'en servit si bien qu'il se dépêtrât de sa garde
et ainsy eschapat.
Jean de Villenfaingne, son gendre, ausy prisonier, par l'addresse de Monsr de 20
Susanne, après l'avoir faict redemander pour argent de Gascons et refusez, fut
enlevez hors d'une tente proche de Cambray en habillement de femme; ainsy
retourna à Dynant.
Du temps que le roy s'amusât au chasteau de Dynant, l'empereur dressât une
armée à Namur estant assez mal disposé depuis le long temps qu'ils partirent; et 2S
estant l'événement de la guerre en double, ceux de Namur, Huy, Liège et
aullrcs villes sauvoyenl leur comodité en Hollande et signament en la ville de
Kuremonde, pays de Gueldre, mais par fortune de feu qui survint en la dicte
ville fut presque le tout brusléz, dont il y eut grand domage. (Manuscrit 52,
fol. 334 à 535 v.) 30
(i) Walhierd'Apcn, maire de Uinaiit en 1537.
(î) Lambert Tabollet, bourgmestre en tb52, 15b8. Cf. Carlulaire de Dinunt, t. III, p. 549 et t. IV, p.8.
RÈGNE DE GEORGES D'AUTRICHE. 443
1555.
L'an 1555, aulcuns jours après les festcs de Pasques, ung bourgois de Liège
de grande eage se vint présenter devant son curé, disant qu'il se vouloit
confesser et recepvoir tous ses sacramens, tant de l'AuIteil que Extrême
s L'nclion, auquel le prestre, pensant que ce fust un folz, ou qu'il eust quelque
fanlasie en la teste de l'home, respondit : Comment voulez-vous avoir vous
sacramens, et n'estez point malade? Celuy homme luy dist ; il fault que ainsy
soit fait, car Bayart (') (qui est le lieu où on enterre les pauvres morts de
l'hospilal) hannis si fort après moy que ne cesse. Quoy entendu par ledit
io prestre, at confessé i homme et administrez ses sacramens, et morut une heure
après. Dieu veuille avoir son âme. L'an mesme. le 14 de marce, furent les
trièves faielc entre le roy de France Henry et l'empereur Charles cinquiesme,
et publiée à Liège (2) et en toute le pays de Brabant et Flandres. Et en celle
mesme année, fut veu ung comète au ciel, et fut fort grande sécheresse. L'an
io mesme, fut édiffiée la ville de Givelz, maintenant dit Cluirlemont". L'an mesme,
le premier jour de Jung, advint une tempeste en quartier del Condros, si
vexément que par le grésil qui tombit furent lendemain et aulcuns jours
subséquent trouvées aulcuns bises, cerff, licuvres, connins et oyseaux morts es
boys et champs; mesme plussieurs arbres bien gros rompuez à deux ou trois
20 pieds près de terre et en diverses lieux les bleds abbalus en telle sorte que en
la saison on n'eut aulcun proufitz. Lan mesme, fut esleux par l'empereur
Charle, et du consentement de chappitlre de Liège, Monseigneur Koberl de
Berghe à coadjuleur de leveschié de Liège, et fut receupt en chappitlre le
premier jour de l'an 1557 (3).
-25 " sine consensu xxxu ministeriorum : B.Ii. 15791.
(4) Sur ce mot, voir Goci et, op. cit., t. II, pp. 160-16-2.
(s) La Itève conclue à Vaucelles pour cinq ans fut notifiée p;ir ordonnance le 14 mars Ib'HG et non
en IBbS. Ci. Mandements et cris du perron 1555-1557, fol. 80.
(3) Robert de Berglies, neveu de l'évcquc Corneille, avait été reçu au chapitre le 13 janvier 1 341 et
30 admis comme coadjuteur le 2U août ISHO. Il se présenta au chapitre pour faire sa première résidence
le 2 avril suivant et fut élu évéque le 5 mai 15S7.
444 CHRONIQUES LIÉGEOISES.
*
* *
L'an 1533, ont esté mesurées par l'art de géomélrye les villes de Gand,
Louvain et Liège, Paris et Coulongnc, où fut trouvé que Louvain est plus
grande que Gand .3 verges et Gand plus que Liège et Paris a verges et plus que
Collongne 15 verges. [Manuscrits 70, fol. 1 83 et 58, p. 49.)
Au dit an, le sel at esté à si haut prix au mois de novembre que la 5
quarte, qui est une mesure à Liège, se vendoit 1:2 florins liégeois. {Manu-
scrit 28.)
L'an 155o, fut uug chier année, car le stier de wassen se vendoit 12 florins
liégeois (') et durât assez long temps. (Note marginale de manuscrit 2.)
Eodem anno et tempore, fuit inundatio aquarum per singulos menses anni 10
illius. Ilem ita ingrossale fuerunt uli oportebat navi a ponte insuie eundo ad
forum. (Ad. de B. R.} 43791.)
L'an mesme, al esté à Paris veu elèrement, au mois de juillet, en une nuée,
un taureau de couleur grise après une autre nuée où y avoit une forest verde
et une teste d'éléphant, et après elle se muât en une teste d'aigle. Tout ce fut veu 15
en diverses lieux alenthour. L'an mesme, fut veue une cornette au ciel et
fut fort grande sécheresse. (Manuscrits 28, p. 594; 96, fol. 297 V;
97, fol. 205.)
L'an 1535, le vingeinquiesme jour du mois d'octobre, le grand renommé
prince Charles cinequième de ce nom, empereur des Romains, après tant de 20
travaux et de promesse tant pour la deflence de la foy et église calholicque,
aposlolicque et romaine, augmentation de ces royaumes et provinces que pour
repos de ses subjects, sans réciter les gestes, batailles et conquestes héroïques
qui sont innumérables et sur tous ses voyages oultre mer et aillieurs, comme
neuf aux Allcmagnes, sicx en Espagne, sept en Italie, dix en Pays Bas,quattre io
en France, deux en Engleterre, deux en Affricque, qui font ensemble quarante
(i) Les prix pour le stier de seigle notes par les records des échevins de Liège sont : 4 mai 1ÎS55,
38 aidants et 29 novembre Gb' aidants ou 3 florins 5 aidants. Comme il fallait alors 4 florins liégeois
pour valoir un florin du Brabant, le prix du chroniqueur, exprimé en monnaie faible, est bien le même
que le prix marqué par les records. ""
RÈGNE DE GEORGES D'AUTRICHE. 445
voyages, et entre autres a navingés la mer Méditerannée huict fois, et la mer
Océanne trois fois, après tout cela, a renoncé le monde et toulles ses royaumes
et provinces, les at résigné à son fils Phelippe, roy d'Espagne, et la couronne
impérialle at succédé à son frère Ferdinand premier de ce nom, roy de Hongrie
5 et de Bohème, que par l'éleclions des princes électeurs du Saint Empire romain
fut esleus empereur des Romains, et l'empereur Charles cinquiesme se retirât
en Espagne où il y mourut incontinent après. (Manuscrit 45, fol. 289.)
1556.
L'an 1 556, le jour de saincl Gille, fut receupl en chappiltre de Saint-Lambert
io à prévost de Liège, par la résignation de son frère Adulphe. conte de Schauburch,
noble personne Anthoine de Schauburch, frère à l'archevesqup de Coulongnc (().
Et environ deux moys après, ledit archevesque trespassat,pa! quoy ledit prévost,
son frère, fut esleux archevesque de Coulongnc; parquoy ilz ne résida point en
Liège. L'an mesme fut ung chierre année et grand faulte de pluye, parquoy
15 le grains au champs ne revint point à demi; et ne fut point de feurre et
commencha adoneques le grains à estre chier; et dura jusques à l'aoust l'an
1557. Parquoy i eut grand famine et pauvreté en la commun peuple; car on
vendoit le stier de wassen H et 12 florins, le muydz d'espeaulte 56 florins, et
le S' jour d'aoust vindrent tant de grains de pays d'OsIant [et du coslé de
20 Flandre] que on donnoit le stier de wassen pour 3 florins et demi; et le grand
pain vendoit on 26 aidans, et le pain de fournaige 16 ou 17 aidans, qui dura
presque un an (2).
(') Adolphe de Schauwenburg, reçu chanoine noble le 2 septembre 4528, grand prévôt en 1553,
remplaça Herman de Wicdc comme archevêque de Cologne le 24 janvier 1547. Son frère Antoine
15 fut reçu comme chanoine noble le 20 janvier 1542, devint prévôt de Saint-Lambert le ^'septem-
bre 1556 en remplacement de son frère, auquel il succéda également comme archevêque de Cologne.
Cf. de Tbeux, t. 111, pp. 74 et 96.
(S) Les records des Ëchevins corroborent celte cherté : le stier de froment coûtait 85 aidants le
12 septembre 1556 et ce prix montait, le 29 novembre, à 99 aidants pour le froment et 96 pour le
30 seigle. A la fin de l'année 1557, les prix étaient respectivement réduits à 55 et 42 aidants.
44(5 CHRONIQUES LIÉGEOISES.
*
* #
L'an 1556, plussieurs maisons bruslées en la ville de Saint-Trond. La mcsrae,
grande Moensc à Liège, oultre son course naturel tellement qu'on passoit à la
Saveniére par batteaux. En mesme temps, on vendoit ung pannicr de bouilles
20 florins liégeois. {Manuscrit 102, fol. 145 v°.)
L'an mil V'LYI, l'on trailoit grandement la paix ou avoir quelque trues, dont s
elles furent accordées pour le terme de cinq ans et publiées au mois de mars.
S'at esté envoyé par le pappe ung pardon jubilé, lequel at esté bien bonneste-
ment observé au pays de Liège, en grande dévotion, le jour de la Pentbecoste
et aullres jours, faisans oraison pour la paix (').
L'année at esté fort ebaude, la moisson avanebée et bons vins. Et mouroit on to
de la pestilence en la Cité; ens aucuns lieux les bleis, fromens et wassens
estoient fort remontés et à grands prix. (Manuscrits 96 et 97, fol. 295 v°;
26"% fol. 560.)
1557.
L'an 1557, furent les trièves rompues entre le roy Pbillippe d'Espaingne et 15
d'Englettcrrc et le roy de France. L'an mesme XVt;LVII, envyron le moys de
may, trespassat damoiseaulx Guillame de la Marebe, cousin à Erard le Car-
dinal, qui en son vivant avoil estez coadjuteur de Liège et morut en France, le
13e jour de may (2). L'an mesme, trespassa pareillement son frère damoiseaux
Joban de Serrezl et Limaye (3). L'an mesme, le xx?ue jour d'avril, par nuit, 20
tombit le tonnoire sur la tbour del Vaulx Saint-Lambert, cl fut la tbour et
toulte l'engliese qui nouvellement avoit estez rediffié bruslée. L'an mesme, le
(*) Voir note 2 de la page 413.
(*j Sur Guillaume de la Marck, chanoine de Saint-Lnmbert et archiduc de Brabant, voir page 395,
note 4. Il mourut le 13 mai 1557, d'après le manuscrit van den Berg. 25
(3) Jean II de la Marck, seigneur de I.ummen et de Scraing-lc- Château, avoué de Franchimont,
mourut le 15 décembre 1552 et non en 1557. La date précise de ce décès est donnée par une inscrip-
tion gravée sur une plaque de plomb attachée au cercueil. Cf. De Chestrst, op. cit., p. 213 et
B.l. A L., t. XI, p. 462.
RÈGNE DE GEORGES D'AUTRICHE. 447
quatriesme jour de moys de may, envyron quatre heures après midy, le Révé-
rendissime et Illustrissime prince et seigneur George d'Austrice, fllz naturel de
Maximilian premier de ce nom, empereur de Rome, évesque de Liège, qui en
son jeune eage avoit estez évesque de Brixe, et depuis archevcsque de Valence,
s est terminée de vie par mort. Et fut son corps embasméz et ouvert et après
enterrez et ensepvely en l'engliese calhédralle de Sainct- Lambert à droict costéz
de grand grand aulleit, entre deux piliers vers le palais", le 19 de may, l'an susdit.
La date de sa mort se contient en ces deux vers, composez par maistrc Robert
Chesneau, maislre des pages duilit seigneur et après channoine de l'engliese
io collégialle (*) Sainct-Jean-Évangélist en Liège et de Saint Géry à Cambray :
Mail qUarla aderat LUX soLe Cadente sUb Undas
oCCIdlt at deUs hUIC det frUI reqUIe.
*
* *
Ce mesme an, furent les François desconfits devant Saint-Quentin où fut le
connestable de France prisonnier avec plusieurs aultres grands seigneurs.
15 (Manuscrit 54.)
L'an 1557, le 24 du mois de may, à 4 heures après midy, mourut l'illustris-
sime George d'Autriche. Son corps fut ensevelis à Saint-Lambert, au droit coslé
du grand autel, entre deux pilliers. Il avoit été allité de plusieurs mois, plein
d'une froide pituite qui le suffoquoit. îl fut exposé par 5 jours en la sale de son
-20 palais où tout le monde l'alloit voir et prier Dieu pour son âme, après avoir
régné 12 ans, 10 mois. D'autres ont écrit qu'il mourut le 4 may et que le 5, le
seigneur Robert de Berghes, comme coadjuteur,fut receu à évesque. Le 24 dudit
mois, firent chanter les vigilles et, le lendemain, ses funérailles. Il fut fort
° au costé gauche du grand autel, entre les pilliers, où qu'il y at eu pour aucun temps un
2b tapis de vellour sur son tombeau : manuscrit 48, fol. 597.
(') Robert Chesnea, dit Quercentius, de Cambrai, calligraphe et poète latin, cf. Laiiavb, Cartulaire
de Saint-Jean Evangcliite, t. I, p. lxii ; Biographie nationale, t. XVIII, col. 153; J. Brassinne, L'êvan-
géliaire de Robert Quercentius dans B. S. A. //., t. XVI, pp. 535-549.
448 CHRONIQUES LIEGEOISES.
regrette du peuple, ayant maintenu son éveschéz au milieu des flots des tem-
pêtes et des guerres assez en paix et repos. {Manuscrit 38, p. -50, un peu
plus complet que Mélart, p. 567 ■)
L'an mil V'LVII, estant les grains fort renchéris, donnant occasion à plus-
sieurs pauvres et honnestes gens par nécessité estoient et furent constrains de 5
demander pains, car il fut tel temps que l'on vendoit le slier de froment
douze florins liégeois, le slier de wasen onze florins, aultres à l'advenanl, con-
tinuant ce chicr temps jusques au mois d'aousl. Car sur le dernière estoit à plus
hault pris et c'estoit ainsy ens aultres pays comme au pays de Braibant,
Flandres, Hollandes, Zélande, qui causèrent maintes misères et destructions des 10
biens meubles et imeubles. Mais quand ce vient au mois d'aougst, au xe jour ou
environ, le sticr qui avoit esté vendu à xi florins on le pouvoit recouvrer pour
deux florins et demv et ainsi d'autres ". Ce fut après Pasques que les grains
estoient au plus liault pris. (Manuscrits 96; 97, fol. 203 V; 28, fol.39S
(à la date de JSS6); 26bh, fol, 360. 15
C'estoit un personnage fort docte et schavant de plusieurs diverses langages,
amateur des bonnes lettres et de la musicque et jardinages, grand observateur
et patron de la justice. (Manuscrit 74, fol. / '84.)
Le manuscrit 52, fol. 537, après d'abondants détails sur la bataille de Saint-
Quentin et la liste des seigneurs qui avaient assisté à ce combat, donne la 20
chanson suivante :
Ce pour un dimenche aux vespres,
que les François se sont partis,
il sont parti le dimenche aux vespres
le lundi sont arrivé, 5S
ils ont trouvé grand nombre de gens,
car le campe on avoit mis
il y avoit 5000, très tous bourguignions hardis,
et au son de trompette, l'empereur fit crier un cri
que sur la peine de la hart l'on ne prinse personne à mercy. so
<• mais quand ce vint au mois d'aoust, il vint tant de grains d'Ostande qu'on donnast le stier de
wassen... : manuscrit 28, fol. S95.
REGNE DE GEORGES D'AUTRICHE. 449
Le Roy de France n'estoit guaire loing;
la parolle, il entendit
et at crié à ses soldats :
enfants, tenons bon icy !
s Si nous perdons ceste journée,
nous sommes tous desconûts.
Saint-Quentin, la noble ville,
nous te debvons bien baye
d'avoir perdu telle journée ;
io en le pensant secourir,
j'ai perdu le noble sang de France
et la noble fleur de Lys.
A icelle journée Nicolas Garnier, alias Colin, gran sire de Grégoire Colin,
lequel avoil escript l'originel du présent chronick l'an 1633. Ledit Nicolas
is y mourut estant au service de l'empereur. (Manuscrit 52, fol. 357.)
L'an 1dj7, Philippe premier de ce nom. roy d'Espagne, fils de Charles cin-
quième de ce nom, empereur des Romains, avec sa noblesse de Pays Bas
passèrent au traverse du pays de Liège avec son armée royalle et allât assiéger
la ville Saint-Quintin en France, laquelle fut prinse, pillée et saccagée, mais
20 pendant ledit siège, le roy de France envoyât son armée pour la deffendre
et secourir, mais au contraire laditte armée fut presque vaincue et loutte
la noblesse de France furent prisonniers. Après laditte victoire, le roy Philippe
repassât encor avec son armée royalle parmy le pays de Liège, menant avec eux
grand nombre de princes et signeurs en Brabant prisonniers.
25 L'an 1357, ayant esté long temps malade et sa voyant décliner (n'ayant permy
pendant le gouvernement de son éveschié aucune perverse doctrine), administré
de tous les Saincls Sacraments, il rendit son âme entre les mains de son Créateur
et fut ensepvelly au chœur de l'église calhédralle de Saint- Lambert en Liège,
au costé gauche du grand autel, entre les pillîers, où il y at eu pour aucun
30 temps du tapis de vellours sur son tombeau. (Manuscrit 45, fol. 289 v°.)
Tome II. 57
Chronique de Pierre de Hesdignoul,
chanoine de Sclayn.
Les manuscrits 2Ghis, 27, 28, 29, 31, 33 et 59 renferment, sur le règne de
Georges d'Autriche, un intéressant fragment de chronique. L'auteur y raconte
surtout des faits de l'histoire étrangère, concernant particulièrement les guerres 5
de Charles Quint. 11 rapporte ces faits d'après ce qu'il en entendait raconter
dans nos légions. Quelques détails intéressent l'histoire du pays de Liège. INou9
ajoutons à cette relation le récit des dernières campagnes de roi de France
Henri II contre Charles- Quint et Philippe II. d'après les manuscrits 28, 96
et 97. Il n'est probablement pas sorti de la plume du chanoine namurois, mais to
constitue le complément de la chronique de ce dernier, puisqu'il s'occupe aussi,
presqu'exelusivement et avec abondance de détails, des événements extérieurs.
L'auteur de cette chronique est contemporain des événements qu'il raconte;
il parait même parfois les écrire au jour le jour. On voit qu'il habite le pays de
Mamur : il rapporte surtout les nouvelles qui parviennent en celte ville. is
Il nous donne son nom : Pierre de Hesdignoul, chanoine de Sclayn. Ce person-
nage n'est pas inconnu. Il est cité, le 28 juin 1527 et le 15 janvier 1545, dans
des actes du chapitre de Sclayn, publiés par V. Barbier ('). On le trouve
comme écolâtre, le 23 juin 1519. dans un contrat non publié, conservé aux
archives de l'Etat à Namur. Le même dépôt possède deux registres écrits par jo
Pierre de Hesdignoul : « Actes capitulaires de 1544 à 1550 ». et « Liber bene-
ficiorum ». Une note du XVIII* siècle, à la première page de ce dernier registre,
porte que Pierre de Hesdignoul fut fait chanoine de Sclayn en 1526 et qu'il
mourut en 1552. Il n'est plus cité parmi les chanoines qui rédigent un recès
capitulaire du 15 février 1558 (2). 25
(l) V. Barbier, IJittoin du chapitre de Sclayn, pp. 330, 543.
(*) IbiU., p. 347.
CHRONIQUE DE PIERRE DE HESD1GNOUL. 451
L'empereur Charle cinquième et moderne se départit de ce pays de par dechà,
après y avoir mis bon ordre, bon capitaine desdits pays, et en ce temps, environ
le Noël, s'en allât passer la mer en Espangne et préparât son armée et artillerie
et se départit et s'en alla mettre le siège devant Argeil (*) en Barbarie. Pour
s l'indisposition de temps à ce mal propice, il perdit beaucoup de ses naviercs,
gens, chevals, argent, artillerie et revient à grand mescbieff et disoit-on qu'il
estoit noyé, ce que bien croioit le roy de France. Et fit fortifier Aslinay (2) et
y mit grosse garnison et quand luy sembloit temps propice, boutlat sus une
grosse et puissante armée dont estoit chclï le duc d'Orléans (3) et son jeune fils
10 et envahit Dampviller, iMortmendier, Chaultvessy (4) et plusieures autres
places de la duché de Luxembourg et, de ce point content, vindrent mettre le
siège devant Yvois et le siège tenu pendant xv jours ou environ, se rendirent
sauve corps et biens, ainsi demora Ivos à roy françois, que fit bien fortifier,
ainsy Montmendier. Si tirèrent oultre les François et gaingnant le pays,
ib allèrent à Luxembourgh et, la garnison du lieu abandonnant la place, si entrèrent
dedans les François et y menèrent leurs biens et artillerie, faisant semblant d'y
tousjours dcmorer, puis courut un bruict que l'empereur estoit revenu par
dechà et qu'il venoit à grande puissance contre Yvois a. De ce furent les Fran-
çois sy fort espouvantéz, quil s'enfuierent par si très hastive fuilte qu'ils
20 laissirent à Luxembourg deux pièces de cannon belles et excellentes, et richesses
à grande planté. Et quant ce bruit fut passé et quils virent qu'il n'estoit
nouvelle de l'empereur, ils reprindrent nouvelle audace et rallèrent mettre le
siège devant Luxemborgh et, après aucuns jours, cieux de la garnison se ren-
dirent par composition, si se fist adoneque le duc d'Orléans b publier et <m ce
25 tiltre duc de Luxembourgh.
En ce temp9 là, sire George d'Austriche, coadjuteur de l'évesque de Liège,
" et ceulx qui estoyent dedens : manuscrits 27 et 26bi'. — b déclaré et publié en ses cris et
tiltres : manuscrit 27.
(*) Alger.
30 {*) Stenay.
(3) Charles, fils cadet de François I".
(*) Danivillers, Montmédy.
i-U CHROiNIQUES LIÉGEOISES.
espérant de venire d'Espangne par dechà, si vient à Lion pour passer par France
pour visiter le roy et la royne, sa cousinne a, mais il fut détenu prisonnier
l'espace de xv mois au plus et grande quantité de chevaux, bahus et mullels
avec grosse somme de deniers qui fut tout occupé par les François, et après
l'avoir mis à grand ranson, s'en retournât à Bruxelles \ 3
Le roy Franchois, point content de occuper la ducheit de Luxcmborch qu'il
avoit usurpé facilement à petits despens, car il n'y trouva quasi point de
résistence, et envoya, ieelluy roy, ung hérault d'armes à Liège très éloquent et
et bien languageit, et fit si bien son messaige que certains dépuleis de Liège,
tant de l'église, de la noblesse et des bourgeois, allèrent en France ('), où 10
on leur fit grand recueil % comme Franchois ont accoustumé de faire d.
Environ ce temps, Monsieur de Longheval (2j, ambassadeur du roy de
France, s'en alla en Gueldre et louai e une grosse quantité de cheval et des
piétons et vindrent par environ Anvers, la cisydant surprendre, mais le noble
prince d'Orengc (3) se gouverna sy honneslemenl ' qu'il ne parviendrent point i»
à leur intention. Néantmoins vindrent au pays de Bradant assé près de 9 Lire
et allèrent par bon loisir partout le plat pays, pillant et robant \ et passèrent
oultre jusque à Coroy le Chasteau ' (4). où ils bruslèrenl la port du chesteau,
et là occirenl cent et ung personnaige de froid sang. Le curé du lieux, qui estoit
illecquc relraict avec les bonnes gens pour la force du lieux, le prindrent et luy *o
rasèrent la teste-', et luy couppèrenl les quallre doits sacrés, et puys luy coup-
pèrent la teste; sy passèrent oultre à loisir à leur aise jusque en France.
0 sa mère : manuscrit 27. — sa niepee : manuscrit 2$*>''. — b car alors il estoit graod commen-
cement Je guerre entre le roy ei l'empereur : manuscrit 2tf<"". — c où on leur; lit grands recueil
et grandes bombances : manuscrits 27 et 260i'. — a et il demandoint réparation et amende de la 25
mort messire Guilleaume de la Marche qui fut décollez à Trecb : addition du manuscrit 26b''. —
« levât : manuscrit 27 et 26bl'. — > prudement : manuscrits 27 et 26b". — » toutte allentliour de
Lire : manuscrit 27. — '• les bonnes gens : addition du manuscrit 27. — ' Croix le Chasteau :
manuscrit 27. — > luy rassèrent la peau de sa couronne : manuscrit 26°>s.
(l) Il s'agit 9ans aucun doute des menées des Lu Marck. Voir à ce sujet Lo.vcuay, op. cit , 30
pp. 88107.
(s) Nicolas de Boussu, sire de Longueval.
(»; Henri de Nassau, voir page 407.
(*) Voir plus haut, page 408.
CHRONIQUE DE PIERRE DE HESDIGNOUL. 453
Le duc de Julliers (*), qui lenoit la duchict de Gueldre par extortion, faisoit
grosse guerre aux Bourguignons, et y eut pour une nuiet de Pasque bataille
devant Zister (2), et furent les chevaulcheurs Bourguignons victorieux, mais les
piétons s'enfuirent, sy obtindrent les Gueldrois les cbanips et gagnèrent tentes
5 et pavillons, or et argent, baghes, ustensiles et des prisonniers sans nombre. Les
Bourguignons tenoyent Hinsberch (3),ct tantost fut besoing le ravitailler, sy fut
mis susune belle et puissante armée, dont le noble elvertucux prince d'Qrengc en
estoit cbief, et y eut sy bon ordre que la ville fut ravitaillée, et les Bourguignons
obtindrent les champs et furent victorieux, et y demoura moult des Gueldrois.
10 Le roy de France, croyant fermement la mort de l'empereur et qu'il avoit la
conquest de la duebeit de Luxembogh, luy sembla qu'il auroit les Liégeois à sa
corde, avec ce a grosse intelligence avec le duc de Julliers, le duc de Clèves, le
duc de Mous (4). Le duc de Gueldre luy sembla avoir temps propice pour mar-
cher plus avant et vint avec puissante armée planter son siège devant la ville
is de Mons en Hainault et tendit son pavillon en l'abbaye de Morvaull h (5) et
print une petite ville en Haynault que Hennuyers avoyent abandonné, appelée
Landresy, située en très fort lieux et alenlhour environnée de palus et mar-
caiges. Les Franchois se boutèrent dedens, et fit le roy abattre tant de boys au
boys de Morvault '' que en brief temps le fortifièrent tellement que c'esloil une
-20 place imprenable, et là se tindrenl longuement les Franchois en garnison,
robant. pillant et ransonnant, bruslant le ferlil et bon pays de Haynault c. Et
avoyent Franchois avec eulx Blanmorl ', qu'on famoit qu'il enforehoyent
femmes et violent filles % et à une mère oslèreul son petit enfant et tuèrent le
" et avoit : manuscrit 26bl'. — '' des Normans : manuscrits 27 et S6bu — c le bon, plaisant,
2b plantureux et fertil pais de Hainnaut : manuscrit 26bi'. — <* des blans morres : manuscrits 27
et i6bi'. — ' violloient jeunes filles, forceoinls femmes et à une mère ils ostèrent son enfant,
l'occirent et l'ont rosty et constrainct la mère en meneer avec eulx après l'avoir coustraint le roslir :
manuscrit 2Sbu.
(•) Guillaume de Clèves, duc de Gueldre et de Juliers.
30 (*) Sitlard. Cf. Pirbnne, Histoire de Belgique, t. III, p. 130.
(5) Heinsberg. Sur ce combat, voir Henné, op. cit., t. VI II, p. 56.
(*/ Guillaume, comte de La Marck et de tlavensberg était, depuis ib58, à la fois duc de Gueldre,
de Clèves, de Berg et de Juliers.
i.9) Lisez en la forêt de Normal.
454 CHRONIQUES LIÉGEOISES.
dit enfant et le mirent en une broche pour le faire roslir et constraindirent
la mère roslir son propre enfant, et aullres énormes et exécrables cas com-
mirent iceulx Rlanmort ", qui ne sont réeitables.
Ung jour, print vouloir au daulphin d'aller veoir Malbeuge, mais la garnison
ne les osast attendre, sy entrèrent Franebois en Malbeuge et bruslèrent une 3
partie de la ville et viendrenl chevaulcher oultrc devant liince mais le capitaine
du lieu et ses gens b eurent telle bardiesse et couraige que, en tirant de leur
artillerie, occirent siex ou sept nobles capitaines des Franebois. dont le dit
daulpbin avec son armée confusiblement se départit.
Cependant que le roy se tenoit en Haynault. fut bruict que l'empereur estoit M
arrivé par deçà la mer et estoit venu jusque à Rome, et on famoit qu'il y avoit
intelligence entre le pape et le roy, et que le pape estargoit la revenue de
l'empereur en ses pays de par deçà le plus qu'il pouvoit, tant que l'empereur fut
adverly de l'entreprinsc du roy cl de la rébellion du duc de Jullicrs, de Clèves,
de Gueldre, de Mons, favorisans les Fran chois, craidant les Liégeois, voyant la ,s
malice qui couroit contre luy et ses pays, il print congé cl se bastat le plus tost
qu'il luy fut possible de revenir en ses pays consoler ses subjects, et revint par
les Allemaignes. Et vindrent mettre l'empereur et le prince d'Orenge le siège
devant Duren r ('), et fut assaillie de tel force que les Espaignols entront eus
par force et mirent tous à l'espéc ceulx qu'ils rencontrèrent de gens de guerre. 20
Et de là s'en alla mettre le siège devant Ruremondc (J), et briefï jours après fut
la duebeil de Gueldre réduict à son droiturière seigneur l'empereur. Et le roy
de France vint à grande puissance à Luxemborgh. espérant venir à temps pour
donner secours au duc de Julliers, du temps du siège de Ruremonde. Aussi
eussent il faict sans fault, car s'il fust venu devant la réduction du pays 2b
de Gueldre et l'obédience et pacification du duc de Julliers, ainsi qu'il avoit
promis au duc de venir quinze jours plus tost qu'il ne vint, il cust trouvé le
« Mans morres : manuscrit 27 et 26b". — b et les gentil reitres de guerre : manuscrit 26^.
— « et cela en l'an 44, comme serat dit par après : addition du manuscrit 26bi', fol. 342 V, qui
corrige en note marginale : ce fut en l'an 1543, comme serat dit cy après.
(«) Cf. IIkunb, op. cit., t. VIII, p. 121.
(«) Hknne, op. cit., t. VIII, p. 124.
CHRONIQUE DE PIERRE DE HESDIGNOUL. 455
pays et les prince embrouillé, et avec ce il eust donné cueur aux Gueldrois,
Clèvois et aullres de eulx se tenir rebeller et résister contre l'empereur. Dont
le roy de France estant à Luxembourgh, oyant ses nouvelles, en fut fort dolent
el à grand peine pouvoit croire que ung tel et sy fort pays et sy riche, comme
8 le pays de Gueldre, fust en sy brief temps réduict en l'obéissance de l'empereur.
Quand il fut bien acerliné du cas, il fut fort esbahy, car c'estoil le principal
poinet quy luy donnoit à entreprendre sur le pays de l'empereur, le cuydant
mettre en son obéissance pour boire " le broibet qu'avoit brassé Monsieur de
Loncheval peu de temps devant cest entreprinse (1).
10 La ducheit de Gueldre réduict à l'obéissance de l'empereur, le duc de
Jullicrs, Clèves et IMons venu à mercy, ayant la paix à son prince naturelle, fut
conclud mettre le siège devant Landresy h (*), et fut l'armée sy grande que on
l'estimoit à quatlre vingt mil hommes, mais pour la fortification du lieu, aussy
pour l'hiver quy approchoit, on leva le siège '. Et touteffois on famoit que
15 le roy el son armée csloyent au cbesleau de Cambrésis (3) et là enlhour et
avoyent accordé journée de bataille contre l'empereur et ses allyés, mais quand
le jour approchât, le roy, adverly par aulcuns trahistre (4) quy hantoyent la
court et conseil de l'empereur et ses gens ensemble de la préparation quy se
faisoit pour estre à icelle journée de bataille rf, les Franchois bien adverty se
20 partirent à l'heure de minuict sans bruict ni tambourins et plus paisiblement
" voire des brouvet : manuscrit 27. — boire le brouet : manuscrit 26bu. — b ville de la frontière
de France que les François avoint prins, pillez et fortifiiez : manuscrit 16b". — ' l'empereur la fist
fort battre à coups de cannons et le roy de France faisoit grande armée pour lavitailler et secourir,
tellement que les armées estants proche l'une de l'autre se donnèrent des grandes escarmouches.
23 Et en ces entrefaites, fut par le roy de France Landrecy ravitaillée de gens et de vivre, nonobstant
l'empeschement que l'empereur y mettoit contre sans périls, estant la ville de Landrecy avitaillée par
le roy de France, il trouva bon par conseil de soy retirrer secrètement sans l'annoneer à l'empereur,
ce qu'il fit : mamtscrit 26bi\ fol. 343 v°. — d advertirent le roy de la constance et force de l'empereur
et de ses gens, ensembles les préparations qui se faisoints pour estre à icelle bataille.
50 («) Henné, t. VIII, p. 127.
(») Henné, t. VIII, p. 142.
(») Câteau-Cambresis. Cf. Henné, op. eit., t. VIII, p. 145.
(') Le capitaine Nicolas le Borgne : cf. Henné, op. cit., t. VIII, p. 170,
456 CHRONIQUES LIÉGEOISES.
peurenl. et s'enfuirent vers Saint-Quentin. Et quand ce fut lendemain quy
esloit la journée par eulx ordonné pour batailler, on ne trouva Franchois quy
fust demouré, ains avoycnt gaigné tout la fuilte. Quand se vit l'empereur n,
levai son siège et renvoyât force gens d'armes pour assaillir Luxemborgh, et y
fut icelluv siège tant et si longuement que les Franchois se remirent ens mains s
de l'empereur.
A temps propice, fut ordonné la guerre par l'empereur Charte au roy Fran-
chois, son beau-frère et mortelle ennemi, et fuient les Allemangne assistant
l'empereur, leur prince, et l'armée conduicle par le pays de Lorraine, et
furent gaignées places et forteresses ci-devant gaignées '' par les Franchois sur io
le duc de Bar, et y furent prins deux contes r franchois, quy furent menez à
Namur, puis à Bruxelles. Et mit l'empereur son camp devant Lingny en
Barrois, laquel soy rendit.
Après l'empereur alla mettre le siège devant Saint-Désir et y estoit l'em-
pereur Charle en propre personne avec plussieurs nobles princes et grans 15
seigneurs, entre lesquels, à une assault d'ung coup d'artillerie fut attaint le
preux et vaillant prince d'Orenge, dont au tiers jour mourut. Que Dieu absoult
son âme, car s'il eust vescu son cage et continué ses nobles entreprises, il eusl
faict grand proffit au pays et à son prince. Le siège tenu par bonne espace, la
ville se rendit par composition et fut mis ens mains de l'empereur et ses gens 20
d'armes (i).
[Et avant sa mort, il ordonna son cousin Guilleaume héritier de ses biens
et seigneuries, et devant Sainl-Desier il y eut un assault donné, dont il y avoit
dedans un vaillant capitaine et hardy, le conte de Sanserrc, lequel repoulsa
virillemenl les gens de l'empereur. Et ne pouvant plus tennir pour ce qu'il «5
estoit venus nouvelles forces à l'empereur et qu'il n'avoit plus de vivres, il en
adverlil le roy et soy rendit par composition, la lance sur la cuisse, ayant
" ce que voianl l'empereur et que le roy estoit relirré et qu'en la ville il y avoit bon gouverneur et
bien avitaillée des vivres et gens et le temps mauvais et pluvieux envers le mois de novembre... :
manuscrit W', fol. SU. — b usurpez : manuscrit 26bls. — c cent françois : manuscrit 29, fol. 2S6.
7,0
(') Sur la prise de Saint-Dizier, voir plus haut, page ilK.
CHRONIQUE DE PIERRE DE HESDIGNOUL. 457
tenus longtemps] ". Puis après marchèrent avant en France et prindrent
Vitry et furent assé près de Chalon, prindrent et pillèrent Soisson et bruslèrent
maints villages au loing de la rivière de Marne.
[Et de l'autre coslé, l'armée du roy estoit le costoiant et n'y avoit que les préz
s entredeux et la rivière de Marne estoit comme une lice entre ces deux armées
et chacun jour les gendarmes se voyoints de sy près que les Impériaulx, par
dérision, disoints aux François qu'ils allassent à Perpignan et les François
disoinls qu'ils allassent à Carignan, les Impériaulx estants à demy lieue près de
Epernay et les François n'ayant puissance de résister pour ce que leur armée
10 marchoit en ordre derrière l'armée de l'empereur. Et bruslèrent les François
mesme Espernay, qui estoit l'une des riches et gentilles petites villes du pais, et
fut grand pitié pour les pauvres gens qui n'eurrent moien de sauver leurs biens
que en 2 ou 5 jours, et cela fut affln que l'armée de l'empereur n'eust là point
de vivres, et pensoient les François garder Chasteau-Thieri, mais ils furrent
15 prévenus par l'avanlgarde de l'empereur, laquel fut pillée des riches trésors tant
des citoiens que autres leurs \oisins lesquels il y avoints sauvez (*).
Or iceulx deux princes sy proche l'un de l'autre pour chocquer, ils furrent
inspiré à paix au moien d'un simple religieux de l'ordre des frères prescheurs,
divinement inspirez, lequel se transporta vers le confesseur de l'empereur qui ne
20 voullut onc avoir bénéfice pour ce faire et la paix traiter. Ce religieux fut ouy par
l'empereur et tant alla vers l'empereur et le roy de France que ces deux princes
furrents d'accord et firrent paix, chosses plus divines que humaines. On voul-
loil dire que ce avoit esté par le conseil du roy de Hongrie, du duc d'Orléans et
de l'évesque de Metz (2) et plusieurs autres. Quoy qu'il en soit, l'empereur et
23 le roy condescendirent à une paix] a (3), à condition que le roy raroit Saint-
<• Les passages entre crochets sont donnés par le manuscrit S6bi$, fol. 345. Le second est ainsi
condensé par les manuscrits 27, 28, 29, etc. : Ce néantmoins, au moien et pourclias du duc d'Orléans
et de l'évesque de Metz et plussieurs aultres grans princes, l'empereur et le roy condescendirent. . .
(i) Cf. Hennb, op cit., i. VIII, p. 190.
30 (*) Ferdinand I, frère de Charles-Quint; Charles, duc d'Orléans, deuxième fils de François I; Jean IV
de Lorraine.
(») Paix deCrespy,du 18 septembre 1544.
Tome II. 58
4M CHRONIQUES LIÉGEOISES.
Désir, Vitry et les conquest que l'empereur avoit faict sur son pays, et d'aultre
eostéque l'empereur raroit Yvoir, Monmaidy.Dampvillers, Vircton, Chaulvessy
et tout le pays de Luxemborgh, aussy Landrcsy. Etainsy fut la paix faicle; [la
manière cl les conditions ne sont point encor venues à notre cognoissance] a.
Du temps que l'empereur estoit devant Saint-Désir et faisoit ses conquest en 5
France, le roy Angloys estoit au siège devant Bouloingne sur Mer et devant
Moultrcu ('). et tant fut continué le dit siège que Bouloingne fut rendue aux
Anglois, et bruslèrent les dits Anglois quattre ou cineque lieu à la ronde du plat
pays des Bolenois. ce quy fut grand et irrécupérable dommaige. Franehois, mal
patient d'avoir perdu Boulongne, quy est une des conteis dépendante à la ,0
couronne de France, se mirent à faire leur effort et firent trois armée ''. L'une
fut envoyée en Escosse qui favorisoit les Franehois pour guerroyer les Anglois,
et y faisoyent souvent Franehois et Escossois guerre sur les Anglois, escar-
mouche, bataille, rencontre, brusloyent, pilloyent et s'endommagoyent l'ung
l'aullre le plus qu'il pouvoient. La seconde armée françhoise fut mis par mer, «s
assiégeant la ville de Boulongne. La lierce armée françhoise fut mise par terre,
assiégeant Roulongne, et en fut le siège trois mois et demy, et que plus est,
Franehois fortifièrent le bas Boulongne, firent rampars, bastilles, bouleuvert,
fosséz, murailles, et tout ce quy apparlenoit à fortifier, en sorte que ceulx de
Boulongne ne pouvoyent avoir vivre ny assistence des Anglois. Et une fois -°
eurent Italiens charge de mener, conduire et garder ung nombre de trois mil
prisonniers franehois, mais cependant que les prisonniers besongnoyent par
dedrns terre sur Italiens, les dits Italiens eurent intelligence avec Anglois, en
sorte qu'ils délaissèrent le roy franehois, leur maislrc, et prindrent argent pour
servir le roy anglois. En temps que cela se faisoit, les pauvres prisonniers 2S
franehois quy à force de bras besongnoyent, cuidanl surprendre la ville, furent
tous attrapé des Anglois et tous mis à mort.
L'an XV<: et XLV, au commencement du mois de septembre, mourut r
" Passage omis par le manuscrit %6H'. — b et ne voulut le roy d'Angleterre entendre à la paix
sinon en luy laissant lîoutoigne, laquelle paix entre le roy et l'empereur fut publiée à Paris le 20 de J"
septembre 1S44. L'an 1544, sur la fin de novembre, le roy de France mit son armée en campagne
et la répartit en trois : manuscrit S6'1'', fol. 545 v°. — c de peste : addition manuscrits $9 et !6',,s.
(*) Montreuil.
CHRONIQUE DE PIERRE DE HESD1GNOUL. 459
à Paris le duc d'Orléans (4), qui prélendoit par allyance de mariage à la maison
de Borgongne, dont ce fut grand dommaige pour le pays de par deçà, car
il estoit homme bénigne et aymoit paix à ses voisins, mieulx que le roy son père
ny son frère le daulphin, quy sont gens sanguins, convoitant la guerre et
s destruction et effusion de sang christien. L'empereur estant très bien informé
de la mort d'icelluy noble prince tant bien morigère ", envoyai Monsieur de
Molembais (2) en France pour scavoir s'il vouloit tenir les promesse qu'il avoit
faicte quand la paix fut conclud, à scavoir rendre à l'empereur Hesdin, au duc
de Savoyc Turin et ce qu'il tenoit du duc de Savoue.
10 Les Franchois estant au siège devant Boulongne, comme dit est, avoyent
fortifié la basse Boulongne pour plus oppresser les Anglois estant en la hault
Boulongne. Iceulx Anglois avoyent faict une garnison de la thour d'Ordre, assé
près de Boulongne et d'icclle thour travailloyent fort iceulx Franchois en leur
siège. Sy eurent tel conseil les Franchois qu'il assaillèrent icelle thour et
ib la battèrent de leurs bombards et canons, et aussy les Anglois se deffendirent
très bien. Après doncq que les Franchois eurent battu icelle thour à leur
appétit, ils firent a^saull, et fut sy asprement assaillie par Franchois et fortement
déffendue par Anglois. Mais à la longue, les Franchois, comme las et travaillez,
laissèrent l'assault. Adoncq les Anglois vindrent hors d'icelle thour et poursui-
20 vèrent les Franchois, et là y eut fortaspre bataille, car du temps de la batterie,
sortirent Anglois hors de Boulongne et viendrent frapper sur les Franchois par
derière, tellement que les Franchois furent succombez et du tout confondu. Et
y mourut Monsieur de Vcndosme. cbief d'icelle armée, et le fils Monsieur de
Ghuis et grosse, noblesse de France, et on famoil qu'il avoit des Franchois
T6 morts et prins vingt mil hommes, dont la royaulme de France fut fort affoiblie.
Ce fut fait le 12 de septembre 1545.
[Durant ce temps, environ la saint Jean, certains gens de guerres allemands,
tant à pieds que à cheval, vennant d'Allemaignes, et parfaulte d'argent séjour-
nant, les chevaucheurs estants vers Homes et les piétons en Hesbaye, à une
30 " tant bien morigénez et de sy bonne idée : manuscrit S6bis.
(') Voir page 451, note 3.
f) Philippe de I.annoy, seigneur de Molembaix, grand maître d'hôtel de Marie de Hongrie.
460 CHRONIQUES LIÉGEOISES.
lieu proche de Liège, mangeans les païsans, et estoinls assemblez pour l'em-
pereur ou Anglois, mais argents ne courroit point et avoints volonté de sur-
prendre quelque ville, pour leurs intérest et en monstroints aucuneiïois quelque
signe, enfin les païsans se commencèrent à irriter, dont aucunnes gens de
guerres furrent secrètement occys. Ainsy chacun estoit sur sa garde tellement 5
qu'une nuict. vers Sainte- Waulburg, hors la porte, les guets tant Allemans que
de la Cité soy rencontrèrent les uns les autres, eeulx de la Cité qui estoints hors
de la porte viendrents à esmouvoir le guet de la porte tellement que par consé-
quence, attendu que les Allemans s'estoinls monstre en armes, il fut un peu
après la minuict criez alarmes, la cloche sonnant et tambourins, mesmela corne 10
Saint-Lambert, et cbaeun sur pieds vistement aux murs et au marché et messa-
gier vers la ehastellerie de Franehimont qui incontinnent furrents prest en
vennant et marchant une parlie de la nuict vinrent en armes en aides, suivant
la coustume de la cité. Lors les païsans et communautéz en mécontentement
estoints délibéré de nuict de surprendre les gens de guerre, mais sur ses entre- is
faits, vindrent nouvelle que argent estoit venus de la part de l'empereur pour
les piétons et par l'Anglois pour les chevaucheurs. Ainsy lentreprinses laissées,
marchèrent incontinnent non touttefois sans aucuns d'eulx auparavant estre
demourré derrière] a.
Durant ce temps, fut bruict que les Allemans sasembloyent en Allemangne, 20
et on disoit qu'il estoit bien en nombre de cincquanle mil homme, mais pour
avoir vivre, se boutèrent en trois pars, dont Tune s'en alla par Hollande, la
second s'en alla par le pays de Luxembourgh et Lorraine, la thiers s'asembla
ahnthour d'Aix, et faisoyent beaucoup de mal. 11 défendoyent prestres à dire
messe et leur fermoyent les église, et aussy gasloyent et deslruoient toutes les 2a
abbayes et ehassoyent hors les moines et les nonnains, et pilloyenl, mangoyent
et ravagoyent tout ce qu'il rcnconlroyenl tout jus, et entre lesquels l'abbaye de
Siiitit-Cornel fut mengée et ravagée et plussieurs aullres. Et davantaige il vou-
lovent mettre ordre sur les gens d'église à leur appétit et s'assembloyent une
fois le jour entre eulx, à une heure ordonnée, et là faisoyent prescher ung 30
ministre à leur mode, et soy faisoyent acroire que c'estoyenl ceulx quy avoyent
la vraye religion et la vraye foy évangélicque, et se fondoyenl sur les évan-
« Le passage entre crochets ne se trouve pas dans le manuscrit !6hi:
CHRONIQUE DE PIERRE DE HESDIGNOUL. 461
gilles, mais il les interprétoyent d'aultre sens qu'il n'appartient, et défendoyent
à tous ceulx de leur secte de obéyr au pape en nul façon, mais seulement estre
obédient aux Electeurs d'AlIcmangne. Pour lors, y avoit grande craincte et grande
erreur ens pays de par deçà pour iceulx Allemans. II y avoit aulcuns quy
5 disoyent qu'il alloyent servir le roy d'Engleterre, aullres qu'ils alloyenl
devant Maisir mettre le siège en faveur desdits Anglois, aullres disoyent
qu'ils alloyent servir le roy de France pour refurnir son armée qu il avoit
perdu à la dernier bataille eomme dit est. Et on disoit que, à icellc bataille,
la noire bende ayant les noires corselet, que nous appelions frissons et
10 clévois, avoyent esté cause que le roy d'Engleterre avoit obtenu eestc victoire.
Iceulx Allemans, dont nous avons parlé, approchoyenl la cité de Liège (*), dont
les Liégeois en avoyent grande craincte, car on famoit que s'il y venoyent ils
prétendoycnl de piller les églises et les ecclésiaslicques, les procureurs, notaires
et tous practisiens spirituelles n'estoyent point du tous assurez, aussy n'o»toye nt
îs ceulx d'Andenne et leurs voisins, pour les énormes maulx et extorlion qu'il
avoyent faict l'année devant en septembre. Iceulx" Allemans furent srinond de
marcher avant de par leur capitaine etchief, car il estoyent payé par trois mois
de l'or et l'argent du roy d'Engleterre, et ce temps que on les payoit, estoyent
les Franchois devant Boulongne b. Touteffois les Allemans quy estoyent payé,
20 comme dit est, en intention d'aller en France pour faire service au roy anglois
et pour faire lever le siège de devant Boulongne, marchèrent avant et passèrent
l'eaue à Viseit vers la chaulchie, et marchèrent pour servir leur maislre c. Ce
temps pendant, les Liégeois ne furent sans craincte, car il sortirent ' deux ou
trois jours de leur faulse port pour tousiours mieulx conlregarder leur cité.
25 Adoncq fut le siège de Boulongne levez en la manière comme cy après porrés
ouwir. Voyant les Allemans ' que au siège des Franchois n'y avoit fin ny appa-
" l'an 1545, sur la fin du mois de septembre : addition du manuscrit 2G4". — b mais quand ils eurent
perdu la bataille que dessus, ils se levèrent et se départirent le xue de septembre, an que dessus : manu-
scrit 27 — mais quand il eut gaigné la bataille contre les François, ils se levèrent : manuscrit 26^. —
30 c faire service au roy d'Angleterre, leurs maistres et emploier ses angelots : manuscrit 2fiw». — * car ils
interrèrent trois de leurs faulces portes : manuscrits 26b" et 27. — « les Anglois : manuscrits 26bi> et 27.
(*) Le 2 octobre 1545, un mandement fut promulgué à Liège ordonnant à tous les officiers et sujets
du prince de fournir des vivres au camp des Allemands établi près d'Aix-la-Chapelle. (Conttil privt.
Dépêcha, reg. III, fol. 3 v<>.)
462 CHRONIQUES LIÉGEOISES.
rence, allèrent le plus secrelz qu'il pcurent, esloingaant le camp des Franchois
cincque lieue arrière de Boulongne, et illccq firent les Allemans ° ung (rendus *
en sorte que les Franchois ne les pouvoyent nuire, et y mirent force d'artil-
lerie, ce que voyant les vivendiers franchois n'osèrent plus venir pour conforter
l'boest, car les Allemans et Anglois les luoyent et pilloyenl tout leur vivre. Les 5
Franchois firent des sortisse hors de leur force pour déffaire iceiilx Allemans c,
mais par la force du lieu et de l'artillerie, il n'en pcurent venir à hout, et de là
les Franchois furent en grande misère d'avoir du vivre, et en sourdit une
grande pauvreté et famine en l'hoest des Franchois, sy comme la corrente
et pest, sy véhémente qu'il falut lever le siège, et y mourut grand nombre de 10
pauvre gens'. El ainsy, après avoir déchargé Boulongne. ieeulx Allemans, estant
au nombre de quattre mil chevaulcheur, fort bien monléz et bien en ordre et
des piétons, comme on famoit vingt mil, et quy estoyenl tous gens de l'eslilte
pour mal faire et pour gaster pays et destruire pauvre gens, de là marchèrent
assé lentement et petitement, cl tant qu'il arrivèrent en la terre de Florine, où is
il campirent bien l'espace de trois sepmaines et davanlaige. Sy trouvèrent le
chcsleau de Florine dc.-garny, el le seigneur (*) estant fuy en France auprès de
ses amis. Ce néanlmoins, combien qu'il ne trouvèrent point ny vivre ny gens,
nos Allemans y entrèrent, et ce qu'il trouvèrent d'artillerie à eulx propice,
il l'oslèrent hors el l'appliequèrent à leur singulier profit. Et aultres de -20
leur capitaines se boudèrent en l'abbaye de Florine, où il desgastèrent
grandement les biens qu'il y trouvèrent. El quand il convient de partir,
il emportèrent calices, joyaulx el ornemens et tout ce que bon leur sembloit.
Et les pauvres moines esloient constrainct de jeusner pour cause qu'il n'avoyent
que menger, et tout le pays circonvoisin esloit tout pillé d'ieculx Allemans. Les 25
Franchois estant informé de la grosse multitude des Allemans et des maulx
infinis qu'il perpéloyent, il s'assemblèrent grosse multitude, que on estimoit
bien à Irengl ou quarante mil hommes, et sy bien assurez d'iceulx Allemans
qu'il (lâchèrent et abbaltirent bien huict lieue de boys, et on disoit, par leur
" les Anglois : manuscrits 26bu et 27. — '• laquelle ils fortifièrent de telle sorte que... : manu- 30
scrits S6bil et 27. — c Anglois : manuscrit 27. — " et d'autres ainsy comme vous avez entendu :
manuscrit 27.
(«) Claude de Waudémont, seigneur de Florcnnes, de 1558 à 1SSG.
CHRONIQUE DE PIERRE DE HESDIGNOUL. 463
hardiesse avec leur capitaine Monsieur de Longheval, il eussent voulu com-
battre iceulx Allemans. Les circonvoisins, comme Hanuwiers, Brebançons,
Namurois et Liégeois, cstoyent en grand crainte de leur retourne, mais il advint
ce que communément on disl en ung proverbe : « ce que plus on crainct, c'est
5 ce quy moins advient ». Ainsy en fut il, car il descendirent" sans pompe ny
bruict, et sy doulcement en fut-on quitte que on n'at poinet ouy dire qu'il
ayent faicl quelque dommaige à quelque personne. Et on disoit que Monsieur
le gouverneur de la conleis de INamur (d) en at esté cause, dont l'on at bien
occasion de pryer Dieu pour luy, car ils estoient assez fort pour faire heaucoup
10 de pauvres gens, attendu encor le chère temps que pour lors régnoit. Ainsy
s'en retournèrent en leur pays.
En ce temps, sçavoir l'an XVe et XLV, du mois de novembre le dixiesme et
onziesme jour du dit, se deffirent iceulx Allemans, et le bruict csloit communé-
ment que, par le moyen et le pourchas de uostre sire l'empereur, que les deux
15 princes conlendans l'ung contre l'autre, dont la pluspart de la chreslieneté esloit
esmeut, à sçavoir le roy de France et le roy d'Engleterre, y eut trois ans
de trêves paisibles. Et ainsy se retournèrent Anglois à Boulongne, Calais
et Engleterre, et Franchois en leur limite b. Dont l'empereur, ayant espoir
d'avoir mis paix et seureté en ses pays de par deçà, délibéra de voyager en
20 Espaigne. et s'en alla de pays en pays, remonslrans à ses subjects son bon
vouloir et intention, et print congé pour siex ans. F.t sur ce, envoya le conte de
Buren (!) à son beau-frère le roy de Fnince, pour sçavoir s'il vouloil rendre les
pays qu'il avoit promis et sceléz à la paix conclude, à sçavoir la ducheit de
Sçavoye, Hesdin, la rivière de Some, la ducheit de la Haull Bourgongne, et avoit
23 promis de le rendre dedens le saint Jean Baptiste XVe et XLIIII. et il print de
rechef terme de le rendre dedens le einequiesme année XVe et XLV. Quoy
oyant, l'empereur, désirant de laisser ses pays en paix, prolongea son départi-
ment et différa de partir jusque au jour prescript par le roy Fianchoy, affin que
30 ° car ils descendirent en partie par Naraur en batteau sur la rivière de Moeuse et sont sy paisi
blement descendus : manuscrit 2Sbu. — b en leurs pais, terres et franchises : manuscrit 26'Ji*.
(i) Pierre-Ernest, comte de Mansfeld, gouverneur et souverain bailli de Namur, du 9 mai 1 Lit5 au
6 novembre 1552,
(*) Maximilien d'Egmont, comte de Buren.
4G4 CHRONIQUES LIÉGEOISES.
ce ne fusl à recommencer, ainsy qu'il avoil faict quand l'empereur enlreprint
le voyaige d'Argil en Barbarie, et cuidant estre assuré de paix en ses pays; mais
le contraire luy advint, car luy party sur mer, le roy Franchoy usurpa par
violence la ducheit de Luxembourgh, comme cy devant est récité.
De ce temps là que le différent estoit, les Allemans armèrent aulcuns en la s
cité de Liège, et entre les aullres, il y eut ung capitaine quy logeât luy et son
paige avec deux cheval à l'hostel al Waige (*), quy est assé près du pont d'Isle.
Et après deux ou (rois jours qu'il eut séjourné, au vouloir départir, présent son
host, contoit avec son hostesse, et comme il ne se pouvoyent accorder à cause
que son hostesse le contoit trop fort, ou doneque le dit capitaine ne vouloit «o
donner tant que elle vouloit avoir, altricalion eut entre l'hostesse et le dit capi-
taine. Ce que voyant. 1 host prinl ung gobbar et frappa le dit capitaine en
la test. Dont le dit capitaine tirai son espée, et en frappant l'hosl en la main à
laquelle il lenoil le dit gobbar. et le blessât bonnement. Quoy apercevant, la
dicte hostesse saillit hors de sa maison et crya emmy les rues al afforain sy l'i
hault, et tant crya icelle femme enragée quelle esmeut et esebauffa le com-
mun, tellement que le grand peuple s'assembla avec, hache et maclie a. Quand
le dit capitaine vit la commotion et la grande assemblée que on faisoil contre
luy, il s'en alla à l'eslable de ses chevaulx et s'armât et montât sur ung destrier,
et en se déparlant de l'hostel, présenta aultanl d'argent que Ihostesse vouloit *o
avoir, mais la dicte femme, qui esloil pleine de rage, voyant son marit blessé,
aussy à sa request et importunité, le peuple assemblé ne veull obtempérer à la
r.qucst du dit capitaine. De quoy se apercevant, se départit sur espoir de
se délivrer de la fureur de ce peuple. Et luy chevaulchanl et se voyant en dur
et grand péril, se présenta prisonnier et payer une bonne ranson d'or et d'ar- as
gent. Mais le peuple obstiné et eschaulïé, ne craindanl le péril que sur ee
pouldroil advenir, poursuivit le capitaine, qui estoit noble et vaillant homme,
natif de Couloingne, bien aymé des qiiallre Electeurs, les ung armé el aba*tonné,
les femmes avec pierres el cailloux, petis et grans quy le pis faisoit6. Luy (qui)
« avec hace à mâche et le marloye maistre Guis de Canne : manuscrit S66". — » et quy le raieulx 30
faisoit estez réputéz a vaillandise : manuscrit S6b".
(') Cf. Godebt, Liège à travers ht âges, t. VI, p. 4.
CHRONIQUE DE PIERRE DE HESDIGNOUL. 465
estoit réputé à grande vaillandise, tant fut poursuivy que le pauvre homme tout
armez constrainct de saillir de son cheval en l'eaue par desoub la Saulvenier,
et escheut sy mal qu'il tomba avec son cheval en une fosse. Là il y eut ung
homme quy l'assommât dune grosse pierre et l'assenât derière la test a (*), et
s de ce coup luy convient tomber jus de son cheval en la fosse, et illccque, par
force de ce, ip et d'eauc travaillé, mourut ce vaillant capitaine misérablement.
En le tirant hors de l'eaue, furent trouvé sur luy huict cents escus d'or, et fut
enquest faicte de sa mort, et furent trouvez que hommes que femmes, que pelis
que grans coulpable du faicl plus de cineque cents. Et que plus est, les Alle-
10 mans de l'armée devant dit se tindrent assé longuement sur les fronliers du pays
de Liège, prétendant la vengeance de la mort du dit capitaine.
b [J'aye bien voulu escrire ee discours cy mcnlioné pour contenter la curio-
sité d'aulcuns lecteurs, mais il y at d'aultrts quy sont plus véritables, comme
vous orés. Car il est vraye que l'homme d'arme qui s'apelloit Turcq, estoit logé
»s à Saiut-Séverin. Et estant pour ung dimenche du malin armé et prestà monter
à cheval, en comptant par l'hoest son escot, sans mot dire, il le frappa de son
espée et luy couppa sur la table les qualtre doicl desquels il tenoit la croye,
comptant son escot. Quoy voyant, la dame du logis commença à cryer au
meurdrier. Et luy quy avoit son cheval prest montât sus et s'enfuit vers la
20 port Sainte-Marguarille, pensant sortir hors de la cité. Dont venant à la dicte
port, trouva là quelque empeschement. Retournant par devant son logis,
courant vers Saint-Hubert, descendit la Saulvenier, et se mettant en la rivière,
descendit jusque au mollin % et ne pouvant illeeq passer, retournât en hault, au
coing du ;irdin Monsieur Demal d (2), submayeur de Liège, et alla tout à loing
23 des jardins de Saint-Jean, en montant jusque à l'opposite de la maison nion-
o par derrière l'oreille : addition du manuscrit S6b". — b Ce qui suit jusque adjousté ceste dernier
diction est omis dans le manuscrit 26bi'. Il n'appartient pas en effet à lu. relation de P. de Uesdignoul _
— • condist Sainct Jean Molin : addition du manuscrit 55. — d d'Emalle : manuscrit 55.
(*; Cf. un cri du perron du 12 novembre 15i5 invitant les auteurs du tumulte excité dans la ville
30 qui causa la mort d'un soldat allemand à se faire connaître dans les trois jours. E. Fairon, Cartulaire
de la Cité.
(5j Jean Piteit d'Emalc ,échevin de Liège, 1858-1SS1, majeur en féaulé de 1Î539 à 1547.
Tome II. 59
4G(i CHRONIQUES LIÉGEOISES.
sieur le chanoine l'alude ('). Or comme retournant de la dite porte de Saintc-
Marguaritle, il y avoit, au cry des dits liosl el hoslesse, beaucoup de gens sur
pied, et ung appelé Lambert Mareelis, le cuidant frapper de son hallebard,
donna au cheval du dit Turcq ung coup de hallebard, tellement qu'il fut blessé
sur la cuisse, icculx le poursuivant laut oultre le pont d'Isle vers Saint-Jean que 5
de l'aultrc coslé, tellement que derière la brassine du dit Saint-Jean, en jardin
du dit sieur l'alude. il y avoit un grand nombre de gens, cl ens aultres ung
appelle Holleau. Lequel dit llotlcau le ruât d'une pierre et l'assenât en la lest,
tellement qu'il fut renversé jus de son cheval et bientosl noyez pour la pesan-
teur de ses armes quy le jectèrent au fous. Il fut aussy bien prest retiré par 10
pescheurs quy estoyent illccq et porté en la maison iiadou Handaxhe, deuiou-
rant en la basse Saulvenier. De quoy fut faicte enquesl, et fut trouvé par
justice qu'il avoit de son faict son mérite, dont il n'y eut personne cncoulpé.
Que tout le preuve est ainsy advenu, je le sçay bien pour l'avoir en partie veu,
et aussy pour avoir veu l'enquesl el probalion dessus faicte ". Lan XV'LXVIIi, 15
Monsieur le prince d'Orenge, ayant son camp devant la cité de Liège, demandât
avoir raison du susdit faict ou vengeance du susdit Turck, et on luy al envoyé
la eoppie des dits enquesl et probation dessus faicle, avec déclaration de tout le
faict en la mode, comme appert par les lettres desquels j'ay encor la eoppie.
Ce at eslé Adrian le l'ollain (8), greffier de la cité, quy al adjouslé cesle dernier 20
diction 6J.
L'an XVCXLVI, en mois d'avril, se partit l'empereur pour voyager en Alle-
maigne, pour avoir fin avec cest maudite secte luthérienne. Lt on disoil que le
pape ou ses commis devoit y estre aussy, semblablement les cardinaulx,
évesques, prélats ou leurs ambassadeurs, ensemble les roys et prince chrislicns 25
" que tout la preuve : passage omis par le manuscrit 53. — b ce at esté : Passage omis par le
manuscrit 28.
11; Il s'agit probablement de la maison d'Arnold Donnans, alias de l'alude, chanoine de Saint-Jean-
livangéliste, de 1544 à 1503. Il y avait aussi un chanoine de ce nom portant le prénom d'Arnould à
la collégiale Saint-Pierre, depuis 1558. SU
[•i Adrien le Pollain était souverain greffier de la Cité de Liège en 1508. 11 fut dans la suite, vert
1571), un des trois greffiers des Etats.
CHRONIQUE DE PIERRE DE HESDIGNOUL. 467
ou leurs députcis de toute chrélieneté, pour tendre à conclusion et union de
l'Eglise de toute la chréslienneté. Or doncq tout failly et plus grande erreur que
devant, commotion, division, inimitié, guerre entre les princes, dont est bien
nécessaire faire prières afDn que Dieu inspire les princes pour estre bien
5 d'accord.
En ce mesme temps, les Franchois ayant faict forliffler une neuf forteresse
auprès de Boullongne, appelée la JNeuf Boulongne, et y estoyent de par eulx
quattre ou cincq mil bommes en garnison, quy guerroyent incessamment les
Anglois estant en iioulongne. Ung jour les Franchois entreprindrent de la ravi-
l0 tailler, mais ils furent vailamment repousé, détroussé, captivé et tué et mirent
ieeulx Franchois une armée sur le champs assé près dEaweille et firent ériger
une forteresse desseur, combin en ung lieu appelle Mamberfontaine. Encor
firent ils ériger une aullre asset près d'Asteney.
L'an XVCXLVI, fut chère temps de grains, en sorte que de jour en jour
13 remontoit les grains, tellement que après Pasques trois sepmaines ou ung mois,
se vendoit ung stier de frument vingt et vint deux patars, ung muids de speaulte
trois florins et saize patars, ung muids de petit orge quarante siex et cincquanle
patars, dont c'esloil grand pitié et lamentation des pauvres gens (').
L'an mesme, à cause que les Franchois forlifioyent la place susdicte sur leur
20 fronlier, l'impériale Majesté ordonnât de faire limites contre eulx pour éviter
les périls qui sur ce pouldroient advenir. Et (ist fortifier une place sur les fron-
tièrs du pays, appellée Marienbourg, et fut député pour se faire ung vaillant et
excellent personnaige, le bailhy d'Avenue, qui incessamment ouvroit et solicitoit
les ouvriers ° et avoit lousjours sur eulx garde. La famé estoit que le roy fran-
co chois et anglois se pacifièrent et fut la paix faicte en sorte que le roy franchois
devoit récompenser le roy anglois pour ses dépens de la guerre de trois cents
millions, par quoy quand icelle somme serait payés, le roy Anglois serat
tenu remettre ens mains du roy franchois Boulongne et diex ans après ceste
" lequel donnoit incessanient tant de nuiet que de jour aux ouvrières sollicitude : manuscrit S8.
ou \l) y>otT Pa8e ^'" llole 2. Les prix indiqués par P. de Hesdignoul sont comptés en monnaie de
Brabant, c'est-à-dire en monnaie forte.
468 CHRONIQUES LIÉGEOISES.
conclusion, fanlt que le roy franchois ayt tout faict et accomply. Sy fut publié
le présent accord le vendredy devant la penlecouste 1546, à Amiens et à
Paris ".
Cculx qui fortifyoienl Marienbourgh '' ung peu après le saint Jean-Baptist
eurent sy grande disclle de menger que forée fut envoyé vers Perweis en lira- 5
bant et le plat pays pour pourvoir à avoir des bleds pour vivre. Dont la veille
saint Pierre et Paul, Baldbuin Dacoehe ('), jadit mayeur de Metz (*), en amenât
au rivaige de Meuse siex char de grains, quy furent vendu, pour chacun stier,
vingt siex palars de Brabant. Or pour le mener à Bovingne et de là au camp,
quy n'est à doubter que tous despens payez, que chacun stier ne coustoil bien 10
le pris de trengl palar 11 y eut ung chanoine de Sclain quy vendit ving muids
de speuulte. et pour chacun muids en reccut un double ducat d'or castillain,
quy vault quallre florins. Icelle veille Saint Pierre et Paul % Pierre de Ilodi-
gnoul, chanoine de Sclain (3). en escrivant de ce présent cronicques d, et sire
Gille Doudon '. aussy chanoine de Sclain, rencontrèrent sur le rivaige de Meuse is
plussieurs hommes et femmes venant de Chasselct (4) sur Sanibre et de là
environ, avec chacun ung sac sur leurs espaules. Sy leur fut demandé par ieculx
chanoines d'où il venoyent et où il alloyent ainsy portant leur sac. il respon-
dirent qu'il venoyent de Chasselet sur Sambre et là environ, et qu'il aloyent à
Uuy quérir chacun deux stier de spcaulte, pour le rapporter à leur col à Chas- 20
selct et en payer aultant que on leur vouldra vendre, et rendre grâce à Dieu s'il
en pouvoyent avoir pour argent.
« Addition du manuscrit 28, fol 579. — b Saime-Marie en bourgh : manuscrit 28. — c Ce passagt
est omis dans munuscrit 28. — <* en escrivant un semblable cronicq : manuscrit 26''". — » Gille
Dondeu : manuscrit 26''". -S
(•) Cf. l.a lettre de Marie de Hongrie à Cliarlcs-Quint du IN mai INSU, de Makneffe, op. cit., I. III,
p. 182.
(*) Merffe. Baudoin d'Acosse est cité fréquemment comme échevin de Meeffe dans le plus ancien
registre de la Cour de justice de cette communauté (1554).
(s) Sur notre chroniqueur, voir page 450. Gilles Doudon ou Doudou est cité avec Pierre de 30
Ilesdignoul dans un acte du 15 janvier 1545 (voir Barbier, Histoire du chapitre de Sclayn, p. 343) et
dans un acte du 23 juin 154!) (Collégiale de Sclayn, aux Archives de l'Etat à Namur).
(*) Châtelet.
CHRONIQUE DE PIERRE DE HESDIGNOUL. 469
L'an raesme, l'empereur fit amasser grosse quantité de gens d'armes en Alle-
maigne pour faire la guerre à un gros Hans (') qui s'appeloit lantsgrave van
Hesse a, et est eestuy là quy tient tous les Lulhéricns en leur mauldict opinion.
Et on craindoit fort qu'il y eusl intelligence avec le roy de France et que de ce
s ne sourdist une guerre entre les Franchois et le pays de par deçà cl aussy
à cause que les Franchois se fortifioient sy fort sur leurs limilles, comme la
majesté impérialle lit manifester avec ferme propos et déclaration de résister
audits princes et aullres seigneurs estant rebelles et désobéissants a Sadiclc
Majesté, avec l'entreprinse et précipité quy ne sont venu à cognoissanec de per-
10 sonne jusques au présent \
Pour l'effect, il y at qualtre jours que les colonels et capitaines sont
despechéz, à sçavoir le marquis de Malignat d et le seigneur de Chausbourg e
pour lever quarante enseignes de piétons allemans et des gens de cheval,
pour estre prest sur la fin du mois de juiliette prochain (2). Le pape
13 envoyât à la court de l'empereur le duc Camarin avec douze mil Italiens
et mil chevaulx léger et oullrc trois cents mil escus d'or (3). Sa Majesté faict
venir de Hongrie et du royaulme de Naples la garnison espaignoul, au
nombre de huict mil avec mil chevaulx légers hongrois, oultrc ce que le conte
de Buren doit lever une armée de pied et de chevaulx pour le mettre en eflecl,
20 et pour le tout estre prest sur la fin du mois de juiliette (2), quy passeroyent
ensemble soixante mil hommes.
Sa Majesté at demandé à lantgrave van Hesse de relaxer le duc de Bruns-
3 au duc de Saxe et le lansgrave de Hesse, luthériens : manuscrit 36hi' — * Additions du
manuscrit S8. fol. 579. — c Le manuscrit 26hu omet ce qui suit, après avoir donné l'avis suivant:
25 et l'empereur les deffit et print prisonniers et menuéz en Brabant, comme plus au long se pourrat
par les curieux rechercher par les histoires sur icelles guerres faites que je laisse pour éviter
prolixité. — ■* Marignan : manuscrit 38. — • Hausbourg : manuscrit 28.
(i) Philippe, dit le Magnanime, landgrave de Hesse de 1K09 à IS67.
(>) Ces passages semblent indiquer que le chroniqueur écrivait au jour le jour.
30 (',) Dans une lettre à Marie de Hongrie, Charles-Quint écrit que le pape offre de fournir à ses frais
12,000 piétons italiens, 800 cavaliers et un subside de 200,000 écus. Cf. He.vse, op. cit.. t. VIII,
p. 28.
470 CHRONIQUES LIÉGEOISES.
wick (J) et luv restituer son estai et aussy tous les biens usurpé de l'église, dont
on attend la responce (2).
Les villes se humilient " au service de l'empereur, dont tous les adversaires
sont estonnéz d'une sy subite enlreprinse, à laquelle Sa Majesté prépare de son
eoslé ung effort admirable, résolu de faire venir le dit lanlgrave condescendre s
à la raison, à quy tous les princes calbolicqucs se disposent aussy, avec une sy
grande amas de gens de guerre qu'il ne veulent rien espargner (*).
Au premier jour d'aoust an XVe et XLVI, environ douze heures à minuict,
cheut la fouldre sur une tbour de Malines, où la pouldrc de la provéance tant
pour l'empereur que pour la ville estoit. et bruslal la dicte thour et bien deux 10
cents maisons à l'environ. Et à cause que e'esloit de nuicl et que chacun estoit
au lieu de repos, il y eut moult d'hommes, femmes et enfans brusléz, dont ce
fut grande pitié. Et trois jours après, sortit un homme hors d'une cave deman-
dant si le monde duroit encore b (3).
En ce temps, fut que l'archevesque de Coulloingne (4) estoit favorant à celte «s
mauldicte et damnable secte luthériane, et estoit allié avec le lantgrave van
Hesse, un conte palatin (5) et au duc de Mois, mais de Dieu inspiré, il se
repentit et se rendit coulpable en pryant Dieu mercy et vint au pied de
sa Majesté Impérialle requérir pardon, et après qu'il eut obtenu son pardon, il
donnât assistence à l'empereur de son pouvoir et savoir pour résister audit 2e
luthériens.
Le redoubté et vaillant prince le conte de Buren boutât sus une armée
à pied et à cheval, et avec luy le renommez capitaine Marlin van Rossem et se
tiendrent assé longuement sur le Rhin, par faute qu'il ne pouvoient passer
0 se sont humilié... : manuscrit 28. — b Addition du manuscrit 28. 25
(i) Henri IV, duc de Brunswick, de 1BU à 1868, avait été vaincu, en I H42, par l'électeur dcSaxe et
le landgrave de Hesse, dépouillé de ses Etats et fait prisonnier. Il fut délivré après la victoire de
Charles-Quint à Mulhberg, le 24 avril tb'47.
(») Voir note 2 de la page précédente.
(J) Voir page 419. 3rt
(*) llerinan de Wiedc, converti au protestantisme en 1840, déposé en 1546.
(5) Frédéric II. Pour le landgrave de liesse, voir page 469, note 1.
CHRONIQUE DE PIERRE DE HESDIGNOUL. 471
oullrc, mais par cauteleux moyen et subtilité tendrent conseil ensemble et,
environ la my aoust an que dessus, passèrent oultre et le lantsgrave van Hesse,
de ce adverty. envoya une grosse quantité de ses chevnuîeheurs et piétons en
nng villaige assez près où le conte de Buren et son année estoit cuidant le sur-
s prendre, mais icellni conle de Buren, bien advisé de leur entreprinse, envoya
Martin van Rossem avec bonne quantité d'Fspnignouls, lesquels allèrent faire
une embùclie par bon moyen, ignorant ceulx qui estoyent audit vilaige, gens
dtidit lantgrave. Et à une certaine beure limitée, le conte de Rurcn et ses gens
frappèrent sur iceulx Allemands d'un coslé et le capitaine van Rossem de
10 l'antre costé frappât sus eux. dont furent enclos Icsdis luthériens et furent telle-
ment combattus et assaillis que tous y furent occis.
Quoy oyant, icelluy lantsgrave van Hesse, avec le remanant de ses gens,
recula bien trengt lieues arrière et le conle de Buren marchit lousjours selon la
rivière du Rhin tant que luy et son armée furent conjoints ensemble avec
l'armée de l'empereur. Sy approcha Martin van Ros«em, avec son armée, une
petite bonne ville à laquelle il y avoit un fort chesteau quy sappclloit Andpr-
nach et demanda d'avoir passaige luy et ses gens au travers d'ieelle ville, ce
que fut accordé à condition que il n'y entreroit que deux compagnies à une
fois, ce qui fut conclud, et y entrèrent deux enseignes des cens Martin van
20 Rossem. et quand il furent entré dedens ladicte ville, avallèrent les resteaux et
occirent tous ceulx qui estoyent entré dedens. Adoncq Martin van Bossem
advertyt le conte de Buren de son accident et malfortune; dont ledit conte de
Buren envoya force gens audit Martin van Rossem et assaillèrent ladicte ville
en sorte qu'il l'emportèrent d'assault et le chesteau aussy et mirent à l'espée
28 hommes, femmes et enfans et pillèrent la ville où ils trouvèrent des grands
trésor d'or et d'argent et autres richesses qui leur servit bien à propos et puis
bruslèrent ladicte ville et chesteau qui estoit du patrimoine au duc de Hols.
En ce mesme temps, le conte palatin (') ayant espousé la nièpee de l'empe-
reur, fille au feu roy de Dannemarck, s'en vint rendre à mercv a son oncle
30 l'empereur et par bons moyens fust réduyct et remis en grâce, luy, son pays et
(') Frédéric, comle palatin, avait épousé, en 1552 Dorothée fille du roi Christian de Danemarck
et d'Isabelle d'Autriche, sœur de Charlfs-Quint.
472 CHRONIQUES LIÉGEOISES.
ses sobjccts et son armée, donl l'exercite de Sa .Majesté Impérialle fut d'imitant
renforcée et les Luthériens d'anltant ramoindris.
Item par toutes les Allemaingncs, là où que l'empereur cstoit obéy, furent
envoyés mandemens expresses commandant que tous ceulx des subjets de
l'empereur qui estoient allé servir le lantsgrave van Hesse fuissent bannis s
hors des Allemangnes, eulx, leurs femmes et enfans, à toujours et leurs biens
confisqués.
En ce temps, reviendrent de Rome quattre elereques qui estoyent du pays de
Haynault, lesquels s'estoyent faict consacré prestres à Home, et revenoyent au
pays auprès de leurs amis pour célébrer leur premier messe. Et en passant par les m
Allemaingncs, furent faict prisonniers par les Luthériens, et on trouva sur trois
les lettres de prestrisse et bénéfices, et pour ce furent condamnez à eslre noyez.
Et fut l'ung d'iceulx les mains Iyées au dos et jectéz en la rivière, et les deux
aullres, après estre bien lycz, furent enclos dedens ung sacq et ainsy jeelé en la
rivier. Le quatriesme d'iceulx clereq, consacré prestre comme les aultres, ts
touleflbis ne furent trouvé sur luy aulcunc lettre de prestrise ny bénéfices,
à cause que paravant les avoit renvoyé au pays, et aussy à cause qu'il avoit
à sa couroye des ciseaulx de parmentier, il fut détroussé et despouillé, et ainsy
le laissèrent aller. Lequel en revenant se complaindit au conte de Buren, quy
luy bailla ung escus pour retourner au pays, et ceulx de Coulloingne luy 20
baillèrent ung sayon pour couvrir son corps tant qu'il fusl au pays. Iceulx
Luthériens disoyent en leur devise que l'empereur a cstoit le capitaine des
prestres et point empereur, et qu'il alloit contre l'empire en tant qu'il
soustenoit l'Eglise et les prestres d'icelle.
L'an XVe et XLYI, au mois d'aonst, le seigneur de Hoingnart, avec ses satel- 25
lites, se bouttat sus et s'en allât auprès de Hens en Champaigne et pillât quinze
villages tout ce que y trouvât et on famoit qu'il avoit pillé et bien gasté plus de
quinze cent charrées de bleds, et prindrent force prisonniers, entre lesquels il y
avoit ung abbé qui fut vint deux jours en prison et après estre rançonné, fut
relaxé. 30
« l'empereur n'esloit poinct empereur et qu'il alloit contre l'empire d'autant qu'il soustenoit
l'empire romaine et englieses, mais l'appelloient le capitaine des prestres, dont ils furent bannis les
chieffs et auteurs de ce malheure : addition du manuscrit 29.
CHRONIQUE DE PIERRE DE HESDIGNOUL. 473
En ce mesme temps, fut bruict que certains capitaines, avec vingt mil
Franchois, tant chevaulchers que piétons, allèrent en Allemaigne en l'assistance
de sa Majesté Impérialle et n'avoyent argent de leurs gaiges avec eulx, mais
quand ils furent là, ils se tournèrent avec l'ennemi de l'empereur.
s L'an mesmc, au mois de septembre, vindrcnt nouvelles à Namur que lants-
grave van liesse et son armée furent sy entreprennant et présomptueux qu'ils
vindrent sy près de l'armée impériale qu'ils tiroyent des grosses pièces d'arleil-
leries contre l'empereur et son armée et furent bien tirés jusques à siex ou
sept vingt coups. Toultcfois, avec la grâce de Dieu, ny furent occis que deux
to bommes impérialles. Adoncq l'empereur, qui avoit faiet préparer quatre plattcs
formes sur lesquels estoit l'arteillerie impérialle, la lit tirer illecq contre le
lantsgrave et son exercite, en sorte que siex vingt hommes ont esté tués.
Adoncq les Espaignols vindrent en façon de aeille et frappèrent sur icculx
Luthériens, en sorte que le lantsgrave et Luthériens furent deffaicl et rué jus.
t3 L'an mesme, fut érigée par les Anglois une nouvelle ville à une. lieue près
de Boulongne, nommé Lambelteuze.
Le roy franchoys envoya ung ambassadeur envers le roy d'Engleterrc luy
priant de luy faire ccste honneur de vouloir aller en Fiance et lever et estre
parin d'ung sien filz, dont le roy anglois, entendant ce, eut tel conseil qu'il y
20 envoyeroit au nom de luy ung des siens barons, mais quand il fut en France,
il fut arresté, quoy entendant le roy d'Englelerre s'en vint assaillir la neuf
Boulongne que les Franchois avoyent par cidevant fait édifier et la prindrent
d'assault.
« 0 nation franchoise quy du sang troyen procèdes, souvienne toy de
23 » la lignée dont tu es, regarde Testât où tu es, qu'il te souvienne du temps
» jadis, roy franchois; devant Paive, tu fus arresté. Tu le cognois, oneque en
» ta lignée ne vint à toy tel desroy. En Espaigne, le langaige tu as prins et,
>» vaille quy vaille, l'empereur se trop fyant est venu au travers de la France
» où fort triompbament a esté receu. Dieu merci, pour ceste fois, la fortune
30 » est bien venue. »
Sur la fin de septembre an que dessus, le lantsgrave voyant que l'empereur
ne s'accordoil à donner bataille, craindant effusion de sang, comme un vraye
prince doit faire, s'approchât si près de l'armée impériale que force estoit
Tome IL 60
474 CHRONIQUES LIÉGEOISES.
de fuir ou comlialtrr ou reculer. Dont l'empereur eut tel conseil, voyant le
temps poinet propice pour ce f:iire, qu'il reculât luy et son armée, mais ledit
lantsgr&ve, imaginanl que ladictc reculée se faisoil de peur, soy advansisl et se
mist sy près de l'armée de l'empereur que force fut de donner bataille et fut
donnée en sorte que beaucoup de gens d'un;* costé et d'aullre y demotirèrent. 5
Et sy disoit-on qu'on avoit publié au son de trompette, en la ville de Namur. le
quatriesme jour d'octobre, que des Luthériens et de leur partie en esloyent
mort trengt quattie mil. Fit le lantsgrave et le résidu de ses gens se retira trengl
lieues arrière de l'armée impérialle. Il fut rapporté que ieclle bataille s'estoit
faicte d'aullre sorte que devant n'est mentionné, à savoir que quand le landgrave ,0
agresseur eut faict tirer son artillerie point petitte, car on l'estimoit à cent
et cinquante " grosses pièces de cannons, sans y comprendre les serpentines,
mortures, volcans et menues arteilleries sans nombre, accompagné de deux
cents mil bommes, quand ils eurent tiré et faict leurs efforts de leurs arteil-
leries, adonc l'arleillerie impérialle fut tirée et à grande peine cessée que ,s
ledit lantsgrave, esmeu et escbaufé. luy et ses gens, soy frappèrent sur leurs
ennemis en sorte qu'il fut force à l'exercite impériale y obvier et résister.
Ft durât la bataille, comme on famoit, environ douze heures et tellement
y fut combalu et milité, avec l'aide de Dieu et de Saint Ceorges, que les Luthé-
riens y furent succombé et comme il se cuidoient retirer en leur fort pavilhon s0
et charrov, vint monsieur le comte de Buren sur le costé qui ne leur permit ne
donnât terme ne lieux pour eulx reposer, sauver ny garanlier, ains eulx tous
frais frappèrent sur ieculx maudicts Luthériens. Quand ils appareeurenl que
c'esloit leur fin et permission divine, comme désespérés, se désemparèrent et
desjoingnirent en la sorte que ung chacun fuyoit ça et là pour sauver leur vie 2S
et abandonnant tout comme tentes et pavilhons, or et argent, baghes, usten-
silles et arteilleries et tout ce qu'il avoyent, dont nos gens en furent fort
enrichis.
De ce temps que tous ses entrefaicl se passoyent, venoit encor à l'assistence
du landtgrave un prince d'Allemangne avec hutet mil hommes tous frais, espé- 30
rant y venir conforter les Luthériens à la bataille; mais quand ils sceurent
■ 250 -.'manuscrit S8.
CHRONIQUE DE PIERRE DE HESDIGNOUL. 475
certaines nouvelles de la bataille, qu'elle estoit perdue pour eulx, ils se retirèrent
là assez près en une bonne ville et l'empereur, estant de ce adverly, envoya
incontinent mettre le siège devant ceste ville et y fut si longuement qu'ils furent
tous affamés et assubjectis à la volonté de noslre prince naturelle. Est encor
s à noller que l'empereur fit semour ceulx de Francfort d'enlx réduire à la foy ou
donc rendre la ville à sa volonté et subjeclion, dont ils furent rebelles et
désobéissants, mais l'empereur, sachant leurs maudites et perverses opinnions,
se confiant en Dieu, se délibérât de y mettre le siège, et le fil après qu'une
espace de temps y eût esté, sachant qu'il avoyent en ladicte ville faulte de
10 vivres, y fit donner l'assault et sachant, les gens impérialles, le grand trésor
qu'il y avoit en ladicte ville, eulx confiant au bon vouloir impérialle, soy
adventurèrenl leur vie tellement que du premier assault icelle ville fut prinse
et hommes et femmes, enfans et gens de guerre, petits et grands, furent mi9 à
l'espée et après à pillaige, et le dormir ne valoit guères, car chacun besoignoit
15 pour son affaire.
Au mois de décembre, fut raporté en la ville à Namur que le lantsgrave
envoya ses ambassadeurs vers le roy de France, pryant d'avoir de luy et de son
royaulme assistenec contre l'empereur. Mais le roy, par l'advis de ses conseil-
liez, respondit susdits ambassadeurs qu'il ne vouloit déITendre l'empereur de
20 corriger ses subjets. Tccluy lantsgrave, se voyant despourveu de l'ayde du roy,
envoya vers les Turcs, requérant assistance contre l'empereur, mais iceluy
respondit qu'il avoit tresves avec l'empereur et qu'il ne les vouloit point briser.
Quoy voyant, le lantsgrave se partit secrètement de ses gens et, avec cineque
cens cheval, se retira en son pays, lequel on famé estre inaccessible, mais le duc
25 de Saxe, son allié, ne se pouvoit retirer ny sauver à cause que l'empereur estoit
au dessus de son pays. Aprochant l'hiver, sa Majesté et son armée, avec
l'armée du conte de Buren, conquestèrent de force aulcunes villes et aulcunes
se rendirent soubz obéyssance jusque au nombre de trengt bonnes villes".
L'an 1547, environ la Chandeleure, fut raporté des Italie que les Franehois
30 ° Et disoit-on qu'il y avoit 30 bonnes villes es Allemar.gnes, tant petites que grandes, qui, tant de
force que autrement, s'estoient mises soub la puissance de Sa Majesté impérialle : manuscrit 28,
p. 383.
476 CHRONIQUES LIEGEOISES.
avoicnt prétendu sur la ville et la cité de Gcnncs en Lombardic et on disoit
qu'il y avait un capitaine qui tenoit le chasteau et un aullre capitaine qui prési-
doit dessus la ville et un troisième capitaine, qui csloit admirallo de la mer, et
iceuk trois capitaines cstoienl alliez du linaige ensemble et estoient souvent
ensemble, comme parcns et amis. Or il y avoit un conte qui se tenoit en ladicle ri
ville de Gennes, lequel estoit fort familier à iceulx capitaines, tellement qu'il se
monstroyent signes d'amour l'un avec l'aullre. Dont advint un jour qu'iceluy
conte, ayant conspiré contre iceulx trois capitaines, se trouvoit en la ville de
Genne avec huit cents musqué tiers " ou environ, ses fauteurs et complices, et
de nuit, le plus secrètement qu'il peut, envoya aucuns d'iceulx à l'hostel du »o
capitaine de la ville, luy laissant assavoir qu'il se levast de son lict, car grosses
nouvelles estoient survenues en la ville. Quoy oyant, ledit capitaine se levât en
sa chemise, avec sa robe de nuict, pour venir parler à iceulx et, l'huis de sa
chambre ouvert, entrèrent iceux trahistres et occirent icelluy capitaine et ses
serviteurs, autant qu'ils en trouvèrent. Puis vindrent autant devant le chesteau, t»
appelant haullement le capitaine d icelluy, et estoyent apprins iceulx dits mus-
queliers que incontinent que icelluy capitaine seroit venu du chesteau à la
fenestre pour ouyr leurs nouvelles, ils debvoient tirer vingt à trengt tout d'un
coup contre icelluy affln que sy l'ung défaille de l'attendre ou tuer, que l'aultre
le puis redresser ce quy fut faiet. Mais Dieu ne permist tant de maulx et il ne 5<>
fut altaint icelluy capitaine; il induict depuis à sa garde et ses gens de bien
garder son chesteau eteulx se mettre en deffence [pour garder la place] ".
Voyant icelluy trahistre avoir failly le second capitaine, vindrent hors de la
ville en la naviere où avoit accoustume de reposer mr l'admirai, le tiers capi-
taine. Mais ayant entendu le bruict des liarquebousiers en la ville devant 25
le chesteau, se doublant de trahison, s'estoit mis et retiré en une petite bar-
quette sur la mer et iceulx Francliois venants en la naviere, ne trouvant seule-
ment le Met d'où il s'estoit nouvellement levé, mirent tous ses serviteurs à
l'cspée.
Apercevant icelluy conte son entreprinse faille et descouverte, se retira luy 30
"harquebusiers : manuscrit 28. — b Addition du manuscrit 28.
CHRONIQUE DE PIERRE DE HESDIGNOUL. 477
et ses gens sur un coing de la ville et se rengèrent lesdis Iiarquebusiers en
bataille, mais iceulx de la ville se retirèrent au marché et s'assemblèrent avec
serpentines et grosses arteillerics et. à grande puissance, marchèrent en bataille
et par bon ordre [contre ledit conte et ses faux trahistres et Iiarquebusiers] ".
s Icelluy conte, voyant la force contre luy et leur trahison ne pouvoir profiter,
se retirèrent hors la ville ens forces et seigneuries dudit conte.
En ce temps, on avoit famé que le roy d'Engleterre avoil payé le tribut de
nature (*). L'empereur, de ce adverty, s'en alla en Englelerrc à cause de la fille
du [roy] trespassé, car elle esloil fille de sa lante, [et sa cousine germaine] a.
io En ce temps, M. de Hochstralen (2), gouverneur du pays de Gueldre, ayant
receu lettre de Sa Majesté en présente de plussieurs genlilhommes et seigneurs
du pays, où il proposa, devant tous, le faict de Bus et de sa trahison. Dont entre
les aultres Monsieur de YVel, gentilhomme et seigneur audit pays, dist à Mon-
sieur de Hostratte que s'il eust eu Monsieur de Bus entre ses mains, il eusl plus
15 pugny que n'avoit faict l'empereur. Par quoy Monsieur de Hostratte demandât
en la présence des aultres, sy d'aventure on trouvoit encor ung tel, ce que on en
devoit faire. A quoy Monsieur de Wel respondil que on le debvoit griefvement
pugnir à l'exemple d'aultruy. Dont Monsieur de Hostratte tira une lettre ou deux
escrile de la main Monsieur de Wel, qu'il avoit envoyé à lantgrave pour faire
-0 rebeller le pays do tJueldre, et comment il avoil entreprins assaillir de trois
eosléz les Impérialles, à sçavoir de Lantgrave, du roy de France et des Guel-
drois, et luy demanda s'il vouloit nyer ses lettres, lesquelles Monsieur de Wel
ne refusât, mais requis miséricorde et fut constitué prisonnier. [El n'est possible
qu'il n'y ait encor plussieurs semblables et le duc de Wiltenberg a donné ses
25 lettres à l'empereur et a divulgué tous ses entreprises et n'est à doubterq ue
Dieu n'y ait labouré et pourveu] n.
* Addition du manuscrit 28.
(i) Henri VIII, roi d'Angletirre, mourut le 2'.) janvier I15J7. Il laissait de sa première femme
Catherine d'Aragon, tante de Charles-Quint, une fille Marie, qui devint reine après Edouard VI
30 en 1553.
(*) Antoine I de Lalaing, comte de Iloogstraeten.
478 CHRONIQUES LIÉGEOISES.
En ce temps, fui Strasbourg réiluillc à l'obéissance de Sa Majesté. Il fut
raporté par un noble gentilhomme de la court et famille de l'empereur, appelé
Alr de Monceaux, au mois d'avril 1547, comment le comte Maurice, estant au
service de l'empereur, avoil eu bataille contre Je due de Saxe, mais ledit comte
Maurice et son exercile fut succombé et fut le duc de Saxe victorieux. Ce aper- 5
cevanl, les Bohèmois se retirèrent du service de l'empereur, donnant faveurs
et aides au due de Saxe et fut bruict qu'ils voulurent couronner ledit duc
empereur ^ mais la Majesté Impériaile, usant de prudence et conseil, par
évident provision, reboutal sus une nouvelle armée et en fut derechef
conducteur ledit conte Maurice, lequel vint présenter la bataille au duc 10
de Saxe, en sorte que les armées se joindront et obtint le conte Maurice
la victoire et fut succombé ledit duc de Saxe et son exercile. dont lesdits
iiolièmois voyant avoir fally de leur enlreprinse et rébellion , vindrent
pryer merci à la Majesté Impériaile, lequel, en suivant sa clémence, leurs
pardonna. is
L'an XV'XLVII, le pénultième de mars, mourut Franchois, roy de France,
et fui faîne que après sa mort, le daulphin son fils se appareilloil pour recepvoir
la couronne royalle à Reims, le troisiesme jour de mai après ensuivant. Et on
disoit que le roy futur avoit envoyé vers la Majesté impériaile nobles et magni-
fiques ambassadeurs, en iuy pryant avoir amour avec luy, luy promettant 20
service et ayde d'or cl d'argent, de gens de guerre à pied et à cheval, s'il en
avoil affaire. Et touchant des différents qui pouldroient eslre advenus entre
culx tant pour la ducheit de Milan, la ducheit de Savoye, les royaulmes de
INaples et Cécile [que de la rivière de Somme] ", de la ducheit de la haulle Bour-
goigne, de llcsdiu, comme pour le royaulme de iNavare, il pleust à sa Majesté 23
Impériaile eslire vingt hommes sages [et discrets]'' en son pays et ledit roy futur
eu prendroil aussy vingt en son royaulme et tout ce qui seroil par eux faict et
accordé promettoit de le tenir, garder et observer et de le faire garder en tout
son royaulme à lousjours.
L'an mesme, au mois d'avril 1547, vingt gentilshommes se partirent de
Boulongne qui estoient ponr la partie des Franchois b et vindrent au lieu 30
« Addition du manuscrit 28. — '' Anglois : manuscrit 28.
CHRONIQUE DE PIERRE DE HESDIGNOUL. 479
de Hesdin, tous blancs armés, faire bonne chère avec les seigneurs de la garnison
de Hesdin, qui se lenoyent pour le roy de France. Dieu veuille que tout amitié
se puisse entretenir (1).
L'an mesme, fut par sentence du pape l'archevesque de Cologne privé de son
5 archevêchée et tous ses autres bénéfices.
L'an mesme, continuant la guerre entre l'empereur et les autres princes de
l'Empire, fut une bataille faicte contre le duc de Saxe, dont il fut pris et ses
gens déllaicls. Par après, l'autre principal chef, le landgrave de Hesse, qui fut
aussy par subtilité prins prisonnier par l'empereur avec grand nombre d'arleil-
i0 leries, lequel fut emené auprès de l'empereur et de là furent conduits et menés
le duc de Saxe et le landgrave de Hesse en prison en Braibant. (Manuscrits 28
p. 586; 96, p. 292; 97, fol. Ï99 V.)
Le roy Henri de France, au commencement de ceste même année [1552],
vint sur les fronlicrs; de quoy craignant, le pays de Liège esleva une compaignie
15 de cbevaux et quatre de pieds pour garder le pays et, en quareme, le roy a prins
son chemin vers le pays de Loraine et illec tellement exploité que la ville de
Metz, laquelle autrefois a esté vendue par Godefroid de Bouillion aux bourgeois
et laquelle ils avoienl tenu comme seigneurs jusques à présent, luy a esté livrée
et rendue. Ayant laissé garnison dedans, il tira avant en Allemagne avec son
20 armée, suivant l'alliance faicte entre luy et aucuns princes, jusques auprès de
la ville de Spire, et ses autres alliées esloient du coslé d'Ausbourg prétendant
de prendre l'empereur, tellement que force luy fut de fuir et ceci avoicut-ils
basti aflin qu'ils peussent ravoir les deux prisonniers qui esloient en Drainant,
assavoir le duc de Saxe et le landgrave. L'empereur estant poursuivi finable-
23 ment, Ferdinandus y donna provision, car, par son moyen, la paix fut faicte
('•) Le manuscrit reprend en^uile pour l'année 1847, le texte du manuscrit 2 public ci-dessus,
page 420. I.a succession des deux notices sur le même fait montre à l'évidence que le copiste aban-
donne un manuscrit pour reprendre l'autre.
480 CIIKONIQUES LIÉGEOISES.
avec tel Iraicté et condition que les deux prisonniers seroient relaxé, comme là
après ils furent ('). Or Maurice quitta les armes et ses gens furent retenus par
l'empereur et Albert de Bradenbourg avoil Iraicté son cas avec l'empereur,
nonobstant qu'il n'en fist semblant pour aller dccolcr le roy, mais le roy, estans
les deux prisonniers relaxé et voyant en Albert ses faicls, s'est retiré, car s
il entendit que les Bourguignons avec une armée violente entrer en France,
ayant desja encommencé, mais entendant que le roy retournoit, il se sont
retiré et le roy, arrivé au pays de Luxembourg, a gaigné Damvillers, puis la ville
d'Yvois par après at esté rendue. Lors a esté courut le pays de Luxembourg,
pilliant et bruslans, mais les Bourgtienons vers le quartier de Ilaynaut sont 10
entré en France, pilliant et bruslant le plat pays merveillicusement. Dont le roy
avec son armée liaslivemenl laissa le pays de Luxembourg et vint pour débeller
les Bourguenons ou le repousser, de sorte que, de ce advertis, se retirèrent bors
de France. Le roy Henri les poursuivit jusques à la ville de Chimay en Ilaynaut,
que les Franchois prindrenl et bruslèrent et autres plusieurs villages à l'entour. 15
Delà mirent le siège devant Bouillion aparlenanl à l'évesque de Liège, qui après
avoir esté battu d'artilleries, fut rendue par le capitaine Gulliamc, bastart de
Horion, qui avoit esté en garde d'icelle forteresse environ l'espace de 50 ans,
et l'a rendu luy et ses compaignons et leurs biens saufs, demeurant toute la
munition en place, à raison de quoy fut prins en chemin par ses gens mesme et 20
amené en Liège où son procès luy estant faict, il fut décapité, comme voirez
ci après. La date de la reddition dudit chasteau de Bouillion est contenue en les
vers composé par Jacques de Bouloingne, greffier de Liège (*).
En ce temps, ayant l'empereur amassé gens de guerre de diverses nations,
comme Espaignols, Italiens, INéapolitains, avec les Allemans qu'il avoit de îs
de l'armée du duc de Maurice et estant d'accord avec les princes de l'empire, at
fait marcher son armée vers Loraine, tellement qu'estant proche de la cité de
Mets, luy sont encor venus joindre grande armée des Frisons et autres pays bas,
de sorte qu'estans tous ensemble, estoient en nombre de cent mil hommes. Si
est allé mettre le siège devant ladite ville, que les gens du roy lennoient. 30
(•) Traité de l'assau.
(*) Voir 1116111e relation, page 42C.
CHRONIQUE DE PIERRE DE HESDIGNOUL. 481
La cité estoit pourveue et munie de bons capitaines esleus de bonnes maisons,
comme cclluy de Guise, général qui avoit surintendence de la gendarmerie de
chevaux et de pieds, Pierre Strossy, constitué aux affaires des fortifications et
amonitions, et bonnes gens de guerre, car le roy recognoissoit qu'en laissant
s grosse garnison derier, il pouldroit beaucoup nuire à cieux de l'empereur
et ausi pensoit l'empereur que s'il les laissoit derrière, ils porteroient grans
dommages à son armée, tellement que la propre nuict de la Toussainct, le camp
a esté assis et puis les canons ont battu et des assauts donnés, la ville deffendue
d'approches par loing et sallies que cieux de dedans faisoient souvent fois, et
10 entre ces faicts, survindrent grandes et aspres froidures et gelées, pluives et
nèges et mauvais temps et plus quasi que de coustume. La cité se fortifioit de
jour en jour par cieux de dedans, grans et petits se deffendoient soigneusement
contre leurs ennemis et les gens de l'empereur, ainsi morfondus, sans préjudicier
ri^n ou bien peu à la cité, les gens du champ de l'empereur vindrent à eslre
13 infectez pleins de maladies et engelés ~'_ en mouroit chacun jour un grand
nombre. Ainsi continuant jusques au Noël, estant trouvés et veus plus de
quarante mil hommes morts et la pluspart malades, alors fut ordonné de laisser
la cité et lever le champ, ce qui fut faict es festes de Noël,
Du temps que le champ estoit encor là, les Haynniers et Flamens prindrent
20 Hesdin, mais subitement les François leur firent quitter la place et coururent
le pays de Haynaut. Et sur ces entrefaictes, le roy et l'empereur avoient aussy
une armée en Italie et prindrent les François aucunes petites villes etchasteaux.
En ceste mesme année, a esté faicle la paix entre le roy de France et le pape
et le duc Octave Farnèse (*) de la guerre qu'ils avoient commence devant
25 Parme et fut aussy le jeune duc de Loraine (*) et tout son pays mis en pro-
tection et sauvegarde du roy de France.
Audit an, le duc Eduard de Somercy (3) en Angleterre a esté décapité à
Londres.
(«) Le traité qui reconcilia Jules III, pape de IbbO à 1555, Henri II, roi de France, et Octave
30 Farnèse, époux de Marguerite d'Autriche et père d'Alexandre Farnèse, est du 2i) avril 1552.
i_*J Charles II, né le 18 février 1543, que la mort imprévue de François, son père, fit duc dès
le 12 juin I S45.
(*) Edouard Seymour, créé due de Sommersct par Edouard VI, décapité le 22 janvier 1552.
Tome II. 61
482 CHRONIQUES LIÉGEOISES.
L'an mesme, la guerre continua entre l'empereur et le roy de France, faisans
courses et pillions le plat pays, et l'empereur, ayant assemblé une grosse armée,
alla assiéger la ville de Terrouaigne, laquelle, après avoir longuement tenu
bon et esté fort battue de canons, fut rendue et prinse puis ruinée et démolie (1).
L'an mesme, deux princes d'empire, assavoir le due Maurice de Saxe et s
Albert de Brandebourg, furent en armes l'un contre l'autre, avec leurs alliés et
entrèrent et eurent bataille au 9 de juillet avec toutes leurs forces, où y eut
grande meslée, tellement qu'y demeurèrent occis bien 4000 hommes de cheval
et grand nombre de piétons, avec des prisonniers en bon nombre, demeurant
ledit Maurice victorieux, mais il eut son coup de harquebuse qui luy passoitles i©
boyaux, dont il mourut deux jours après et avant sa mort, après la victoire, luy
furent apportées 53 enseignes des piétons et des gens d'ordonnance qui estoient
gaignées sur les ennemis (2). Après sa mort at esté Auguste (3), frère de
Maurice, qui avoit espousé la fille du roy de Dannernarck, électeur.
Et là après de longues guerres civiles ainsy mené, n'at esté encor pour ledit 15
confliet tout achevé n.
L'an mesme (15331, estoit le champ de l'empereur devant Hesdin, où estant
fort cannonée, fut bien deffendue, mais par fortune le feu se prit à la poudre
qui estoit dedans Hesdin (4). De ce cas estonné et sans grandement avoir de
pouldre, ce rendirent cieux de Hesdin, où aucuns nobles de France furent pri- 20
sonniers. El est après le champ de l'empereur tiré vers Dorlens (5), ville appar-
tenante au roy, où le roy Henri avoit près de là faict venir son armée et de là
furent données quelques allarmes et escharmouches grosses de par les gens de
l'empereur sur les François et avoient eu meillieur de leur part, mais les Fran-
çois, qui avoient faict embûche à l'escart, commencèrent incontinent à donner 25
" Addition du manuscrit 96.
( ) Sur la prise de Thérouanne, voir IIenne, op. cit., t. X, pp. 29-47.
( ) Bataille de Sivershusen du 1) juillet 1585.
I') Auguste dit le Pieux, duc de Saxe de lbbô à 1586, avait épousé en premières noces Anne fille
de Christian 111 de Danemarck. 30
(*) Sur la prise d'Hesdin, voir IIenne, ibid., pp. 51-35.
(6) Dourlens. Sur celte bataille, voir Hknne, ibid., pp. 84-59.
CHRONIQUE DE PIERRE DE HESDIGNOUL. 483
dedans avec leurs harquebuse, de quoy furent bien tost leurs ennemis mis en
route et occis et des grans prins prisonniers, comme le duc d'Archotte et autres
de l'armée de l'empereur, laquelle se retira en Haynaut petit à petit jusques
auprès de la ville de Valenciennes, illec se parquèrent et l'armée des François
s les suivoit jusque près et devant leur parques, monstrant d'estre délibéré de
combattre, et ayant faicl quelques escharmouches, se retirèrent bruslant le pays
de Haynaut et auprès de Cambresis.
Audit an. le grand duc Soliman a faict estrangler Mustopha, son fils aisné,
pour soubson de trabison. (Manuscrits 28, fol. 587 à 590; 96, fol. 295 à
10 295; 97, fol. 201 et 202).
En ce mesme temps, y avoit une fille en Angleterre nommée Marie qui suc-
céda à la couronne par le trespas de sou frère Edouard, laquelle, avec grand
pourchas et diligence, a esté fiancée au roy Philippe d'Espaigne, ayant perdu sa
première femme; aucuns d'Angleterre, non eontens, se sont rebellées, tellement
45 que la guerre civile y a commencé et n'a point esté démeslée sans effusion de
sang. Or, estant ledit Philippe en Espaigne, luy estoit impossible de passer par
deçà, veu la guerre aux François qui continuoit.
L'an mesme, fut envoyé un légat du pape pour pacifier les discordes qui
estoient entre le roy de France et l'empereur, ce qu'il n'eut moyen de faire, car,
!0 au mois de juing, est descendu le roy de France avec nobles et grands seigneurs,
comme celuy de Nevers, d'Armignac, Dunois, Soey, Berry, Vendosme, d'Alen-
çon, tous ducs et contes que autres, ayant grande armée sur Meuse, prennans
forteresses et chasteaux, puis venant devant la ville de Mariembourg, qui
at esté érigié par la royne Marie sur le pais de Liège. Ausi l'armée devant la
25 ville forte luy fut rendue Le 7 de juillet, le roy de France, passant plus avant
et saccageant le plat pays, est arrivé devant Bovingne, qui est conté de Namur,
qui n'a guères duré, car il la fit battre d'arteillerie impétueusement et fut prinse
par assaut. Et fuient occis tous ceux qui estoient dedans, excepté 8 ou 1) per-
sonnes et puis pilliée et bruslée. Par après vint mettre le siège devant Dinant,
30 qui est du pays de Liège, où y a un fort ebasteau et la fit battre première-
ment la ville de canons et grandes pièces d arteilleries et luy fut la ville rendue,
tenant le chasteau tousjours bon cl longuement endurant le canon etsoustenant
des grans assaut jusques à b ou 7 et combattant virilement, repoussant leurs
484 CHRONIQUES LIÉGEOISES.
ennemis. Car il y avoit une ensenge de piétons, mesme de la part de cieux du
pays. Finablemenl, ne pouvant plus tenir, cieux de dedans furent constraint de
se rendre, dont après l'apoinetement faicts que les soldats sorliroient leurs vies
sauves la plaee fut rendue au roy, le \ Ie jour dudit mois. Kt fut le capitaine de
Dinant, Henri de Berlaymont, dit Floyon, qui depuis fut faict grand mayeur 5
de Liège, emmené en France et fut la ville en grand liassard d'estre brusléc si
ce n'eust esté quelques marchans de France qui prièrent pour icelle. Les
Espaignols qui y furent trouvés furent mis à mort, sauf les Liégeois et bas
Allemans. Pendant que l'armée du roy esloil devant Dinant. l'empereur fit
dresser une, armée en la ville de Namur qui fut incontinent preste et mise io
sus a. Or comme l'armée avoit séjourné devant la ville de Dinant, ont sorti
prendant ebemin vers Hainaull, passans non point long de l'armée de l'empe-
reur, et ainsi passans sans leur donner escarmouebe, vindrent mettre leur siège
devant la ville de Brasse ('). instament le roy faisant gittre à force de canons et
assaux que aucunement les gens de guerre sorloient, il at esté prinse et bruslée. 15
Le camp levé, partis de là, ils tirrèrent vers le pays de Haynaut, saccageant
et bruslant plusieurs villes et villages, bonnes maisons et castcaux, jusques à ce
qu'ils eurent le champ devant le fort de Renthy (2), et incontinent le can-
nonèrent et l'armée de l'empereur les cosloyoit et suivoil sans faire aucune
chose, aprochant les François pour donner secours à Renty, puis ont prins 20
conseil de plus près aprocher. Cela eslant conclud, a esté une escarmouche
donnée où quelques-uns des François ont quitté la plaee où ils esloient assis.
Quoy voyant, fut ordonné que l'advanl-garde de l'armée impériallc iroit plus
avant. Ce \oyant, les François ne se bougèrent guères loing mais avoient mis en
a Le manuscrit 96, fol. 296 V>, ajoute, ces détails : En ces entrefaictes que l'armée du roy estoit 23
longuement devant Dinant, il fit prestement et vittement une armée dresser en la ville de Namur, que
l'empereur avoit fait amasser, qui estoit lors assé malle dispozé depuis longtemps, qui se partirent et
ainsy la chose en grande crainde. Et les gens de la ville de Namur avoient fuis de leurs biens, ceulx
de Huy, de Liège et là enthour, craindant la fortune et l'armée du roy sy puissante, fuient leurs bien
meuble le millieur et les conduisant et faisant miner en plussieurs lieux, et principalement furent mis 30
grand nombres en la ville de Kullemonde, ville au pais de Gueldre.
(<) Lisez Uincbc. Cf. plus haut, page 436.
(*) Renty. Sur le siège et le combat qui s'en suivit, voir Henné, op. cit., t. X, pp. 137-142.
CHRONIQUE DE PIERRE DE HESD1GNOUL. 485
un petil boscaye grande embûche de harqucbusicrs, lesquels, voyant l'armée
de leurs ennemis estre du costé et assez avant pour lâcher leurs boulets, com-
mencèrent impétueusement à donner es flancs de leurs ennemis. De quoy s'in-
timidèrent tant les piétons, qui esloient allemans, que les reylres, qui estoicnt
s schwartz reylres. Ce voyant les François, à savoir qu'ils esloient rompus,
donnèrent avec leurs adjoindans qui furent incontinent dessus et en moururent
grand nombre qui laissèrent là leurs enseignes et la reste s'enfuit vers la
bataille qui estoit rangée près des François bien avant, si avant qu'ils lâchèrent
quelques coups d'arteilleries vers leurs ennemis, qui estoient en esquadron,
10 estans quelque peu estonné de leur avant-garde qui estoit si brief défaicte, veu
le grand commencement qu'ils avoient eu : et ausi, sans plus rien faire d'un
costé ny d'autre, la nuict estant venue, le roy fit retirer son champ par le pays
d'Arlois, dont Arras est le chef ou ville capilalle, vers la Picardie, ayant néces-
sité de fourages et vivres, remportant 9 ou 10 enseignes de ladit avantgarde.
«5 Lors l'empereur, voyant son ennemis hors de son pays, at eu conseil de faire
une nouvelle Hesdin (1), comme elle fut faicte. Et cependant que les affaires
de par deçà estoient comme dit est, se traictoient guerres en Italie, car les gens
de l'empereur avoient assiégé la ville de Stiene, devant laquelle, pensans par
aucuns ravitailler la ville, ils furent deffaicts et troussés et l'armée des François
ïo prit aucunes petites villes Caffales, Yvcrces et autres.
Or, comme ces entrefaicts se menoient, le roy d'Espaigne en hassard passa
la mer et vint arriver en Angleterre et a espousé la royne Marie cl furent faicts
grans triomphes tant en Angleterre que en Braibant a. (Manuscrits 28,
fol. 391 à 593; 96, fol. 296; 97, fol. 203 et 204.)
25 L'an 1555, furent encor guerres menées devant X..., comme en continuant
courses, pilleries et autres maux. Le pape (*) at envoyé par deçà des indulgens
grandes, recommandant es prières des bons chrestiens la paix et luy-mesme la
procuroit tant qu'il peut. Mais, au 22 de mars, il trépassa et furent gens de
* En Espaigne : manuscrit 96.
30 (i) Sur la fondation de la forteresse de Hesdinfcrt, voir Hknne, op. cit., t. X, p. ISt).
(*J Jules III, pape de IbSO à lS5b. Déjà précédemment il avait chargé le cardinal Rcginald Polus
de s'entremettre pour la paix entre Charles- Quint et Henri II.
486 CHRONIQUES LIÉGEOISES.
biens el savants assemblé sur le traietement et ne firent rien, de quoy par l'em-
pereur et son fils fut assemblée grande armée près de Givet et sur Meuse en
quartier d'Amont. Ils édifièrent une ville sur le pays de Liège, sur une roche
nommé Charlemont. De ce temps, l'armée du roy en Italie ne dormoit point, car
ils prennoient et gaignoienl villes et ebasteau qui tenoient gens de l'empereur s
comme Pommaerts, Saint-Salvador, Ulpian et autres. (Mêmes manuscrits.)
*
# *
En cesle même année (1557), ont esté rompues les trêves (*) qui causèrent
que plusieurs marchands furent prisonniers e! fut-on bien déceu par l'advenue
de ce si subilte changement. Les gens de guerre allemands qui passoient parle
pays de Liège, venans au service de l'empereur, foulloient et mangeoient mer- 10
vcilleusement le pays de Liège et se jettant pour un temps vers INamur et
Philipville °, se sont joinct à l'armée d'Espaigne et ont hastivement prins le
chemin vers Saint-Quentin et l'assiégèrent estant desporveuc de garnison et la
commencèrent à battre. Auquel temps les François, prétendant donner secours à
la ville et mettre gens de guerre dedans, ont esté rencontré et combattirent ,3
quelque temps, mais en la fin ils furent défaicts, le propre jour de saint Laurent,
et y mourut bon nombre de gens et aussi furent grans et menus prisonniers.
De là après, fut la ville prinse et quelques bons gros prisonniers. Après at esté
rendue la ville de llan aux gens du Roy. (Manuscrits 96, fol. 298 v" ;
97, fol. 206.) 20
L'an 1558, les François, par une grande subtilité et courage, prindrent et
conquestèrent la ville de Calais sur les Anglois qui la tennoienl dès longtemps
et anciennement l'avoient prins aux François.
Au mois de mars, les princes électeurs assemblés en la ville de Francfort,
a Le manuscrit 97 ajoute celte remarque : Philippeville, qui est fondé en pays de Liège, comme des 25
aultres ci devant dites, dont le pays est grandement accoursis et amoindris, icelles louttes érigées je
n'entends comment, mais, du temps George d'Austrice, les Brabanchons les font leurs. Les deniers
qu'ils en ont exposés, Dieu le...
(') Trêve de Vaucclles.
CHRONIQUE DE PIERRE DE HESDIGNOUL. 487
suivant l'ordonnance instituée de la bulle d'or faicte du temps Charles,
empereur 4 de ce nom, l'an 1356, pour faire élection d'un empereur, estans
certains du trespas de Charles 5 en Espaigne, ont esleu à empereur Ferdinand
d'Austriche.
5 L'an mesme, au mois de may, le roy de France, ayant assemblé grande armée
des Allemans et François vers Loraine, s'est venu camper devant la ville de
Thionville, laquelle après une batterie et les aproches faictes, a esté par industrie
rendue au duc de Guise, général pour le roy de France, et après s'en allèrent au
pays de Luxembourg, gastans et pillians. En mesme temps, estoit aussy en
»o Flandres un bon nombre de François qui prindrent aucunes villes et villages et
bruslèrent beaucoup, pour à quoy remédier le roy Philippe y envoya une
armée soub la conduitte du conte d'Aigemont. tellement que se rencontrèrent
les deux armées auprès de Graivelinge, où après avoir esté combattu vaillament
d'un eoslé et d'autre, les François furent défaicts. Ce faict, le roy Philippe
15 a prins son chemin vers les fronliers de France, à l'entour de Dorlens. Le roy de
France, de ce adverti, est aussy venus avec grosse armée camper à trois petites
lieues de là. Ainssy les deux armées passèrent la saison sans donner bataille,
sinon que aucunes escarmouches. Or, voyant que les deux armées estoient si
près l'une de l'autre, furent députés quelques commissaires pour traicter de
20 quelque apoinclemenl et ainssi continuèrent jusques à la Toussainct, sans rien
effectuer et lors chacun commença à faire retirer ses gens, ayant consumé grand
trésor et avoir.
L'an 1559, environ les Pasques, a esté publiée la paix tant désirée entre les
deux roys, le 13 d'avril. De quoi furent faictes grandes joyes par les pays
25 desdis roys, à cause que la guerre avoit continué si longuement. En la cité de
Liège, furent faicts grans feu de joye avec arteilleries deschargées. On fit ausi
grande feste et solemnilés aux églises de Liège.
Par laquelle paix ont esteit traicté deux somptueux mariages, à savoir du
roy Philippe à l'aisnée fille du roy de France, et du duc de Savoye à la seur
30 du roy d'Espaigne. La deuxiesme fille du roy de France a eu en mariage Charles
de Loraine, duc de Calabre et Bare. Les nopces furent triomphantes et magni-
ficques en France avec joustes et esbatemens et tournois somptueux, mais par
fortune le roy Henri de France s'estant bien porté au tournois par plusieurs
488 CHRONIQUES LIÉGEOISES.
fois, advint que, courant à la lice, un tronohon de lance luy entra par la visière
dans la teste, de sorte qu'en peu de jours après il rendit son âme à Dieu, après
avoir ordonné de ses affaires honnestement et noblement tant pour ce qui apar-
lient à l'âme comme aux choses temporelles. Sa mort a esté grandement
regrettée par tout la France. 11 délaissa quatre fils; si luy succéda son fils s
François, deuxième de ce nom, qui avoit espousé Marie, roync d'Escosse et
fut consacré à Reims. {Manuscrits 26bU, fol. 560 V ; 28, fol. 597 ; 96,
fol. 500; 97, fol. 208.)
Règne de Robert de Berghes.
Velis quod possis.
Au texte du manuscrit 2 et des annotations extraites des autres manuscrits
français, nous ajoutons la relation latine, en grande partie indépendante,
s trouvée dans le manuscrit de la Bibliothèque royale 13791 dont il a déjà été
question plus haut.
Le cincquiesme jour de moys de may, très noble et révérendissime seigneur
Robert de Berghe, en vertu de la eoadjutorie auparavant obtenue, fut receu et
admis évcsque de Liège, cinquant huytiesme. Le 24" jour dudit moys, furent
10 chantées les vigilles funérales et le lendemain le service, et après fut le corps
[de l'illustrissime prince et seigneur George d'Auslriche] enterrez comme dit
est, après avoir régnez et tenu le siège [épiscopalle] 12 ans, 10 moys et 1 1 jours
ou envyron. L'an mesme, le 12e jour de décembre, par ung dimenche après la
fesle sainct Nicolas ('), ledit seigneur Robert fit son entrée en la cité de Liège,
is accompaingné de grand noblesse, et fut faict un festin très sumptueux. Le
lendemain, le jour saincte Lucie, dit sa première messe en la grand engliese
collégialle (sic) a de Saint-Lambert, et avoit par devant estez consacré prestre en
l'engliese de l'abbaye de Herkenroe par quatre évesques, à scavoir l'évesque
d'Arras, de Cambray, Tournay et Outrech (2), le 28" jour de novembre
20 précédent.
" cathédrale : autres manuscrits B.
(») Sur celle date, voir C. Tibon, La principauté et le diocèse de Liège sous Robert de fierghes,
p. 50, n. i.
(*) Antoine Pcrrcnot de Granvclle, évêque d'Arras; Maximilien de Berghes, premier archevêque de
25 Cambrai; Charles de Croy, éveque de Tournai, mort en 1 5(54. Frédéric Stenk de Tautemberg,
premier archevêque d'Utrecht, mort en lb'80. Sur la date de l'ordination sacerdotale de Robert
de Berghes, voir Tibon, op. cit., p. 49, note l.
Tome II. 62
490 CHRONIQUES LIEGEOISES.
*
* *
L'an mille VLV1I, ... un;; peu devant le Noël, Kobcrl de Berge al fait son
entrée à la cité de Liège, ayant n grandes noblesses des princes'' et c burghc-
maistres, assavoir Monsr Flémalle et Monsr d'Oupei ('), les conseillers de la
cité, et avecque eulx quelques hommes à chevaulx pistoliers sortirent de
la cité, allant au devant jusque au pont aie Creyr, qui est par delà l'église s
Sainte-Foi, et comme il est de costume illec recevoir des évesques le serment,
le dit évesque at fait serment d'entretenir les franchieze et liberteis de la cité, et
puis luy promenèrent les clef des porte de la dite cité. Lors l'évesquc marchant
vers la cité entre les deux borghemaistres, et les autres qui estoint sortis
aveeque les maistres se mirent en bon ordre derier les gens principal du dit 10
évesque Et incontinent le serment faict, ont esté tiré bons coups rf d'artillerie.
Et venant justement devant la port c ont esté de tout costé tiré, tant d'Oullre-
mouze, Sainte-W'alburge, Vignis et ossy des rempart près la porte furent aussy
desebargée les artilleries avecque quasi toutes d'une virée, et à imc ou vc coups
d'harquebuses à crocqs. De là entrèrent dedans la port. Estoint en armes d'ung 15
costé de la rue les compaignies des vieux harquebusiers et des vieux arba-
lestriers avec les enseignes '. d'autre costé estoient les deux autres compaignies,
assavoir les jeunes harquebusiers et les jeunes arbaleslriers avec leurs enseignes
et tambours 9. Par après estoint en bonne ordonnance les hommes députeis en
arme des xxxii bons mestiers. Vennant en la rue contre l'englise Saint-George, y 20
avoit illec magnifiequement fait unne porte [en la rue] haute eslevée avecque
bonnes histoires ancliques.Par dessus des pucelles belles et entre les autres estoit
a avec : manuscrit 98. — * seigneur?, ses amis : manuscrit 98. — c et à son entrée, les burglie-
mestres : manuscrit 98. — <• plusieurs bons coups : manuscrit 98. — « le pont : manuscrit 97. —
' sermentés de la Cité, et à laquelle fait serment à la porte de maintenir et garder leurs privilèges 23
qu'ils ont des trengte deux mestiers, puis d'autre costé : manuscrit 97. — « d'un costé... la compa-
gnie des vieux arbalestriers, d'autre costé les compagnons de la compaignie des vieulx harquebusiers
avec les enseignes. Après estoint deux compaignies, assavoir le jeune arbalestrier et le jeune
harquebusier avec leurs enseignes et tambourins : manuscrit 96.
(i) Jean de Piteit, seigneur d'Ebcn-Enial, échevin de Liège. Voir page 465, note 2. Albert de JO
Saulcy, seigneur d'Oupcye.
RÈGNE DE ROBERT DE BERGHES. 491
unne qui, avec une bonne grâce, artifficielement descendent quant l'évesque
debvoit passer et avecque belle et bravissime harangue ou parolle, luy présen-
tait ung don bonneste. Passant plus avant continuoient en armes les gens des
52 mestiers. Venant sur le marchict, il y avoit trois grand feu ardans donnans
5 grandes liesse et joies, et au mitant du marchiet estoit érigiet une théâtre
magnificque ordonné ° en coleur faction et signifiance de chose digne de
louuange au prince nouveau, estant par dessus personnaiges, le tout à l'honneur
de nouveau évesque et prince. Et à la mayson de la cité, estoit faicte unne
balaine et unne seraine rendant par les mamelle vin blan et rouge. Encor y
io avoient illec histoires et piclures. Premier estoit desseur unne grande aigle en
champ d'or représentant l'empire, et desoub au pied de l'aigle estoit une escri-
ture dite b Liherfas. Encore plus bas. dessous l'aigle, estoit une histoire de
trois personnages se tenant par les mains représentant les trois Estats du pais, et
dessoub estoit escript Concordia. A deux costé, les armoiries du prince de
is la cité. Puis devant plus avant, devant le destroict °, estoit ung autre hor-
dement d faict avecque histoires des empereurs anchiens quy avoient bien
gouvernéTempire et la république, et droictement au mitant, y avoit ung grand
cœur subtilement faict, lequel, lorsque l'évesque passoit, se venoit partier ou
fendre en deux comme il se venist ouvrir, hors duquel unne belle jeune pucelle
20 sorloit, donnant louuenge et honneur à l'évesque avec bonne entrée. De là,
venant devant les degréz de l'englise Saint-Lambert, bon nombre de gens
en armes esloient sur le degréz qui estoint les dix hommes des 32 mesliers.
Par dessoubs ' estoint les gens de la chastelerie de Franchimont en bon nombre,
[de] la plus part harquebusiers " avec autres volontaires près illec de passe
25 temps. Quand il vint à la port de l'englise, là où estoint les chanoines de Saint-
Lambert, il descendit de cheval et est monté les degréz devers les eschevins \
Puis ayant faict le serment avec grande honneur, entra ' en l'église, estant receu
de tous de bon zèle et cœur. Les solennitéz accoustumée faicte en l'église, après
" un grand hordement bien ornez : manuscrit 96. — b estoit dict une escription : manuscrit 96- —
30 c devant la maison des eschevins : manuscrit 96. — d un beau hordement : manuscrit 96. —
' vertueusement : addition du manuscrit 97. — 1 par dessus : manuscrit 96. — o qui sont d'ancienneté
subjects à servir à la Cité en armes quant ils sont mandés : addition du manuscrit 97. — * et vers le
chemin : manuscrit 96. — ' Puis avecque grande joie entré en l'église : manuscrit 96.
492 CHRONIQUES LIÉGEOISES.
avoir chaule « Te Deum », al prins le chemin vers le pallaix avecque ses amis,
qui estoint venus avec luy, et que avoint entre tant devant luy que après luy,
à grande noblesse, en bon ordre donnant " joyeuse entrée et magnificque.
Au dit palaix, ce luy fut fait un beau présent de la part de la cité qui s'en-
suit, assavoir en joieau ou vasscle pour cinquante marck de fin or les fiascons b, 5
dix c beaux bœuf, xxv moutons, li muids d'avaine, deux* cherée de vin blanc
et rouge c sans y comprendre les deniers de sa joicuse entrée que il vient
à avoir après montant à xu mille florins de Brabant ('). (Manuscrits 26'",
fol. 361 ; 28, p. 596; 52, fol. 338; 59, fol. 227 ; 96, fol. 298 V ;
97, fol. 206 V; 98; 101, fol. 234.^ ie
Audit an, furent faites plusieurs ordonnances par l'évèque et son chapitre
concernant la religion catholique, joint aux 32 mesliers, qui firent protestation
de les garder contre les hérétiques {*). (Manuscrits 38, p. 66 ; 52, 96, 97
et 98.)
La même année, il arriva dans Liège une grande famine, à raison que 15
le slier de w assein se vendoil 28 florins liégeois et le froment iS, dont beaucoup
de gens moururent de faim (3). (Manuscrit 38, p. 56.)
" tenant : manuscrit 96. — b sans la façon : manuscrit 96. — c deux : manuscrit 96- — d six :
manuscrits 97 et 98. — ' et lendemain le grand convive où il fut prié sur la maison de ville
avec ses nobles amys, puis par après, la joieuse entrée, qui est une bonne somme d'argent : 20
manuscrit Si.
(ii Sur ces fêtes, voir Tihon, op. cit., pp. 50-b"2. Gobert, Banquets officiels à Liègt aux XVI'
et XVIIe siècles dans II. I. A. L., I. XXXVII, p. 554. Comparez la relation officielle consignée dans
le registre des Conclusions capitutaircs de Saint-Lambert, année 1550 1558, fol 18.
(*) Il n'existe, pour l'année 1557, aucun édit concernant la répression de l'hérésie. Mais à la journée
d'État du 14 décembre, le nouveau prinec-évêque exhorta les Etats à veiller à faire exécuter les édits 2S
existants.
(») La cherté de cette année se reconnaît au grand nombre d'ordonnances cl cris du perron relatifs
a In vente des céréales et du pain. Le prix le plus haut atteint par le sticr de froment fut, d'après les
records des Echcvins de Liège, de 75 aidants le 6 août 1557, et, pour le sticr de seigle, 58 aidants. Les
chiffres du chroniqueur semblent donc ici fort exagérés. 30
RÈGNE DE ROBERT DE BERGHES. 493
1568
L'an 1558. il y eut dans Liège un grand murmure à raison des grandes inso-
lences que faisoit sur le pays le comte de Megen. (Manuscrit 38, p. 56) (i).
Les caïmans, vagabonds et les soldats élrangers furent chassés de la Cite et
s de tout le pays (2). Les François voulant lever du monde en celte ville et n'y
pouvant avoir l'entrée libre, s'y fourrèrent clandestinement de nuit, en passant
la Meuse avec des barquettes, ce qu'estant sceu par le prince, il fit deffenec aux
batteliers de ne plus les passer ou leur monstrer les guais sous peine de vente
de leurs barques et de trois florins d'or d'amende. (Matiuscrit 140, fol. 1 67 v")
îo L'an 1558, estante une cherté de vivre à Liège, le monde y accourant
de parte et d'autre, l'évesque y voullant prévoir fit un édict que tous vagabonds
et faiclnéants eussent à sortir au bout de trois jours de la ville, sur peyne
d'estre foetlé et bannis (3). Du mesme temps, estoyent toujours par la ville des
étrangers portants armes, commandât de mettre les armes bas et de sortir de la
15 ville, sur peyne de confiscation des armes et de 20 florins d'or d'amende.
{Manuscrit 45, fol. 290 v°)
L'an XVCLVIII, fut grande tempesl de tonnoir et grésil sur la Cité et peu
après encor, aultre grande tempest de grésil, duquel plussieurs bestes furent
tuées au champs L'an mesme, le saiziesme jour d'aoust, fut grand débordement
20 d'eaue, dont Dst grand dommaige en la Cité à Saint-Jean et Hors Chesteau.
En ce mesme temps, se retirèrent les Lscossois de l'église catholicque et
romaine (Manuscrits 27, fol. 551 ; 402, fol. 449; 54, fol, 244.)
L'an 1558, le 7* de janvier, Calais rendue aux Franchois par les Anglois.
L'an mesme, morut Marie, royne d'Engleterre, femme à Philippe, roy
2s d'Espangne. (Note marginale du manuscrit 2)
L'an 1558, le 20e septembre, mourut l'empereur Charle et le 17e de novem-
bre suivant, trespassat Madame Marie, sœure dudit empereur.
(M C'est par erreur que ce manuscrit place à l'année 1558 un incident raconté par tous les autres
chroniqueurs et par Mélart en 1565.
50 (*) Cf. Ordonnance du 18 mars 1858 dans le registre IV des Dépêches du Conseil privé, fol. 13 v°.
(») Mandement du 18 mars 1558 précité.
494 CHRONIQUES LIÉGEOISES.
Lan mesme, Ferdinand, roy de Bohème, frère à l'empereur susdit, fut esleu
et couronné empereur le 5e de mars suivant, et le "2ie dudit mois, nasquit
Maximilien, depuis empereur.
Cest an, Elisabeth fut royne d'Angleterre, Reginaldus Polus, cardinal arche-
vesque de Cambray (1). Cest an aussi, mourut Anlhoine de Schaunenbcrgh (2), 5
archevesque de Couloigne et à Iuy succéda Jean Gérard de Mansfeldt (3). L'an
mesme, fut faicte paix à Cambresy entre le roy Philippe d'Espaigne et Henry
second de ce nom, roy de France. Ledit an mesme, fut ludit roy tué à Paris en
joustant, le x° juillet.
Le 19* jullet, Philippe, roy d'Espaigne, célébra la toison d'or à Gand. 10
Cest an, vint la duchesse de Parme pour gouverner les Pays Bas et se retira
le roy Philippe en Espaigne. (Manuscrit 27, fol. 354 et 54, fol. 244)
L'an mesme, le traizième jour de décembre, furent célébrées les exêques de
l'empereur Charles à Bruxelles. L'an même, mourut Cantebury. (Manuscrit 27,
fol. 534.) 13
1559.
L'an 1559, fut créé la paix à Bruxelles entre les roys Philippe, roy catho-
licque des Espangnes et Henry, second de ce nom, roy de France, et à ladicte
paix, entre aullres articles y comprins, fut rendu le chestea de Buillon aux
Liégeois. (Noie marginale de manuscrit 2.) 2e
L'an mille VCLIX, environ la Pasque, at esté la paix tant désirée. En
la cité de Liège, furent grand feu de joie avec artillerie deschargiés et
grandes fcsles et solemnitéz aux englieses de Liège, (Manuscrits 28, 52, 96,
97 et 98).
En ceste même année, a eslé faict un pont de pierres, un peu deseur l'église 25
de Saint-Laurent, sur le chemin allant vers Saint-Gilles aux despens de la Cité,
estans pour lors bourguemestres maître Giles de Stier et maître Jan de Salme
(*) Lisez Canterbury.
(*) Voir page Wi, note 1.
(3y Jean Gérard fils d'Ernest, comte de Mansfeld, fut archevêque de Cologne de 1SK8 à lb°o*2. 30
RÉGNE DE ROBERT DE BERGHES. 495
délie Flamine (1). {Manuscrits 28, p. 399; S%, fol, 340; 96, p. 301 ;
97, fol. 209; 98, fol. 66 v\)
Celle année, il y eut si grande cherté de pommes dans ce pays qu'une se
vendoit un sol. pour lequel prix on auroit alors siex pommes d'oranges. (Mnnu-
s scrit HO, fol. 167 V.)
L'an 1559, le troisième jour de mois d'avril, après tant de ravages faiols par
les armées sur le pays de Liège, fut faicte la paix entre ces deux grands princes,
à scavoir entre Henry deuxiesme de ce nom, roy de France, et Philippe premier
de ce nom, roy d'Espagne. Elle fut appellée la paix de Cambresis, ayant esté
io publiée dans la ville de Bruxelle et parmy les villes du Pays-Bas par un grand
applaudissement du peuple. Elle fut aussy publiée à Liège par plus grande
resjouissanee d'autant que le roy de France rendit le duché de Bouillon et
tout ce qu'il usurpoit au pays de Liège, et par commandement de l'évesque,
furent faicles des messes solennelles, processions en action de grâce, l'air
15 retentissant des sons des cloches et l'artillerie jouant à possible avec grande
resjouyssance de peuple.
Par laquelle paix le roy Philippe donnât sa fille Elisabeth en mariage et les
nopees furent célébrées en grande pompe et magnificence le trengtiesme jour du
mois de juin à Paris, en laquelle nopee, pendant la resjouissanee, le roy fut
ïo frappé en l'œil fortuittement. courant en lice, par Montgomery, capitaine de ses
gardes.
La paix donc se fist au chasteau de Cambresis entre ces deux princes, par
laquelle paix fut rendue au roy d'Espagne, la ville de Mariembourg que le roy
de France luy avoit prinse, dans laquelle paix l'évesque et pays de Lièg.1 n'est
2j pas seulement comprins du costé de la maison d'Auslriche, mais aussy de la
France. Et fut rendu le chasteau de Bouillon, que Robert de la Marche, signeur
de Sedan, mareschal de France, se voyant auprès de Bouillon, se souvenant
que l'empereur Charles cinequiesme de ce nom, empereur des Romains, avoit
(i) Sur ce ponl, voir Gobert, Liège à travers les âges, t. III, p. 541. Abrv, Recueil des bourgmestres,
30 p- 21)0, a confondu ce pont avec le pont de Saulcy, construit en 1 501 et non pendant l'administration
des bourgmestres Gilles de Stier et Jean de Salme. Sur ces deux magistrats, voir C. de Humus, Les
Eelievins de Liège, t. II, pp. 155 et B24.
7,96 CHRONIQUES LIÉGEOISES.
esté environ de 32 ans auparavant à son ayeul du mesme nom, et environ ce
temps demandai assislence à sa majesté de Frnnec pour le reprendre, comme y
fict, et ledit Robert de la Marche le ravit pour la dcuxicsme fois au pays de
Liège, mesme au raporle de Monsieur de Thou; dans eesle paix de l'an 1559
louchant la neutralité al esté eomprinse de deux costés, tant de la France que r>
de l'Espagne, le pape et l'empereur, et sy les intérest Robert de la Marche nous
ont causé la perle du ehasteau de Rouillon et avoir les disgrâces du costé de la
France, la paix du ehasteau de Cambresis de l'an 1559 nous at remis en noslre
enlhier neutralité, ce que Henry quattriesme de ce nom, roy de France nous y
a encore tesmoigné par ces lettres de l'an 1595, 1596, 1597, par lesquelles y io
recognoit à Testât de Liège la neutralité et luy promette en ce regarde toute
amitié et faveur. Alors Robert de Berge, évesque et prince de Liège, avec les
Estais du pays firent des ordonnances que ceux qui se voudroicnl enlremellcr
de l'un et de l'autre des roy touchant leurs guerres et ceux qui s'en auroient
enlromcllés furent chastiéz par justice. (Manuscrit 4 S, fol. 290 t°.) is
1560.
L'an 1560, du temps de cest évesque, fut faite l'église des frères Lolars en
Liège, pour laquelle faire fut érigée une loterie d'estain devant les degréz de
Saint-Lambert, sur le marché, et pour chacun lolz un demy-patar de Bradant.
Et lesdits Lolards vindrent premièrement demeurer en Liège l'an 1530, dit -20
l'année des sueurs (i).
*
* *
L'an mille VCLX, en mois de jenvier, la rivier de Meuze a esté sy grande que
personne vivant lors n'avoit veu la pareille, faisant grand dommaige, et l'année
fut fort pluvieuse et par le longues pluies, les hument, wassend et espeaute ne
furent point bon, les poits gastés et les fleurs des arbres, les vins petis. 55
Au mois de décembre, le roy de France, ayant régné 16 mois ou environ,
est trespassé, dont son frère Charles, aagé environ de 16 ans, luy a succédé.
1 *; Voir pages SCO, note 2 et Ô77, noie ! ; (! ntRT, op. cil., t. V, p. 659, cl La loterie à Liège dans lei
siècles passes, clans B. I. A. L., t. XXXIV, pp. 2S1-280.
RÈGNE DE ROBERT DE BERGHES. 497
Audit an. on a commencé à édifier la maison de la ville d'Anvers" faicte
magnilicquc et triomphante, eslans la plus renommée en marchandises qui fust
en Braibant ny en Flandre. Elle est comme Londre en Angleterre, Lion en
France, Madrid en Espaigne, Lisbone en Portugal. Milan en Lombardic,
a Florence en Italie, Palerme en Sicile, Prague en Bohême, Bude en Hongrie.
(Manuscrits 28, p. 399 ; 96, fol. 301 et 97, fol. 209.)
L'an mesme, trespassat de ce monde Corneil de Berglie, jadis évesque
de Liège, cousin germain au père de nostre évesque moderne [Manuscrits 102,
fol. 149 v°ei 110, fol. 167 V.)
io L'an 1560, le 9 du mois d'aoust, le roy Philippe, après avoir dénommé
Madame la princesse de Parme gouvernante des provinces du pays bas, partit
desdits pays pour Espagnes, d'où sont depuis sorly ces grandes dissentions,
discordes entre le roy et les princes du pays bas et sont ensuivies tant des cala-
mitéz et ravages sur le pauvre pays de Liège.
13 Le i4 de septembre, François second de ce nom, roy de France, s'estant en
allé à Orléans pour y tenir les Eslats, y mourut d'une aposlume luy tombé en
l'oreille gauche, auquel royaume succédât son frère Charlc 4 de ce. nom, aagé
de \7> ans. (Manuscrit 48, fol. 291 v.)
1561.
-20 L'an 156i, coutinuoil encor en la ville de Trente le concîl général et en
France estoient tenues journées pour la religion de la foi catholicque. de quoy
furent plusieurs esmues en divisions et eslevé tumultes. (Manuscrits 26 %
fui. 362 V; 28, p. 399; 96, fol. 301; 91, fol. 209.)
L'an -1 561, l'inquisition d'Espagne causoit de grandes dissentions aux pays
23 bas, principalement par rétablissement des nouvelles éveschés, qui diminuèrent
de beaucoup l'aulhorité de l'évesehé de Liège, qui s'élendoit par tout le Hra-
bant et comté de Namur, ce qui offença les Liégeois qui en accusoient les
chanoines étrangers résidents à Saint-Lambert, qui en estoient innocents et en
. i « L'an mesme, le vingt siexièsme jour de fébvrier, fut a:siese la première pierre de la maison
d'Anvers : manuscrit 07, fol. 551.
Tome II. 63
498 CHRONIQUES LIÉGEOISES.
avoiont même grand regret, mais cela fut appaisé ('). (Manuscrits 43,
p. 750; 44; 46,fol.5S6; 47.
L'an 1561 ", le roy Philippe espousa Elisabeth de Vallois, fille de Henry,
roy de France.
L'an V'LXI, l'évesque de Liège estant à Huy. luy survient une mauvaise s
maladie. [Manuscrits $8, ë2, 96, 97 et 98.)
1562.
L'an XVe soissante deux, en allant levesque Robert pour lever ung enfant
à lloustratz, fut touchié tellement d'ung maul vent, comme on disoit. qu'il en
perdit mémoire et devint en innocence. L'an mesme, le troiziesme jour de io
marce (2). fut faict ung édiet et publié au peron touchant la foy lequel ne
dura gaires après [de par le prince et de Messieurs de chapitre el des
eschevins de Liège qui estoit totalement contre les privileiges de la cité, par-
quoy les bourgbcmcstres avecque les xxxn mesliers furent ensemble et ne
le voulurent point permettre, et m jours après, fut sur les bailles de la maison ts
de la cité descriée ladietc publication et révocquée et annichilée, sauve ce que
les gens d'églises avoient passé et ordonné entre eux touchant la foy, que fut un
belle acte, pour garder les privileiges et franchieses] b. Item ce mesme jour et
année, fut passez par le conseille que les bourgois feroient le guette, aullrement
en nostre langaige dit escerveaux, en telle manièn' que le Cardinal Erard de 20
L'an 1560 : manuscrit 27, fol. 531. - ' de par le prince... et franchieses : omis dans manu-
scrits 2, 5 cl a.
()) Sur ces accusations qui visaient avant tout Lcvinus Torrcntius, voir C. Timon op. cit., p. 224.
(2 Mandement du !i nais lî>02. Cf Recueil dis Ordonnance», 2e séiie, t. I, p. 271. Les incidents
mu venus à l'occasion de la promulgation de cet édit constituent un épisode très curieux et très signifi- 2.*J
catif de l'histoire constitutionnelle de la cité de Liège, et il est assez étonnant qu'ils soient passés sous
silence par le manuscrit Sylvius et les autres manuscrits les plus anciens du groupe B. Cette omission
nous paraît avoir été faite de propos déliliéré, parce que les incidents soulevés par les bourgmestres de
Liège devaient déplaire au\ défenseurs de l'autorité du prince évoque et de la foi catholique. Sur ces
événements, voir C. Tiron, op. cit., pp. 182-186 et 11)0-193, et E. Fanion, La répression de l'hérésie et 30
la question constitutionnelle dans la principauté de /-/<',< au XVI' siècle, dans Bull, de la Soc. d'iiisioii.e
ou PROTESTANTISME dllge, 2e' série, 7" livraison (IOôOj.
RÈGNE DE ROBERT DE BERGHES. 499
la Marche l'avoit ordonnez l'an 1526, comme dit est, et i avoit passé neuff ans,
que on ne l'avoit point observé ne faict [et ne vouloient point les gens d'églises
qu'on le fist. mais les xxxh mesticrs le voulurent faire et recommeneher comme
paravant] ".
*
* *
s L'an mille VCLXII, at esté par les dépuleis de Sa Grâce et de Messieurs de
Saint-Lambert une édicté publiée faisant mention de l'anchienne religion et foy.
Mais d'autant qu'il avoit esté faict sans résolution des 32 bons mestiers, encor
qu'il leureust esté proposé et mis en avant pour advis, il y eut des tumultes en la
Cité et grans bruicls, tellement que par plussieurs en fut faict protestation
10 devant messieurs les cschevins de Liège et s'y avant faict que ledit cry at esté
révoqué à son de trompette à la baille de la maison de la Gîté. {Manuscrits 26bis.
fol. 562 v°; 28; 82, fol. 538; 96, 97 et 98.)
Et pour ce est chose notoire que les Estas font leurs affaires par une main et
d'ung bon accord et, en cas de portance et en temps oportun, principalement es
15 choses d'importance. (Manuscrits 26'"% fol. 362 V et 28.)
L'an que dessus, at esté ordonné par les députés Monseigneur le révérendis-
sime à messieurs du chapitre certaine ordonnance et édict qui faisoient mention
de plusieurs affaires concernante l'ancienne religion ecclésiastique, avec protes-
tation non vouloir contrevenir aux privilèges, ce qui at esté remonstré au con-
-20 seil de la Cité qui l'at remis aux xxxu bons mestiers pour avoir leur délibération
avant les publier. Après, estants aucuns des mestiers négligents de raporter ou
ordonner, on at procédé par mayeur et eschevins à les faire publier et mettre
en warde de loy. Ce voyant, sans avoir receu les suittes des 5 "2 mestiers, aucuns
ont sollicité envers les mestiers que puisqu'ils n'avoient délibérés, que telle
ts publication fust révocquée, tellement que en tumulte de plusieurs et à la pour-
chasse d'aucuns, aussy pour éviter plus grands maux, ce fut révocqué au son
des trompettes à la baye de la maison de la ville, le ixe de mars. Et pour ce est
chose fort bienséante quand les Etals font leurs affaires par une main, quant
il eompète auxdits Eslats sans vouloir procéder l'ung des membres particuliè-
30 rement. (Manuscrit 98, fol. 67 v°.)
" et ne vouloient... comme parafant : omis dans manuscrits 2, 3 et 5.
500 CHRONIQUES LIÉGEOISES.
Audit an, Maximilien, Gis de Ferdinand, est eslcu empereur, ayant le père
esté esleu à Francfort avec sondil (ils. Ccstuy, du consentement de son dit
père en ladite ville, avec sa femme Marie, fille de jadis Charles empereur,
en présence des électeurs et princes soubescripts, a esté couronné roy des
Romains. (Suit la liste des princes présents au couronnement). [Manuscrits 28 5
et 26t"% fol. 562 v°.)
L'an suivant (1561), à la requeste du roy d'Ëspaigne, fuient mis parle pape
beaucoup d'évesques aux Pays-Bas.
Cest an, fut le cardinal de Caraffe (*) exécuté à Homme.
Cest an 15(>2, les lltigenots de France, soubz la conduicte du prince de to
Condé, commencèrent à faire sédition. L'an mesme, la ville de Rouen prinse
par le duc de Guise sur les Hugcnots. Audit temps mesme et le 17e de
novembre " ensuivant, fut vaincu en bataille le prince de Condé et faicl prison-
nier (2). {Manuscrits 27, fol. 351 el 34, fol. 244.)
1563. is
L'an 1565, le pénultime jour de marce, se partit Robert de Berghc de Liège,
après avoir remisé et résigné entre les mains du chappitlre de Saincl- Lambert
levcscbié au proufil de Monseigneur Gérard de Grocsbeec, pour lbors doyen de
Sainct-Lambert, ce que le chappitre accordât (3). El la cause [de la résigna-
lion] '' fut pour ce que Dieu luy avoit rosléz son bon sens, comme dit est [par 20
l'espace de xviu mois] b et avoit longtemps devant demouré en l'abbaye de Sainct-
Laurent pour veoir s'il pouklroil recouvrier entendement, mais en vain,parquoy
le frère de noslrc évesque, qui esloil [second] marquis de Bergbe, voyant qu'il
" décembre : manuscrit 27. — b Passages omis par manuscrits 2, 3 et S.
(4) Le cardinal Charles de Caraffa élail le neveu du défunt pape Paul IV. Il fui condamné à mort 25
le 3 mars I t»G i .
(!) La bataille de Dreux, gagnée par le duc de Guise, qui avait repris Rouen le 26 octobre, et où le
prince de Condé fut fait prisonnier, se livra le 1!) décembre 1502.
(3) Voir dans les Conclusions capilulaircs Je Saint- Lambert, les négociations engagées dès le
3 janvier 1563 pour obtenir de Hoberl de Bcrghes la résignation de l'évécbé. L'élection de Gérard 31)
de Groesbecck eut lieu le G mars. Voir C. Tihon, op. cit., pp. 76-88.
RÈGNE DE ROBERT DE BERGHES. SOI
n'y avoit remède aulcun, consentit à Iadicte résignation, réserve touleflbis hors
des biens de féveschié, sa vie durant, 12,000 florins [brabans] a. Et icelle
résignation fut principalement faicle à cause qu'il i avoit grande apparance
d'hérésie en la cité de Liège. Et incontinent après, fut envoyé à Rome par le
5 chappittre pour en avoir la confirmation.
L'an mesme, le cinquiesme jour de jung, furent messieurs de Saint-Martin
en Mont publié en telle fachon aux baille de la Viollelte que nulles personnes
[des xxxu bons mestiers de la cité] " ne leur fist aulcun assistence en feu, en eaue,
ne vins, de bierre, ne de drappe, ne de loilles, ne de huilles, ne de aultres
10 aulcunes choeses que se soit, ne en aulcun manière sur paine de cincquanlc
florins la première fois, la seconde fois cent florins, et pour la troiziesme fois
sur paine d'estre bannie à j;imais, à cause qu'il avoient par deux fois estez
condamnez à la loy temporelle, contre laquelle voloient user de lettre prohibi-
loirc pour tenir lousjours en procès leur adverse partie, [qui esloil] monsieur
is d'Emale. Mais peu de jour après, fut l'accord faict pour éviter le scandai du
peuple à telle condition que les seigneurs de Saint-Martin renoneberoient
à leur mandement de Rome et de Coullongne (1).
L'an mesme, que ledit Robert de Berghe eut résigné son éveschié, comme
dit est, estant retiré à Berghe, morul là mesme bientost après [en la maison de
20 son frère Maximilian de Berghe, l'an 1565, le 26e jour de janvier (2). Requieseat
in pace] ". Et ne fut point enterré, car l'an XVCLXXIII en septembre, que je
faisois la fin de ce présent cronicque, ne l'estoil point encor.
*
* *
Endit an, furent retenus aucuns ambassadeurs ou commissaires et députés de
la cité de Liège au pays de Gueldre, en un village, à l'instance du conte
25 de Meyghen qui prétendoit quelque action injuste contre Iadicte Cité. Je dis
° Passages omis par manuscrit 2.
(*) Voir un acte du Conseil privé du 3 juin 1S65 prenant acte de la renonciation du chapitre de
Saint-Martin à interjeter appel auprès de la Chambre Impériale. (Registre aux dépêches IV, fol. 190
et dossier 1429 de la Chambre Impériale.
30 (*j Sur celte date, voir Tiiion, op. cil., p. 99, note 6.
50-2 CHRONIQUES LIÉGEOISES.
injuste et non droiclo. car il n'ai voulu ne conscnly que par droict ou justice
fusse terminé ce qu'on luy at présenté et sur ce qu'il s'avoit submis ny al voulu
obtempérer, aîns usant plus de force que de raison cl contre toutes anciennes
coustumes, ce qu'on n'avoil jamais veu praticquer par gens de biens et rompants
les droits et loix jamais violés que par tyrans et infidels, at retenti et faict tenir 5
lesdits commissaires ou ambassadeurs tellement que pour les ravoir at esté
convenable luy furnir à quoy Ton n'estoit tenu selon l'opinion tant des docteurs
de Lovain que de Couloigne, ausquels on avoil prins recours et demandé réso-
lutions, tellement qu'il at tiré hors des communs deniers de la Cité plus de
cinquante cinque mille florins liégeois, qui luy ont bien venu pour furnir à une 10
partie de ses debles. Toutefois, au moien de ce, il promisl de rendre et relivrer
certaines lettres de privilèges avec documens appartenants à la Cité et pays,
mesme aux xx\u bons mesliers. lettres et leltraiges, Dieu scait tout comment
il les avoit eu entre les mains, moy je m'en déporte. Si est que ladite Cité ny les
bons mestiers ne luy a voient mis en garde ny vendu des lettres. Après, on al 15
reccu une grande partie d'iccllcs et aulcunes concernants le bien du pays ont
esté retenues au lieu de Bruxelles, où elles cstoienl toutes mises. Ainsy at usé
le beau bériticr de levcsque George d'Austrichc sur ladicte Cité (1). (Manu-
scrits 29, fol. 26 4; 60, fol. 69; 6V, fol. 7 97; 62, fol. 206; 96; 9S,
fol. 68 v, 97, foi 24 i v" (dans une forme un peu plus abrégée.) -20
lielution du manuscrit H. R., n" 1579 1 . (Manuscrit 5 du tome I.)
Altéra die obitus Austriaei , fuit coadjutor reverendissimus generosus
Dominus a Uergis prcsenlatus in capitulo, omnibus gratissimus et acceptus.
Modem anno, in vigilia Translations sancti Lamberli, cecidil tempestas et
coruscatio super ecclcsiam monasterii Vallis Sancti Lamberti et inlulit monas- 2s
terio magnum dampnum, campanile cum campanis ab alto dejecit.
(*j Sur le procès avec le comte de Meghcn pour les biens des Liégeois arrêlés en Brabaut à cause
d'une dette réclamée aux héritiers de Georges d'Autriche, voir Conclusions capitulaircs du chapitre de
Saint- Lambert de IÎI03 et i'jf)4. Charles de Brimcu, comte de Meghcn, gouverneur de Luxembourg,
puis de Gucldre avait été constitué par Georges d'Autriche comme son légataire universel. Sur ce 30
conflit, voir Tiiion, op. cit., pp. S6-S8.
RÈGNE DE ROBERT DE BERGHES. 503
Eodcm tcmpore, obiit dominus Guilhelmus a Marka canonicus Leodiensis,
archidiaconus firabantie necnon preposilus fancti Bartholomei (x); diccbat se
coadjulorem episcopatus sed extra portas.
Anno eodem, fucrunt celebrate exequie illustrissimi domini Austriaci epis-
5 copi Leodiensis, cum pompa et solempnilale magna; maxima nobililas; brevi-
tatis causa omitto.
Eodem anno xa augusti, polilus est Rex Calholicus magna Victoria contra
Gallos (2) et vocatur Victoria diei Sancti Laurentii. Audiens Sua Gratia lanlam
vietoriam, ordinavit iieri specialis missa, reddendo Domino Jesu Christo gralias
10 de tanta Victoria quam tribuerat nepoti suo Régi Catholieo. ^imiliter ordinavit
Sua Kegia Majestas Cameraci solempnissimam spetialem missam et proces-
sionem: inlererat ipsc Rcx Haspaniarum cum maxima devotione et revcrenlia,
cum sua nobililate sequebanlur Venerabile Sacramenlum, torlilia habens in
manibus.
15 Anno M°VCLVII, magna oritur discordia inler commandalorem d" Fleniaul
et nobilem dominum de Lonsin ob certa bona prope Flemaul; venere ibi ex
ulraque parte miles armalus, volens fructus terre ausporlarc. Unde aliqui oceisi
sunt, cum corum scandalo proptcr cffusionem sanguinis (3),
Eodem anno et mense, fit consecralio revercndissimi domini episcopi a
20 Bcrgis in monasterio de Hercbenrode, ipso die Symonis et Jude que fuit
ixa octobris. Ibi adfuerunt mulle nobilis virgines ex sua progenie. Anno
M°VCLV1I, xma deeembris, intravit civilatem sua m Leodiensem cum maxima
comitiva nobilium et principum, episcoporum plurium, dempta sua regia
JVIajestatc, omnes Aurei Velleris, cum maxima pompa et gravilate. Accedens
25 autem reverendissimus dominus civilatem, egressi sunt civitatc consules cum
omni plèbe el offieiariis. mercaloribus, civibus ut suum oplalum principem
bénigne ac humaniter exciperent. id quod recte et summa cum revcrenlia
fecerunt; platce strate et mirifice ornale fuerunt, unde omnibus mirum vide-
30 (4) Sur Guillaume de la Marck, voir de Tdeux, t. III, p. 60 et de Chestret, op. cit., p. 210.
I»; Bataille de Saint-Quentin.
(3) Voir sur re procès, le registre aux Dépêches du Conseil privé, IV, fol. 316, 559 et 368 et les
dossiers 1225 et 1226 de la Chambre Impériale.
504 CHRONIQUES LIEGEOISES.
balur; el ita ad (empluni Sancti Lamberti (Inclus in quo expeclabalur a gcne-
rosis dominis confratribus suis, et more solilo rccepcrunt duccntes cum ad
lemplura. cl statim inccpit canlor « Te Deuni laudamus ». Peraclis Iiiis, duelus
fuit ad palatium iia ornalum lapeliis quod omnes mirarentur. Eodcm anno,
sequcnti die, celcbravit primilias suas in ccclcsia Leodiensi, prcccdenlibus et :;
sequenlibus episcopis pluribus et abbalibus. Episcopi erant prius Camera-
censis (*), Atrabalensis (2) et Tomacensis (3). Abbates Stabulcnsis ('), Sancli
Huberli (5), Sancli Trudonis (6), Sancli Jacobi (7): Sancti Laurenlii (i), Lobicn-
sis primus ('•' , Alnensis (10), Floroflensis (u), Vallis Sancti Lamberli (12),
Egidii (13), Maloniensis (14), !N'ovi Monasterii Hoycnsis (15), Flonensis ("']. etc. 10
Principes seculares primus princeps Orangic (n), le Aux d'Arschol (ls), le
markis Bcrgcnsis frater (19) domini episcopi cum suo fratre, coincs Aigmonlen-
sis (20), cornes Mayghcnsis (21), comes d'Ëniplbinnc (22), cornes Korncnsis (23),
iir page 489, noie 2.
(2) Voir page 48!), note 2. 1S
(J) Voir page 189, noie 2.
: i tophe de Manderschcil, abbé dcSlavcIol de 1816 à 1576. Blunasticon, l. Il, p. 94.
(S) Rcmaclc de la Marck, abbé de Sainl-Hubert, 1559-1864.
lie de Blocqucric, abbé de Saint-Trond, 1557-1586.
: llennan Rave, abbé de Saint-Jacques, 1851-1585. Monastkon, t. Il, p. -25. J(l
(S) Gérard Vaii der Stappcn, abbé de Saint-Laurent, 1520-1558. Monaslicon, t il, p. 52.
Dominique Capron, abbé de Lobbes, 1880-1570. Monaslicon, t. I, p. 225.
(1D) Guillaume Noël, abbé d'Aulne, 1 586-1878. Monaslicon, t. I, p. 559.
(") Guillaume Doupaix, abbé de Florcffc, 1552-1578. Monaslicon, t. I, p. 121.
(4î) .Iran d'ivoz, abbé ilu Val-Saint-Lambcrt, 15i7-l!)fi0. Monaslicon, t. Il, p. Ili7. 25
(»=J Gilles d'Orjo, abbé de Saint-Gilles, 1549-1597.
(") Laurent Cornélis, al bé de Malonne, 1525 1862, Monaslicon, I. I, p. 147.
('■■) Nicolas de Manez, abbé de Ncufmoustier, 1848-1569.
(,6J Jacques d'Oreye, abbé de Flône, 1883-1875.
(") Guillaume de Nassau, prince d'Orange. 50
(18) Philippe III de Croy, duc d'Aerschot.
C0) Jean de Glymes, marquis de Berghes, gouverneur du Usinant.
(î0) Pbilippe, comte d'Egmont.
(21) Charles de Brimcu, comte de Mcghem. Voir page 802, note 1.
(l!) Jacques de Hemptinncs, seigneur de Wangcnics, etc. 3!i
(") Philippe de Montmorcucy, comte de llornes.
RÈGNE DE ROBERT DE BERGHES. 505
marchio Rcthensis ('), baro a Bcrlcnlot (2), modo cornes, simul omnes nobilcs
pairie Leodicnsis et insidebat unusquisque secundum suum ordinem, ceteri
secundum aliquam cunsuetudinem. Prctor erat dominus de BerU-mont (3),
consulcs dominus d Emal (4), dominus dOupey (5). Quoad solempnitatem
5 misse, non defuit musica. non cantorcs aut musici nec diversa instrumenta
musicalia. Que precipua aderat magna devolio, unde cives multum alacres
magna consolatione conlenti videntes suum principcm et cpiscopum in tanla
humilitale pcrfecerunt quod sanctum et juslum erat. Eodem anno, xvii0 cjus-
dem mensis, feria quarta, in dicbus quatuor lemporum ante navitatem, consulcs
10 supradicti fecerunt eidem principi solcmpne convivium cum omni sua curia et
nobilibus in domo civica, non sine tripudio magno.
Eodem anno, xm° augusti, post vicloriam Sancli Laurcntii. !!cx calholicus
cepit oppidum Sancti Quinlini in Picardia.
Anno M°VCLX°, cdificala fuit ccclcsia Eolardorum (6).
!;; (•) Guillamc de Croy, marquis do Itcnly.
;J Charles, baron de Bcrlaymont, sire de Pcrwcz.
(') Voir page 4ô5, note 1.
(*) Voir page 4(îb, note 2.
i») Voir page 490, noie 1.
(•) Les renseignements qui suivent sonl conformes à ceux des autres manuscrits.
Tome II 64
Régne de Gérard de Groesbeek.
Dilige.
Le manuscrit Sylvius, adopté pour établir jusqu'à présent le texte de la
chronique vulgaire le plus répandu, s'arrête au début de l'année 1565. D'autre
pari, nous trouvons, pour la période des débuts du règne de Gérard de Groes- 5
beeck s'étendant de 1564 à 1570 deux versions distinctes. L'une, placée sous le
n° I de chaque année, est celle qu'on retrouve le plus complètement dans le
manuscrit 1 qui redevient donc, comme pour les temps antérieurs au
XVe siècle, notre guide principal, et adoptée par les manuscrits 3, 5, 8 et
autres de la catégorie B. L'autre est donnée par les manuscrits 6 et 7 et sera 10
édilée sous le n° II, et avant les annotations extraites des autres manuscrits
de chronique. Le manuscrit 1 se termine en 1570, le manuscrit 5 s'interrompt
en 1577 pour reprendre en 1381. Le manuscrit 7, après 1569, ne donne plus
sur Gérard de Groesbccck que quelques lignes consacrées à la mort de 1 evéque.
Pour la dernière partie de ce chapitre, c'est le manuscrit 3. amendé par les is
manuscrits 6 et 8, qui servira de base à notre texte initial. Nous terminons ce
dernier par la relation latine donnée par le manuscrit de la Bibliothèque royale
de Belgique n° 15791, pour les années de 1564 à 1569.
RÈGNE DE GÉRARD DE GROESREEK. 507
1564.
I
An XVCLXIIII, le onziesme jour d'avricl, fut monseigneur Gérard de Groes-
beeck esleux en ehappilre de Saint-Lambert et publié a évesque de Liège (').
5 L'an mesme 6, [le xxive de juillet], fut publié et crié une publication faicte au
peron [à Liège] à son de trompetlcs de par le prince et bourghernaislres et
escbevins [laquelle publication ne plaisoit point à bourgeoix et estoit totale-
ment conlre l'ancienne coustume et contre les privileiges des bourgeois, parquoy
en fut, le jour de Saint-Jacque, grand tumulte et se mist la bourgoisie ensemble
io et ne l'ont point consentu ne passée parquoy, lendemain del Saint-Jacque,
y avoil grand commencement de tumulte et murmur contre les virulx bourglie-
maistres (2), qui avoient estez présent à faire la publication, et quant le prince
en fut adverty de la tumulte de peuple, fut sur la maison de la ville pour soy
excuser envers la bourgeoisie, et fut ledit cris descrié de la part du prince et
is vieulx bourghernaislres et encor de la part des deux nouveaux bourghemaistres,
à son de trompette annichiléc cl tout révoequé sur les bailles de la maison de la
cité] c. Et fut pour éviter la fureur de peuple, et la cause estoit que nulz bour-
geois n'eust oser pescher à la verge et haweroul nulz poissons, ne tirer lièvres,
ne connins, ne prendre ne quailles ne perdris sur paine de gros amende, qui
20 estoit mis rf, et ce fut ung bon acte faict par la bourgeoisie, car tout fut cassé,
annichilé et descrié (3).
" Gérard de Groesbeeck, estant doyen de la cathédralle église de Liège, après la résignation de
Mr Robert de Iierghe, fut esleu évesque de Liège l'an 13b'4, l'onzième d'avril, en chapiltre de Liège, et
le même jour, publié par l'eseolastre en trois langues, comme est de coustume. L'an 1! r>65, le 20° de
ï6 may, fut consacrez en l'abbaye de Herkcnroede par trois évesques. En l'an mesme, le 3 de juin, le
dimanche devant la penihecouste, fit son entrée en la cité de Liège en grande honneur par la porte
Saint-Léonard : manuscrit S. — b Beaucoup de manuscrits relaient ce fait au règne de Robert de Berghe.
— c laquelle publication... maison de la cité : passage omis dans manuscrit 5, S et S. — d mais à la
sainct Jacque ensuyvant, fut tout annichilée par les vieux bourghemestres qui avoient à ce consentit et
30 pareillement par les nouveaux : manuscrit S.
(') Voir dans les Conclusions capitulaires du chapitre de Saint- Lambert, du 11 avril 1564, l'acte
d'élection de Gérard de Groesbeeck comme évèque de Liège.
(*) Jean de Streel et Pierre Bex.
(3) Edit du 22 juillet 1S64 sur la chasse et la pèche. Recueil des Ordonnances, 2' série, I. I, p. 278.
33 Sur cet événement, voir Chapeauville, III, 410.
508 CHRONIQUES LIÉGEOISES.
II
L'an 1864, le xi* d'apvril, fui Gérard de Groesbceck eslcu en chapitre de
Liège et publié évesque de Liège.
*
* *
Gérard de Grocsbcek fut eslcu par le chapitre étant doyen de Saint-Lambert
et d'Aix et coadjuleur. Lt avec luy fut aussi esleu le prévosl Bocholt, ayans 5
tous deux voix égale. Mais comme on alla demander s'il le vouloil être, il le
refusa parmy luy payant dix mille florins brabant de pension, sa vie durante,
sur l'évèehé cl par ce moyen, ledit seigneur de Grocsbcc fut eslcu le icr d'avril
l'an il)6i pour le 6Ge évoque de Liège et le 89e en nombre. (Manuscrit 38,
p. 72.) 10
L'an mesme, le 6° de may, grésilla fort en la Cité. Le diex septième dudit
mois, neigat abondanlment et, la nuit ensuivant, gelât. L'an mesme, sur la fin
de décembre et commencement de l'année suivante, très fort et véhément vent
et après grande inondation d'eaue, qui fist en plusieurs lieux grands dommaiges
et après s'ensuit grande peste et grande famine (^.(Manuscrit 4 02, fol. 4 'SI »°.) 13
La peste fit grand ravage dans la Cité, en ayant esté emporté plus de mille
personnes dans le fauxbourg seul de Sainte Marguerille. La Meuse fut glacée
depuis la mi-novembre jusques sur la fin de février. (Manuscrit HO, fol. 119.)
Au mesme temps, on mouroit fort de peste hors la porte de Sainte-Margue-
rite et sur la fontaine de Saint-Lambert près de Liège. (Manuscrits 12 et 28.) 20
Ceste mesme année 4564, le saint concile de Trente a esté conclud et arresté
et par le pape et les légats, cardinaux, arebevecques et évesques aprouvé et con-
firmé, lequel avoit été commencé dès l'an 1S56 par grand nombre d'évesques et
saincts pères docteurs en théologie, et mandants à tous fidèles chrétiens de rece-
voir et inviolablement garder les articles, canons et décrets contenus en iceluy. 23
Et est à noter que tels concils sont les sièges judiciaux des papes et des estas de
l'église.
(*) Cf. Cri du perron du 6 juin lh'61 prescrivant des mesures prophylactiques contre la peste et
recès du chapitre de Saint-Lambert du 10 août suivant.
RÈGNE DE GÉRARD DE GROESBEEK. 509
Ceste même année, est trespassé Ferdinand d'Autriche, esleu empereur.
A ses obsèques, le jour des funérailles, les blasons de ses ancestres, races
et royaumes magnilicqucment et excellemment furent porté avec grande
honneur et pompes funèbres. (Manuscrits 12 ; 28, p. 400 ; 96, fol. 301 ;
s 97, fol. 209.)
Cestuy an, au 47e maye, morut Jean Calvin et, le jour de Saint-Jacque,
l'an inesme, morut l'empereur Ferdinand. (Manuscrits 34, fol. 244 cl 27,
fol. 331.)
Le 20e de maye soixante qualtrc, Jean Calvin, natitï de Noyon, ayant esté
10 l'espace de sept ans entiers tourmenté de jebenne de divers maladie, mourut
misérablement par une comtesse d'allainc à Genève, ville de Savoye, où il avoit
enseigné l'hérésie 23 ans, aagé de 56 ans (1). (Manuscrit 4S, fol. 291 v°.)
1565.
I
ia L'an XV^LXV, le xxejour de may, fut ledit évesque consacré à lîerkenroede
par trois évesques. L'an mesmp, le dimenchc devant le quaresme qui estoit
1505 le 4e jour de marce, fut l'abbéz de Beaurepaire (s) meurdry en sa chambre
au soir estant couchié sur son lict par les mains de son chamburlain, natif du
pais de Hainaut, comme l'on dit, qui toute la nuiel pillât or et argent, verges d'or
20 et tout ce qu'il vouloit emporter, et du bon matin vint en la cuysinne deman-
dant à desjuner, et après avoir desjunéz, s'en allai accoutrer le meilleure
cheval de l'eslablc, et s'en allât avec tout ce qu'il pouvoit emporter. Et envv-
ron le disner, voyant qu'on ne voioit point l'abbéz à x heures et à xi heures,
on rompit l'huys de sa chambre, et on le trova misérablement meurdry de
-25 plusieurs coups de pisloletz. L'an mesme, devant le mois d'aoust, commenebat
le grain fort à remonter à cause que les biens aux champs n'avoient point
d'apparence et durât ce chier temps l'an entier, et si ne fust venus de grain du
(i) Cf Chapeauville, t. III, p. 411.
{*) Nicolas de Bilstani de Limbourg. Cf. D. V. Bkblièke, Monastiton, t. Il, p. 232 et Gobbrt, Liège
30 « travers tes âges, t. V, p. 103.
510 CHRONIQUES LIÉGEOISES.
pays d'Oslant, eut esté grande faminne, et at esté grand jusques à l'aoust
l'an LXVI, car il ne fut point de vin, ne de fruict, no paxhon. L'an mesmc.
le iuc jour de juing, le dimenche devant la Penthecosle, fisl monseigneur Gérard
de Gro 'sbeeck son entrée à la cité, par la porte Saint-Léonard, très honorable-
ment avec grande noblesse et xnnc cbevaulx et fuient les fontaines du jardin s
du palais parfaictez ".
II
L'an 1565, le xxe de may, il fut consacreil en l'abbaye de Herkenrode par
trois évesques. L'an mesme, le troisièsme jour de juing, le dimenche devant la
penlecoste, fisl son entrée en la cité fort honnorablement avec des grands princes 10
et seigneurs à grande joyc, honneur, esbatements, civilité, usances, estant pour
lors bourghemaislres inaislre Jan de Strel et maistre Pier Bex ('), ambedeux
licentiéz ens drois, et fut la maison de la cité bravisement blasonnce et accou-
slrée des armes de la cité et pays, bonnes villes, contez, duchéz, aussy des
xxxii bons mestiers. is
L'an mesme, at esté publyé ung édict (2) touchant des forrests, d'awes,
venissons, et poissons, ny de achapler ou vendre, sinon pour divers poinct et
affaires, dont à cause qu'il astendroit sy désacoustuinément en auscuns poincts
un peu les bourgeois '', il s'eslevat et suscitai uue esmotion parmi la cité,
laquelle fut incontinent appaisée par la remonslrance de sa Uévérendissime -20
Grâce, déclarant qu'il ne prélendoit loucher contre la liberté de la bourgoysic,
ains pour eslrangier et gens follanls boix et cawe avoit esté publyé cesl édict,
lequel édiet fut mis en bas pour aulcuns poincls obscures. En dit an, est mort
Ferdinand d'Austriche, empereur.
L'an lo65, en mois de may, M. Koberl de lierghe trespassal, jadil évesque. 25
Ceste mesme année, le jour Saint-Jacque, ont estez esleus pour bourgemaistres
" tist en la cité son entrée très lionnorableraent. avec laquelle, pour le présent, nous mettrons fin à
nostre hysioire et cronieque jusque à temps plus opportun : fui du manuscrit 2. » les bourgoys
voyant les poincts et affaires sy strieqz : manuscrit 6.
(i) Sur Jean de Strccl, éclievin de Liège de I lis'.) à ICI8, voiroc Boauan, Les Echeoins, t. Il, p. 229. 30
Sur Pierre Bcx, voir Ibid., p. 259.
t'y Edit du 22 juillet 1504 précité.
RÈGNE DE GÉRARD DE GROESBEEK. 511
de la cité M. Erard de Wishoigne (*), seigneur de Velroux et Lexhy, avec luy
Maislre Erard " de Fléron (2), eschevin de Liège, licentié es droicls, duquel
temps les froument et wassent comenchirent de plus en plus à remonter et
rechirir, car le muids de speaulte soy vendoit trois daller, le stier de wassent
s siex florins liégeois (3), non seulement à Liège mais partout, de quoi pour
soubvenir à la nécessité, fut par le conseil de la cité ordonné de faire une bonne
somme d'argent et envoyez à Amsterdam, où illecque estoit arrivé grand
nombre de naviers cliargiés de petit grains, qui viennoyent du loing pays b, et
furent achapté pour la cité et pays par les commis, pour cest fois pour
îo xxx milles florins, et ainsy continuellement ceulx de la cité acbaptoyent encore
grains, tant au Pays-Bas que en Allemaigne, et le tout at esté distribué par
ordonnance du conseil et de la cité, tant ens payus cuicts par les bollt ngiers de
winables, comme aussy par stiers et mesures, de sort que en brieff temps les
grains vindrent à meilbieure prys, car la cité portoit inlérest.
15 En cest an mesme. le Turcque, avec grande armée de 130 gallers, huicte
maxhons, xvi grandes naviers etaultres mennues chargées d'artilleries et muni-
tions, vindrent assiéger l'isle de Malle, laquelle isle avoit esté donnée aux
chevalliers Rhodiens peu après que l'isle de Rhode avoit esté prins par le pape
et l'empereur, mais Iesdits Turcques furent constraincts soy retirer avec grande
20 perdre.
La mesme année, ceulx de iMaeslricht (4) ont par aulcuns leurs donnant en
bouche des frivolles requis vers la duchesse ds Parme, gouvernant du pays de
" Jacques de Fléron : manuscrit G. — 'de pays vers Oostande : manuscrit î8.
(i) Lrard de Wihogne, dit de Lexhy, seigneur de Lexhy, Velroux, etc., Cf. Abky, Rtcueil des
i'.' bourgmestres, p. 300.
(i) Gérard de Fléron, échevin de Liège de 1MC1 à ICI!). Cf. de Borman, op. cit., t. Il, p. 157.
(5) Ces prix sont conformes à ceux mentionnés pour le 29 novembre IKGK par un record des Eclie-
vins de Liège du 7 décembre 1S7C.
(*} Sur cet incident, voir un acle du Conseil privé du 0 décembre 1HG0, dans les Dépêches, VI,
50 fol. ôii \". Recès du chapitre de Saint- Lambert, reg. 115, p. S7b. Lettre de Gérard de Groc.sbecck à
Marguerite de Pami'1, du 9 septembre 1865 el lettre du même à son chancelier, du 13 octobre suivant,
dans le Carlulaire de ta Cité.
S12 CHRONIQUES LIÉGEOISES.
Brabant, cerlain mandement de pouvoir cueillier et lever ung nouveaux tourny
à eeulx de Liège dessus leurs marchandises illecquc passants, ce que n'avoit
esté veu auparavant, et en vertu de ce, publiés et levez à aulcuns; or voyant
ceulx de Liège cesle nouvelle manière de faire, ils soy sont opposez veuilliant
scavoir la cause, et de désister doresnavant, dont ceulx de Treict respondirent :>
que c'esloit pour ce que on les faisoit payer les gabelles de bouillies, et que en
cas que l'on vollust à ce désister, ils seroyenl bien content de faire le sem-
blables, tellement qu'il y avoit commencement de grande question, mais par les
ordonnances tant de ladite duchesse que de noslre prince, fut ordonné que
eeulx de Treict cesseroyent de leurs nouvelles telle et quels faires, et que les io
affaires seroyent communicqués à aulcuns commissaires et dépuleis des deux
parties au lieu de Treict, et illec estant la manière entamée par forme de procès,
escriplures, interdict, allégeance, réplicques, duplicques. conclusions. documents,
privileiges et tesmoins, sentant par ceulx de Liège leurs causes de droicl et loix
juste, prélendoyent d'avoir widanges, mais les comissaires de ceulx de Treict, i;>
qui estoyent de Brabant, n'ont poinct volu lors wider, ains soy sont party
remeclant le procès à aultres fois, et ainsi il est demoréz que eeulx de Liège
n'ont plus payé la nouvelle toile à eeulx de Treict, et ceulx de Treict ont
continué à payer leur gabelles de houilles à ceulx de Liège.
*
* *
L'an mesme, le 3 juin, le révérendissime et illustrissime prince Gérard de 20
Groesbeeck at fait son entrée à Liège avec grand nombre tant de princes que de
seigneurs et grandes joyes, honneurs et pompes. El fut receu de la porte de la
Cité suivant toutes voyes et manières, triomphes, coustanges, esbatemens,
usances tant en armes que aultrement en la manière que devant dit est de
monseigneur le révérendissime Koherl de Berg, que Dieu absoulve. Et à sa 23
venue, at esté fort bravement la maison de la Cité accommodée de blasons
d'icelle, de ceux du pays et villes d'iceluy, des contées, marquisats, duchés et
mesme des xxxn mestiers ('). (Manuscrits , 58, fol. 75 et 98, fol. 70 V.)
(i) Voir dans le registre 1 13, p. t.87, des Conclusions capitulaircs du chapitre de Saint Lambert, la
relation officielle de cette Jmeiise entrée. 30
RÈGNE DE GÉRARD DE GROESBEEK. 513
Le vendredi après son entrée, entra en Liège le duc de Brunswick (*)
et chantât l'évesque messe avec grande compagnie y assistant. (Manuscrit 98,
fol. 70 V.)
L'an I56o, fut conclud et arrêté le concile de Trente, ville située en Italie,
b par le pape Pius, par les légats et cardinaux, archevêques et évoques qui
l'approuvèrent et confirmèrent, après avoir été commencé dès l'an 1540. Il fut
publié en Espagne mais rejette en France, publié aux Pays Bas par ordre du
roy, contre l'avis du prince d'Orange, des contes d'Egmont et de Ilorne et
contre l'avis du président Viglius même, contre lequel s'opposèrent les chapitres
»o et ecclésiastiques soub l'archevêché de Malines, et l'évêché d'Utrechl (2) ny
voulut mordre, à peine l'archevêque de Cambray i^3) peut-il induire son
chapitre de l'accepter, ce qui engendra des grands troubles et mécontentemens.
(Manuscrit 58, p. 79.)
En ce temps, mourut le prévôt Bocholt qui avoit refusé d'être évêque de
•5 Liège. (Manuscrit 38, p. 78.)
L'an mesme, fut le Conseil de Trente conclud et arrestéz par le saint Père le
pape et puis par les légats, cardinaux, archevesques, évesques, saints pères,
docteurs à ce députés et mandés, mandant à tous ehrestiens de le recevoir
inviolablemcnt et le tenir, observer, garder. ()Ianuscrits 3, 6, j 2 et 28.)
20 L'an mesme, l'évesque lit acqueste, au profïît de la fable épiscopalle, à
monsr de Bisbourg de la moitié parle d'un grand bois près de la ville de
Couvin, dont l'autre moitié apparlenoit à l'évesque (*). En ceste même année,
ceux de Treicbt ont par aucunes barches donné des fruits vers la diocèse de
Liège, parmi gouvernant le pais de Brabant, donnant certain mandement afin
25 de pouvoir lever un nouveau tourny à ceux de Liège dessus la marchandise
illec passante, ce que jamais n'avoil esté fait. (Manuscrit i OS.)
(«) Eric de Brunswitk-Wolfenbaltel, qui servit dans l'armée du roi d'Espagne à la bataille de
Saint Quentin.
(») Martin Rithovius.
50 (') Maximilicn de Bcrghcs. Voir page 489, note 2.
(*) Acte du 20 février 1565 par lequel Gérard de Groesbeeck rédime la partie de la chàtellenie de
Couvin qui avait été engagée à Claude de Wittciu. Conseil privé. Dépécha, rcg. VI, fol. 229.
Tome IL 03
514 CHRONIQUES LIÉGEOISES.
Le pape Pie IV, entendant la prudence, bonne vie el conduite de l'évecque
de Grosbeeck et le voullant reconnoilre. il luy donna le pouvoir des collations
de tous les bénéfices aux mois papales pour en disposer à sa bonne volonté, luy
et ses successeurs ('). Ce qui a été la perle des Liégeois ", d'autant que les
évecques à la suite en gratilioient ceux qu'ils redoubloienl ou leurs bons amis, s
Auparavant on espéroit rien d'eux, n'ayant rien en leur pouvoir, mais en celluy
du chapitre. (Manuscrits 47, fol. 156; 45, p. 7SS et 4ë, fol. 292.)
(f'ersion plus abrégée).
En ce temps, se faisoit à Liège h danses publiques, dans certains lieux, à qui
mieux, et à chanter aussi, dont les plus habiles emporloienl des prix comme io
miroirs, gans, pennaches et autre jouaillerie. Plusieurs jeunes hommes et filles
se trouvèrent dans ces endroits. Ces prix se rachctlèrent parmy un banquet.
Comme toute cette manège occasionoit des querelles et qu'à la faveur de la nuit,
l se coin mettoient plusieurs désordres et obscénités, l'évecque, en étant infor-
miez, le deffendit sous peine de grosses amendes (2). (Manuscrits 47 , fol. 156 is
el 45, fol. 292.)
L'an mil VCLXV, at esté encommencé une très forte et grande gellée quy n'a
point moins dure de deux mois, estante si véhémente que de cinequante ans on
n'avoit veu la pareille. Après ce, grosses neiges. Ladite gellée avoit encommencé
un peu avant le Noël. Kt au mois de may. sont tombées subittement pluyes qui 20
rendirent la rivière de Moeuze hors rive et desbordée par les preys et colilaiges
et terres, faisant grand domaige tels que personne n'avoit veu en tels temps le
le pareil. En ce temps, fut faite une élection d'ung nouveau doyen de Saint-
Lambert, dont fut esleu monsieur VV inand de W'igard (3). L'an mesme, estoient
" ce qui a été la totale ruine des Liégeois et comme l'échelle dressée par où sont montés ses 25
successeurs à ce suprême degré de giandeur où ils sont à présent : manuscrit A3, p 755. —
b en des lieux particulièrement choisis et destinez : addition du manuscrit 45.
(V Bulle du pape Pie IV, du 12 octobre 1860, accordant pour cinq ans la faculté de conférer les
bénéfices réservés au Saint-Siège.
(s) Cri du perron du 13 octobre 1865. 30
(3) Wvuaiid de Wyngaert, chanoine de Saint-Lambert depuis le 10 novembre 1810, élu grand-
doyen le 50 octobre 156-i et grand-prévôt le H septembre 1880, mort le 28 juin 1893. Cf. de Tbïux
t. 111, p. 88.
RÈGNE DE GÉRARD DE GROESBEEK. 515
le foing et fouraiges à liault pris, car le faz de foin, contenant six pessées
à Liège, se vendoit quinze à seize florins. (Manuscrits 96, fol. 302 t>° ;
97, fol. 212v°; 12 el 28, p. 400.)
L'an 1565", comme dit est, gella tellement que la rivière de Moeuse fut
5 serrée par trois fois, les noyers et vingnes engellées. L'Escaut en Anvers fut
tellement engellé qu'on vendoit sur la glace du vin et de la bière et loulles
autres marchandises. (Manuscrits, 102, fol. 152; 27, fol. 351.)
Et fut le grain fort cherre et on vendoit le stier cincque florins et dix
aidants. (Manuscrit 27.)
io Car le muid de spcaulte se vendoit trois dallers, le stier de wassen 6 florins,
5 aidants moins et estoit par tout le pays de Braibant, Flandre, Hollande,
Zélande, Geldrc et mesme en France comme au pays de Liège, et de mesme
prix et ne s'en trouvoit point en Hesbaigne la moitié de ce qui estoit besoing.
Dont pour subvenir aux grandes nécessités du pays, il a été ordonné par le
15 conseil de la cité... (Texte comme page S 11.)
Ainsi continuellement encor haussoicnt les grains tant au Pays-bas comme
en Allemangne, où on at aussi achepté un bon nombre, comme aussy en autres
costés. Et furent tous icieux grains distribués par ordonnance dudit Conseil de
la Cité, par les commis et députés tant en grains cuits par les boulangers des
20 vinables comme aussy par mesures et sliers. Et y a esté tellement procédé
qu'en brief temps, les grains furent à plus bas prix à Liège, car la Cité portoit
quelque intérest. Davantage encor, tant par gelées et froidures que par autres
incommodité, les pauvres gens n'avoient point d'ouvrage ny de labeur et
plusieurs mangeoient jusques à la reste de leurs biens, et de là, par grandes
2b nécessités, commencèrent à faire mutinations et murmures, impatiemcnt, se
trouvant et assemblant par nombre, tellement qu'il at convenu et fut trouvé
expédié de mettre grand nombre de femmes et enfans à besoigner et faire
ouvrages pour gaigntr du pain aux chemins, voyes et fossés et rempart de la
Cité, tellement qu'ils furent contens et lesdils grains et pains continuèrent par
30 bonne police el à prix moyen. Ainsi passèrent par ce moyen ceux de la Cité le
« l'an 1566 : manuscrit 105.
816 CHRONIQUES LIÉGEOISES.
danger qui leur esioii imminent^). {Manuscrits 28, fol. 401 ; 96, fol. 503 v°;
97, fol. 215; 106 (à la date de 1366) el26h'% fol. 363.)
Les pauvres n'avoicnt pas de labeur et mangeoient tout; après commen-
cèrent à murmurer, s'assemblant tellement que fut expédient de mettre des
enffans à grand nombre, hommes à besoigner pour gaigner leurs pains aux s
voyes, chemins, remparts et fossés de la Cité et par ce moyen, le peuple fut
appaisé. (Manuscrit 5.)
En cette même année, périt une fosse aux houilles à Tillcur où y furent péris
28 hommes (2). (Manuscrits 12; 24, fol. 288 v° ; 93, p. 413; 96, fol. 303 ;
97, fol. 212 v.) io
L'an mesme, fut translaté une partie du corps Saint Eugène, premier évesque
de Tollède, de .Saint-Denis en France à Toilette. Philippe, roy d'Espaigne,
second de ce nom, le portoit. (Manuscrits 27, fol. 331 et 34, fol. 244.)
1566.
L'an XV'LXVI, vindrent des faulx prédicateurs en plusieurs pays, première- «s
ment en Flandre, lesquels, en plaing jour, alloient à leur presche avec basions
et armes en grand nombre. Ceulx d'Anvers ne voulurent point estre les der-
niers. Après ensuy virent plusieurs autres, comme en Zélandre, Frise, ceux
d'Ypre, de Gand, eculx del contée de Horne, ceux d'Aldernaeh (3), de ïournay
'/ Cette disette de grains se révèle dans une série de mandements et cris du perron promulgués le 20
18 septembre, le 6 octobre et le S décembre I!i(i5. La visite des greniers de tous les habitants de la
Cité fut ordonnée le S décembre. Le 17 suivant, des rassemblements menaçants de gens affamés se
lirent autour des Tawcs et de Vottcm, et une enquête générale fut décrétée le 22 décembre pour
découvrir ceux qui avaient cherché à soulever le peuple en se plaignant de la mauvaise qualité du
pain. L'assistance du chapitre de Saint-Lambert fut sollicitée pour obtenir de l'Empereur l'envoi de 2">
grains d'Allemagne. Malgré l'énormité des dépenses déjà engagées, le Conseil de la Cité décida, le
2 janvier llitiC, de continuer les travaux occupant les chômeurs pendant un an si c'était nécessaire.
Cf. E. Fairon, Cartulairc de la Cité.
(*) Cf. Gobert, Eaux et foittuines de la Cité, p. 43.
l3y Audenardu. 30
RÈGNE DE GÉRARD DE GROESBEEK. 517
el ceux d'Isle (J) en Flandre. En pays d'Artois, furent les premiers ceux de
Valenciennes (2). Ceux d'Anvers, voyant qu'on ne contradisoit guère à leur
mauvaise et dannable conjuration, sortirent de la ville en grand nombre ouyr
les presches des gens indoctos. La ducesse de Parme, gouvernante pour ces
s temps des Pays-Bas, entendant les aclz et faietz de ces nouveaux prédicans,
envoya là le conte de iMegc (3) pour appaisir leur fureur et assembler des gens
d'armes pour garder le pays de roy en subjection, mais ledit conte fut constraint
sans rien faire retourner à Bruxclle. Après, y fut envoyé le prince d'Orcnge qui
les appaisat un peu, mais non portant les peult défendre d'aller à leur presche,
io qui tellement estoient augmentez que, le xmie jour de juillet, an susdit, hors
d'Anvers furent faietz six sermons. Le xvB de juillet, furent les nobles du Pays-
Bas au conseil à Saint-Trond pour déterminer entre eulx de leur affaire, et de
par la ducesse de Parme y furent envoyez le duc d'Arschol et le comte d'Aig-
mond, où rien ne fut concludl, et fut remis ledit concilie ou plulost parlement
îs à Duffle (4), villaige tout près d'Anvers, à xviue jour du mesme mois, où les
marchans el commun peuple d'Anvers donnèrent une supplication, priant
ausdits nobles de vouloir estre leur protecteur en leur nouvelle religion,
ausquels fust respondu par les nobles qu'on ne leur feroit rien tant qu'il fust
autre chose ordonné par les chevaliers de l'ordre, mais qu'ils ne faisent à per-
20 sonne tort. L'an mesme, sur le fin de moys d'aoust, commenchèrent lesdits
conspirateurs à violer les englieses, rompre les images, les orghes et les ornemens
d'église, brusler les livres et lettres où les biens desdites englises estoient com-
pris, le Saint Sacrament de l'auteil passer à piedz. Les autres dcl sainte huyle
d'Extrême Onction en oignoient leur sollier, les autres faisoient leur pouvreté
25 en l'caue de Saint fons et aultre choese qui seroit trop infâme et détestable de
le seulement escriere. Le moys de septembre après, à l'exemple de ceux d'An-
vers qui avoient faict cinq temples, ou plutost estaublcs de pourceaux, pour
prescher leurs nouveaux prédicateurs, fut parmys pareillement à ceux de Gand,
(i) Lille.
30 (*) Sur les troubles à Valenciennes, voir II. Pirenne, Histoire de Belgique, t. il!, pp. iïiii't.
(») Le comte de Meghem. Voir page S02, note I.
[*) Duffel.
518 CHRONIQUES LIÉGEOISES.
d'Aldernard, d'Ipre, Bailleieu, et de Couvin (4) d'édiflier pareillement des
temples, mais dehors les villes. Plusieurs gens de biens et gens d'églises, voyant
leur mauvaise volunté et intention, pour éviter leur fureur, et point estre par-
ticipanlz à leurs actz, s'en allèrent demourer aultre part en portant une partie
d'eux leurs biens avecque eux. Les geux et gens séditieux voyant eecy, pensant 5
estre maistres, eommenchèrent entre eux à crier : « vive les geux », comme
supérieur; et pour mieulx décepvoir le pauvre peuple, firent forger des images
où à l'ung des costéz estoit la pourlraicteur et figure du roy d'Espangne
Philippe et à l'autre costé estoient deux mains l'une sur l'autre, avecque cestc
inscription : « Fidelz au roy jusques à la besace ». 10
Au mois de décembre, l'an mesme XVCLXVI, ceux de Hasselt commencèrent
pareillement à leurs églises à rompre images, ornemens d'églises, et admettre des
faulx prescheurs en leur ville (2). Pareillement ceux de Maseick et de Treict,
lesquels, l'an ensuyvant, ne voulurent au commencement recepvoir nulle
garnison. 15
En ce mesme temps, soy rassemblèrent plusieurs des susdits geux de Flandre
et Tournay pour venir secourir ceux de Valencienne qui estoient assiégez en
leur ville par le gouverneur de Hénault, Monsieur de Norcarme (3), qui leur
corrut sus, et y furent bien tuez vmc sans ceux qui soy sauvèrent, et de ses gens
furent tant seulement luéz vu ou vm, et le jour devant, en avoient estez encor 20
tuez cent et l, et une partie se sauvât en une thour où le feu fut mis et y furent
tous brusléz.
II
L'an 1566, environ le mois de juing, at esté tenue une journée à Augs-
burghe... 25
L'an mesme, la plus grande parlye de la noblesse du Brabant comenchirent
(') Lisez Enghicn.
(*) Cf. A. Paquay, La répression des troubles calvivistet à Hasselt par Gérard de Groeibeeck, dans
I'Ancien pays dk Looz, 190:2, t. V, p. 35. Voir aussi dossier 1010 de la Chambre Impériale et le
registre VI, fol. 382 v° et 400 des dépèches du Conseil privé el la Journée d'Etat du 18 mars 1867. 35
(3^ Philippe de Sainte-Aldcgondc, sire de Noircarmcs.
REGNE DE GERARD DE GROESBEEK. 519
à faire requesle vers la princesse Madame de Parme, gouvernante du Pays-Bas,
pour modérer les placcarts que l'on avoit publyé assez rigoreux contre ceulx de
la religion, lequel placcart sembloit estre semblable à l'inquisition d'Espaigne,
ce que ne fut octroyé. Puis un peu après, ceste année mesme, les seigneurs
s du dit pays soy sont bendéz ensemble, induisant aussy le commun peuple
à s'opposer à la rigbeur de l'inquisition ou placcart en nom ou par le roy.
Cependant sont venus des nouveaux prédicant, préchant aux champs et en
plussieurs bonnes villes du dit pays, pervectanl une nouvelle doctrine de reli-
gion, contraire à l'anchienne Sainte, Catholicque et Romaine, par ainsy estant
10 creu de grand nombre, comenchèrent s'enforcer à maintenir la dite foy, rompant
et brisant ens plussieurs bonnes villes et villaiges les englieses et imaiges,
comme en Anvers et aultre part.
Lors le prince d'Orange, entendant cela et ce qu'estoit passez en Espaigne,
ayant adverty le duc d'Aigmont, at incontinent abandonnet le gouvernement
•s d'Anvers et soy partit vers Bréda, et de là allât en Allemaigne.
*
* *
L'an mil VCLXVI, esloient encor les grains à fort hault pris, continuants
comme dit est, estante grande pauvreté parmy le commun par tout pays et les
seigneurs bourguemeslres de la Cité et aucuns autres rendoient fort grandes
peines et diligences d'estre pourveus et de recouvrir des grains partout où
20 il estoit possible en trouver, tant en Allemaigne, Pays-Bas que partout. Ce qui
portoit grand intéresl à la Cité, pour ce qu'il estoit besoin d'accepter lesdits
grains à haut pris en loingtains pays pour contenter le populaire, le rendant à
moindre pris pour éviter la fureur dudit peuple, veu que la nécessité n'a point
de loy. Les mestiers avoient conclu, quoy qu'il coutast ledit grain, qu'on fist
23 qu'on en eust davantage, affln qu'on n'eût faulte, et furent iceux grains tellement
distribués et gouvernés qu'environ des Pasqucs, qu'on craindoit la plus grande
famine, ravallèrent les grains de jour en jour en la Cité et par conséquent fut
à si raisonnable pris jusques à l'aoust que chascun s'en contenta, mesme les
surcéans du pays et aultres en alloient quérir en la Cité, mais icelle en receut
30 de ceste chereté grands dommages et intérest, mais grâce à Dieu, la chose fut
520 CHRONIQUES LIÉGEOISES.
plus doubteuse qu'il n'en advient. (Manuscrits 98, fol. 72 cl 26hi', fol. 566
(en version abrégée.)
L'an mil VrLXVI, les grains, wassens, orges, fromens et aultres furent à hault
pris, comme devant, en continuant jusques vers le moys d'aougst. Car venant
vers le Pentecosle, il estoit dévale par la bonne provision et diligence faites 5
par la Cité, avec le bon police quy se tenoit, en faisant cuire des pains, ausy
distribuais des grains à bon pris au grand dommaige de la Cité. Car la néces-
sité et pauvreté estoit grande. Et l'on dit communément « plus gelle et plus
eslraint ». Car, à cause que ce avoit continué quasy l'an enlbicr, de sorte
que mesme des gros bourgeois devenoienl las en souffrant dudit temps, mais, la io
grâce de Dieu, il vient bien. Car on doubloit la comble ou fin en avoir encor
plus grande nécessité, il vient bien à estre à meilheur pris au moys d'aougst (i).
En cesle mesme année, le sel a esté très forte remonté, car le quartal se ven-
doit xm à xini ° florins liégeois (Manuscrits 12; 24, fol. 294 ; 28, p. 405 ;
95, p. 474 ; 96, fol. 50-5 V; 97, fol. 21 S et 26"", fol. 566.) is
L'an lafiti, tumulte en l'église de Saint-Lambert. Une grande émotion du
peuple fut eslevé en l'église de Saint-Lambert à l'occasion de Monsr de Hault-
penne (2) qui tenoit le chapelain d'Aigrcmont prisonnier de force, contre loix et
jugement, dont le mestier des drappiers, réclamant ledit chapelain pour leur
confrère, demandoit de le ravoir, de manière que ledit seigneur, crainliff, fut 20
constraint se relivrer prisonnier en la maison de la Cité pour éviter le gré et furie
des bourgois, dont, la nuict ensuivant, furent requérir ledit prisonnier de force
hors la prison à Hautepenne. (Manuscrits 97, fol. 218 et 105, fol. 17 5.)
» 12 à 13 florins : manuscrit 28.
(i) Voir la note 1 de la page S 16. Les prix des grains actes par le record des echevins de Liège du 25
7 décembre 1 K70 sont, pour les deux années de disette de 1 56îi et 1566, les suivants : fi juillet 1568,
inuid d'épeautre, 12 florins 10; sticr de froment, 82 '/, aidants; slier de seigle, 65 aidants; le
2'J novembre liiOB, ces prix sont respectivement haussés à 17 florins, 145 aidants, 122 aidants;
le 5 janvier 1 506, à 11 florins, 1 2rJ aidants, 1 10 aidants ; le 7 septembre 11)66, les prix sont ravalés
à I i florins I .'i, 78 aidants et 63 aidants. .10
(*) Louis de Brrlayniont, seigneur de Floyon, Kernipt, etc. Le 24 août 1565, le métier des
drapiers avait approuvé les termes «l'une supplique adressée au prince-evéque demandant la cessation
d'une enquête promue à la demande de monsr de Hautepenne et Velroux. (Rccès du métier des drapier»,
1552-1578, fol. 94.)
RÈGNE DE GÉRARD DE GROESDEEK. 521
Cesle année, les pères de la Compagnie de Jésus furent mandez à Liège par
l'évesque (*). (Manuscrits 45, p. 758 d 47 , fol. 151 '.)
L'an XVCLXVI, fut une assemblée aux pays bas à Bruxelles, où furent
plusieurs princes, gentilhommcs dudit pays et d'aullres, pour s'opposer contre
b aucuns placart et édil d'inquisition, comme il disoient, venant d'Espaingne; et les
principaux chicf estoient l'amyral de guerre comte d'Aigremont, gouverneur de
Flandre et d'Artois, et Guillaume de Nassau, prince d'Orenge, le comte de
Horne et grand nombre d'aultre, où furent faict plusieurs serment et promesse
de non permellre et souffrir ladicte inquisition, voire plustost mourir l'ung sur
10 l'aultre et jusque à porter la besasse, comme un brimbeur ou comme un geu.
Là ont il print le nom de gbeu ceux de ladicte liegue, en laquelle assemblée
comme j'ai préveu ou bien présagié et prédict leurs malheur. Car il avoient
promis et jurez de mourir l'ung pour l'aultre. Il est bien vray que depuis le
duc d'Alve en fit mourir quarante trois par l'espée. Quant aux besasse et
ib plateau, plusieurs les ont porté à grand regret. Et comme iceux alloienl
à la ville de Bruxelles pour présenter quelque requeste à Madame la duchesse
de Parme et de Plaisance, lors gouvernante des Pays-Bas par ledit roy d'Es-
paigne, il entroyent avec petite besasse, pelis plateaux. Monsr le comte de
Berlaimonl les voyant dist : « Voilà des beaux gheux ». De là print le nom de
ïo gheu son commencement, car paravant on appelloit un gheu un bringan, dont
depuis grand mal advint. (Manuscrits 61 , fol. 197 v° et 60, fol. 69.)
Les Gueux, lesquels au pais bas passent pour hérétiques, corne en France
les Huguenots, ayant fait faction et se conjurés, fut ainsi appellée parce qu'au
commencement on croioit que ce n'estoient que caïmans et gens de la lie, se
2b trouva néanlmoins appuiée par les seigneurs des Pais-Bas qui, pour la pluspart,
estoient de celte ligue. Et fit dessein de s'assembler à Sain-Trond au nombre de
200 hommes, à quel effect Louys de Nassau envoya un député au prince de
Liège pour en obtenir, tant en son nom que celui de ses compagnons, la
permission. Mais l'évesque s'excusa sur les ordonnances de l'empereur qui
30 deffendoient de faire de ces assemblées dans les villes de l'Empire, mandant à
(*) Sur l'arrivée des Jésuites à Liège, voir Gobert, op. cit., t. III, p. 408, et L. Halkin, Les origines
du Collège des Jésuites et du Séminaire de Liège, dans le t. LI du B. I. A. L.
Tome II. 66
522 CHRONIQUES LIÉGEOISES.
mesme temps aux principaux de Saint-Trond de n'y laisser entrer lesdits
conjurés, mais ils furent intimidés par l'appréhension qu'ils eurent qu'ils ne
fissent le dégast dans leurs terres et qu'ils ne bruslassent leurs maisons de cam-
pagne, et ainsi receurent librement les conjurés, estimant qu'il n'esloit pas scur
d'offenser des gens qu'ils ne pouvoient surmonter. (Manuscrit 110, fol. 119.) 'j
En ceste année, aucunes mutinalions ont esté faictes, tant par aulcuns
seigneurs nobles comme non nobles, aussy des bonnes villes des pays du roy
d'Espaigne en Braibant, Hollande, Zélande, Flandre, Haynaut et autres
provinces, comme le bruict commun estoit. C'estoit pour obvier à aucunes
rigeurs et inquisitions et placars envoyez par ledit roy en ses pays de par deçà to
et, durant ces perturbations et questions aussi animées, environ le mois d'aoust,
ont esté esleu aucuns hommes que l'on disoit prédicanls ou empeicheurs des
placarls susdits. Dedans les bonnes villes et villages, mesme aux champs, se
faisoient des prédications et cérémonies nouvelles, tellement que les gens
venoient en grand nombre. Aucuns en tenoient grand compte et estime et 15
autres disoient qu'ils preschoient une religion et doctrine, mesme des cérémo-
nies contraires à l'ancienne église catholicque et romaine, qui causoit grandes
divisions. Et procédèrent lesdis nouveaux prédicanls tellement que plusieurs
laissoient leurs anciennes columes de religions et autres aussi s'efforçoient à
maintenir la religion ancienne ecclésiastique et romaine. Or, comme on traie- 20
toit des divers poinct de ladit foy en plusieurs pays et bonnes villes et villages,
mesme en la ville d'Anvers et pays susdis, se sont assemblé gens à grand
nombre et avec force, sans enseignement du roy ny de justice, ont entré dans
les églises, rompant, abattant et démolissant les remembrances et images de la
croix et crucifix, des saincts et sainctes, tables et tableaux, des mémoires des 2S
anciens; autres rompoient ciboires, calices, acoustrements, ornements et
histoires tant du nouveau que du vieil testament °, brusloient les églises,
<• Le manuscrit S6bi!. fol 566 v°, intercalle dans cette relation la note suivante: ... ont tout corrompus
et brusléz et faits des églises comme à l'estourdy: comme plus amplement se pourat veoir parles
historiens qui en escripveront assez plus clairement. Lequel troubles et rebellions ont continuez avec 30
grande effusion de sang jusqu'à l'an 1609, que en at esté faites une tresves pour plusieurs années
entre (mot en blanc) Roy d'Espaigne et son frère le Sérénisime archiduc d'Autrice Albert et Elisabeth
Clara Eugénie, fille à Philippe roy d'Espaigne, sœur au prédit roy et avec lesdits estats de Hollande et
Zélande et provinces unies, s'en ayant par leurs ambassadeurs entremesléz les rois de France, Henri 4
de Bourbon, de Fiance et Navarre et le roy Jacque d'Angleterre et d'Ecosse et le roy de Dannemarc 35
RÈGNE DE GÉRARD DE GROESBEEK. 523
ruinnoient les gens d'églises, les deschassant, outrageant, pilliant et leurs faisant
plusieurs sortes de vilenies. En la ville de Trecht mesme, y avoit aussi des
prédicans nouveaux et y avoit entre eux grande division, de sorte que aucuns,
entrant es églises, destruirent et rompirent toutes les images, comme les autres
s susdits avoient faict. En la conté de Loz, qui est à l'évesquc de Uège, et à
Maseyck pareillement, souslindrenl les prédicants et usèrent comme les autres,
nonobstant que IVIons' l'évesque de Liège les avoit plusieurs fois admonesté
et faict remonstrer qu'ils eussent à observer ce qui leur commancloit. Mais ny
pour remonstrances ny pour mandement ne volurent entendre ny obéir à leur
io prince. De laquelle désobéissance et rébellion, le révérendissime les a volu
traicter par loy et justice, tellement que, eux ouys et leurs procès fulminé, ont
eu sentence et jugement et sont esté condamné à grandes peines et amendes
comme rebelles à leur prince, encor qu'il y eut des gens de biens qui esloient
sortis et autres aussy dedans qui n'estoient consentans à leur rébellion.
15 Touttefois, par après, comme trouverons, furent réconciliés et eurent tous
pardon de son Alteze de Liège, car monsr mil des gens dedans le chasteau
de Stockhem qui leur faisoient souvent manger des poires d'angoisse et des
grandes craintes, ce qui fut faict en l'an suivant, car la sentence estoit rendeue
un peu devant le jour de Noël. (Manuscrits 28, p. 404; 96, fol. 506;
20 97, fol. 215 et 26bi% fol. 366) (*)•
L'an mesme, furent mandés les pères Jésuites à Liège par Groesbeeck,
lesquels, par après, ont esté mis en la place des frères Saint Hiérome par
Ernest de Bavière, l'église desquels avoit esté commencé le 27 de may 1486
et consacrée en l'an 1509. Ont entré en possession l'an 1581, le 10 novembre
25 et ont ouvert leurs escoles le 30 avril 1582 (2). (Mêmes manuscrits et 45,
fol. 292.)
Or, environ le mois de juin, at esté unne journée de conseil treuvée à Augs-
burgh où la majesté et les princes d'Empire comparurent. Car nouvelle estoit
que l'armée des Turcques estoit forte grande et avoient desja invadé la chres-
30 tienté. Et de quoy, pour y résister, at esté ordonné et conclud par les estais de
(*) Voir page 818, note 2.
(*) Voir page 821, note 1.
524 CHRONIQUES LIÉGEOISES.
l'Empire cslcvcir quarante mille picdtons à huit milles chevals avec autres
nations comme Italiens de par le pappe et des François de par le roy de France,
comme aultrcs dont après s'ajoindèrent ensamble, y estants la majesté, son frère
l'archiduc Charles cl autres grands princes et capitaines, allant vers l'armée des
Turques, où ne furent fait qu'aucunes escarmouches sans donner bataille et des o
deulx coslés ne retournèrent tous, mais venus le temps mauvais, approchant
froidure, chacun at son armée retiré, tant les Turques que les Chrestiens.
{Manuscrits 8; 6 ; 7 ; 28; 96, fol. 505; 97, fol. 214 v° et 26"", fol 566.)
Kn dit an, les Turcs, avec grandes armées de 130 galères, 30 galliots,
S masthons, 10 grandes naviers et autres menues chargées d'arteilleries vindrenl io
envahir et assiéger l'isle de Malt pour la tout expugner et prendre, laquelle isle
avoit esté donnée aux chevalliers rodiens, peu après que l'isle de Rode avoit esté
prinse, par le pape et l'empereur, tellement qu'après plusieurs aproches faictes
par les Turcs et Janissaires, Spacques et autres, et ayant prins aucuns forts, non
sans y avoir trouvé beaucoup de résistence, ayants par les Chrestiens virillc- is
ment combattus, non sans perdre ny sans y laisser plusieurs vaillants chevalliers
et soldats à plusieurs assauts, finablement, tant par le secours qui survint aux
Chrestiens que leurs bons courages et vaillances, ils repoussèrent et reboullèrent
lesdis Turcs par force d'armes et y en eut grand nombre occis, mesme de
principaux, dont honteusement, avec confusion, sont retirés dans leurs gallères 20
et navires et mis en fuilte. (Manuscrits 28, p. 402; 96, fol. 504 et 97,
fol. 215 »'.)
1567.
L'an XVCLXVII, au mois de janvier, ceux de Tournay qui pareillement 25
avoient admis faulx prédicateurs cl brisé les images et ornemens d'églises furent
corrigeis et punis par INorcarme, qui entrai en la ville avecque ix enseignes de
piétons parle chasteau, et incontinent furent pendus deux de leurs prédicanls
et xv des principaux de la ville, et furent les bourgeois priveis de leus armes,
et leurs presches calvinistes furent aboliez, et leur évesque (') avecque les gens so
(*) Gilbert d'Oignies, eveque de Tournai de 1565 à 1574.
RÈGNE DE GÉRARD DE GROESBEEK. 52o
d'églises qui avoient estez enchâssez, furent rappelez et restituez en leur
honneur.
En ce temps mesme, ceux de Hasselt, obstinez en leur mauvaise volunté et
religion, ne voulant ouyr nulle admonition, furent à Liège rebelles et inobé-
5 dicnlz à leur prince Monseigneur Gérard de Groesbeeck, évesque de Liège.
Lequel incontinent après mist le campe devant, affin qu'on ne les peult aider de
vivre a. Ceux de la ville se voyant encloses, commencèrent à soy fortifier pour
soy delïendre, espérant d'avoir ayde par ceux qui avoient estez défaietz par
Norcarme. Peu de temps après, y allât le prince en personne, et à sa venue fut
10 tellement la ville battue d'arlellerie que craindant eslre pris par force, vindrent
à parlamcnter et se rendirent sauve leur vie et le pillage, et que tous estrangers
sorliroint avecque leurs armes, et entrèrent ainsi Liégeois en Masque sans effu-
sion de sang.
Peu de temps après, le jour de florie Pasque, constrainetz par force
15 d'arlellerie, soy rendirent Valenciens à la volunté du Roy en la mercy de
Norcarme, lequel incontinent fist fermer les portes de la ville, et furent prins
prisonniers Michel Merlin ('), riche marchand avecque son filz, et deux
faulx prédicant, lesquels, au mois de juing, furent mis à mort et leurs biens
confisqueis.
20 Au moys d'avril, an susdit, ceux de Treict (*) se soubmirent en l'obéissance
de leurs seigneurs le roy d'Ëspangne et le prince de Liège, lesquels ensembles
y mirent garnisons. Pareillement ceux de Maseick, après avoir entendu que
Hasselt s'avoit rendu ", se rendèrent pareillement et recevèrent garnisons.
En ce temps, le prince d'Oronge, entendant la venue du duc d'Albe, doublant
23 de sa vie et se sentant mal fondez, sortant hors d'Anvers avecque plusieurs
a avec deux pièces d'artilleries et avec les quattres compagnies de la Cité et autres ; et y fut faicte
bresche pour y entrer, d'assault, mais, le 13e de mars, se rendat par l'appoinctement : manuscrits S et 8
— *> le 27 d'avril : addition des manuscrits S et 8.
(i) Voir Correspondance de Philippe 11, t. I, pp. 517 et 561, et J.-B. Bues, Mémoires anonymes sur
30 les troubles des Pays-lias, t. I, p. 18.
(') Sur les troubles de Maestricht, voir les Dépêches du Conseil privé de Liège, vol. VI, pp. 378 V,
380 V, 396.
526 CHRONIQUES LIÉGEOISES.
nobles marchons et bourgeois, se retirât en Allemaigne. Ledit duc d'Albe venoit
par le mandement du Roy, lequel estant informé de ladite sédition, pour y
mettre remède, envoya ledit duc d'Albe aveeque grande armée d'Fspagneuls,
Italiens et Bourgoingnons à Bruxelle, où peu de temps après, au moys de
septembre, furent prins plusieurs prisonniers et entre aullres le conte d'Aig- 5
moud, prince de Gavre, et Pbilippe Monmorancy, conte de Ilornc, lesquels
furent menez à Gand au ebasteau. En estant illec, fut menez leur procès
à Bruxelle, et l'an ensuyvant XVCLXVIII, le ive de moys de juing, furent
ramenez à Bruxelles et condempneis à avoir la teste coupée, et lendemain,
del Pcnthecosle, furent publiquement décollcis sur le gran marchié de Bruxelles 10
devant la maison de la ville.
L'an desusdit XVCLXVII, le xxvi" de moys d'octobre, au malin, au faulbourge
de Sainte-Margaritc, nasquit un enfant gcmealle qui s'entrobrassoient aveeque
deux testes, un piedz et un mains, nu yeulz et nu oreilles, et incontinent après
avoir receut le Saint Sacrament de baptesme, morut l'ung premièrement 15
et puis l'autre.
II
Or le duc d'Albe, arrivé en Flandre l'an Io67, envoyât incontinent bonne et
fort guarnison par tous les lieux d'importance aux rebelles. Peu de temps après
ainsy porveu à l'asscurance des siens de part Sa Majesté, fist empoigner les -20
cliiclï et autheurs de la rébellion, ainsy Gst emprisoner le conte d'Aigmont et
son secrétaire et le conte de Horne pour avoir faict alliance et conspiration
contre le roy Pbilippe, comploictans de le deschasser des estalz de Flandre et
s'en faire seigneur; pour cest occasion furent encore 23 aultres prisonniers,
lesquels tous ensembles furent envoyez au ebasteau de Gand soub la guarde de 25
trois milles Espaignouls.
Le 22° d'aoust l'an mesme, le duc d'Albe fut receu en grande triumphe en
Bruxelle et un peu après vint en Anvers où il fist baslir une grande citadelle
pour tennir les citoyens en bride, ce qui causât ung espouventement entre les
Flamcnds. Cependant le prince d'Orrange poursuyvoit secour d'Allemaigne 30
avec son frère le conle Lodowicq, dont plussieurs prince et seigneurs allemans
RÈGNE DE GÉRARD DE GROESBEEK. 527
les asseurèrent de tout ayde et pouvoir, scavoir le duc de Deux-Ponts ('), le duc
Auguste de Saxe (2), le conte palatin (3) Casimir et aultres de leur lignée a.
Le duc d'Albe, estant en Anvers pour advancer la dite citadelle, demandât
quattre cents milles escus aux citoyens d'icelle pour le basliment du fort
s en paiïye, et l'autre pour l'entretient des soldats, et ayant ainsy mys ordre,
il retournât en Bruxelle; c'estoit pour mieux asseurer ses affaires.
L'an mesme, en la contée de Looz, commenchèrent les nouveaux prédicans
à exercer leurs venimeuses prédications dédains Maseeck, encore que l'évesque
de Liège les avoit plussieurs fois remonstreiz et fait remonstrer de ne
10 le jamais permeclre ny consentir, mais ne vcullant obéyr à ses remonslrances
et mandements, ne lassèrent partant à ce faire, de quoy le révérendissime
prince de Liège les at vollu traicter parloix, tellement que, leur procès fulminez,
ont estez owys en leurs déffenses, et ont estez condampnéz à grand dispent
comme rebelles à leur prince 6, nonobstant qu'il y euisse gens de bien qui
15 estoyent sortis et aultres de dédain qui n'esloyent point consentant. Touttefois
après avoir estez réconsiliéz avec sa Révérendissime Grâce, eurent tous pardon,
car il mist guarnison dédains le fort chasteau de Stochem, qui les tennoyenl en
craincte.
L'an 1567 % ceulx de Hasque, continuant cesle novelle opinion, preschoyent
20 publiquement, rompant et brisant les imaiges et engliese, pilliant les ornements
des dites englieses, et fut sentence rendue par les escbevins de Liège, après
toulte leurs deffences faicls, (et furent jugez) rebelles et séditieux comme ceulx
de Maseicke, et porsuivant le jugement, pour remédier à tels déssordre, Mr le
révérendissime prince de Liège at envoyé cineque enseignes de piétons assem-
25 bleis en pays de Liège et les at envoyé vers Hasque, et luy mesme en per-
a de sorte qu'ils dressèrent une belle armée en Champagne. Ce qu'entendant par le duc d'Albe,
outre le force qu'il avoit, fit faire de grandes levées au pays de Liège : manuscrit t4, fol. 293. —
6 condampnéz en grand peine et crimes : manuscrit 7. — c 1369 : manuscrit 6.
(<) Wolfgang, duc de Deux-Ponts, de ta52 à 1 571.
30 (*) Auguste, électeur de Saxe, de tbiO à 1386.
\-') Jean-Casimir, comte palatin, second fils du comte Frédéric.
328 CHRONIQUES LIÉGEOISES.
sonne, avec quelques chevalliers comme prince vertueux, est allez avec eulx,
et y estant arrivez, les at admonesté de soy resconsilier vers Sa Grâce, et qu'il
y voldroit entendre comme bon prince et humainement, mais eulx, comme plus
rebelles, ayants prins gens de guerre et fortifié la ville, espérant avoir secours
d'aulcuns, ny vollurent entendre, dont la ville fust bientost environnée, el '•>
faicts aucuns petits escarmouches, puis voyant qu'ils demorroyent tousiours
obstinez, nonobstant tout remonslrance à eulx faietes, Sa Grâce Révérendissime
at trouvé bon un peu retourner vers la cité de Liège; illec arrivé, at remonslrcit
az quattres compaignies de la cité comment ceulx de Hasque ne volloyent
entendre à raison, requérant as dites compaignie tant albalestryé que barque- •<*
bousiers voulloir eslre avec luy en armes pour estre tousiours près de luy, et
qu'ils ne seroyent faict d'armes sans sa personne présente, et qu'ils les donneroit
bon traiclement. Lors les dites compaignie respondirent qu'ils estoient preste à
le servire et aller avec devant la dite ville de Masque et vincre et mourir avec
leur prince. Puis, en peu de temps, partirent en mois de mars avec bonnes ,3
pièces d'artillerye a de la cité, et estant arrivé soy eampirent devant la ville,
ehascun à son cartier, el incontinent ontjeetéz leurs trenchises parles perviers
et commenchiet à battre la ville avec les quattres compaignies, el y avoit une
canlilé de cavallerye et lous délibérez de donner assault, mais traietement fut
faict tellement que la ville at esté rendue à l'évesque el entrât dedans avec ses -°
quattres compaignies de Liège et les aultres soldat sont demeuré dehors. Peu
après que l'évesque eut mys guarni-on en la ville, est retourné vers la cité avec
ses quattres compaignies, où luy fut faict grande honneur el magnifieque
regueille; les xxxu bons mestiers, en grand nombre, avec les enseignes desployés,
allèrent au devant hors la port Sainte- Walburgue, aussy les seigneurs bourghc- 23
meslre et plussieurs à chevaulx, el à son entrée furent donnez plussieurs coup
de cannons, et l'évesque, estant arrivé devant le pallaix, ayant remercy vertueu-
sement lous seigneurs, compaignies el xxxu bons mestiers, par cas fortuit,
l'ung de ses pistollet val descharger lous seul, luy venant rendre ung boullet en
la jambe proche du pied, dont il en fut en grand hassard et longue doulleur. 30
0 ceux de la Cité prestèrent à Sa Grâce certaines pièces d'artilleries, avec des pouldres et boulets,
qui furent emmenez avec luy : addition du manuscrit 28.
RÈGNE DE GÉRARD DE GROESBEEK. 529
Sur ces entrefaites que l'on estoit devant la ville de Masque, l'armée du roy
d'Espaigne estoit devant Vallencien au pays de Haynault à telle occasion que
ceulx de Masque, laquelle après fut rendue par appoinctement, dont le camp
entendant que Maestricht avoit grande tumulte et division entre les bourgeois,
5 scavoir entre les héréticques et catholicques, ont laissé guarnison à Valentien et
sont marché par la Hesbaigne avec leurs artilleries et sont venus devant la dite
ville de Maestricht, laquelle, sans attendre coup de cannons, soy rendirent ens
mains des deux princes qui sont conjunclcmenl seigneurs de la dite ville,
scavoir le roy d'Espaigne et l'évcsque de Liège, lesquels ont mis guarnison en
io la dite ville de part Sa Majesté, et l'évesque de Liège aussy avoit gens pour lors
devant la ville de Masecck et ayant donné quelque escarmouche, dont par
appoinctement la ville soy rendit, où l'évesque de Liège y mist guarnison a.
L'an mesme, à la Saint-Jacque, furent cslcus pour bourghemeslres de la cité
de Liège maistre George Gossuin (*) et maislre Jacque Hodaige (*), bourgeois
15 et citoyens de Liège, et at estez ung édict publyé (3) que tous hérclicques,
sectaires et mauvais prédicants, mesme ceulx qui les soutennoyent eussent
à sortir, aultrement qu'il payroient pour amende vingt florins d'or.
Au moys d'aoust, estant l'armée du roy d'Espaigne assemblée tennants leur
chemin vers le pays de Brabant, passèrent premièrement au lieu de Viseit, pays
20 de Liège, quelque bon nombre de soldats allemans, qui s'en allirent en Anvers,
où il y avoit aucunes enseignes de Wallons qui sortirent, puis après passât une
grosse armée de chevaulx et enfanteries de plussieurs nations comme Espaignols,
Italiens, haut Bourguenons et autres, desquels le duc d'Albe en estoit pour le
Roy d'Espaigne chien0 généraulx, qui passèrent parmy la ville de Huy, tirant
2b vers Anvers, tous lesquels furent divisés par quartiers et mis au pied du
roy d'Espaigne.
« ayant aussi cieux de dedans quelques soldats à leurs despens. Toutefois après quelques
escarmouches, la ville a esté par quelque traicteraent sur ce faiet rendue à l'évesque, lequel at mis
garnison dedens : manuscrit 97.
30 (') Georges Goesuin, membre du Conseil ordinaire. Voir Recueil des bourgmestres, p. 303.
(*) Jacques de Hodeige, voué de Bolvcmont. Cf. Ibid., p. 303.
(3) Mandement du 14 avril 1507, renouvelé le 27 septembre suivant. Cf. Recueil des Ordonnances,
2« série, t. I, p. 299.
Tome IL M
530 CHRONIQUES LIÉGEOISES.
En ce mesme lemps, furent cslevéz grosse armée de pied et de chevaulx, tant
de la part du roy de France que du prince de Condé, de la maison de Bourbon
comme ses alliées, à cause de certains mandements et édict que le roy avoit
faict publyer en France procédant à grandes troubles, rébellions, révoltes et
saccagement en France; ainsy fuient exercées des grandes tirannies et persécu- s
tions ens divers lieux de la France, et des rencontres et batteries plussieurs fois,
avec grande effusion de sang, et de la partye du roy d'Espaigne, le conte
d'Arimberghe (*) y fut envoyé avec gens de cbevaulx et enfanteries au secours
du roy de France, son beau frère, du quel temps le duc d'Albe, générale du
Pays-Bas, par certains moyens, fist prendre prisonnier le conte d'Aigmont, 10
comme j'ay par ci devant escript.
*
* *
Sur ces entrefaites que l'on estoit devant la ville de Hasque, l'armée du roy
d'Espaigne estoit devant Valenciennes en Haynaut, à cause que ladite ville avoit
soustenu nouvelle presches contre la coustume et rebelle au mandement du roy,
mais par après, par traictement, elle at esté rendue et fut levé le siège et camp. is
De là en après, la ville d'Anvers et plusieurs villes de Flandres, Hollande,
Zélande et Frise embrassèrent la nouvelle religion et cérémonies non usées
auparavant, mais par aucuns prédicants nouveaux commencées, tellement que
grande division, mutineries et rébellions estoient eslcvées. Si que il y avoit, en
plusieurs d'icelles, gens de guerre pour se conlregarder. Ausi plusieurs seigneurs 20
avoient pour le roy d'Espaigne gens de pied et de cheval, prétendant remettre
et réduire les choses à tranquillité et accord. Or, comme le champ qui avoit
esté devant Valenciennes eut laissé quelque garnison en ville, le reste est
descendu par la Hesbaigne...
L'évesque de Liège mist guarnison à Maseeck. Ainsi que ces choses se traie- 23
toient. le prince d'Orange estoit en la ville d'Anvers avec sa femme, la fille du
duc Maurice, lequel at tenu ladite ville longuement et se sont partis delà en ville
plusieurs marchands, abandonnans leurs maisons et se retirant es autres villes
tant d'Allemangne que des autres pays. Par après, ledit prince estant parti
(<) Jean de Ligne, comte d'Aremberg. M
RÉGNE DE GÉRARD DE GROESBEEK. 531
d'Anvers, la princesse de Parme, gouvernante des Pays-Bas pour le roy
d'Espaigne, y est entrée avec gens en grand nombre....
Le duc d'AIbe flst prendre prisonnier le conte d'Egmont qui avoit à femme
la fille du duc de Bavière, et aussi le conte de Horne. Pour quelque occasion
s que ce fut, Dieu le scail. Si est-ce toultefois qu'ils avoient faict plusieurs fois
grans service d'Espaigne. Et furent encor autres nobles desdits pays prins
prisonniers, comme aussy des marcbans, tous lesquels furent prins, après
exécutés à Bruxelles.
En ceste année, la maladie de peste estoit à Trecht et autres villes plus bas
îo comme Hollande et en autres divers lieux, et le pays de Liège, ceste année, estoit
bien mangé et foulé des passans et bendes et armées. (Manuscrits 28, p. 405 ;
96, pp. 307 et 308; 26bis, fol. 367.)
Notez que le duc d'AIbe, estant retourné à Bruxelles, fist convocquer tous les
seigneurs qui estoient d'une mesme ligue à Bruxelle par fort bonne mine,
is comme il sembloit, mais au rest mauvaise. Dont aucuns estants venus, entre
lesquels estoit le prince d'Orainge, pour eslre traittés de la mesme façon que les
autres, lequel fut néanlmoins sauvez par la fidélitéz et subtilitéz de son servi-
teur. Lequel avoit entendu subtilement que Iesdis seigneurs estoient convocqués
pour les faire mourir, à cause qu'ils avoient conlrevenus au commandement du
20 roy Philippe, lequel serviteur, voyant son maistre à table faisant bonne chère,
et ayant auparavant équippéz son cheval, lequel il estimoit grandement, luy
vint dire : « Mon maistre, vostre cheval que vous estimez tant est fort malade
et s'en va mourir; ce pourquoy sy vous le voulez voir encor une fois, venez
maintenant. » Lors ledit prince d'Orainge voullut sortir, mais on ne luy vouloit
23 pas permettre et fut constraint de prendre sa chaisne d'or qu'il avoit à son col et
le mettre sur son assiette en gage. Et estant sorti, ledit serviteur luy déclara
toute la trahison et monta incontinent sur son cheval, son serviteur avec luy
et laissât là sa chaisne d'or. Et sortirent à grand pas hors de Bruxelle et eslans
en chemin, assez loing de Bruxelles, il rencontra son cousin le conte de Home
30 auquel il demanda où il alloit, lequel luy respondit qu'il alloit à Bruxelle, et
luy, luy respondit qu'il venoit de Bruxelle et luy racompta la trahisson, mais il
ne le voulloit pas croire et respondit que faisant cela, tous ses biens seroient
confisquez et luy dist : « Adieu, cousin sans biens ! », et le prince d'Orainge luy
5"2 CHRONIQUES LIÉGEOISES.
répliequa : « Adieu, cousin sans teste ! » Un peu plus oultre, il rencontra
le. bourcau auquel il demanda où il alloit, lequel luy respondit qu'il alloit à
Bruxelle faire justice et ledit bourcau luy dist le pris. Alors, ledit prince luy
dist : « Tiens, voilà pour le mien ! », et poursuivit son chemin et fut par
ce moyen sauvez. (Manuscrit 26, fol. 293 v°.) s
Cependant les troubles croissoient toujours de plus en plus au Pays-Bas,
qui ctoil plein de soldats débandez qui lachoient de se fourrer dans quelque
ville du pays de Liège, et lévesque, étant adverli qu'ils avoient intelligence
avec quelques paysan ts du pays, les fit saisir et pendre, ce qui retint les autres
dans le devoir. Puis, avec le conseil de la Cité, fit fermer et boucher tous les io
posliees et les portes les moins nécessaires et tirer à travers la Meuse une chaîne
derrier les Croisiers et aux Bega, faire bonne garde, réparer les murailles,
démollir les maisons qui pouvoient nuire à la Cité et lever des trouppes pour la
garder, et enfin la pourveu de toute sorte de munitions nécessaires. En outre, il
s'asseura de l'amitié du duc d'Alve, nouveau gouverneur des Pays-Bas, qui is
s'asscura de même de celle des Liégeois et vint faire quelques levées à Liège, ce
qui luy fut permis, et fut dcITendu de prendre les armes contre ses gens (').
(Manuscrits 43, p. 738 et 47 , fol. 137 .)
En cest mesme année, en mois de jullet, a survenu ung vent sy véhément et
impétueux qu'il abattit les grains au champs, dont plussieurs Hcsbignons 20
et aultres endurèrent grands domaiges. (Manuscrits 1$, p. 27 et 24, fol. 292.)
1568.
1
En ce temps, le prince d'Orenge, pour soy venger de duc d'Albe qui avoit
confisqueis ses biens, rassemblât une armée de xvu milles chevaulx et 25
xxx milles piétons, et au moys de septembre an XVCLXVIII, passât avecque
son armée auprès de Coulongne et Jullez, et après, ceux d'Aix, pour estre
délivrez de tout péril, furent constraint de donner xxvi milles dallers que
(») Des mandements du 14 janvier 1SG7, des 14 et 15 avril 1568 interdirent aux sujets liégeois de
s'engager dans les armées hostiles au roi d'Espagne. 30
RÈGNE DE GERARD DE GROESBEEK. 533
leurs promist de rendre dedens peu de temps, car il pensoit désja avoir tout
gaigny, et ses capitains parloient leurs scignories devant que les avoir gaiugniéz.
L'an XYCLXVIII, le premier jour de mars, qui esloit le premier lundy de
quaresme, après midy environ de m heures, fut toute le comble de l'église de
5 Saint-Gille bruslé par le feu d'accident (1).
En ce temps, l'évesque de Liège, voyant le grand amassemenl de gens
d'armes, feil eslever x enseingnes de soldatz piétons pour faire, nuict et jour,
guetz à porte de la ville, tant pour les gens du duc d'Albe que pour le prince
d'Orenge. En cesle mesme année, vint le duc d'Albe et son armée entrer
10 au pays de Liège où ilz mangèrent le pays demy ans, faisant grand domaigeau
pouvre paisans. L'an mesme, le xxue jour de may, fut le noble conte d'Arem-
berghc (2) tué avecque son armée toute défaitle où la plus grande part esloient
Espangnolz. El y fut pareillement tuez par les mains d'Aremberghe, le frère de
prince d'Orenge, Alphonse, et veut on dire qu'il y avoit bien demouré xvn en-
15 seingnes des gens du conte d'Aremberghe. Le jour de saint Gille l'an que
dessus, le duc d'Albe, qui se lenoit à Treict ratlcndant la venue de prince
d'Orenge, vint ce jour à Viseit, où l'évesque de Liège, avec sa noblesse et
l'abbé de Sainl-Jacque, allât au devant pour le saluer, où il demourat au disner,
et après disner, eurent plusieurs devises sur les affaires qui estoient prochaines,
20 et après, le duc d'Albe se relirai à Treict et 1 evesque à Liège. Le premier jour
d'octobre an mesme, vint l'armée de prince d'Orenge à Henry-Chapelle, et avoit,
comme dit est, xvu milles chevaulx et xxx milles piétons et tenoient bien
m lieues de largeur jusques à Argenteau, et farinée de duc d'Albe esloit par deçà
la rivière de Meuse à Euchaslre et jusques à Treict, faisant grand domaige
S5 à pauvre paisans, dcsrobantz forraiges et bcstialz un lieues loing et large. Le
lundy, le nu* jour d'octobre, vinl une trompette de par le prince d'Orenge
demandant par lettres aux bourgemaislres et xxxii mestiers de la cité du Liège
passaige pour luy et son armée parmy la cité ou à l'enlour, sans faire nulle folle
et domaige. Et luy fut respondu (3) d'avoir terme m jours pour le démonslrer
50 (') Ce passage prouve que l'abbaye de Saint-Gilles fut à deux reprises atteinte par le feu en 1SG8 : en
mars, l'incendie fut accidentel, et en octobre, l'église fut brûlée par les soldats de Guillaume d'Orange.
(') Jean de Ligne, comte d'Arcmberg, fut tue la bataille de Heyligerlee gagnée par Louis de Nassau.
(5) Voir Recès de la Cité de Liège, années 15G8-1S70, fol. 85 et 98.
534 CHRONIQUES LIÉGEOISES.
à l'évesquc et au cstalz du pays, sans lesquels ilz ne le peuvent accorder. Len-
demain, se départit le campe de prince d'Orengc de nuict sans faire bruict ne
sonner ne fluilc ne tambour, et sont den alleis jusques à Stockhem où, par le
conduict des gens de villaigc, passât I'eaue entre Stockhem et Maseick sans
bateaux, et les cbevaucheurs portoient derier eux les piétons, et cela se faisoit s
sans le sceu du duc d'Albe. et entrèrent en la ville de Stockhem sans faire nulle
domaige. Ce mesme jour que lesdites nouvelles vindrent à Liège, se départirent
de la cité deux enseingnes de soldatz avecque le grand maire pour aller garder
la ville de Hasque. Après se départit le prince d'Orenge de Stockhem et entrât en
la contée de Looz, où estant arrivez, envoyât ung messagier à l'évesque et cler- io
gerie, demandant cent milles florins d'or, ce qu'il pensoit facillement d'eux
obtenir, comme il avoit obtenu à Aix, mais rien ne luy fut accordez. Après le
xvi" jour d'octobre, an mesme, entra le prince d'Orenge en la ville de Tongre
sans y faire nulle domaige par le consentement de ceux de la ville. Et après le
xxe d'octobre, entra pareillement ledit prince d'Orenge en la ville de Saint-Trond i»
par le gré de ceux de la ville, faisant promesse qu'il ne feroit nulle desplaisir aux
bourgeois, ce que ne tient point, car incontinant estant entré dedens, print
l'abbé dudit lieu prisonnier et l'emmenèrent avecque eux et puis se départirent
de Saint-Trond et s'en allirent vers la ville de Tiellemont, et le duc d'Albe
avecque son armée le suyvoit lousjours à une lieue près, sans jamais donner 20
bataille ne l'ung ne l'autre. Et quant le prince d'Orenge veit que ceux de Tiel-
lemont estoient près pour soy déffendre et qu'il y avoit garnison dedens,
retournât à Geldoine. où un peu plus loing, entre Belain (') et Lincen, villaiges
l'un à l'autre prochain, fut commise une cruelle bataille entre les gens des deux
armées, où le prince perdit plus de m milles de ses gens, et le duc d'Albe que 25
cinquant. Et entre autres prisonniers fut prins Lorveva (2) qui fut menez à
Tilvort et depuis à Rruxelles où il eut la teste coupée. Après celle bataille, le
prince se retirât devers Ilugarde où il pillât tout à loing cl à large. En ce temps,
envoyât le prince de Condée, de France, v milles de piétons et deux milles de
cbevaucheurs au secours de prince d'Orenge, lesquels, venant par Luxemborch, 50
(i) Pellaincs.
(*) Philippe de Marbais, seigneur de Loverval.
RÈGNE DE GÉRARD DE GROESBEEK. 535
au mois d'octobre, arrivèrent à l'abbaye de Saint-Hubert en Ardenne où ilz
pillèrent tout ce qu'ilz trouvèrent et au départir, mirent le feu à l'abbaye et
dedens l'église et dedens un bospital ° partenant à ladite abbaye, qui furent
tous mis en cendre. Lesdits François, sur le fin du mois d'octobre, arrivèrent
s au campe du prince d'Orenge. En ce temps, affin que ledit prince d'Orenge
n'entras au pays de Brabant, se tenoit au bois Saint- Vincent et au Parc près de
Louvaingne le duc d'Albe, où il esloit logez dedens l'abbaye où il feit venir trois
des principaux des bourgeois de Lievves (d) pour ce qu'il avoient laissir entrer
le prince avecque ses gens et leur avoient administré garnisons, et y vindrent
lo le secrétaire de ladite ville, ung des bourgemaistres et ung des eschevins, les-
quels incontinent furent condempneis à estre pendus. Mais par l'intercession de
plusieurs des gens du duc, fut le jugement remodéré et fut constitué par le duc
qu'il jetteroient les sortes entre eux qui penderoit pour les deux autres, ce que
fut faicte, et fut iceluy incontinent pendu à un arbre, au département du
«5 campe du duc qui retournoit vers Liège après le prince d'Orenge, qui, estant
constraint par grande faminne et nécessitez, retournoit devers Liège. Et incon-
tinent, (luilbeaume de Lumaye de la Marche (2), gentilhomme du pays de Liège,
avecque plusieurs gens de chevaulx, vint en la Hesbaingne entre Huy et Liège
au rivaige de la rivier de Mouze auprès de l'abbaye de Flône, où il fist plusieurs
20 insolences, et entre autres, voyant la navir marchant passer par là, le fist incon-
tinent arriver à terre en demandant qu'on luy livrast les gens d'églises qui
estoient dedens, et y print ung moine qu'il fit tirer à la queu de son cheval et le
trainat tant qu'il fut mort. Ceulx de Hasbaigne et les autres voisins de la cité de
Liège se retirèrent en icelle avec leurs femmes, enfans, bestes et tout leur
25 mesnage. Les Liégeois n'avoient encor aidez personnes des deux armées, car le
prince famoit qu'il ne demandoit rien à villes de l'empire; louteffois Liégeois,
pour estre mieulx asseuréz, avoient eslevéz gens de guerres pour eux défendre
si on les demandoit quelque choese. Le prince d'Orenge, estant encor arrivé
" mesmement bruslèrent un hospital fort grand et nouvellement édifié par l'abbé pour recepvoir
30 tous malades et pauvres passants : manuscrits S et 25, fol. 222.
(«) Léau.
("-) Guillaume 11, comte de La Marck, baron de Lummen, etc. Cf. de Chestret, pp. 214-221.
556 CHRONIQUES LIÉGEOISES.
auprès de Liège, envoyât une trompette pour avoir passaige par la cité, ce que
luy fui piaillement dénié. Ce que entendu, mis incontinent le siège devant
Liège entre la porte Sainle-Margarite, Saint-Martin et la porte d'Avroil, pensant
que s'esmoveral quelque sédilion enlre la clergerie et bourgeoisie, mais il fui
trompé, car tous deux mirent leur effort à défendre leurs biens et leur ville à 3
l'enconlrc de tous ceux qui leur vouldroienl meffaire, et furent en la ville plu-
sieurs ordonnances faieles, comme de faire jnnr et nuict guette et par nuict
faire à toutes les rues des feu de bulle, cl à ebascune maison del lumière avec-
que une cuvel ou tin plaine d'eauc, de peur de quelque traison. Et le prince de
Liège, ce temps pendant, admonestoit ses gens de bien faire de défendre leurs 10
biens, femmes et enfans, et qu'ils auroient des vivres assés, et s'il estoit
besongne d'avoir secours, le due d'Albe, qui n'estoil guère loing, les secourroit
incontinent. Le principaux capitaine estoit pour lhors Henri de Floon, grand
maire de Liège ('), fort expérimenté en l'art militaire, et le capitaine de Bulbon,
Florens d'Àrgenteau (2).lequel avoit amené avecque luy grand nombre d'Arden- 15
nois pour secourir la ville. Et combien que les ennemys espéroient d'avoir grand
refuge et advantaige en l'église et abbaye de Saint-Laurent, ce non obslant les
Liégeois soy défendoient de coups de canons et artilleries qui esloient mis une
partie sur la Ihour de Saint-Martin, sur la thour de Saint-Jacque et sur les
murailles de la cité, que cela ne le se servoil de rien. Ce temps pendant, ceux 20
del Condroz avoicnl attirez à leur costéz toutes les navires de la rivière de
Mouze et esloient grand nombre des villaiges assemblés en arme pour deffendre
que l'ennemys ne passas à l'autre costéz de la rivière. Et de ce temps, en la
cilé doublant quelque trahison, fut défendu de sonner nulles cloches, ne
nulles heures, ce que fut observez jusques à ce que l'ennemy se retirât. Trovant 25
le prince d'Orenge qu'il perdoit son temps à prendre la cilé et perdant tout
espoir de la pouvoir surprendre en quelque manière, et de peur pareillement du
duc d'Albe qui le suyvoil lousiours par derier, se voyant en grand dangicr, et
(') Henri de Bcrlaymont de Flojon. Cf. de Bohman, Échevini, p. 42K.
(2) Florent d'Argcntcau, fils de Bcnaud VI, seigneur d'Argenleau et Ilermallc en 1572, seigneur de 30
Barge et de Heime, haut-vouc de Richellc, nomme capitaine et gouverneur du château de Bouillon le
22 décembre lf>07, mort en 1581. Cf. Poswick, Les seigneurs d'Argenleau, p. <i8.
RÈGNE DE GÉRARD DE GROESBEEK. 537
enclos de deux cosléz, se mirent à desloger et enfuyre à mye nuict, qui estoit
le jour saint Hubert, et pour soy mieulx venger, mirent le feu en l'église et
monastère de Saint-Laurens et l'église de Saint-Gille pareillement, et fut seule-
ment leur dorloire bruslé, cl en l'abbaye del Vaulx Benoiste, laquelle fut toute
s bruslée, et en plusieurs maisons aux faulxbourch (1). En ce temps, estoient
bourghemaislres de Liège Pierre Bex et Jeban Streel (2), lesquclz rendirent
grande peine nuict et jour de tenir les bourgeois en ordre et pour garder la cité
de quelques trahisons. Le duc d'Albe suyvit tousjour l'ennemy et les Liégeois,
à cause que les portes esloient enterrées, ne peurent si tost sortir; touteffois
10 sortirent devant x heures du matin, où ilz prendrent plusieurs prisonniers des
geux, qui estoient encores demouréz en leurs logis, desquels prisonniers en
furent, le jour saint Léonard, penduz xi sur le marchié de Liège. Et pour ce
que le boureau n'estoit pour Ihors en la cité, fut ordonnez que ecluy qui pen-
droit ses compaingnons seroit délivré, ce que un d'eux feist, car les autres
15 aymèrent mieux estre penduz que pendre leurs compangnons, et ainsi fut
délivré pour faire l'office du boureau, qui pour or ny pour argent n'eust esté
point autrement délivré. En pendant ses geux, y eut aulcun entre le peuple qui,
pensant faire sédition, demandèrent pourquoy on pendoit ses pauvres soldalz
sans cause ne occasions, et pour sa responee fut incontinent mis en pièce et
20 tuez, et ung aullre pareillement qui avoit le licol pour eslre pendu au col, le
mis dehors, et pensant enfuyre receut ung coup en la teste, et après fut pendu
avecque ses compaingnons. Et le prince d'Orcngc soy retirât à mieulx qu'il
pcult par Geldoin et le pays à lentour et, en passant, mirent le feu en l'abbaye
et monastère de Boncfe; après mirent le feu es églises de Gemblou, de Fiône ;
2b et tous cosiés où ilz passoient mettoient le feu dedens les églises et bruslèrent
toutes les maisons de ceux qui servoient le duc d'Albe. Après vindrent à Baveis
au pays de Henau, où ilz ne trouvèrent personne, parquoy ils mirent le feu en
la ville, et ainsi se retournèrent en France. Et le duc d'Albe les suyvit jusques
à Cambrésy, où il s'arreslat avecque son armée, n'allant plus avant. Et puis le
50 (') Cf. Evaluation des dommages causés au pays par l'armée du prince d'Orange en 1568, dans le
Bulletin de l'Institut archéologique liégeois, t. XII, p. 319.
(*) Voir pageBlO, note 1.
Tome IL 68
538 CHRONIQUES LIÉGEOISES.
prince estant arrivcis en France pensât conjoindre son armée avecque celle de
prince de Condée, mais il ne peult parvenir à son intention, parquoy il se
retirât par Lolringe en Allemaingne, où il donna congié à ses gens sans avoir
aultre chose faicte. Le conte de Horslrade (') et Everard de Mérode (*) qui
avoient suivy le camps de prince d'Orenge morurent en France comme bons s
chrestiens. L'abbé de Saint-Trond qui avoil esté prins prisoniers, comme nous
avons dessus dit, fut délivré à Coulongne en payant à la femme de prince
d'Orenge xvM dallers.
II
Après il envoyât à Louvain quérir le conte de Buyre (3), fils du prince 10
d'Orange, l'an 1508, lequel fut emmenné en Anvers, sous la conduict de siex
gentilhomes flamends et douze arebiers, puis soubz la guarde du conte de
Ladron (4), fut envoyé en Espaigne aux estudes en l'université d'Alcala et avoit
illec pour son plat 200 escus annuelle par l'ordonnance de Sa Majesté, et euisse
usez d'une semblable courtoisie au fils de conte d'Aigmont et de Home, sy ce i»
n'euisse esté qu'ils estoyent trop jeusne et foible pour faire ung sy grand
voyage. Puis le duc d'Albe list dresser une arrest contre le conte d'Aigmont et
aultres seigneurs prisonniers, et furent condampnéz d'avoir la laisle trenchée
avec confiscation de leurs biens. Le conte d'Aigmont voyant prononcher tel
arrest de sa mort, il ne s'en csmeul, ains usât seulement de ces parolles : « Voilà îo
une sentence très sévère et ne pense point avoir offencé Sa Majesté pour
mériter une sy cruelle punition. Sy j'av fally, que ma mort soit l'expiation de
mes faultes et erreurs sans ruinner ainsy les miens à l'advenir, oultre qu'il me
semble que mes grands services passez méritent à bon droict que l'on use de
quelque grâce en mon endroict, mais puisque c'est le bon plaisir de Dieu 25
le Créateur et de mon Hoy mon seigneur, je m'attend de prendre la mort en
patience». Dont le lendemain du mat tin. il soy confessât et receut la sainte
(') Antoine de Lalaing, comte d'Hoogstracten.
(*) Evrard de Mérodc, seigneur de Vaulx, ancien châtelain de Bouillon.
(*) Philippe de Nassau, comte de Bueren. 30
(') Le comte de Lodron.
RÈGNE DE GÉRARD DE GROESBEEK. 539
comunion, après avoir owy la messe, le conte de Home faisant le semblable.
Le jour suivant, qui estoit le vie de jung de l'an 4568, l'on couvrit l'eschaffat
de drap noire où la justice soy dcbvoit faire sur le marebiet de Bruxelles a,
ayant deux colompnes eslevées pour y planter les taistes, et joindant il y avoit
s deux cossins et oreilliers. Ainsi, deux beures devant midy, fut le conte d'Aig-
mont conduict le premier dans le léalre, accompaigné du maistre de camp avec
l'infanterie et aulcuns praistres et l'évesque d'Ipre pour confesseur. Or le conte
estoit vestu d'ung cassacquin de damas et le manteau noire enrichy d'ung
passement d'or, son chapeau b de tafftaff noire, portant ung mouchoir en la
io main sans avoir les mains liez; il n'estoit point suivy du bourreau ny sergeans;
bien est vray que le prevost le tenoit c prest sur l'eschaffat avec une baguette
en la main, laquelle estoit rouge, et l'exécuteur soy tennoit soubs l'eschaffat
jusque à ce que le conte fuisse monté, lequel ayant parlé quelque temps avec
le maistre du camp et avec l'évesque, luy mesme soy despouillat, demourant
15 en pourpoint, qui estoit de noire, puis soy mist en genoulx, puis l'évesque luy
mist la croix en la main, laquelle le conte baisât fort révérenment en jectant
mouchoir et chapeau du costé, joindant les mains, et soy rescommandat à la
miséricorde de Dieu, attendant le coup de la mort en patience. Aussytosl qu'il
fut despescheit, son corps fut tiré à part et couvert d'ung drap noire, et lors
20 montât le conle de Hornc, ayant seulement ung manteau noire et ung bonnet de
drap noire; celluy ayant lennu quelque petit discours au peuple, demandât
pardon et les suppliai de pryer Dieu pour luy, puis, jectant son manteau en bas,
demorat en chausses avec seulement une chemise de colton, et mist son bonnet
sur ses ieulx et joindit ses mains allaindant le coup. Puis leurs taistes furent
25 mis sur les dites colompnes l'espace de deux heures, et leurs corps mys en cer-
cueille de plomb et embaulmeis et puis ensepvelis.
L'an 1568, sur la fin du mois de may, passèrent par la cité sur la Moeuse, à
deux fois, xxv d enseignes espaignouls et wallons e et pendant qu'ils descendoient
la rivière, les qualtres compaignies esloyent en armes, les diex hommes en
30 a Bruges : manuscrit 7. — b son chapeau estoit de taphetaf avec des plumaiges noires et blanches :
manuscrit 6. — c le tenoit courte : manuscrit 6 — d xv enseignes : manuscrit 12. — ' embarqués
à Andenne, s'en allant en Frise : addition du manuscrit 24, fol. 293.
540 CHRONIQUES LIÉGEOISES.
grand nombre de cliascun vinave (*), avec les capitaines, enseignes et tambou-
rins ens cartiers divers du loing de la rivière, avant apreslé aucunes pièce
d'artilleries, harck à erockes, donnant cependant les seigneurs bourghemestres
bonne ordre et rcmonslrance de soy gouverner bien en ses enlrefaiclz,et avoyent
faicl mcclre deux chaînes pour serrer la Moeuse Q, l'une à la tourre des Croi- s
siers, et l'autre derier Saint-Jean tëvangéliste, dist à Rolland Goiïe, item aussy
gens à tennir bonne guarde.
Cesle mesme année, par l'ordonnance des seigneurs bourghemestres, al esté
comenehiet ce magniOcque ouvraige de la fontaine sur le marchict à Liège '',
à cause que le viculx ouvraige esloit fort ruinné et deffaict une parlye (2). io
Pareillement, l'an susdit °, par les mesmes bourghemestres al esté érigée une
maison dit pieux lieux, où sont plussieurs demeuraiges, chambres par terre,
encloeses de murailhes, exlanl hors la port Saint-Léonard près la cité, et proche
de la rivière de Moeuse, pour en icclle soustenir, mectre et loger les malade et
infectez, où besoing serai, de la maladie contagieuse, le tout faict aux despens i»
de la cite (3).
L'an mesme io68, le jour saint Jacque, ont estez cslcuz à bourghemestres
de la cité de Liège, maislre Jean de Strecl el maislre Pier Bex, ambedeux
licenliéz es drois (4).
L'an mesme, l'armée du prince d'Orange esloit à l'enlour de Tongre et par 20
tout le plat pays de Liège, gastanl, pilliant et follant impétueusement les sacra-
ments, nonobslanl que l'on ne pensoit qu'il fuissent ennemis au dit pays de
Liège, veu que c'est pays d'empire, et aussy estoit seulement déclareis ennemis
" s'il eut esté besoing, avec gens et engins : addition du manuscrit îS. — * qui depuis cincq ans
auparavant avoit esté commencé : addition du manuscrit 24. — c l'an 1570 : manuscrit 6. *'°
(4) Sur les quatre compagnies cl la compagnie dite des Dix hommes, voir Gobert, Liè./e à travers les
âges, t. I, pp. 254-258.
(*) Voir Gobert, op. cit., t. IV, p. 66.
(») C'est par erreur que cette chronique place à l'année 1568 l'acquisition, par le lombard
Bernardin Porquin, de l'hôpital dit du Bavard, à l'entrée de la rue Saint-Léonard, pour y établir un 30
lazaret pour les pestiférés. Cette fondation pieuse se fit en 1571. Cf. Gobert, op. cit., t. Il, pp. 153
et 160.
(') Voir page 510, note 1.
RÈGNE DE GÉRARD DE GROESBEEK. 541
au duc d'Albe et point au pays de Liège. Par conséquence, la dite armée du
prince d'Orange suivit et continuit ses affaires sur le pays de Liège de villaige
à villaiges, jusques à la ville de Saint-Tron, laquelle ont surprin par belles
parolles et soub coulleur de laisser seulement entrer aulcuns d'eulx. Ils procé-
s dèrent à leur volunlé, pilliant la plus grande parlye de la ville a, principalement
les maisons des ecclésiasticqucs et la monastère, et emmenèrent l'abbé ('), luy
faisant grande insolence, lequel après avoir donné une bonne somme d'escus,
le laissèrent aller; peu après quictarent la ville, prennant le chemin vers le
warde de Steppe \
10 L'an mesme, un peu après, l'abbaye de Saint-Hubert en Ardcnnc fut bruslée
par quelques nombres de Franchois tant de chevaulx que de pieds, qui esloyent
vennus par l'Ardenne donner secours au prince d'Orange.
L'an mesme, sur la fin d'octobre, ludit prince d'Orange prinl son chemin par
Waresme, petite ville (à) qualtrc lieu de Liège; je ne scay par quel solz
io conseil, (il) approchât la cité de Liège, la pensant surprendre et pillier, et
environ le jour des âmes, envoyât sa trompette vers la cité, demandant
passaige % et ne luy fut donné aucune responee, mais ayant considéré la grande
inhumanité et oullrages qu'il avoyent perpétrez en pays de Liège par les
engliese, mesme à ceulx de Saint-Tron, qui leurs avoyent monslreit toutte
20 courtoisie en vain, il aussy avoyent demandé à vallée à nostre prince cent milles
escus d'or, et avec cela le bruict avoit du longtemps corru notoirement en leurs
armée qu'il soy vantoyent et glorifioyent que, pour leur retourne, leur conclusion
avoit esté de pillier et rober la cité de Liège d, mais furent loing de leur entre-
prinse, car le reffus at esté faict à la dite trompette, et incontinent bien vaille-
23 ment toulte la cité, grand et petit, aussy bien Monseigneur l'évesque que toutte
" mesme prindrent à cieux de la ville aucunes pièces d'arleilleries avec des pouldres et canons :
manuscrit 28. — ° Mor.tenaeken et à l'entour : addition du manuscrit 28. — et 5:ontenack : manu-
scrit 6. — vers la ville de Wareme : manuscrit S. — ° passaige et vivres, qui a eu responee sans
dilation : manuscrit 28. — sans délibération : manuscrit 96. — d et tous marchans. Partant le refus
50 a esté faict à ladit trompette tant de Mr le révérendissime que tous gens d'église, bourguemestres et
conseil, nobles et ignobles : addition du manuscrit 28.
(4) Christophe de Blocquerie. Voir page B04, note G.
542 CHRONIQUES LIÉGEOISES.
la clergerye, bourghemestrc et conseil, nobles et non nobles, d'une bonne union
furent tous délibérez, sy le prédit prince d'Orange vennoit, de s'opposer et
résister, et bastivement, en grande diligence, chascun s'enforchoit à réparer et
fortifier la dite ville, aprester tout les arlilleryes " et aultres munitions sans
espargner personne, femmes, filles ny servantes en grands nombres portants s
terres aux remparts et divers lieux, les capitaines des vinables '', avec ung
noble couraige, faisant le guail jour et nuict, estans tous délibérez, aussy bien
les gens d'engliese que les aultres, ebacun en son lieu ordonné, les quallres
compaingnies et les diex bommes, chascun en son cartier assigné, semblable-
ment les enseignes et bendes de gens de guerres que l'on avoit eslevéz aux 10
despens du pays de Liège, chascun tennant aussy son carlier. Retournant la
dite trompette vers son prince d'Orange, l'ayant adverly dudit refus de ceux de
Liège, approchèrent c de plus près la cité et l'cnvironnarent jusque aus faul-
bourghes et abbay de Saint-Laurent et Saint -Giel, l'engliese de Saint-Christophe
au pont d'Avroy *, et faisoyent tous leurs efforts à endommager et prendre la 15
la cité, donnant plussieur coup de harquebouse et de petite pièce de cannons.
Mais ceulx de la cité faisoyent telle déffence que personne de dehors ne soy
osoit monstrer; de là tachoient l'assaillier par balleaux, tant par dessus la cité
que dessoubz, por avoir le passaige de la cité, de la rivière pensant gaigner le
carlier d'Oultre-Meuse; mais les gens des villaiges comme de la Uoverie, Froid- 20
mont, Grifvegnée, Angleur el aultres d'albentour, estant en armes, leurs don-
noyent empeschement % faisants fosséz et tranchises de bois, leur donnant
souvent des coups de hack à croche et harquebouse, de sorte qu'il furent
frustreis de leurs enlreprinses de passer et y eut des tuez et des prisonniers,
lesquels sans dilay furent saccagiés ■', et pour ce qu'il n'eurent accèz de passer, 25
a hacque à crocqs, harquebuses, boulets, poudres, gros bans, maints boron de gros bois, estouppes
et toutes choses nécessaires à munir murs et remparts que pour repouser les ennemis. Car rien n'estoit
esparné : manuscrit 28. — b avec leurs gens el dixaines, ayant bon courage, estoient chascun en son
quartier : addition du manuscrit 28. — c et incontinent, suivant leur premitive conjuration envi-
ronnèrent la cité : addition du manuscrit 28. — d et ce si hastivement que plusieurs desdicts 30
fauxbourgs en furent déceuz, ayant prins à Saint-Laurent plusieurs lieux, comme dit est, d'où ils
pouvoient contempler une grande partie de ladite cité : addition du manuscrit 28. — ' tant par fossés
et tranchis que autres matières de bois : addition du manuscrit 28. — ' et occis et aucuns mis en
prison : addition du manuscrit 28.
RÈGNE DE GÉRARD DE GROESBEEK. 543
l'on avoit en la cité libre entrée et issue par la porte d'Amercourt, par laquelle
entrèrent bien hastivement deux enseignes de piétons, desquels l'une estoit
eslevée de la parle du pays, et l'autre estoit envoyée de la parte du duc d'Albe
à noslre secours; par ainsy esloient vin a compaignies de piétons en la cité,
3 davantaige entrèrent encore par le mesme port grand nombre de gens de la
baillcrye du pont qui esloyent mandez, eux tennant leur cartier tant au dit pont
qu'en Beiche b. Or ainsi la dite cité furnie et guarnie, monslrèrent " à leurs
ennemis taiste, leurs donnant bon coups de divers boulletz, tellement que
lennemis, ayant séjourné quelque temps devant la dite cité, non point sans
10 perdre de bons capitaines et soldats d soy partirent avec grande honte du grand
maltin, mectant le feu à l'abbaye de Saint-Laurent, Saint-Giel, ens faulx-
bourghes en divers lieux, et à la Vaulx-Bennoicte '. En ces vers, trouvères
l'année dont cela est advenu :
DILIge tUrba IlInaX.
13 Item :
LeoDIUM forllter pUgnaVIt.
Item :
VIVIlo LeoDIUM.
Item trouverez en ceulx suivants l'année et le jour :
20 Quinta bac nocte cadit Laurentius igné crematus
Auriaci victrix Legia fudit equos '.
« xiu : manuscrit 28. — 6 et aux Auves : addition du manuscrit 28. — Après entrèrent hâtivement
par la porte d'Amercourt quattre enseigne de Wallons soubs le régiment monsr de Dragon au service
du roy d'Espaigne, soub la conduite du duc d'Alve, qu'estoit général du camps, lequel furent logés aux
2b palays, sans y faire garde davantage, puis entrèrent encor plusieurs gens de la Bouverie par ladict
porte, tenant leur quartier au dit pont que à la thour Embéche : manuscrit 6. — c donnèrent
incessament à leurs ennemis le réveille matin et le bonsoir, avec coup de baies assaissonnées de
craint et empeschement, tellement... : manuscrits 28 et 26bis. — d qui furent occis à faire les
aproches furent constrainct de lever le siège secrètement, et a grande honte de se retirer par une
3u matinée avant le jour, qui estoit le jour de saint Hubert, 3 de novembre, après avoir mis le feu... :
manuscrits 28 et 26bi>. — ' emportant tout ce qu'ils pouvoient rober et trouver es fauxbourgs et
Tillaiges : addition des manuscrits 28 et 26bi*. — t Ignls aeDaX rerVM Leslt nos : addition des
manuscrits 3, 25 et 38.
544 CHRONIQUES LIÉGEOISES.
Ceulx de la cité, estant advertis de leur partiment, ayant la comodité, force et
couraige, soudainement partirent en bon nombre de gens, tant bourgeois que
villageois, par la porte Sainte- Waiburge et du pont d'Avroy a, donnant sur la
queue de leurs ennemis, de sorte que bon nombre furent tués '' et prisonniers,
dont peu après furent pendus sur le marchiet; il y eut pour ung jour onze 5
exécutez par ung de leurs gens, car il avoint jectéz la sorte, et pendant que l'on
faisoil justice, survenist sur le marchict une grande tumulte, procédant c par ung
bomme solz * qui demuroit hors de la cité, lequel, voilant par compassion
plaindre l'ung de ceulx que l'on pendoit, disant que c'estoit dommaige de
pendre ung telle homme, et semblables propos ' fut sur la place tué, et le 10
tumulte estoit sy grand que ung chacun avoit l'espéc en la main et ne scavoyent
sur qui frapper, pensant qu'il y eut quelque entreprinse, et estant un peu
appaiséz ', Sa Grâce en personne marchât devant avec quelque nombres de diex
hommes des bons mesliers et de vm enseignes de guerre, et s'en allèrent droict
sur le marché, faisant ung circuit tout allentour, puis Sa Grâce fit publier que la
chascun des bourgeois demorast en son carticr, et ainsy le tout fut appaissez g.
Or comme l'armée estoit retirée de la cité, le duc d'Albe n estoit guerre loing
du dit prince d'Orrange, le suivant jusques en France, lequel pensoit joindre
son armée avec celle de Condé, cy ce n'euisse esté que l'armée du roy de
France y donnoit cmpcschemcnt, de laquelle armée le duc d'Anjoux (*) en 20
estoit généra ulx pour le Roy, ce voyant le prince n'eslre possible de soy joindre
avec celle du prince de Condé (2), fut constraint de soy retirer en Allemaigne,
" lesquels, avec plusieurs Mouilleurs, donnèrent : addition du manuscrit 28 — b et jettes dans
les fosses aux houilles : addition du manuscrit 28. — c procédant par ung malentendu de dehors
la Cite : manuscrit 7. — a folastre et mal entendu de dehors la Cilé : addition du manuscrit 28. — io
* Il y avoit auprès de luy ung chanoine nomé Marbaise (3) qui lui donat le premier coup et par
ce moyen, fut massacré sur la place. Après le tumulte fut si grand... : addition du manuscrit 7. —
t et estant un peu appaiséz, l'on donnât provision et bonne ordre par quelque nombres de diex
hommes des bons mestiers qui estoient illec et de vm enseignes de guerres qui soy trouvarent avec
leurs armes sur le marchiet : manuscrit 7. — > et aucuns jours après, en la mesme place, en 30
furent encor d'autres excécutés : addition des manuscrits 28 et Stf4iï.
(') Henri de Valois, duc d'Anjou, fils de Henri II.
(*) Louis I de Bourbon, prince de Condé, tué à la bataille de Jarnac, le 15 mars 1 8G9.
(s) Un chanoine Libert Marbaise est cité parmi les chanoines de Saint-Jean, de 1550 à 1571.
RÈGNE DE GÉRARD DE GROESBEEK. 545
où le duc de Deux-Pont (') avoit assemblez bon nombre de cavallerye et
infanlerye, et ainsy l'armée reforcée, affin de rechiefï retourner en France vers
la Haulte Bourgogne, pour salisffaire à son enlreprinse, mais avant que le prince
de Condé fuisse joinct avec luy, le duc d'Ànjoux le poursuivoil tellement que,
s sur le matlin le xin8 de mors, comonchèrent à escarmoucher et soy battre
jusques à siex beures au soir, ayant le duc d'Anjoux obtenu la victoire, et le
prince de Condé et plusieurs grands seigneurs furent tuez, et toutte l'infan-
terye saccagée ".
*
* *
L'an 1568, y eut grande division et assemblées es pays de par deçà du roy
10 d'Espaigne, faisant le duc d'Albe tout préparatifs de guerre, suivant les bruits
qui lors estoient de tous coslés. En ces entrefaietes, les troubles et guerres civiles
survindrenl. qui estoient quelques gens de guerre assemblés vers les frontiers
de Julliers de divers nations, Wallons, Allcmans et Flamens, qui furent deffaits
et mis en route par les Espagnols et autres qui estoient au duc d'Albe. Et bien
15 peu après, fut quelque grande entreprise et traiclé au pays de Frise par
le comte de Nassau, frère au prince d'Orrange, ayant une armée à l'enlour de
la ville de Dan et Grocningcn dont le comte d'Arcmberg (2), estant retourné de
France, a esté envoyé avec des Espaignols en Frise, là où il fut rencontré de
ses ennemis et occis et toutes ses gens deffaicts et grand nombre d'Espagnols
20 aussi tués. Dont incontinent le duc d'Albe, qui avoit le conte d'Aigmont et le
conte de Horne et grans nombre des gentilsbommes prisonniers à Bruxelles, les
fit tous décapiter, ce qui a beaucoup aigri les choses, et les armées se prépa-
roient de part et d'autre, et avoit le roy d'Espaigne par tous ses pays des gens
de guerre...
25 Or, le duc d'Albe ayant assemblé grande armée et icclle joincle, a prins son
chemin vers le pays de Frise, vers la ville de Groeningen, où estoient quelques
« comme aussy plusieurs capitaines et seigneurs dudil prince de Condé demeurèrent prisonniers :
addition du manuscrit 28.
(i) Sur le duc des Deux-Ponts, voir p. ï>27, note 1.
30 (*) Voir page 850, note 1.
Tome 11. 09
546 CHRONIQUES LIÉGEOISES.
gens soubs la conduict du conlc do Nassau et d'autres capitaines. La guerre
allumée tant d'un coslé que d'autre, en premier lieu furent deffaicts par le due
d'Albe aucuns qui tenoient des forts et places à l'cntour de là et, en continuant
cest orage, et les armées des deux costés s'entre comltatans, la deffaiclc est
tombée sur les gens du conte de Nassau, et ce par la faute d'aucuns d'eux qui 5
demandèrent argent lorsqu'ils dévoient combatlre, qui donna grande occasion
à leurs ennemis de prendre l'advanlage, tellement que les gens du due d'Albe
furent victorieux et en occirent grand nombre et le reste s'enfuit...
Feu après, ont esté quelques nombre de chevaux et de pied assemblé et
eslevé en aucuns lieux par bendes. qui, peu après, se jongnirent avec le seigneur 10
Guillaume de Nassau, prince d'Orange, qui avoil bon nombre de gens de guerre
en Allemaigne, tant Allemans que Gascons et Walons et autres nations, de sorte
qu'il en at faiet un grande armée et est venu descendre, sur la fin du mois de
septembre, vers la ville d'Aix et près du pays de Jullicrs et mesme par deçà
jusques au pays de Faucoumont et là à l'enlour. Quoy entendu par le duc ts
d'Albe, a assemblé semblablement, pour faire teste audit prince, à l'enlour de
Trccht, une grande armée tant de Wallons, llaynuiers et Arlisiens que d'Espai-
gnols et autres nations, de pied et de cheval, desquels la pluspart esloient campés
et fourrés au pays de Liège par un loing temps. Ausi les deux armées n'estoient
pas loing l'une de l'autre, mais la rivière estant entre deux, si bien qu'ils ne 20
pouvoient donner grande escarmouche l'un contre l'autre. De là, l'armée du
prince d'Orange, aprochant un peu plus près, donna à entendre qu'il vouloit
quelque part passer la rivier vers ïrecht, Viset ou vers Liège, et envoyèrent
une trompette à la dit Cité, et mesme à la ville de ïrecht pour avoir passage.
De la part de la Cité fut respondu à ladit trompette que, après avoir eu délibé- 25
ration des Estas, leur seroit donné passage. Le duc d'Albe, de ce adverli,
at incontinent retiré la plus grande partie de son armée et l'a mis dessoubs la
ville de Trecht et par dessur plusieurs village par delà la rivière et les autres,
à scavoir les gens du due d'Albe, mangeoient le pays de Liège par deçà. Lors,
par une vite diligence, d'une elère nuict, l'armée du prince d'Orange passa 30
à gué près de Slockem dessoubz Maestrek, de quoi le duc adverli en fut bien
estonné et a faiet marcher son armée dessoubs Treehl et là a disposé son champ.
Mais les gens du prince, sans faire long séjour, deslogèrent de Stockem et
RÈGNE DE GÉRARD DE GROESBEEK. 547
commencèrent à passer plus avant dans le pays de Liège, cherçant les gens du
duc et furent faites quelques petites escarmouches. Et ausi poursuivant le prince
son train, est venu jusques sur le rivage de Geer, pays do Liège. jusques à l'cn-
tour de la ville de Tongre, fouragant et gaslant le plat pays et singulièrement
5 ruinant les églises, en foulant le Saint Sacrament, ne laissant rien qui ne fust
pillié et prins, nonobstant que l'on ne pensoit... (lexle comme page S40,
ligne 22.)
Peu après quictarent la ville, prenant leur chemin vers le warde de Steppe,
Montenaeken et à l'enlour. Or, comme l'armée du duc d'Albe les avoit suivi et
10 costoyé depuis quelque temps, ils vindrenl de si près que lors il y cul quelques
escarmouches faictes, où les gens du prince eurent du pire, car quelques gens
de pied furent saecagés en un marescage où les noires reytres n'avoient poinct
d'accès pour leurs donner secours. Après, l'armée du prince prit le chemin vers
le pays de Braibanl, vers Jodoingne et à l'entour, pilliant et gastar.t partout où
15 ils passoient, et arrivèrent au secours dudit prince bon nombre de gens françois,
tant de chevaux que de pieds, qui estoient venus par les Ardennes, et bruslèrcnt
en passant l'église et l'abbaye de Saint-Hubert, avec beaucoup d'autres monas-
tères et églises ", et passèrent la rivière de Meuse au pays d'amont, où ils
eurent quelques petit escarmouche, mais ils desconlirent leurs ennemis.
20 Cependant que ces affaires se passoient, le duc d'Albe avoit envoyé en la ville
de Tillemont quelque garnison prinse dans son champ, craignant que son
ennemi, estant assé proche ladit ville, ne fust par luy troussée. Ausi poursui-
vant et voyant ledit duc qu'il avoit oporlunité de passer outre avec son armée,
la prinse et conduicl plus avant par delà Tillemont, vers Louvin, où hastivement
23 a mis son champ en ordre avec forts tranehis, ce qu'il at faictallin d'empeicher
ses ennemis de passer plus avant vers ce quartier de Braibant. Et les gens du
prince gastoient et desroboient le plat pays, si ne passèrent sans avoir une
escarmouche vers Tillemont. A tant séjournèrent les armées jusques sur la fin
du mois d'octobre, et venant au commencement du mois de novembre, ledit
30 prince et son armée, ayant lesdis ennemis près de soy, se sont retirés et reculés
en arrière bien honteusement sans coup donner. Et par quelque conseil lémé-
a ... pillèrent et bruslèrent encore autres abbaies a la rivière de Meuse comme Hastier au pays
d'amont, où ils eurent. . . : manuscrit 96.
548 CHRONIQUES LIEGEOISES.
rairc sont de rechef entré au pays d'Empire qui estoit à 1 evecque de Liège, et
ce faisoient-ils sans lillre ny raison, sans que ledit pays leurs fust obligé de
quelque chose. Et ainsi tenant leurs chemin en pleine Hesbaigne, pays dudil
Liège, et réilérans leurs maux par eux faicts, commencèrent par courses, pillc-
rics et volleries gasler ledit pays, venans jusques à une pétille ville nommée 5
Waremme, qui est à quatre lieux près de la Cilé. L'on n'avoit point, ce néant-
moins, encor telle opinion d'eux que de se prendre au pays d'empire ains qu'ils
se tirreroient au pays de leurs ennemis. Toultefois comme ils persévérèrent
à faire loules pilleries, folles courses sur le plat pays, les paysans sauvoient
leurs meillieurs meubles en la cilé de Liège, car ils ne laissoient rien à dérosber. 10
Les choses ainsi menées, au commencement dudit mois de novembre, s'en
vindrent vers la cité de Liège en intention de la pillier et saccager, et de faiet
ont aproché fort avant ladit ville et cilé, faisant leurs comptes témérairement et
sans hostes, comme il al esté cognu par après. Aussi donc estant aproché de
plus près, soubs belles couleurs, leur trompette a esté envoyé vers la Cilé... 15
(texte comme paye 344 ', ligne 17).
Retournant ladite trompette vers son prince d'Orange, l'ayant advcily dudit
refus de ceulx de Liège, approchèrent et incontinent, suivant leur primitive
conjuration, environnèrent de plus près la cité jusques aux fauxbourghs et
abbaye de Saint-Laurent et Saint-Giel, l'engliese de Saint-Christophe au pont 20
d'Avroy, et ce si haslivement que plusieurs desdiels fauxbourgs en furent
déceus, ayant prins à Saint-Laurent plusieurs lieux, comme dit est, d'où ils
pouvoient contempler une grande partie de ladite Cilé. Ce néanmoins les bons
citoyens se sont défendus vertueusement et incessament, tirans des coups de
serpentines, bac à crocqs, harquebuses, leur donnant à leur arrivée et infortunée 20
venue beaucoup d'algarades. Car plusieurs furent occis et pour le grand nombre
de bac à croc, nul ne s'osoil trouver à descouvert et dura longtemps en cesle
manière l'obsession et siège devant la Cilé et lâehoient fort les ennemis, par
aucuns de leurs, gaigner batailh tant par dessus la Cilé comme par dessoubs,
pour avoir le passage de la rivière de Meuse, affin d'envahir le quartier d'Oultre- se
meuse... (lexle camme page S 42, ligne 20, jusques ainsy tout fut appaiséz).
Or, comme l'armée estoit retirée de la Cilé, le duc d'Albe estoit poursuivant
et marchant après icelle, mai» les gens du prince, sans longuement séjourner,
RÈGNE DE GÉRARD DE GROESBEEK. 549
prindirent chemin vers le pays d'amont jus dudit pays de Liège, venant vers
Heynaut et Cambresis, pillant et bruslant tout le plat pays, mettant le feu en
plusieurs abbayes, églises et maisons, estans lousjours poursuivi par le duc
d'Albe si avant qu'ils furent entrés en France,
s Ayant donc esté par tel moyen la cité do Liège, délivrée des mains du prince
d'Orange, Guilhaume de Nassau, qui avoit en sa compaignie le conte Lodovic,
Je conte de Hocbstrat, le conte de Lumay (l) et plusieurs nobles avec une
grande armée, Sa Grâce Révérendissimc, en recoignoissance de ce bénéfice que
Dieu luy avoit faict et Mr saint Hqbert, premier évesque et fondateur de
10 la cité de Liège, il ordonna que tous les ans se feroit une procession où les
secondaires se dévoient trouver avec messe spéciale, laquelle touttefois ne
s'observe plus, et à l'heure du disné, tirer trois ou quatre coups de canons, et
ce tous les ans le jour de saint Hubert. (Manuscrits 28, pp. 407 à 412;
96, fol. 308 v°à313 V; 26"h, fol. 368 à 370.)
is El l'évecque, pour avoir été délivré de ses ennemis par un jour de saint
Hubert, il ordonna que ce jour on chanteroit une messe spéciale avec une
procession de tout le clergé secondaire, pour rendre grâce à Dieu de l'avoir
préserve, faisant le tour à l'cnloiir du marché, puis l'on donnoit le canon
par tout, ce qui a depuis été modérez et rédtiict à trois descharges de hacques
20 par la compagnie des Jeunes Arquebusiers par les fenêtres de la maison de
vilhc, au temps que les douze à midi sonnoient, pour mémoire, jusqu'à ce que
l'on l'a laissé en arrière. (Manuscrit 38, p. i 07 ■)
En mesme an, par les mesmes furent encor plussieurs abbeyes bruslées
comme Boncff. Gcmbloux et Floene, et par ainsy furent les Liégeois victorieux
23 et vengés de leurs ennemys. Et pour signe et en mémoire de ladille victoire,
fut ordonné et par l'espace de plussieurs ans depuis tenu et observé que, chacun
jour de la feste de monsieur sainct Hubert, droit aux douxses heures au midy,
l'artillerie de la Cité scroit deschargée aux principaux boulevars de Liège, en
commémoration et gratification de laditte victoire et siège levé. El fut aussy
30 faille, au mesme jour de sainct Hubert, l'an révolu, prooession solemnelle
(l) Louis, comte de Nassau; Antoine de Lalaing, comte de Hooijstiaetcii, et Guillaume de la Marck,
sire de Lumey.
550 CHRONIQUES LIÉGEOISES.
à Saincl-Lambcrl, en laquelle ledit évesquc fil personnellement son office en
remerciant nosire divin Sauveur et Rédempteur Jesus-Chrisl et luy priant de
garder lousjours son peuple liégeois de la guelle dévorante de tels loups ravis-
seurs des cœurs et d'âmes et engloulisseurs des biens des bons et fidels Chres-
liens. Et puis, peu de jours après, furent encor exécutés sur le marché aucuns 5
de ladiltc armée des Gheux. (Manuscrit 2o, p. 32.)
Ils s'en allèrent à Saint-Laurent et à Sainet-Gille, et après ont descendu aux
fauxbourgs d'Avroit. Il y avoit plussieurs bourgeois à la porte que l'on dit « le
Resleau », y faisant résislence. Alors, les bourgeois entendant qu'ils venoyent
par Tïrbourse, retournèrent vers la Cité, abandonnant la porte, et les soldats 10
pensoyent cslre dans la Cité, ayant rompu la porte et incontinent crièrent
à haulte voix : « Ville gaignee! » Mais ils furent bien trompé, alors ils entrèrent
dans l'églicse de Saincl-Chrislophe, contemplant le lieu de la Cité. Ils avoyent
mis plussieurs pièces de cannons vers la muraille de Saincte-Claire, pensant
espouvanter ceux de la Cité. Mais ils firent si bien leur debvoir que personne is
de dehors n'osoil se monstrer ". Alors le prince d'Orange, voyant que son enlrc-
prinsc ne sortiroit ses effects par terre, il délibéra de l'aissaillir par batleaux,
pensant d'avoir passaige par la rivière, pensant gaignicr le carticr d'Oultre-
meuse... [texte comme page 342, ligne 20\
Entrèrent haslivemenl par la porte d'Amercœur qualtre enseignes de 20
Wallons soub le régiment de monsieur de Dragon au service du roy d'Espagne,
soub la conduite du duc d'Alve, général du camp, et furent au pallais sans
y faire garde. Puis entrèrent encore par ladiltc porte grand nombre de gens de
la Boverie. {Manuscrits 25el38, p. 99.)
Le manuscrit 24, fol. 297, relate le siège de Liège de 136$ comme Mélart, 2s
pp. 41 1 et 412. Il ajoute toutefois à ce texte, le détail suivant :
Néanlmoins ils (les ennemis) tasebèrent par batleaux, tant par dessoub que
par desseur la Cité, de passer la rivière, pensant gaigner le quartier d'Outre-
" Ce texte se trouve aussi dans le manuscrit G. Le manuscrit 25 ajoute encore ce détail : mais les
femmes et les filles donnant courage aux bourgeois el soldats étrangers leur portoient vin et viande 30
aux remparts, disans qu'ils n'épargnassent rien, en sorte que nuls Orangeois n'avoit la hardiesse de
se montrer à découvert
REGNE DE GÉRARD DE GROESBEEK. 551
meusc, mais s'il n'avoienl proflilé d'autre coslé ossi ne firent ils de ee costé, car
les habilans des viliaiges dcl Boverie, Froidmont, Angleur, Grivegnéc et autres
d'alcnthour leur cmpescliêrenl le passaige et leur firent quiler leur entreprise,
non sans perte de plusieurs de leurs gens et d'autres prisonniers, qui en
s l'instant et sans dilaye, esloienl occis et saccagés.
L'an mesnie, furent les Geux ruez jus à Dalera.
L'an mesme, le premier de juillet, furent décollez à Bruxelles les deux
seigneurs de Ballenburgh (1), avec saize aullres gentilshommes.
Le 10e de septembre, Philippe de Nassau, conte de Buren (J). filz au prince
J0 d'Orange, fut prin à Louvain où il estudioit et éminéz en Espangne. (Manu-
scrit 8.)
L'an mille cineque cens et soixsante huicl, trépassa de ce monde mon-
sieur Arnold de Bocholt (3), prévost de la grande égliese de Liège, et fut
ensepvely à l'entrée du choeur de laditte église, au mesme lieu où que 1 evesque
•s Richar avoit esté ensepvely. leclluy prévost ordonna que, tous les jeudy de
l'an, à jamais, l'on chanleroit en musicque, dans l'égliese de monsieur Sainct-
Lambert, la grâce du vénérable Sainct Sacrament de l'auteil, et pour ce faire,
assigna à messieurs de Sainct-Lambcrl trois cents florins de Braibanl de rente
par an hérilables. Luy mort et ensepvely comme dit est, monsieur Guilheaume
20 de Poittiers (4), exlraict du sang de sainct Guilheaume, fut faict, par élection
dn chapiltre, prévost de Liège.
L'an mesme, le premier jour du mois de mars, l'égliese de monsieur Saincl-
Giele en Publémont fut brusléc, mais d'où que le feu procédast, on ne le sceut
jamais comprendre (5). (Manuscrit 25, fol. 220 V.)
2b (*) Thierry et Ghysbrccht de Bronckhorst, frères du seigneur de Battembourg, capitaines au service
de Brcdcrode, condamnes à mort et exécutés à Bruxelles le 1" juin avec Jean de Monligny, seigneur
de Villers et seize autres prisonniers. Cf. Van Hasselt, Siuhken voor de vaderlandsche historié, t. I,
pp. 281-252.
(*; Voir page 538, note 3.
50 (3) Voir page 508.
(*) Voir page 433, note 2.
(B) Voir page 533, note 1.
552 CHRONIQUES LIEGEOISES.
Les plus tardés de l'arrière garde de l'armée du prince d'Orange furent tués
ou fait prisonniers et pendus dans la place du marché. Béatrix dcl Vaux, jeune
fille d'un paisan de Votcme, estant enlevée par un cavalier bourguignon de celte
armée cul assé d'adresse pour le précipiter dans une houillère, qui s'est depuis
appeliée « le hure au Bourguignon », et revint triomphante sur sa monlurc. s
Plusieurs autres s'cslans égares de leurs troupes périrent de mesme façon....
On commença à faire des cristaux à Liège, le gravier de la Meuse faisant
une partie de la malière qu'on a depuis changée en mieux (*). Le corps de
l'évesque Réginard fut trouvé entier à Sainl-Laurent dans les pontificaux, avec
un calice d'argent. (Manuscrit 140, fol. 421.) io
Pendant que les presches se faisoient aux Pays Bas à main armée pour
se maintenir contre eculx qui les voulurent empêcher, qui causa des terribles
troubles et ahhaltcment des images presque par toutes les villes et villaiges du
pays, sans que personne y mist aucun empêchement Premièrement, on com-
mençât en Anvers, puis à Roilduc, à Gand, puis à Yalcncicnncs, Tournai et à ts
Malines; puis, chose admirable, se souslevèrenl quasi en même temps les villes
de Terrcmondc, Alost, Oudenarde. Ulrecht, Dordrecht, Amsterdam, Harlem,
l.eyden, Delfl, La Haye, Bricl, Groningue, Lcwarde. Middelbourg, Flcssingiie,
Arnhem, Rurcmondc, Ncumegcn, Vcnlo, Hardcwich, Campen, Swol, Dcvenler
cl autres. De quoi Madame de Parme, la gouvernante, cslonnée, ne se tenant 20
pas assurée dans Bruxelles, voulut soy retirer dans Mons. Mais le comte
d'Egmonl, le prince d'Orange, le comte de Bornes, avec les principaux seigneurs
qui étoient à la Cour, l'en dcslournèrent, l'asscurant qu'il n'y arriveroil aucun
désordre. Mais le duc d'Albe, envoyé par le roy aux Pais- Bas avec une armée
puissante, en fil une terrible exécution, en faisant trancher la tèle à 50 ou 25
GO des principaux, entre les autres aux comtes d'Egmonl et de Hornes, et
suivant le dire dudit duc d'Albe, il s'est vanté d'en avoir fait mourir 15G0 par
l'épée et 18 mille par les mains du bourreau, et aucuns ont écrit que plus de
trois cent mille personnes ont abandonnées le pays bas et relirez ailleurs pour
éviter la cruauté dudit duc. (Manuscrit 38, p. 83.) 50
(') C(. Gobert, Liège à (rai<ers les âges, t. V, p. 525.
RÈGNE DE GÉRARD DE GROESBEEK. 553
1569.
Au moys de mars l'an XVCLXIX, le duc de Deux Pont (*), ayant eslevé une
grande armée pour laide de la royne d'Englelerre, arriva au pays de Bour-
gongne pour soy conjoindre et donner secours au prince de Condée, et mirent
s où ils passoient le feu et pillèrent tout ce qu'ils trouvèrent devant eux. L'an
mesme le xine jour de mars, enlre Congnac et Chastcauneuffe, fut commise une
bataille entre Condée et le roy de France, où l'armée de Condée (2) fut
défaicle, et luy mesme luéz et après menez par dérisions sur ung asne a,
duquel furent composés ces vers :
io L'an mille Ve soissanle neuff,
Enlre Congnac et Chasleau neuff,
Fut menez sur une agnesse
Qui vouloil abolir la messe.
El après le très clirestien roy de France Charlc iXe de ce nom envoya, en
io signe de victoire, au pape de Home Pic Ve xii banniers ou enseignes, lesquels,
pour mémoire du faict, furent mis en l'église Saint-Pierre. En ce mesme temps,
fut mis une statue du duc d'Albe, de métalle, en arme, sur le chasleau d'Anvers,
l'an XVCLXX, et avoit esté ledit chasleau faict pour tenir les bourgoix de la
ville en subjeclion, el fut commenchié l'an XVCLXYII.
*
# #
20 L'an 1569, estant l'armée du prince d'Orange, comme dit est, enlré en
France et faisant grandes courses et fouragemenl sur le plat pays, se pensoient
joindre avec l'armée du duc de Condé. Toutefois, par fempeichement qui en a
esté donné par l'armée du roy de France que conduisoil le duc d'Anjou, général
a sur une agnesse : manuscrits 25 et 27.
25 (') Le comte palatin Wolfgang de Bavière, duc des Deux-Pont?, ex-prinec de Neubourg.
(*) Voir pages 544 et 545.
Tome IL 70
554 CHRONIQUES LIÉGEOISES.
pour le roy. et par les mauvais passages des riviers, avec l'incommodité du
temps d'hiver fort long et insupportable, ne se peurent joindre, tellement que
ledit prince et son armée, estant hors de toutes espérances de se pouvoir
joindre, furent conslrainct de se retirer vers l'Allemagne. Le duc de Deux Ponts
avoit endit Alleaiaigne assemblé ung bon nombre de gens à chevaulx et à pied s
et ainsy par luy redressant et rafreschant une partie de l'armée dudit prince
d'Aurenge, affin de rechefï rentrer en France par la haullc Borgoignc, par
ainsy eulx mettre ensemble avec le duc de Coudé et ses gens confédérés
ensemble, mais avant que ledit Coudé fuist joindre avec ledit duc et ses alliés
qui marchoient par la France, ledit duc d'Anjou, générallc de la majesté dudit 10
roy de France, poursuivant tant qu'il al esté possible ledit ('onde pour essaier
de le combattre, finablemenl. le xm° jour de mars, l'armée dudit duc d'Anjou
et de Condé se comencbèrenl à se veoir et prendre les advantages les ung sur
les autres, lelement que du mathin au soleil levant se comenchat l'escarmouche
et bataille. Ce duroit le combat parmi la porsuitle jusques à six heures au soir, i?;
ayant ledit duc d'Anjou obtenu la victoire. Sy furent les gens dudit Condé
chargiés sy furieusement que ledit Condé et plussieurs grands seigneurs de la
de la partie y furent occis avec grandes enfanlcrie, saccagée et despéchés que
ossy plussieurs capitaines et seigneurs des gens du prince dudit Conté demorés
prisoniers. (Manuscrits 28, p. 41 '2; 96, fol. 513 V et 26b,s, fol. 574). 20
L'an mesme, fut décapité et mis en quallre quartiers à Bouillon un nommé
Andrix Bourlollc ('). L'an mesme, estant la guerre des gheux ainsy parée, la
cité et pays de Liège cl tous les pays circonvoisins furent en paix et furent les
gheux et hérélicques près du tout abollis. (Manuscrit 25.)
1570.
# *
L'an mille cineque cents et septante, futassieze sur le ehasleau d'Anvers une 2s
statue du duc d'Alve, faille de mélallc, et avoit dessoub ses pieds plussieurs
testes de morts qu'il avoit fait exécuter et mourir. (Manuscrits 3, 25 et 6,
à la date de 1 57 1 ■)
(') Sur l'exécution d'André BourleUc, voir Daris, Histoire... du XVI' siècle, p. 51:2.
RÈGNE DE GÉRARD DE GROESBEEK. 555
La même année [157(1], furent faites des ordonnances touchant le gouverne-
ment des biens de la maison de Cornillon (*) par les bourguemaistres et conseil
de la Cité, en qualité de superintendant ainsi qu'il se trouve par lettre donnée
de feu l'évêque Adolphe de la Marck l'an 1332, bien que les empereurs et les
s évêques, à leur nouvelle entrée à la Cilé, ont droit d'y donner chacun une
place à qui leur plait, comme semblablemenl ont les 52 bons métiers les uns
après les autres, par tour.
L'an mesme 1570, au lems des bourguemeslrts Raes d'Ans, seigneur de
Fontaine, et Mathieu de la Tour (2), échevins de la Cité, fut bravement
io raccouslrée et achevée la grande fontaine du marché avec des colonnes et des
vaisseaux de marbre pour recevoir l'eau avec des marmousels, driades et
satyres. Comme aussi fut construit et achevé le grand boulevert de terre près
de Hocheporle (3). (Manuscrit 38, j>. iîO.)
L'an mesme, fut parachevé le boleverl eneomenché à la porte de Saintc-
!5 Marguerilte, tant pour la fortification que l'ornement de la Cilé. (Manu-
scrit 24, fol. 298.)
1571.
L'an 1571, par nuit, fut pilliée l'abbaye de Hobermont (4) et les dames cruel-
lement traitées. L'an mesme, au mois de février, la rivière de Meuse fut si
20 haute, qu'il n'estoit de mémoire d'homme vivant de l'avoir veu si haute (5) n;
le pont d'Amereourt, qui esloit de pierre, fut renversé par l'impétuosité de
" on veoit encor la date et haulteur en l'église collégiale de Saint-Paul, à un piller vers la thour :
manuscrits S et 13. — Vous trouverez la haulteur à Saint-Paul : manuscrit 6.
(*) Cf. recès de la Cité du 20 juillet 1 570, approuvant un règlement pour les hospices de Cornillon,
25 dans les Archives de Cornillon, reg. i, fol. 70 et 203. Sur cette prérogative des évoques et empereurs
de conférer des prébendes, voir Gobert, op. cit., t. Il, p. 445.
(*) Sur Raes d'Ans, voir Recueil des bourgmestres, p. 305. Sur Mathieu de la Thour, voir de Borman,
Les Echevins de Liège, t. Il, p. 151.
(») Cf. Gobert, op. cit., t. IV, p. C6, et t. V, p. 171.
30 (*) Voir Gobert, op. cit., t. V, p. 227.
(5) Ces inondations ont motivé les cris du perron des 6 et 21 février 1571. Cf. Cartutaire de In Cité.
556 CHRONIQUES LIEGEOISES.
l'eau; peu après, on fil le pont de bois. L'an mesme, furent mis et constituez
les saints fonts de baptesrae de l'église parochiallc de Sainl-Servais (') en Liège,
et consacre le 24 d'avril.
* *
L'an mesme [1571], furent premièrement mis les saincts fonds de hatesme
à Sainet-Servais à Liège, le jour de leur dicaise ('). En même temps, Her- s
man Ruiter, marchand de Boix-le-i)uck. après avoir surpris le chesteau de
Lovesslin, fut par les Espangnouls bienloest tué et le chesteau reprins.
An mesme, au mois de décembre, fut arresté en Angleterre l'argent que le roy
d'Espaingne envoyât au duck d'Albe, par quoy les Anglois demourant par deçà
furent arresteis. En mesme temps, fut prins Famagot, là qui le chiens hawe... ,0
par le quewe, par les Turks (2). L'an mesme, eut don Johan la victoire
contre l'armée des Turcks sur la mer. (Manuscrit 13, p. 458.)
L'an ifi71 ", au mois de février, la rivière de Meuse, par l'abondance des
eaux, se déborda tellement qu'elle emporta et ruina le pont d'Amercœur, la
moitié du pont de Bêche, avec quelques maisons, partie de la tour dudit ,b
Bêche, avec des murailles, de manière qu'elle couloit parmy l'église de Beaurc-
paire, celle de Saint-Jacques, Sœurs de Hasque, Carmes, Saint-Martin, les
Jésuites, Croisiers, Saint-Adalberl, Saint-Jean, Saint-Denys, Saint- Remy et
autres. Elle surpassoit les bailles sur la place de Saint-Barthélémy, en sorte
qu'on n'y pouvoit dire messe, et comme à Saint-Paul elle y étoil haute environ 20
de trois pieds, pour mémoire il y fut gravé sur un pilier sous la tour, au dedans
de l'église, celle devise en latin où la date de l'an est exprimé comme s'ensuit :
ALto Mosa LoCo CresCcns, HUC appULIt Usqlle. (Manuscrit 38, p. 112.)
L'an mesme, au mois de febvrier, creul la rivier de la Meuse sy grande,
à l'occasion des pluyes et neiges continuelles, et fut plus débordée et excessive 25
crue que de mémoire d'hommes on ne l'avoil jamais veu, tellement que le pont
a l'an 1572 : manuscrits S, 6 et 27.
(l) Cf. Gobert, op. cit., t. V, p. 314.
(*) Famagouslc, ville de l'île de Chypre, conquise par le sultan Selim en 1571. Le dictionnaire de
Moreri dit, à propos de cette ville, que les auteurs qui en parlent, après Etienne de I.usignan, en ont 3u
raconte grand nombre de failles. Ainsi s'explique l'intercalation d'un vieux proverbe wallon fran-
cisé : • là où les chiens aboient par la queue ». (Nous devons l'explication de ce passage difficile à
l'obligeance de notre érudit collègue Eug. Polain.)
REGNE DE GERARD DE GROESBEEK. 557
d'Amcrcœur fut abbalu par l'impétuosité de l'eauwe, et peu après y fut faicl le
pont de bois, comme pareillement celluyd'Avroy fut en partie renversé et rompu
et le grand pont des Arches fut ébranlé et crevé. El furent plussieurs Rivagois
surprins de nuicte, emportés par les eauwes, dont plussieurs furent noyez,
s L'an mesme, fut premièrement mis et constitué le sainct fond de baptesme
dans la paroische de Sainct- Servais à Liège.
L'an mesme, fut publié et accordé à Bruxelles par le roy d'Espagne un
pardon et rémission gcncralle aux rebelles réduicts à son obéissance.
L'an mesme, le diex septième jour du mois de septembre, fut amenée au bon
10 roy d'Espagne, Anne, princesse d'Austriche,pour estre sa femme et sa sœur pareil-
lement poureslre femme au roy de France, nommée Elisabeth, touttes deux filles
du très noble empereur Maximilien, deuxième de ce nom. En ee mesme temps,
fut le comte de Lodron (*) print par ses soldats à faute de payement: mais
par billes parolles,fut délivré et après, les principaux autheurs furent exécutés".
15 L'an mille cineque cent et septante deux, les eauwes furent si grandes
à Liège que le pont d'Amrrcœur fut derechef! emporté. Les eauwes alloyent
parmy la Cité. La haulleur, vous la trouverez à Saincl-Paul à un grand pillié
proche la thour, où est ce. vers escrit contenant la date : Alto mosa, etc...
(Manuscrits 5, S, 2S et 27.)
20 L'an mesme, l'évesquc nommé Haver célébra basse messe en la chapelle de
INotre-Dame de Loretle aux frères Prescheurs.
L'an mesme, le jour de la Toussainct, fut grande (empest et inondation prin-
cipalement en Hollande et en Frise, où il y eut beaucoup de gens et Lestes et
et plusieurs villes et villaiges noyées.
îb L'an 1571, au mois de fébvrier, al esté ordonné et coneîud au Conseil de la
Cité et depuis confirmé par les trengte deux bons mestiers et public à la baille
de la Viollelte (la maison de ville) sur le marché que doresnavant nuls des
signeurs eschevins ne peut ny poudront porter l'office du magistrals (2).
[Manuscrit 45, fol. 294.)
30 " Le manuscrit 27 ajoute ce détail : et les emenat près d'Anvers et, par l'ordonnance du duc
d'Albe, furent les primipalles mutins mis à mort. L'an mesme, grand tremblement de terre en Italie,
principalement au pays de Ferrare, où plussieurs maisons furent renversées.
(*) Voir page 538, note l.
I*) Cetl« confirmation fut donnée le 30 juin. Cf. de Bokman, Les éehevitu de Liège, t. II, p. S71.
558 CHRONIQUES LIÉGEOISES.
1572.
L'an 1572, le conle Louis, frère du prince d'Orenge, prit par subtilité la ville
de Mous en llaynaul, la veille de la pentccoslc. L'an mesme, le sel fut fort clier.
L'an mesme, l'hiver fut fort aspre; il commença à geller à la Toussaint, et
il continua jusqu'à la fin de février, l'an 1573, et alors il nciga 2 ou 3 jours, et b
après il commença à dégeller " tellement que les eaux furent sur un demy pied
près aussi grandes que l'an 1571; elles firent beaucoup plus grand domage
à cau.^c des glaces qui dcscendoicnl; le pont de Dinant avec la maison de ville
qui csloit dessus fut renversé; la tour de Becquc à Liège, où estoit l'amonilion
de pouldrc, fut en partie renversée avec une partie du pont, et une grande 10
partie de la muraille denier les Escolliers fut renversée. L'an mesme, le 14 de
mav. fut noyé le prieur des prescheurs (') en retournant de Curengc ° où
il avoit disné auprès de l'évesque, auquel il estoit confesseur; le 9e jour après,
il fut retrouvé au moulin de Saint Denis; il fut le mesme jour enterré avec ses
habits comme il avoit esté trouvé; avec Dieu soit son âme! L'an mesme, le 15
prieur des Augustins, allant visiter la chambre d'un de ses frères nouvellement
mort, y trouva de l'arsenick, et pensant estre du sucre, en manga tellement que
peu après ii mourut. L'an mesme, le pater des sœurs à Saint-Léonard, passant
le pont dlsle, tomba mort. L'an mesme, le 5° jour de jullet, par un dimanche,
fut célébrée une messe spécialle pour prier Dieu pour les biens de la terre, car 2e
il y avoit 15 jours ou plus qu'il ne cessoit de pleuvoir.
L'an mesme. le 25 d auousl ', on remit la croix sur la thour de Saint-Laurent,
et sur la fin d'octobre, furent mises les deux aigles. L'an mesme, le 25 d'oc-
tobre, fut un juif appelé Jessé baptisé et confirmé en l'église de Saint-Lambert
sur un eschafaut par dessous la grande couronne au milieu de l'église, par le 2b
suffragan Grégoire Silvius (!), frère prescheur et chanoine de l'église collégialle
" à religner : manuscrit 27. — b Serret : manuscrit 6- — Curenge : manuscrit S. — fut noyé le
prieur des Prescheurs en retournant de disner avec S:i Grâce à Seret, dont en passant l'eawe pour
retourner à Liège il tombât hors de la nasselle en Meuse : manuscrit 8. — c 27 août : manuscrit S.
(<) Cf. Goueut, op. cit., t. V, p. 227. 30
(«) Voir note 1 de la page 277.
RÈGNE DE GÉRARD DE GROESBEEK. 559
de Saint-Paul, en présence de Monseigneur de Liège ", après la grande messe;
ses pareins furent le seigneur Jean de Derlemonl ('), prévosl de Liège, et Baize,
seigneur de Fontaine (2), pour lors bourguemaislre de la cite, et le dit juif fut
appelle Lambert. L'an mesme, le pont d'Isle, qui lendoil à ruine, fut réparé, et
s on fit des sièges à deux costéz(3). L'an mesme. on mit lequadran à la IhourSaint-
Lambert vers les cloislres ('), et les canalles de pierre furent mis par tous les
cloistres; pardevant ils estoient de bois. L'an mesme, un bomme fut tué la
veille de Noël, dans la cour de l'Offlcial.
*
* *
L'an mesme [1572], le duc d'Alve, lequel en ce temps dominoit clans le
,0 Braibant et autres pays de son appcnaige au nom du roy Philippe d'Fspaigne,
proposa de demander cl lever le diexiesme denier sur toulles choeses, et ce par
grande et démesurée avarice et mesme sans aucune nécessité. Car, pour lors,
y avoit paix universelle pour loutte la Gaulle Belgique et esloyent tous les pays
du roy réduits en son obéissance. A l'occasion duquel diexième denier, incon-
15 linent ceux de Hollande et Zélandre se rebellèrent allenconlre dudit roy, leur
souverain seigneur, et quittèrent en despit la foid calholicque et mandèrent en
leur ayde le prince d'Orange et damoisra C-uilheaume de la Marche, seigneur
de Lumay, comme cheffs des glieux; lesquels, ayants esté mal fortunés ens
guerres précédentes, s'estoyent réfugiés dans l'Angleterre auprès de la reyne
20 d'icelluy pays, laquelle estoit béréticque et loul son pays. Avec iccux donc s'en
allèrent en Hollande et Zélandre, lesquels pays ils mainlindrent dans leurs
rébellions et y obtint ledit prince d'Orange le gouvernement comme prolecteur
d'iceux pays. A l'occasion de quoy le duc d'Alve dressa armée au nom du roy
" Sa Grâce Révérendissime : manuscrit S.
25 (*) Jean de Berlainiont, reçu chanoine noble de Saint-Lambert le 2 mai 15S4, et nommé grand-
prévôt le 13 septembre 1570, après la mort de Guillaume de Poitiers. Cf. deTheux, t. III, p. 1 14.
(*) Raes d'Ans, seigneur de Fontaine, fut pour la deuxième fois élu bourgmestre de Liège en 1573.
(3) Un cri du perron du 21 février 1571 fait connaître le droit de péage établi pour le passage sur
le nouveau pont. Mandements et cris du perron, 15G7-1571, fol. 88.
30 (*) Cf. Gobert, op. cit , t. III, p. 183.
360 CHRONIQUES LIÉGEOISES.
et la mcnna illec cl y constitua don Frederico de Alvare, son fils, lieutenant.
Mais il n'y profilla guaire, sinon qu'il y eut grande destruction et mortalité de
gens, tant d'une parle que d'autre, par l'espace de plussieurs années, tellement
que comme cette guerre alloit trop à la longue et que les gens du roy perdoyent
plus d'un eoslé qu'ils ne gaignoient de l'autre, ledit duc d'AIve fut constraintde s
honteusement retirer l'armée de son roy dans le Braihant. et ainsy demeurèrent
ceux de la Hollande et Zélandre en leur paix, veoire damnable et malheureuse
hérésie. Voilà ce que l'avarice d'un gouverneur, lequel avoit auparavant assé
louahlement et fidellement administré, at secut effectuer au grand dommaige de
son roy et de la foid catholicque. 10
L'an mesme, la veille de la Pentecoste, Louys, comte de Nassau, frère du
prince d'Orange, par subtilité gaigna et prinl la ville de Mons en ilennaut et
la tint tant que le duc d'AIhe y vint avec son armée et y mit le siège tant et sy
longuement que ledit Louys, tombé illec en griefve maladie, fut conslraincl de
rendre la ville par appoinlemcnt. Mais avant ce, Guilheaume de Nassau, son >3
frère, prince d'Orange, dressa une armée aux Pays Bas et monta en Ilennaut
jusques à Mons pour la désiéger. Mais quand l'armée dudit prince d'Orange fut
assez près de celle du roy, les Espagnouls firent une camisade et estant ainsy
masequés, entrèrent par nuiete dedans le camp des gheux et y firent gros
massacre cl tant en tuèrent que force fut au prince d'Orange de retirer la reste 20
de ses gens et s'en aller arier, délaissant ledit siège. Alors lesdils gheux descen-
dirent en Braihant et mirent le siège devant Louvain et alors les elereques se
deffendirent vaillamment, mais les hourgois firent débille résistence. Sy brus-
lèrent ieeux gheux la porte de la ville et comme ils estoyent prest d'entrer par
force, ceux de la ville portèrent les cleffs au prince d'Orange et, luy donnant 25
entrée en luy comptant grande somme de deniers, firent paix avec luy. Ce fait,
ledit prince d'Orange retira son armée et s'en alla en Hollande dont il estoit
sorti, qui fut cause qu'estant ledit comte Louys frustré de secours, rendit la
ville de Mons par conlract tel que luy et ses gens auroyent leurs vies cl bagues
sauves et qu'ils seroient conduits en lieux asseurés et hors de tous dangers, 30
comme ils furent.
L'an mesme, fut le sccl vendu à plus grand prix qu'auparavant. (Manu-
scril 25.)
RÈGNE DE GÉRARD DE GROESBEEK. 561
L'an 1572, fut comenchée la halle aux grains sur la batte (i). Au mesme an,
furent renouvelles les status de Liège (2). [Manuscrit 24, fol. 299.)
L'an 1572, le comte Louis de Nassau est entré es villes de Mons et Valen-
sienne en Haynault par le consentement du roy de France, comme l'on dit.
s Mais peu après, la rendit au due d'Alve, son corps saulf, dont après y fit grande
lirannie et persécution sur les bourgeoys et marchands.
L'an 1572, le prince d'Orange at prins par force la ville de Buremont, pays
de Gueldres, où fut faicte grande occision.
Le 24e de jullet, ont estez eslevéz par nostre prince aulcunes enseignes
io piétons en la Cité, car alors le prince d'Orenge passoit proche de Tongre. l'eu
de temps après, le duc d'Alve donna aux Kspaignols la ville de Malinne au
pilliage et dans 3 jours fut ruinnée. [Manuscrit 4 OS, fol. 478 v°.)
L'an 1572, furent renouvelles et réformés les statuts de Liège, avec des
additions que l'on appelle les réformations de Groesbeek. L'an même, tomba le
15 pont d'isle qui l'an suivant fut rédifiéz, (Manuscrit 38, p. 447.)
Lecteur, je te vien advertir qu'ayant trouvé ce qui est es deux subséquents
feuillets escript après ce que ce que j'avoy escript, ce qui est icy depuis l'an
1572, je n'ay voulu faillir l'adjouster, dont pour suivre l'ordre, recourez à cest
année 1572.
20 L'an susdit, à seavoir 1572, Monsieur de Limay et de la Marche (3) estant
en Hollande, Pays Bas, at assemblé quelque petit nombre de gendarmes, qui,
par finesse et vaillandise. ont gaignéz la ville et ehasteau de la Brille, ce qu'on
n'avoit sccu faire avec grande armée ci-devant, et avec ce ont pris la ville de
Flessins et autres. En ce temps, plusieurs bonnes villes, en pays du roy d'Es-
25 paigne, tant en Braibant qu'autre part, se sont renouvellées contre le duc d'Alve
pour ce qu'il avoit mis sus un impos sur toute sorte de marchandise, qu'on
appeloit le dixiesme denier, dont endit an, le comte Louis de Nassaue, avec sa
suilte venant de la France, est entré, au mandement et charge du roy de
France, comme dit est, en la ville de Mons et Vallenchiene en Haynault, dont
30 (<) Voir Gobert, Liège à travers les âge», t. II, p. 145.
\}) Mandement du 3 juillet 1572. Reeueil des ordonnances, 2e série, t. I, p. 327.
(3) Voir page 549, note 1.
Tome IL 71
362 CHRONIQUES LIECEOISES.
soudain les bourgois furent révoltés à cause dudit dixième denier, mais non pas
longtemps après, le duc d'Alve est venu à grande force devant, puis l'ayant par
ledit de [Nassau rendue entre les mains, à condition qu'il fust saulve et recon-
duit hors du pays; mais nonobstant on cuidoit qu'il deust laisser la vie au
chemin par la maladie qu il avoil, ce que n'advint. 5
Après que le duc d'Alve fut entré endit Aîons, fil exécuter et massacrer un
grand nombre de marchands bourgois et beaucoup furent exilés ou en fuitte.
L'an susdit, le prince d'Orainge est arrivé avec sa suylte et gendarmerie devant
Ilulmonde, pays de Gueldre et l'at gaigné, où fut faiete grande occision.
En lan mesme. le i4 de julet, ont esté élevées par noslre prince illustrissime 10
aucunes enseignes piétonds pour garder et garantir son pais (*), à cause qu alors
le prince d'Orenge passoit près de Tongre avec son camp, tirant vers Tirlemont,
où il entra, et pareillement en Malines et autre, par la volonté du peuple, qui
guair en ieelles ne séjournât, mais lit conduir ses gens piétons vers la ville de
Qutsemen, en laquelle entrèrent en nombre de plusseurs liégois. Peu après, ledit 15
an, le due d'Alve at donné à pillage aux Espagnoles ladite ville deMalines (2),
laquelle en trois jours fut ruinée et pillée de toute marchandise et biens meu-
bles que les bourgois peuvent avoir de longtemps amassés par labeur, et Dieu
sçait la misère qu'il y eut. (Manuscrit 19, fol. 1 56.)
Le 13e de novembre [tf>7â], prindrent les Espaingnouls la ville de Zut- 20
plien (2). Le 20e dédit mois, fut commis le massacre à iNaerden (3) et la ville
bruslée par don Frederick, fils au duc d'Albe, contre sa promesse.
L'an mesme, fut le massacre de Paris (4) aux nopees du roy de Navare avec
la seure du roy Charle neuvième de ce nom, roy de France. A l'admiralle fut
tué environ 8000 tant hommes que de femmes et enlïans. L'an mesme, le 23
vie d'aupvril, ceulx de Vlissingen chassèrent les Wallons hors de leur ville.
L'an mesme, et le jour mesme, entrèrent les gens du roy dedens Rotterdam, où
(') Mandement du 28 juin 1S72, appelant aux armes tous les hommes valides de 21 à 60 ans four
la défense du pays.
(*) Voir H. Pibemne, Histoire de Belgique, t. IV, p. 41. 30
{?) lbid., p. 42.
'*) Massacre de la Saint -Barthélémy du 24 août 1572.
RÈGNE DE GÉRARD DE GROESBEEK. 563
furent plussieurs bourgois tué. Le vingtième d'octobre, an mesme, Mondragon
avec ses soldats passa à gué de l'isle de Tergoes pour assister la ville qui estoit
assiégé des gens du prince d'Orenge.
L'an mesme, à Paris, au cemitère des enffans innocens, nng arbre loingtemps
5 par devant sec et stérile florisa et product des fuilles et fruiclz. L'an mesme,
à Amsterdam, fut produicl ung veau à deux lestes, à deux dos, avec huit pieds,
lequel mourut bientost après (Manuscrit 15, p. 458.)
1573.
*
* *
Lan 1575, le duc d'Alve mist son camp devant la ville de Herlem (*), où
10 fut sans profiter plus de demy an, y laissant beaucoup de ses gens morts par
ceux de dédains, qui estoyent industries au fait de guerre, nonobstant, pour
défaute de vivre, leur convient rendre la ville à condition que les soldats
seroyent salve par la promesse dudit duc, ce qu'il ne fit, ains au contraire les
fit tous décapiter et massacrer, que fut une destruction merveilleux et impitieux,
15 Dieu sçait le tort et le droit.
L'an mesme, les gens dudit prince d'Oraingne ont gaignéz, par finesse et
vaillandise, la ville de Gertrudbergh (2). (Manuscrits 19 ; 15, fol. 187 ;
105, fol. 178 v>°, résumé.
Le 13e de jullet, se rendit Harleme par famine. Le vingtième dudit mois, at
20 esté donné la bataille à deux heures par nuict au bois de Harleme, où il y eut
beaucoup de bourgois tué. L'an mesme, en aoust, la ville de Dixmuide rendue
aux gens du Roy. L'an mesme, le xxi dudit mois, assiégèrent les Lspaiugnouls
Alcmar. Le 4e d'octobre, se rendit au prince d'Orenge le chesteau de Rame-
kens (3) en Zélande et Sainte-Gertrudeberghe fut prins par le lieutenant du
25 prince d'Oreuge. Le 50e d'octobre, an mesme, fut prins la ville de La Haye en
Hollande par les gens du Roy. L,'an mesrne, le He d'octobre, fut prins sur la
(«) Sur le siège de Harlem, voir II. Pirenne, l/isloire de Belgique, t. !V, pp. 42 et 45.
(l) Geertruidenberg, pris le 16 août par un capitaine français au service du prince d'Orange.
(3) Ramraekens, port de la ville de Middelbourg.
804 CHRONIQUES LIEGEOISES.
mer prisonniers le comte de Bossu (') et plussieurs autres gentilhommes par
les gens du |)rince d'Oronge. Le 4* de Dovembre, les Kspaingnouls prindèrent
Meesluyse où Aldegonde fui prins (2). L'an mesnie, Henry, frère au roy de
France, fut esleu roy de Polongne. (Manuscrit 15, p. 459.)
L'an 1573, fut mis sur la tliour Saint-Lambert le carillon (3) (Manu- s
scrit 47, fol. 159.)
L'an 1 575, fut mis le beau cadran sur la tour de Sainct-Lambert et le pont
d'isle fut réparé. (Manuscrit 45, p. 765.)
L'an 1575. les gens du duc d'Albe assiégèrent Harlem; pendant quel siège
les Hollandois rebelles démolissoient les englicse et toute le ville qu'ils tenoient, 10
destruisoient les monastères cl brisoient les images. (Manuscrits 24, fol. 500
et 38, p. 118.)
L'an 1 575, le duc d'Alve, ayant eslé devant Herlenne G mois et davanlaige, la
print à faute de vivre et se rendirent à condition qu'il sortiraient la vie sauve;
mais le duc faula et ne tint pas sa promesse, car il les lit tous décapiter. L'an is
mesme. fut gaignée Oerlruberg par le prince d'Orenge. Ceux de Maldcbourgb
ont esté affamé par le prince d'Orenge tellement qu'ils furent conslrains à
manger cbevaux, chats, chiens, souris et austres besles et furent constraints de
se rendre ^4). (Manuscrits 5, 6 et 25.)
1574. 20
L'an 1571, le 27 octobre ", une femme natifve de Hasselt fut bruslée b en
cendres à cause qu'elle estoil anabaptiste (5), et elle mourut opiniastre c.
a par un mercredy : addition des manuscrits 3 et 25, p. 58. — b fut bruslée en Gravioulle :
manuscrits 3 et S. — e L'an mesme, fut la saison de l'hiver fort pluvieuse : addition du manuscrit 3.
(i) Jean de [lénin-Liétard, comte de Boussu. -à
(sl Maesland-Sluis. Philippe de Marnix fut surpris dans cet endroit dont il surveillait la fortification
et conduit prisonnier à La Haye.
(') Voir (jobeut, op. cit., t. III, p. 1K5.
(') Le 18 février 4K74. Cf. H. Pihemne, op. cit., p. 51.
(*) Cf. LUris, Histoire... du XVIe siècle, p. 149. 30
RÈGNE DE GÉRAlîD DE GROESBEEK. 565
*
# *
L'an 1374, fut commencé de bâtir la grande halle aux grains (*) située sur
la batte, que l'on applloit Lorain Coslain et peine perdue, où elle demeura
longtemps imparfaite jusqu'à ce que le fils du bourguemestre Saint-Esprit, qui
l'avoit commencé, demanda de pouvoir faire recherche d'aucune vieille dette
s qu'on devoit à la Cité, ce qui lui fut accordé, par le moyen desquels elle fut
parachevée l'an I ">90.
L'an 1374, fut par les bourguemestres Jacques de Hodeige et Philippe du
Saint-Esprit (2) travaillé aux fortifications des murailles de la Cité depuis
Sainte-Walburge allant en dévallant jusques vers Kavechamp (3), où à présent
10 sont les Jésuites Anglois, où les murailles furent montée de la longueur de
GOO pieds, où à force de terre ils firent faire des bons ramparts et parapet, puis
encore autres 600 pieds par delà de bonnes murailles et ramparts en prenant la
terre par dehors, y faisant des fossés et contrescarpes (4), où les ecclésiastiques
déboursèrent une bonne somme de deniers. (Manuscrit 38, p. //7.)
15 Sur l'an 1574, fut commencée à bastir la grande halle aux grains sur
la Batte en Liège, qu'on dict des pains perdus, dont elle demeura longtemps
imparfaite. Mais à la fin, longtemps après, le fils du bourghemestre qui l'avoit
encommencé, que l'on nommoit Philippe du Sainct-Esprit, affin de rechercher
aucune deble que l'on debvoit à la Cité, ce qui luy fut accordé, et il le parfit,
20 et au lieu que ce devoit estre pour vendre du grain, l'on s'en serve pour
y mettre de la marchandise comme pachus. (Manuscrit 29, fol. 263.)
L'an 1374, le 13 de febvrier, est arrivé le comte de Nassau avec iOOO rei-
stres et bon nombre de pieltons à l'entour de Hervé et Galoppe. L'an mesme,
ledit duc d'Alve est retourné en Espaigne et depuis en pais par deçà at un
23 novea gouverneur pour le Koy. L'an mesme, ceux de Middelbourg, tenant la
(«) Voir page 861, note 1.
(*) Sur les bourgmestres Jacques de Hodeige et Pierre le Rosseau dit du Saint-Esprit, voir Recueil de»
bourgmestres, pp. 103 et 512.
(3) Sur le lieu-dit Fanechamps ou Favechamps, voir Gobert, op. cit., t. III, p. 4.
30 (*) Cf. Gobert, op. cit., t. I, p. 221, et t. VI, p. 50.
56G CHRONIQUES LIÉGEOISES.
ville en nom dudil duc d'Alve. ont esté affamés par les gens dudil prince
d'Orcingne, tellement qu'il leur convenoit menger touts chevaulx, rats, souris,
chiens, chats et autres chose estraingnes; sy furent coiistiaicct rendre la ville
audit prince, qui dedans entra pour le Roy, comme on disoit. {Manuscrit 19,
fol. 461.) b
L'an la7i, le prince d'Orange, continuant sa domination dans la Hollande et
Zélande, dressa nouvelle armée de gheux, dont il fit eliieff ledit comte Louys,
son frère, lequel vint guerroyer au pays de Gueldre et vintjusques à un village
sur les heids assez près de iNiraaigue et là fut-il durement rencontré par les
gens du roy, si que son armée fut rompue et y laissa la vie (4). 10
L'an mesme, fut la saison de l'hiver moult fort pluvieuse. (Manuscrits 3,
fol. 499 et 25, p. 38.)
L'an 1574 ", fut la batailhc de Moeckersen '' (*), où furent tués Christophe,
le fils de palsgrave du Rhin et le comte Louys et Henry de Nassau, frères au
prince d Orenge. L'an mesme, 5e de jenvier, fut la batailhe navalle devant is
Berghes sur Zoom, où y eut aulcuns Kspaingnoul tués. (Manuscrit 13,
p. 439.)
1575.
L'an 1575, le 28 de mars, on jetta les fondemens d'une maison au milieu
de la Ratte al Goffe pour vendre des grains (2), et elle fut seulement parfaite 20
jusqu'au premier plancher, et ainsi demeura longuement; en mesme temps, la
dite batte fut pavée. L'an mesme, au mois de juin, mourut celuy qui faisoit la
garde sur la thour Saint-Lambert, et on mit en sa place un autre avec une
trompette, car auparavant il sonnoit un cornet qu'on disoit avoir esté gaigné
« l'an 1575 : manuscrits 3 et 6 — b morherveir : manuscrits S et 6. 25
(*) Bataille de Alook, près de Grave, gagnée, le 14 avril 1574, par Sancho d'Avila, lieutenant de
Itequcscns, et où périrent Louis et Henri de Nassau et le jeune prince palatin Christophe, troisième
fils de Frédéric III. Cf. H. Pibennk, op. cit., p. 52.
(t) Voir page précédente et page î>(51.
RÈGNE DE GÉRARD DE GROESBEEK. 567
à Milan par les Liégois (*). et on garda le cornet pour quand quelque accident
arriveroit, comme feu et autre chose. L'an mesme, !e 5e a de jullet, le tonner
tomba sur une censé b à l'abbé de Saint -Laurent nouvellement remplie
de grain, laquelle fut presque toute abattue. Lan mesme, fut grande abon-
5 dance de vin et meillieur marché qu'il n'avoit esté auparavant. L'an mesme, la
veille de Noël, un Espagnol tua un Allemand dans l'église Saint-Servais à
Treict, par quoy la cesse fut mise en la dite église, laquelle fut reconsacrée par
le souffragan de Liège (2), le jour des Innocens; ledit Espagnol fut pendu et
après enterré aux Frères prescheurs comme un grand saint c, avec grande
10 solennité, toutefois contre la volonté des dits frères.
*
* *
L'an lï7S, le 29 de février, s'esleva un fort vent avec grosse et continuele
pluye qui dura depuis le matin devant cinq heures jusques à trois heures après
disné, et furent abbatues plusieurs cheminées et une partie de elervoix sur le
mur auprès les degréz de Saint-Lambert, devers le marché, et fut un chieu des-
15 dittes pierres tuez et deux enffants couverts, qui touttefois ne furent blessez
à mort. (Manuscrits 5, fol. 199; 25 et 27.)
L'an 1575, ont esté décapité emprès de la Vaulx Benoiste, le père et le fils,
présent l'un l'autre, dont le peuple disoit que le père estoil cause de la mort de
son fils, chose de longtemps non veue et sans cognoissance. (Manuscrit 19,
20 fol. 157.)
L'an i-575, l'on mit une trompette sur la tour de Sainct-Lambert pour faire
le guet, au lieu du cornet qui y étoit auparavant. {Manuscrits 43, fol. 766 et
47, fol. 159 v°.)
a le 30e de juillet, par un samedi : manuscrits S et 25. — b une censé à Fooz : manuscrits 3 et 2S.
25 — c seigneur : manuscrit S.
(J) Voir la gravure représentant ce veilleur dans Godert, op. cit., t. III, p. 184. Voir aussi dans les
Conclusions capitulaires du chapitre de Saint- Lambert, du 25 juin lb7B, le serment prêté par le
guetteur, Jean Hexterman, présenté au chapitre le 17 juin précédrnt par le Conseil de la Cité.
(*) Grégoire Sylvius.
S68 CHRONIQUES LIÉGEOISES.
L'an mesme, audit moy, vindrent 18 soldats hughenols piller allenthour de
Peerre. Parquoy monsr de Gaveren (') les vient assaillir, ayant faict sonner la
cloche tellement qu'il en print neuf et trois oecis sur la place. Et peu après,
huict des neuf furent décapités. Le neuvième fut trouvé mort en prison.
L'an mesme, grande abondance de vins et meilleur marché que les précé- 5
dentés années. (Manuscrits 13, p. 460; 102, fol. 1S8 v°.)
La mesme année, comme c'estoit la coutume que les quattre compagnies des
bourgeois sermentés tireroient l'oiseau à Sainte-Walburge, au mois de may,
ebacque compagnie ehacque dimanche à son tour, qu'il arrivoit qu'ils commet-
toient beaucoup des insolences, faisant bonne chère, visitant les abbayes qui 10
Mêlait, 427. étoient obligez de les bien régaler, entrant dans les caves, faisant donner vin et
bière à bon plaisir, l'éveeque, pour obvier à ces désordres, ordonna que la Cité
donneront à la compagnie des Vieux Arbalestriers septante florins brabant tous
les ans et luy, de sa libéralité, donnerait autant, le Val-Saint-Lambert 200 fl.
à partager entre lesdits compagnies, les abbayes de Saint-Laurent et de Saint- 15
Jacque 300 fl., celles de Saint-Cilles, Beaurepart et Chartreux loO fl., les
Croisiers, l'hôpital Saint-Christophe 50 fl.. payables tous les ans, pour faire
leur banquet sur la maison de ville, ce qui a continuez jusqu'aux évecques
Ferdinand et Maximilien-Henry de Bavière, quand ils otèrent les privilèges,
*'an 1649. (Manuscrit 47, fol. 140.) 20
L'an ia75, fut rebâtie l'église et abbaye de Saint-Laurent par l'abbé Oger de
I onein, plus belle qu'elle n'avoit été, laquelle le prince d'Orange avoit fait
brûler, et ledit abbé, ayant tout réparé, a vécu jusqu'en l'an 1632. (Manu-
scrit 38, p. 122) (2).
Le 12 d'aousl, fut rendue Schoonhoven par appointement aux gens du roy. 25
Le 20e dudit mois, fut prins par assault la ville de Oudewater et tous les
bourgeois et soldats tués par les Espaingnoul. Le vme de septembre, les Espain-
(') Jean de Gavre, seigneur de Diepenbeeck.
(•, La note du chroniqueur est erronée : en 1575, l'abbé de Saint-Laurent était Henri Natalis, qui
dirigea l'abbaye de 1558 à 1577 et qui présida aux premiers travaux du monastère détruit en 1568 30
par les soldats du Taeitume, Oger de Loncin fut abbé de 1586 à 1655. Cf. D.U.Bkuhère, Monasticon,
t. Il, pp. 52-54.
RÈGNE DE GÉRARD DE GROESBEEK. 569
gnouls assiégèrent la ville de Wert, qui peu après se rendit (1). (Manuscrit 43,
p. 460)
L'an mesme, le 12e de jullet, cspousa le prince d'Orenge, à Brille, Madame
Charlotte de Bourbon, fille au duck de Montpensier. (Manuscrit 15, p. 4S9.)
s 1576.
L'an 1570, au mois de janvier, le 21e, 2i° et 23e jour, s'esleva en la Cité un
si véhément vent, par lequel plusieurs cheminées, mesme plusieurs lions sur
les maisons ° furent abbatus, et plusieurs arbres en divers lieux furent arrachez
hors de terre.
10 L'an mesme, à la prière et sollicitation de nostre évesque. le pape Gré-
goire 15e de ce nom envoya des pardons à Liège, semblables à ceux de l'an de
jubilé, célébré à Rome par le dit pape l'an devant, lesquels durèrent 5 mois;
ils furent commencez le lendemain de l'Annonciation INostre Dame, avec géné-
ralle procession, présentes toutes les églises tant secondaires qu'abbayes et
15 couvents, et commencèrent à Saint-Lambert, de là à Saint-Paul, et puis
à Saint-Jean-Evangéliste, et puis à Saint-Pierre, et dernièrement à Saint-
Lambert, où fut chanté le « Te Deum ». Monseigneur de Liège fut en personne
à la dite procession.
L'an mesme, en avril, tous les arbres et les vignes estoient en fleur, et il y
20 avoit apparence de grande abondance de tous biens, mais sur les derniers jours
d'avril et au commencement de may, il commença à geller bien fort, et le pre-
mier may, il neiga fort, et après survindrent grandes froidures et bruines fort
domagables principalement à la vigne (2) b.
L'an mesme, le 10e de juin ', furent jetiez les fondemens du nouveau cœur
25 de Saint-Laurent d.
" avec leurs bannières : addition du manuscrit S. — * et geyliers : addition du manuscrit S. —
0 la sepmaine devant la penthecoste : addition du manuscrit S. — * de Saint-Lambert : manuscrit 25.
(') Voir H. Pirenme, op. cit., p. 59.
(*) Voir à ce sujet une protestation du chapitre de Saint-Lambert, du 18 mai 1576, contre les
30 vignerons qui, chaque jour, remontent le prix du vin. Conclusions capitulaires, reg. ll(i, fol. 247.
Tome IL 72
570 CHRONIQUES LIÉGEOISES.
L'an mesme, le jour saint Augustin, le duc de Nevers (J) retourna de Spa,
au devant duquel s'en alla l'évesque hors de la porte d'Amercœur; ledit duc
estoil venu à Liège au mois de jullel par batteau pour aller hoir les eaux de Spa
où il avoit demeuré jusqu'au jour susdit. Peu après, retourna pareillement de
Spa à Liège i\!onsr de '"ontmo: ancy (2) avec sa femme, lesquels furent recrus en s
très grande honneur par l'évesque et les Liégois au palais. L'an mesme. l'évesque
fut fait abhé de Stavelol (3). et il en prit possession personnelle au mois de sep-
tembre. L'an mesme. fut esleu roy des Romains Rodulphe. fils du roy de
Hongrie et de Bohème, et l'an mesme, il fut couronné à Uatisbonne. L'an
mesme, par un samedy, la veille des 11000 Vierges, la ville de Treit fut prise io
par les Espagnols (4): ce jour mesme, on cria l'alarme a en la cité entre 11 et
12 heures du soir, où les bourgois se mirent incontinent en armes, et on fit
plusieurs feux par la cité de Liège à cause de quelques soldats envoyés des
Estais du Pays-Bas au secour de ceux de Treit; ils vouloient par nuit passer
par batteau parmy la cité, mais ils furent contrains d'attendre le lendemain, en to
grand danger d'estre mis à mort par les Liégeois; ils partirent le lendemain au
secour de Treit, mais trop tard; ils furent contraint de partir sans rien faire.
L'an mesme. le "Ai" d'octobre, par un lundi, on cria de rechef aux armes en la
cité de Liège ''. une partie pour le feu qui esloit en la grainge des Chartreux, qui
fut bruslée avec le grain qui y esloit, et l'autre pour quelques cavaliers qui 20
vouloient passer par la cité; la bourgoisie fut tout le jour en armes, et plusieurs
furent pris prisonniers, qu'on chargoit de trahison; entres autres fut pris un des
" fut recoupez et une alarme faicte : manuscrit S. — b devant disné : addition du manuscrit 5.
(•) Louis de, (jnnzague, «lue de Nivernais, prince de Mantouc, etc. Sur ce personnage, voir abbé
J. Moukt, Henri de Borset et Tkomas Toile t, sculpteurs liégeois du XVI' siècle. Leurs travaux dans la 25
cathédrale de Nevers, dans B. I. A. L., t. XLVI1I, pp. 85-154.
(s) François I de Montmorenci, époux de Jeanne de Mondragon, éebanson ordinaire du roi de
France.
(3) Le i" septembre, le prinec-évêque notifia au chapitre de Saint-Lambert sa nomination d'abbé
de Stavelot. Cf Conclusion! capitulaires, reg. H Ci, p 2K6. 3
(') Sur ces événements, voir Journée d'État du 2 novembre 157G et, dans la Correspondance de
Granvelle, t. VI, p. 482, une lettre du Conseil d'État des Pays-Bas, datée du 2 novembre 1576,
annonçant l'envoi d'une ambassade à Liège pour négocier une alliance avec les Liégeois contre les
soldats espagnols qui s'étaient emparés de Maestricht.
RÈGNE DE GÉRARD DE GROESBEEK. 571
secrétaires du roy d'Espagne logé en la maison de Brixy ('), doien de Saint-
Denis. L'an mesme, le "2~--e d'octobre, fut pillée la maison de l\Ionsr de Petcr-
sem (2). Item la ville de Saint-Pier près de Treit fut pilliée, et tout fut emporté
à Wick par les Espagnols ". L'an mesme, fut ordonnée en Liège une crenée ou
5 taille de chasque cheminée un florin liégois pour lever des gens de guerre pour
garder et défendre le pays contre les excursions des ennemys (:!). L'an mesme b,
on chanta les vigilles pour Maximilian (4), empereur des Romains, en l'église
cathédralle de Liège, en présence de l'évesque, messieurs du chapitre et des
eschevins, et le lendemain, la messe en présence des susdits.
*
* *
10 En cest an. fut la thour de Sainct-Laurent commencée, qui avoit esté
deslruict par le prince d'Orange l'an 15l>8. L'an mesme. au mois de jung,
conciel provinciale des frères pieds deschaux à Liège. Lors, le jour de la Trinité,
chantèrent messe à Saint-Lambert après matines et firent la procession allen-
thour des escloistres, et estoient en nombre cent et cincquante(5). L'an mesme,
ts le 7e d'aoust, fut pendue et sonnée la grosse cloche de Saint- Laurent pour la
première fois, après disné. {Manuscrits 8 et 402, fol. iSS v°.)
L'an mesme, fut postulé Sa Grâce de Liège à estre abbé de Stavelot et l'an
mesme. fut miese une taille d'un florin sur les cheminées pour eslever des gens
de guerre pour garder et deffendre le pays contre les excursions des ennemis.
20 L'an mesme, au mois de septembre, notre évesque print possession personnelle-
ment de l'abbeye de Stavelot. {Manuscrit 25, fol. 228.)
" en mesme temps Bilsen pillée par les Allemands qui estaient enchâssez de Treiel par les Espagnols :
addition des manuscrit-: 3, fol. 200, et 8. b le 2e de décembre : manuscrit 5. — le 18e de
septembre : manuscrit S, fol. 200 V.
2g (*) Jean Brixius, doyen de Saint Denis, de 1564 à i 598. Cf. Lcodium, année 1910, p. 97.
(') Henri de Mérode, seigneur de Petersheim.
(3) Voir la Journée d'Etat du 2 novembre 1576 et le mandement du 15 novembre réglant la
perception de l'impôt des tocages.
(*) Les obsèques de l'empereur Maximilien furent célébrées à la cathédrale en présence de Gérard
3q de Groesbeeek, le 12 décembre 1570. Voir Conclusions cayUulairts, reg. I 16, fol. 270.
(s; Le 15 juin, le chapitre de Saint Lambert avait autorisé les frères mineurs à faire une procession
et à dire une messe dans l'église cathédrale à l'occasion de la réunion de leurs différents collèges à
Liège. Voir Conclusions cvpilulaircs, reg. 116, fol. 248.
572 CHRONIQUES LIÉGEOISES.
L'a» mesme, l'hiver fort doux, contre son naturel. {Manuscrit 5, fol. 200 v°.)
L'an mesme, le 4e novembre, les Espagnols, par le chasteau d'Anvers (*)
entrèrent en la ville, qu'ils prindrent par force, et furent tués tant soldats que
bourgeois environ neuf mille cinq cent, et environ quatre mille noyés, entre les-
quels fut noyé le comte d'Everslenne (2) et environ quatre cent avec. La maison 5
de ville fut bruslée et les aultres bourgeois mis à ransons. Le mesme jour,
arriva don Joan d'Austriche emprès Luxembourg pour estre gouverneur des
Pays-Bas. (Manuscrits 27 et 28.)
L'an I57ti, en jullel, fut la ville de Cherixhe (3) rendue entre les mains du
prince d'Orenge par les commis et gens du duc d'Alve, qui avoil longtemps 10
endurez et reeeux plusieurs assaults et maulx, mais sortirent saulfs, avec leurs
armes. (Manuscrit 1 0S, fol. 179 v°.)
L'an mesme, la veille des Onze mille Vierges, vers la minuicte, fausse
alarme en la cité de Liège. Le 2"ie d'octobre, autre faulse alarme en la susdite
cité- de plein jour. Feu aux Chartreux par accident. (Manuscrit 102, is
fol. 100.)
L'an 1§76, le 24 janvier, un cas estrange fut comis en la Cité par un nommé
le Bodet demeurant sur Meuse près le Caffor, par furie estant reprins de sa
soeure d'aucuns maux, il couppa la gorge à sa soeure sur les degrés de sa
maison. (Manuscrits 3, 23 et 10S.) 20
L'an mesme, l'évesque de Liège fut esleu abbé de Stavelot, qui comprend la
comté de Lojine, comme aussi de celle de Walmedy. où il étoit postulez, où les
religieux l'admirent avec certaines conditions que les Etats jureroient de main-
tenir leurs terres contre tous ceux qui les voudroient vexer ou molester, ce
qu'ils firent (*). 25
L'an mesme, arriva don Juan d'Autriche au pays bas. qui étoit fils naturel
de l'empereur Charles-Quint, en qualité de gouverneur général, lequel fit scavoir
aux Etats qu'il étoit du tout tourné à la paix et que pour la faire, il leur por-
(*) Cf. H. Piremne, Histoire de Belgique, t. IV, p. 78.
(2) Le comte Otto d'Eberstein. 50
(3) Zierikzcc, rendue le 29 juin 1 576.
(*) Sur celte élection, voir le dossier signale par J. Halmn, Inventaire des archives de Stavelot-
Malmedy, se trouvant à Dusseldorf, n» 525, dans II. C. /?. //., S" série, t. VII, p. 525.
RÈGNE DE GÉRARD DE GROESBEEK. 573
loit un très ample pardon des choses advenues jusqu'à ce lemps, avec charge
de remettre le pays bas en même terme et estai qu'il étoit au teins de Charles-
Quint.
L'an mesme, fut ordonné de chanter la grâce après Vêpres à Saint-Lambert
s par monsieur de Bocholt (*), chanoine de la cathédrale.
L'an mesme, le seigneur Bernardin Pourquin, ayant acquis à ceux de
l'hôpital de Saint-Abraham, paroisse de Saint-Jean-Baptiste, quelques maisons
et pourpris situé près la porte Saint-Léonard, nommé le Boujard, où joindant
y est comprise une petite église nommée Saint-Désir, y fît édifier des maisons
10 et raccomoder les autres, même laditle église et les autres, puis il céda le tout
à la Cité, avec 152 florins de renie par lui acquis pour subvenir aux pauvres
infectés de la maladie contagieuse, avec plusieurs belles ordonnances (2).
(Manuscrit 38, p. 125.)
L'an 1576, le 11 d'octobre, arriva à Liège une grande esmotion sans scavoir
15 pourquoi, sinon qu'ils disoient estre trahis par les Espagnolizés pour avoir vu,
vers les Chartreux, quelque signal de feu pour faire entrer les Espagnols qui
alors éloient fort redoutés pour les grands maux qu'ils commeltoient sur le
pays ". Et ceste journée fut appelée par le prédicateur de Saint-Lambert la
journée des Estourdis. En sorte que pour retrancher b la langue des mal parlans
ao de Sa Grâce, il fut publié au peron, de sa part et des 52 métiers, que tous ceux
ou celles qui parleroient de trahison et ne le scauroient prouver seroient
rigoureusement chastiés tant que la mort s'ensuivroit, de quelle qualité ils
fussent.
L'an i576, le 3e de novembre, fut tenue une journée des Estais du pays de
25 Liège, où fut demandé par l'évêque une somme d'argent pour eslever des gens
a et estoyent tellement hays des habitants qu'ils eussent voullu avoir tué le dernier : manuscrit 4S,
foi. 294 v°. — b pour remédier aux langues de plusieurs qui disoient mal de Sa Grâce : manuscrit 29,
fol. 26S.
(•) Arnold de Bocholt, le jeune, reçu chanoine de Saint-Lambert le b' mars 1SH, mort en 1582.
30 Cf. oe Thelx, t. III, p. 100.
(*) Voir page 540, note 5. L'acte de donation de la maison de Bayar et de la chapelle de Saint-
Désir se trouve dans le registre aux œuvres des échevins de Liège, n° 477, fol. !) v°, à la date du
26 septembre 1876.
574 CHRONIQUES LIEGEOISES.
de guerre pour panier le pays qui, en ce temps, étoit exposé, en proye à la
volonté des soldais du roy d'Espagne qui y commettoient divers maux, qui
avoient depuis peu pillés les villes d' Vnvers et Maestrîcht avec grand massacre.
Où les Estais luy accordèrent la levée d'un pécul pour \ ans, asséant <mr
l'ayme de vin de pays 3 pattars, sur l'cstranger ! 4, et sur la tonne de bière un s
pattar, sur chaque cheminée, four, fourneaux, aix et tocquaige cinq pattars,
outre les 52 mille florins qu'il luy paycroient une fois si la nécessité le requé-
roit, luy donnoient puissance de prendre argent à fraix. tant qu'il luy en
faudroit, qu'ils s'obligcoient de le rendre. Avec quoi on fit levée de soldats qui
se lenoient eu ia Cité et es villes du pays, sur leurs gardes, et l'on fit besogner 10
vers la tour des Brasseurs aux fortifications de la Cité. (Manuscrit* 38,
p. / 23 et 47, fol. 440*.)
Et la même année, il y avoit si grande cherté de grain que les personnes
mouroient de faim. Les viandes étoient si chères qu'on les vendoit à un prix
excessive. D'autre côté, le pont des Arches s'étant fendu menassoit de crouler. 15
Mélart, 427. L'évecque, ayant une somme d'argent en réserve en l'abbaye de Saint-Jacques
pour rédiiuer «200 florins de rente dues aux héritiers de feu levecque cardinal
de la Marck, employa cet argent tant pour aehetter du grain et subvenir aux
pauvres ménages que pour rasseurer ledit pont, qui fut relié de barres de fer de
part et d'autre, ce qui le fit durer jusque en l'an 1043. que les grandes eaux le 20
ruynèrent, comme verrez cy après; chercha de même les moyens à remédier
aux chertées des viandes. (Manuscrits 38, p. 123; 47 , fol. 440.)
L'an 1570, l'évecque fit tout son possible à faire la paix de Marche en
Famenne, laquelle ne subsistât pas, car les Etals confédéréz se débandèrent
malcontens et fui lors choisie la ville de Huy pour conclure cette paix, où les 25
litats mirent quatre otages entre les mains de l'évecque pour assurance de la
ville. Cependant rien ne fut conclus et, le 4 novembre, se fit le sac d'Anvers
par les Kspagnolbs. (Manuscrit 47, fol. 1 40 v°.)
L'an 1570, Dior 11 1 l'empereur Maximiliane second de ce nom. Le 5e de mars,
morut à Bruxelles le grand comandeur Kequesens. (Manuscrit 45, p. 460.) 30
Le 15 octobre, advint à Maestrich un coroncl espaignol fut fait prisonnier à
Wick, mais après aucuns jours laxé, qui causa que la trouppe espaignole
s'esleval contre les bourgeois tellement que la ville fut environnée de chevaux
RÉGNE DE GÉRARD DE GROESBEEK. 575
venant de Brabanl et entrèrent par la porte de Tongre et fut fait meurtre
d'hommes et femmes et la ville fut pillée, bruslée, dont plusieurs bourgeois
furent prisonniers. (Manuscrit 105, fol. 119 v°.)
L'an iî>76, le 5e de novembre, fut pareillement la ville d'Anvers prinse tant
5 par ceulx d'Aloze que de la citadel, qui lirroinl à coups de gros cannons sur la
ville, et par grande force d'Espaignols entrant en bataille contre ceux des
Kstats qui, peu de temps devant, estoint entrez dedens avec plusieurs sortes de
nations, comme François, et d'aullres, dont la ville fut desconfite et deslruicte,
beaucoup de maisons bruslées. signament la grande et riche maison de la ville,
îo puis après les bourgeois et marchands, femmes et enfans, meurdris et saccagez,
avec viollemcnt des jeusnes damoiselles et pyllerie de leurs biens, qui fut le
tout porté sur la citadel, quy fut une ruinne inestimable. (Manuscrit. 1 05,
fol. 180. Fersion abrégée dans manuscrits 3 et 25.)
Après que les Estats de Hollandes, Zélandes et leurs associez eurent prins
i5 advis et plusieurs communications prinses avec les Estats de Braibant, at esté
une paix faicte entre eulx et icelle publiée en la ville de Bruxelle, comme plus
amplement est contenu es articles par l'impression d'icelle. (Manuscrit 105,
fol. 180 V.)
L'an 1576, le cardinal Groisbeck, évesque et prince de Liège, après ce pille-
20 ment de Maestricht, s'empliat de tout son pouvoir pour faire une paix entre le
roy d'Espagne et les Estats du pays bas, laquelle fut faicte, laquelle on nommoit
la paix de Marche en Famène, laquelle fut arrestée dans la ville de Huy, ville
choisie de parte le roy d'Espagne et les Eslats de Brabant comme ville
neutralle. où que les Estais offrirent d'eux mesmes trois ou quattre en hostages
25 qui dévoient demeurer dans les mains du cardinal Groisbeck, laquelle paix ne
fut de longue durée, parce qu'il arivat depuis que les Estats catholicques se
débandèrent des autres, que on nommoit les Estais mal eontens, ce quy causât
plus grands troubles et ravagements sur le pays de Liège, et après que le prince
de Groisbeck eust empliéz des grands travaux et despence de grands moyens,
30 ne recevat guaire de remerciement du iioy ny des Estats. (Manuscrit 45,
fol. 294 if.)
576 CHRONIQUES LIÉGEOISES.
1577.
L'an 1577. le premier de janvier, fut célébrée messe spécialle par toutes les
églises de Liège, tant paroehialles que collégiallec et conventuelles, pour prier
Dieu de vouloir par sa bonté accorder une bonne paix, que pour lors se traitait
à Namur entre les Estais et don Joan d'Austriche, laquelle conime on raporta, s
fut accordée, et le lendemain annoncée à Liège; bien matin on sonna à plusieurs
églises les cloebes de joye; premièrement commencèrent ceux de Saint-Martin
en Mont, mais peu après o:i trouva que ce n'estoit que bourdes.
L'an mesine, le 8e janvier a, passèrent par la porte Sainte- YValburge des
chevaliers escossois, et sortirent par la porte d'Amercour et s'en allèrent à io
Jupille; les piétons passèrent l'eau à Couronsmeuse; le lendemain, les Espagnols
de Treict le vindrent attaquer, qui laissèrent plusieurs de leurs gens sur la place.
Si les Lscossois eussent eu de la meilleur pouldre, ils en eussent tuez davan-
tage. Le IIe jour, partirent les susdits Escossois et se retirèrent en grande hasle
vers le Brabant. Le lendemain, vindrent de rechef les Espagnols à Jupille, 15
pensans trouver les dits Escossois, et ne les ayans pas trouvez, ils vindrent
demander passage par la Cité, mais en vain; peu après ils se retirèrent à Treit,
faisant plusieurs outrages où ils passoient.
L'an mesme, le "M" jour de janvier, arriva après disné à Huy don Joan
d'Austriche, où il fut receu par noslre évesque en grand triomphe, qui sortit îo
dehors au devant, accompagné du capitaine de Bouillon, qui avoit 700 piétons
avec luy. L'an mesme. le premier jour de février, Monseigneur de Liège partit
de Huy pour aller traiter de paix à Bruxelles (*), et le mesme jour il logea
à Tillemont; le lendemain, le jour de la Chandeleur, il arriva à Bruxelles. L'an
mesme, le 17e de février, la paix fut publiée à Bruxelles entre don Joan et les 25
Estats, à deux heures après disné. Le lendemain, furent les nouvelles apportées
à Liège par un poste envoyé de Son Altesse au doyen de Liège. Le lendemain,
le dernier jour de Charnache, fut célébrée messe spécialle par toutes les églises,
" février : manuscrit 3.
(i) Cf. Conclusions capitulaires du chapitre de Saint-Lambert, du 1" février 1877, et Daris, op. cit., 30
p. 347.
RÈGNE DE GÉRARD DE GROESBEEK. 577
en remerciant Dieu, et on porta le Saint Sacrement; après la messe, on chanta
le Te Deum. Le 24e du dit mois, on célébra messe spécialle en l'église Saint-
Lambert, en présence des secondaires églises et autres, et ce jour mesme. on
deschargea l'artillerie, de grande joye qu'on avoit de la dite paix, de laquelle
s furent faits ces deux vers contenans la date :
beLgICa paX proCerUM tanto tentata Labore
paCta Leodlnl prlnCIpIs arte fUit ".
L'an mesme, au mois de mars, fut grand chaleur et sécheresse contre le
naturel, et la peste commença à dominer en Liège en plusieurs lieux. L'an
10 mesme, en quaresme, fut commencé à Liège un nouveau bouleverque à la thour
des Brasseurs (*) par iUonsr de Waroux et Beex (2), et fut fait de briques b.
L'an mesme, la veille de la Translation Saint Lambert, les Espagnols abandon-
nèrent la ville de Treit par accorde fait entre don Jean et les Estats (3), et
pareillement les autres Espagnols des autres villes et chasteaux du Pays-Bas.
13 Le lendemain de la Translation, Monseigneur de Liège partit de rechef de Liège
pour aller à Bruxelles. L'an mesme, le 23e de jullet, par nuit, fit une tempeste
à Huy, et la rivière de Hoyoul des grands domages. Le 24e, vint la reine de
Navarre (4) à Liège, pour aller à Spa, laquelle fut logée au palais c. Le
10 d'aoust, fut enterrée une des filles d'honneur de laditte royne, morte au
20 " nata est legiaci prineipis ingenio : addition du manuscrit 25. — b l'an môme, l'on fit un accord
avec les frères Mineurs pour avoir illecque un arsenal ou garde de canons pour la Cité contenant
plusieurs pièces : manuscrit 58, p. -128. — c le jour de l'Assomption Nostre-Dame, receu laditte
dame son Créateur, à la grande messe à Sainct-Lambert, par les mains de nostre évesque qui
célébroit la messe, et le dernier d'aoust, se partit de Liège : manuscrit 8. — Le manuscrit S signale
25 ici une lacune : ce qui manque icy du règne de Grosbeck et de l'élection d'Ernest de Bavier, on
le peut rechercher ailleurs.
(') Voir Gobert, op. cit., t. IV, p. 587.
(*) Guillaume de Mérode, seigneur de Waroux, ancien majeur de Liège. Voir de Borman, Les
Echevins, t. H, p. 42i. — Sur Pierre Bex, bourgmestre pour la quatrième fois, voir Recueil des
30 bourgmestres, p. 314.
I») Le 27 avril 1877, en exécution du traité de Marche.
(*j Sur ce passage à Liège de Marguerite de Valois, épouse du- roi Henri de Navarre, roi de France
en 1589, voir Dépêches du Conseil privé, reg. IX, fol. 127, lettredu 7 août 1577 et Pierre Debouxutav,
La reine Margot en Wallonie, dans La vie wallonne, t. X, 1929-30, pp. 29-34.
Tome IL 73
578 CHRONIQUES LIÉGEOISES.
palais et fille de sa principale gouvernante. On l'enterra avec grande honneur
aux frères Mineurs, estants présents Sa Grâce, les eschevins de la Cité et des
abbéz et prélats et de trois évoques de France, entre lesquels un estoit accoutrez
avec une blanche niittre de salin et une noire chappe, lequel faisoit la commé-
moration. Dieu en veuille avoir pitié. Le 12e, par un lundi, furent laides les ,
exèques de laditle fille d'honneur par le mesme évesque et chantoit l'épistre le
doyen de Saint-Paul et Mr de Ghuys, chanoine de Saint-Lambert, l'Evangile.
Le jour de l'Assumption Notre Dame, par un jeudi, chanta la grande messe
à Saint-Lambert monsr de Liège, par les mains duquel la roync de Navarre,
estante à laditle messe, receu le Saint Sacrament de l'autel et après disné, elle 10
fut pareillement présente au Salve du vénérable Sacrament que Sa Grâce
portoil. Le 22 dudicl mois, laditle royne fit un solemnelle souppé au palais
où furent priées toultes les dames de la Cité et y fut priez pareillement
Sa Grâce, qui depuis la venue de la royne se tenoit en l'abbaye de Saint-
Jacque, et y fut pareillement Madame d'Arembergh. Le "i8e dudit mois, y furent 15
priez tous les prélats et seigneurs de Liège qui souppèrent en la gallcrie près la
fontaine. L'an mesme, le dernier d'aoust, se partit la royne de la Cité et s'en
alla jusques au postiee de Sainl-Jacque, en sa carosse, et là entra au baltcau de
Sa Grâce qui le mena jusques à Huy. Elle logea illec au logis du baillif
de Condros, où elle avoit logez en venant, et delà s'en alla par Dinant et avec 20
elle allèrent les gentilshommes de Sa Grâce qui retournèrent l'huictième
de septembre, après l'avoir convoyé jusques en France.
Le 20 de septembre, fut prinse la ville de Looz par les gens des Estais du
Pays Bas qui demandoient passage par icelle, ce que leur avoit esté refusez.
L'an mesme, la procession qu'on avoit instituez, avec spéciale messe, le jour 20
saint Hubert, en mémoire que le prince d'Orange avoit pour un tel jour
abandonnez le siège qu'il avoit mis devant Liège fut délaissée et on célébra à
chascune église spéciale messe à part.
L'an mesme, fut faict le sériment et hommage par le duc d'Arscotte accep-
tant la citadelle d'Anvers au nom des Estais, mettant ses mains entre les mains 30
du secrétaire de sa Majesté Escovedo, et fut tel : « Je Philippe de Croy, duc
d'Arscot, jure sur Dieu, la Vierge Mère et sur les quatre Sainels Evangiles, de
garder et tenir ceste citadelle pour le service de Sa Majesté le roy Philippe,
RÈGNE DE GÉRARD DE GROESBEElv. 579
nostre seigneur, et de ne la rendre sinon à sa propre personne ou à ses succes-
seurs sans son exprès commandement. » A quoi le susdict secrétaire rèplicqua :
« Si vous le faict ainsi, Dieu vous vueille aider, sinon le diable vous emporte,
corps et âme » a. L'an mesme, le 21 d'avril, les Espagnols sortirent du Pays-lias,
s Don Joan, pour eschapper des Listais, part de Malines vers Namur pour
aller au devant de la royne Margaritle, laquelle venoit vers Liège pour de là tirer
à Spa pour boire de l'eau. Le 24 de juillet an susdit, don Joan, feignant aller
à la chasse et passant devant le chasteau de INamur, entre dedans, estant appelé
du gouverneur pour le veoir, et ainsi le retient pour la seureté de sa personne.
io Le 4 de septembre, an mesme, Tholen et Steenberg rendus aux Estats.
{Manuscrits 5, fol. 201 ; 2S et 27.)
*
* *
L'an 1577, nonobstant tous les ordres donnés, les troupes étrangères ne
laissèrent de se loger parmy le pays de Liège et de le ravager; ce pourquoi
l'evesque envoya Ottard de Briaymont, seigneur de Frailure (/), pour ordonner
15 de sa part aux généraux de ces troupes de se retirer, sinon qu'on les obligeroit
par force, ce qui les lit sortir du pays.
L'an susdit, fut, commencé le boulevart de bricque à la tour des Brasseurs et
et les dallers de la Hollande forgés pour trengt deux aidants furent remis
à Liège à iS aidants (2). (Manuscrits 45, p. 769 ei 47 , fol. 1 40 v°.)
20 L'an 1577, le 15e de février, survint une fortune impétueuse en la maison
de Jean Godet (3) le jeune, érigée en Beighe, pour cause de certaines pouldres
dont c'estoit son art, où le feux survint par cas fortuit, de mode que ladicle
maison, qui estoit de pieres et bricques, fut toute desmolic et emportée en
l'eaue avec grands desgats, des morls tant de sa belle-mère que sa femme et
-2"i " Le passage : l'an mesme fut faict le serment . rendues aux Estats, ne se trouve pas dans le
manuscrit 3.
(') Ottard de Brialmout dit de Xhoce, grand-bailli du Condroz et grand -mayeur et bourgmestre
de la ville de Huy.
(*) Mandements du b juin, du 21 août et de novembre 11)77, réglant le cours des monnaies.
50 (») Sur cet accident, voir Gobeht, op. cit., t. I, p. 415, et t. III. p. 170.
580 CHRONIQUES LIÉGEOISES.
plusieurs de ses serviteurs occis et suffoquez. (Manuscrits 105, fol. 181 et
97, fol. 245.)
Au mcsme an, grande chaleur et sécheresse au mois de mars. (Manu-
scrit 102, fol. 464.)
Le 7e de fébvricr, an mesme, par un jeudy, fut commencée la grâce du s
vénérable Sainct Sacrement en l'église de Sainct-Jean-Evangéliste. (Manu-
scrits S et 8.)
L'an mesme, l'abbé de la Vaulx Saint-Lambert (*) fut tué par un soldat.
(Manuscrits 6 et 8.)
L'an mesme, le 27" de juin, fut consacré un nouveau abbé à la Vaulx 10
Saint-Lambert pour la mort de l'autre qui peu devant avoit esté tirez par
aulcuns soldats ayant illec disné et pensant faire quelque récréation.
L'an mesme, sur la fin de juin, s'esleva une tempeste avec gresle parlaquele
une grande partie de voiriers de la ville de Sainct-Trond furent rompues et le
grains aux champs en plusieurs lieux destruiets. il tomba gresle grosse comme is
œufs ou poing d'hommes. (Manuscrits 5, fol. 201 ; 23, 27 ; 54, fol. 251 v°.)
L'an mesme, le troisième d'avril, retourna Monsieur de Liège de Bruxelles
où il avoit demeuré deux mois entiers et luy allèrent au devant les qualtre
compagnies et les capitaines des enseignes, lesquels pour lors estoyent à Liège.
(Matiuscrit 25, p. 229.) 20
L'an 1577, le 7e jour de janvier, furent envoies à Jupille " par le prince
d'Orange 14 '' enseingnes de soldats escossois, avec trois ou quattre cents
chevaux de noire reitre, pour aller combattre les Espangnouls, leurs ennemis,
où leur fut donné toulte assistence tant de vivre que d'amonition et batteaux
pour passer la Meuse pour aller à Jupille % combien qu'ils ne le méritoient 25
point: tant parce qu'ils estoient contraire à notre religion que pour ce que ledit
prince d'Orange avoit esté devant Liège l'an 1568, comme vous avez entendu.
" et à Peville : manuscrit 38. — '• dix sept enseignes : manuscrit 58. — c Coronmeuse :
manuscrit 58.
(i) Renier de Razicr, abbé du Val-Saint-Lambert de 1559 à 1577, tué par accidcnl le 25 avril. 311
Son successeur fut Guillaume Pannelier, de Fraijioiil, abbé de 1577 à 1579. Cf. D. V. Bbblière,
Monasticoii, t. Il, p. 167.
RÈGNE DE GÉRARD DE GROESBEEK. 581
Mais la grande tirannie des Espangnols dont ils usoient contre les Liégeois, sans
avoir esté par eux offensés, estoit cause. Quant les Espangnols furent adverlis
que les Escossois estoient passé Moeuse, tous crottés et mouillés, le pensant
surprendre, ils les allèrent escarmoucher, donnant dessus vaillamment; mais
s lesdicts Escossois se deffendirent tant vaillament et briefvement qu'ils tuèrent
bien trois cents Espangnols avec plusieurs de leurs capitaines, dont ils furent
constraints de se retirer à leur grande confusion. Ce qu'estant fait, il fut
conseillé au capitaine Anorga a de repasser l'eawe pour quelcque occasion
secrète qui se présentoit ou peu après, comme par trahison secrète, ils furent
10 misérablement massacrés en la Hesbangne ". (Manuscrits 29, fol. 264; 38,
p. 126 et 60.)
L'an 1377, le 8 janvier, un nombre d'Escossois aux Estats de Brabant
descendèrent la montaigne et vingnobles à Coronmeuse et passèrent la rivière
environ 3 5 ou 17 enseignes, gens alaigres et de petitte stature, d'un courage
îs belliqueux, en belle équipage d'armes. Ils estoient venus pour combattre les
Espaignols; ils allèrent à Jupille. C'estoit un plaisir de les veoir saulter les basses
eaux en Droische, voir voltiger les enseignes. Or estans arrivés, les Espaignols
sortirent hors Maestricht, vindrent descendre les vingnobles près du molin,
pensant surprendre lesdits Escossois. Mais, par leur finesse, les Espaignols
20 furent desconfits. Il y avoit un bourgemestre d'Amsterdam prisonnier de la suite
des Espaignols avec un autre lié ensemble. Ce fait, les Escossois repassèrent
la rivière tirant vers Brabant. (Manuscrits 29, fol. 264 v" et 38, p. 127.)
L'an î 577, le 8e de janvier, estant un bon nombre d'Escossois soldoyéz aux
Estats de Braibant viendrèrent descendre la montaigne et vignobles venant
25 à Coronmeuse et soudain illec arrivez, passèrent la rivière de Moeuse avec
batteaux. Et estoint en nombre de 10 à 1 1 enseignes, gens disposts et de petite
statures, d'un courage bellicqueux avec belle équipage d'armes, et estants
Oultre Meuse, l'on avoit mis quelques tonnes de bier avec pains blans et
chascun d'eux en prcnnoit un morceau avec un rafrechissement d'un trait de
50 bier, car ils avoinl marchez toute la nuicte pour parvenir à leurs dessins
et attendre les Espainguols au combat et de faict, avec un courage et vouloir
a Morgan : manuscrit 38. — b Aucuns ont dit qu'on leur fit délivrer de la poudre qui ne ne valoit
rien, n'y ayant nulle force : addition du manuscrit 38.
582 CHRONIQUES LIÉGEOISES.
effrenné, prindrent chemin sur Jupille. C'estoil un plaisir de veoir saulter ces
soldais oullres des basses eaues qui estoint en Droixhe. et de veoir volliser les
enseignes de plusieurs et divers couleurs, et pour leurs dextéritéz de guerre.
Plusieurs bourgeoys se dclccloint à les aller veoir et s'alloint lors meclre en
bataille au pied de la vignoble audit Jupille où devoint lesdils Espaignols 5
descendre. En mesme temps et instant, un nombre de reytres, avec leurs
bagages, passèrent oultrc la Cité, tirant vers ledit Jupille, combien qu'ils ne
sceurent donner aulcunc assistence aux picdtons. Or estants arrivez lesdils
Escossoys audit Jupille, attendants les Espaignolles sortis de Maestrecht,
lesquels viendrerent les cscarmouchcr et descendre les vignobles près du molin 10
et du eoslé des bois, sur espoir de surprendre lesdicts Escossois. Mais, par leurs
finesses, les Espaignols furent d'iceux alteincts tellement que plusieurs y demeu-
rèrent morts et plusieurs dévallizés, entre eulx y avoit un bourguemcslre
d'Amsterdam estant de la suille desdils Espaignols, fut prisonnier avec un
Espaignol et garoltéz ensembles. Et d'aultant que lesdicts Kscossoys estoit mal 15
ammonitionnéz de pouldre, la meslée et deffaicte fut plus véhémente. Ce fait et
environ le midy, le tambour battant, lesdicts Escossois repassèrent la rivière,
retournants sur la mesme montaigne et vignoble et tirant vers Braibant, sans
aulcusne intéresse survenue à la Cité ny au pays. (Mamiscril 1 0S, fol. 181.)
Le 15 jung, fut exécuté ung jeusne homme qui eut jambes et bras rompus, 20
puis mis sur rue, ayant occis une sienne petitte fille. [Manuscrit 105,
fol. 182.)
L'an mesme, 21 janvier, arriva à Huy domp. Jean, qui fut receu par nostre
évesque. ( Manuscrit 3.)
L'an 1577, le 21 de janvier, vient en la ville de Huy domp Jean d'Austriche, 25
gouverneur des Pays- lias, où nostre évesque l'avoit bien attendu siex
sepmaincs, avec grands fraix et dépens, pour trouver moien de faire la paix
entre le roy d'Espangne et le prince d'Orange, y estant requis d'une parle et
d'autre parte. L'empereur Hudolphc, deuxième de ce nom, y envoia par le duc
de Wittemberghe Andry Gai, docteur en droit, Warnier, seigneur de Gunick, so
lanldrossard du pays de Juller, messire Mathieu, abbé de Sainct-Guilleaume et
autres de la parle des Eslats Générais, de la moienner quelque choese. Us se
trouvèrent à Bruxelle avec Octavien de Gonsaga et Sa Grâce de Liège, sur
REGNE DE GERARD DE GROESBEEK. 585
lequel on s'estoit soubmis, où il fut conclue! une paix par noire prince de Liège,
non sans grande peine et labeur, avec peu de révérence, bien qu'elle ne fût de
longue durée, laquelle fut arrêtée à Marche en Famine le 12 de février 1577,
laquelle fut appellée la paix de î 'dit perpétuel, par laquelle, le 26e du mois
5 ensuivant, don Jean fit sortir les Espagnols du pays bas principalement hors
du château d'Anvers, où ils étoient en garnison, qui fut délivrée au duc
d'Arschot, lequel fit serment de le garder pour le roy. (Manuscrits 29,
fol. 254 v° et 58, p. 127.)
L'an 1577, l'êvesque de Liège fut esleu abbé de Slavelot. L'an mesme, par
io l'entremiesc de l'êvesque de Liège, de l'ambassadeur de l'empereur Rodolphe et
du duc de Clève (x). les députés et comis de don Jean d'Austriche, gouverneur
du Pays Bas, et des Estais confédérés, se treuvèrent, le 12 février, à Marche
en Famine, où se fist une paix.... (Manuscrit 24, fol. 301 v°.)
L'an mesme, le 22e de mars, rendirent les Espaingnols le chesteau d'Anvers
io au duc d'Arsehot. qui y mit son fils, le prince de Chimay (2) comme camptain.
Le premier de may, fut don Jan receu à Bruxelles des seigneurs et bourgois
comme gouverneur général des Pays Bas. Le onzième de jullet, don Jan entra
à Malines où il mist des Allemans et mist sur le chesteau d'Anvers monsr de
Tourlon comme gouverneur de sa part pour aller à Nainur recepvoir la duchesse
20 de Vendosme (3) qui passoit par là. Le 25e de jullet, tempeste à Huy. Le 29e de
jullet, print don Jean le chesteau de Wamur, qui fut coinmenchement de novelle
guerre. Le premier d'aoust, fut prins monsr de Tourlon pour ce qu'il voloit
rendre à don Jan le chesteau d'Anvers. Le 28 d'aoust, monsr de Beurs livra le
chesteau d'Anvers entre les mains des bourgois qui le comenchèrent à rompre
25 et démolir du costé vers la ville.
L'an mesme, la ville de Looz prins par les Estats du Pays Bas Le 10e de
septembre, entra le prince d'Orenge en Anvers. Le 24° dudit mois, entra en la
ville de Bruxelle où iî fut déclaré gouverneur de Brabant. Le 28e d'octobre,
ceux de Gand prendirent prisonnier le duck d'Arschotte pour ravoir leur pri-
30 vilège, qui peu après fut délivré et furent pareillement prisonniers l'êvesque
(<j Guillaume, duc de Julicrs et de Clèves, 1559-1592.
(') Charles de Croy, prince de Chimay, fils de Philippe de Croy, duc d'Aerschot.
(*) Voir note 4 de la page 577.
584 CHRONIQUES LIÉGEOISES.
d'Ypre (') et l'évesquc de lîruge, monsr de Rassinghen, le grand bailleu d'Ybre
et de Courlray.
Le 21e d'octobre, arriva l'archiduc Malhias, frère de l'empereur Hodulphe,
second de ce nom, en la ville d'Anvers, où il fut reçeu pour gouverner.
Le ~ de décembre, don Jan, avecq ses adhérens, fut publié ennemis du roy et 5
du Pais Ras par les Estats. L'onzième jour de novembre, an mesme, entre
o ou 6 heures du soir, apparut une cornette qui dura l'espace de lo jours ou
plus. (Manuscrit 13, p. 460.)
L'an mesme, don Jean d'Austriche, fils bastard de l'empereur Charle le
Quinte, fut député gouverneur de la Gaulle belgicque et obtint, par quelque 10
e.->p;tce de temps, sa courte à Bruxelles. Mais les seigneurs de Braibanl et des
autres pays bas du roy eurent envie sur luy et luy fut quelque trahison machinée,
dont il se retira à JNamur. Alors les Estats d'iccux pays, tant ecclésiasticqucs
que populaires, estant séduis par aucuns nobles mal affectionnés à la foid
calholicque et par envie, comme dit est, se révoltèrent contre les Espagnouls et is
autres fidels serviteurs du roy d'îi'spaigne et taschèrenl de les déchasser hors du
pays, et sur ce firent armée. Mais lesdits Espagnouls et autres soldats de leur
ligue se deffendirent très bien et gaignèrenl plusieurs villes sur iceux Estais,
à scavoir Anvers, Maline, Mastrech, Lieue et plussieurs autres forteresses, et
firent trembler les Estats, lesquels enffîn requérèrent l'évesque de Liège, lequel 20
esloit homme éloquent, prudent et pacifique, qu'il luy plcust s'employer envers
ludit seigneur don Jean d'Austriche pour la pais du pays belgicque avec les
Espagnouls, ce qu'il fit et acomplit au très grand contentement des deux parties.
Et fut icelle paix nommée la paix de Gand parce qu'elle y fut conclue et fermée,
en vigheur de laquelle paix les Espagnouls et Italiens s'en retournèrent dans 25
leur pays avec les butins qu'ils avoient conequesté. Et furent les Vallons
retenus ens garnisons du pays. Or advint bien tost après que lesdits estrangers
se furent retirés en leur pays que les Gheux. et signament ceux d'entre eux
lesquels se disoient nobles, continuant leur envie allencontre dudit don Jean
d'Austriche et pour mettre la foid catholicque en ruyne, firent secrettes 30
(*) Martin Iiithovius et Pierre Curtius; Maximilien Vilain, baron de Rassenghien, conseiller d'Ëlat,
chef des finances, gouverneur de Lille, Douai et Orchies; François de Halewin, seigneur dcZwcveghcm,
capitaine et grand-bailli d'Audenardc. Cf. II. Pirenne, op. cit., t. IV, p. 109.
RÈGNE DE GÉRARD DE GROESBEEK. 585
émotions et persuadèrent aux Estats que leur roy les vouloit mettre en extrême
servitude et enraciner au pays belgicque la nation espagnolle, à cause de quoy
l'occasion se présenloit de se mettre une fois en liberté en deschassant ledit
don Jean d'Austriche, lesquels ils accusoient de trahison et le menaçoient à la
5 mort, combien que ledit don Jean ne désiroit sinon le bien du pays et d'y entre-
tenir (outte paix et la vraye foid de Jésus-Christ. Alors ledit don Jean s'enfuia
et se retira secrettement hors de Bruxelles et chevaucha en poste à Namur et
illecque se saisit du chasteau, et tantost envoya messagers en Espaigne et
Italie pour avoir secours. Sy revindrent les Espagnouls et Italiens et avec les
10 fldels Vallons, lesquels estoyent ens garnisons du pays, firent armée allentour
de Marche en Famènne et vindrent dans la comté de Namur au secours dudit
dom Jean d'Austriche. D'autre parte, lesdils Estats firent aussy grosse armée,
laquelle ils mirent sus à Ccmbloux, mais ils furent mal conduits, estants leurs
principaux chieffs gaudissants et triomphants ens jeux et comices à Bruxelles.
is Car combien celle armée des Estats fuisse beaucoup plus grande que l'armée
dudit don Jean, sy est que icelluy don Jean les aggressa vaillamment avec sy
peu de gens qu'il avoit, faisant porter en son avant-garde des comphanons
d'égliese avec les croix dessus, en vertu de quel signe lesdits Estas et Gheux
furent bien tost et miraculeusement desconfit et en y mourut beaucoup d'icelle
20 armée des Estats. Ce fait, ledit Jean d'Austriche passa outre en Braibant avec
son armée et gaigna plusieurs villes et places, et enfin maladie le print, dont il
mourut. Alors le roy Philippe d'Espaigne envoya don Alexandre de Farnesse,
prince de Parme et de Plaisance, pour estre successeur en la lieutenanterie
dudit Jean d'Austriche, sy gouverna ledit prince de Parme vaillamment et
25 vertueusement le pays. {Manuscrit 25, fol. 226 v°.)
Le 24e de jullet 1577, estant la royne de Navarre arrivée à Huy, environ les
six heures du soir, survint immédiatement ung débordement et inundation de la
rivière de Hoyoulx, qu'elle vint parmi la ville aussy hault dessus le grand bassin
estant sur le marché, de manière que par son impétuosité et sa véhémence,,
30 rua jus deux maisons en Maignée où ladicte rivière décolloit, chose hideuse et
dangereuse. Et le laindemain, ladicte royne arriva en la cité de Liège et fut
logée au palais de Sa Grâce Uévérendissime notre prince et luy print place
Tome II. 74
58G CHRONIQUES LIÉGEOISES.
et résidence au lieu de Saint-Jacques l'abbaye. (Manuscrit 105, fol. 182 v°).
Entretemps, ceulx de Naesirecbl estoient lousjours de la partie des héréticqs.
De quoy estant adverty, Sa Grâce Révérendissime se transporta plusieurs fois
audit Maestrecht affln de les réduire à une vraye foy cl religion et qu'il
les traieteroit comme un hou prince suyvant le contenu de sa jurisdiction, et a
d'avantage qu'il feroit tellement envers le roy d'Fspaigne, leur prince naturel,
qu'il les prendroit à mercy et ne leurs feroit nulz inaulx. A quoy ne volurent
entendre, persévérants lousjours en malices et allant de mal en pir, courrants
tous les jours jusques aux portes de Liège, pillants et desrobants les bourgeoys
et empescliants les vivres de venir à Liège. (Manuscrits 105, fol. 183 et io
58, p. 150.)
1578.
° L'an 1578, au mois de fébvrier, envoya l'empereur Rudolphe, second de
ce nom, une sauvegarde pour tout le pays de Liège (]) et pour l'abbaye de
Slavelot et de ses appendices, nonobstant cculx de la garnison de Maestreicht, i:,
de la partie des Estats, ne laissèrent de piller et brusler sur le pays de Liège.
Le premier de mars, bruslèrenl la maison de Caster appartenant à l'abbé
de Saint-Jacques, et successivement plusieurs autres, et la ville de Saint-
Pierre (2) emprès de Treieht, ruinèrent du tout et pillèrent touttes les bestes et
les emmenèrent en la ville de Trcict et ostèrent au malin les fers des moulins 20
alenthour de Trcict aufiin que si don Joan les eust venu assiéger, comme le
bruit couroit, qu'il n'eust rien trouvé; mesmement dépendirent touttes les
clocbes et les rompirent et emportèrent tout à Trcict pour faire artilleries.
L'an mesme, le 9 de mars, le dimenche délie Letare, fut consacré à abbé de
Saint-Laurent Jacque Thome (3) par les mains de Sa Grâce Illustrissime et 2b
" Le lexte commençant ici et finissant : qu'on dévaloit en ?a fosse, est très fortement abrégé dans le
manuscrit S. Nous le reproduisons d'après les manuscrits 5, 2ô et S? beaucoup plus complets.
i,i) Cf. Carlulaire de Saint-Lambert, t. V, p. 401, acte du 2'J décembre 1577.
(2) Voir les plaintes du Conseil prive à ce sujet dans le registre IX des Dépêches, fol. 209 et 21 1.
(3) Jacques Thomas, élu abbé de Saint-Laurent le 3 octobre 1576 et pourvu à Rome le 30
1(5 décembre 1577. Cf. D. U. Bbruèiu:, Monaslicon, t. Il, p. 53, et Les éviqttes auxiliaires de Liège,
p. 96.
RÈGNE DE GÉRARD DE GROESBEEK. 587
Révérendissime, en l'église collégiale Saint-Martin. Car peu devant estoit
trespasséz Grégoire Silvius, son suffragant, de Tordre des Prcscheurs, lequel
cinq jours avant sa mort avoit conférez les ordres de prestrise en sa maison
claustrale à Saint-Paul, où il estoit chanoine, scavoir le "li de febvrier, samedi
s des Quatre temps, après le jour des Cendres. En mesme temps, fut envoyé
à Sa Grâce le bonnet de cardinal par Grégoire 15, par un sien Chamberlain
appelle Guilheaume de Grymbergh, lequel en récompense de ce fut faict par
Sa Grâce chanoine et doyen de l'église collégiale de Saint-Jean Evangélistc (1).
L'an mesme, le samedi après la Lclare, furent les ordres de prestrise célébrez
io par Sa Grâce Révérendissime en la chapelle du palais et encor la veille de
Pasques. L'an mesme, le premier de may, mourut seigneur Guilheame de la
.Marche, seigneur de Lumay, d'une ûèvre chaude, ayant peu de temps devant
estez mordu d'un sien chien au bras Jextre (*). L'an mesme, le 10° de juin, fut
prinsc Lymbourgh par composition (3). Le 20 du mesme mois, fut prinse par
15 force la ville de Dolhein (4) et y furent tuez hommes, femmes et mesmement
les petits enfians par les Espagnols, et après mirent le feu dedens. L'an mesme,
au mois de juillet, vint de rechef à Liège le duc de Nevcrs (5) et fut logé en la
maison d'Arembergh à Saint-Marlin en Mont, et se départit au mois d'aoust
ensuyvant. L'an mesme, grande seicheresse commença au mois de may jusques
20 en septembre, par quoi la rivière de Meuze devint si petitte qu'il n'estoit
mémoire d'homme vivant de l'avoir veu si petitte et si longuement, car ainsi
demoura l'espace de sept mois. Ce mesme an, fut très grande abondance de tous
(*} Le bref de nomination, date du - mars 1578, se trouve dans le Carlulairc de Saint- Lambert,
t. V, p. 401. Le chapitre de Sainl-I ambert fui informé, par un bref du Pape en date du 20 mars, de
2b cette promotion. Cf. Conclusions capitittaircs de Saint-Lambert. Voir aussi Dépêches du Conseil privé,
reg. IX, fol. 526 V, 535, 579, les lettres de félicitations reçues par le nouveau cardinal. Sur Guillaume
de Glymes de Griniberghc, voir De Theux, t. III, p. 179, et Lahaye, Chartes de Saint-Jean, t. I,
p. xxxvi.
(*) Guillaume II de la Marck, baron de Lummcn. Cf. db Ccestret, Histoire de la maison de la Marck,
50 pp. 211-220, et Gobert, op. cit., t. IV, p. 128.
(') Le siège commença le 9 juin et la forteresse fut prise le 16 suivant. Voir Tuisquen, Histoire de
la ville de Limbourg, t. I, pp. 47-55.
(') Dalhem.
(8) Voir page 570, noie 1. Une lettre de Gérard de Groesbeeck au duc de Nevcrs, du 22 juin 1580,
35 confirme la présence du duc aux eaux de Spa. Dépêches, reg. XI, fol. 79.
588 CHRONIQUES LIEGEOISES.
biens de la (erre comme fruict. grains et vins et fut grande mortalité presque
générale, telement qu'en la ville de Louvain, de 10,000 personnes ne sont
demeurez presque iOO en vie. Plusieurs ont esté enterrez vifs, comme on peut
veoir par trois exemples : l'un se resveillit par les voix des prestres, lequel les
marteaux des menuisiers n'avoyent pas rcsveillé; le deuxième fut une femme, o
laquelc on portoit en terre; le troisième un qu'on dévaloit en sa fosse.
L'an mesme, l'huictième d'octobre, furent observées des indulgences en la
cité de Liège envoyées par nostre Sainct père le pape de Rome et le jour sus-
dict, fut tout le clergé de Liège en procession, premier à l'église de Sainct-
Lambert, Sainct-Bartbolomé et à l'église parochiale Sainct-Jan Baptiste. Et y 10
avoit si grand nombre de gens qu'on ne pouvoit tous entrer dedens les églises ;
ce fut par un mercredi. Le 10" jour, par un vendredi, fut faicte derecbeff
procession à Sainct-Lambert, Saincle-Croix, Sainct-Martin et Sainct-Pierre.
L'onzième, par un samedi, à Sainct-Lambert, SainetDenis, Sainct-Paul,
Sainct-Jacquc et Saint-Jan Evangéliste, en chantant à louttes les églises les îs
litanies a, lesqueles depuis on continua à chanter tous les jours à touttes
les églises devant le grand autel et ce avant la grande messe. Et dura longue-
ment en priant tousjours Dieu de vouloir convertir les dévoyez de la saincte
foy et église romaine et envoyer une bonne paix.
L'an mesme, le 23 d'octobre, fut pillée VVareme (') et plusieurs villages 20
à l'environ par les Espagnols.
L'an mesme, le dernier de janvier, don Joan d'Austriche obtint la victoire
à Gemblou contre les Estats; il gaigna 70 enseignes et plusieurs cornettes.
Le i d'octobre, mourut don Joan près de Namur de peste. Le 7 dudit,
Binche fut prias et saccagée par les Françoys. 25
#
* #
Grande sécheresse au mois de may jusques au mois de septembre. L'an
mesme, grande abondance de tous biens de la terre. Grande mortalité presque
universelle. (Manuscrit 102, fol. 161 .)
Le 14° de mois de may an 1578, de nuict, prindrent les soldats de la
o grégorianes : addition du manuscrit S. .30
(') Voir Dépêches du Conseil privé, reg. IX, fol. 48S v° et reg. X, fol. 'J5 v° cl 120 v».
REGNE DE GERARD DE GROESBEEK. 589
garnison de Trect leur coronelle prisonnier qui estoit le seigneur de Heze (1),
avec les capitaines et officiers, demandant argent, ce qu'estoit une choese faict.
Car don Jean d'Austrichc envoya incontinent deux espions, l'ung s'appellant
Jean Martin et l'autre Taxis, mandant au soldat que s'il vouloient rendre la
5 ville, il leur donneroit cinequante mille escus et qu'ils seroient payés de ce
qu'on leur devoit. El cieulx qui portèrent les lettres fuient jectés jus de pont
dans la rivier de Moeuse. Ce nonobstant, aulcuns soldats convoiteux d'avoir
argent entreprendrent de la rendre aux Espagnoles par quelque moyen secret
et de mettre le feu aux quatre costé de la ville et puis estre en arme, cependant
io les Espagnoles dévoient estre prest à entrer. Mais le tout fut descouvert par
cieulx de la ville, dont y eut bien trois cent soldâtes exécutés, les uns par
l'espée, les aullres jectés en Moeuse et noies. Mais le seigneur de Heze. gouver-
neur, usa par trop de sévérité, car il debvoit encor un peu différer et supporter
un peu jusques à ce que les Espagnoles eussent esté retirés, dont il en fut
»3 blasmé et en eut grand reproche. (Manuscrit 62, fol. 216 v°.)
Cette année, don Juan, ayant deffaict l'armée des confédérés à Gemblours,
passa avec son armée à travers du pays de Liège. Et la duchesse de Parme vint
à Liège, où elle fut bien receue par l'évesque qui la traicta dans son palais et
la conduit jusqu'à Namur. Pendant quel temps, les François brûlèrent le bourg
20 de Chastelet, les abbayes de Lobbes et d'Aine et tous les villages d'allentour.
(Manuscrits 45, p. 769 et 47 , fol. 141.)
L'an 1578, fut brusléz Chasselet sur Sambre et l'abbaye de Lobbe et autres
pillée par les François du due d'Alençon pour ce qu'il s'estoints mis en deffence.
{Manuscrit 26bh, fol. 371 v°.)
25 L'an 1578, le 5e d'octobre, furent de grands pardons et indulgences donnés
par le pape Grégoire, avec pardon de peine et de coulpe, en jeusnant le
vendredy et samedy et recevoir le dimanche le Sainct Sacrament, priant Dieu
pour l'extirpation des hérésies en la comté de Flandre et de Brabant, en outre
pour les protecteurs et deffenseurs d'icelles, conséquament pour la maladie
30 contagieuse, pour la paix et union entre les princes chrestiens, esquels indul-
gence il fut accordé et ordonné de chanter messe et devant icelle les litanies
jusqu'à Raphaël par touttes les égliescs. (Manuscrits 29 et 70, fol. 264 v°.)
[l) Guillaume de Ilornes, baron de Hèze. Cf. H. Pirenme, Histoire de Belgique, t. IV, p. 145.
590 CHRONIQUES LIÉGEOISES.
1579
L'an 1579, le premier de janvier, entra en l'église de Liège comme cardinal,
accoustré en rouge, en grande triomphe, avec la noblesse du pays, Sa Grâce
Kévérendissimc Mr Gérard de Groesbeeck, évesque de Liège. Ce même jour,
fut instituez à Paris par Henri, roy de France, troisième de ce nom, l'ordre de 5
la Saincte Trinité en l'église des Auguslins.
L'an mesme, en janvier, le prince de Panne print le chasteau de Kerpen
emprès Coullongne; en fébvrier, print pareillement le chasteau de Wert, et de
là vient le prince de Parme mettre le siège devant Treicht. En mesme temps,
eut en la ville de Coullongne (d) congrégation de plusieurs commissaires tant 10
des Estats que de la partie du roy, pour trailter de paix, lesquels flnablement
se départirent sans rien conclure ".
L'an mesme, le sixième de mars, furent brusléz les fauxbourgs de la ville de
Sainct-Tron par les Espagnols pour un capilain que ceulx de la ville avoyent
tirez mort. Ce mesme an, furent faictes par ceulx de Treict grandes pilleries 15
par le pays de Liège.
L'an mesme, le 7 de mars, furent baptisez à la paroiche Sainct-Albert en
Liège trois enffans d'une porture : un filz et deux tilles, lesquels peu après
moururent et furent tous ensemble enterrez en la paroiche Sainct-Martin en
Isle avec leure mère. 20
Le 9 de mars, arrivèrent les Espagnols devant et alenthour de Treict pour
l'assiéger et prindrent plusieurs prisoniers à leur venue, qui estoient sortis
pour aller piller à leur manière accouslumée, lesquels ils firent incontinent
pendre. Le 15° de mars après, passa sur la rivière de Meuzc l'artillerie et
munition de guerre pour les Espagnols estants campez devant la ville de Treict. 25
[Dont peu après donnarent les Espagnouls l'assault, pensant entrer en la ville,
mais ils furent rebaré bien Orcment par ceulx de la ville et grand nombre
d'Espagnouls, Italiens et Wallons demourarent mort dedans les fosse] a.
0 Passage omis dans le manuscrit 3.
(*) Sur ce congrès, voir II. Pirenne, Histoire de Belgique, t. IV, p, 156, note I, et Daius, op. cit., 30
p. 586.
REGNE DE GERARD DE GROESBEEK. 591
Le i"2 de juin an mesme, le procureur des Chartreux, ayant achaptéz
des poissons, s'en alla à l'église de Sainct-Lambcrt à ses affaires, où estant
arrivé, tombit de mort subite sans dire une seule parolle.
Le 17e du niesme mois, la veille du vénérable Sainct-Sacrament. Mr de Bcr-
5 laymont (*), seigneur de Hierges, estant peu de temps devant arrivez au camp
de Maeslreicht, voulant aller visiter la plus foible place de la ville, fut tirez
mort par ceulx de la ville.
Le jour du Sacrament, furent eneor baptizés en l'église parocbiale de Saincl-
Albert en Liège trois autres enlïans d'une ventrée, sortis en mesmc temps :
îo deux fils et une fille; la mère demeuroit à l'islea des Fèbvres.
Le 29 de juin, le jour de sainct Pierre et sainct Paul, du matin, fut prinse
la ville de Maestreicht, où furent mis à mort tous ceulx qui esloient sur les
ruues. hommes, femmes et enffans; plusieurs en se voulants sauver à VVyck
tombèrent en l'eau et furent noyez. Après fut toutte la ville enlhièrement pillée
!5 et les hommes, femmes et enflants qui resloient prins prisonniers et rançonéz
à grande somme de deniers. Ceulx qui ne pouvoient payer esloient mis cruele-
ment à mort. Le prince de Parme esloit général de l'armée.
L'an mesme. le 4 de juillet, après la prinse de Treict, fut reeonsacrée l'église
de Mr Sainct-Servais par le suffragant de Liège (2). et le lendemain fut faicte
20 une procession et fut porté le sainct Sacrament en grande solemnité comme le
jour mesme.
Saison d'aonst fort pluvieuse, par quoi les grains au champ furent fort gastéz
et en eut bien peu (3), et les vins furent très durs et très chers, le pot de vieulx
vin de France fut vendu en Liège deux florins liégeois et communément on
23 le vendoit 30 ou 54 aidants L'an mesme, mortalité générale Q.
a après la prinse de Treicht, fut à Liège sy grande mortalité et presque universelle : manuscrit 25.
(*) Gilles, comte de Bcrlaymont, baron de llierges et de Perwez, gouverneur de Gueldre. Cf. Lefort,
1" partie, t. II, p. 142.
(-) André Strengnart, éveque de Tagastc, évêque auxiliaire de Liège de 1 578 à 1615. Cf.
30 D. U. Beeiière, Les évêques auxiliaires de Liège, p. 97.
(3) Le prix des céréales ne marqua cependant qu'une fort légère hausse : le muids d'épeautre
coûtait en novembre 19 florins, soit deux florins de plus que l'année précédente. Cf. Manuscrit
Université n° 1380 : rapports faits aux éclicvins de Liège par les jurés des muids au sujet du prix des
grains de 1577 à 1596.
592 CHRONIQUES LIÉGEOISES.
*
L'an 1579, le vinte deusième jour du mois de janvier, le cardinalle
Grousbek, évcsque et prince de Liège se trouvant au conseil de la cité de Liège,
on y remonstrat quy n'avoit jamais esté ny paru autre que un prince porté
à la conservation du pays et de sa neutralité, nonobstant ce pays avec sa
neutralité qui n'est en guerre avec personnes, néantmoins les gens de guerre de 5
l'une ou l'autre partie ne cessoient de le maltraiter. Cependant en quelle forme
que le cardinal se mist, il ne pouvoit espuiser les soldats qui venoient dans
son pays, lesquels mangeoient et dévoroient tout, ravageant tout et constrain-
gnant les inhabitans de Hougarde à des grandes et immenses contributions, sy
bien qu'il fut constraint d'envoyer Jean !)ay, capitaine assé addonné à la 10
guerre avec quelques troupes les en desebasser, comme il fit. {Manuscrit 45,
fol. 295 v°.)
L'an loTi), la contagion fut suivie de la faminne, puisqu'un pain de seigle
se vendoit douze pattars et les autres vivres à proportion. (Manuscrits 43,
p. 769; 45, fol. 295 et 47, fol. UL) is
Amy lecteur, ne trouve estrange que je traiete de la ville de Trcct et non des
aullres de Braibant, c'est parce que Trect est en partie pays de Liège, mais le
roy s'en veut faire maistre au détriment des Liégeois. Audit Trect, se délivra
une femme de trois enfans; en ce mesme temps, fut refaietc la tour de Saint-
Laurent qui avait esté bruslée quand le prince d'Orenge vint devant Liège. 20
[Manuscrit 62, fol. 216 v°.)
Pendant ce siège (de Maestrieht), comme le prince de Parme n'avoit du
canon suffisant pour la batterie, l'évêque lui en prêta 20, entre lesquels il y
en avoit 12 belles et grandes, nommées pour leur grandeur et beauté les
Douze apôtres, lesquels on n'a jamais restitué, ains sont à présent par accident 25
tombées es mains des Hollandois, placées en divers villes et places, l'ayant
aussi assisté de toutes amonitions requises et de toutes sorte de vivres, avec
4,000 pionniers, ce qui avança fort ledit siège. Pendant lequel le prince
de Parme était logé dans Visé, ce qui offensa fort ledit prince d'Orange, s'en
réservant un jour sa vengeance, au contraire du duc de Parme qui remercia les 30
Liégeois de l'assistance qu'ils luy avoient fait durant ce siège....
RÈGNE DE GÉRARD DE GROESBEEK. 593
Or, comme les Liégeois couroient au camp des Espagnols acheter le pillage
et butin des pauvres Trectenaires, ils rapportèrent aussi avec eux la peste, qui
causa une telle infection que les terres des villages voisins furent laissées sans
aucun labeur et les grains sans élre coupés. Les Hutois furent plus sages, car
5 leurs bourguemaistres ne voulurent jamais permettre qu'aucuns de leurs bour-
geois y allassent.
L'Artois et le Hainaut s'étant démembrés de l'union des autres provinces sous
le nom de Méconlcns. les États généraux, voyans qu'on tachoit de les séparer
les uns des autres, firent et arrêtèrent, le 29 de janvier, une union et accord
10 appelé d'Ltrecht pour empêcher d'autres à se déjoindre. (Manuscrits 38,
p. 152 et 43, fol. 29-5)
Le 29e jour de jung an 1579, fut prinse la ville de Macstrichl par le prince
de Parme sans aucune perte de sis gens, par une matinée que le peuple esloit
endormy par force de travaille qu'ils avoient eu, où furent tués tous ceux qui
îs furent rencontrés. El n'eust été le prince de l'arme qui fit cesser les soldats, ils
eussent tout saccagé les bourgeois. Par quoy ils furent mis à ranson et tous
leurs biens confisquez et vendus. Par quoy les Liégeois allèrent requérir les
vieux chaudrons de leur grande mère, c'est à dire que les Liégeois allèrent
requérire leur bien que les Trectenairs avoient prins aux Liégeois du temps de
20 duc Charle de Bourgogne l'an 156S (sic) ('), lorsqu'il print et saccagea Liège.
Ainsy fut prin l'oiseau sur son nyd. Ores durant le siège, ils avoient forgé les
dallers de 40 patlars et autres, sur lesquels pièces estoient escript : Trajeclo
alby his (2) obsesso projustae causae deffensione, ayant d'un costé une main
tennante une espée, de l'autre une esloilie, qui est les armes de la ville. {Manu-
25 scrits 29, fol. 26 S V et 60.)
Pendant que ladite ville esloit assiégée, on y usoit de monnoye de cuivre
comme deniers, pattars, dalers et escus, estant escript à fung des cosléz :
Trajeclo ab Hispanis obsesso, et de l'autre eoslé esloit escript alentour :
Projustae causae defensione. Encor esloit escript alenlour : Protège, Domine,
30 (') Cf. Mandement non ilalc du Conseil privé, Dépêches, reg. IX, fol. 84 v°, interdisant aux
bourgeois de Liège d'acheter des objets provenant du pillage de Maestriclit.
(») Lisez : ab Hyspanis.
Tome II. 7d
594 CHRONIQUES LIÉGEOISES.
populum tiium propler nominis lui gloriam. (Manuscrits 27 et 64)
Après avoir tenu le siège devant icelle ditte ville l'espace de quatre mois et
y avoir cxploicté beaucoup de faicts d'armes, à cause que ceulx de dedans
faisoycnt grandes cl merveilleuse résistance, et y moururent des deux costés
grand nombre de gens et plussieurs braves et excellents ebevalliers et capitaines, s
tant Italiens, espagnols, Bourgingnons que Wallons. Entre aultre, du coslé du
Roy, moururent le comte de Berlaymont, seigneur de Hierge ('), d'un coup de
harquebuse, le fils Henry de Berlaimont dict Floyon, grand mayeur de Liège,
fut tiré en une jambe dont il en mourut; le capitaine, ja bourgmestre de Liège,
fut occis en une escarmouebe (2). Bref, qui vouldroit escrire louttes les parti- îo
cularilés de ce quy advinrent pendant ce siège tant en assaillant ladilte ville
qu'en escarmouebant, je croy qu'on en feroit un grand volume. Et pour ce que
ceulx de dedans n'avoienl point d'argent, firent forger monnoye de cuivre où
estoit impres à ung des costés les armes de laditte ville et l'aullre costé y avoit
une main tenante une espée et escript comme s'ensuit : Trajecto ab. Hisp. 13
obses. pro jus. causa defénsione, valissants aulcuns 4 0 pat. et estoient de la
grandeur d'un demy pbilippe daller, et aulcuns à l'advenant, avec laquelle
monoye les soldats acbaploient parmy laditte ville toulles sortes de nécessités et
n'osoit-on les refuser, ayants les gouvencurs de laditte ville faicl croire qu'in-
continent que le camp seroit levé, on leur donneroit d'aullre argent, et estante 20
ladite ville prinse, l'on trouvai ens maisons des bourgeois grands monceaulx de
cette monoye de cuivre. (Manuscrit 72, fol. 47 1 v°.)
Trccht assiégée par le roy d'Espaigne. — L'an 1579, la ville de Trect
fut assiégée par les gens du roy d'Espaigne et battue avec 62 pièces de
canons, dont la plus grand part on avoit laissé passer à Liège, se que on 25
n'eust faict s il n'eussent eslé rebelle et pillé le pays de Liège. La ville
donc fut ballue avec les canons susdits tellement qu'il firent une brèche
(,') Voir page 591, noie t.
(>) II. i m. ,11 de Berlaymont de Kloyon, né en 1552, fils du grand majeur Henri de Berlaymont.
Il servait en qualité de lieutenant-eolonel sous les ordres de son cousin Gilles qui fut également tué 30
devant Maestriclit.
RÉGNE DE GÉRARD DE GROESBEEK. 595
par où il montèrent à la brèche vaillament. Mais cieulx de dedens se deffen-
dirent si bravement qu'ils furent répuisés, non sans grand perd de leurs gens, et
y demeurèrent plusieurs grands seigneurs et beaucoup de blessés, et ausy des
brûlés par le feu qu'ils jectoient de la ville par les femmes, et ausi avec pieres,
5 tellement que les Espagnoles disoient eux-mêmes que jamais ils n'avoient veu
sy braves gens de guerre. 11 faut entendre que la plus grande parte paysans
illecque réfugiés et beaucoup qui n'estoient à dexlre aux armes. Aux uns
on donnoil des fléau avec des poinltes de ferre, aux aultres des grands pickot
de Hacourt; avec telles armes se défendèrent si bien et si dextremcnt qu'il n'est
io à croire. On faisoit contreminer les paysans ce que les Espaignolles avoient
miné, tellement qu'ils ne peurent rien faire pour lors.
Le 18e jour de juin, monsieur le conte de Berlaimont fut tué d'ung coup de
mousket, que fut une grande perte pour cieulx du camp. C'estoit un seigneur
prudent et sage et qu'estoit aymé d'ung chascun.
15 Comment la ville de Treict fut prins. — Le 29e de juin an 1579,
la ville de Trect fut prins par les Espaignolles sans perdre beaucoup de gens,
car cieulx de dedens la ville estoient fort fatigué du travaille de se deffendre,
mais l'on attribua à la permission divinne qu'ils s'endormirent si long
matinée que les Espaignolles, en estant adverli, entrèrent librement en
ao ladit ville et y estant entré, ils tuèrent tous cieulx qu'ils rencontrèrent; puis
après d'aulcuns furent mis à ranson et la ville mis au pillage. Ce faict, y fut
mis garnison par le ducq de Parme, pour lors gouverneur aux Pays Bas
et capitaine généralle, dont en fut faict un vers :
L'an 1579, de mois de juin le vingt neuvième,
55 Maestricht longtemps pucelle
perdit la fleur de son esloille.
(Manuscrit 62, fol. 218 V.)
L'an 1579, au mois de juing et après, à cause du siège de Maestreick,
moururent infinité de gens allenthour iludit Treick. Item à Aix et allentour;
30 à Liège semblablement en moururent grand nombre, mesme à Huy, Saint-
Trond, llasselt, iMaeseck et Stockhem et allenthour de ces carliers. Aulcuns
596 CHRONIQUES LIÉGEOISES.
cslimoicnt qu'on aulcunes dcsdiltes villes, moururent les deux tierces des habi-
tants. Cela advint à raison que les vilagois d'alenthour de la ville de Treick
estoient réfugiés ensdittes villes aveeque leurs bestiaulx, quy causât grande
putréfaction, même que beaucoup de gens dcsdiltes villes, mennoienl à vivre
audit siège, lequel estoit aussy infecté, et par ainsy rapportèrent laditte maladie 5
ens villes comme peste, corence et aultres (').
L'an susdit, fut le premier an que les pères Jésuiltes commencèrent à babiller
en Liège : premièrement se tindrent une espace de temps à la maison joincle
à l'engliese paroebiale à Saint-Servais et preschoient lors a Sainle-Croix.
Depuis ont demeuré en Souverain Pont, à l'opposilte de la chapelle des Clereqs, 10
dont de leur maison sont au présent faietes G à 7 maisons. Depuis Tan IhSl,
furent introduicls à la maison des Fralres sur l'isleau (2). Tout le temps qu'ils
ont habité en Liège, ont presché, communié et confessé premier en ladille
engliese de Sainte- Croix, depuis à Saint-Denis et depuis en leur englieses, où
puissent à jamais demeurer. ta
L'an susdit, fut accordé par les Estais du pays de Liège de payer sur ebascun
muid de spelte de rente 2 pallars, sur ebasque florin brahanl ung pattar, sur
chaque florin liégeois ung aidant (3). (Manuscrit 72, fol. 172.)
1580.
L'an 1580, le M" de janvier, retourna nostre évèque " de Stavelotz à cause 20
qu'on murmuroit en la cité de ce que les Espagnouls venoient manger et piller
tout jusques aux portes de Liège; cela fut cause que nostre bon évesque
se partit b en son batteau et s'en allai à Treiehl parler au prince de Parme qui
le receu en grand honneur (4). Puis cela achevé, nostre bon évesque fit une
" Sa Grâce : manuscrits 3 et 8. — b à cause... se départit : passage omis dans manuscrits S et 8. 2a
(' Sur cette épidémie, voir mandement du 20 juillet iù79.
O Voir page 52!, note i.
(3) L'impôt sur les renies fut volé par les litats dans la session de janvier i 578.
(*) Sur ces négociations, voir Dépêches du Conseil privé, rcg. X, fol. 203 v°, 2G9, 271. et reg. XI,
fol. 91 et 92. 30
RÈGNE DE GÉRARD DE GROESBEEK. 597
requcste au dit prince de Parme, et luy furent présentées les cleff de la
ville en un plat d'argent, et luy fut accordée sa requcste, car peu de jours
après, les Espaignollcs se retinrent hors du pays de Liège, et après ° fut
mys tant du cousiez de noslre prince que du roy d'Espaignc garnison en la
s dicte ville.
Le 7e d'avril ', dernière des festes de Pasques, tremblement de terre.
Le 27 de fébvrier du an mesme, fut la ville de Treicht (L) prinse par le
comte d'Aygmonl avec l'ayde des bourgois qu'avoienl plusieurs gens du roy en
leurs maisons,
to L'an mesme, sèche temps durant aussy depuis le mois de may jusques
à novembre presque continuellement; les rivières et eawes fort petiltes, et
n'esloil en mémoire d'hommes de les avoir veu si basses c.
L'an mesme, le 12e d'aoustrf, tombât le tonnière sur le clochier Noslre-Dame
à Huy, et emprès de Huy emporta un tacq de grains que un moulnicr avoit sur
15 sa teste, sans mal faire au dit moulnier, cl à Boisée tombal sur un chaisne,
à Liège sur une maison emprès de la boucherie.
En mois de septembre e an mesme, furent emmennées qualtre pièces de
canon hors de la cité pour aller battre le chasleau de Diepenbeeck (2), où se
tenoienl des voulleurs'el fributz, par les quattre compaignies et bourgemaistres
20 " puis cela... garnison en ladite ville : passage ainsi rêiumê dans manuscrits S et S : et après ayant
parlé au prince susdict pour les affaires du pays, peu de jours après, retourna en Liège. —
6 le 6 d'avril, entre six et sept heures après disné : manuscrit 3 . — c Le 27 de fébvrier...
veu si basses : passage omis dans manuscrits S et 8. — d du matin : addition du manuscrit 3.
— ' Nous suivons ici le texte du manuscrit 6' plus complet. — le 28 de septembre : manuscrit 3.
25 — / coureurs qui prendoient tout ce qu'ils trouvoient sur les pauvres villageois : manuscrits 3, 8,
25 et 87. Ces manuscrits donnent ensuite la version résumée suivante : le premier d'octobre
(i) Il faut lire : Bruxelles. Il s'agit de la surprise tentée par Philippe d'Egmont contre la ville
de Bruxelles. Cet événement eut lieu le !i juin 1K79 et non le 27 février 1580. Cf. Mémoires
anonymes, t. IV, p. 14i, et Hgnne et Wautehs, f/istvirc de Bruxelles, t. I, p. 182. Iîenon de France,
30 Histoire des troubles des Pays-Bas, t. Il, p. B33 (éd. Piot), place aussi par erreur cet événement en
février 1880.
(*) Sur la reprise du château de Diepcnb:eck enlevé aux troupes mutinées de Diest, voir Dépêches
ti Conseil privé, rfg. XI, fol. 259 v°, 240 v», 272.
598 CHRONIQUES LIÉGEOISES.
qu'esloinl pour lors le seigneur Andry Dans (') et maistre George Gosuin (*).
Ayant donc donné aucuns coups d'artillerie, se sont rendu par composition
à Monsr de Colonster (3) et au capitaine Jean Gcorgio (4) qu'avoit une eompai-
gnie de lances, pour le servis du dict pays. Dedans le chesleau, il n'y avoitque
qualors hommes et eincq garçon et plusieurs garscs. lequellc, après la composi- s
tion, Monsr de Collonsler les at prins à sa protection, les pensant emenner hors
du pays à saveléz, mais il furent tous tuez, sans eschaper ung seul, par
les Hesbignons qu'estoint en armes emprès du dict chesleau, ce qui fut contre
la volonté Monsieur de Collonsler. qui pour lors fit protestation contre eulx.
Après, la garnison estant mys, les bourguemaislrcs et les qualtres compaignics 10
se retirèrent vers la cité et les diex hommes avec grand nombre des bourgoys
allèrent au devant d'eulx, puis il rentrèrent tous en la cité. L'an mesme, le vint
neulïesme de décembre " entre troys et quallres heures du matin, trespasat
nostre bon prince et cardinal Gérard de Groesbeeck, et le lendemain après les
vespres, fut enterré au chœur de 1 église Sainct- Lambert '', dessoubs une 15
feneslre c vers le palais, et ung peu de temps après luy fut dressé une épitaphe.
se rendirent à Mr de Colonster, capilain d'une enseigne des carabins qui estoient devant avec
les villageois d'alentliour, seulement leurs vies sauves. Mais les villageois, considérants les maulx
qu'ilz avoient endurez, les mirent tous à mort sans miséricorde, maulgré ledit capitain. Le
2 d'octobre, s'en allèrent les compagnies au devant de l'artillerie et retournèrent le mesme jour 20
après disné avec le burgliemestre Andrier Dans. — " le vingt uniesme de septembre : manuscrit 8.
— b contre le mur : addition du manuscrit 5. — c Dieu luy fasse pardon. Amen : manuscrit S. —
Dieu luy face miséricorde, car c'estoit un prince qui avoit beaucoup endurez de mal pour garder et
tenir son pays en bonne paix : manuscrit 3. — desoub une fenestre où l'on metloit communémeut
le calixee, un plat d'argent pour administrer le prestre chantant la messe au grand auteil. Et luy 2s
fut mis une belle épitaphe composé par Dominique Lampson, brugois, son premier secrétaire.
Dieu lui fasse miséricorde... 11 fut enterré, comme est dit, au côté droit du grand autel de Saint-
Lambert, près de George d'Autriche : manuscrit 38, p. 139.
(') André d'Ans, seigneur de Velroux et Lexliy, fut six fois bourgmestre de Liège. Cf. Navkau,
Généalogie île la famille d'A ns, p. 8. 50
(•) Sur Georges Goeswin, voir fteeueil des bourgmestres, p. 318.
(s) Guillaume de Horion, seigneur de Colonster, 1K75-1G15. Il avoit reçu, le 2B septembre 1580, la
mission de recruter des soldais pour reconquérir le chàleau de Dicpenbcck. Cf. Dépêches du Conseil
privé, reg. XI, fol. 217 v°.
(*) Cf. Dépêches du Conseilprivé, reg. XI, fol. 239 v". 53
RÈGNE DE GÉRARD DE GROESBEEK. 599
*
* *
Dés le 2.3 de mars auparavant sa rnorle, fut publiée au peron, par une nuicle
de la grande Pasque, par ledit évesquc, le chapitre et les bourghemeslres de la
Cité la pécune sans le consentement d'aucun mestier, tellement que le mesme
jour s'opposèrent allenconlre aucun mestier, scavoir les fèbvrcs, brasseurs,
5 orphèvres, escailleurs, escriniers, viniers, drappiers et autres jusques an nombre
de 10 et de fait firent anniceller et dispublier ladilte pécune au son de la
trompette.
L'an mesme, s'accoucha une femme sur Avroit près de Liège d'une enffant
qui avoit deux testes, trois bras et un rat au visage, lequel fut baptisé puis
10 morut. L'an mesme, s'accoucha aussy à Huy une femme d'un enfant malle et
frumclle, dont le fils lenoil une espée en sa main et la fille une verge. (Manu-
scrits 29; 58, p. 136 et 70, fol. 266 if.)
Le cardinal, ayant fait ses levées, mande en armes les Francimonlois,
Longnarts et Hesbignons avec ceulx du baillage de Pont pour aller investir
15 Diepenbck qu'aucuns soldats ou voleurs du roy avoient pris pour mieux ravager
la comté de Looz, où ils commetloient beaucoup de maux, détroussans les mar-
clians. Laquelle il fit battre de quatre pièces de canons où, après quelques assauts
qu'ils soutinrent, ils se rendirent, la vie sauve, à la mercy de l'évêque. Puis fut
commandé à tous paysans de tuer tous soldats qui seroient trouvé faisans foule
20 sur le pays. D'autres ont écrit que la garnison fut taillée en pièces, de quoi
l'évêque reçut des plaintes des Espagnols, qu'à leur grand préjudice les Tongrois
entretenoient chez eux les gueux et soldais des Estais où ils reeevoient leur
bulin, y permettant rançonner les prisonniers, dont il leur fit une expresse
défense de ne plus les recevoir ny soustenir à telle fin sur des grandes peines.
23 L'an mesme, se vendoit le stier de grain xxu florins et l'an suivant, seulement
xxviii palars. (Manuscrit 58, p. 13 S) (1).
(*) Les rapports des jures des muids aux échevins de Liège, notés dans le manuscrit 1 580 de
l'Université de Liège, ne confirment guère de tels écarts de prix. Le 17 février, le muid d'épeaulre
cotait 2I florins; le stier de froment, (I '/j florins et le stier de seigle, 5 '/, ou i '/a florins; le
50 12 novembre, les prix étaient respectivement 20 florins, G florins, 5 '/« florins; le 50 oetobre 1581,
16 florins, 6 florins 5 patars et 4 florins 14 patars.
600 CHRONIQUES LIÉGEOISES.
L'an 1580, au commencement d'octobre, on vit une commette en l'air. Elle
n'esloil si grande que celle qu'on avoit veu l'an 4578.
L'an susdit 1580, du temps desdits bourguemaistres, fut donné ordre et
commandement au pays de Liège de passer monstre et de couper tout voleurs
et vagabons faisans foulle sur le pays. El audit temps, il y eut une si grande b
famine que l'on vendoit le stier de wassen 22 florins liégeois et tout autres
grains à l'advenant, ce quy causa une grande pauvreté entre peuple. (Manu-
scrit 7 2, fol. 172.)
Ayant à discourir des monstres les plus prodigieux de nostre siècle, touttes
eboses quoy qu'elles soyent espouvanlabies et quoy que comme advenuez contre 10
nature, toutefois elles ravisent le monde fort en admiralion, ce que la nature,
laquelle ou par trop grande abondance de semence ou le défaut d'icelle at faict
naistreou avec moins ou avec plus de membres que la composition parfaite de
l'homme ne requiert, nous démonslrc qu'en l'an 1580, au mois de mars, une
femme demeurant sur Avroy enfanta un enfant qui avoit deux testes et trois is
bras avec un rat au visage, lequel ne vesquil de durée, mais en mesme temps,
en la ville de Huy, une autre femme s'acoueba d'un enfan mal et femelle, dont
le fils lenoil une espée en sa main, la fille une verge en la sienne, chose de
grand présage. (Manuscrit 43, fol. 296.)
Appréciations sur le règne de Gérard de Groesbeecli. — Il gouvernât 20
son pays fort sagement et le tint en paix suivant les troubles qui pour lors
estoient tant pour les Estais du pays, que on nomme le pays bas, que les
gens du roy d'Espangne, qui se faisoient la guerre l'un l'autre. Or comme
le pays de Liège est voisin à eulx, cela ne se peut passer sans que le pays
n'en receut grand dommaige. Et toutlefois il fit par sa prudence que nulle 23
ville n'en receul nulle guerre de son règne, qui durai dix sept ans, durant lequel
il n'eut guaire de repos pour satisffaire tanlost à l'ung, lantost à l'autre, aflin
que tous bons bourgois des bonnes villes du pays que Liège mesme fust en
repos. Car c'estoit un homme qui aimoit la paix, combien que son pays endurât
beaucoup, tant des gens du roy que du prince d'Orainge. (Manuscrit 29, 30
fol. 261 t5°. Version plus abrégée dans manuscrit 38, fol. 139.)
En son vivant, chacun en disoit mal et ce que bon sembloit, mais du depuis,
RÈGNE DE GÉRARD DE GROESBEEK. 601
il at esté bien regretté des grands et des petits. Il avoil esté trois ans eardinalle.
Cestoit un bon prince, humble, sage et vertueux, faisant de grands biens aux
pauvres et esloit un homme libéral envers un chacun; il ne désiroit que paix.
11 avoil rendu grand peine entre le roy d'Espangne et le prince d'Orange pour
b les mettre d'accord. Il se fit presque pauvre pour gaingner l'amitié des seigneurs
d'une parle et d'autre, pour la confirmation de son pays, comme il aparu bien
à sa mort. {Manuscrits 29, fol. 266 et 58, fol. 459.)
Règne de Gérard de Groesbeeck, d'après le manuscrit B. R. 15794 . —
Et conlulit se Lcodium et summi templi canonicis commoratus est. Inde ad
io summam morum integrilalem omnium calculis qui illis preesset et cujus arbi-
trio gubernarentur in decanum electus fuerat; postca, eum hune gradum benc
administrasse et omnibus ejus singularis erudilio raraque pietas perspecla
esscl, defunelo prcsule superiori. omnium suffrages in eedesia illius episcopus
(factus est) anno Domini M0 V'LXIIII, xhi" aprilis. Quam functioncm ctiom
is magna dexteritate perficit et ab omnibus plurimiim ob virttites diligitur, lileris
sacris sedulo incombit et ut omnia bine inde rite peragantur, quantum in istis
rerum turbis ficri potest, summa diligentia instat qui eliam suis virlulibus aliis
exemplo est.
Anno M°VCLXV°, in tumullu herelicorum, omnia ad inlerilum spectare
20 videbanlur. Ipse sua prudenlia sue diocesi providit ut non modo ab hoslibus
improbitale subdili tuerenlur, verum ctiam ut religio catholica conservaretur,
virus illud hereseos, ubi locum lixisse videbalur, extirparclur, summis
viribus advigilavit. de re catholica quod oplimc mereri studet. Qui et
ingentem sue pietalis mercedem defendendo religionis gloriam, jam nuper
2o conseculus est.
Eodem anno, inceperunl Geusii agere suam Iragediam....
Eodem anno, venerunt predicatorcs, magis pseudopropbete, annunliantes
absurda et contra fidem calholicam. Primo in Trajeclo, secundo in Mauseck et
Hassclt doctor Germanus, qui fuit perditio et ruina Hassellenlium. Eodem tem-
so pore, inceperunt Hoyenses eamdem opinionem secrète predicare, militas levi-
tates faciendo. Eodem anno, conslitutus est quidam seditiosus homo, nomine
Tome II. 76
602 CHRONIQUES LIÉGEOISES.
Laborlct ('), magnus scminalor discordiarum el pcrfeclus hereticus, ul poslea
declarabitur suo loco, et ductus fuit ad castrum Hoycnse. Eodem tcmpore,
inventi fuerunt pluies falsificatores monele auri et argenti; major pars recessit
a civitate, sed unus caplus vivus combustus fuit in foro Leodiensi.
Anno M°VCLXVI, in mensc augusti, rumor sparsus fuit Leodii quod s
Anlverpienses ecclesias cum imaginibus comburcrcnt et démolirent. Illustris-
simus, audiens talia, prccepit ul spiriluales,scilicel canoniei, cum civibus vigilias
ordinarcnt et facercnt noctu dicque. Bonitalc Dei, omnes ecclesic conservate
sunt usquc in hodierum diem. Deo gralias.
Iusuper dux Albanus in Flandriam appulit... io
Et ut accuratius negotia sua perageret, nonnullos Lovanium misit qui
comitem Burensem (2) adduccrcnt, nempc comilis filium Auriaci, anno 1568,
qui Antverpiam adductus fuit, comitanlibus sex nobilibus Germanie duo-
decimque equeslris ordinis, deinde sub comitis de Landron (3) cuslodia missus
fuit in Hispaniam, sludendi gratia, in Academia de Alcana eique pro sumptu is
suo consessum fuit a Sua Majcstalc ut annue duo millia scutorum baberet,
idemque preslitisset filio comitis Aigmonlcnsis et Hornensis nisi nimiuni ipsis
tenera fuisset ctas ad tanlum iter peragendum.
Tune Albanus dux consilium accersiri jussit adversus comitem Aigmon-
lenscm et alios nobiles caplos ac precepil ut capite pleclercnlur. Cornes autem îo
Aigmontensis audiens se morli adjudicalum non mullum motus fuit al solum
hiis verbis est usus : « Durissima bec senlentia, neque puto ita offendisse
Suam Majestatcm ut morte simili moriar, que summum miebi dedecus est pari-
tura. Si offendi, sit mors errorcm meorum expiatio, non autem posleri mei
bonis privenlur. Quod magis est, preelara mea gesla merenlur ut utamini 25
aliqua gratia erga me, sed cum ea sit voluntas Dei regisque mei, mortem equo
a ni mo excipiam ». Sic altero die mane, sacro reverenler audito, confessus est
sua peccata et sacra communione se munivit. Idem prestitit cornes Hornensis,
die proxima, que erat sexta junii anno 1568. Ornatum fuit theatrum nigris
(«) André Botirlettr. Cf. D*ms, Histoire... du XVIe siècle, p. 312, et C. TinoN, op. cil., pp. 171-17!». 30
(•) Philippe-Guillaume de Nassau, comte de Burcn, fils de Guillaume d'Orange.
(*) Le comte Albcric du Lodron.
RÈGNE DE GÉRARD DE GROESBEEK. 603
pannis ubi juslicia erat agenda super forum Bruxellense, liabens duas colump-
nas erectas ad supponenda capila et ibi prope duo erant pulvinaria, et duabus
horis circilcr anlc prandium, cornes Aigmonlensis primus ad lliealrum ductus
fuit, associatis duclore exercitus cum suis militibus, nonnullisque presbiteris
5 atque etiam episcopo Iprensi (J), confessore suo.
Anno 1567, xx° januarii, obiit reverendus et generosus dominus Arnoldus
a Boucboult ('), prepositus Leodiensis, plenus magnis et pinguibus benefleiis
et prelaluris.
Anno eodem, advenit detestabile facinus circa nonam et decimam in ecclcsia
10 Marie INamurcensis. Celebrabal quidam sacerdos nomine dominus Oomicianus
missam. perveniens usque ad sacrifieium et consecrationem, sacerdos elevans
corpus Cbrisli. Aderat ibi prope detestabilis nebulo, volens e manibus sacerdolis
eripere et pedibus conculcare, sicut fassus est in tortura. Supervenere duo
juvenes; arripienles eum duxerunl captivum et filii fuerant magistri régis qui
io dicitur magnus molendinus. Et sic judicatum morti vivus combuslus fuit;
primo combusta fuit ejus dcxlera manus; sic miser obiit.
Anno 1508 xu° februarii, eleclusfuit nobilis et generosus dominus in prepo-
situm Leodiensem via Spirilus Sancti Wilhelmus a Pictavia (3;, cum magna
alacritate civium.
20 Eodem anno, combusta fuit pars ecclesie Sancti Egidii per negligenliam
cujusdam religiosi (4): stibvenerc illis multi boni prelali. maxime secundarie
ecclesie Leodienses.
Eodem anno, feria sexta post festum Pasehe, vu0 aprilis, accidil in illa pro-
cessione solempni ubi omnes ecclesie tam eanonicorum quam monachorum,
2b tempore quo canlabalur symbolum apostolorum, venil quidam nomine Broccba,
homo seditiosus et hercticus, qui temptabat eripere pasloris baculum ; (amen
Deo juvanle, non potuit, sed cepit clamarc : « Vive les Ghcux ». res satis peri-
culosa.
(*) Martin Rithovius, premier evêque d'Ypres.
30 [*) Arnold de Bocholtz, prévôt de Liège, du 5 juillet 1558 au 25 janvier 1568. Sa mort se place
en 1568 et non en 1867. Cf. de Theux, op. cil., t. III, p. 84.
I*) Guillaume de Poitiers, prévôt de Liège, du 12 février 1568 au 1" août 1570.
(*) Voir page 533, note 1.
604 CHRONIQUES LIÉGEOISES.
Anno 1508, xxim0 aprilis, proslrali fuore rebelles et confederati régis calho-
lici pcr llispanos propc Dhalem circilcr mille et vc.
Anno millesimo quingenlcsimo sexagesimo oclavo, in mense junio, ex mul-
torum sermonibus cognovît Sua Celsitudo Ludovicum romitem Nassioniensem
legisse copias quibus siilïulltis janiFrisie urbes agrosque depopulabalur et insane 5
lurltinc belli everlebal. Quid ergo dus invietns, hiis pcrccplis. fecit, quain
rationem iniit. qtiam opem afllicto ac prope desperalo Chrislianorum régi per-
tulil. se nulla mora in hostem arniavit, sibi militis legiones aliquot sumpsit,
forliores cquitum tnrmas selcgit, omnia denique ad cerlamen instiluendum
necessaria sibi comparavit, ut tandem hostium corroboratam vetustate audaciam 10
confringerct et eorum impetus retunderet. Venit igitur ad hostem, armatas
cobortes trahens, xxn° julii, horaque eirciter deeima anlemeridiana, Christi
fiducia quasi galea munitus. hostilem exercitum lanla vi cecidit ut omnes cos
religionis hosles sacrorumque predoncs inlerimeret, quibusdam tamen exceptis,
qui sese in fluvium fuga salutem querenles prceipilavere flumineque mersi 13
miserabililcr occubuere ('). Cesis igitur jam seplem aut oclo millibus hominum,
solus evasit cornes Ludovicus, qui lamquara lupus immanis dentés suos
Chrislianorum profuso sanguine cruenlarat. Nec vero exigua spolia abhoslibus
retulere christiane fidei defensores. mulla lormenta bellica cum ferrea tum
cuprea hostibus preripucrunt, maximam annone copiam amplissimam, rerum *o
omnium segelem inlerceperunt, et vicecomitem in vincula conjcccrunt. Sed
rairum illud est et immensitale quod hostiles copie hoc prelio ita proflicalc
sint, inlegri aulem ac pêne intacti Cbrislianorum exercilus permanserit. Qua
in re solis luce clarior elucescit veritas sentenlie hujus ; « Si Deus pro nobis,
quis contra nos? » ISeque humanis viribus adeo féliciter bellum ullum admi- 23
nislrari possel, sed extilit suis propugnaculum Deus, cujus fortulidine nulla
non modo hominum sed ne quidem beatorum spirituum in oratione possit
exprimere. Tandem, re confecla, in palriam reversi sunt. Una fuere cum
Albano princeps de Maygbc (*) cum quindecim bcllorum signis, neenon
i«) Bataille de Jengum Cf. il. Pirenne, Histoire de Belgique, t. IV, p M. 30
(',) Charles de Brimeu, comte de Meglicm. Cf. page 502, note 1.
RÈGNE DE GÉRARD DE GROESBEEK. 605
strenuus ille miles generosus dominus de Hyeyghe (') et gubernator IMiilippi
oppidi, dominus de Bylli (2), magna etiam miiitum calerva cincli.
Quomodo princeps Auriacus a Germania in bellum descenderit collectis
ex variis nationibus copiis munitus. Anno I068, in mense augusli, venit in
s Gnes polenlissimi régis Philippi cum plerisque comilibus ac principibus
a Belgio fugilivis qui se illi eomites adjunxerunt, venit, inquam, et secum
ingenlem equitahim pedilumque exercitum duxit. Qui quantum eeclesie calho-
lice detrimenti altulerunl, templa violantes cl prophanantes, quantum Colo-
niensium arehiepiseopi urbibus plurimisque aliis . Dux Albanus, cum omnia
10 non sine m;igno animi dolorc ac molcslia percepisset, in mense augusti compi-
lavil ex diversis genlibus copiosum exercitum quem in campo slatuit ac indc
Trajcctum inlcr et Reyken castra posuit. Jam vero hostem instare audiens,
suos (fecil) pertransire flumen. unde facilis et aperlius patebat utriusque
exercilus aspeclus propler montium ex ulraque parte fluminis allitudinem.
15 tërat aulem princeps Auriacus circa Herviam. Qui Trajeclam accederc propius
volens, tubicincm ad serenissimum principem Leodicnsem et amplissimos
Lcodiensis civitalis consules legavil ut ab iis transilum, ilemque cenlena millia
scutorum, liberamque per urbem ir.flandi tubas facultatcm oblincret. S?d bene
ponderala pelilione cjus, volis nequaquam annuerunt, sed legatum, re non
îo impetrata, dimiscrunt. Gptatis vero frustratus, princeps, juvanlc quodam pro-
ditore, qui fluvii profundilalem ei patefecit, cum suis omnibus flumen est
transgressus, 26° octobris. Statim vi in templa irrumpebant, ea humanisejus
milites aptabant usibus, imagines Cluisti, venerandum Corpus Donsini peilibus
conculcabant, orreas suas sacrosanclo oleo ungebant. 0 facinus borrendum
2o et inaudilum, 0 incognitam et inusitaîam rabiem! Interea forlissimus dux
Albanus suos in campum cerlamini conslilulum ire jubet. qui obvii hostibus
facti, acriter quidem decerlarunt, sed levi utriusque partis detrimento. At
screnissimus Leodiensium princeps, cum inleilexit Auriacum principem
fluvium pertransivisse, in singulas urbes misis propugnacula, mililum manus
30 scripsit ad corroborandas urbes, ideoque pergere ulterius coacli in nrabantiam
(«J Gilles de Bcrlaymont, baron Je Hierges. Cf. page S'JI, note I.
(*) Gaspard de Robles, seigneur de Billy.
600 CHRONIQUES LIÉGEOISES.
iter fecerunt ac in ipso ilinere plurima tentaverunt oppida ac imprimis Tun-
grense oppidum quoi! cis concessit ut in oppido cxiguo tanien numéro vcnirent
ad cmcnda necessaria.
De Trudonensi dedilione et de eaplivilate domini abbatix illius monaslerii
ac oppidi (1). Kodem anno, hereticorum furor ad oppidum Trudonense 5
pcnelravit. magno Cbrislianorum numéro hominum dolore, sed cum hii Iiosles
arccrenlur e mûris et aditu prohiberentur ac sese in foro congregnrent, consuli
claves e manibus extorserunt et hoslibus in urbem adilum prebuerunt, non
sine multorum nobilium ingenti miseria et calamitatc, qui tutos ibi se fore
existimanles, omnia secum bona eo advexeranl, que subilo impelu ab hercticis to
per fas nefasque direpta sunt, sed non exlincta est lantis opibus eorum silis.
Cum enim florentissimum illius monastirium ad extremam egeslalem rede-
gissenl, abbatem coegerunt ut se in manus eorum captivum traderet, Quod nisi
facerct. sese totam urbem ac ejus domum diruturos minabantur. Degebat reve-
rendissimus dominus in turpissimo et tanto hominc minime digno loeo ob 13
crudclitalem lalronum. Cum ad eum Irislia liée pcrlata sunt. quibus ipso rcs-
pondit malle se eaput suum hoslibus objicere quam sui causa urbis tolius
videre exeidium, confeslimque sese hoslibus dédit. Qui horrenda in eum
sociosque cxereucrunt. Cum nempe eos in sordido slabulo, proeh dolor, tam-
quam pecora aul bruta animalia commorantes dirissimis vcxabant modis, 20
offertur abbas caplivus et misère vinclus eomili Ludovieo, qui in abbalis custo
diam milites deputavit, ab eoque prelium rcdemptionis triginta millia dalero-
rum dari sibi peliit.
(•) Cf. Straven, Inventaire des archives de Saint-Trond, t. III, p SS et Ciiapeauville, t. III, p. 440
Additions au texte de Mélart extraites des manuscrits 37 et 39.
Comme le lecteur aura pu s'en convaincre, le texte le plus répandu des
chroniques vulgaires est, pour le XVIe siècle, assez insignifiant. Dès que le
compilateur qui l'a formé ne dispose plus de relations historiques comme celles
s qui lui avaient fournies, pour les temps antérieurs, Adrien d'Oudenbosch et
Jean de Looz, il ne trouve plus pour étoffer son récit d'autres ressources que
les recueils où des contemporains avaient noté fort brièvement les grands
événements de leurs temps, les caprices des saisons, des faits divers sensation-
nels, des crimes, des accidents, des miracles, l'apparition de comètes ou la
10 naissance de monstres. Le récit se relève toutefois un peu lorsqu'on arrive au
règne de Gérard de Groesbccck.
Certaines chroniques pourtant ont été composées avec plus de largeur de vue
et de clairvoyance. Ce sont celles qui reproduisent la source dont s'est servi
Mélart pour écrire ce qu'il a si mal intitulé Histoire de ta ville el chasleau
is de Huy et qui n'est en réalité qu'une chronique liégeoise formée aux mêmes
sources que la chronique traditionnelle pour les temps antérieurs à 1ère
moderne. Mais elle devient de beaucoup supérieure à la chronique tradition-
nelle dès qu'elle aborde l'histoire du XVIe siècle. C'est que l'auteur qui l'a
écrite a interrogé sur ce temps des séries de documents nouveaux : recueils
-° d'ordonnances et de cris de perron et délibérations des Trois Etats et comme
les archives ne nous ont conservé ces documents, en une série bien continue,
qu'à partir de la fin du XVIe siècle, l'histoire de Laurent Mélart mérite d'être
considérée comme une source très importante. Mais comme ce texte est déjà
imprimé, il n'était pas nécessaire de le comprendre dans cette publication.
15 Mélart en est-il réellement l'auteur? Ce n'est pas probable. D'autres chro-
niques donnent un texte puisé à la même source. Mais on constate que parfois
elles ajoutent ou retranchent certaines phrases, ce qui prouve bien que ceux
qui les ont écrites utilisaient non pas le livre de Mélart mais une relation
008 CHRONIQUES LIÉGEOISES.
manuscrite que l'ancien bourgmestre de Huy a allongée de ses sentencieuses
réflexions et de phrases de transition, originales et caractéristiques.
Deux manuscrits surtout, les n0! 57 et 39 de notre liste, permettent de
compléter Mélart et nous allons donner ces additions, non parce qu'elles révèlent
toujours des détails importants négligés dans Vllisloire de IIny, mais parce s
qu'elles peuvent peut-être servir un jour à retrouver la source originale dont
toutes les copies signalées aux numéros 57 à 45 se sont inspirées.
A la vérité, le manuscrit 57, écrit en 1662, alors que Mélart fut imprimé
à Liège en i G i 1 , reproluit si fidèlement les phrases de Mélart qu'on pourrait
admettre qu'il n'est qu'une copie abrégée du livre imprimé. Mais parfois son 10
texte contient une ou deux phrases différentes. Il serait d'ailleurs étonnant que
celui qui l'a écrit aurait dépensé tant de veilles et tant de peines à reproduire
par l'écriture ce qu'il pouvait si facilement acquérir chez un libraire. Le manu-
scrit 57 est une compilation unique, qui à ce titre aurait pu être classée avec
les manuscrits n*s 152 à 148 de notre liste. Si nous l'avons distrait de celte série, 15
c'est que son importance réside uniquement dans le fait qu'il a utilisé la même
source que Mélart. Ses deux autres sources sont la chronique traditionnelle
qu'il résume en interrompant après deux ou trois pages son récit principal et
sans se soucier de se répéter, et une autre relation anonyme limitée aux seuls
événements de la vie religieuse. Pour le XVIe siècle, ces emprunts à ces 20
sources sont classés parmi les textes publiés précédemment. Pour les quelques
passages inédits des temps antérieurs, nous les confondons dans la série qui va
suivre, bien qu'ils ne proviennent pas toujours de la source de Mélart.
Le manuscrit 59 donne toujours une version beaucoup plus résumée que
celle de Mélart, mais on n'y constate pas les lacunes assez visibles dans l'œuvre 25
de l'historien hulois, par exemple entre 1432 et 1 4-44, 1456 et 1465, 1492 à
1501, 1548 à 1557. Son auteur s'en est tenu à la seule source de Mélart, com-
plétée parfois par l'analyse de documents. Quelques-uns de ceux-ci ont disparu
et c'est ainsi qu'on trouvera, dans les notes qui vont suivre, la reproduction
d'un accord entre Louis de Bourbon et Charles le Téméraire en 1469 et un 00
règlement pour le Tribunal des XXII non daté, mais vraisemblablement pro-
mulgué en 1551 en même temps que les autres ordonnances relatives aux
Cours de justice, à la Cour féodale et au Conseil ordinaire.
ADDITIONS AU TEXTE DE MÉLART. 609
L'archidiaconé de la Hasbaye a 242 paroisses lui suject, l'archidiaconie de
Brabant a 190 paroiches, l'archidiaconie d'Ardenne a 117, l'archidiaconie de
Hainaull a 111, l'archidiaconie de Condroz a 143, l'archidiaconie de Campine
a 184. l'archidiaconie de Famine a 111, l'archidiaconie de Liège a 32. Celle de
5 Liège se nomme communément la prévosté.
Entre lesquels chanoines (de Saint-Lambert) il y a encor la dignité de
8 à 10 prévostées dans les aullrcs églises secondaires, qui ne peuvent avoir
aultres prévost que des chanoines de Saint-Lambert, comme aussy quelques
aultres qui sont hors de la Cité, comme à Tongres, Fosse, Huy et ailleurs.
io Item il y a encor 12 abbasitéz, à scavoir, comme a esté dit, de Nostre-Dame de
Saint-Lambert à Liège, de JN'ostre-Dame à Tongres, de Nostre-Dame à Maes-
tricht, de Nostre-Dame à Namur, lors diocèse de Liège, de Nostre-Dame et
Saint-Perpète à Dinant, de Nostre-Dame et Saint-Arnold à Malines, de Nostre-
Dame et Sainl-Théodaire à Saintron, de Nostre-Dame et Saint-Pierre à
15 Curange ou Curaye, de Nostre-Dame et Sainte-Harlinde à Maeseyck, de Nostre-
Dame et Saint-George et Sainte-Aude à Amay, de Nostre-Dame et Saint-Pierre
à Aine, de Nostre-Dame et Saint-Hadelin à Celles alors, mais à présent à Visé.
A ceste magnificence appartient encor de scavoir qu'en la seule église de
Saint-Lambert, l'on compte 40 chapelles ou autels, 74 bénéfices et plus
îo de 100 aultres serviteurs et officiers de l'église. Ce n'est donc pas de
merveille sy plusieurs de ce noble chapitre et clergéz ont esté appelez
non seulement aux éveschéz et au cardinalat, mais aussy au suprême
degré de pontif de Rome. Tels sont estez Saint-Etienne ('), 9",e de ce nom,
Nicolas, 2™ (2), Urbain, ime (3), Grégoire, 10m8 (4) et Clément, 7me (5) de ce
25 (*) Frédéric, archidiacre de Liège, fils de Golhelon le Grand, neveu du pape Léon IX, élu lui-même
pape en 1057 sous le nom d'Etienne IX. Cf. de Tiieux, t. 1, p. 72.
(*) Gérard de Bourgogne, chanoine de Saint-Lambert en 1051, archidiacre en 1036, élu pape
en 1058 comme successeur d'Etienne X, sous le nom de Nicolas II. Cf. de Tiieux, t. F„ p. 67.
(») Jacques Pantaléon, né à Troyes, chanoine de Saint-Lambert en 1254, archidiacre de Campice
30 en 1213, élu pape en 1261 sous le nom d'Urbain IV. Cf. de Tiieux, t. I, p. 253.
(4) Thibaut, comte de Visconti, chanoine de Saint- Lambert et archidiacre d'Ardenne en 1252, élu
pape en 1271 sous le nom de Grégoire X. Cf. db Theux, t. I, p. 298.
(«) Pierre Roger, élu pape en 1542 sous le nom de Clément VI. Cf. de Theux, t. Il, p. 39.
Tome II. 77
610 CHRONIQUES LIÉGEOISES.
nom. Mais Henry ('), évesque de Liège, qny en eecy doit estrc plus estimez
que pape, car estant appeliez à la dignité papale par un généralle consentement
des cardinaux. la rejella avec plus de gloire que plusieurs qui l'admettent,
voire la brigent. En sorte qu'avec le doyen, chantre et écolastre, il y a 33 dignité
à Saint-Lambert. (Manuscrit 57, p. 4SI .) 5
Mélart, p. 83.
Ludit empereur tenoit sa court impérialle dans un quartier de la ville de
Liège qui se nomme encor Feronslraye et sa maison particulière estoit al belle
Coise, où quelque temps après avoir jetiez les fondements d'une nouvelle ville*
il mourut comme entendrez (2). io
Or comme en ce temps la cité de Liège n'estoit fermée que de petites
murailles que saint Hubert avoit faict faire, et que I'évesque Franco avoil réparé
après la ruine des Norlmans d'un petit circuit, il demeuroit dix fois plus
de gens hors des murailles de la Cité que dedans, à cause de sa petitesse.
Ce que voiant, l'empereur Henri 4mo, l'an 1105', à cause des services receu des îs
Liégeois dans ceste guerre, il fit jetter des nouveaux fondements de murailles
plus grand qu'il lit commencer par 1200 ouvriers mandés d'Allemaigne et
fut renfermé et quasy tout comme elle se voit à présent. Mais venant ledi*
empereur peu après à mourir, l'ouvrage demeura imparfait. Aiant vescu 06 ans
et régné 32, il fut ensevely à Sainct-Lambert, dont on cessa à Liège C mois 20
pour ce qu'il estoit excommuniez, dont il fut porté en Cornihnont jusques
à ce qu'il fut absoud, puis fut menez à Spire où il fut enterrez près de son père.
Ainsi demeurèrent les murailles de Liège imparfaites jusques en l'an 1203 que
I'évesque et le clergéz. avec le peuple, acheva les murailles depuis Payenporte
ou Boltienporte, qni fut bouchée l'an 1301, où est à présent la tour de Bouillon, 25
jusques à la porteletle des Begards et depuis encor fortifiée au temps de
la Vaulx de Steps (3). (Manuscrit 37, p. 17 S.)
(«) Henri II de Lcyen refusa, en 1 i 64, de se laisser élire pape par l'empereur Frédéric II, en
remplacement de l'antipape Victor IV.
(') Gobert, Liège à travers lei âges, t. III, p. 19. 30
\}) Gobert, Ibxd , 1. 1, pp. 213 et 214.
ADDITIONS AU TEXTE DE MÉLART. 611
Mélart, p. 85.
Ledit évesque Ohert at fondé le monastère de Sainct-Cornil en Cornilmont
avec une oratoire à l'honneur de Dieu et des douze Apostres. De son temps, fut
tenu un concile à Clcrmont (*) par le pape Urbain 2m°, où il fut deffendu de
5 vendre ny achepter aucun bénéfices et aux gens laies de ne plus manger chaire
en caresme. (Manuscrits 57, p. 1 83.)
L'évesque Albéron fonda une abbaye de l'ordre des Prémonstréz au chasteau
de Cornilmont, où il mit un abbéz et des moynes, leur donnant grand rentes,
où ils demeurèrent jusques au temps qu'ils vindrent dans la Cité à Beau-
îo repaire, pour éviter le danger des volleurs de Lembourg, où ils prindrent le
nom de Beaurepaire.
En ce temps, fut fondé l'ordre des Chartreux et l'abbaye de Clervaux dont
saint Bernard fut le premier abbéz.
Dès le temps de l'évesque Notger, comme a esté dit, Dieu suscita un prou-
15 venceau nommez Gonderanus ou Gondras, musicien, homme dévot en la
religion et particulièrement affectionnez au culte de la Vierge et de sainct
Gilles, abbé d'Arles en Provence, patron des Provenceaux... (Suil la légende de
la fondation de la chapelle de Saint-Gilles, d'après Jean d'Oulremeuse
et Rupert de Saint- Laurent.)
20 ...Ce qui fut continué par les successeurs dudit Gondras par l'espace de
140 ans, jusques au temps de l'évesque Albéron de Juliers, lequel se plaisoit
audit lieu à la visite de ceste chapelle et de l'air de ce lieu. C'est pourquoy il y
fonda une tour qui s'y voit encor avec aullres édifices fort estroit, où il y plaça
des chanoines réguliers soub un prieur observant la règle de sainct Augustin.
23 Puis ayant aucunement pourveux aux vivres et entretient d'iceux chanoines,
il consacra luy-mesme l'église, avec toutes les solemnités requises, le 29e jour
du mois de septembre, l'an 1127, dans laquelle, payant le tribu à la nature,
l'an 1128, le jour de la Circoncition, y choisit sa sépulture au cœur de l'église
de Sainct-Giel devant le grand autel, et afin que la mémoire de ce Gondras le
30 Proveneeau, premier fondateur de la petite chapelle de Sainct-Giel, fust perpé-
(i) Concile de Clermont en Auvergne de novembre 1095.
6li> CHRONIQUES LIÉGEOISES.
nielle, ledit Albéron ordonna que tous ceux à l'advcnir feroicnt une procession
de joueurs d'instrument musicaux comme joueurs de violons, rebecque, cornet,
trompette et tambours de la Cilé et fauxbourgs seroient obligez, tous les ans, le
lundy après la feste de la saint Jean-liaptisle, de se rendre premièrement en la
maison de ville et se transporter de là ensemble avec un cierge comme en procès- 5
sion, le tambour battant, et chacun d'eux leurs instruments musicaux jusques
à Sainct-Giel pour assister à la messe, ce qui s'observe eneor à présent (').
Et depuis ladicte première fondation jusques à la seconde par ledit Albcron
l'an 1124, il n'y a eu à Sainct-Giel prieur ny abbéz mais seulement des
hermines et rendus, mais ladicte année, ledit Albéron y establit le bienheureux 10
Pierre, premier prieur et après luy il y a encor eslably le premier abbéz,
nommez Azos et le consacra, homme très docte et issus de bonne famille.
L'an 1128, l'évesque Albéron fonda l'église, de Sainct-Clément sur les gréz
de Saint-Pierre et là, auprès desdils gréz, celle de Saint-Tron. qui n'est à présent
qu'une, qu'il a consacré et bien dotée, encor que petite, comme aussy la is
paroisse de Saincte-Aldegonde près Saincl-Denis. (Manuscrit 57, p. i86.)
Mélart, p. 128.
L'an 1215, fut fondé l'Iiospilal des infecté de lèpre au mont de Saincl-
Corneille, qui est de deux sortes, l'un pour les infecté ou ladre, l'aultre pour
des gens aagés qui n'ont de quoy vivre, lesquels sont en grand nombre, pour y 20
estre nouris et entretenus. Il y en a 12 appelles frères et 7 appelées sœurs qui
demeurent dans des maisons séparées, où le noble chevalier messire Godefroid
d'Ostamet donna des grands biens et beaucoup de terres; depuis, la fondation at
encore esté augmentée par saincle Julianc et saincle Agnès, sœurs de Saint-
Corneille.
La paroiehe de Sainct-Jean-Baptisle à Liège a esté fondée par Godefroid le
changeur et consacrée de l'évesque Hugue l'an 1215, dont il retint le patro-
nage, mais à présent les paroissiens le sont. Comme aussy l'hospital de Sainct-
Abraham qui est le plus renommé de toute la ville de Liège pour les pauvres.
L'hospital de Sainct-Michel, en la paroiehe de Sainct-Marlin en vinable
(») Cf. J. Demarteau, Histoires et légendes, dans B. I. A. L., t. XVIII, pp. 473-479.
30
ADDITIONS AU TEXTE DE MÉLART. 613
d'isle, a pour fondateur Jean Binnet, chappellain de Sainct-Paul, en son vivant
thrésorier de l'évesque de Liège, où on souioit faire des grandes aumosnes aux
pauvres, principallement à des pauvres religieux mendians, où en hyver on y
souioit faire du grand feu pour reschauffer les pauvres, ce qui a esté donné pour
s la cuisinne des pères Minimes, comme on dit, à raison des désordres que lesdits
pauvres y commcltoient, environ l'an 1650. On lient que cest hospilal a
1800 muyds de revenus annuel, lequel distribue grand nombre d'argent aux
pauvres mesnages de la ville tous les ans et, tous les earesmes, grande quantité
de pains aux 52 paroiches pour eslre distribuées aux pauvres et, vers les Bois,
io des habits de draps à des pauvres innocent et bourgeois et ce soubz la direction
du magistrat et du conseil de ville qui y constituent un receveur « ad vitam »
et deux maîtres annuels pour gouverner et distribuer iceux biens et en rendre
compte.
L'an 1219, l'évesque Hugue fit la paix avec Henry, duc de Brabant au
15 moien d'une somme de deniers, à condition que dans Liège on ne debvoit plus
célébrer la feste de la victoire obtenue contre luy à la Vaux de Steppe, car il
n'en pouvoit ouyr parler, ayant envoyez ses ambassadeurs dans Liège à ceste
effect. Mais il survint une si grande et horrible lempeste, avec tonnerre et
foudre, que l'évesque ne l'osa empeseher de la célébrer. Par quoy l'argent lui
20 fut restitué et la feste célébrée comme elle est encor jusqu'à présent 1662, tous
les 15 d'octobre, en apparence de l'estre à jamais tant que ceste église durera.
Mesme les paysans du banc de Montenac, aux environ de là, font audit jour une
descharge sur ladicte place tous les ans, où au retour ils font serment d'y
revenir encor l'an suivant. (Manuscrit 57, p. 229.)
25 Mélart, p. 152.
En ce temps, l'esleu fit faire le chasleau de Pielresme et le donna à un sien
filz bastard qui esloient en grand nombre, tant filz que filles, tellement que tout
ce qu'il pouvoit assembler c'esloil pour le donner à ses enfants comme un bon
père de famille. Aussy en fut-il surnommez Henry le fécond, car par un jour, on
30 en compta jusques au nombre de soixante cineque. tant filz que filles, estant
constraint de bastir une maison sur Avroy pour les mettre dedans, les nourir et
614 CHRONIQUES LIÉGEOISES.
entretenir avec tout ce qu'il pouvoit tyranniser sur les bourgeois et le pays,
dont la maison s'appelle encor al Bastrie (*), comme voulant dire maison
de bastardrie. D'autres ont encor voulu dire que la rue de Gueldre près des
Tourneur, paroiche de la Madaleine, d'où il en avoit ou tenoit quantité, auroit
retenu son nom de luy, comme estant issus de la maison de Gueldre... (*). s
De ce temps, à la requestc de Saincte Juliane de Cornilmont, fut première-
ment célébré la fesle du Saint Sacrement par les chanoines de Saint-Martin en
Mont et en après par les aultres. Depuis l'an 1261, le pape Urbain 4me, ordonna
que ladicle feste seroit célébrée avec son octave par toute la Chrestientéz
le jeudy après l'octave de la Pentecouste, et ordonna à sainct Thomas d'Aquin 10
d'escrire l'office de ladicte feste. Mesme ledit pape, entendant que ceste rencluse
saincte Juliane vivoit encor, lui manda comme il avoit ordonnez que ceste feste
seroit célébrée par toute l'église universel, à raison de son grand zèle, ce qui at
esté grandement révérez de tout prince chrestiens. L'archiduc Albert d'Au-
striche, duc de Brabant, a recognu Saint-Martin en Mont pour la première 15
église de la Chrestienté qui a célébrez ceste solemnitéz, luy envoyant de beaux
ornements.
L'an 1268, pendant que l'esleu estoit malade, fut levée une gabelle sur les
bourgeois par quallre eschevins et aucuns aultres bourgeois sur le nom de
l'esleu et du chapitre, qui n'en scavoient à parler. Un jour, ils s'en allèrent par 20
la porte des Begua en la maison Piron, l'un d'entre eux, située à Thirbourse,
soubz les vignes de Saint-Laurent, pour là entre eux divider et partir ledit
argent. Où à l'instant voilà la foudre du ciel qui tombe sur eux, qui les tua
tous. Quand l'esleu le sceut, il fit faire de ladite maison où ce cas s'estoit
advenu un hospilale de Saincte Marie Madaleine qui est encor appelle 25
Thirbourse, à raison qu'ils avoient volu tirer ceste argent en leur bourse
particulière, où présentement y a des béguines appellée de Thirbourse (*).
{manuscrit 57, pp. 245 à 247.)
(i) Sur cette légende, voir Gobert, Liège à travers les âges, t. III, pp. 208 et 215.
(«) lbid., t. V, p. 450. 30
ADDITIONS AU TEXTE DE MËLART. 615
Mélart, p. 166.
Ceste année (1296), il fut une grande cheretéz de vivres.
Au mesme temps, s'esleva une grande guerre entre les Liégeois et le comte
Guy de Flandre et Namur, spéciallement entre les Dinantois et les Bovignois.
5 L'an 1296, fut commencé le pont de Huy, au travers de la Meuse, très
solide, de pierres de tailles, estayéz de plusieurs gros et membrus piliers qui se
réduissent en arches, ny en aiant pas de plus beau ny de plus excellent ny
éminent sur le cours de la Meuse jusque en l'an 1640; où l'évesque Hugue de
de Chalons y mit la première pierre, jetlant sur les fondement un escus de
io Florence. Mais l'an 1300, la Meuse débordée en décembre creut de telle façon
qu'emportant les poutres du vieil pont et courant de grand roideur, en abattit
une des arches (*).
En ce temps ou l'an 1290, au temps de l'évesque Jean Ghuy de Flandre,
après la paix de Bierset, je dis des Clercs, la grande fontaine sur le marché de
îs Liège (2) fut érigée et ornée de colonnes de marbres et vases pour recevoir
l'eau qui en sorloit et parez de marmousets, satyres et driades, au temps de
Groesbeeck.
En ce temps, il tomba une grande tempeste en Cornillon et alors fut l'église
rédiQée, où les Chartreux y allèrent demeurer. (Manuscrit 37, p. 258.)
20 Mélart p. 169.
En ce temps (1298), la Cité paya au prévost de Saint-Lambert pour ravoir
la Savenière 500 marcs d'argent, suivant la paix des Clercs, car de ce temps,
qui avoil forfaict à Liège, il estoit là à sauveté. (Manuscrit 37, p. 260.)
Mélart, p. 186.
25 Rebastiment du pont de Meuse, dit le pont des Arche.
Le pont passant la rivière de la grande Meuse, basty du temps de Kenier de
Bavière, 21me évesque de Liège, estant tombé par les innondalions des eaux et
glasse environ l'an 1312, fut quelque temps après rebasly sur les mesmes fonde-
(') Cf. R. Dubois, Les rues de Huy, p. 411.
30 (5) Th. Gobert, Liège à travers les âges, t. IV, p. 64.
6!G CHRONIQUES LIÉGEOISES.
ments et arcades, ce pourquoy ledit pont fut appelle pont des Arches. Ledit
pont avoyt duré devant sa cheutc l'espace de 227 ans.
Les ouvrier ou maistres qui avoyent entrepris le rebastiment dudit pont,
pour lequel il avoyent fayt marché avec l'évesque et chapitre de Liège, et
comme il avoyt dressé toutes les arcades, tomba trop court d'argent et maté- 5
riaux, ce qui obligea lesdits maistres à remonstrer à l'évesque et chapitre les
interrests qu'ils alloyent recevoir à l'érection dudit pont, les supliant d'y avoir
égard par le rehaussement de quelque sommes d'argent. A quoy personne ne
vollut entendre, constraindant portant lesdits maistres à l'entier achèvement
dudit pont, lequel fut remply entre les archades de légers estofs et matériaux 10
pour les moindres frayts. (Manuscrit 39, p. 193 v")
Mélart, p. 218.
Après tout ce, le seigneur Wauthieux de Rochfort que ayant gouverné
l'évesché et pays en quallité de mambourg par eux choisy, et comme n'en ayant
tiré aulcun ou bien peu d'émollumenls, alléga d'avoir exposé la valleur de trois ib
mille escus pendant la guerre, à quoy il suplia le chapitre et bourgeoysie d'avoir
égard; lesquels chasqun pour leur eousle, passèrent un somme d'argent pour le
remboursement et le rendre content, tant pour les service rendu au pays que
pour les exposila sus allégués.
L'évesque, estant desvelloppé des guerres, fit un trayté avec le duc de îo
Brabant sur plusieurs points indifférente entre le pays de lirabant et celuy de
Liège, tant des prises d'hommes, bestes, biens, hérilaiges et aultre choses plus
au long spéciffié par les articles dudit traité fayt l'an 1577, le 12me du moys de
mars, ce que se poudra voire dans le manuscrits des payx fayts ('). (Manu-
scrit 39, fol. 216 V.) 25
Mélart, p. 22 1.
L'an 1381, le 19me du moys de décembre, le vinledeux, si souverain juges,
pour avoir passé les bornes de leurs jurisdiclions et authorité, mesme pour des
excès de leurs gouvernements, furent, par authorité de l'évesque, depossé et
suspense de leur siège et tribunal, cause pour quoy furent appelé les « Tur- 80
botz ». (Manuscrit 39, fol. 219 v\)
(') Voir Pawilhar Capitaine, fol. ICO.
ADDITIONS AU TEXTE DE MÉLART. 617
Mélakt, p. 224.
Les 14 osehevins de Liège qui n'cstoyenl encore restablit dans leurs jurisdic-
tion, quoy qu'il avoyent monslré leurs lettres d'abollulion de l'empereur,
veuslans à l'evesque moderne Arnold d;: Horne qui s'avoyt opposé devant
s le Saint-Siège de Home et empcschoyl leur reslablissemenl, furent par ledit éleu
de Bavière remis dans leur tribunal pour administrer justice.
Le premier de leurs œuvre et sentence fut de condamner Gérard Denis,
nottaire. pour avoir fayt, un faulce lettre de court, d'estre exposé 3 jours sur un
eschelle au marché puys d'avoir la teste trenchée.
io L'eleu, ayant mis quelque ordre et pollice dans la ville de Liège, s'en alla
dans les autres, accompaigné de quelque noblesse et chanoines, tant pour s'y
faire cognoistre et recevoir que pour en tirer quelques deniers et sommes d'ar-
gent, que l'on luy fit présent, recevant partout bon accueil et traitement.
(Manuscrit 59, p. 222 V.)
1S MÉLART, p. 233.
Mesme la ruine des Liégeois avoit esté prédite dès l'an i 59 i par un prodige
d'un combat qui se fit entre les faucons et les corbeaux au mesme lieu où la
bataille se donna. Voyez Eneas Silvius, depuis pape, et la description de son
Europe, répété par Erançois Belleforesl en son 5me tome des Histoires prodi-
30 gieuses, où il témoigne... (suit le récit de ce combat fabuleux d'après les
sources précitées). {Manuscrit 57, p. 520.)
Mélart, p. 235.
. . . faisant amener les plus coupables et ceux qui leur avoient adhéré à
Maeslricht, où ils se retirèrent tous ensemble, où plusieurs capitaines bourgui-
25 gnons tenoient prisonniers plusieurs praistres, chanoines et bourgeois en grand
misère. (Manuscrit 57, p. 521 .)
L"an 1 409, la rivière de Meuse se déborda tellement qu'elle emporta par la
furie et impétuosité le pont dit des Arches, à cause qu'il avoyt esté rebasly sur
des vieilles arches d'un pont tombé. Ledit pont n'avoit duré que 97 ans par la
30 foyblesse de son rebastiment et faute des matériaux. (Manuscrit 59, fol. 229.)
Tome II. 78
618 CHROMQUES LIÉGEOISES.
Mélakt, p. 239.
L'hermitage de Saincle Barbe, soubz l'autliorité de l'abbaye de Sainct-Giclle,
en laquelle, comme on lient, a estez enclose Sainctc Odille, parquoy seroit plus
ancienne que d'avoir esté consacrée dudit Walenroede.
En ce temps, le 3e Juliette (1421), fui mis sur une cschelle maistre Jules s
Gérard à raison qu'il estoit taxez d'avoir tué son confrère Jeban le Harengier.
(Manuscrit 57, pp. 526 et 527.)
Mélart, p. 240.
Fers sur la vie et la mort de Jean de Bavière.
Ta fauceté, ta force et foy dordracienne io
te fit quitter la crosse el cesle éveschéz tienne
pour parvenir aux biens et aux grands revenus
de ta nièpee pupille, à l'ayde des Merlus.
Tu prins à Lulzembourg pour femme ton Elise,
sans esgard à son sang ni à Ion ordre d'église, 15
tu ne fus pas longtemps comte ny mariez;
par mort en un seul jour fus plaint et oubliez.
(Manuscrit 57, p. 524.)
Couslumes de l'élextion magistral dans Liège depuis l'an 4H8.
Comme cidevant l'on faysoyt des maistres de la ville pour governer le 20
peuple, tantost par eux, lantost par les nobles et esebevins, quelquefoys à la
Tousaint et quelquefois à la saint Jean-Baptiste.
Mais depuis l'an susdit, il fut ordonné aux 32 mestiers ainsi establis que
l'élection des bourgumaistres et magistrats de la ville de Liège se feroit
doresnavant le jour de la saint Jacque, 25me du moys de juillet, auquel jour 25
tous les compaignons du mestier s'assembloyent, ayant à cet effccl ebasque
mestier un chambre particulier, où estant assemblé vers les b' heures du matin,
le greffier de chasque mestier, ayant un list des noms des compaignons du
mestier, les appellanl à leurs tours pour aller tierre au boitte ou lot, entre les-
ADDITIONS AU TEXTE DE MÉLART. 619
quels y avoyt trois lots ou boittes portant le titre de jurez et deux aultres
portant le tiltre de gouverneur.
Et celuy qui avoyt un desdits boytes ou lots estoyt tenu et obligé à un autre
compaignon conversant le mesme meslier, soyt par grâce ou par récompence,
5 selon Iibérallilé de la personne acceptant, et les trois hommes, ayant obtenu les
boites du tiltre de jurez, les noms desquelz furent escrils sur un petit billet en
lourtalle ou plie, puis mis dans un petite boyte ou vasque, ce qu'estant fayt,
vient un comissairc lequel tire un des trois billets hors la boite, le nom
duquel est appelez 52, lequel l'on conduit sur la mayson de ville pour faire
io élection des bourgumaislres, les 4 autres tenant leurs estats et offices les uns de
maistre jurez et les autres de gouverneur, estants tous du Conseil de ville.
Les bourgmaistres estant chosy par iesdits 52, l'on les publie au ballustre de
la mayson de ville, puis on les aile chercher dans leur mayson et conduit sur
la mayson de ville, où estant tous deux ensemble, sont conduit à l'église de
«5 Saint-Jacque en Isle, suivy des 32 électeurs, avec les trompes et les tambours
de la Cité, après quoy retournent sur la mayson de ville où il y at un bacquet
appresté à la charge de la Cité, qui le paye par le rentier. (Manuscrit 59,
fol. 230 V.)
Mélart, p. 245.
20 L'an 145L, dans Liège, se commença une grande esmotion entre Wathieu
d'Anthin et Jehan de Bernalmont, lequel Wathieu estoit mayeur et eschevin
et jadis avoit esté bourgemaistre de la Cité, lequel estoit tellement devenu
superbe que nul ne luy osoit contredire et par ce moien gouvernoit toute
la Cité à sa volonté. Or ledit de Bernamont, pour certain oultrage lui faiet par
25 ledit Wathieu. l'appella ou cita au palais, mais il n'y fut point escouté de
l'évesque, dont plusieurs maux s'ensuivèrent. Car ledit d'Anthin s'en orgueilla
et fut sy oultrageux qu'il fit serrer tous les mestiers contre messieurs de
Saint-Lambert et des secondaires, par deux fois, tellement que nul n'osoit
labourer ny vendre ny acheter quelques choses pour eux, dont ils csloient en
30 grande nécessitez, estant constrainct d'envoyer à Huy ou à Maestricht pour en
avoir, parquoy, devant tesmoins, messieurs du chapitre firent une protestation
solemnel, puis le firent citer à Rome devant le pape en propre personne, par-
quoy il s'absenta quelque temps, et cependant ses amis firent la paix.
C-20 CHRONIQUES LIÉGEOISES.
Mais l'an 1432. le jour de la Visitation de Noslre-Dame, se recommença de
rechef une grande mutinerie, mais ce ne fut rien, car à la Saint Jacque ensui-
vant, furent reslablies les vieilles usances contre le nouveau Régiment qui
furent jurée cl gardée. Néantmoins l'année mesme, la vieille des Rois, ledit
Waulhieu d'Anlhin avec ses complices s'esleva séditieusement avec les armes, 5
faisant grande assemblée et congrégation, se trouvèrent sur le marchez tenant
les degréz de Sainct-Lambert, avec enseignes desployées et les armes en mains,
faisant grandes csmotions, desprisans et blasmant les gens d'église, frappant un
chacun comme incensé, car quoyque l'on lui rcmonstrasl, rien ny valloit, ains
donnoit des parolles arrogante avec menasse d'avaller les arbalestres, ce que io
voiant le peuple, pour éviter sa tyrannie, prindrent les armes, tirant chascun
vers son meslier. Or ledit d'Anthin se voyant frustré de son entreprinsc, que
nuls mestiers ne se vouloicnl joindre avec luy pour maintenir sa cause, (que les
manuscrit ne disent pas quel), comme il leur en fit parler par aucuns, mais ils
leur respondirent qu'il sceust à contenter et se retirer ou que aultremenl tous 15
estoient délibérez de luy monstrer leste. Aucun néantmoins en se retirant ne
laissèrent tirer leurs arbalcslres et faisans grand sermens qu'ils se vengeroient,
ce qui fut bon pour eux, car les 3:2 mestiers avoient envoyé secrettement garde
aux pont des Arches, d'islc et en Feronstrcy, puis à bannières desployées mar-
choient droit sur le marchez pour les allacqucr, mais le trouvant parti, il fut 20
conclud et arresté d'y procéder par bonne enqueste contre tels perturbateurs du
repos publicque.
Adjoustant qu'il a voit, en qualité de mayeur, fait des compositions contre
les franchises et privilèges qui furent articulé en enquestes, luy entendant
que l'on produisoit des tesmoins contre luy et que l'évesque en avoit donnez 23
la puissance avec le Régiment. Les principaux de ladicle sédition se sau-
vèrent hors du pays ; les enquestes eslans furnies furent horsportée, où les
principaux csmouvaleurs, comme rebelles, séducteurs et parjures des ser-
ments par eux faicls en relevant leurs mestiers, furent condamnez d'estre
apréhendéz, d'aultres bannis, mais estant fuis, leurs biens furent confisquez. 50
Tellement que l'an 1433, fut donné à la Cité par Sa Ylajestéz Impériallc lettre
d'exécution contre lesdits d'Anthins, comme estant tombé au ban d'empire et
leurs biens confiscable, comme la Cité en pouroit récupérer des propriétaire, en
ADDITIONS AU TEXTE DE MELART. 621
suilte de quoy, l'an 1440, lesdits biens confisqués furent dividé, selon la puis-
sance leur oclroyéz, partie aux 32 mestiers, partie à la compaignie des Arbales-
triers, l'aullre à la Cité; plusieurs maisons furent abbatus et aucuns racliatèrcnt
leur paix par argent. En mémoire de quoy, l'ont faict tout les ans, la veille des
s Roys, trois grand feu de bouille sur le marchez, ce qu'a durez jusques sur la fin
du règne de Ferdinand de Bavière, qui a destiné lesdictes bouille à aullre usage,
pour le feu des soldais allemans sur le fort à Saincte-Walbourgh comme en dit.
L'an 1453, firent institué les dix hommes de la Cité pour servir de garde
aux bourguemaislres. Ils sont ainsy appeliez parce qu'il sont tirez en nombre de
10 dix hors des 52 mestiers, qui font une compaignie de 520 hommes, soulz
4 capitaines, 4 lieutenant et 4 enseignes, sans compter les aullrcs officiers ny
les gentilhommes de la compaignie.
L'an 1437, l'évesque alla avec sa puissance, qui estoit de 15000 piétons et
3000 chevaulx. accompaigné de messire Everard de la Marche, mambour du
io pays, faire la guerre en Ardenncs et es environs contre certains larrons et
volleurs appelez Snapbans, qui sont fusilliers qui se tenoient dans des places
et maisons fortes où ils avoienl leurs repaires et refuge, comme à Bosnove, qui
fut print et abbattue, et tout ceux de dedans pendus. De mesme fut faict
à Orsimont, Villers, Beaurin, Mosson et aultres, aucune desquel furent prinse
20 par accord et d'aullres par force, les places emporté et abbattue et tous les
malfaicteurs exécutés, puis ils retournèrent à Liège.
Ceste année (1440), monsieur de Heynsbergh alla à Aix au couronnement de
l'empereur Frédérich, à grand honneur.
Ceste mesme année, les Turcs prirent Constantinople, au mesme temps que
2o ledit empereur Frédérich d'Àustrichc fut esleu empereur.
En ce mesme temps, les Allemans inventèrent l'art d'imprimer les premier
livres, qui furent imprimez à iMayence.
Tout ce siècle fut martial et produisit en plusieurs et divers lieux du monde
plussieurs vaillans et courageux hommes de guerre, entre aultres l'empereur
ôo Frédérich. Louis Hme, roy de France, le duc de Bourgongne, Albert duc de
Saxe, Albert marquis de Brandebourg, Frédérich le Victorieux, comte palatin
du Rhin.
622 CHRONIQUES LIÉGEOISES.
L'an 1441, fut ordonné par la Cilé lettre de pouvoir vendre les poissons de
mer nommez l'acense (i).
L'an 1444, furent faict par la Cité certaines ordonnances et status pour
la police des biens des pauvres en Isle... (2).
L'an mesme, aucuns meschants séditieux conjurés ensemble se tenant dans 3
aucuns chastcaux et places avoient conspiré de surprendre la Cité en trahison
par le moien de ceux qui tenoient leurs parties, mais ils furent descouvert et
aucuns print et exécutés par justice. [Manuscrit 37, pp. 334-556.)
L'an 1444, fut rebasty le pont des Arche plus d'amont dans la Meuse que les
autres ponts, la ville avoyt esté 55 ans sans pont. Ledit pont prend sa struc- 10
ture au pied de l'église Sainte-Catherine, au debond de Novis.
L'an 1446, fut fayl la chappellc Sainte-Barbe sur un des piliers au millieux
du pont des Arche et à l'opposite de la dit chappelle, fut fayt la forme d'un
siège appelle la Chayre Sainte-Barbe. (Manuscrit 59, fol. 240.)
L'an 1446, le duc Philippe de Bourgogne prétendant des grands inlércsls au 15
pays de Liège, comme icy dessus est mentionnez, en donna par sa bontéz quit-
tance comme bon voisin et parent de l'évesque...
L'an 1448, un grand vent abbalit les ribaux ou marmousets jus du peron de
la fontaine du marchez, que les bourguemestres Alexandre de Seraing et Henry
Surdelle Grent refaire de cuivre et les dorer avec les troys lyons et le peron, qui 20
auparavant estoient de piercs. [Manuscrit 57, p. 356).
Voilà ce que les uns et les aullres en ont escrit, auquel je laisse le lecteur
en juger. Quant à moy, je jugerois que ceste éveschez de Liège avoit ainsy esté
praticqué par ceste maison de Bourgongne aflin de dominer sur les Liégeois
(4) Il s'agit de l'acte du 11 décembre 1441 par lequel les maîtres, jurés et conseil de la Cité 25
approuvent la cession de l'accense de la vente des poissons de mer dans la cité que Piron Stienne, le
tanneur, avait obtenue aux enebères pour trois ans et avait ensuite cédée à Jean de Sanson, ebangeur.
A cette occasion, le Conseil de la Cité avait fixé les conditions de la reprise de cette accensc.
Cf. E. Faibon, Carlulaire de la Cité.
(») Règlement du 18 octobre 1444. Voir E. Fairon, Carlulaire de la Cilé. 30
ADDITIONS AU TEXTE DE MÉLART. 623
aussy bien que sur toutes les provinces du pays Bas, qu'ils tâchèrent, comme
dist est, d'unir soubz leur puissance, sy point par eux directement, au moins par
un évesque leur propre parent, qui se gouvernoit entièrement par leur conseille
et qui estoil soubz leurs sauvegarde, afin n'estre troublé en leurs estais, scachant
5 de quelle humeur esloient les Liégeois, ne leur portant guère d'affection et fort
facile à esmouvoir. (Manuscrit 57, p. 358.)
Mélart, p. 248.
Sentence par le pape Poule 2me.
Après quelques 6 ou 7 ans de procédure l'évesque Louys de Bourbon contre
io ses sujets de Liège, le pape susdit prononça sa sentence le 10me du moys de
janviere l'an 1465, laquelle fut favorable à l'évesque et nuisible aux Liégeoys.
Sur quel différents et débuts les Liégeoys furent condamné de recevoir pour
leurs évesque Louys de Bourbon, luy obéir en tout et parloute, tant séculliers
que ecclésiastiques, mannans et inhabitans dudit pays, et estre subject à la
15 sensure de l'évesque tant en spiritualité qu'en lemporallité et luy presler toute
obéissance sans rien pouvoir entreprendre ny esmouvoir contre son authorité
ny mesme mettre hors bannières ou enseignes, porter armes ny enlever aucuns
guerre sans son consent et permission, et canlités d'autre points plus au long
incerré dans ladit sentence, fort préjudiciable aux Liégeoys et leurs prévilèges.
20 Item condamna ceux de la communauté de Liège aux restitution des biens par
eux interseplé à leur évesque et son église par forces et voye de fayts, sans loix
ny jugements, en oultre à payer pour amende la somme de 5000 fl. de Rhin
pour estre applicqué à la guerre contre les Turcqs, ennemis des Christiens, soy
réservant la taxe des fruyts engendré pendant ceste procédure. Mais les Liégeoys
2o ne veullèrent obéir à ceste sentence ny pour se caller le voille, ains soublevèrent
la désobéissance de plus fort. (Manuscrit 59, fol. j? V.)
Mélart, p. 254.
Quand le roy de France voyoit lesBourguignons empeschéz contre IesLiégeois,
il essayoit à faire quelques nouvellité contre son frère ou le duc de Brelhaigne
ôo alliées des Bourguignons en donnant quelque peu de confort et ayde aux Liégeois,
parquoy le comte de Charrollois, ne scachant de quelle costé tourner ses
624 CHRONIQUES LIEGEOISES.
armes, alloil tanlosl au secours de ses alliées et lanlost contre les Liégeois qui
lui livraient cruelle guerre, tellement que ses alliées, aiant faict quelque traictéz
ou trêve, il tourna finallement ses armes contre les Dinantois et Liégeois.
Dinanl donc, ville du pays de Liège située sur la rivière de Meuse, ville très
forte et très riche à cause du grand traflîcque de cuivre qui s'y faicl, nommez s
dinanlerie, fut assiégée l'an 14G6 par le duc Philippe de Bourgongnc, de Bra-
bant, de Limbourg et Lulzcmbourg, comte de Flandre, d'Arlhois, de Haynaull,
de Namur, de Hollande, de Zélande, de Frize, seigneur de Salins, Malines et
Ulrccht. marquis du Sainct-Empire, etc., avec son lilz, le comte de Charrollois.
L'an précédent, cesle ville avoit, pour une somme d'argent, procurez d'cslre 10
séparée des Liégeois affin de demourer neustre, de quoy peu après ils s'en
repentirent, car ils firent mourir quatre de leurs principaux bourgeois qui avoient
faicl cest accord et recommencèrent la guerre en la eomié de Namur. Ceste ville
portait une terrible hayne contre la ville de Bovigne, qui est assisse à un quart
de lieu de Dinant, n'ayant que la rivière de Meuse entre deux et ni avoit pas 15
longtemps que les Dinantois l'avoient tenus bloquée et assiégée l'espasse de
huict mois, y faisant plusieurs grande eruauléz es environs, tirant des bombarde
et grosses pièces d'artilleries continuellement à travers de la ville, constraiguant
le3 habilans de se tenir dans leurs caves et y faire leur demeure. Il n'est presque
croyable comment ces deux villes se porloient de hayne et sy ne faisoient guère 20
de mariage de leurs enfans. Sinon les uns avec les aultres —
Aucuns tiendrent encor bon huit jours dans des grandes caves dessoubz terre
et dans des roches, jusques à la dernière goustc de leur sang, le tout ayant esté
pillé et brusléz et massacrez. Henry de Borsel, seigneur de la Vere en Zélande,
avec son filz Woulfang de Bouchain, qui y estoit avec le duc, eut pour présent 25
plusieurs joiaux de l'église collégialle comme le chef de S. Perpète, un grand
chandelier de cuivre pour mettre cineque chandelles et plussicurs couppes d'or,
lesquels il fit porter à Werse en Zélande là où on les voit encor présentement,
puis les murailles furent abbattus à rez de terre et la bruslèrent en ruine, en
sorte qu'il n'y demeura pieres sur pieres et tout fut mis à mort, hommes, 00
femmes et enfans. S'ils auroient tenu encor huit jours, ils eussent peu eslre
secouru des Liégeois, nonobstant leur séparation, qui y arrivèrent le lendemain
de la prinse, pensant lever le siège ou donner bataille au duc.
ADDITIONS AU TEXTE DE MÉLART. 625
Car pendant ledit siège, les Liégeois furent très mal content dudit siège, dont
toute la ville fut en grande murmuration. Lorsqu'ils en entendirent les nou-
velles, dont ils boulèrent hors les enseignes et se mirent au champ avec grand
appareille de guerre et en nombre de 36 mille, marchèrent en grande diligence
5 au secours de Dinant, qui estoit desja prinse avant leur arrivée. D'aullre costé,
le duc Philippe, voiant la ville prinse, se relira à cause de sa vieillesse, laissant
l'entière conduicte de son armée à son fllz, lequel aiant entendu l'approche des
Liégeois, marcha contre eux avec toute son armée et les rencontra plus tost
qu'il ne pensoit. Car son avanlgarde s'estant esgarée faulte de bonne guide, les
io Liégeois rencontrèrent sa bataille où estoient les principaux chefs de son
armée, et estoit sur le tard, ce qui les estonna. Nonobstant les Liégeois faisoient
estât de les assaillir, mais à l'heur mesme, ayant entendu la perle de la ville et
effrayez d'une telle vengeance qu'ils avoient pris des Dinantois, leurs compa-
triotes et associez, ils envoyèrent quelques députez vers les Bourguignons,
15 requérant leurs comte, en l'honneur de la Vierge Marie, dont il estoit la nuict,
qu'il voulust les excuser et avoir pilié d'eux, en faisant une bonne paix avec
eux. Mais nonobstant ceste dépulation, les Liégeois monslroient lous une réso-
lution de combattre, mais après plussieurs allées et venues, fut accordé par
leurs députés de maintenir la paix de l'an précédent, contre la volonléz de
îo plusieurs qui désiroient la bataille, tant d'un coslé que d'aultre, parmy payant
quelque somme d'argent audit duc pour deffaire son armée et que pour plus
grande asseuranec de leur promesses, il lui livreroient cinquante ostages,
scavoir 52 de Liège, (i de Tongres, 6 de Sainct-Trond et le reste de Hasselt et
des aultres villes, nommez dans un rolle par leurs évesque et aultres siens
25 serviteurs des plus riches et nobles du pays, qu'ils donnèrent le lendemain,
après plusieurs disputes entre eux. [Manuscrit 37, p. 3S3.)
Mélart, p. 257.
... sa mère mesme, laquelle estoit venue exprès de Bruge n'y gaigna rien.
Dont lesdits ambassadeurs réplicquèrent que s'il les assailloit, que le roy les
30 secoureroil, mais que, nonobstant ce, s'il vouloil consentir que le roy fist la
guerre en Bretagne, qu'il abandonneroil les Liégeois. Le duc respondit que les
Tome IL 79
626 CHRONIQUES LIÉGEOISES.
Liégeois l'avoient assaillis el rompu la paix et non pas luy, par quoy il n'aban-
donncroit pour tel sujcct ses alliez de Bretaigne, dont ils se retirèrent sans rien
effectuer
En ces entrefaictes
Puis le parlement du duc mit en délibération sy on vouloit faire mourir les 5
ostages ou non. Aucuns furent d'avis que on les devoit faire tout mourir, mais
par le conseil du soigneur d'Imbercourl, ils furent tous renvoyez, à condition
par eux faicl serment qu'ils làcheroient d'induire les aullres à la paix et eux de
ne point porter les armes contre le duc en recognoissance de la grâce que ledit
duc leur faisoit et que s'il estoient allrappé faisant le contraire, qu'il auroient la 10
teste tranchée.
Le duc de Bourgongne, ayant assemblez son armée es environ de Louvain,
marcha de là, vers le mois de septembre, vers la ville de Sainclron, où il y
avoit trois mille hommes en garnison, dont esloit chef un très bon chevalier qui,
l'an précédent, avoit traictéz la paix, laquelle fut eslroiclement assiégée, laquelle 15
se deffendit par trois jours assez bien s'allendant au secours qui leur avoit esté
promis et, de faict, les Liégeois y arrivèrent en nombre de 50 mille, pensant la
dessiéger. (Manuscrit 57 ', p. 3S7.)
Mélaut, p. 258.
avec un grand train et attirail de charroy et d'artilleries. Que Meyer 20
l'historien dit avoir estez de 120 belles serpentines, six gros canons et
500 chariots chargés de toute sorte de vivres et d'aultres amonitions de guerre,
soubz la conduite de messire Bacs de Heers, chevalier, entre lesquels il y avoit
entre aultres 5U0 bon chevaux d'eslite, laquelle armée, soit de 20 ou de 50 mille,
estoit capable de faire lever le siège et donner terreur à l'armée du duc s'ils 25
eussent esté tout vieux soldats. Ils arrivèrent environ les dix heure du malin
et se retranchèrent dans le fort village de Brustem, tout environné de marais,
à demie lieue des Bourguignons, aiant en leurs compagnie François Boy ('),
baillieu de Lyon, lors ambassadeurs de France vers les Liégeois. Cest armée
(*) François Royer, sénéchal de Lyon et bailli de Slàcon. Cf. C. un Bobman, éd. d'Adrien 30
d'Oudenbosch, p. 35 U.
ADDITIONS AU TEXTE DE MÉLART. 627
ainsy en un rien assemblée, aiant néanlmoins plus de bon que de mauvais,
donna un grand alarme au camp des Bourguignons, où le duc donna toute les
ordres requis les rangeant en bataille sur les champs, ne laissant au siège que
S à 600 Anglois. envoyant quelque i2(;0 hommes d'armes sur les deux cosléz
s du village de Brustem. Et il demeura luy mesme en personne à la leste de son
armée, et peu plus loing dudit village, que les aultres, avec 800 hommes,
comandant à monsieur de Ravestain de marcher avec l'avangarde, qui estoient
tous hommes d'armes et archers à pieds, avec quelque pièce d'artillerie, laquelle
marcha jusques sur le bord des tranchis des Liégeois pour guarantir, où à
io coups de flesches et de canons ils firent reculer les Liégeois gaignans leurs fosséz
et artillerie. Mais quant le traict des Bourguignons fut fally, le cœur et le courage
revint aux Liégeois qui d'un cœur animez, avec leurs longues picques, char-
gèrent tellement les archers qu'en un moment ils en tuèrent en une trouppe
plus de S00, tellement que toutes les enseignes des Bourguignons bransloient de
»5 crainte comme gens desconfit, mais le duc y remédia, faisant marcher sa
bataille soub la conduite de Philippe de Crevecœur et aultres, qui tous d'un
même courage donnarent dans les Liégeois
au combat près du monastère de Sepperen, avec un grand advanlage,
à cause que la cavaillerie du duc ne les pouvoit charger, qui estoient aux deux
20 costé du village, à cause des marets, ny mesme aussy le duc de là où il esloit
comme n'y estant seulement que à l'advenlure en cas que les Liégeois eussent
rompu son armée et entré en la campagne, tellement que la pluspart se sauva
n'estant poursuivie que des gens de pieds.
Ce nonobstant, le duc envoya une partie des gens de cheval à la parsuitte pour
25 leur donner la chasse, mais il fallut qu'il tournoyassent plus de deux lieues pour
trouver un passage où la nuict les surprint, ce qui les sauva. Cependant le duc
renvoya d'aullre gens au siège devant Sainclron, craignant leurs sorties, comme
ils firent par trois fois, mais ils furent repoussez nonobstant leurs bonne conduicte.
Les Liégeois aiant eu la hardiesse d'attaquer ainsy le duc de Bourgoigne, au
ôo triple plus fort qu'eux, et se voianl battu, une partie se rallia à l'entour de leurs
chariots, mais ils y tindrent peu et n'eust esté la nuict, ils eussent perdu plus
de 15000 hommes. Après ce, le duc se relira avec toute son armée horsmis
mille on 12 centz chevaux qui estoient à la chasse. (Manuscrit 37, p. 358.)
G-28 CHRONIQUES LIÉGEOISES.
Mélart, p. 259.
.... laisser le champ aux victorieux, qui aiant réduict toute la comté de
Looz sans aucune résistance, envoya vers les aultres villes du pays de Liège
ascavoir Huy, Visé, Tliuin, Covin, Fosse. Bouillon, Sinay et aultres, qui tous
se rendirent comme dessus marquez, ce que cause la perle d'une bataille qui 5
causa une espouvante général et la perte de tout le pays en général. (Manu-
scrit 57, p. 359.)
Aucuns ont escrit qu'à l'approche que fit le duc de Bourgogne de la cité,
il y avoit un grand trouble, tumulte et murmure, les uns voulant tenir el se
delïendre, disant qu'elle estoit assez peuplée et bien pourveue de tonte chose io
nécessaire, duquel advis estoit messire Baes de Heers avec plusieurs aultres.
Mais d'aullres au contraire, voiant la destruction du pays, demandoient la paix
à quelle pris que ce fust, lesquels l'emportèrent tellement qu'à l'heure que le duc
arriva devant la Cité, l'affaire estoit tellement démenée par les hostagiers qui
n'avoient pas faict comme les aultres, ains recognoissant la grâce qu'on leur avoit |s
faict, menèrent plus de 300 hommes des principaux habilans de la Cité en
chemise et à pied nud cl teste descouverte, portant les clefs de la ville en leurs
mains, priant mercy au duc, se rendant à luy avec la ville pour en disposer
à son bon plaisir, hormis le feu cl le pillage. Alors le duc, à la rcqucsle et prière
du duc de Julliers, du seigneur de Baveslain et d'aullres nobles seigneurs qui -°
estoient illecque présent, les receut à mercy, sauf que toutes leurs armes,
artilleries et instruments de guerre seroient incontinent aportéz hors la cité et
mis en sa puissance, ce qui fut faict après plusieurs difficulté. Puis ledit duc fit
remener lesdils bourgeois en la Cité par ledit duc de Julliers et le seigneur de
Ravestain. (Manuscrit 57, p. 360.) 23
Mélart, p. 260.
Puis le duc ayant exiliez et deschasséz les rebelles et recommandé aux aultres
l'obéissance futur, ordonna quelques loix et coustume nouvelle, imposant une
grande somme de deniers sur les habilans, qu'il disoit luy eslre deue à cause
de la paix qu'ils avoient rompus les ans précédent, que aucuns ont escrit avoir 30
ADDITIONS AU TEXTE DE MÉLART. 629
esté de luy payer promptement, dans le terme de trois ans, cent mille philippe
du Rhin et aullres grand sommes à l'évesque pour ses intérresls, injures, fraix
el forfaictures, faisant abbaltrc une grande partie des murailles de la Cité,
portes et tours, faisant remplir les fosséz, laissant en icelle, pour son lieutenant
s el asseurance de l'évesque, le seigneur d'Imbertcourl avec une grosse garnison
de gens de guerre tant à pied qu'à cheval. (Manuscrit 57, p. 560.)
Mélart, p. 261.
Les seigneurs de Buren et de Wilde, chevaliers, qui s'estoient relirez
en France aux premiers troubles, retournèrent à Liège et s'adjoignirent aux
10 mutins et aux Franchimonlois et autres exilez, lesquels se saisirent de la Cité
au mois de septembre, le lendemain de la nativité de nostre Dame, firent entrer
par nuict secrètement en la ville 600 hommes d'armes qui firent grande inso-
lence contre tous ceux qu'ils scavoient tenir la party du duc de Bourgongne et
de l'évesque. [Manuscrit 57 , p. 564 '.)
15 Lequel (messire Robert) avoit souvent tout armez suivi en bataille l'évesque
son maistre, suivant la coustume des prélats d'Allcmaigne. Ils occirent aussy le
seigneur d'Argenteau, messire Johan de Seraing, le seigneur d'Elderen ou
d'Alken et aultres, mais laissèrent eschapper tous les Bourguignons qu'ils
avoienl print, comme ne voulant contrevenir à la paix, ayant entendu parlé du
ao traictéz de Péronne el avoir occasion de dire que ce n'estoil que contre leur
évesque qu'ils esloient en dissention. [Manuscrit 57 , p. 562.)
Mélart, p. 263.
.... prindrenl honteusement la fuite. Car la nuict n'a point de honte et les
plus hardis de ceste avangarde s'assembla ensemble, tenant bon. estant quasy
25 tous hommes d'armes et gens de bonne maison, puis tirarent droit vers la porte
avec leurs enseignes, de crainle qu'ils ne sortissent encor avec une aullre
partie, où la boue, à cause des pluyes, y esloit grande, où ils estoient jusques
aux chevilles. (Manuscrit 57, p. 563)
630 CHRONIQUES LIÉGEOISES.
Mélart, p. 263.
Us tuèrent autant de Bourguignons que de Liégeois. Alors ceux de la ville
qui avoient ordre de sortir sortirent mais ils trouvèrent beaucoup de gens au
guet, qui les repoussèrent et ne se monslrèrent pas sy expert que les premiers.
Et alors toutes les forces du duc estant esveillées et en arme preste à combattre, s
les Liégeois, aiant manquez à leur dessein, se retirèrent par des chemins montai-
gneux ineognus aux Bourguignons qui ne scavoient les chemins bon à passer
sans faire de grans tour et circuit, retournèrent, en la Cité s'ayant bien porté,
aiant laissé aucuns de leurs pour gage et aultres blessé, après avoir tué
plusieurs de leurs ennemis pour les avoir surprint. Aucun ont cserit qu'ils 10
avoient sortie par tlochaporle et montez par Xhovémont. II est anssy à pré-
sumer qu'ils retournèrent par le mesme chemin et de là, ayant print leur
réfection, voyant qu'il n'y avoit aucun remède, il partirent secrètement de la
Cité par le pont d'Amereœur. Et tous ceux qui se voulurent sauver avec eux,
tirant vers les Ardennes et de là en France, et d'aultres dans des forte place par 15
cy par là. Ainsy demeura la Cité à l'abandon, pelitement furnie. car peu aupar-
avant les seigneurs et damoiselles et bons bourgeois s'esloient aussy retiré
ailleurs. (Manuscrit 37 , p. 366.)
Mélart, p. 268.
Mais d'aultres ont escrit que ledit duc emporta avec luy pour signe de îo
victoire non seulement ladicle fortune, mais le peron de Liège qu'il fist oster
de dessus la fontaine du marchez et le fit mettre et poser sur la bourse de la
ville de Bruge en Flandres, où le vers icy dessus y esloient gravé....
Ainsy fut ruynée ceste populeuse et grande cité de Liège par le duc Charles
de Bourgongne, avec tout son peuple, à la réserve des églises et environ 2s
500 maisons claustralle. à la charge et condition de payer la somme de
120 mille escus ou lion d'or, oullre la confiscation à son proulïlt de tout et
quelconques propriétéz d'héritages et leurs immeubles, estant en la Cité et
banlieu, qui est chose certaine, l'on en at encor des act (J) et copie, bien qu'ils
(1) Cf. E. Fairon, Noies sur la domination bourguignonne dans la principauté de Liège, dans 30
B. I. A. L., t. XL1I, pp. I-8SI, et Documents relatifs aux guerres des Liégeois contre Charles le
Téméraire et Louis de Bourbon, dans /.'. C. II. II., t. XCIV. — S. Boriians, Liste des objets enlevés di
Liège en U68 par les soldats de Charles le Téméraire, dans B. I. A. L., t. VIII, pp. 181-207.
ADDITIONS AU TEXTE DE MÉLART. 631
ne laissèrent de voiler aux églises les habits, chappes, vaisselles, ornements et
reliquaire, mais quoy quelle pierre n'a point esté taillée? Liège n'esloit pas plus
forte ny plus grande ny peuplée que Troye la grande, plus antique que Baby-
lone, plus riche que Cartage, plus sainctc que Jérusalem, plus renommée que
s Rome, qui ont bien toute enduré les mesme calamiléz. Aussy on trouve une
lettre donnée par après par Marie de Bourgogne, sa fille, qu'après la mort
son père, recognoissant ses cruautés sur les Liégeois, où est la quittance des dits
120 mille escus.
Au reste, sy les Liégeois eussent tenus tant seulement bon encor 2 ou
io 5 jours, le duc auroit esté constraint de lever le siège pour rincomodité de son
armée qui avoit faulte d'argent et de vivre, toute harrassée d'avoir esté en
France et revenir par des mauvais chemins en temps pluvieux, plein de froidure
et de gellée, comme il faict ordinairement au mois d'octobre et de novembre.
La ville estoit bien garnie, bien pourveue, plaine de peuple à cause que tous
15 les habitans des environs s'y esloient retiré, comme dans une des plus forte
place et grande ville de la Gaule Belgicque, tellement que parmy eux n'y appa-
roissoit pas de la perte de la bataille. Il s'y disoit sur un jour aultant de messe
que dans Rome.... {Manuscrit 37 , pp. 368 et 569.)
Mélart, p. 268.
20 Request présenté par l'évesque de Liège et quelque gens d'église
au seigneur duc Charle de Bourgoigne.
Que mon seigneur le duc aurat pour agréable la vendition des meubles et
immeubles selon les confiscation en fayt par mondit seigneur et duc de tout
ceux qui se sont trouvez rebelles dans la guerre dernier et prise de la ville de
25 Liège par les forces d'armes, etc.
Que le bon playsir de mon seigneur le duc soyt de consentir que 104 maysons
soyent rebastie dans la Cité et quelques autres redressée tant en la ville que
fauxbourg et banlieux que sur le plat du pays pour la demeurance des oppressé
et mal logé, etc.
30 Que le bon voulloir de monseigneur le duc puisse estre et permettre que tous
ceux qui se sont absenté et retiré de la ville de Liège cl n'ayans pris les armes
652 CHRONIQUES LIÉGEOISES.
contre mon seigneur le duc ny leurs évesque puissent rentrer dans la Cité
et autre lieux de résidence à effecl de rebaslir et cultiver leurs biens et terres.
Que le bon playsir de mon seigneur le duc soyt de lesser suivre et jouir
l'évesque do Liège de son lioslel et place de Franchimonl avec les rentes
et revenues dudit pays et seigneurie appartenant à l'évesque et son église pour 5
leur subsistance.
Que le consentement de mon seigneur le duc soyt que ceux des villaiges de
Grevcnbrock, Peer, Lumpmen et Dipenbeck soyent tenu et obligé au payement
des gabelles, tailles et crennées qui sont misse pour le payement de mon
seigneur le duc et ses gens, etc. (1). 10
Que monseigneur le duc fust servy et consentant que des meubles et biens
qui sont encore à vendre de ceux qui ont tenu partie contraire de mondit
seigneur et celuy de Liège de n'y rien prétendre ou demander veu qu'il en at
ja disposé de la pluspart des confisquations à son playsir et proffit ou qu'il se
voullust contenter de la moylié part que sont vendue cesle année. 15
Besponse et consent par Cliarle, duc de Bourgoigne et Brabant, sur
les requests et remonstrance fayts par Louis de Bourbon, évesque
de Liège et quelques gens d'église. (29 janvier 1 469)
L'an 1469, sur les remonstrance et requests oultredonnée par Louys de
Bourbon, évesque de Liège, avec plusieurs chanoines et autres gens d'église 20
à Cliarle, duc de Rourgoignc, Brabant, etc., pour lors dans la ville de Brussel,
fut par ledit duc ordonné et consenly ce qui s'ensuit :
Monseigneur le duc est content que les biens meubles, immeubles et héri-
taiges de tous ceux qui ont tenu parlye contre luy et l'évesque de Liège, mesme
menné la guerre, tant de ceux de la Cité que des fauxbourg et ballieux soyent 25
vendus au plus haulls offrants et pris que faire se pouldrat et ce par le seigneur
de Humbercourt, son lieutenant gouverneur ains dits pays et messire Guillam
de Clugny, protonolaire de Sa Sainctelé, à ce commis et député, avec un per-
sonne de la par de monseigneur l'évesque de Liège.
Item pour mettre en exécution ladit vendition, seront député quelques so
(*) Le 21 octobre 14-Cfl, le duc de Bourgogne promulgait un mandement conforme à ce vœu.
Cf. de Ram, p. 597.
ADDITIONS AU TEXTE DE MELART. 633
personnes de la part des chanoines et gens d'églises pour leurs eslre mis cns
mains el recevoir les deniers provenant de ladit vendition, et ce cns le terme de
la Saint Jean ensuivant, pour estre lesdils deniers employés au payement du
seigneur duc de la somme de 50 mille livres, hors quoy ils en retinderont la
5 somme de 2b* mille livres qu'ils ont preslé à ceux de la Cité pour furnir
au seigneur le duc. Item retinderont encore 5 mille livres pour les frayts et
rédemption de certaines rentes à vies qu'ils ont vendu pour ceste cause.
Que monsr le duc, pour eslre assuré de sa rente luy deue tant à cause de la
haulle vouwerie que aultres rentes à rédemption et tous arréraiges, que les
10 comis et députez facenl dans les villes et chastelanics du pays de Liège et comté
de Looz un assise d'impost, sur quel chose et pour quel terme qu'ils jugeront
à propos pour eslre satisfactoire pour ce que dessus.
Item que la susdite assise se poudra collecter el lever en chasque lieux parli-
cullier, soyt par gabelles, tailles ou crennées pour et au fornissement de chasque
15 d'eux, en quoy ils sont obligé seuls pour leur contingent, et que monseigneur
le duc le pouldrat cuillir et lever seigneuriallement sur tels villes ou chastel-
lanies que bon luy semblera, si en cas quelques uns d'iceux venoyenl en eslre
en faulte dudit payement.
Que au regard des renies et arriraiges susdits, se pondront prendre pour et
20 en verlu de payement hors les gabelles ou autres subsides, selon l'advis de
messrs les députez el commis de monseigneur le duc, et pour ce faire el exécuter,
les commis el députez debveront eslre au pays le i 5 du jour du moys de febvrier
an courant où monseigneur 1 evesque et ceux des églises de Liège debveront
aussy envoyer leurs députez ou commis.
25 Item et quand à ce que monseigneur l'cvesque de Liège et son chapitre ont
requis monseigneur le duc au fin que 104 maysons puissent eslre rédiffléc dans
la Cité de Liège et rebaslir celles bruslée et renversée dans les ballieux el
parmy le pays, tant en la Hesbaye, Condroz et Franchimont ou allieurs,à quoy
monseigneur le duc consent à conditions des trois points suivants, scavoir (*) :
30 1° Que monseigneur l'évesque de Liège et ceux de son chapitre de Saint-
(«) Sur l'exécution de ces conditions, voir de Ram, pp. B76, 583 et b88, et E. Fairon. Notes sur la
domination bourguignonne dans la principauté de Liège, dans l>. I. A. L., t. XLII, pp. 1-8!'.
Tome IL 80
654 CHRONIQUES LIEGEOISES.
Lambert transporteront perpétuelement au seigneur duc ses hoirs et succes-
seurs ducqs et duchesses de Brabant la place estant dans la Cité appelé l'isle,
avec les ponls d'icelle et les petites illes y estant enclose, ensemble l'isleau de
Torrent, item les fauxbourg d'Avroys jusques au lieux de Saint- Gilles,
ensemble tous proutïlts. émolluments, justice et souveraineté y appartenant, 5
sans que le seigneur évesque, son chapitre ny leurs successeurs puissent jamais
rien prétendre ny réclamer aulcuns droyts ou seigneurs, sauf que monseigneur
le duc et ses successeurs le tinderonl en fieff de l'église Saint-Lambert.
2° Item que de chasque des iOï maysons que monseigneur le duc al permis
d'estre rédiffiée dans la Cité il se réserve un lion hérilablc tous les ans rédimible 10
à tel pris que par luy serat accordé, et sur chasque maysons que se redresseront
ou que monseigneur le duc permettra estre redressé dans la ballieux et autres
lieux devant dit. il se réserve un florin de Rhin de chasque, bérilable annuelles
et pour icelles rentes lever tant en ville qu'au pays, monseigneur le duc ou ses
successeurs auront toute exécutions seigneuriaux à faulle de payement. 15
3° Item que monseigneur le duc ou ses successeurs auront et feront lever
à leurs proffits, le terme de 50 ans, la toile et impost des marchandises et
batteaux de Meuse dans la Cité de Liège, en telle forme et manière qu'il se
cueille et lève au présent.
Que monseigneur le duc est aussy content que tous ceux dudit pays qui ne 20
luy ont fayt la guerre ny esté dans la cité de Liège lorsqu'il s'y vint loger
devant icelles et depuis prins par assauts puissent rentrer sûrement et demeurer
paysiblemeut dans la ville, fauxbourg et pays de leurs résidence comme devant
et rédiffler leurs maisons, soubs les conditions et payements susdits, sauf toule-
foys et réservé à monseigneur le duc la somme des deniers qu'ils luy doybvent 25
payer, pour un foys seullement, ceux de Francbimont.
Que monseigneur l'évesque de Liège aurat à accorder toutes les choses sus-
dits et faire son debvoir vers son chapitre au fin de les y faire consentir,
ce qu'estant fayt, luy et son chapitre ensemble debveront solliciter l'accordalion
et confirmation susdits vers le légat apostolique et ce dans le 20me jour du moys 30
de febvrier, auquel jour mondit seigneur de Liège serat tenu signifller et faire
scavoir à monseigneur le duc là où il serat et ce qu'il aurat sur ce fayt et obtenu,
au fin que monseigneur le duc se trouve au dit lieu.
ADDITIONS AU TEXTE DE MELRRT. 635
El au regard de la request fayl par monseigneur de Liège au seigneur duc
pour ravoir lhoslel el place de Franchimonl, monseigneur le duc luy en ferat
pour lors responce.
Que sur ce que monseigneur de Liège al requis au seigneur duc que son
5 playsir et bon voulloir fusl de luy lesser suivre et jouir de ses rentes et reve-
nues qu'il at au pays de Franchimont, à quoy monseigneur le duc est consentant.
Item quand et sur ce que monseigneur de Liège at requis au seigneur duc
d'estre content et consentant que ceux de Grevenbrouck, Peer, Lumpmen et
Dipenbcck fussent tenus payer et contribuer aux gabelles et crenées qui sont
10 mise pour le payement de monseigneur le duc, à quoy mondit seigneur consent,
sans en ce préjudicier à son droyts et celluy que le seigneur de Ravestain
prêtent dans lesdits terres de Grevenbrouck, et au regard de la part de mon
seigneur de Liège, il est ausy content qu'ils soyent exécuté et pareillement
ceux de Limpmen à ce qui est et touche au pays de Liège séparé de la Brabant.
15 Mais à ce que touche du village de Dipenbeck, parce que monseigneur
le duc prêtent que c'est de son fieff de Brabant et monseigneur de Liège que
c'est fleff de Liège, il est sur ce par monseigneur le duc ordonné que lesdits de
Dipenbeck bailleront caution suffisante pour la somme que peut porter de leurs
parts des gabelles et crennées,
20 Item que à la journée que serai tenu le 15e du moys de febvrier entre les
députés et commis de monseigneur le duc et l'évesque de Liège, serat commu-
nicqué pour la moitié part de la rivire qui vint de Limbourg à Liège et pour le
différent que monseigneur le duc prêtent dans icelle rivire, en oultre pour
la seigneurie qu'il prétend aux boys et forresls du pays de Franchimont et
25 Pont d'Amercœur chez Liège.
Item sur ce que monseigneur de Liège at requis que considéré les trayté de
pays et par la sentence de monseigneur le duc, luy seroient adjugez les biens et
immeubles de ceux du pays de Liège qui ont tenu partie contraire de monsei-
gneur le due et celluy de Liège, et que le playsir de monseigneur le duc fust de
30 n'y demander ou prétendre aulqun choses, voir et attendu que de la plusparl
d'iceux il en at ja fayt et disposé à son vollonté, playsir et profits, et que mon-
seigneur se voullust contenter de la moytié qu'il restera des confiscations de
ceste année et des autres et ce que serat oultre la somme qui se doibt donner
G3G CHRONIQUES LIÉGEOISES.
aux gens d'église, comme il est par monseigneur le duc ordonné, sur quoy il est
ordonné par monseigneur le due que l'on fera enquest et bon information de
tous les biens et meubles confisquez tant de l'année passée que présente, ce que
sera raporlé à monseigneur le duc et à monseigneur l'évcsquc de Liège pour
par après en cslrc fayt et disposé selon l'ordonnance de monseigneur le duc, si 5
bien que monseigneur l'évcsquc de Liège n'aurai sujet de s'en plaindre, mais en
estre content et satisfayt.
Le tout donné et prononcé dans la ville de Brusselle par le seigneur grand
chancellicr de monseigneur le duc, le 29e du moys de janvier 14G9, en présence
du seigneur Humbercourl, Anthoine Haneton, prévost de Saint-Denis à <o
Brughes, maître Guilliem de Clugny, prothonolaire de nosire Saint père le
pape Paul 2rae, et le seigneur Jean Poslel. président, el des autres commis
cl députez de monseigneur l'évcsque de Liège.
Tout ce que dessus fut passé et accordé de part et d'aulre, déduit en plus
ample forme el les misons et ponls de la ville furent rebastys plus belles que is
devant. {Manuscrit 59, fol. 13 à 19.)
Mélart, p. 268.
L'an 1472,1e duc de Bourgongne aiant constitué Gbuy de Brimeu, seigneur
de Himbercourt, son lieutenant général dans la ville de Liège, il accorda aux
bourgeois de pouvoir rédifficr 400 maisons, non tant pour eux que pour 20
le service des ecclésiastiques, en rendant et payant pour chacune au dit duc un
lyon d'or. De quoy la Cité en at encore les acl, accordant mesme encor et
d'abondant à tous ceux qui voudroient rachepler leurs héritages et propriétéz
estant hors la Cité et banlieu le pouvoir faire, dont il constitua pour ceste effect
aucuns qui esloient du clergéz, comme il se trouve plus amplement escrit par 23
la copie dudit act es archives, affin de tirer argent. (Manuscrit 57, p. 57 1 .)
Mélaut, p. 270.
L'an 1477, le duc Charles de Bourgogne fut tué devant Nancy en Lorraine
par les Suysses assistant le duc Renéz de Lorraine, comme il tàchoil d'estendre
ses bornes au despens dudit duc pour en construire un royaume soubz l'ancien 30
ADDITIONS AU TEXTE DE MELART. 637
nom de Bourgogne, comme aullrefois avoit eslé, laissant une seule fille nommée
Marie pour hériter tous ses domine, laquelle fut depuis mariée à Maximillian,
filz de l'empereur Frédéric 4me du nom, de la maison d'Auslriche. De laquelle il
engendra trois enfans, à scavoir François qui mourut jeune. Philippe qui nasquit
s à Bruge. qui fut depuis archiduc d'Auslriche, roy d'Espagne et seigneur des
Pays-Bas, qui engendra l'empereur Charles Quint, et le troisième fut une fille
nommée Marguerite, lesquels enfans furent depuis cause de l'aliénation des
comtées de Flandres, Franche-Comté, de Bourgongne, de Hollande, Zélande et
aultres provinces du Pays Bas hors de la couronne de France, par l'aide des
10 peuples de ces mesme provinces, combien que de droit et ancienneté elles
eussions eslé conjoincte audit royaume.
Dans ce dernier combat, ce duc avoit rassemblez Fi mille hommes de nou-
velles levées et les avoit joinct avec son reste, mais le tout y fui desconfit et luy
occis, comme dit est, avec deux de ses frères baslards nommez Baudouin et
15 Anlhoine, avec le comte de iNassau, le marquis de Rotelen, un comte anglois
et aultres nobles. Le roy de France avoit licensiéz et bannis exprès 500 lances
et 1500 chevaux, qui se retirèrent vers le duc de Lorraine afin de le ruyner.
Aussy aiant entendu sa mort, il ne fut tardif à se saisir de la haulte et basse
Bourgongne qui lui devoit retourner fault dhoirs masle.mais le prince d'Orange,
20 mal content du roy. fit depuis révolter la Franche Comléz en faveur de la
maison d'Auslriche que les rois d'Espagne possèdent encor à présent.
Ces vers furent faict sur la mort du duc Charles :
Je fus nommez Charles, duc de Bourgongne,
fort et hardy, riche, vindicatif.
25 Le roy Louis de France a ma vergongne,
j'ai guerroyé sans cause et motif.
Le Liège, j'ai mis à sac pour un estrif,
ceux de Dinant sans mercy je fis pendre,
mais des Lorrains je ne me sceu déffendre.
30 Car à Nancy, l'an mille qualtre cent
septante sept, me firent la mort prendre
en plain combat où je perdy la vie.
(Manuscrit 37, p. 373.)
638 CHRONIQUES LIÉGEOISES.
Mélaut, p. 271.
Mais quoy ledit évesque estoit frère de ces ducs de Bourbons Jean et Pierre,
qui cstoient gens peu cognoissant ce qui leur estoit bon, tesmoin en est ledit
évesque. lequel retira près de luy ledit messire Guillaume, qui estoit un beau
et vaillant chevalier, niais très cruel et mal conditionné, qui tousjour avoit esté 3
son ennemi, comme aussy de la maison de Bourgongne, mais peu après il ne
laissa de se tourner contre elle et contre son oncle qui enfin fut tué de sa main,
comme entendrez.
L'évesque Bourbon obtint de ladicle princesse, sa nièpee, abolition des
iW mille lion d'or ou du moins, selon d'aultre, seulement de 30 mille florins to
restant de ladicte somme que son pays de Liège payoit au feu duc son père par
apointement faict entre luy et son pays, après toutes les guerres qu'ils avoient
eut ensemble. De quoy il n'avoit suject de poursuivre ains désirer leurs pau-
vretéz, à raison qu'il ne tiroit rien du pays que bien peu de ebose pour son
domine, au regird de la richesse du pays. Mais il en obtint abolition et quit- 15
tance pour le pays affin de descharger l'âme de feu son père et affin qu'ils se
réconciliassent ensemble, à raison de quoy il fut recogneu de certains deniers
qui se collectèrent pour lui sa vie durante seulement; avec ce, l'évesque donna
lettre par laquelle il déclaroit que la sentence qu'il avoit obtenu du pape Paul
nommée Pauline qu'il en quilloit ledit pays, deschargiéz comme appert plus 20
amplement par ladicte lettre. [Manuscrit 57, p, 37 S.)
Engaigemenl du pays de Franchimont,
par l'évesque Louys de Bourbon, etc., à Giullam, comte d'Aremberg.
A tous ceux qui ces présentes lettres verront et lire orront, etc., salut. Nous
Louys de Bourbon, par la grâce de Dieu éleu évesque de Liège, duc de 25
Bouillon et comte de Looz, scavoir faysons par ces présentes lettres comme,
pour les grandes affaires que avons souslenu, tant en procédure que guerres et
autres causes, depuis l'advènemcnt à nostre évesebée de Liège, pour à quoy
subvenir sans intéresser nostre église et pays ny les surebarger, avons esté
constraint et obligé de tirer de nostre cousin Guillam, comte d'Aremberg, 50
seigneur d'Aigremont, une somme de 40 mille llorins du Rhin, chasque florin
ADDITIONS AU TEXTE DE MELART. 639
de la valleur et pris de 25 patar, mannoye d'Artoys, laquelle somme noslre dit
cousin at très vollonlier débourcé pour les oppressante nécessitez de nous
et noslre pays de Liège. Or pour piège et assurance de ladite somme de
40 mille florins, cédons et transportons ens mains de noslre très cher cousin
5 Guillam d'Aremberg la place et terre de la marquisat de Franchimont pour en
user et jouir, tirrer les fruits et émolluments par luy ou pour ses boires, succes-
seurs et héritiers tant et si longtemps que par nous ou par nos successeurs
évesques de Liège ladite somme de 40 mille florins luy soyt bonnement et
compéltamenl rembourcée. Item agréons que nostre cousin puisse mettre et
10 exposer la somme de mille florins, dite mannoye, pour la rédification de ladite
place que luy seront ausy réellement restitué sans contredits et condition,
toutefoys que nostre cousin ferat serment à nous et à noslre église de Cdellité et
nous secourir et ayder en tout cas de besoing, voire qu'il ne serat permis
à noslre dit cousin de n'entreprendre aulcun guerre contre quelque seigneurs
15 dudit pays de Franchimont sans notre sceu, licence et consentement ou des
membres du pays de Liège. Et affin que ce soyt choses stables, avons à ces
présents lettres fayt appendre noslre séel épiscopal et avons requis nostre véné-
rable chapitre y applicquer leur séel eapitulaire.
Nous, doyen et vénérable chapitre de Liège, consentons à ceste présente
20 engaigure, en vertu de quoy ordonnons d'y applicquer noslre séel eapitu-
laire, etc. Fayt et passé le 3me d'octobre 1477. (Manuscrit 59, fol. 22 v°) {*).
L'an 1478, le peron de Liège.... fui raporté à Liège.... Et cest à la pour-
suilte de messieurs de Liège et Mathieu Hawcal, jadis bourgmestre de la Cité,
accompaigné d'aultres bourgeois, ausquels, pour récompense, on leur accorda de
25 («) Ce texte n'est pus le texte authentique du document, dont on trouvera une copie intégrale dans
de IUsi, p. 656, d'après le manuscrit de l'Université de Liège 188, mais un résumé rédigé par l'auteur
de la chronique. Les deux sources varient sur un point très important : le montant de la dette due par
Louis de Bourbon à Guillaume de la Marck ; ce résumé la chiffre à 40,000 florins et l'autre manuscrit
à 4,000 florins. Bien que noire chroniqueur ait voulu donner à son lexle l'apparence d'une charte
30 originale, sa composition se trahit par l'anachronisme suivant : il parle de la a place et terre du
marquisat de Franchimont », alors que celle-ci ne porla officiellement ce titre que vers 1550. Le lexte
de de Ram mentionne, d'une façon plus exacte, « la place, forlresse et chastellerie de Franchimont ».
640 CHROiNIQUES LIÉGEOISES.
pouvoir jouir, eux et leurs hoirs légitimes, des 32 bons mestiers. Tellement
qu'en ce temps tous les privilèges furent restitué aux Liégeois avec les fran-
chises, droits, paix faicte, status et coustumes resté de ceste destruction, mais
non pas la vie ny les moyens de ceux qui avoient esté massacré, noyés, pillés,
bannis, exiliez, bruslé et ruynéz, sinon qu'à bien peu. JNéanlmoins ils ne lais- s
sèrent de redresser les mestiers et régiment comme à l'ordinaire. (Manu-
scrit 37, p. 376.)
Mélart, p. 278.
En ce temps, fut la barque marchande allant de Liège à Huy donnée et
accordée aux vieux Arbalestriers affin de servir la Cité. io
L'an mesme, iiSO, fut à Liège commencée de baslir une maison de ville qui
fut appellée vulgairement « La Violette » (').
L'an 1-481, vers le saint Jean, fut dans Liège un cher temps, car on vendoit
un muydz de spelt 53 aidans, 24 soz liégeois pour aidan, le stier de wassen
13 aidans, le froment 13 aidans, le muydz d'orge 38 aidans, le stier de verd 15
pois, 12 aidans (2). (Manuscrit 37, p. 380)
Méiart, p. 280.
D'aultres ont escrit que à la sorlise que les Liégeois firent, il y avoit plusieurs
bourgeois et aullres de la gensdarmerie qui portoient à leurs chappeaux des
feuilles de chesne pour signal d'une fause entreprise et que ledit évesque fut 20
mené par aucuns traislres par une voyc eslroite, ne croyant ses ennemis sy
près de luy, où il fut frappé d'une espée sur la leste de la main propre dudit
de la .Marche emprès du molin de Wez et rué jus de son cheval, où il mourut,
puis jettéz en l'eau, selon aucun, avec plusieurs bon seigneurs de sa suitte,
(«) Voir charte du métier des tanneurs du i mars 1180, réglant un échange de terrain entre le 23
Conseil de la Cité et ce métier pour la reconstruction de l'hôtel de ville.
('; Les effractions de céréales pour cette année confirment celte cherté. En 1180, la moyenne
annuelle du prix du muid d'épeautre fut établie à 24 aidants et en 1481 à 32 aidants; le muid de
froment, qui comprend 8 setiers, monte de CO à 84; le muid de seigle, de 54 à 74; le muid de gros
orge de 29 à 40, et le menu orge de 29 à 46; le muid de pois verts, de 43 à 101. 30
ADDITIONS AU TEXTE DE iMÉLART. 641
mettant le reste en fuilte et gaigna la Cité, laquelle fut pillée, mais que tout fut
rendu sauf ce qui se trouva es maisons de ceux qui tenoient la partie de
l'évesque, tant ecclésiastiques que séculiers, et le corps mort de 1 evesque fut
aporlé dans Liège et mis devant les degrés de Sainct- Lambert, où il demeura
5 5 à i jours, comme une pauvre beste, avant d'eslre enterré comme il fut devant
le grand autel de Saint Lambert, comme dit est. (Manuscrit 37, p. 382.)
Mélart, p. 285.
Auquel temps (1483), se vendoit à Liège le muydz de spelte 24 aidans, le
stier de froment 9 aidans, le slier de wassen 7 aidans, le clichet de bouille
10 8 aidans.... (').
Enfin ce n'estoit partout le pays qu'une vraye confusion, à raison de ces
guerres intestines des esleus; les uns tenoient pour la Marche, les aultres pour
de Home. Les uns couroient le pais de Liège, les aultres le pays de Brabant,
où plusieurs furent faict prisonniers et mis en rançon, en sorte que les terres
15 demeuroient sans estre labourées et les laboureurs sans payer leurs maistres, en
sorte que tout vint à renchérir, en sorte que tout le pays fut appauvris et ruiné
et personne n'ozoit parler de la paix, car il en estoit deffendu, dont plusieurs en
furent pour ce suject tué; lesquels en avoient parlé au conseille de la Cité, ce
qui fut cause de la Cité se retirèrent ailleurs, dont plusieurs maisons et censés
20 furent bruslées. Puis de la Marche mena ses gens vers la canipaigne et au pays
de Brabant où il pilla et mis le pays en désaroys ; il alla devant la ville de Peer,
où tous les habitans des villages voisins s'estoient sauvés, qu'il print par assault,
où il fit une terrible massacre, car plus de 1500 pauvres paysans y furent
misérablement tué, puis revint à Liège chargez de butins....
25 Pendant ce temps, se levoit à Liège une ayde ou impost quasy sur toute
sorte de denrées et marchandise qui se vendoit pour furnir aux fraix de la
guerre, pour la solde des soldats et compaignies de messire Gbuys de Canne,
capitaine des Allemans "dans la Cité.
En sorte que dans Liège, àz ce temps, l'on y baslisoit plusieurs trahisons,
S0 (*) Ces chiffres sont conformes à ceux des effractions ùes céréales pour celte année.
Tome II. 81
642 CHRONIQUES LIÉGEOISES.
fraudes et déceptions tant d'un coslé que d'aultres, avec une grande punition
de tout les groynats ('), ainsi nommoit-on ceux que tenoient la partie de
Pesleu Jean de Horne, ausquels on eonfisquoit leurs biens, et leurs femmes et
enfans estoient expulse et chassez hors de la Cité. (Manuscrit 37 ', pp. 386
et 387.) »
Mélart, p. 280.
Teste paix, aianl esté publiée au peron à Liège et à Huy et arrestée et
traictéc à Tongres, fut au grand interrest du pays, tant d'un coslé comme de
l'aullre, s'eflbrehant de se gratifier et récompenser au despens du pays et de la
Cité. Ceux de Horne avoient leurs part, de mesme que ceux de la Marche, sans 10
que personne osasl rien dire ny contredire, crainte d'estre mal traictéz. En sorte
que mesme ledit de Horne obtint ses régales à Francfort en l'absence de l'Em-
pereur par le moien de Jean de l'iaulea (2), escollastre et chanoine de Saint-Jean
en Isle et d'Arnolt de Fléron (2), chanoine de Saincl-Maleme, qui y avoit esté
envoyez tellement que. comme dit est, le 7 de novembre 1484, il y fit son entrée 15
s'eslanl party de Tongres, où furent au devant de luy jusques au village de
Liers les bourgmestres de la Cité : seigneur Jean le Pollain, seigneur de Waroux,
et le seigneur Wathy de Coswaremme (3), puis retournèrent en la Cité et
l'évesque print son chemin sur le village de Herstal. où là estant arrivé, sortirent
de la Cité messire Guillaume de la Marche avec ceux de sa maison, comme 20
mambourg du pays, et messire («huis de Canne, lors grand mayeur, avec lesdils
bourgmestres et les commissaires qui allèrent jusques au pont al Creyere près
Saincte-Foy, où estant l'évesque de Horne fit le serment acoustuméz, de quoy
les commissaires là présent en demandèrent act de notaire impérialle, illccque
aussy présent, puis l'évesque marcha entre messire Guillaume de la Marche et m
messire Ghuis de Canne, puis suivoit le comte de Moeurs, oncle dudit évesque,
et les deux bourgmestres, ayant grand suitte, avec deux guidons armoyés de ses
armes, ses trompettes et héraux d'armes triomphant, et fut receu dans la Cité
(») Cf. tome I, page 37G, ligne ô de ces chroniques.
(*) Cf. tome I, page 551, note 4. 30
{*) CI. tome I, page 5S0, notes t et 2.
ADDITIONS AU TEXTE DE MELART. 643
avec joye et esbaltement et magnificque festins, signament entre 1 evesque et
messire Guillaume qui dura longtemps, voire en sy grande amitié qu'ils dor-
mirent souvent ensemble (1).
Le 28e dudit mois, fut tenue une journée des Estats du pays où l'évesque
s de Horne remonstra comme il avoit procurez de laisser en son entière les
droitures et jurisdictions de l'éveschéz, que le pape Pius avoit voulu séparer (*),
ce qui lui avoit cousté bonne somme de deniers, à quoy ils les prioit d'avoir
esgard, soy recommandant à l'université des 52 bons mesticrs de la Cité, où lui
fut accordé de lever sur la cité et le pays quarante mille florins, où la Cité
io payeroit, i comprint le banlieu, pour sa quoele huict mille florins susdit, comme
faisant la cinquiesme partie du pays. Puis fut ordonné, passé et accordez que
personne ne feroit aucune reproche pour le faict des guerres passez s'il ne
vouloit estre réputé infracleur de la paix, donnant à chasque mestiers pour leurs
récréations six florins.
15 L'an 1485, fut faict un accord entre la Cité et ceux de Maestricht touchant
les thornis du pont, que ceux de Liège ne payeroient rien en passant le pont à
Maestricht avec leur marchandise et que ceux de Maestricht passeroient de
mesme soubz celuy de Liège en toute libériez. (Manuscrit 37, p. 388.)
Le manuscrit 39, fol. 33 v° à 40, donne un texte un peu abrégé du traité de
20 paix signé à Tongres le 22 mai 1484. Le chroniqueur suit non le texte publié
par de Ram, pp. 745 à 757, mais le texte du manuscrit Wachtendonck.
Au reste que le tout fut quelque temps pacifique et tranquille, l'évesque
provoyant au restablissement de ce qu'estoyt desvoyé de son authorité par les
confussions et guerres, il engaiga la ville et chasteaux de Huy pour une somme
25 de 12 mille florins brabant pour subvenir à les frayts et despence tant une
partie pour les debtes contractés por la payx susdite que pour son entrée dans
la ville de Liège, à Maximilain, duc de lîrabanl.
L'an 1485, lors que l'on croyoit que le tout fust ou commençoyt à se remettre
et restablier, tant de la pollice que justice, dans la ville de Liège et que l'on
30 (») Voir au tome I, p. B70, la relation détaillée de cette joyeuse entrée.
(*) Cf. tome 1, page 54-B, note 5.
644 CHRONIQUES LIÉGEOISES.
pensent vivre en repos, voycy un histoire tragicqne que vat commencer et
ralumer la guerre. Que fut que Pévesque Jean de Horne et Guillam d'Arem-
berg, avec plusieurs autres seigneurs, ausquels leur vint en fantaisie d'aller
prendre l'air du champ et faire quelque promin, que fut vers la ville de Saint-
Trond. D'où un jour, entre les autres, l'évesque et Guillam d'Aremberg. suivy s
de fort peu de gens de leurs suitte, allèrent au champs soub prétexte peut eslre
d'aller donner la visite à quelque seigneur du pays d'Aix environ ou par forme
de chasser: quoy qu'il en fust, est hors doute que ceste entreprise ne fust pas
advaut prémédité et conclue entre l'évesque de Horne et ses gens. Car comme
l'évesque et ledit d'Aremberg venoyent à passer par un petit boys au environ »o
de la ville de Saint-Trond, où Frédérich, seigneur de Montegnye et frère
à évesque de Horne, s'estoyt apposté en embusquade avec quelque nombre de
gens d'armes, lesquels tout d'abord se jetlèrent sur Guillam d'Aremberg et le
poussèrent enbas d'un petit bidet de cbeval qu'il avoyl monté, lequel fut tout
surpris, ne s'ayant donné du garde à tel embusquade luy dressé, croyant eslre is
entre ses amis. Mais l'évesque de Horne avec ses frères et gens avoyent autre
dessin, car quoy que Guillam d'Arenberg demandoyt le suject de ceste surprise
de sa personne et Gisbert, un de ses grand conseilliers, mais il ne seul tirer
aulqun responec d'eux, mais furent tous deux menné prisonnier dans la ville de
Maestreck où l'évesque de Horne, sans beaucoup de forraallité de justice ny 20
procédure, mais d'authorilé et pour un tray de vengeance, fit décapiter ledit
Guillam d'Aremberg par les mains du boureau sur un eschaut, le 19e du moys
de juing, ans susdit, bien que le seigneur Guillam d'Aremberg ne lessa à
reprocher l'évesque de Horne de sa perfidie et cruauté, ne croyant que sa mort
donneroyt du repos et assurance à l'évesque, mais que son fils, Jean d'Arem- 25
berg, chanoine de l'église de Saint-Lambert, avec Robert et Evrard de la Marche,
ses oncles, et autres amis ne lesseroyent à tirer vengance d'une action si perfid
et layche pour un évesque. Le corps dudit Aremberg fut ensevelly dans l'église
des pères Dominicains.
Après quoy, Gisbert, conseillier dudit Aremberg, fut par ordre de l'évesque 30
de Horne mis en quattre quartiers. Mais ces exécutions ne raportèrent rien de
bon pour l'évesque ny ses frères, mesme au peuple de Liège. (Manuscrit 59,
fol. 40 V -41.)
ADDITIONS AU TEXTE DE MÉLART. 645
Mélart, p. 288.
Ceux de Liège remandent de Maestreck leur évesque Jean de Horne. Les
bourgnemaistres, jurez el conseil, avec les principal de la ville de Liège, consi-
dérant le mauvays irayetement et gouvernement, s'ayant deffayts de la tirannie
5 de messirc Ghuys de Canne et se voyant en liberté et maistres de la ville pour
cause que Evrard el Robert de la Marche faisoyent la guerre au pays d'Ardenne,
et par crainte d'eslre encore plus mal trayelé ou gouverné par leurs chefs et
protecteur susdits, advenant leur retour dans la Cité de Liège, pour à quoy
obvier et provoir, remandirent leurs évesque Jean de Horne, qui se tenoyt dans
10 la ville de Maeslreck, lequel sans dilays se servit de l'occasion et offre mesme
sans aulqun appréhension, retourna dans la ville de Liège, où il fut fort honno-
rablement receu par le clergé, magistrats et peuple de la ville, lesquel assurèrent
1 évesque de leur obéissance et fidellité, vivre et morir pour la conservation de
son authorité. (Manuscrit 39, fol. 44.)
15 L'an 1486, l 'évesque de Horne célébra sa nouvelle messe, donnant à Sainct-
Lambert des draps d'or et de soye pour la somme de 650 florins de Rhin.
Puis fut fait une ordonnance sur les vignobles, à cause de la stérilité de
2 à 5 ans de suitte, tellement que l'on ne payroit que trois griffon pour chaque
ayme de vin, à condition qu'il seroient obligé d'entretenir les vignobles en bonne
20 estât, et alors l'on payoit sur une eharrée de fort vin de Rhin neuf florins du Rhin,
sur la eervoise, le 8e denier, sur la chair, cuirs, poissons et aultres marchandises
et denrées, on payoit la gabelle et l'on ne pouvoit faire courir chars ne charelte
par nuict ny de jour par la cité et les grains furent assis à un pris raisonnable,
scavoir le muyd de spclt et orges à 21 aidans le slier; de wassen à 7 aidans et
23 le froment à 8 aidans et que tout bourgeois seroient franc du lliorny des ponts.
L'an 1488, furent à Liège déposé 13 eschevins, ne demeura que messire
Guillaume Proest el ce par une enquestc qui fut dressé contre leurs injustices
et grandes exactions qu'ils faisoient sur le peuple, prenant argent des parties
litigeantes, comme ils avoit encor esté déposé l'an 1389.
30 En ce temps, fut fondé à Paris un couvent de filles perdues qui vivoient en
libertéz de toute liibricitéz, qu'estoient bien en nombre de 200, et furent
appelées les Repenties. (Manuscrit 37, pp. 392 et 393.)
646 CHRONIQUES LIÉGEOISES.
Mélart, p. 290.
Roberl de la Marche, ayant entendu les mennés de Jacquc de Croyx pendant
son absence de la ville de Liège, que roulloyl dans la Brabanl, retourne vers la
ville de Liège à efïect de faire désister ledit de Croyx de ses entreprises, mais
crainte de quelque autre coup de main ou traictement, il se relira de Liège à 5
la sordine. (Manuscrit 39, fol. 46.)
Mélart, p. 290.
Foullastre et pernissieuse entreprise.
L'an 1491, pendant que l'évesque Jean de Home se tenoyt dans la ville de
Mastreck et que nul moyen l'on ne le pouvoit atlrapper, il y eut un homme qui 10
voullut faire le fin, donnant ses entreprise et dessin à cognoistre à Evrard et
Robert de la Marche, lesquels y condescendirent. Ce pernissieux et fol apostat,
assé téméraire dans ses entreprises et d'un cœur résollu, vat trouver l'évesque
Jean de Horne dans la ville de Mastreck et comme il s'avoyt présenté à luy,
tesmoignant de luy estre fldel amis et que s'il le voulloyt croire qu'il luy livre- 15
royt la ville de Liège avec peu de gens, à la faveur de quelque parens et amis
qu'il avoyt dans l'abbaye et monaster de Saint-Jacque, lequel luy donneroyt
Becrettement la nuit ouverture par quelque porte ou entré sur la rivière de
Meuse, luy faysant à croyre que cantité des fidcls bourgeoys de la ville de Liège
seroyenl appresté pour le recevoir, comme estant las de vivre soubs le gouver- 20
nement de ceux de la Marche, considérant le tort que l'on faysoyt à sa personne
et autres choses semblables. A quoy l'évesque adjousta un peu légèrement foy,
sans se donner du garde de la finesse de ce gaillard qui croyenl engaiger par ces
belles parolles la personne de l'évesque à la leste de ceste entreprise. Mais
l'évesque. sans prendre conseil ou advis, donne un bonne trouppe de ses gens -23
les plus affidés selon la vollonlé et désir de ce Machavelle qui avoyt tout aultre
dessin que de servier l'évesque, marche avec ses gens vers la ville de Liège et
monastère de Saint-Jacque. par où il debvoil entrer et faire le coup un nuit
dessignée. Et corne ils furent arrivés au poslis où ils debvoyenl entrer, il y
avoyl un homme garde poste aux environ, selon l'assignation donnée, donnèrent 30
ADDITIONS AU TEXTE DE MÉLART. 647
sur les gens de 1 evesque que furent tous taillé en pièces sans mercy, croyant
que l'évesque seroyt dans la mesléc.
Ces nouvelles et massacre estant porté à l'évesque que pour ce ne perdit
temps ny couraige, assemble des gens tant qu'il peut avec lesquels il allât
5 brusler les fauxbourg de Sainte-Margarite, ne pouvant mordre à la ville qui
estoit troup bien forliffiée et munye de bonnes gardes, si bien que l'évesque avec
ses gens fut constraint à se retirer dans la ville de Mastreek, avec ses gens en
bon ordre, et ces entreprises estant failly et sans succès, l'on travailla à une
trèfve et cession d'armes pour quelque temps, que fut accordé par les deux
to parties guerroyantes avec libre commers et négoce des marchants.
Pendant ceste année de guerre, le septier de grain se vendoyt un ducat et les
grains à l'advenant, ce que causa quelque famine entre le peuple.
Pendant le terme de ceste treusve, mess" du chapitre de l'église Saint-Lam-
bert, considérant et voyant un ruine totalle tant pour eux que pour tous
15 les bourgeoys et surséans du pays et évesché de Liège, si l'on vint à poursuivre
la guerre, sollicitèrent à un accomodemenl de payx. A quel effect ils supplièrent
de leur entremise Maximilain, roy des Romains, et Louys 12mo, roy de France,
avec plusieurs autres, quoy que tout ce fût contre la vollonté de Jacque de
Croyx qui se tenoyl pendant les troubles et guerres dans la ville de Liège,
20 allié, comme dit est, avec ceux de la Marche et d'Aremberg, mais se voyant peu
fort d'autlioritc et gens, considérant que ceste payx ne seroyt pas bonne pour
luy, se relira en France. (Manuscrit 59, fol. 48 v", 49 v°.)
Après la publicquation de ceste payx (10 avril 1490), Everard de la Marche
le jeusne espousa la fille de Frederick, comte de Horne, nièce à l'évesque de
25 Liège, le 10e du moys de juing ans susdit.
Le 24e du moys de juillet, veille de la saint Jacque, l'évesque Jean de Horne,
accompagné de ceux de la Marche et d'Aremberg, entra dans la ville de Liège,
suivy d'un éclattante noblesse, où ils furent par les bourgeoys receu en arme
au grand contentement de tout le peuple, ayant posposé toutes les anciennes
ôo querrelles.
L'an 1493, l'évesque Jean de Horne avec ceux de la Marche allèrent
regaigner la ville de Siter, laquelle s'estoyt abstrayt de l'obéissance de l'évesque
pendant les guerres et troubles.
648 CHRONIQUES LIÉGEOISES.
L'an 1494, Pévesque Jean de Horne, ayant fayt amas d'un somme de deniers
par les subsides et imposts mis dans les villes et pays, desgagea la ville et
chasteau de Huy qu'il avoyt engaigé au duc Maximilain de Brabanl pour la
somme de 12 mille florins brabant l'an 1484, ce que mil l'évesque tant plus
dans la bienveillance du peuple. Geste année fui tellement fcrlille que le seplier 5
de grains ne se vendoyt que 4 patar et autre chose à l'advenant. (Manu-
scrit 39, fol. S 4.)
Mélart, p. 297.
Ceste année (1493). l'évesque collecta quelques sommes de deniers en la
Cité et pays pour désengager la ville, chasteau et chaslellenie de Huy qu'il avoit 10
engagez à l'archiduc Maximillian d'Austriche pour la somme de 8,000 florins
d'or à la croix de saint André ou de 12,000 florins brabant, dès l'an 1485, et
ce environ la purification de INosIre Dame l'an 1494, dont l'on payoit sur le vin
fort le 4' denier, sur celui du pays le 8e et sur la bière le 6* denier.
L'an 1493, comme Louis Waldorea, général des gens de guerre, fust 15
esloigné de Tongres vers le pays d'amont, fort mal content et non payez,
il délibéra subtillement d'y retourner toute la nuict, tellement qu'il la surprint
de quoy les Liégeois se mirenl en armes pour la récupérer, où se firent plusieurs
faict d'armes, où les 32 mestiers furnissoient gens et argent, dont en la fin elle
se rendit par appoinlement. D'aullre ont escril qu'elle avoil esté surprinse par 20
le grand haillieu de Brabant et que l'évesque y alla avec les communes du pays
et quelques trouppes eslevées à la haste pour la reprendre, mais que, à raison
d'aullre affaire, il le quitta
L'an 1494, aiant les bourgmestres et le conseil de la Cité accordé aux vieux
Arbaleslriers la porte située sur le milieu du pont des Arches, elle leur fut 25
ratifiée (*).
En ce temps (1496), furent exposé quelques sommes de deniers par la Cité
pour ayder à rédifier le couvent des frères Chartreux près Liège, qui avoit esté
(') Les effractions de cette année confirment celte baisse des céréales; le niuid d'épeautre descendit
de 33 à 27 aidants et les autres grains dans la même proportion. 30
(*; Recès du Conseil de la Cité du 22 juillet 1194. Voir E. Fairon, Carlulairc de la Cité.
ADDITIONS AU TEXTE DE MELART. (549
gasté par les guerres. Le 26 de juillet l'an 1496, fut assise la première piere de
la maison des frères fratrcs en Liège où à présent sont placé les pères Jésuites
et y entrèrent l'an 1497, aiant auparavant tenus leurs escolles à Sainct-Paul.
{Manuscrit 57 , p. 407.)
5 L'an 1501, l'évesque fit décapiter sur le marché de Liège, devant INouvïs, le
capitaine de Seraing et le baillieu de Haulpen pour avoir soublevé quelque
émotion contre Testât et repos du publicq. (Manuscrit 39, fol. 56.)
L'an 1502, fut entreprint une trahison contre la Cité par certains Piron
Pelitjean, Helkint et Surbise, mutins et séditieux, pour à quoy remédier il fut
»o deffendu de les sustenir dans la Cité et ailleurs, dont aucuns furent print et
exécutez. (Manuscrit 37 , p. 409)
Geste année (1504), la rivière de Meuse se déborda tellement qu'elle renversa
grande cantilé de maysons tant dans Liège que au long du rivaige où elle print
son cours. (Manuscrit 39, fol. 36.)
is Règne d'Erard de la Marck.
MÉLART. p. 300.
Or ledit Erard de la Marche, avant son élection, estoit un pauvre chanoine
n'ayant moien pour vivre que les revenus de sa prébende, parce qu'il estoit le
cadet de sa maison. Pour ce s'estoit-il rendu commensal auprès du prieur del
20 Chaîne, où estant esleu à l'éveschéz, il disl audit prieur : « Yoicy que je suis
esleu; qu'est-il de faire ? je n'ay pas d'argent. » Le prieur lui dist qu'il lui en
conviendra bien (nonobstant ce qui est dit icy dessus du preste qu'il fit à son
frère). Dont ledit prélat ou prieur invita au disné tous les prélats de l'éveschéz et
diocèse de Liège, lesquels estant à table et bien festoyez, ledit prieur leur
23 remonstrat comme Sa Grâce révérendissime a voit grandement affaire d'argent
et quand à lui, comme un prieur, il avancheroit une telle somme, ce que enten-
dant, les nul lies grands prélats comme de Sainct-Hubert, de Sainct-Tron, de
Sainct-Laurent, de Sainct-Jacque et d'ailleurs, ils commencèrent à dire qu'il en
avanceroient 6 ou 7 fois plus que ledit prieur, comme ils firent et les aullres à
30 l'advenant, à condition que Sa Grâce leur donneroil un récipé de sa main de
Tome II. 82
650 CHRONIQUES LIÉGEOISES.
leur rendre dans un an, ce qui fut ainsy faict et accordez. Or l'an expiré,
le mesme prieur les envoia de rechef lous prier au disné. Or comme lesdits
prélats y vindrent tous avec leurs recipé pour ravoir leur argent qu'ils avoient
prestéz, estants encor à table auprès du révérendissime évesque, bien festoyez,
le maistre prieur commença de dire : « Voicy l'an révolus que noslre Evesque s
Sérénissime nous at empruntez eest argent. Quant à moy, je lui donne ma part
de bon cœur. » En monstrant sa cédule, le bouta dans le feu ce qui voiant, les
aullres grands prélats firent de mesme, au moyen de quoy Sa Grâce devint un
riche prince, dont du depuis il a lousjour eut en grâce les prieurs pour respect
de cesluy là et les avoit journellement à sa table. (Manuscrits 57, p. 413 et 10
45, fol. 261.)
Mélart, p. 302.
Pallais de Liège commencé à baslier.
L'an 1508, l'évesque Mareka, après avoir réglé et pollicé les Eslats, consut
dans son esprit à faire baslir quelque beaux pallays pour servir du demeure aux 15
évesque, à quel effect il manda eantité de maislres ouverires et autres, après
avoir tiré un projet de la grandeur et structure pour le dit pallays. Les fonde-
ments de laquelle place fut d'un largeur admirable et pour la rendre plus solide
el préservé de l'humidité qui consomment quelque foys des baslimenls par la
pouriture des matériaux, pariny lesquels il fit mellainger de la céruse, de 20
la pouldre de charbons avec de la laigne pour ce rendre ferme tout ensemble.
11 y avoyl un grande cantités d'hommes et femmes qui travailloyent continuel-
lement à l'achèvement dudil bastiment sans que pour ce la ville ou pays en fusl
intéressé ny enchargé. (Manuscrit 59, fol. 62.)
Mélart, p. 308. 25
Comment l'évesque fit faire un puits dans le chasteaux de Huy.
.... Et comme cesle place se trouve sans eaux que celle que provenoyt des
loyx, ce que ne pouvoyt servir à toute chose, sur quoy cest évesque juga
à propos d'y faire un puys, si faire le povoit, pour la commodité de la place.
A quel effect, il manda des maystres ouverires capable aux jugement et fabric- 00
ADDITIONS AU TEXTE DE MELART. 651
kement de cesle ouvraige, de quoy quelques uns entre les autres juga pour le
mieux que cesl ouvraige ne se pouvoyt bonnement ou solidement faire que dans
la roche sur laquelle ce chasteaux est basty. Ce qu'estant, après divers advis
jugé propre tant des ouverirs que de l'évesque, fit au mesme temps venir des
s ouverirs en grand nombre pour commencer cest ouvraige et l'achever au plus
vite à quel paine ou pris que ce fust
Après quoy. cest ouvraige et puys fut à force d'ouverirs achevé, qui est d'un
admirable hauteur que lorsqu'il désirent d'avoir de l'eaux, il se tire par des
hommes qui marchent dans quelque tambour jusqu'à ce que l'eaux soyt en
io haut avec quelque grand vase ou tonneaux qui peut servir pour quelque jours.
[Manuscrit 59, foi 67 v°.)
Mélart, p. 312.
Comment l'évesque quitta la partie du Roy de France.
Premier, cest empereur luy ratiffia et confirma toute les prévilèges que ses
1b prédécesseurs évesques avoient cy-devant obtenu des empereurs tant pour les
ecclésiastiques que séculliers.
Seconde, que l'on ne poudroyt appeller des sentences prononcé par les juges
de la jurisdiction de l'évesque à la chambre impérial à Spir.
Troisième, que doresnavant l'on debveroit implorer des sentences des esche-
20 vins de Liège, mandements d'appel pardevaut un Conseil ordinaire comme
reflbrmaleurs desdilz eschevins que s'institueroyt en brief temps avec les ordres
et règles convenables.
Qualrème, qu'il ne seroyt permis à aulcun estranger ou afforain de tirrer en
cause ou procédure un Liégeoys hors de son pays ou districq, l'arrester, user de
25 représaille ny la constraindre en quel façon que ce soyt contre sa vollonté, ne
fust qu'il y consenlast, ce que fut un bulle d'or pour les Liégeoys.
Après tout quoy, l'empereur Maximilain, pour tesmoigner l'extime qu'il
faysoit de la personne de l'évesque Erard. le douta et bénéficia de l'archeveschié
de \ aliénée en Espaigne, quoy que elle ne luy fust de grande conséquence ny
30 de valleur.
632 CHRONIQUES LIEGEOISES.
L'institution du Conseil ordinaire par l'évesque Erard de Marcha (i).
L'évesque, pour pollicer on reflormer la juridiction des eschcvins de la ville
de Liège des abus et in justices qui se glissoyt et doresnavant voir droyt glisser,
establit 9 réviseurs et redonna leurs des sentenees prononcé par les eschcvins si
en cas de mal ou forjugement les rciïormer et redresser sur leurs droyt les s
parties migres, estant lesdits réviseurs composé de 3 personnes ecclésiastiques
à dénomer par l'évesque; item de la pari de mess" du chapitre de la cathé-
dralle, deux; de la pari de la noblesse, deux; de la part de la cité de Liège, un
et part toute les bonnes villes dudil pays, une. El tous personnes bien quallif-
fiée, lesquels estant assemble dans un siège ordonné font une juridiction appelle «o
Conseil ordinaire de Son Altesse, lesquels onl droyts de prononcer des sentences,
comme dit est. (Mamiscrit 59, fol. 69.)
Mélakt, p. 332.
Première journée d' Estât tenu dans le pallays du Cardinal.
Le cardinal se trouvant peu satisfayt des magistrats et conseil de la Cité *s
touchant les édits et points susdits, et croyant d'avoir milleur recours à
d'autre, fit eonvocquer les Estais du pays de Liège, pensant entre autre points
qu'il avoyt à proposer y envellopper les susdits; mais les Estais, estans
assemblés pour la première foys dans le pallays que le cardinal avoyt entrepris
à faire faire, ne vcullèrent entendre à ce point d'inquisition, ce que voyant, le 20
cardinal et évesque la tint soub silence jusques à une autre occasion, ne lessant
pour ce à proposer les autres points cl prétention que fut à trouver le moyen
propre pour le rembourcement des deniers exposé par sa personne à la requestc
et agréation des Eslat du pays pour les levées des soldats dernier et envoyé vers
l'Empereur pour s'en servir contre les Turcqz. (Manuscrit 39, fol. S5 vn.) 23
(') E. Poncelet, Le Conseil ordinaire, tribunal d'appel de la principauté de Liège, dans Bull, de la
Commission royale des anciennes lois et ordonnances de Belgiuie, t. XIII, pp. 153-257.
ADDITIONS AU TEXTE DE MÉLART. 653
Mélart, p. 337.
L'an J53G, le cardinal fit assembler les Estais du pays, ausquels il proposa
la venue de quelque trouppes des soldats impériallist au pays pour estre payé
de leur gaiges et soldes et crainte de quelque cours et ravaige sur le pays de
s Liège, qu'il seroyt bon de munir les villes frontires du pays de quelque soldats
et munitions pour le deffendre en cas d'atacq et conservation du pays, deman-
dant ausdits messieurs des Estais la levée de tous les impost et gabeles du pays
pour le terme de quatre ans pour l'entretint des soldats et payement des
munitions, vivres et autre chose nécessaire.
10 Ce que luy fut par les Estais très voulontier accordé, mais come quelque
temps après, l'occasion se présenla que l'on n'avoyt plus affaire de ces soldats et
entretint d'iceux, par le retrayt desdils Irouppes. le cardinal descharga la Cilé
de ses debtes et obligations avec les revenue des susdiîs impost, estant ladit Cité
arrière de quelque deux cent et cinequante mille florins brabant, et un aultre
is partie fut aplicqné au bastiment du pallays. (Manuscrit 59, fol. 85.)
Mélart, p. 339.
Or aux exèques et funérailles dudit cardinal, de trente abbés qui lui estoient
sujects, il n'y en avoit que dix sept qui y assistèrent et voicy le nom desdils
abbés :
20 l'abbé de Saint-Laurent, l'abbé de Jardinet,
l'abbé de Saint-Jacque, l'abbé d'Euverbure,
l'abbé de Saint-Tron, l'abbé d'Hellechen,
l'abbé de Staveloz, l'abbé de Brongne,
l'abbé de Lobbes, l'abbé de VVasour,
25 l'abbé de Saint-Hubert, l'abbé del Vaux-Saint-Lambert,
l'abbé d'Asne, l'abbé de Flone,
l'abbé de Florinne, l'abbé de INoeufmoustier,
l'abbé de Saint-Remy, l'abbé del Vaux-Dieu,
l'abbé de Floreffe, l'abbé de Beaurepaire,
30 l'abbé de Gemblou, l'abbé de Saint-Giellc,
654 CHROiNIQUES LIÉGEOISES.
l'abbé d'Overbceck, l'abbé des Isles,
l'abbé de Villcrs. l'abbé de Saint-Ambrion,
l'abbé du Pareque, l'abbé de Jalonne,
l'abbé de Hastier, l'abbé de Grand Préz.
Au dessus des M abbés qui assisloient aux exèques, y esloient encor les s
évesques d'Utrecht et d'Arras avec le comte de Morne et aultres seigneurs.
Epitaphe d'Erard de la Marche.
Quant à son anniversaire qu'il a fondé et renié avant sa mort, elle est de
six cent florins brabant à divider comme il at esté ordonné par son testament;
les vigilles se font après midy le premier jour après la feste des Innocent, 10
le lendemain des festes de Noël, et la messe le 30° du mois de décembre.
{Manuscrite 37 , pp. 453 et 454, et 4S, fol. 286 r>°.)
Règne de Corneille de Berg.
Mélakt, p. 3iv2.
Edits contre les vagabonds. is
Et à cesle fin que personne ne print cas d'ingnorance, l'évesque ordonna de
sonner un cloche vers les 9 heures du soir que fut du depuis appelée Coup
oraille. (Manuscrit 59, fol. 94 V.)
Mélap.t, p. 343.
En quel voyage (vers Gand), il (Ferdinand, roy des Romains) fut accom- 20
paigné par noslre évesque de Liège et plusieurs seigneurs du pays. Lequel
empereur s'estoyt là transporté pour un rébellion conspiré contre luy pendant
son absence du pays pour la guerre qu'il mennoyt en mer. De quel rébellion
il les ordonna pour chastoye et perpétuelle mémoir que les magistrats et prin-
cipaux officiers de ladit ville porleroyent, le terme de iOi ans, un corde au col, 25
mesme allant en séance en justice. (Manuscrit 59, fol. 95.)
ADDITIONS AU TEXTE DE MELART. 655
Mélart, pp. 349 et 352.
Françoys, roy de France, ayant ainsy disposé de ces armées presque
indomptable et n'ayant auscun suject légitime pour ce ruer sur le pays de Liège
pour les embroiller dans ces guerre, ne trouva aultre moyens ny prétexte que
s d'envoier un hérauts d'armes vers l'évesque et les Estats du pays de Liège leurs
mandant qu'il désiroyt d'avoir satisfaction et justice de la mort du seigneur
Guillam. comte d'Aremberg, décapité traitrement et sans cause légitime dans la
ville de Mastreck par l'évesque Jean de Home et qu'il n'estoyt que très rayson-
nable que ceux de la mayson de Horne fussent extirpé de leur apuy (1). Sur
io quelle cause et prétexte, l'évesque et les Estais de Liège firent une responce
toute cnmillée au roy françoys, seavoir qu'il avoyent besoing d'un bon conseil
dans ce cas et demande de Sa Majesté royalle, la priant de son milîeur advis et
conseil dans ce point, veu que modération et accord at esté fayt entre le prince
et seigneurs de la mayson de Horne et celluy d'Aremberg, et le tout pour un
>5 milleur fin. Ce pourquoy les Estats du pays de Liège ny la pei sonne de l'évesque
ne trouvarent cause pour les inquielter, ce que Sa Majesté Royalle ne prendra
en augure ny de mauvays part, la souhaytant toute prospérité par les armes et
entreprises, etc. (Manuscrit 59, fol. 100.)
Mélart, pp. 352 et 354.
20 Après tout quoy, elle (Marie d'Autriche) fil demande à l'évesque et ses Estats
pour le maintint de la confédération et alliance fayt entre eux et l'empereur
Maximilain, de haulle mémoire, l'an 1518 et qu'il ne permissent libre passaige
sur le pays de Liège aux Françoys ou leurs alliez et si en cas de force ou
viollence. elle promeltoyt tout ayde et secours selon les puissances et pouvoir.
J5 Sur ceste advis et proposition, l'évesque fayt convocquer et assembler les
Estats, lesquels ayant veu Inadvertance de Madame la gouvernant et après
plusieur conférence, donnèrent responce de leur délibération, eslant tel qu'ils
désiroyent à mentenir l'alliance cy-devant fayt, sans en ce préjudicier à leur
neutrallilé, et ne désirant à ce fourer dans cesle guerre, et comme estant
30 (') Lettre de François I" au chapitre de Saint-Lambert du t'r novembre tbii, dans de Maumeffe,
op. cit., t. Il, p. 144, et Conseil privé, ûépêc/its, reg. I, fol. 120 v".
656 CHRONIQUES LIÉGEOISES.
un pays neutre, il ne pouvoyent reffuser passaige sur leur pays à personne de
qui ils en seroyent requis pour leurs argent, voire sans hoslillilé.
Pendant tout quoy, l'évesque, pour nppaiser l'ire de Dieu et destourner ceste
guerre de son pays, ordonna à faire des prières publieques dans toutes les
églises de son pays et diocèse. (Manuscrit 59, fol. 101.) 3
iMélaut, p. 355.
Sur quoy fut respondu que la présente eonjuture du temps et guerre si
voisine du pays pernietloyt à retenir les gens, armes et argent pour la conser-
vation de leur pays propre, ce que Madame la gouvernante ne prendera pas de
mauvayse part, luy offrant tout service sans interrest ny préjudicier à la m
nuiterallité et prévilèges du pays. {Manuscrit 59, fol. 104.)
Règne de Georges d'Autriche.
Mélart, p 357.
L'an 1544, après le trépas de l'évesque Comelis de Berghe dans le chasteau
de Huy, et comme le pays de Liège esloit pour lors fort entouré de guerre et 15
mesme vexcées des soldats, tant de l'empereur que ceux du roy Françoys de
France, Goirge d'Austriche, fils de l'empereur Maximilain, lequel deux ans
auparavant avoyt esté créé coadjuteur de l'évesché de Liège, fut pour lors
du tout admis et receu pour évesque par messirs du chapitre, lequel nonobstant
les confusions des guerres, mais plustost pour cest cause, ne fit pas long dilays 20
sans fairre son entrée selon les coustumes et prendre la possecion de son
évesclié, ce qu'il fit pour un jour de dimanche après la faisle de l'Assomption
Noslre Dame que se célèbre le 15e du mois d'aoust, laquelle fut assé splendit et
magnificque et très agréable au peuple.
H fut receu à la porte de la ville par les bourgmestres lors en estât Guillam -25
le Champion et Jean Michil qui le conduirenl jusques à l'église de Saint-Lam-
bert, où il fut receu du chapitre, et après avoir fait les sérimonie accoustuméez,
il fut conduit dans le pallays épiscopalle avec grande joye et triomphe, où
il y avoyt un magnificque banequé apresté pour tous ceux qui y voulloyent
demeurer, scavoir les gens d'Estats. (Manuscrit 59, fol. 108.) 00
ADDITIONS AU TEXTE DE MÉLART. 657
Mélart, p. 359.
L'an 1545, les bourgmestres, voyant la Cité en pnyx et repos, as^é las
et fatiguées des gayts et garde, primlèrenl résolution à faire parfaire et achever
les ouvraige commeneé allenlour de la ville et délcssés pour 1rs guerres susdits ;
:; à quel effect et par advis de févesque, trouvèrent expédient et à propos de
niottre en euvre et besoing les soldats au fin de les faire gaigner leur vies à
lrauvailler.au lieux de porter les armes et ne les lesser sortir du pays, crainte de
quelque murmure ou révolte, tellement que l'on mil la main à l'œuvre à par-
faire la porte et balloir de Saint- Léonard ('). avec les rampart jusques à la rivire
iu de Sîeuse, puis faire un balte de picre depuis lauil porte jusques au pont des
arche, fort commode pour les battelliers et marchants à quoy 1 on .mus i beau-
coup d'hommes qui eussent peut estre causé quelque autre désordre s'il
n'eussent eu rien à gaigner (Manuscrit 39, fol. i 07 '.)
Mélart, p. 300.
*3 Après quoy, févesque pour marque de son cousle à rendre du service
à l'Kstal et République, raliffia tous les prévilèges cy devant consédéezaux
Estais et pays de Liège, désirant en outre refformer les abus, extravagances et
excès que se passoyt dans des tribunaux et judicaturc tant de la court de l'offi-
cial que d'autres, et particulièrement au siège ou tribunal des '•'■', eus quoy
20 il voullut provoir, à quel elTeet il ordonna le règlement que s'ensuite :
Cnnfi mal ion, ratification et refformalion des 22
par l'évesque (îoirtje d' Austrige, avec quelque adilioa.
1° Observeront les seigneurs 22 esleu leur serment au jour de leurs institu-
tion que. pour avoir la dite office, ils n'ont donné ny fayt donner ou promis
2j aulcuns deniers ou argent, et que bien el léaullcmcnt il useront do buis
charges et office sans porter fauveur ny dissimulation aulcune suivant la
payx en fayt.
i1) Goreiit, Lièce à I ravir le» ât/es, ',. III p .'.75.
Tome II.
658 (llliO.Mul I.S LIÉGEOISES.
lient que l'on debvera! constituer et choisir à reste oiliee des hommes bien
lellré> el expert eus droyts cl loyx pour, en l'absence des susdits 22, tenir leurs
place cl <sire présent à voire les procé el iceux débattre démellcr, décider,
vuider el rendre sent< nces,
iiem ne pcrmetleronl lesdit 22 et empeseheront à donner ou rclaxcrr aulcuns s
mande roents que premier ne soyt ad-, i>-é par trois membres de leur consistoire,
scavoir de chasque tëslat un, pour icclluy mandement admettre ou rejetter selon
que le eas appartindera, et pour assurance de ce. le petit seel avec lequel lesdit
mandements seront se. liez serat doresnavant retenu entre les seigneurs du siège
des 22, lesquels, à chasque ans, feront élection d'un personne de leur nombre, io
résident dans la Cité, qui en aurai la charge et garde pour sceller les mande-
ments ainsi passés et en receverat les droyts, desquels il en debverat rendre
bon compte à ses confrers.
item que en diversité d'oppinion, les seigneurs 22 poudrant assumer
qu< Iques personnes entendus aux droyts pour en tirer conseil el advis, au lin îs
que tort ne soyl fayl aux parties playdoyanls.
Ilem que chasque procè devant d'estre horsporlé, serai mis ens mains d'un
des seigneurs 22 ou plusieurs, si la mattire la requirre, pour eslre visité et
prendre ensemble résolution, voire que chasque debverat donner son sentiment
et opinion, ou sinon ne serai recevahle pour faire suite avec les autres. 20
Item que tous lesmoings soycnl examiné devant le siège au lieux accoutu-
mées ou pour le moins devant deux desdits seigneurs du siège, ce que se
debverat faire devant disner. ne fust que le siège en cust ordonné de les ouyr
après mydy pour cause et respect.
ilem que les elereqs desdits si igneurs 22 ne poudrant ny ne debveront 25
délivrer aux parties nul décrets, sent nées interlocutoire ou deffluitive devant
qu'il n'ayl esté communicqué ausdits seigneurs ou pour ie moins à deux d'iccux,
ayant esté présent à icclle passer el senlcncier.
item el quand aux frayts et. superfluitéz à faire des visitations ou examens
des tesmoins sur lieux liligeux, les seigneurs ordonneront un de leur consistoire, 30
à leur conscience et dNcrélion, qui en aurat son tour, lequel pour l'examen de
chasque tesmoins, ne poudrât avoir ny prétendre davantaige que un bras-
pennick brabant, ce que porteroyt au présent siècle où nous somme, en
ADDITIONS AU TEXTE DE MÉLAKT. <;:,!)
mannoye de Liège, deux p.ilar, sans que en ce leur journées soyenl compris.
Iiem se contenteront pour les Visitation de quelque lieux, scavoir un homme
d'église ou un gentilhomme d'avoir 5 chevaux pour chasque, pour chaque
desquels serai taxsé 20 patars brabant, et pour les hommes
5 Item pour seeler mandements, un patar et six soûls, et pour horsmetlre,
l<S soûls pour les seigneurs.
Item pour le jeets et eonfexlion des mandements, le greffier ne poudrât
demander ny prétendre davanlaige que la taxée ordinaire, si donc la matière ne
fust plus diflicille ou qu'il y requist plus de labeur que la forme accouslumée,
to ce que se réserverai à la discrétion des seigneurs du siège.
Item pour l'expédition de toute actes judiciels, l'on payerai au siège "2 aydans
liegcoys et autant pour le elereq.
item pour la eoppie d'un acte ou escrits ftirny en cours, celle partie qui en
voudront avoir une eoppie payeront, pour chasque feullets eomplètrement
ij remplis. t> aydans.
Stem pour sceller une sentence delfinitive, l'on payerat
Item pour avoir le double des sentences ou décrets, la partie la resquéranl,
le clereqs ne demanderont rien que ne soyt taxée par les seigneurs du siè^e.
Item pour crier ou publier un personne banny, les seigneurs y estant présents
20 se debveront contenter, le tout y compris, de iS patar.
Et pour en avoir eoppie ou le double, 10 patar et s'il la faut seeler, ils paye-
ront le seel, etc. (Manuscrit 59, fol. 108 à HO)
Mélart, p. 301.
Nonobstant les mandement et édils cy-de\ant publiée touchant les grains qui
23 s'enlevoyenl et se transportent hors le pays, il y eut nyaumoins un grande
cherté et disette entre le commun peuple, lequel par néssessitée, que souvent
n'ai pas de loyx, uienassèrent de forcer les maysons des riches et opulence
ens dits grains, mesme les grenniers des marchants, usiniers et recoupeurs qui
bs tenoyent le pied dans le ventre et le couteaux sur la goirge.
s L evesque, considérant que d'un mal il en poudroy t venir un aultre et que ce
n'estoyt pas assé de la cognoislre mais qu'il y lalloyt remédier au temps oppor-
660 IQUES LIEGEOISES.
tims. sans Icsser allumer le feux pendant que le vent souflloyl, et pour à quoy
obvier, il ordonna cl commanda aux riches <l opulents ensdits grains de les
exposer en vente au pris de i florins liégeoys le stier de wassent el 5 aydans le
froment el autres espèces à l'advcnant, le muyd d'espeaultà i.ï florins liégeoys.
{Manuscrit 39, fol. //■/.)
Mélart, fin de la page 3G4.
L'an 1519, al esté commencé à bastier la porte d'Avroye avec la muraille
jusques à Rollanlgoffe derier l'église de Saint Jean Evangélist, ladit porte fut
fayl avec un pont levis au millieux du pont passant la Meuse, (l).
Guerre entre Henri %'"c, roy de France el Charles S"K, empereur. n
Sur la fin de l'an 1551. Henry .""■, nouvellement couronné roy de France,
enlevai une guerre contre l'empereur (marie :i",e, souh prélexl de restablir
les princes d'AUemaigne rxilés de l'empi reur à cause de leurs religion lutérine,
bien . i u e ce roy fut très ebristien, par quelle guerre le pays de Liège entra de
nouveaux en trouble et confusion. is
4S33. Comme le chasleaux de Bouillon fut livré aux Françoys (2).
L'an 1552, le. t* du moys de juillelte, Guillaume de Horion, baslard, qui
avoyt gouverné le chesteau de Bouillon l'espace de 21 ans. et ne sçayt-on par
quel capris, mit le chastcaux susdit avec toute l'amonition tant de guerre que
de bouche, entre les mains et puissance du seigneur iîobert de la Marche, 20
seigneur de Hesdin ou Sedan, lequel estoyt pour lors un des marischal de
France, et tenoyt ladit place et forteresse pour le roy son maistre qui la munit
davanlaigc de toute choses nécessaire el soldais, ce que donna de quoy à penser
aux Liégeoys. Suit le jugement et exécution de Guill. de Horion, comme
dans ta version ordinaire. (Manuscrit 59, fol. '1 1.1.) -•'-
L'an 155i, Févcsque Goirge d'Austrige, voyant les fumées de guerre allcn-
tour de son pays de Liège, fit assembler les Estais du pays, le 17e du moys
' CI plus haut, |i 42*2.
- Cf. plus haut, p. 426.
ADDITIONS AU TEXTE i)E MÉLART. 661
d'avril, pour aviser aux moyens de la conservation du pays ('). Et fut résoud à
cest assemblée de faire un levée de six compaignies de soldats d'infanterie
pour mettre les places frontiers du pays et cliastenux et le d. ffendre en cas de
moleslalion ... Suit ■■>■ résumé des campagnes du roi du France cu)ilre
s Mariembourg, Bouvignes, Dinanl, Fosses, Thuin et en Hainaut, d'après la
version ordinaire.
Pendant quel temps, le pays de Liège avoyt encore fort à souffrir et fut
encore en grand dissetc et cherté des vivre à eau^e des soldats que s'abordoyent
allentour envoyés d'Allemaigne par l'empereur, lequel desseudit luy-mesme pour
iu s'opposer au roy de France, faysant le reudévous de ses gens d'armes allentour
de INamur.
Pendant toute ces broilles et guerre. l'empereur Cliarîe .rime ne lessa d'ad-
vancer le raariaige de son fils Phlippe avec Harie, fille du roy d Engleterre,
duquel les noces furent célébré dans la ville de Londre le "25me du moys de
15 juillette, en toute magnificence, selon qu'il en est raporlé par l'histoire plus
amplement déduit.
L'empereur Charle cependant ne lessa d'avoir soing de ses pays et d'avoir
I'oyeille à ce qui estoyt nécessaire pour le mentient et conservation d'icelluy, à
quel effect il obtient de 1 evesque de Liège et de ses Estais, soub promesse de
20 quelque place en compensation ou change, la permission de baslier quelque
forteresse sur le territoire du pays de Liège, située sur la rivire de "rieuse,
laquelle place fut appelé, après son nom, Charlemont, parce qu'il estoyt sur un
éminen. au pied de laquelle coulloyt la Meuse. Geste place debvoyl servir
pour tenir en bride les Françoys et empescher leurs cours tant au pays de Liège
25 que d'autre.
L'an «535, le i i'"e du moys de mars, fut fayt et publié un trcsvc tant au pays
de Liège qu'en Brabanl entre l'empereur Charle avec son fils Phlippe et du roy
Henry de France pour durer le terme de :-i ans. De quoy le peuple, de part et
d'autre, en fut fort joyeux, espérant de vivre en repos et que cependant l'on
30 poudroyt travailler à un entier a^sopissemenl de guerre, qui estoyt pour lors un
fléaux pour le peuple.
i}) Cf. plus haut, p. 443.
m-i CHRONIQUES LIEGEOISES.
Pendant ceste année et suspensation d'armes entre les prince susdit,
mess" du vénérable chapitre de Saint-Lambert chosircnt pour coarijuteur de
t'évesché de Liège Koberl de Berghe, lequel, par la résignation de son frère
Adolphe, fut au mesme temps créé et receu pour grand prévost dodit chapitre
de Sailli-Lambert, comme estant Testât du plus haut relifs eus dit chapitre (1). s
(Manuscrit 39, fol 115- 115.)
Mélart, p. 366.
Pendant toute ces disposition, l'évesque lîoirge d'Auslrige et les Estais furent
adverty de la rupture de la trcsve, qui debvoil durer le terme de 5' ans, entre
l'empereur (marie, le roy Phiippe son fils et Henry, roy de France, n'ayant io
seullement duré que environ deux ans La cause de cestc rupture fut que
quelque différent estant survenu entre le roy l'hlippe d'Fspaignc et le pape
Paul, 4'"" du nom, auquel Henry, roy de France s'allia et envoya secours de
gens d'armes pour nuire au roy d'Espaigne. Ces nouvelles guerres obliga
l'évesque de Liège et les Estais à retenir encore les soldats; outre ce, l'évesque 15
et les Estais ordonnèrent par mandements et édicts publicque que personne
n'eust à servir en guerre ny milliter aux armes pour autre que pour luy.
Mélart, p. 367.
Après le récit de la mort de Georges d'Autriche, le manuscrit ajoute :
Ccsl évesque at tout son temps résidé dans la ville de Liège. ( Manuscrit 59, 20
fol. 147.)
Règne de Robert de Berghe.
Mélart, p. 368.
L'an 1558, le ~2b"w du moys de janvier, l'empereur Charle àme, après avoir
gouverné lestât de l'Empire l'espace de 28 ans, lequel suplia par ses ambassa- 23
deuis messrs les Electeurs du Saint Empire à s'assembler dans la ville de
Francfort, à laquelle assemblée il suplia d'avoir pour agréable son frère Ferdi-
nand pour la dignité impérialle, laque! il remit à cest elïecl dans leur puissance.
Mess" les Electeurs, ne vouliant différer la suplicquation de l'Empereur, mais
{*) Cf. plus haut, p. 443. 50
ADDITIONS AU TEXTE DE MÉLART. (363
tous unanimement octroyèrent et agréèrent l'estat impériallc à Ferdinand,
le I3me du moys de mars, ce que ne fut encore pas mauvays pour le pays de
Liège. {Manuscrit 39, fol. 420.)
Règne de Gérard de Groesbeeck.
5 Mélart, p. 38o.
Comme jusques icy les évesques de Liège avoyent tousjour esté en dispute
et conlravers avec messrs du clergé secondaire touchant les contributions impé-
rial et autres subsides, à quoy il ne voulloyent eslre touché ny obligé et s'en
ayant lousjour exempté à la charge des autres Estais, il leur fut dit et ordonné,
10 sans préjudieier à leur immunités, ils eussent pour le future à payer tailles et
imposts comme les autres listais égalle à la leur, et tenir de nul valloir les man-
dements qu'ils avoyent impélrés et obtenu tant de l'Empire que du Saint-Siège
de Home, en outre qu'ils eussent à rendre le debvoir comme les autres sans
supériorité. Ce fut alors qu'ils se submirent, ne fays:int plus du diffieille et
îs rétifs comme du passé
Au moys de juilletle, le jour de la saint Jacque, mourut l'empereur Ferdinand,
ce que apporta encore quelque altération au pays de Liège, à cause du change-
ment de l'empire. (Manuscrit 59, fol. 429 )
Mélart, p, 395.
-o Déhals pour hs clefs de la ville entre l'évesque et les bourgmestres
de Liège.
.... Ceste réplicque ne fut pas au goust de l'évesque, bien qu'il la passa en
dissimulation, mais il ne lessa pour ce d'adresser ses plaintes à l'empereur
Maximilain. tasitement et sans bruit, comme s'ensuit :
25 t° Que les bourgmestres de la ville de Liège s'attribueroyent les clefs des
portes de la ville en leur pouvoir et puissance, à l'exclusion de son aullioiïté
épiscopal. lesquels ils avoyt demandé ausdils bourguemestres qui en ont fayl un
reffu, ce que luy estoyt sensible.
2° Que. contre toute usance, ils assembloyent un conseil entre eux pour
ôo trayter et négocierdes affaires d'un respublicquesans l'authoriléde leurs évesque
et seigneurs, à qui appartint seul tel authorilé et semonce d'assemblement.
604 CHRON1QI ES LIÉGEOISES.
.">" Qu'ils avoycnt érigée el institué un siège, tribu nais et judicature où se
traytoyl de toute sorte de procédure, liquid cl inliquid. à l'exclusion des autres
tribunaux et judicature, ce qui e?l une aulhorilé usurpée et retardement de
justice.
4° Qu'ils dispuloycnl et traversoyent la juridiction des Kschevins. souverains :;
juges de la :'ilé et pays pour les crimes, ne voullant permettre que iceux
prissent cognoissance des crimes et forfayts de leurs bourgeoys, deffendant aux
ecclésiaslicques de se nieller ny meltrc le nez dans leurs affaires.
S- Qu'ils ne vcullent permettre que aulcun bourgeoys convencu de crime fust
saysi dans sa mayson sans les clefs magistral qui dépend de leurs aulhorilé et to
ce presque à deux lieux de la ville.
:. Qu'ils s'atribuent un juridiction sur toutes personnes pour debles siville
el réelles obligations et toute aulre cas, en donnant jugements et sentence
comme juges approuvé et autborisé, usurpant les droyts des juges instablis de
l'aulborilé des évesques. 13
7° Qu'ils ne vcullent permettre que aulcun bourgeoys prisonnier soyt menné
dans la prison du mayeur ou olîicial, mais dans la mayson de ville qui esl en
leur puissance.
8° Qu'ils ne. vcullent admettre ny esehevin ny mayeur dans leur conseil,
ains seullement les jurées et gouverneurs des mestiers, quatre conseliiers et 10
capitains de dix hommes faysant un nombre de 150 personnes, ce que n'ap-
porte que confusion et désordre parmy les diversités des oppinions.
S0 Qu'ils violloyent 1rs immuniléz des églises.
Quels articles et forme de plainte il envoya à 8a Majesté Impérialle iMaxi-
milain, la suppliant très instamenl, par son aulhorilé, provoir à tels usurpation 25
des droyt et authorité appartenant sinon que aux évesques (i).
Pendant cest année, l'évesque Groisbek manda et fil venir dan> Liège
quelques pères Jésuiles, lesquels il tient quelque temps dans sa court ou pallays,
en attendant quelque occasion et iieux propre à leur donner. (Manuscrit 39 ,
fol. I5ô. 50
(*) ' f. Mandement pénal dr l'empereur Maxirailien II du 10 octobre 1571, obtenu par Gérard de
ck contre le magistral de la Cité dans dossier 4 534, pièce 5, de la Chambre Impériale el dans
Pawcilhar 24, fol 201 v».
ADDITIONS AU TEXTE DE MÉLART. 665
Mélart, p. 3i>7.
Comme la ville de Hasqite fut assiyé el réduit par l'êvesque.
L'évesquc, voyant la résolution et oppiniastrelé de ceux de ilasquc el la
deffence contre ses gens, requit à ia noblesse du pays de Liège h s'armer avec
5 quelque de leurs sujet les plus huppéz pour se mettre à cheval scullement pour
réduire les rcbels de fiasque à leur debvoir et obéissance. A quoy la noblesse
ne luy voulloil eslre réfraielairc. mais s'armircnl en bon nombre, tous à cheval.
[Manuscrit 39, fol. 135 ;°.)
Mélart, p. 403.
io L'êvesque fait forlifper la Cité de Liège.
.... l'êvesque de Liège,messts du chapitre, bourgmestres et conseil résoudérenl
à fortiffier la cité de Liège, crainte qu'il ne fussent attacqué par quelques uns
des guerroyants. Ce pourquoy, ils tirent traverser la Meuse d'une grose chaine
de fayr depuis les frères Croisiers, où l'on la tiroit si haut el si basse que l'on
io voulloyl. en proportion et hauteur de ladit rivier, estant ladit chaine attachée de
l'autre cousté de la Meuse au tour è Bêche
Puis fut mis un autre à ftoullan Goffe, traversant aussi la Meuse depuis les
tîega jusque à Saint Jean en lsle (1). (Manuscrit 39, fol. 1 40.)
Mélart, p. 420.
2u L'êvesque dejfend d'élire un échevin à bourumaistre (2).
Comme les bourgmaislre, conseil et trenle deux mestiers avoienl cy devant
conclu el publié que dorénavant nul eschevin ne seroil plus admis à Testai de
bourgmaislre de la Cité pour plusieurs raysons, entre autres pour ne pouvoir
eslre juge dans deux judieature pour un mesme cause, comme par exemple un
25 proeè estant intenté pardevant les bourgmestres et Conseil, fust pour crime,
actions réels ou civille, el que la cause ou matière fust troup debieuse pour
(i) Sur le rôle défensif de ces chaînes, vor (Jobert, Liège à travers la âges, t. Il, p. 305.
yi; Voir Conseil privé. Dépêches, rcg. VII, fol. 100, lettre de Gérard de Groesbeeck du 20 juin Ib7i
acceptant que pendant le procès engagé à Spire entre lui et lu Cité de Liège, aucun échevin ne pourra
30 être nommé bourgmestre.
Tojie ïi 84
666 CHRONIQUES LIÉGEOISES.
ceste jurisdiclion comme n'eslanl jtig«> de sang, et qu'ycelle cause ou procès
deus eslre renvoyé au eschevins comme juges de sang et souverain du pays, en
quoy lesdits bourgmestres scroient deux fois juges, ce qui estoit contre tous
droits réels. Et comme l'ambition des hommes est lousjours porté et enclin aux
estais et offices où il s'y trouve de l'advantaigc et gaige, ebascun si veut pousser, 5
soit par droit ou par force; il advint doue, vers la saint Jacque, qu'il convint à
élire des bourgmestres dans la ville comme du couslumc, quelque bourgeoys
particulier estant porté pour un escbevin à ceste estât et magistrature, non-
obstanl la deffence susdite, Ce qu'estant entendu par l'évesque et considérant
que cela ne se feroit sans troubles ou confusions entre le peuple, qui se déborde 10
à la moindre occasion, prenant la liberté de nuir sans licence ny rayson, pour
à quoy obvier et assurer la tranquillité publicque, l'évesque fit faire un édict
que, sans préjudice de tous droits des contendanls à ceste élection ou électeurs,
nul eschevin ne seroit ceste fois eleu à Testât magistral à peine, que l'élection
ne seroit de valleur et ne sorliroil de ses effets. Ce que fut une grande escorne i-,
pour les eschevins, car depuis ce temps là. il ont esté séclus de cest estai à leurs
grand regret, comme il est à croire et voire. (Manuscrit .19, fol. -i 36 t>°.)
Mélart, p. 424.
L'institution d'un Mont de piété.
Nonobstant tous les édits, mandements et ordonnances cy devant fait par 20
l'évesque Croisbeck et ses prédécesseurs évesques contre les usuriers et lombars
qui rongoient la substance des pauvre gens, qui estoient obligé parfois de
prendre ou emprunter de l'argent à tels gens sur gaiges de quelque meubles ou
autres hypotecques, ce que par le cours du temps et bause d'argent ou inlerrest
d'une somme reeeu les fit enfin perdre leurs biens et gaiges, pour à quoy obvier 25
et destruire tels usures et pour soulaiger les pauvres et néeessileu en ceste
manier, l'évesque juga à propos et propre d'ériger et instituer quelques per-
sonnes et lieux pour y trouver argent sur gaiges, comme dit est, pour quelque
temps et gaigne la plus Iicitte et bonneste que faire se poudroil, y donnant
ordre et règles: quel lieux fut appelle Mont de piété, comme il est encore 30
au présent. (Manuscrit 59, fui. 138 V.)
ADDITIONS AU TEXTE DE MÉLVRT. «67
Mélart, p. 427.
Soullaterie commise par les quatres compagnie de la ville de Lièye.
Les qualtres compagnie des bourgeoys institué par Pévesquo, ayant snul) la
permission diidil seigneur obtenu un licence cl prévilège à tirer lous les ans
s un fois le papigaye, ce que se faisoit sur la porte de Sainte- Walhurg; les uns
tirant avec des arb;illels, les autres avec des harquebuses, ce qu'estant allèrent
chasque compagnie par ensemble se récréer à leur tour, les arballctiers ayant
leur chambre aux miilieux du pont des Arches, les harquebusiers sur la mayson
de ville, y faisant bonne, chère tant que ils vindèrent jusque à là que de s'en
10 abuser, fust pour un joviallité ou par un lubricité et gourmandise, ils s'en
allèrent un jour dans plusieurs monastères aux environs de la ville —
Avec quel argent ils firent tous les ans ensuivant bonne chère lorsqu'il eurent
tiré le papigaye, à quoy le prince debvoy! tirer le premier coup ou quelques
uns en sa place, ce que at duré quelques années. Et ceux qui se voulloyent
i j mettre desdil compagnies estoient taxsé à donner quelque plais d'esleins ou autre
vassel pour ameubler la compagnie. Celle de vieux arballctier debvoil porler
200 hommes et debvoit servir de garde dans le pallays lorsque l'évesque y seroit
résident; les autres debvoient contenir chasque 150 liommes, les qualtres com-
pagnie ont du depuis marché avec les armes en très belle équipaige et ordre le
20 jour du très Saint-Sacrement, suivant la procession, faisant des deschmges dans
plusieurs endroyls pour honnorer le vénérable Saint Sacrement. (Manu-
scrit 59, fol. 162.)
Mélart, p. 441.
Mort du cardinal et évesque.
2a Cesl évesque pendant sa vie avoil fait faire et édiflier une partie du pallays
non acbevé. où se voit présentement ses armes. (Manuscrit 59. fol. 170.)
INDEX ALPHABÉTIQUE
DES
NOMS DE PERSONNES ET DE LIEUX
CONTENUS DANS LES TOMES I ET II DES « CHRONIQUES LIÉGEOISES »
Los chiffres renvoient aux pages. Les noms des personne0, même des souverains, sont classés au
nom de famille. Le nom de Liège revenant presqu'à chaque page n'a pas été repris, m::is
on trouvera à ce nom l'énumération des institutions religieuses et civiles, des rues, des
édifices, etc., mentionnés dans les chroniques.
A
! lean d'), dit de Parfondry, II, 203.
u osse (Bauduin d'), II, 468,
Adam (Henri), I, 105.
Ade (Henri), abbé de Saint-Laurent, 1, 142,
143.
Adélard, abbé de Saint-Trond, II, 15.
Aerschot (La ville d'), en Brabant, I, 383, 386.
Aerschot (Le seigneur d'). I, 385, 430. Voir
Cra!'. , Vierson.
Aerschot (Le duc d'), II, 135, 421, 183, 504,
517, . . :. Voir Croy et Vierson.
Afflighem (L'abbaye d'), IL 35.
êque d'), I, 149.
Agimont, commune du canton de Florennes,
Namur, I. 61, 207, 533; II, 436, 439.
Agimont (Le seigneur d'), I, tableaux I et
III; II, 6 M, 562, Voir Looz et
Rochefort.
Agimont (Jean d'), I, 64, G5, 189, 191.
Agimont (Louis d'), II, 152, 160, 162, 169, 173.
Aickspalt (Pierre), archevêque de Mayence,
II, 75.
\i refeuille (Guill. d'), cardinal, I, 79, 5S6.
mont, dép. des Awirs, IL 172. — (Le
château d'), I, 505; IL 264.
Ugremont (Le seigneur d'), I, 511. — (I.e
chapelain d'), IL 521. — (Le comte d'), II,
521,
Aigremont (Jean d'), I, 512.
Aiguës-Mortes, ville de France, II, 132.
Ailbert, chanoine de Tournai, I, 1G.
Ailly (Le seigneur d'), I, 217.
Aineffe, commune du canton de Jehay-Bo-
... i ,iè e, II, 181.
Airbonnes, dép. de Hiuy, II, 153. — (La mon-
tagne d'), I, 52.
Aire, ville de France, IL 318.
Lphus (Le chantre), II, 14.
Aix-la-Chapelle (La ville impériale d'), I, 10,
(il, 72, 128, 171, 210. 223, 235, 236, 245, 246,
!86, 306, 314, 382, 3S6, 388, 399, 410, 415, 416,
'. 'n ii 123, 431, 444, 145, .".ne. 508, 512, 525, 538,
:,\\, 560, 561; IL 23, 25, 38, 45, 98, 102 à 104,
183, 195, 196, 211. 255, 358, 359, 3G0, 380, 460,
670
INDEX ALPHABÉTIQUE
S61, 534, 546, 621, 644. — (L'hérésie à), II,
,,,1 (La peste à), II. 595. — (La paix
,r . i. 375, '.'..;. 149. [Tumulte à . n
_ (Eglls Notre Dame <i'), I, 192.
Aix-en-Provence (Un manuscrit d'), H, 239.
\u e (Ferdinand Vlvarez de Toledo, duc d'),
II, 130, 521, >25 à 566, 572, (in-?, 605.
Vlbéric, moine de Troifontaines, chroni-
queur, II, 5.
Albéron I, évêque de Liège, I, 21, 22, 23.
Vlbéron II. évêq le Liège, I, 25; II, 21,
611, 612.
. I 135
Albert, archiduc d'Autriche, prince souve-
rain des i';iys Bas, il. 522, 014.
Albert I d'Autriche, empereur, I. 61.
Albert iv. duc il' Vutriche, i, 587.
Alberl île Louvain, évêque 'le Liège, II, 33.
Uberl (Hermah), II,
Albergatis (Nicolas d'), cardinal, II, 95.
Albret (Charles d'), I, 208.
Ucala (L'université d'). IL 538.
Uden Eyck (Le monastère d'), I, 13.
Aldenhoven, régence de Dusseldorf, I. 100.
Aléandre (Jérôme), I, 477.
Alençon (Le duc d'). I, 207, 208; II, 483, 589.
Alexandre de Juliers, évêque de Liège, II,
I.', '". 23, 24
Uexandre VI, pape, I, 206, 520, 531, 542, 549.
Vlexandre (Le manuscrit d'), II, 290.
Alexandrie (Le patriarcat d'), I, 149; II, 236.
Alexis (L'empereur), IL 30.
Alfteren (Conrard d'), I, tableau I.
Alger (La ville d'), IL 137, 409, 451, 464.
Algésiras (La ville d'), I, 148.
Alken, commune du canton de Looz, Lim-
bourg, II, 128, 135, 629.
Alkmar, ville de Hollande, II, 563.
Alleur, commune du canton de Fexhe-Slins,
Liège, I, 390.
Alost (La ville d'), I, 371, 552, 575.
Alpen (Le seigneur d'), I, 170, 177, 181. —
(L'avoué d'), I, 185.
Alsteren (Guill. d'), I, 233, 290. — (Jean d'),
I, 523.
Altena (Le seigneur d'), I, tableau IV; II,
402, — (Adolphe d'), II, 25, 38. — (Otton),
n. 46.
Amay, commune du canton de Huy, Liège,
II, 220, 298, 009.
Amay (Jean d'), H, 212.
Amboise (Le château d'), I, 519.
Vmercœur (Le baillage d'), II, 635
Amiens (La ville d'). II. 30, 89. — (La paix
d'), II, 468.
Amiens (Martin d'), II, 198.
Amniien (Marcellinj, il, 4.
\inuiit (Le quartier d'), IL 486.
Amsterdam (La ville d'), IL 511, 552, 563. —
(Un bourgmestre d'), II, 581, 582.
Ancône (L'évèque d'), I, 97; II, 221, 228.
\flemie (La ville d'), II, 53, 407, 401, 539,
552.
Vndernach (La forteresse d'), II, 471.
Andrelin (La conspiration d'), II, 403, 404.
Vngers (La ville d'). II, 188.
Angleterre. — Guerre avec le Brabant, II,
82. - (Hérésie en), II. 436.
Angleur, commune du canton de Liège, l.
i62; 11. 542, 551.
Vngieur (Jeun d'), II, 314.
Angoulème (Le comte d'), II, 188.
Anhée (Le château d'), I, 41.
Anjou (Le duc d'), II, 544, 545, 553, 554.
Anne d'Autriche, II, 557.
Anne de Bretagne, I, 314, 483, 520; II, 354.
Anne de Danemarck, II, 482.
Annon, archevêque de Cologne, II, 4.
Annius (Joannes), II, 4.
Anorga (Le capitaine), IL 581.
Ans, commune du canton de Liège, I, 547;
II, 406. — (André d'), I, 598. — (Baskin d'),
I, 424, 526, 549, 560; II, 555, 559. — (Le
maieur d'), I, 362.
Anselme (Le chroniqueur), II, 2, 4, 44.
Antheit, commune du canton de Huy, Liège,
I, 32. — (Jean d'), I, 585.
Anthisnes (Le seigneur d'), I, 351.
Antoine, bâtard de Bourgogne, I, 312, 322;
II, 251, 264, 637.
Antoing (Le seigneur d'), I, 198.
Anvers (La ville d'), I, 374, 513, 518, 533, 549,
578; II, 82, 135, 187, 346, 355, 357, 364, 407,
'/lu, ilfi, 422, 452, 497, 515 à 527, 529 à 531,
."vis, 552, 554, 574, 575, 584. — (La citadelle
d'), II, 526, 572, 578, 583, 602. — (L'église
Saint-Michel d'), I, 529; II, 358. — (L'église
Notre-Dame d'), II, 387. — (L'hérésie à),
II, 387, 515 à 517.
Apen (Walter d'), maire de Dinant, II, 442.
DES NOMS DE PERSONNES ET DE LIEUX.
(171
Appeltern (Waleran d'), I, 192.
Aquitaine (Le dauphin d'), I, 210.
Aragon (Le roi d'), II, 249. — (Catherine d'),
II. 477.
Archilochus, II, 4.
Arckel (Le seigneur d'), I, 200. — (Guillaume
d'), I, 201. — (Elisabeth d'), I, tableau IV.
— (Henri d'), I, 146. — (Robert d'), II.
202, 204, 209.
Arckel (Jean d'), évêque de Liège, I, 67, G9,
70, 75, 92, 201, 209, 586; II, 146, 192 à 212.
Ardenne (L'archidiaconé d'), II, 609. — (Le
duc d'), II, 41. — (La forêt d'), I, 300;
II, 382.
Aremberg (Mathilde d'), II, 84, 161. — (La
dame d'), II, 578. Voir aussi Marck (de la)
et Ligne.
Arendael (Jean d'), II, 104.
Arendonck (La dame d'), II, 37.
Argenteau (Le château d'), I, 452; II, 91, 171,
177, 178, 179, 183, 330, 362, 396, 482, 484, 533.
— (Une vue d'), II, 324.
Argenteau (Le seigneur d'), I, 181; II, 363,
629. — (Florent d'), II, 536. — (Guilla
d'), I, tableau III, 217, 218. — (Renard d'),
I, 1S5; II, 91, 177, 180. — (Jacques d'),
II, 263. — (Thierry d'), I, tableau II.
Arlay (Jean, seigneur d'), I, 49.
Arlon (Le prévôt d'), I, 185.
Armagnac (Le duc), I, 20S; II, 483.
Arnhem (La ville d'), II, 552.
Arnold, dit le jeune, I, 202.
Arnould de Horne, évêque de Liège. Voir
Hornes (Arnould de).
Arnsberg (Conrad d'), I, 137.
Arragon (Isabelle d'), I, 48.
Arras (La ville d'), I, 526; II, 485. ■
(L'évèque d'), II, 130, 133, 504, 654.
Artevelde (Philippe d'), I, 84; II, 217.
Artois (Le comté d'), II, 94. — (Hérésie en),
II, 517.
Artois (Marie d'), I, 71, 176, 195. — (Robert
d'), I, 60. — (Mahaut, comtesse d'), I, 48.
Aslau (Henri, comte d'), évêque de Magde-
bourg, II, 17.
Aspel (Le bailli d'), I, 176.
! (Jean d'), II, 179.
Ath (La paix d'), II, 81.
Athin (Jacques d'), I, 368. — (Jean d'), I,
482. — (Walter d'), I, 130. — (Wathieu d'),
1. 215; II, 240, 619 à 621.
Atrio (Eustache de), doyen de Saint-Pierre,
II, 108.
Aubert (Le prêtre). II, 386.
Auctarium Gemblacence (L'), II, 6.
Audenarde (La ville d'), I, 371; II, 516, 518,
552.
Audenhoven, ville du comté de Juliers, II,
194.
Augsbourg (La diète d'), II, 230, 305, 421, 479,
518, 523, 524. — (L'intérim d'), II, 421, 428.
Auguste, dit le Pieux, électeur de Saxe,
II, 527.
Aulne (L'abbaye d'), II, 90, 172, 402, 504, 589,
609, 653.
Aurella (Jean d'), évêque de Corfou, II, 218.
Aut.l (Arnold d'), II, 393. — (Jean d'), sei-
i, mi de Vogelsanck, II, 111. — (Margue-
i'O, I, tableau III.
Autriche (Georges d'), évêque de Liège, II,
2, 136, 407, 413 à 449, 486, 489, 502, 656, 660,
662. — (Un portrait de), II, 8.
Autriche (Don Juan d'), gouverneur des
Pays Bas, II, 556, 577 à 589.
Autriche (Isabelle d'), II, 471. — (Margue-
rite d'), gouvernante des Pays-Bas, I, 506,
II. 359, 375, 637.
Autun (L'évèque d'), I, 149.
Auvergne (Bobert et Godefroid, comtes d'),
I, 60.
Auxerre (Le comte d'), II, 34.
Avennes (Bouchard d'), II, 47, 54. — (Jean
d'), I, 32, 62; II, 47, 48, 60, 79. — (Le bailli
d), II, 467.
Averbode (Le monastère d'), I, 529; II, 37,
653. — (Le manuscrit d'), I, 68, 143 à 145,
;i I, 222, 309, 326; II, 1.
Avignon (La ville d'), I, 69, 85, 109, 149, 164,
169, 202; II, 85, 92, 164, 176, 200, 216, 232.
Avila (Sancho d'), II, 566.
Avranches (La ville d'), I, 211.
Awan (Les seigneurs d'), I, 401; II, 166. —
Awans et les Waroux, II, 73. 75, M.
Lwelhonriwe (Renier d'), II, 179.
Aywaille (Le commendataire d'), II, 393,
467.
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i (La ville de), II, 631.
tdi Vil erl de), l. 372; II, 122. — (Cïi u
: ! ■:. ii. 122. — (Christophe de), I,
162, 188; II, 122. — (Cimburge de), I, 322
( - , de), II, 122. — (Jean do),
ivôque de Trêves, I, «0, 463; II. 121,
122. — (Marc de), mambour de Liège, I,
' 245, 246, 247, 260, 285; II, 108, 112,
9
Badul (Jacques), I, 104, 109, 156, 169, 201,
587.
■ i i (Pierre Willems de), I, xur, xv.
i . ielen, comm me du on de Lim i
Liège, I, 18, 223, 345.
Baerme (Le comte de), II, 60.
Baesweiler (La bataille de . I, 71; II, 194.
Baillonville (Frédéric de), I, 52.
Bailleul (Le sire de), L 71; II, 518.
Bailly (Henri), il, ! 91
Balai - G.), il. 310.
Baldéric, évêque de Liège, I, 14.
Baie La ville de . i. 317, 318, 321. — (l
que fie), 1, 99.
Balluelle (Jean), sire de Morialmé el avoué
de Fosses. I, 586.
Bamberg (L'évêque de), II, 41.
Bar (Le duché de), II. 214, 256.
liai- (Edouard III, du.; de), 1, 207, 208; II, 79.
Henri III, comte de), I, 44; II, 41. — (Thi-
baut II, comte de), II, 34. — (Marguerite
de), il. !3
Bai i lui aul de , êv que île Liège, I, 57
a 66; II, 24, il, 63, 66 à 70.
■i (Renaud de), il. 164. — (Jean
de), aille d'Aulne, II, 172, 102.
Barbe (Martin à la), I, 162. — (Jean :■■ li ,
VI, 440, 141, 442.
.■a (Tilman de), I, U9
lu (La fosse du), 1, 534; II, 353.
Barberousse, le Turc, II, 134.
Bardillon Mi n ' de), II, 442.
Baré (Berthold), il, L66, 171, 178. — (Fas
chanoine de Saint-Paul, II, 160,
238, !40, 157, !60, 68, 280. - (Fastré), dit
Surlet, I. 204, 141; II, 81, 87, 102, 103, 106,
[08, 109, 114, 201 ■ :
bin), II, 88, 111, m), 1
135; H, 239. 1 irlel
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i (Thomas), évêque de Lii ieux, I. 263.
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(Maître), I, 223.
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Flandre, II, 26, 30, 31, 49, 51,
uin, écolâtre de Louvain, 11, 35.
iffe (Le seigneur de), I, 124, I
Bautersem [Le seigneur de), II, 60. — (Gui!
laume de), II, 157, 164.
a ville de), II, 439, 537.
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I, 288.
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IV, duc de), II, i'22.
Bavière (Cathi rii à i, I, 148.
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II, 621.
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Bavii ; :.;.:, . êque de Liège, 1, 84,
95, 132, 587; II, 141, 192, 224, 16 B !40, 618.
- (La chronique de), I, 145
DES NOMS DE PERSONNES ET DE LIEUX.
Ii73
Bavière (Jean-Théodore de), évoque de
Liège, II, 289, 316.
Bavière (Louis V de), empereur, I, 95; II,
75, 76, 82, 167, 183, 187.
Bavière (Maximilien de), évèque de Liège,
II, 314.
Bavière (Otton Ier, duc de), II, 25.
Bavière (Benier de), II, 615.
Bavière (Bobert, duc de), I, 102; II, 196. —
(Bobert de), archevêque de Cologne, I,
315.
Bayard (La vie du chevalier), II, 333.
Bayeux (L'évêque de), I, 211.
Bayonne (La ville de), II, 135.
Beafyer (Gérard), II, 50.
Beartwyck (Le seigneur de), I, 137.
Beau (Henri le), II, 173.
Beaucyes (Le seigneur de), I, 198.
Beaufort (Le seigneur de), I, 35, 71, 198; II,
55. — (Le château de), II, 53.
Beaufort (Henri de), I, tableau IL — (La
dame de), I, 178.
Beaulieu (L'abbé de), II, 361.
Beaumanoir (Le seigneur de), I, 198.
Beaumont (Le comte de), I, 386, 430.
Beaumont (Collard de), II, 174. — (Jean de),
I, xxiv; II, 79, 153 à 158.
Beaurain (La ville de), II, 439, 621.
Beaurepart (L'abbaye de), I, 463, 524; II,
212, 386.
Beaurepart (Jacques de), I, '1115. — (Jean de),
I, 366.
Beausaint (Jean de la Boche, dit de), I,
458, 460.
Beauvais (L'évêque de), I, 60.
Becket (Thomas), II, 25.
Beeck, dép. de Lille-Saint-Pierre, canton île
Lierre, Anvers, I, 92.
Beeckman (Le greffier), II, 310.
Beeringen (La ville de), II, 262.
Beeringen (Jean de), I, 584.
Beersel (Jean de), suffragant de Liège, I,
559.
Beke (Olivier délie), II, 184.
Belleforest (François de), II, 617.
Belonselle (Wilhelni), I, xvm.
Benoît IX, pape, I, 586.
Benoît XI, pape, I, 59; II, 70.
Benoît XIII, pape, I, 164, 169.
Tome 1 1 .
Bérart (Alexandre), II, 99, 250.
Berckel (Henri de), I, 146.
Berckem (Johan von), I, 527.
Berg-op-Zoom (La ville de), II, 566.
Berg (Le comte de), II, 133. — (Adolphe V,
comte de), II, 41. — (Adolphe VII, comte
de), I, 39; II, 51. — (Adolphe VIII, comte
de), II, 85, 152 à 158, 170, 183, 188. — (Gé-
rard de), II, 185, 186.
Berghes (Antoine de), abbé de Saint-Trond,
I, 347, 352, 355.
Berghes (Corneille de), évêque de Liège, I,
333, 352, 561; II, 129 à 138, 300, 357, 393, 401
à 414, 497, 654 à 656.
Berghes (Henri de), évêque de Cambrai, I,
350, 444, 445, 457, 568.
Berghes (Georges-Louis de), évêque de
Liège, II, 289, 325.
Berghes (L'an de), I, 289, 333, 334, 358, 497;
II, 129, 421, 504.
Berghes (Marguerite de), I, 543. — (Marie
de), II, 402.
Berghes (Maximilien de), archevêque de
Cambrai, II, 489, 501, 513.
Berghes (Bobert de), évêque de Liège, H,
320, 321, 402, 427, 443, 447, 488 à 505, 509 à
512, 661, 662.
Berghines (Henri de), II, 193.
Bergilers (Jean de), II, 241.
Berlaymont (Charles, comte de), seigneur
de Perwez, II, 421, 505, 521. — (Georges
de), chanoine de Saint-Martin, II, 378.
Berlaymont (Gilles de), seigneur de Floyon,
II, 182.
Berlaymont (Gilles de), seigneur de Hier-
ges, II, 591, 595, 605.
Berlaymont (Gilles de), seigneur de Haute-
penne, II, 378.
Berlaymont (Guillaume de), II, 378. — (Her-
man de), II, 594.
Berlaymont (Henri de), seigneur de Floyon,
II, 435 à 539, 505, 536, 594.
Berlaymont (Jean de), I, 537; II, 378, 450,
441, 442, 484, 559.
Berlaymont (Jeanne de), II, 249.
Berlaymont (Louis de), seigneur de Haute-
lit'lllle, II, 521.
Berlaymont (Ottard de), bailli du Condroz,
II, 578.
85
674
INDEX ALPHABÉTIQUE
Berleur, dép. de Grace-Berleur, I, 548.
Berleur (Antoine de), II, 223.
Berlingen, commune du canton de Looz,
Limbourg, II, 109.
Berlo (Le château de), II, 73, 108. — (Le
l.aiard de), I, 363, 364.
Berlo (Arnold de), I, 3S4. — (Guillaume de),
II, 105, 114, 115. — (Isabelle de), I, 169. —
(Baes de), I, 498. — (Thierry de), I, 89.
Bermonbèche (Gilles de), dit Fichons, II,
201.
BernaJmont (Albert de), II, 241. — (Jean de),
I, 86, 89, 198, 200, 215, 220, 619, 620, 621.
Bernardfagne (Le couvent de), II, 55.
Beme (La ville de), I, 318.
Bérose, II, 2 et 4.
Berry (Le duc de), II, 483. — (Jeanne de),
I, 520.
Berthold (Gilles Walter), II, 36.
Berthout (Catherine), I, tableau IV, 205. —
(Famille), I, 38; II, 66. — (G.), seigneur de
Malines, II, tableau I. — (Florent), II, 80.
— (Jean), II, 57. — (Marguerite), II, 80.
Bersée (Gilles de), I, 157.
Berto (Bertrand), II, 171.
Berwier (Jean le), I, 86, 217.
Berwinne (Gilles de la), I, 155, 156. — (Jean
de la), I, 156.
Besançon (La ville de), II, 135.
Béthanie-lez-Malines, II, 248.
Besonheit (Jean de), I, 414.
Bessongne (Un nommé), I, 414.
Bethléem (Le prieuré de), I, 63, 221, 588.
Betho (Le manuscrit de), II, 304.
Bethirius, châtelain de Montenaeken, II, 74.
Béthune (La bataille de), I, 322. — (La dame
de), II, 238.
Béthune (Jean de), évêque de Cambrai,
II, 41.
Bettincourt (Elbert de), II, 164.
Beuce (Martin), II, 165.
Beurs (Monsr de), II, 583.
Beutichem, commune de Gueldre, I, 137.
Bex (Pierre), II, 507, 537, 540, 577.
Béziers (L'évèque de), I, 149.
Bierset, commune du canton de Hollogne-
aux-Pierres, Liège, I, 467. — (La paix de),
11. 015.
Bierset (La famille de), 11, 180. — (Cilles
de), I, 104, 155; II, 228, 230, 235. — (Jean
et Guillaume de), I, 89. — (Jeanne de),
I, 377. — (Pascal de), II, 385. — (Benier
de), II, 199, 205, 209. — (Walter de), II,
231. — (Warnier de), II, 219.
Bierwart, commune du canton d'Eghezée,
Namur, II, 77.
Bignoul (Jean), II, 316.
Billiton (Jean), I, 441, 442, 501.
Billy (Le seigneur de), II, 605.
Bilsen (La ville de), I, 180, 181, 202, 334, 338,
558; II, 128, 262, 267.
Bilstain (Nicolas de), abbé de Beaurepart,
II, 509, 510.
Binche (La ville de), II, 185, 436, 439, 454,
484, 588.
Binckem (Jean de), seigneur de Bamioul,
II, 380. — (Wauthier de), I, tableau I.
Binet (Jean), II, 613.
Birbourg (Cunégonde de), I, 96.
Biron (Le maréchal), II, 229, 323.
Blac (Jean de), II, 27.
Blanche (La reine), de France, I, 37, 489.
Blanchart (La famille de), I, 420, 426. — (Le
seigneur de), I, 411, 413. — (Jean de), II,
192, 199.
Blankenheim (Arnold de), II, 61, 70, 71, 72.
— (Frédéric de), I, 99, 587. — [Gérard de),
I, tableau I, 218; II, 96, 248, 256. — (Jean-
nette de), I, 185.
Blanc-Moine (Nicolas), I, 156, 158.
Blavier (Antoine le), II, 178. — (Arnold le),
II, 383. — (Catherine le), I, 460. — (Henri
le), II, 165.
Bléret, commune du canton de Waremme,
Liège, I, 51.
Blistervoie (Elisabeth), I, 578.
Blockar (Arnold), II, 50.
Blocquerie (Christophe de), abbé de Saint-
Trond, II, 504, 534, 538, 541.
Blois (Le comte de), II, 89. — (Charles de),
II, 392.
Bocholt (Le prévôt Arnold de), II, 508, 513,
551, 573, 6U3.
Bock (Erhart), I, 315.
Bodet (Un nommé le), II, 572.
Body (J.), curé aux Avins, II, 296.
Boelhe, commune du canton i\r Waremme,
Liège, I, 291.
DES NOMS DE PERSONNES ET DE LIEUX.
675
Boeshoven (Thierri de), II, 100, 101.
Bohême (Henri, roi de), I, 64. — (Charles
de), II, 196. — (Jean de Luxembourg, roi
de), II, 79 à 89.
Boileau (Guillaume), de Mons, I, 586; II,
200, 201, 212, 213. — (Volen Guillaume,
alias), I, 77, 79.
Boilet (Un nommé), II, 200, 201.
Boirs, commune du canton de Fexhe-SHns,
Liège, II, 213.
Bois (Thierri de), maïeur de Montegnée,
I, 354.
Bois de Vincennes (Le), I, 213.
Bois-le-Duc (La ville de), I, 92, 99, 175, 374,
501; II, 136, 186, 232, 251, 258, 292, 552, 556.
Bolanden (Frédéric de), évèque de Spire,
I, 42.
Bolhon (Le seigneur de), I, 56, 473.
Bolland, commune du canton de Hervé,
Liège, I, 452, 453, 502, 503. — (Le seigneur
de), II, 227.
Bolland (Jacques de), I, 96.
Bologne (La ville de), I, 235, 236.
Boisée, dépendance d'Ans, I, 115, 203; II,
597. — (Jean de), II, 241. — (Hellin de),
II, 102. — (Marie de), I, 490.
Bornai (Le seigneur de), II, 378.
Bombaye (Martin de), II, 179.
Boneffe (Le prieuré de), II, 186, 381, 537,
549.
Boniface VIII, pape, I, 45, 53, 56, 57.
Boniface IX, pape, I, 95, 148, 203; II, 224,
226, 228.
Boniface XI, pape, I, 57.
Boniface (Le chevalier), I, 51.
Bonnant (Thiry), I, 481.
Bonneville (Le fief de), II, 188.
Bono Calvus, II, 14.
Bon valot (François), abbé de Luxeuil, II,
135.
Boppard (Thierry de), évèque de Metz,
II, 196.
Borcette (La ville de), I, 27.
Borges (Renier de), II, 233.
Borgne (Le capitaine Nicolas le), II, 455.
Boi-gneval (Jean de), II, 169.
Borlez, commune du canton de Jehay-Bode-
gnée, Liège, I, 96; II, 227. — (Jean de),
II, 251.
Bormans (Arnold), dit de Palude, II, 466. —
(Henri de), doyen de Saint-Martin, II,
117.
Bormenville (Jeannot, seigneur de), II, 378.
Borne (Le seigneur de), II, 206, 208. — (Wa-
leran de), II, 209.
Bornhem, commune du canton de Puers,
Anvers, II, 185, 187.
Borselle (Florent de), I, 198. — (Henri et
Wolfard de), II, 260, 624. — (Marguerite
de), I, 492.
Borston (Hustin de), II, 180.
Boschuysen (Isabelle van), I, 334.
Bosnove (Le château de), H, 621.
Botier (Jean le), d'Aaz, II, 72.
Bouchain (Wolfgang de), II, 024.
Bouchar (Jean), de la Boverie, II, 207, 225.
Bouhon (Collard), I, 464.
Bouillon (La ville de), I, 471, 502 à 505, 540;
II, 155, 182, 193, 214, 362 à 365, 396, 401, 554,
628. — (Le château de), I, 81, 82, 108, 109,
168, 169; II, 188, 393, 426, 427, 428, 494, 495,
496, 660. — (Le siège de), II, 480. — (Le
châtelain de), I, 336, 538, 576. — (Le prévôt
de), II, 203.
Bouillon (Godefroid de), II, 479.
Boulanger (Piron le), II, 386.
Boulogne (La ville de), II, 370, 417, 424,
458, 461, 467, 473, 478. — (Le siège de), II,
459, 462.
Boulogne (Jacques de), II, 427, 434, 480. —
(Olivier de), II, 273, 385, 386, 394.
Bourbon (Le duc de), I, 208; II, 370. — (Le
bâtard de), I, 474. — (Antoine de), II, 422.
— (Béatrice de), II, 185. — (Catherine
de), I, 311; II, 258. — (Charles I<"- de),
I, 220, 225. — (Charlotte de), II, 569. —
(François de), comte d'Enghien, II, 410.
— (Jean et Pierre de), II, 638. — (Jeanne
et Marguerite de), I, 331. — (Jeanne de),
I, 338. — (M. de), II, 367.
Bourbon (Louis de), évèque de Liège, I, 220,
224, 225, 228, 229, 233, 238, 256, 263,
272, 285, 287, 292, 295, 297, 309, 310, 311,
323, 326, 330, 376, 539, 581; II, 96 à 125, 141,
237, 248 à 265, 297, 304, 608, 623, 038 à 641.
Bourdon, dépendance de Xhendremacl, 1,
390.
Bourgeois (Jean), de Mons, I, 559.
676
l:\DEX ALPHABÉTIQUE
Bourges (La ville de), 1, 520; II, 134.
Bourgogne (La), II, 463, 478.
ogne (Agnes de), I, 820, 225, 311. —
(Antoine de), comte de Réthel et duc de
Brabant, I, 109, 118, 120, 132, 168, 170, 185,
il, 115. — (Béatrice de), il, 23. —
(David de), évêque d'1 trecht, II, 101, 121,
122. — (Eudes IV, duc de), I, 48. — (Gérard
de), II, G09. — (Jean VI, de), évèque de
Cambrai, II, 201. — (Jean de). Voir Jean
Sans Peur. — (Jeanne de), I, 48, 333. —
(Marguerite de), I, 48, 483. — (Marie de),
I, 31H, 312, 322, 631, 637. — (01 Ion IV, comte
de), I, 48. — (Philippe de). Voir Phi-
lippe le Bon. — (Bobert II, due de), I, 48.
Bourguignon (Le capitaine), II, 440.
Bourlet (André), II, 128, 554, 602.
linussu (Nicolas de), sire du Longueval, II,
452, 455. — (Le seigneur de), II, 421.
Bouttars (Gaspard), II, 324.
Bouvignes, commune du canton de Dinant,
Namur, I, 38, 267, 269, 562; II, 49, 56, 238,
239, 259, 260, 303, 344, 435 à 439, 442, 468,
483, 615, 624, 661.
Boverie (Bertrand de la), I, 178. — (Jacques
de la), I, 442. — (Jean de la), dit Le Buyt,
I, 77, 85, 366, 376, 377, 415, 420, 446, 449,
467, 471, 473; II, 100, 108, 115, 213, 216, 226.
Bovenistier (Fastré de), II, 148.
Bovier (Henri), I, 172.
Boxmeer (Renier de), I, 177.
Boyer (François), sénéchal de Lyon, II, 113.
Brabant (L'archidiaconé de), II, 609. — (La
peste en), II, 406. — (Les villes du), I,
166. — (La guerre en), I, 99.
Brabant (Les ducs de) : Godefroid I, I, 60;
II, 14, 16 à 19, 33. — Godefroid III, II, 12,
24, 33. — Henri I, I, tableau IV; II, 28,
31, 36, 41, 59, 613. — Henri II, I, tableau IV.
— Jean I, I, Cil, 66; II, 54. — Jean II, I,
57 à 6(1. — Jean III, II, 78 à 81, 148 à 178,
183. — Jean IV, I, 208. — Jeanne, fille de
Henri de Gaesbeeck, I, tableau IV, 80. —
Jeanne, épouse de Wenc^slas, I, 91, 167;
II, 80, 81, 190, 232, 236, 586. — Marie, fille
de Henri ni, I, 48; II, 34. — Marguerite,
II, 08.
Brahier ! Uam de), II, 198.
Braives, commune du canton d'Avennes,
Liège, I, 217.
Branchon, commune du canton d'Eghezée,
Namur, I, 196.
Branda (de Casiiglione), évèque de Plai-
sance, I, 138.
Brandebourg (Albert de), archevêque de
Mayence, II, 359, 621. — (Albert III, mar-
grave de), II, 122, 482. — (Frédéric de),
II, 196. — (Georges de), I, 436. — (Joachim
de), II, 343. — (Louis 1 de Bavière, mar-
grave de), II, 82. — (Marguerite de), I,
185. — (Otton, margrave de), II, 196. —
(Waldemar, marquis de), II, 75.
Eraquemont (Marie de), I, tableau III.
Bréda (La ville de), I, 218, 322; II, 96, 248,
388, 519.
Bréda (Walter de), abbé de Saint-Gilles,
II, 386.
Bréderode (Le seigneur de), I, tableau IV.
— (Benaud de), I, 311. — (Waleran de),
I, 209.
Brée (La ville de), II, 262.
Breiell (Winand van), II, 130.
Brenne (La bataille de), II, 416.
Brescia (La ville de), I, 64, 65; II, 46, 67, 68.
Brest (Corneille), I, 498.
Bretagne (Le duc de), I, 59; II, 623, 625.
Brétigny (La paix de), II, 188.
Breust, dépendance d'Eysden, I, 181.
Brialmont (Gilles et Jeanne de), I, 351.
Brielle (La ville de la), II, 552, 561, 569.
Brienne (Le comte de), I, 254; II, 79. —
(Marie de), II, 51, 54.
Briffair (Jean), I, 168.
Brieg (Marguerite de), I, 95.
Brimes (Le seigneur de), I, 198.
Brimeu (Gui de), sire de Humbercourt.
Voir Humbercourt. — (Adrienne de), I,
333.
Brimeu (Charles), comte de Meghem. Voir
Meghen.
Brioles (Jean), I, 204.
Brisach (La ville de), I, 316, 317.
Brixe (L'évêque de), II, 447.
Brixius (Jean), doyen de Saint-Denis, II,
571.
Brocka (Un nommé), II, 603.
Broechtem (Libert de), I, 541, 559; II, 76.
DES NOMS DE PERSONNES ET DK LIEUX.
677
Broetz (Pierre), I, 367.
Broigne, dépendance de Saint-Gérard, II,
436, 653.
Bronckhorst (Thierri de), seigneur de Bat-
temburg, I, 364, 551.
Bruges (La ville de), I, 55, 225, 271, 284, 311,
371 à 374, 507; II, 59, 245, 252, 258, 357, 539,
626, 630, 636. — (E'évêque de), II, 584.
Bruges (Guillaume de), I, 149. — (Jeanne
de), I, 481.
Bruni (Le château de), I, 18.
Brunshorn (Guillaume de), II, 136, 165,
416.
Brunswick (Henri, duc de), I, 488; II, 43,
469, 470, 513.
Brusthem, commune du canton de Saint-
Trond, Limbourg, I, 279; II, 24. — (La
bataille de), II, 113, 114, 262, 626, 627, 628.
Brusthem (Jean de), chroniqueur, I, xxvi,
xxvn, 3, 7, 8, 21, 68, 222, 309, 342, 343, 344,
589; II, 1, 71, 97, 113, 237.
Bruxelles (La ville de), I, 72, 82, 231, 250,
274, 301, 337, 360, 374, 375, 383, 384, 385, 387,
396, 518; II, 67, 105 à 107, 136, 137, 185, 186,
194, 240, 243, 256, 260, 270, 271, 364, 391,
422, 452, 456, 495, 502, 521, 526, 527, 531,
532, 534, 539, 545, 575, 576, 577, 580, 582, 5S3,
584, 585, 597, 603, 632, 636. — (L'hérésie à),
II, 387.
Bruxelles (Guillaume de), I, 352.
Buchard (Le prévôt), II, 7.
Buda-Pesth (La ville de), II, 137, 497.
Buere (Lambert de), II, 386.
Buis (Jean du), I, 491.
Buisson (Jacques du), II, 2, 389, 401. —
(Jean), compteur de Saint-Jacques, II, ',::i
Buissonville (Le seigneur de), I, 270.
Burdo (Le manuscrit), II, 336.
Burchard de Hainaut, évèque de Metz, I,
42, 585.
Burchard, évêque de Munster, II, 17.
Burdinne (Eustache de), I, 205.
Buren, commune de Gueldre, I, 137. — (Le
château de), I, 311, 312; II, 136. — (Le sei-
neur de), II, 629. — (Gisbert, Alard, Eisa
et Vincent de), I, 269. — (Florent de), I,
543; II, 130, 134, 402. — (Gisbert de), I,
tableau I. — (Guillaume de), I, 137, 269.
— (Maximilien de), II, 137, 463. — (Phi-
lippe de Nassau, comte de), II, 469 à 475,
602. — (Isabelle de), I, tableau IV. — (Vin-
cent de), II, 261.
Burlecht (Le château de), I, 586.
Burscheidt (Thierry de), I, 243, 589.
Busleiden (François de), I, 410. 489, :/
Buurmalsen, commune de Gueldre, I, 137.
Cadorat (Aymar de Poyrieu, dit), II, 258.
Caffales (La ville de), II, 485.
Caillot (Jacques), I, 403.
Calais (La ville de), I, 60, 207; II, 90, 188,
463, 486, 493.
Calabre (Le duc de), II, 487.
Caldebrenner (Pierre), doyen de Saint-
Servais à Maestricht, I, 523.
Calhy (Le seigneur de), I, 198.
Calistus (Amarashi), II, 122.
Calixte III, pape, I, 225.
Calixte, chanoine de Saint-Paul, II, 20.
Calvin (Jean), II, 509.
Camarin (Le duc de), II, 469.
Cambrai (La ville de), II, 80, 131, 133, 135,
136, 226, 442, 447, 503. — (Le diocèse de),
I, 159. — (L'évêque de), I, 350, 444; II, 41,
135, 196, 214, 504, 513. — (La paix de), II,
375. — (Le suffragant de), I, 560.
Cambre (Abbaye de la), II, 393.
Cambrésis (Le), II, 483, 537.
Cambron (La Vierge de), II, 77.
Campanie (Le prince de), II, 60.
Campen (La ville de), II, 552.
Campine (L'archidiaconé de), II, 609.
Canali (Nicolas), archevêque de Ravenne,
II, 170.
Cange (Arnould de), II, 280. — (Marguerite
de), I, 467.
Canne (Guy de), I, 350 à 356, 362, 365, 440,
574; II, 127, 270, 390, 391, 641, 642, 645.
Canterbury (L'archevêque de), II, 131, 390,
485, 494.
Cantimpré (Thomas de), II, 6.
678
INDEX ALPHABKTU.M'K
Cantrevilli (Le soigneur de), I, 198.
Caorsin (Le bourg de), II, 188.
Capoue (Barthélemi de), II, 69.
Capron (Dominique), abbé de Lobbes, II,
5<M
Capuce (Pierre), cardinal, I, 31.
Caraffa (Le cardinal Charles), II, 500.
Carcassnnne (L'évoque de), 1. 149.
Carignan (La ville de), 416, 457.
inthie (La), II, 422, 425.
Carloy (Le comte de), I, 211.
Carpentier (Arnold), officiai, I, 20. —
(Jean), seigneur de Haversin et Buisson-
11e, I, 270; II, 254, 261.
Cartilage (La ville de), II, 631.
Cassia (Simon de), II, 4.
Castolherg (iiérnrd de), I, 185.
Castelnuovo (La ville de), II, 134.
Casterloot (Jean de), I, 589.
Castille (Jean de), I, 483. — (Marie de), I,
514.
Castillon (Hugues de), II, 57.
Custilliono (Arnulphe de), I, 477.
Castre ou Castert, dépendance de La Naye,
II, 147, 210. — (Le château de), II, 586. —
(La paix de), I, 98; II, 198, 209, 231.
Cateau-Cambrésis, II, 455. — (La paix de),
II, 487, 494 à 496.
Catherine de France, I, 211.
Catzenellebogen (Le comte de), I, 43; II, 79,
168.
Célestin III, pape, I, 26.
Celles (La collégiale de), II, 609.
Cellier (Joseph de), doyen de Saint-Jean-
Evangéliste, I, 552.
Centfontaines (Walter de), I, 44.
Cerf (Gilles de), II, 86, 162. — (Le chanoine
de), II, 381.
César (Jules), II, :'..
Césarée (L'évêque de), I, 263.
Chabot (La chronique de Jacques), I, xxn-
xxvii, 348; II, 253, 254.
Chabot (André), 1, 112. — (Cilles), I, 89, 195,
197, 204, 209, 210. — (Gérard), dit d'Ochain,
II, 167. — (Jacques), II, 185. — (Louis),
II, 410.
Chaffor (Jean de), 1, 454.
Chalderon (La bataille de), II, 354.
Châlon (Le seigneur de), I, 198; II, 457. —
(Jean de), prince d'Orange, I, 331, 333,
33 — (Hugues de), II, 615.
Chambulat (Le seigneur de), I, 198.
Champ (Colard de), II, 216, 219. — (Nicolas
de), I, 86; II, 200.
Champion (Guillaume), de Meeffe. Voir
Meeffe.
Changes (Jean de), II, 61.
Changeur (Godefroid le), II, 612.
Chantraine (La seigneurie de), I, 402.
Chapeauville (Le chroniqueur), II, 5 à 7,
13, 14, 71, 179, 294, 336.
Charlemagne, I, 11; II, 23.
Charlemont (La forteresse de), II, 443, 486,
661.
Charles le Bel, I, 85.
Charles le Téméraire, I, 107, 224, 233, 240 à
259, 265 à 286, 293, 294, 309 à 323; II, 110,
111, 115, 120, 123, 252 à 265, 303, 333, 593,
608, 623, 624 à 637.
Charles IV, empereur, I, 77; II, 167, les, ]*:!,
184, lso, 196, 211, 487.
Charles-Quint, empereur, I, 386, 483, 513,
514, 533; II, 132, 134, 137, 138, 275, 300, 344,
355 à 366, 375 à 380, 400, 405, 409, 412, 415,
421, 424 à 430, 439, 443, 444, 450 à 495, 500,
637, 654, 656, 660 à 662.
Charles IV, roi de France, II, 76.
Charles V, roi de France, II, 186.
Charles VI, roi de France, I, 84, 92, 102, 206,
212, 589; II, 121, 194, 232, 235.
Charles VII, roi de France, II, 94.
Charles VIII, roi de France, I, 314, 372, 375,
483, 515, 519, 539.
Charles IX, roi de Fiance, II, 496, 497, 553,
562.
Charles I, roi de Bohème, II, 88, 89, 195,
196.
Charles, roi de Sicile, II, 218.
Charles (L'archiduc), II, 524.
Charleville (La ville de), II, 439.
Charneux (La famille de), I, 172. — (Adol-
phe de), II, 171. — (Arnould de), II, 173.
— (Guy de), II, 164. — (Herman de), I, 40.
Charobert, roi de Hongrie, II, 76.
Charpentier (Jean le), doyen de Huy, I,
523.
Chartres (Evêché de), II, 343. — (La ville
de), II, 188.
DES NOMS OE PEKSOlNNES ET DE LIEUX.
079
Chartreux (La chronique des), II, 339.
Chassepierre (Le château de), I, 81, 214, 215.
Châteauneuf (La ville de), II, 553.
Château-Thierry (La ville de), I, 96; II, 227,
4.37. — (Le seigneur de), I, tableau I
Châtelet (La commune de), I, 493; II, 436,
439, 468, 589.
Chatillon (Hugues de), évêque de Liège, I,
45; II, 81.
Chatillon (Jacques de), II, 59.
Chaulvessy (Le château de), II, 451, 458.
Chausbourg (Le seigneur de), II, 469.
Chaussée (Jean et Henri de la), I, 113, 161.
— (Jeanne de la), I, 532.
Chauvency (Gauthier de), II, 29. — (Gérard
de), I, tableau I.
Chayne (Collard délie), II, 241.
Chênée, commune du canton de Fléron,
Liège, I, 454, 462. — (Odile de), I, 112. —
(Le curé de), I, 547.
Cheratte, commune du canton de Dalhem,
I, 10.
Cheraux (Henri délie), abbé de Saint-Lau-
rent, II, 243.
Chesnea (Robert), dit Quercentius, II, 447.
Chesne (Bastin de), II, 386.
Chesne (Jean de), ou de Quercu, I, 370, 410,
547; II, 108, 117, 126, 273.
Chestruvin, dépendance d'Onhaye, II, 440.
Chetengnée (Le sire de), II, 179.
Chèvremont (Le château de), II, 307.
Chièvre (Le seigneur de), I, 388, 430, 549. —
(Goswin de), II, 175. — (Guillaume de), I,
431. — (Marie de), I, 458. — (Jean de), I,
112.
Chimay (La ville de), II, 480. — (Le prince
de), I, 333, 430, 447, 583. — (La dame de),
II, 79, 155.
Chiny (Le comte de), I, tableau I.
Chiroux et Grignoux, II, 299, 314.
Chocquier (Le château de), I, 402; II, 159,
171. — (Le seigneur de), I, 441, 583. —
(Louis de), I, 399.
Chrétien de Saint-Trond, I, 189.
Christian, roi de Danemark, I, 221, 513; II,
133, 482.
Christine de Danemark, II, 137.
Christophe, comte palatin, II, 566.
Christophe (Le secrétaire), I, 438, 439.
Chronicon (Tongrense), II, 6.
Chronique abrégée de Jean d'Outremeuse,
II, 141 à 236.
Cli ionique de Jean de Brusthem, II, 1 à 138.
Chronique du règne de Jean de Hornes, I,
339 à 569.
Chronique de 1402, II, 5 et 7.
Chrysogone (La cloche), II, 387.
Chypre (Le cardinal de), II, 95.
Cicéron, II, 4.
Cilly (Claude de), seigneur de Pousset, I,
374, 392, 477.
Ciney (La ville de), I, 35, 347, 472, 473, 533;
II, 53, 54, 628. — (Un miracle à), II, 78. —
(Godescalc de), H, 14. — (Godefroid >-t
Jean de), I, 172.
Clairefontaine, au diocèse de Laon, I, 16.
Clairvaux, en France, II, 388.
Clarimbauld (Le chroniqueur), II, :.
Clarion (Le prince), II, 60.
Clauteur (Jean le), I, 425. — (Lambert le),
I, 355.
Clément IV, pape, I, 34, 60, 61, 66.
Clément V, pape, II, 63, 81.
Clément VI, pape, II, 84, 92, 93, 156, 161. 163,
230, 609.
Clément VII, pape, I, 76, 78, 85, 93, 151, 154,
586; II, 69, 213, 214, 216, 376.
Clercq (Jean le), I, 377, 461, 465, 466, 167,
473, 580. — (Gilson le), I, 533.
Clermont, commune du canton de Nandrin,
Liège, I, 436; II, 84, 89, 150, 159. — (Le châ-
teau de), I, 53; II, 85, 90, 160, 162, 170. —
(Les comtes de), II, 28, 170, 296.
Clermont (Louis de), II, 60. — (Wéry de),
II, 176.
Clermont-Ferrand (Le concile de), II, 611.
Clervaux (L'abbaye de), II, 611.
Clèves (Le duché de), I, 525; II, 168, 409, 410.
Clèves (Adolphe I, comte de), I, 142. —
(Adolphe I, duc de), I, 136, 176, 200, 205. —
— (Adolphe de), seigneur de Ravenstein,
I, 278, 311, 333, 344. — (Agnès de), II,
152. — (Catherine de), I, 80, 205. — (Eli-
sabeth de), I, 80, 205. — (Ermengarde de),
I, tableau IV. — (Ghisbert de), I, 568. —
(Guillaume de), II, 133, 137, 410, 453, 485,
575, 583. — (Jean I, duc de), I, 249, 542,
575; II, 106, 107, 190, 359. — (Marguerite
680
INDEX ALPHABÉTIQUE
de). II, 7!). — (Philippe de), seigneur de
Ravenstein, I, 333, 372, 373, 375, 378, 584;
II, 129. — (Otton de), I, 69. — (Thierri V,
comte de), I, 31.
Le prévôt), II, 319.
Clockier (Gilles le), I, 50. — (Guillaume le),
I, 246. — (Jean le), I, 154. — (Théodore
le), I, 235.
Closquet (L.), II, i:V.
Clugny (L'abbé de), II, 188. — (Guillaume
de), II, 632, 636.
Coblence (La ville de), II, 37.
CocU (Henri le), I, 377. — (Jean le), I, 86,
101, 107, 148; II. 87, 198, 200, 206, 216, 217,
219, 228, 232, 233.
Cockar (Collard), i, 53:?.
Coelhem (Charles do), dit d'Oyembrugge de
Duras, H, 393.
Coen (Henri), II, 228, 230.
Cognac (La ville de), II, 553.
Coie (Renard), II, 179.
Coir (Gilles de), II, 233. — (Gossuin de), II,
220. — (Guillaume de), II, 190. — (Jean
de), I, 89.
Colen (Le couvent de), I, 216.
Coligny (L'amiral), II, 562.
Colin (Nicolas Garnier, alias), II, 304, 449.
Collin (Grégoire), H, 303, 304, 149.
Colmont (Le château de), I, 339, 367, 369,
387, 395.
Cologne (La ville de), I, 39, 102, 193, 223, 232,
247, 373, 500, 527, 531, 532, 534, 538, 579, 580 à
582; II, 24, 26, 116, 137, 299, 357, 382, 444,
464, 472, 501, 502, 532, 538, 590. — (L'arche-
vêque de), I, 31, 42, 99, 128, 315, 388, 420,
499; II, 16, 22, 23, 25, 43, 75, 79, 85, 86, 94,
104, 191, 196, 223, 227, 229, 332, 359, 371, 389,
410, 445, 462, 470, 479, 494. — (Le concile
de), I, 140. — (L'hérésie à), II, 387. — (Un
monastère à), I, 18. — (La peste à), II,
406. — (Un synode à), II, 389. — (Tumulte
a), II, 352. — (Le voué de), I, 176; II, 221.
Cologne (Walter de), I, 557.
Colonia (Petro), II, 416.
Colonster (Louis des Prez, dit de), H, 164.
— (Radoux Des Prez), II, 180. — (Guil-
laume de Horion, seigneur de), II, 597,
598.
Columpna (La ville de), I, 57.
Commines (Philippe de), II, 303
Compiègne (La ville de), I, 49.
Compcisli'lle (La ville de), I, 537.
Coudé (Louis de Bourbon, prince de), II,
:,:<K 529, 534, 538, 544, 545, 553, 554. — (Isa-
belle de), I, tableau I; II, 68. — (Jean de),
II, 54.
Condroz (L'archidiaconé de), II, 609. — (Le
bailli de), II, 87. — (Une tempête en), II,
443.
Conflier (Benoît), I, 412.
Coninck (Pierre de), II, 61.
Conrard IV, roi des Romains, II, 47.
Conrard le Frison, II, 7.
Conrard (Jean), de Brus, dit de Loën ou de
Wonck, I, 490.
Constance (Le concile de), I, 129, 130, 132,
136, 206.
Constance de Sicile, II, 25.
Constantinople (La ville de), II, 27, 29, 30,
133, 382, 621.
Contraire (Helman), I, 558.
Conversan (Le seigneur de), I, 254.
Copareille (La cloche), I, 110.
Coppens (Martin), II, 294.
Copis (Jean), I, 345. — (L'archidiacre de),
I, 544.
Corbeau (Denis), seigneur de Villers lez-
Guise et de Fraipont, I, 351. — (Humbert),
I, tableau II. — (Laurent), I, 572.
Corbesier (Charles le), II, 386. — (Hasop le),
II, 379.
Corbion (Rigauld de), II, 7, 53.
Cornelimunster (La ville de), II, 460.
Cornelis (Laurent), abbé de Malonne, II,
504.
Cornu (Jean de), II, 81.
Coronmeuse (Jean de), abbé de Saint-
Jacques, II, 355.
Corphalie, dépendance d'Antheit, I, 24.
Corroy-le-Château, commune du canton de
Gembloux, Namur, II, 408, 452.
Corsinus (Le cardinal Pierre), II, 200.
Corswarem (Le seigneur de), I, 408; II, 348.
— (Catherine de), I, 290. — (Godefroid de),
I, 571. — (Hubert de), II, 392. — (Jacques
de), I, 332, 351, 355, 400, 461. — (Jacque-
line de), I, 365. — (Jean de), I, 113, 169. —
DES NOMS DE PERSONNES ET DK LIEUX.
681
(YYalter de), I, 154, 350, 404, 405, 571, 575,
583; II, 250, 642,
Cortembach (Le seigneur de), I, 421. —
(Louis de), II, 130. — (Nicolas de), I, 364.
— (Pierre de), I, 365, 477. 496, 543, 505.
590.
Cortessem, commune du canton de Looz,
Limbourg, I, 426, 427, 428.
Cosse (Balthazar), I, 131, 206.
Coucy-Vervins (Thomas, seigneur de), I,
tableau I.
Coune de Lorttzen, II, 162.
Courtejoie (Jean de), II, 127.
Courtenai (Pierre de), II, 34.
Courtrai (La ville de), I, 312; II, 0,". — (Le
bailli de), II, 584. — (La bataille de), I,
55, 56, 59, 60.
Coutances (L'évêclié de), I, 211.
Couvin (La ville de), I, 118, 19'., 202, :
401, 403; II, 181, 262, 436, 439, 513, 518, 628.
Crafft (Le comte de), II, 122. — (Jacques
de), II, 122.
Cramaud (Simon de), évêque de Carcas-
sonne, I, 149; II, 236.
Cranem (Le seigneur de), II, 6<>.
Cranembourg, lieu dit à Bruges, I, S'il. —
(Otton de), I, tableau IV.
Craon (Le seigneur de), I, 198.
Crassemoule (Jean), II, 173.
Crassier (Le baron de), II, 274.
Crawelbon (Gérard), II, 233.
Crauwels (Aleide de), dite Gimborn, I, 243.
Crécy (La bataille de Crécy), II, 81, 171
184.
Crehen (Agnès de), I, 350.
Crequy (Louis de), I, 528.
i Iresaigne 1 e seij rieur de;, 1, 198.
Crespy (La paix de), II, 457.
Crèvecœur (Philippe de), II, 62.
Crisnée, commune du canton de Hollogne-
aux-Pierres, Liège, I, 510. — (Jacques de),
I, 351.
Crochy (Le seigneur de), I, 198.
Crost-it (Gilles), I, 405.
Croy (Le seigneur de), II, 266, 271.
Irien de), seigneur de Rceulx, 11, 136.
— (Antoine de), seigneur de Sempy, I,
430, 431. — (Antoine de), seigneur de
Renty. — (Catherine de), I, 430, 433, 505.
(Charles de), évêque de Tournai, II, is'j.
— (Charles de), prince de Chimay, II,
583. — (Eustache de), évêque d'Arias, II,
130, 133. — (Guillaume de), seigneur de
Chièvres, I, 385, 387, 3S9, 393, 403, 408, 409,
il:, 419, 423 à 452, 459 à 469, 578. — (Guil-
laume), marquis de Renty, II, 505. —
(Jacques de), chanoine de Saint-Lambert,
protonotaire apostolique, I, 332, 333, 337,
345, 346, 355, 360, 369, 370, 378, 379, 430,
159, 463, 474, 544, 568; II, 126, 341, 646. —
(Jean de), seigneur de Renty, I, Î30. —
(Jean), seigneur de Chimay, I, 430. —
(Marguerite de), II, 415. — (Michel de),
seigneur de Sempy, I, 430; II, 415. —
(Philippe de), comte de Chimay, I, 333,
385, 430. — (Philippe de), comte de Por-
(i,i,,, seigneur d'Aerschot, I, 430. — (Phi-
lippe de), duo d'Aerschot, II, 135, 421, 504,
578, 579. — (Robeit de), archevêque de
Cambrai, II. 135.
Croix (Pierre et Daniel de la), II, 282.
Crupet (Thomas de), I, 472.
Cucurno (L'évêque de), II, 218.
Culembourg (Anne de), I, 511.
Curenge (La ville de), I, 22», 4-;::. 540, 553,
554, 556, 557, 558, 563, 568; II, 131, 246, 342,
9, 401, 558. — (Le château de), II, 393,
390. — (La collégiale de), II, 609.
Curlius (Jean), I, x et xxvin. — (Pierre),
- êque de Bruges, II, 584,
Cuyck (Albert de), évêque de Liège, I, 20;
II, 25.
Tome II.
86
682
INDEX ALPHABÉTIQUE
D
Daim ille (Gérard de), évêque de Cambrai,
II, 196.
Dalembroeck Godefroid), seigneur de Da
lembroeck el de Heinsberg, I, iv; il. 94,
i ■■ m 191, 220.
Dalhem (La ville de . i. 842, 244, 3-25, 332,
390, 396, 435, 444, 452, 453, 462; II, 87, 178,
213, 221, 231, 259, 411, 587. — (La bataille
de), II, 551 à 004.
Dalhem (Godefroid de), I, 580.
Damiette (La ville de . II, 42, 56.
Dammartin (Wauthier de), I, tableau II.
Dampierre (Guillaume de . eointe de I :
dre, I, 31. — (Gui de), I, 585; II, 48, 54, 59,
68, 615. — (Marguerite de), I, 90.
Damvillers (La ville de). II, 409, 428, 451,
458, 480.
Daniel (Jean), I, 308, 376, 548, 553 à 557.
Danemark (Le roi de), 1, 221, 513; lî, 133,
137, 522.
Darion, commune du canton de Waremme,
Liège, I, 291.
Datin (La trahison des), II, 279. — (Wathieu
d'), II, 241, 251, 331.
Daules (La ville de), II, 56.
Daventrie (Gérard), I, 235.
Dawionpuis (Le manuscrit), II, 311.
Day (Jean), II, 592.
Dechesne (Jean-François), II, 3li.
Delfosse (Gilles), I, 141.
Dell) (La ville de), II, 133. 552.
Delphinus (Frater), II, 64, 65.
Delvaux (Béatrice), II, 552.
Denis (Gérard), II, 228, 617. — (Maître),
greffier de la Cité, 1, 149.
Denvllle (Jean de), prévôt de Bouillon, II.
203, 204.
Denville (Jean de), bailli du Condroz, II,
•203, 204.
Deschamps (Guillaume), dit de la Violette,
I, 268.
Deux-Ponts (Wolfgang, duc des), II, 527,
553, 554.
Devaux (Le doyen et les manuscrits), II,
274, 337.
Deventer (La \ ille de . II. 552.
Dicke (Catherine de la), I. 176.
Dieghem (Jean de), I, 71.
Dieppe (La ville de), I, 206.
Diepembeeck, commune du canton de Has
selt, Limbourg, I, 365, 413, 426, 427; II,
246, 598, 599, 635. — (Le sei.mu-nr de), II,
568.
Diesl (La ville de), I, 98, 101, 147, 168. 219,
231, 261, 437, 439, 441, 412, 506, 519, 529; 11.
96, 99, 186, 245, 248, 257, 344, 347.
Diest (Gérard de), I. tableau I. — (Henri
de), I, 50. — (Jean de), 1. tableau IV.
Dieupart, dépendance d'Aywaille, I, 509,
581; II, 432.
Dinant (La ville de), 1, 32, 41, 44, Gl, 90, 108,
116, 119, 202, 247, 249, 258, 340, 347, 401,
102, 172, 585, 586; II, 46, 49, 75, 90, 107, 108,
lit, 155, 178, 180, 181, 193, 214, '227, 239,
254, 258 à 261, 274, 319, 401, 578, 615, 624,
637, 661. — (Le château de), I, 16; II, 342,
348, 392, 395, 396, 433. — (Le pont de), II,
558. — (La collégiale de), II, 44, 609. —
(Les Croisière de), I, 524. — (La prise de),
en 1460, I, 265, 268, 270; II, 298, 303, 311,
438, 440 à 442. — (Le siège de), en 1554,
II, 304, 307, 313, 435 à 439, 483, 484, 625. —
(Les comptes de), II, 304. — (Un meurtre
à), II, 302. — (Les pensions de), I, 139.
Dînant (Henri de), II, 50.
Diodore de Sicile, II, î.
DistelbroecU, lieu-dit à Brusthem, II, 113.
Dixmude (La. ville de], II, 563.
Dobbelstein (Godefroid de), I, 363, 364.
Doern (Everard de), I, x. — (Henri de),
I, xxvin.
Dolhain, dépendance de la ville de Lim-
bourg, I, 456.
DominicU (G.-B.), II, 283.
Dommartin (Jacques de Crissegnée, du île;.
I, 351.
Donat (Louis), de Venise, II, 218.
Donceel (Le maïeur de), II, 291.
Donchéry (La ville de), 1, 465, 466, 467. -
DES NOMS DE PERSONNES ET DE LIEUX
«83
(La diète de), I, 374, 375, 377, 393, 468. —
(La paix de), I, 411, 175.
Dongelherg (Raes deï, seigneur de Long-
champs, I, 4SI.
Donnea (Jean), I, 376.
Donneal (Jean), I, 408.
Donneux (Jean), I, 156.
Dordrecht (La ville de), I, 130, 131, 132, 137,
209, 210, 213; II, 87, 552.
Dorothée de Danemark, II, 389, 471.
Dortmund (Jean de), I, 18.
Doudon (Gilles), II, 168.
Doupaix (Guillaume), abbé de Floreffe, II.
504.
Dourlens (La ville de), II, IS2, 487
Dragon (Le seigneur de), II, 543, 551.
Dreux (La bataille de), II, 500.
Driel (Conrard de), I, 86.
Drogon, abbé de Saint-Jacques, I. 25.
Droisehe, lieu-dit a Herstal, II, 580, 581
Drolenval (Le seigneur de), I, 368.
Drugien (Stassin), II, 179.
Dubois (Jean-Laurent), II, 292.
Ducelle (Le seigneur de), I, 198.
Duftel (La seigneurie de), I, 197, 407; II,
517.
Dujardin (Nicolas), abbé de Saint-Jacques,
II, 211.
Dumont (Antoine), II, 309.
Dumoitier (François), II, 311.
Dunghen (Jean de), II, 225.
Dunois (Le duc de), II, 483.
Dupont (Rémi), II, 318.
Duras, commune du canton de Saint-Trond.
Limbourg, II, 106, 259. — (Le château de),
II, 19, 28. — (La paix de), II, 155, 1G3.
Duras (Le comte de), I, tableau I; II, 17, 393.
— (Gilles de), II, 24, 28. — (Gislebert,
comte de), II, 17. — (Guillaum : de), I,
385; II, 189. — (Henri de), II, 21. -
(Jacqueline de .1.
Durbuy (Le seigneur 'l- . I.
Duren (La ville de), I, 520, 537, 553; II
409, 410, 412, 454.
Dusselle (Reinold de), a i d
logne, II, 22, 23.
E
Eben-Emael, commune du en mon de Sichen-
Sussen, Limbourg, I, 588.
Eberstein (Otto d'), II, 5
Eclit, commune de Gueldre, I, lot, 522
II, 232, 233.
Eckhove (Le seigneur d'), I, 150
Ecosse, II, 458. — (Le protestantisme en), II,
493. — (Le roi d'), I, 213.
Écossais (Passage à Liège îles), II, 307.
Edouard I, roi d'Angleterre, II, 59.
Edouard III, roi d'Angleterre, II, 82, 90, 117.
188, 211.
Edouard IV, roi d'Angleterre, I, 121, 188.
Edouard VI, roi d'Angleterre, II, 477, 481.
Eeckhout (Arnold), II, 60.
Eeten (Le seigneur d"), I, 137.
Egmont (Le seigneur d'), I, 198, 208. —
(Exécution du comte d'), II, 421, 487, 513,
517, 519, 521, 526, 530, 531, 538, 539, 545, 552,
605, 603. — (Adolphe d'), I, 310 à 313, 474;
II, 252, 258. — (Anne d'), I, 543; II, 130, 377,
102. — (Arnould d'), I, 269, 311; II. 252. —
(Charles d'), duc de Gueldre, I, 314, 473,
474, 186 à 188, Ï98, 525, 511 à 513, 551, 565;
II, 133, 243, 343, 403. — (Florent d'), comte
de Buren, II, 130, 134, 402. — (Maximilien
d'), comte d'Yselstein, II, 130, 393, 102, 463.
— (Philippe d'), II, 504, 597.
Eichstadt (L'évèque d'), II, 1"
Eigher (Bernard de), II, 191.
Eindhoven, ville de Hollande, I, 99, 578; II.
407.
Elderen (Le seigneur d'), I, 290, 334; II, 211.
263, 629. — (Godenoule d'), I, 172, 588.
Éléonore d'Autriche, II, 344.
Éléonore de Portugal, I, 513.
Elisabeth., reine d'Angleterre, II, 291, 194,
553, 559.
Elisabeth d'Autriche, II, 557.
Elisabeth, reine d'Espagne, I, 568, 569.
Elisabeth, fille de Philippe II, II, 495.
Ellaer (Henri et Théodore), H, 170.
(i84
INDEX ALPHABÉTIQUE
Ellenain (Le seigneur d'), II, 170.
Elter (Arnold d' . dil de Vogelsanck, il, 265,
193
i mai 1, dépendance d'Eben-Emael, II, 171.
— (Le maïeur d'), II, 266. — (Le seigneui
d'), II. 190, 501.
Emo, H, L4.
Emboui . unir du canton de Fléron,
Liège, l, 546; II, 171.
Emichon de Spanheim, II, 66.
Emmanuel, roi de Portugal, I, 513.
Emptinne (Englebert d'), seigneur de Mouf-
frin et de Hormalle, I, 472, 574.
Enfants de France (Les), II, 61.
Engelsdorfi (N. de), I, 176.
Enghien (La ville d'), I, 38't. — (Les icono-
clastes à), H, 518. — (Le seigneur d'),
I, 198, 254, - (Le comte d'), 416. — (Engle
berl il), seigneur de Morialmé, II, 239,
24T5.
Enghien (Gérard d'), I, tableau III. — (Jean
d'), I, 35.
Enghien (Jean d'), évêque de Liège, I, 57,
II, 56, 63.
Engis, commun, iln canton de Hollogne-
aux Pierres, Liège, I, 402. — (Le seigneur
de), I, 365.
Ëpernay (La ville d'), II, 457.
Eppes (Jean d'), évêque de. Liège, I, 24, 27;
II, 44.
Eppenstein («lërurd et Si-lnd), arrlievn|ii.-
de Mayence, I, 42; II, 38.
Eracle (L'évêque), I, L3.
Erckel (Hugues d'), I. 60. — (Le seigneur
il'), II, 170.
Erkelenz (I a ville d'), I, 520, 521.
Eschwilre (Pierre d'), I, 235.
Esco\ edo i e secrétaire), II, 578.
Espagne Une cherté en), II, 417.
Eston ' \iiani de), II, 2ls.
Etienne in. pape, II, 609.
Etienne X, pape, II, 609.
Etienne, évêque de Liège, I, 12.
Etienne (Arnould), chanoine de Saint-Mar
tin, I, 156.
Etienne, abbé de Saint Jacques, I, 20 !
Eu (Le comte ri'), I, 207, 208; II, 79.
1 e IV, pape, II, 95.
Eupen (La ville d'), I, 223, 244.
Eve (Godefroid d'), prévôt de Poilvache,
I, 393.
Éverlin, abbé de Saint-Laurent, I, 112; II, 25
Êvreux (Louis ••( Philippe, comtes d'), I,
48, — (L'évêque d'), I, 211, 525.
Eyck. Voir Maeseyck.
Eynatten (Marguerite d'), I, 458, 460, 524.
Eynsbroeck (Gisbert île Ryckel ou de), I,
349.
Eysden (La ville d'), I, 181.
Fabais (Pictor), II, 4.
Fabribeckers (Le manuscrit), II, 287.
Fagnolles (Marie de), I, tableau IL
Faimes, dépendance de Celles-lez-Waremme,
II, 169.
Faing (Thierri de), I, 96.
Fait (Jean du), I, 73 et. 75; II, 202.
Falise (Le chemin de), I, 52.
Falkenstein (Cuno de), archevêque de
Trêves, II, 196.
Falkenstein (Agnès de), 1, 185.
Fa.llais (Le Château de), I, 35, 335, 393; II,
54. — (Le seigneur de), II, 55.
Faiblis (Rigaud de), I, 35.
Fallaize (Richard de), II, 53. — (Erard de),
II, 333.
Falmignoul, commune du canton de Beau-
raing, Namur, I, 96.
Falvy (Marie de Nelle, dite de), I, tableau I
Famagouste (La ville de), II, 556.
Famenne (L'archidiaconé de), II, 609.
Fanchon (Hubin de), II, 205.
Fanson (Noël de), I, 582, 583.
Faon (Raoul), évêque d'Évreux, I, 52:..
Farabertus (L'évêque), I, 13.
Farnèse (Le pape), II, 422, 425. — (Alexan-
dre), II, 585. — (Octave), II, 481.
Fassot (Le clerc Jean), I, 376, 408, 415, 441,
454.
Fastré (M. de), échevin de Tongres, II, 322.
Faucon (Jeanne de), I, 215.
Fauquemont (Le château de), I, 38, 201, 237,
DES NOMS DK PERSONDES ET DE LIEUX.
685
434, 43G; II, 57, 78, 88, 2C6, 259, 546. — (Le
seigneur de), I, 511. — (Renaud de), II,
76, 79. — (Thierry de), I, tableau I; îi 16
— (Waleran de), II, 45, 16S, 170, 172, 206.
Felipreit (Le couvent de), II, 252.
Fenal (Jean de) ou de Gau, I, 502.
Fennelot, ville de Gueldre, II, 412,
Fernalmont (Le fief de), II, 181.
Feronstrée (Jean de), II, 44.
Ferdinand I, roi des Romains, roi de Hon-
grie, empereur, I, 514; II, 136, 137, 344,
376, 405, 414, 420, 445, 457, 479, 487, 494, G62,
663.
Ferdinand II, empereur, II, 304, 509, 654.
Ferdinand V, roi d'Espagne, I, 515.
Ferrand de Portugal, II, 34, 36, 46.
Ferrare (Tremblement de terre à), H, 557.
Ferret (Jean), I, 541.
Ferrici (Le légat Pierre), I, 223, 235; II, 102,
103, 105.
Ferricus de Cluni, évêque de Tournai, I,
345.
Ferrière (Gilles de), II, 169.
Fexhe, commune de la province de Liège,
II, 158, 163, 164.
Fexhe-le-Haut-Clocher, commune du canton
de Hollogne, Liège, I, 407, 512.
Fexhe-Slins, commune du même canton, I,
114, 115.
Fexhe (Henri de), II, 171. — (Hugues de),
H, 254. — (Lambert de), II, 200. — (Oger
de), II, 172.
Fexhea, frère mineur,, I, 473.
Fexhet (Jean), I, 408, 454.
Feyr (Le seigneur de), I, 198.
Fichons (Gilles de Bermonbèche, dit), II,
201.
Fies (Enguerrand de), II, 82, 83.
Fillastre (Guillaume de), I, 231.
Fischer (Jean), évêque de Ross, II, 389.
Fize-Fontaine, commune du canton de
Jehay-Bodegnée, Liège, I, 510; II, 73.
Flafferteyt (Le seigneur de), I, 198.
Flagellants (Les), II, 93, 330.
Flaminne (Jean de Salme, dit délie), II, 494.
Flandre (La), I, 60, 359. — (Henri de), II, 27.
Flandre (Jean de), évêque de Liège, I, 37
à 41; II, 46, 56, 615.
Fiasse, lande près de Zonhoven, I, 412.
Flecte (Le seigneur de), H, 17u.
Flémalle, commune du canton de Hollogne-
aux-Pierres, Liège, I, xxi, 402, 403; II, 167,
170. — (Le commandeur de), II, 503.
Flémalle (Catherine de), II, 223. — (Elias
de), I, 156, 201. — (Gossuin de), I, 85; II,
206. — (Guillaume de), I, 11, 86; II, 200,
222. — (Jean de), I, 223; II, 153, 166, 190.
Fléron, commune du même canton, Liège,
I, 454; II, 174. — (L'avouerie de), I, 325.
Fléron (Arnold de), II, 269, 642. — (Gérard
de), II, 511, 576. — (Jean de), I, 146. -
(Walter de), I, 130.
Flessingue (La ville de), II, 552, 561, 562.
Fleurange. Voir Robert de la Marck.
Floddenfield (Bataille de), II, 352.
Flone (L'abbaye de), II, 433, 504, 535, 537,
549, 653.
Floreffe (L'abbaye de), I, 404; II, 21, 31, 504,
653.
Floreffe (Godefroid et Christian de), II, 14.
Florence (La ville de), I, 26, 66, 136; II, 70,
92, 362, 363, 497.
Florentinus, évêque de Liège, I, 9.
Florenne (L'abbaye de), I, 194; II, 247, 436,
462, 653. — (Le seigneur de), I, 61; H, 462.
Florenne (Godefroid et Arnulphe de), II,
14. — (Hugues de), II, 44. — (Jean de Wo-
démont, seigneur de), I, 539.
Floyon (Jean de Berlaymont de), I, 537. —
(Henri de), II, 435 à 439, 484, 536, 594. —
(Jeanne de), II, 249. — (Gilles de), II, 182.
Fologne, commune du canton de Looz, Lim-
bourg, II, 309.
Fonck (Everard), II, 227.
Fondi (Le conclave de), I, 76.
Fontaine (Le seigneur de), I, 411; II, 559.
Fontaine-l'Évêque (La ville de), I, 194.
Fontenelle (La seigneurie de), I, 198.
Fooz, commune du canton de Hollogne-
aux-Pierres, Liège, I, 401, 402, 467.
Forli (Jean de), légat, II, 156.
Fosses (La ville de), I, 55, 56, 118, 194, 202,
586; II, 75, 155, 181, 189, 193, 436, 439, 628,
661. — (L'abbaye de), I, 12, — (La collé-
giale de) II, 609. — (Le prévôt de), I, 337;
II, 392.
Fosse le Maire (La), II, 431. — (Gilles de
Mollin, dit délie), I, 141.
686
INDEX ALPHABETIQUE
I > . - 1 ■ ■ .- 1 1 1 lu-, ['i.', di", I, :.",ll.
Foullon (L'historien), I, 341.
Foux (Guillaume de), II, 175.
pont, oommune du canton de Louvei-
Liège, I, 483, 524. — (Le seigneur de),
1, 351; II, 179, 580.
Fraipont (Collin de), II, 163. — (Gérard de),
I, 458.
Fraisne (Bartholomé de), II, 286.
Franche-Comté (La), II, 637.
Franchimont (Le château de), I, 89, 243,
359, 362, 307, 393, 394, 407, 426, 429, 431, 433,
439, 450, 473, 536, 540, 558, 559, 560, 578; II,
52, 221, 233, 342, 392, 396, 401, 599, 632 à
639. — (Le pays de), II, 255, 265, 279, 280,
304, 417, 460, 491. — (Les marquis de), II,
170, 196. — (La milice de), I, 575. — (Le
voué de), II, 176.
Franchimontois (Les), II, 629, 630.
Franck (Gilles), I, 523.
Franckenberg (Arnould de), II, 174. —
(Guillaume de Mérode, dit de), II, 393.
Francfort (La ville de), I, 102; II, 48, 49, 268,
343, 420, 475, 486, 642, 662.
Franckot de Montegnée, I, 368, 376, 462, 470,
556, 557.
Franco, évêque de Liège, II, 610. — (L'éco-
lâtre), II, 14.
François I, roi de France, I, 513; II, 132,
133, 138, 346, 348, 356, 365, 367, 371, 375,
376, 389, 409, 420, 450 à 478, 655, 656.
François II, roi de France, II, 488, 496, 497.
François I, duc de Lorraine, I, 513; II, 137.
Francomont (Le lieu de), I, 175.
Francon de Saint-Servais, II, 7.
Francon, bâtard de W'esemael, II, 51.
Frédéric II, empereur, I, 372, 373; II, 22, 23,
25, 34, 37, 38, 41, 46, 48, 49, 120, 121, C10,
621.
Frédéric III, empereur, I, 312, 314, 316, 485.
Frédéric IV, empereur, II, 637.
Frédéric I, comte palatin, I, 315.
Frédéric II, comte palatin, I, 513; II, 389,
470, 471, 621.
Frédéric I, duc d'Autriche, II, 76.
Frédéric de Lotharingie, I, 19.
Frédéric, archidiacre, I, 585.
Frédéric, archevêque d'Utrecht, II, 489.
Frédéric (Don), fils du duc d'Albe, II, 562.
Freeren, commune du canton de Tongres,
Liège, I, 389; II, 440.
Freisset (Jean), I, 365.
Freloux (Le seigneur de), I, 365.
Frennes (Pirlot de), II, 197.
Fresne (Binet de), II, 363.
Frérart (Henri), I, 85, 86; II, 205, 206, 207,
212, 216, 217.
Frères (Jean de), I, 89, 90.
Fribourg (La ville de), I, 317.
Frise (La), I, 148; II, 545, 557.
Frison (Conrard, dit le), II, 51.
Frixet (Jean), I, 536.
Fumai (Arnold de), II, 274.
Fulcharius, évêque de Liège, I, in.
Furne (Le châtelain de), I, 198.
G
Gadesier (Jean Steelant, dit), I, 419.
Gaesbeeck (Le seigneur de), I, tableau IV,
334.
Gaillard (Messire), II, 266.
Gaillard de la Rocca, II, 127.
Gai (André), II, 582.
Galoppe (La ville de), I, 481, 500, 565.
Gand (La ville de), I, 84, 231, 293, 323, 333,
371, 373, 375, 513, 533; II, 215, 403, 405, 144,
194, 552, 583, 654,. — (Le château de), II,
526. (L'hérésie à), II, 516, 518. —
Révolte de), II. 133, 135, 130. — (La paix
de), II, 584. — (Un chanoine de), I, W,\.
(L'église Saint-Bavon à), I, 211; II, 202,
211.
Gand (Etienne de), prieur des Chartreux, I,
577. — (Jean de), I, 405.
Garnier (Nicolas), alias Colin, II, 304, 449.
Garre (Gratien de), capitaine de Mouzon,
I, 374, 375, 384.
Gascon (Pierre le), I, 549.
Gastorp (Le seigneur de), I, 176.
Gau (Jean de Fenal, alias de), I, 502.
Gavre (Le seigneur de), I, 582; II, 321. —
(Jean de), II, 568. — (Jeanne de), I,
tableaux I et III.
DES NOMS DE PERSONNES ET DE LIEUX.
687
Gaza (La ville de), II, 29.
Gazette (Guillaume), II, 395.
Geer (La rivière de), I, 117, lis.
Geertruidenberg (La ville de), I, 137; II,
563, 564.
Geeve (Léonard de), II, 391.
Geldermalsen, commune de Gueldre, I, 137.
Gembloux (La ville de), I, 388, 390; II, 549.
— (La bataille de), II, 296, 585, 588, 589. —
(L'abbaye de), I, 14, 159; II, 27, 408, 537,
653.
Gênes (La ville de), I, 175; II, 132, 476, 477.
Genève (La ville de), I, 319; II, 218, 509. —
(Le comte de), I, 78.
Genimont (Robert, de), abbé de Saint-Lau-
rent, II, 211.
Genneat (La veuve), I, 379.
Gennep, commune de l'arrondissement de
Ruremonde, I, 525. — (Marguerite de), I,
tableau I.
Gentilis de Sangro, cardinal, II, 218.
Georgio (Jean), I, 598.
Geradon (Le forestier), I, 555, 556.
Gérard, abbé du Val-Saint-Lambert, II, 28.
Gérard, cardinal de Sancta-Maria, I. ?.">
Gérard (Jules), II, 618.
Gerardi (Le manuscrit), II, 286.
Gerbaldus, I, 10.
Gerbert, doyen de Tirlemont, II, 35.
Gerland, abbé de Floreffe, II, 21.
Germonont (Gilles de), II, 170.
Gestel, commune du canton de Lierre,
Anvers, I, 92.
Geylenkirchen, commune de la Prusse rhé-
nane, I, 181.
Ghempe (Guillaume de), II, 94.
Gherin (Maître), II, 255.
Ghiot (Jean), I, 149.
Ghiselin (Jean), I, 249.
Ghistelle (Jacques de), II, 67.
Ghore (Renier de), II, 149.
Gilkineal (Le nommé), I, 427, 554, 563, 564.
Gilkinet, maïeur d'Ans, I, 362, 368, 376, 377,
391, 408, 415, 442, 454, 555.
Gilles (Jean), I, 153, 159.
Gilot (Jean), II, 333.
Gilson (Le messager), I, 562.
Gimborn (Aleide de Crauwels, dite), I, 243.
Gio (Henri), II, 216.
Gisbert (Le conseiller), II, 644.
Gistel (Le seigneur de), I, 198.
Givet (La ville de), I, 61; II, 439, 443, 486.
Givet (Gratien de), I, 359.
Glain, dépendance d'Ans, I, 448. — (Mathieu
de), I, 156.
Glajon (Le château de), II, 428.
Glève (Bernard de), II, 191.
Glimes (Guillaume de), de Grimberghe, II,
587. — (Jacques de), seigneur de Grim-
berghe, I, 334. — (Jean de), seigneur de
Berghes, I, 289, 333; II, 129, 421, 504.
Glisoir (Gilles de), I, 140, 213.
Glogau (Béatrice de), I, 95.
Goddyns (Gilles), II, 103, 104.
Godefroid, prévôt de Saint-Pierre, I, 19.
Godeschal (Catherine), I, 441.
Godet (Jean), II, 579.
Godsehalcus (Le prévôt), II, 14.
Goer (Gérard de), II, 134, 403.
Goes (Jean), I, 218, 589; II, 97, 243.
Goesuin (Georges), I, 598; II, 529.
Goffin (Jean), II, 309.
Gonnes (Le château de), I, 35; II, 55. —
(Jean de), I, 35; II, 53.
Gontranus (Le mime), II, 18, 19, 611.
Gonzague (Louis de), duc de Nevers, II, 570.
— (Octave de), II, 582.
Goor (Le château de), I, 532. — (Jean de),
I, 19.
Gordien (La ville de), I, 131, 209.
Gordine (La famille), II, 284.
Gorkum (Le château de), II, 136, 252, 258.
Gossoncourt (Gilbert de), II, 169.
Gossuart (Albert -Jos), II, 298, 336.
Gothelon (Le grand), duc de Basse Lotha-
ringie, II, 609.
Gouda (La ville de), I, 218, 589.
Goyer, commune du canton de Saint-Trond,
Limbourg, I, xxi, 583.
Goys (Jean de), I, 219.
Graaz (Guillaume de), I, S9, 90. — (Hen-
roteal de), I, 157.
Grace-Berleur, commune du canton de
Grace-Berleur, Liège, I, 124, 125, 203, 363,
459, 460, 461; II, 253.
Gracia de Gueldre, II, 342.
Grammont (La ville de), I, 44. — (L'abbé
de), II, 101.
688
INDEX ALPHABÉTIQUE
Grand \\in Le seigneur de), I, 365.
Grandmont, II, 185, 187.
Grand-Pré (L'abbaye de), II, 43, 654. — (Le
seigneur de), I, 198.
Grand s, ai Enguerrand de), II, 165, 176.
Grangiel (Henri de), I, 157.
h La bataille de), i, :;i? à 319; il.
123.
Granvelle (Antoine Perrenot de), II, 133,
135, 489.
Grathem, hameau du canton de Looz. Lim-
irg, II, 24.
Gratien (Le capitaine), i, 388, 390.
Grave, ville du Brabanl septentrional, I, 91,
92.
Gravelinne (La bataille de), II, 487.
ni de Tours, II, 4.
Grégoire X, pape, II, 52, 62, 609.
Grégoire XI, pape, 1, 7."., 146, 199, 202, 211.
Gréj oire XIII, pape, il, 5C/.), 5s9.
Grégoire XVII, pape, II, 46.
Grégoire (Lambert), I, 109, 115, 156, 162.
Greiffenclau (Richard de), archevêque de
Trêves, II, 359.
Grevèche (Jean Van den Bosch, dit délie),
I, 135.
Grevembrouck (Le village de), II, 635.
Greven (Gérard), II, 149.
Grimeal (Jean), II, 7, 50.
Griment (Antoine), II, 317.
Grimberghe (Le seigneur de), I, 334; II, 587.
Grisellus, chantre de Saint-Lambert, II, 55.
Grivegnée, commune près de Liège, I, 112,
474; II, 432, 542, 551.
Groeninghe (La ville de), II, 545, 552.
Groesbeeck (Gérard de), évêque de Liège,
II, 142, 302, 303, 500, 506 à 607, 663 à 667.
iboy (Jean), I, 393, 411, 440, 467, 473,
574.
Grognart (Le moulin), à Huy, I, 63.
Grongnart (H.), I, 110.
Grongnarts (Les), à Liège, I, 376; II, 642.
Gronsveld (La commune de), I, 183. —
(Catherine de), I, 364. — (N. de), I, 176.
ite (Gérard), I, 501.
Groy (Emeric), II, 99, 250.
Grummer (Jean), I, 441.
Gruuthuuse (Le seigneur de), I, 198. —
(Jeanne de), 1, tableau iv. 492, 543.
Gri . Jacques de), II, 97, 243.
Gueldre (Guerre de), I, 91, 99, 475. — (Le
comté de), II, 36, 82, 223, 346, 347, 349. —
(Le gouverneur de), H, 477. — (Les ducs
de) l. 93.
Gueldre (Adolphe d'Egmond, duc de), I,
:ilo a 313, 471; II, 252, 258. — (Charles
d'Egmond, duc de), I, 314, 473, 474, 486 à
Iss, 498, 525, 541 4 543, 551, 565; II, 133, 243,
343, 403. — (Edouard, duc de), II, 194. —
(Gérard IV, comte de), II, 31, 32. — (Guil-
laume I de Juliers, duc de), I, 92, 99, 147,
148, 176, 201, 587; II, 195, 209, 221, 229, 232.
— (Guillaume de Clèves, duc de) et de
Juliers, II, 133, 137, 410, 453, 485, 575, 583.
— (Lutgarde de), II, 46. — (Marguerite
de), II, 51, 79. — (Mathilde de), I,
tableau I. — (Philippine de), I, 313. —
(Otton de), I, 522; II, 49. — (Renaud I,
comte de), I, 39; II, 76. — (Renaud II, duc
de), I, 92, 587; II, 76, 79, 80, 91, 168. —
(Renaud III, duc de), I, 92, 587; II, 179,
lsî, 186. — (Renaud IV, duc de), I, 214.
Gueldre (Le capitaine Gracia de), II, 342.
Gueldre (Henri de), évêque de Liège, I, 30,
51, 52, 55, 522, 613, 614.
Guessei (Thierri), suffragant de Liège, I,
134, 588.
Gueux (Origine du nom des), II, 307, 518,
521.
Guibert (Martin), abbé de Gembloux, II, 27.
Guidegoven (Mahaut de), II, 169.
Guido, abbé du Val-Dieu, II, 33.
Gulenne (Le comté de), II, 188.
Guignes VIII, dauphin du Viennois, I, 48.
Guillaume, comte de Hollande, roi des
Romains, I, 31.
Guillaume, châtelain de Saint-Omer, II, 24.
Guise (Le duc de), II, 459, 481, 487, 50o.
Guise (Le chroniqueur Jacques de), II, 2,
295, 296, 313, 317.
Gulpen (Maison de), I, 172.
Gumprecht de Neuenahr, I, 176.
Gunick (Warnier, seigneur de), II, 582.
Guy de Hainaut, élu de Liège, I, 41, 58.
Guygoven (Henri de), II, 172, 173.
Gymel (Antoine de), I, 375, 377, 525.
Gymnich (Marguerite de), I, 185.
Gyon (Henri), I, 86.
DES NOMS DE PERSONNES ET DE LIEUX.
689
Haccourt, commune du canton de Fexhe-
Slins, Liège, I, 364, 410, 452, 475; II, 172,
209. — (Les picots de), II, 595.
Haccourt (Henri de), abbé de Saint-Laurent,
II, 47. — (Jacques de), abbé du Val-Saint-
Lambert, II, 212. — (Jean de), I, 154. —
(Marie de), I, 141.
Haeckenbroich (Le sire de), I, 90, 587.
Haelen, commune du canton de Herck-la-
Ville, Limbourg, I, 253, 254.
Hagenbach (Pierre de), I, 316.
Hainaut (Le), I, 359. — (Les villes du), I,
166, 174. — (La peste en), II, 406. —
(L'archidiaconé de), II, 609. — (La chro-
nique du), II, 303, 313, 317.
Hainaut (Baudouin IV, comte de), II, 26.
— (Baudouin V, comte de), II, 26, 42. —
(Burchard de), évèque de Metz, I, 42, 585.
— (Guillaume I, comte de) et de Hollande,
I, CU, 62, 95, 117, 118; II, 41, 80. — (Guil-
laume II, comte de), I, 117, 118, 196; II, 79,
80, 82, 85, 153 à 158, 162, 183, 186.
Hainaut (Marguerite de), II, 47, 48, 187." —
(Yolande de), II, 34.
Hal (La ville de), I, 109, ICI, 383. — (Notre-
Dame de), I, 113.
Halewin (François de), seigneur de Zweve-
ghem, II, 584.
Halin (Gérard de), abbé de Saint-Jacques,
I, 404, 527, 534.
Haliwin (Le seigneur de), I, 198.
Hallembaye, dépendance de Haccourt, II,
209.
Halley (Le seigneur de), I, 198.
Hallois (Agnès de), I, tableau II. — (Jean
de), II, 53.
Halmael, commune du canton de Saint-
Trond, I, 348.
Halpont (Francon), II, 244.
Halsteren (Jean de), I, 82.
Ham, ville de France, II, 486.
Ham-sur-Heure (Le seigneur de), I, 468.
Hamaide (Gérard délie), I, 89.
Tome II.
Hamal, dépendance de Busson, II, 172, 175.
— (Le seigneur de), I, 70, 549.
Hamal (Anne de), II, 378. — (Arnold de),
I, 290; II, 244. — (Catherine de), I, 523. —
(Elisabeth de), I, 345. — (Eustache de), II,
195. — (Guillaume de), I, tableau II, 290;
II, 195, 263. — (Jean de), I, 233, 250, 523,
543, 548, 574; II, 89, 90, 100, 101, 103, 167, 168,
172, 180, 181, 437, 440, 441, 442. — (Jeanne
de), I, 334. — (Marie-Madeleine de), I, 386.
Hameyde (Le seigneur de), I, 198.
Han-sur-Lesse, commune du canton de
Boehefort, Namur, I, 79, 586.
Haneffe, commune du canton de Jehay-
Bodegnée, Liège, II, 54, 171. — (Eustache
Persant de), I, tableau II, 58, 74, 586; II,
171, 191, 212, 213, 214, 216. — (Thierry de),
I, tableaux I et III, 58; II, 86, 152, 217. —
(Wauthier de), I, xxiv, 73, 74, 586; II,
191, 193, 199, 201 à 217, 616.
Haneton (Antoine), prévôt de Saint-Denis à
Bruges, II, 636.
Hannut, commune du canton d'Avennes,
Liège, II, 51, 179, 213.
Hanreche (Le seigneur de), I, 198.
Hansinelle (La paix de), I, xxiv.
Happart (Adolphe), I, 216, 247.
Haraucourt (Gérard de), I, 81; II, 215.
Harchies (Jean de), II, 195 à 197.
Harcourt (Le comte de), I, 207.
Harcourt (Jeanne de), dame de Béthune, II,
238.
Hardentin (Gui de), I, 582.
Haidewich, ville de Hollande, II, 552.
Hardi (Benier le), I, 157.
Haidueinont (Arnould de), I, 41, 58. —
(Catherine de), I, 291. — (Godeîroid de),
II, 149, 168, 178. — (Jean de), I, 58; II, 71,
72. — (Lambert de), II, 169.
Harduin (Hubin), II, 173.
Haren (La tour de), II, 76.
Harengier (Jean le), II, 618.
Harfleur (La ville de), I, 206, 207.
Harlem (La ville de), II, 133, 552, 563, 564.
87
690
1NDKX ALPHABÉTIQUE
Harzé, commune du canton de Ferrières,
i iè e, i. r.5C. — (Le seigneur de), II, 176.
. Jean de . tl, !41, 296.
Hassell i a ville de , l, 101, 108, 113, 127,
191, 202, 250, SI, 331, 334, 338, 352, 385,
386, 01, 414, «7, 495, 518; II, 87, 98, 105,
, m, 185, 188, 191, 232, 252, 262, 345, 347,
387, 51S, 525 à 530, 534, 564, 626, 665. — (La
peste à), II, 595. — (L'hérésie à), II, 601.
Hastière, commune du canton de Dînant,
II, 547. — (L'abbaye de), II, 654.
Hautbourdin (Le seigneur de), I, 217.
Hautecombe (L'abbaye de), II, 46.
Hautengny (Watier de), II, 180, 181.
Hautepenne (Le château de), I, 378, 453, 470,
537, _ (Le seigneur de), II, 521. —
(Arnould de), II, 169, 179. — (Walter de),
II, 169, 180.
Hauterive (Le capitaine de), l, 454.
Hautzbourg (Le château de), II, 43.
Hauwaert, commune du canton d'Aerschot,
Brabant, I, 584. — (Catherine), II, 412.
Havelange, commune du canton de Ciney,
Namur, I, 44, 466; II, 204.
Haversin (Le seigneur de), I, 270.
Havre (La ville du), I. 206.
Haweal (Mathieu), II, 257, 639.
Haweau (Marie), II, 378.
Haybes-sur-Meuse, commune du départe-
ment des Ardennes, I, 61.
Haydroits (Les), I, 103, 104, 116, 122, 150 à
153, 159, 163 à 169, 175, 177, 185, 187, 190,
199, 203.
Haynin (Jean de), chroniqueur, I, 178.
Heer (Le château de), II, 87, 108, 109, 213.
Heer (Aleyde de), I, 209. — (Arnould de),
I, 172.
Heers, commune du canton de Looz, Lim-
bourg, I, 217. — (Raes de la Rivière, sei-
gneur de), I, 217, 223, 233, 237 à 240, 253,
257, 260, 268, 280, 285; II, 99 à 114, 261, 626,
628!
Heeswyck (Corneille, seigneur de), 11, 129.
Heide (Godefroid délie). II, 175.
Heidelberg (La ville de), I, 131.
Heinsbach (Le drossard de), I, 243.
Hein; berg La ville de), 1, 175, 181; II, 190,
410, 453. — (La seigneurie de), I. 116; 11.
226. — (Le règlement de), II, 300. — (La
maison de), I, tableau I.
Heinsberg (Le seigneur de), I, 185, 210, 222.
— (Catherine de), I, 137. — (Elisabeth de),
I, 296. — (Godefroid de), I, tableau I; II,
147. — (Guillaume de), II, 148. — (Marie
de), I, 250.
Heinsberg (Jean de), évêque de Liège, I, 20,
135 a 143, 212 à 226, 264, 269, 460; II, 94
à 99, 141, 226, 237 à 249, 330, 621.
Heinsberg (Thierri de Looz, seigneur de),
I. rv, 79, 82, 94, 148, 150, 155 à 158, 164, 16*,
185 à 189.
Heithuyzen commune du Limbourg hollan-
dais, I, 18.
Heleker (Le lieu-dit), II, 222.
Helkin (Un nommé), II, 649.
Hellen, abbé de Notre-Dame-aux-Fonts, II,
29.
Helman (Jean), II, 257. — (Jean de Sart,
dit), I, 556.
Helmont (La seigneurie de), II, 37.
Hely (Le seigneur de), I, 198.
Hembiez (Melchior), I, 467.
Hemone (Gossuin de), I, 464, 524.
Hemptinne (Jacques de), II, 504.
Hemricourt (Le village de), I, 340. — (La
chronique de Jacques de), II, 296.
Hemricourt (Arnold de), I, 155. — (Gode-
froid de), I, tableau II. — (Isabelle de),
I, tableau I, 58. — (Jacques de), II, 224,
226. — (Thomas de), II, 177, 201.
Henaux (Le manuscrit), II, 282, 320.
Henin-Liétard (Jean de), comte de Boussu,
II, 421, 564.
Hennar (Henri), I, 471.
Henneberg (Berthold de), archevêque de
Mayence, I, 462, 488, 489.
Henneburch (Otton, comte de), II, 122.
Hennin (Jean de), I, tableau II; H, 564.
Henri III, empereur, II, 12, 14.
Henri IV, empereur, II, 14, 16, 17, 70, 610.
Henri V, empereur, I, 212; II, 16, 17, 18.
Henri VI, empereur, H, 25, 34.
Henri VII, empereur, I, 84, 488, 585.
Henri II, roi de France, II, 134, 420 à 428,
434 à 439, 443, 446, 449, 478 à 487, 494, 195,
CCI) ;i 662.
Henri III, roi de France, II, 564, 590.
DES NOMS DE PERSONNES ET DE LIEUX.
691
Henri IV, roi de France, II, 496, 522
Henri III, roi d'Angleterre, II, 46.
Henri V, roi d'Angleterre, I, 206, 211.
Henri VI, roi d'Angleterre, I, 589; II, 94.
Henri VIII, roi d'Angleterre, II, 133, 135,
358, 388, 412, 420, 421, 458, 461, 463, 473, 477.
Henri l'Aveugle, comte de Namur, II, 26,
41, 42.
Henri l'Enfant, fils de Henri H, duc de
Brabant, I, 42.
Henri de Constantinople, empereur, II, 40.
Henri le Lion, duc de Saxe, II, 10, 25.
Henri-Chapelle, commune du canton de
Limbourg, Liège, II, 533.
Henrici (Jean), II, 364, 392. — (Salomon),
II, 329, 330.
Heppendorff (Gumprecht de), I, 176.
Heppigrries (Le seigneur de), I, 233.
Herbatte, dépendance de Namur, I, 549.
Herbays (Le procureur), I, 419. — (Simon
de), I, 574; II, 74.
Herck (La ville de), I, 127, 202, 205, 253, 331,
332, 350, 395; II, 128, 262, 267.
Herck (Paul de), II, 326.
Herckenrode, dépendance de Curange, I,
428; II, 24, 271. — (L'abbaye de), II, 188,
347, 489, 503, 509, 510.
Herderen, commune du canton de Tongres,
Limbourg, I, 180.
Herenthals, commune de la province d'An-
vers, I, 100.
Heriger (Le chroniqueur), II, 2, 3, 4.
Heilaer (Jean, seigneur de), I, 333.
Herlebeke (Le lieu-dit), II, 222.
Herlin (Michel), II, 525.
Hermalle, commune du canton de Nandrin,
Liège, I, 171, 177; II, 172, 175, 209. — (Le
seigneur de), I, 472; II, 74, 75.
Hermalle (Henri de), I, tableau II; II, 67,
72, 74.
Herman (Le chroniqueur), II, 4.
Herman III, archevêque de Cologne, II, 16,
389.
Herman (L'archidiacre), II, 14.
Hermée, commune du canton de Fexhe-
Slins, Liège, II, 177.
Herpel (Jean), II, 102.
Herpen (Le seigneur de), I, 27s.
Hersin (Jean), II, 299, 314, 323.
Herstal (La ville de), I, 10, 288, 390, 391, 454,
470, 474, 549, 571; II, 172, 177, 201, 208, 385,
432, 434, 440, 642.
Herstappe, commune du canton de Tongres,
Limbourg, I, 196.
Hervé (La ville de), I, 223, 244, 456, 520, 521,
547; II, 259, 411, 418, 565, 605.
Hervé (Jeanne de), II, 223.
Hesliaye (L'archidiaconé de), II, 009. —
(Pluie de sang en), I, 96. — (Invasion de
sauterelles en), II, 425.
Hesdin (La ville de), I, 167, 311; II, 429, 459,
463, 478, 479, 481, 482, 485. — (Le seigneur
de), II, 660.
Hesdignoul (La chronique de), II, 275, 287
à 292, 300, 306, 450 à 488.
Hesse (Henri de), archevêque de Cologne,
I, 410, 462. — (Herman de), archevêque de
Cologne, I, 322, 371.
Hesse (La princesse de), II, 299. — (Phi-
lippe, landgrave de), II, 469 à 479.
Heugem, hameau de Gronsveld, I, 183.
Heure-le-Romain, commune du canton de
Fexhe-Slins, Liège, I, 115, 180, 181, 467; II,
171, 177.
Heure (Guillaume d'), chanoine de Saint-
Jean, II, 151. — (Lambert d'), I, 454. —
(Marguerite d'), I, 479. — (Pierre d'), I,
352; II, 410. — (Tilman d'), I, 387, 388, 408,
411, 431.
Heusden, commune du canton de Beerin-
gen, Limbourg, II, 223.
Héverlé (La baronne de), I, 386.
Hexterman (Jean), II, 567.
Heyligerlee (La bataille de), II, 533.
Heylissem (L'abbaye de), I, 159; II, 56, 79,
653.
Heylman (Jean), II, 107.
Hèze (Le baron de), II, 589.
Hierges (La ville de), I, 34. — (Le château
de), II, 348. — (Le seigneur de), II, 605.
Hocht (L'abbaye de), I, 181, 428; II, 33.
Hocsem (Le chroniqueur Jean de), I, 28 à
30, 147, 153; II, 2, 3, 6, 49 à 84, 146, 147, 150,
161, 164, 175.
Hodeige (Jacques de), H, 529, 565. — (Jean
de), I, 156. — (Nicolas de), I, 580.
Hodescoet (Le seigneur de), I, 198.
Hoemen (N. de), I, 176.
Gi)2
INDEX ALPHAHETKU1K
Hoesman (Richald), II, 386.
Hoesselt, commune du canton rie Bilsen,
Llmbourg, I. 400; II, 179.
Hogne (Jean de), I, 581, 582.
Hognoul, commune du canton de Hollogne
aux-Pierres, Liège, II, 166.
Hohenzotten (Judon de), II, 122.
Hollande (La), II, 186. — (Les villes de), 1,
166, 174. — (Inondation en), II, 212, 557. —
n en), II, 559. — (Voyage en), IL
292.
Hollande (Albert, comte de), I, 587; II, 196.
— (Eirt de), II, 180. -- (Guillaume III,
comte de), I, 95, 117, 118; II, 41, 80. —
(Guillaume V, de), II, 196. — (Thierry VII,
de), II, 31.
Hollegnoul (Pierre de), I, 393.
Hollenloscht (Le comte de), II, 122.
Hollogne (Le chût. 'au de), I, 477. — (Le sei-
gneur de), H, 71, 149, 263. — (Jean de), II,
344. — (Jean le Pollain de), I, 467. —
(Pierre de), I, 411, 467.
Hollogne-aux-Pierres, commune du même
canton, Liège, II, 266.
Hollogne-sur-Geer, commune du canton de
Waremme, Liège, I, 58, 291, 333, 334; II,
73. — (La bataille de), II, 125, 126.
Unis (Le duc de), II, 470, 471.
Hongrie (La), II, 403. — (Émigration en),
I, 486. — (Le roi de), I, 514; II, 30, 76.
Hongrie (Marie de), I, 514; II, 133, 136, 344,
377, 391, 392, 401, 439, 468, 469, 483, 493, 655.
— (Isabeau de), II, 412.
llonorius III (Le pape), II, 40.
Hoogstade (Lothaire de), II, 41.
Hoogstraeten (Le comte de), H, 137, 392, 421,
477, 498, 549.
Horion-Hozémont, commune du canton de
Hollogne-aux-Pierres, Liège, I, 340, 510.
Horion (Arnould de), I, 556. — (Conrard de .
II, 100. — (Guillaume de), I, 89, 112, 155,
169, 182, 556; II, 660. — (Guillaume, bâtard
de), II, 426 à 431, 480. — (Guillaume de),
seigneur d'Ordenge, I, 556. — (Guillaume
de . seigneur d'Oleye, I, 365, 556. — (Guil-
laume de), seigneur de Colonster, II, 597,
[Herman de . I, 182. — (Ode de .
1, 365. — (Le voué de), II, 180.
Hornes (Le comté de), I, 94, 482, 532; II,
106, 459, 516, 552.
Hornes (Les comtes de), I, tableau IV.
Hornes (Arnould de), évêque de Liège, I,
68, 77 à 81, 86, 88, 94, 145; II, 145, 169, 192,
196, 214 à 224, 617.
Hornes (Frédéric de), seigneur de Monti-
gny, I, 347, 348, 358, 366, 390; II, 269, 644,
647. — (Guillaume de), I, tableau I, 80. —
(Guillaume de), baron de Hèze, II, 589.
— (Henri de), seigneur de Perwez. Voir
Perwez, I, 123, 205, 233. — (Jacques de),
I, 220, 333, 347, 357, 361, 363, 364, 365, 414,
421, 487, 492, 501, 543, 568; II, 107. — (Jean
de), dit de Wilde, I, 296, 299, 301; II, 261,
629. — (Jean de), seigneur de Perwez, I,
161. — (Jean de), I, 543; II, 130. — (Jean
de), seigneur de Weert et Altona, II, 402.
Hornes (Jean de), évêque de Liège, I, 18,
200, 326 à 584; II, 124, 126, 129, 141, 237,
266 à 272, 300, 318, 377, 641 à 649, 655.
Hornes (Marguerite de), I, 481. — (Marie
de), I, 197. — (Philippe de), seigneur de
Gaesbeek, I, 334. — (Philippe de Mont-
morency, comte de), II, 421, 504, 513, 521
à 526, 530 à 539, 545, 602, 603, 654. —
(Thierri de), I, 18.
Horpmael, commune du canton de Looz,
Limbourg, I, 233; II, 100.
Horson (Jean), II, 311.
Hosden (La seigneurie de), II, 187.
Hothar (Jean Doneal), I, 408.
Hotteau (Un nommé), H, 466.
Houdert, alias Hauwaert, I, 584.
Houffalize (Le seigneur de), I, 185, 468, 55S;
II, 45. — (Marie de), I, tableau II.
Hougaerde, commune du canton de Tirle-
mont, Brabant, I, 432, 435; II, 35, 534, 592.
Houge (Simon), I, 464.
Houppertingen, commune du canton de
Looz, Limbourg, II, 109, 110.
Hourdeboulle (Lambinon), seigneur de Dro-
lenval, I, 368.
Houtain-l'Évêque, commune du canton de
Waremme, Liège, I, 530.
Houtain-Saint-Siméon, commune du canton
de Fexhe-Slins, Liège, I, 115, 122, 180, 567.
Houtain (Le seigneur de), I, 384. — (Jean
de), I, 111.
DES NOMS DE PERSONNES ET DE LIEUX.
695
Houyet (Le curé de), I, 562.
Howet (Grégoire), II, 295.
Hoye (Jean de), II, 196.
Hoyoux (G.), II, 336.
Hoys (Otton de), I, 99.
Hubert (Saint), cvèque de Liège, II, 298,
301, 302, 610.
Hugonet (Guillaume), I, 323.
Hulsberg (Marie de), I, 325.
Hulste, commune du canton de Courtrai,
Flandre occidentale, I, 371.
Humbercourt (Guy de Brimeu, sire de), I,
243, 263, 284, 288, 293, 294, 307, 309, 310, 322,
333; II, 115, 263, 265, 626, 629, 632, 636.
Humbert de Pas (Le chroniqueur), II, 236.
Humbert II, dauphin de Vienne, II, 88.
Humières (Jean de), I, 337.
Humin (Guillaume), abbé de Neufmoustier,
I, 586.
Humpesch (Werner de), I, 575.
Hun (Libert de), I, tableau II.
Hurbize (La fosse de), II, 353.
Hurbize (Henri de), I, 563, 564. — (Nicolas
de), I, 547.
Hurtin (Laurent), I, 155, 156.
Hussites (La croisade contre les), I, 138.
Husta (Jean), II, 274.
Hustin (Pierre), I, tableau IL
Huwart (Walter), dit Huwenial, I, 479, 564;
II, 199, 205.
Huy (La ville de), I, xxiv, 41, 59, 60, 103,
104, 10S, 113, 116, 119, 125, 127, 202, 213,
22m, 232, 247, 282, 283, 329, 330, 334, 340,
347, 361, 377, 385, 386, 392, 399, 400, 413,
417, 430, 437, 466, 468 à 471, 477, 478, 486,
491, 510, 529, 530, 534, 537, 538, 550, 551,
554, 585, 586; II, 16, 18, 42, 44, 45, 74, 75,
84, 85, 87, '."I, 98, 110, 113, 115, 12s, 117 à
181, 189, 193, 205 à 207, 210, 213 à 216, 222,
241, 256, 259, 201, 262, 207, 270, 292, 401,
142, 484, 498, 535, 574 à 585, 593, 599, 600,
619, 628, 642. — (Le château de), II, 40,
3S6, 393, II, 292, 335, 3 12, 348, 395, 396.
602, 643, 648 à 651, 656. — (La collégiale
Notre-Dame à), I, 139, 140, 151, 523; II, 13,
14, 15, 597, 609. — (Consécrations d'églises
à), I, 24, 27, 28, 39. — (Église Sainte-Alde-
gonde à), II, 249. — (Église Saint-Étienm'
à), I, 11. — (Église Saint-Quirin à), I,
38; II, 56. — (Les Croisiers de), II, 45, 393.
— (Confrérie des apôtres à), I, 34. — (Les
hospices de), I, 46. — La charte de Théo-
durin, I, 54; II, 13 à 15. — (Les comtes
de), II, 296. — (L'échevinage de), I, 52.
— Les Dix Hommes, II, 292. — Les
Onze Hommes, II, 375. — Guerre contre
l'évêque, I, 46 à 50. — Guerre contre
Henri de Gueldre, I, 32. — Guerre contre
Namur, I, 35. — Guerre contre Jean
d'Arckel, I, 73, 74. — (La barque mar-
chande de), II, 640. — (L'hérésie à), II,
CiH. — (Inondations à), I, 63, 376: II, 45.
— (La peste à), I, 37; II, 381, 595. — (Le
moulin Grognart à), I, 63. — (Le pont
de), I, 44; II, 335, 615. — (La prise de),
I, 271, 273. — (Mutineries à), I, 51 à 53;
II, 379. — (Le siège de), II, 317. — (La
monnaie à), I, 63, 64. — (Les reliques de ,
II, 31. — (Le quartier de l'Aplée à), I, 26.
Huy (Gilles de), I, 405, 434, 494, 526, 564;
II, 100, 254, 270. — (Jean de), I, 526, 556.
— (Urbain de), I, 420.
Iges (La commune d'), I, 590.
Innocent III, pape, II, 27, 38 à 40.
Innocent IV, pape, II, 49.
Innocent VI, pape, II, 93.
Innocent VII, pape, I, 158, 164.
Innocent VIII, pape, I, 371.
Isaac (Le juif), II, 233.
Iselstain (Le seigneur d'), II, 130, 393, 401,
402.
Isenach (Le couvent de Sainte-Catherine à),
II, 24.
Isembourg (Thierri d'), I, 529.
Ismaël, roi de Perse, II, 354.
Isle (La famille d'), II, 180. — (Robert d'),
II, 166.
Isles (L'abbé des), II, 654.
Italie (La guerre d'), II, 68, 481.
Ivoy (Le château d'), I, 175. — (La bataille
d'), I, 336, 440; II, 409, 428, 451, 458, 480.
Ivoz (Jean d'), abbé du Val-Saint-Lambert,
II, 504.
Izewert (Guillaume), I, 288.
691
INDEX ALPHABÉTIQUE
Jacob (Barbe), I, xx. — (Gabriel), I, v. —
(Jean), dit Le Clercq, I, 377, 441.
Jacquemot (Jean), II, 156, 157.
Jacques, roi d'Angleterre, II, 522.
Jacques IV, roi d'Ecosse, II, 352.
i "i Thomas), abbé de Saint-Laurent,
II, 586.
Jallet, commune du canton d'Andenne,
Namur, I, 35.
Jamer (Antoine), I, 573.
Jametz (Le seigneur de), II, 355, 364, 441.
olel Le carme), II, 384.
Jamine, comminw du canton de Saint-
Trond, Limbourg, II, 172.
Janua (L'évêqur de), 11, 68, 218.
Jardinet (L'abbé de), II, 653.
Jarnac (La bataille do), II, 544.
lie (Jacques de), I, 333.
Jaupen (Thomas), II, 376.
lu Mie (Don), roi de Majorque, I, 60.
Jean XXI, pape, I, 36.
Jean XXII, pape, I, 12!) a 131; II. 76.
Jean XXIII, pape, I, 206.
Jean II, roi de France, I, 85; II, 183, 186, 188.
Jean sans Peur, duc de Bourgogne, I, 95,
106, 118, 131, 136, 158, 167, 171, 170, 195,
198, 210, 211.
Jean l'Aveugle, roi de Bohème et comte de
Luxemourg, I, 217; II, 75 à 89, 109, 152,
167, 168, 183,
Jean sans Terre, roi d'Angleterre, II, 25.
fean-Casimir, comte palatin, II, 527.
Jean III, roi de Portugal, I, 514.
Jean le Bel (Le chroniqueur), II, 164.
Jean, bailli de Hesbaye, II, 378.
Jeanne, comtesse de Flandre, II, 34, 47.
Jeanne la Folle, reine d'Espagne, I, 506.
Jeannot le bâtard, I, 365, 367, 388, 393, 408,
M, 413, 414, 420, 426, 437, 441 à 443, 451,
452, ICI, 469, 471, 495, 496, 503, 521, 574.
ïemeppe, commune du canton de Hollogne-
aux-Pierres, Liège, I, 114, 124, 125, 183,
363, 364, 402, 453, 459, 525, 579; II, 215, 348.
— (Une fosse à), II, 353.
Jemeppe-sur-Sambre, commune du canton
de Gombloux, Namur, I, 194.
■h ni'-ppe (Le seigneur de), I, 291. — (Raes
de), II, 171. 390.
Jenelfe-en-Hesbaye, commune du canton de
Waremme, Liège, I, 340, 342, 510.
Jeneffe (Baudouin de), I, tableau II. —
(Guillaume de), II, 67, 72.
Jengum (La bataille de), II, 604.
Jérusalem (La ville de), II, 42, 408, 631.
Jérusalem (Hélène de), II, 30.
Jessé (Le Juif), II, 558.
Jesseren (Le seigneur de), I, 233.
Jeumont (Jean de), I, 124, 125, 199.
Jodoigne (La ville de), II, 534, 537, 547.
Joncout (Jean de), II, 202.
Joncs (L'église des), II, 38.
Jonghe (La bibliothèque de Th. de), II, 299,
309, 312, 317, 332.
Josses (Thomas), II, 306.
Joueur (Ernul le), I, 155.
Jozé (Jean-Pierre de), II, 305.
Judice (Marinus de), évêque de Tarente, II,
218.
Julémont (Le seigneur de), I, 198. — (Simon
de), I, 40.
Jules II, pape, II, 343, 353.
Jules III, pape, II, 422, 481, 485.
Julienne (Sainte), II, 612, 614.
Juliers (Le duché de), I, 90, 148, 521; II,
222, 223, 232, 409, 410, 412, 532, 545, 546. —
(Les ducs de), I, 93. — (Adolphe de Heins-
berg, duc de), I, 269. — (Gérard VI, comte
de), II, 76. — (Guillaume III, comte de),
II, 37, 38, 41. — (Guillaume IV, comte de),
I, 32; II, 51. — (Guillaume V, duc de), H,
79, 82, 168. — (Guillaume VI, duc de), I,
71, 92; II, 179, 194 à 196. — (Guillaume VII,
duc de). Voir Guillaume I de Gueldre,
(Guillaume VIII, de Berg, duc de), I,
333, 420, 444, 473, 489, 503, 506, 520, 534,
•"'71. — (Jean III, duc de Clèves, de Berg
el de), II, 359. — (Marguerite de), I, 205.
— (Marie de), I, tableau I, 575. — (Phi-
lippine de), I, tableau I. — (Renaud IV,
DES NOMS DE PERSONNES ET DE LIEUX.
G95
duc de), I, 77, 201, 214. — (Waleran, comte 10, 155, 449, 474; II, 51, 426, 432, 576, 581,
de), I, 39, 43; II, 79.
Juliers (Simon de), chanoine de Saint-Lam-
bert, I, 47.
.lunccis (Le seigneur de), I, 578. — (Jean
de), II, 383.
582.
Jupille (Jean de) II, 187.
Juppleu (Cunégonde de), I, 112.
.luprelle (Renier de), H, 231.
Justin, II, 4.
Jupille, commune du canton de Liège, I,
K
Katelen (Le lieu-dit), I, 448.
Keelheim (Pierre de), II, 170.
Keermans (Marie), I, 250.
Kemexhe (Allard de), dit le Mangon, II,
224, 226.
Kerckem (Martin de), I, 558, 559.
Kerpen (Le château de), II, 590. — (Le sei-
gneur de), I, 536. — (Elisabeth de), I,
tableau III.
Kesselt (Siger de), I, 186.
Kettenis (La ville de), I, 223, 244.
Kethule (Jean de), I, 168.
Keyser (Jean de), I, 82.
Kinkempois, dépendance d'Angleur, I, 424,
473.
Kisto (Renold de), abbé du Val-Dieu, I, 544.
Kriekelerebosch, lieu dit de Houppertingen,
II, 110.
Kuntgens (Vincent), I, 339.
Kuypers (Jean), I, 339.
La Brouck, dépendance de Glain, II, 245.
La Cambre (Abbaye de), II, 130.
La Chaussée, village du département de la
Meuse, I, 38.
La Coque (Philippe), abbé de Saint-Nicaise
de Reims, II, 88, 89, 163, 164.
Lactance, II, 4.
Ladislas VII, roi de Hongrie, I, 514.
Laet (Jean), de Looz, II, 125.
La Haye (Ville de), I, 209, 218; II, 95, 132,
134, 248, 352, 563.
Lainons (Le seigneur de), I, 198.
Laixhaut, lieu-dit à Herstal, I, 571, 572.
Lalaing (Antoine de), seigneur de Hoog-
straeten, II, 421, 477, 538, 549. — (Charles
de), II, 415. — (Marie de), I, 345, 430; II,
341. — (Solente de), I, 311.
Lallemand (Noël), II, 319.
Lambelteuze, près de Boulogne, II, 473.
Lambert (Gilles), I, 156, 201.
Lamberti (Laurent), I, 107, 156.
Lambinon (Jean), de Theux, I, 368.
Lambrecht (Rémi), II, 311.
Laminne, commune du canton de Wa-
remme, Liège, I, 96; II, 227.
Laminne (Raes de), II, 208, 410.
Lampson (Dominique), II, 279.
Lanaeken, commune du canton de Merlu'
len, Limbourg, I, 184.
Lanaye, commune du canton de Sichem-
Sussen, Limbourg, II, 213, 394.
Lancetrove (Le seigneur de), II, 170.
Landelies, commune du canton de Fontaine-
l'Iîvêque, Hainaut, I, 291.
Landen (La ville de), I, 481; II, 35, 51, 181,
185, 186, 266.
Landrecies (La ville de), II, 454, 455, 458.
Landris (Le manuscrit de), II, 329. — (Le
chanoine de), I, 528.
Landris (Le seigneur de), I, 441. — (Jacques
de), II, 203, 206. — (Jean de), II, 149, 164,
173. — (Raes de), II, 165, 182.
Landshut (Louis de Ryke, von), II, 122.
La Neuville-sous-Huy, commune du canton
de Huy, Liège, I, 53.
696
INDEX ALPHABÉTIQUE
Langre- (Rnl.erl il' . evèque de Liège, I,
tô; II. 17.
Lannoy (Philippe de), seigneur . i. Mol.in-
baix, II, 401, 159. — (Françoise de), II,
[02
Lantremenge (Le seigneur de), I, 198.
i.iiii ïci one (Gérard «ici, II, 170.
Lantwaden (Scole de), II, 170.
i m La ville de), II, 82.
La Ramée (Abbaye de), I, 334.
Lardier (Baudouin de), I, 13. — (Fastré
Baré de), 1, 86, 87; II, 206, 219. — (Henri
de), II, 178. — (Jean de), II, 157, 173. —
(Thibaut, de), II, 192.
Laroche (La ville de), I, 479, 484.
Roche (Baudouin de), I, 107, 156, 165. —
(Jean de), I, 154, 45S, 524; II, 229, 232.
La Rochelle (La seigneurie de), I, 325, 443,
458, 483.
La Ruelle (Sébastien, la mort de), II, 290,
301, 302, 311 à 316, 333.
La Tombe (Charles de), II, 245.
Latinne, commune du canton d'Avennes,
Liège, 1. 58, 59; II, 171, 180, 181.
La Tour (Mathieu de), II, 555.
Latran (Le concile de), II, 39, 40, 353.
La Triche (Engelbert de), II, 195.
Launoy (Jean de), abbé de Saint-Berlin, I,
350. — (Le seigneur de), II, 255.
Laval (Louis de), II, 258. — (Monsr de),
II, 409.
Lavaux (Jean de), I, tableau IL
Laveux (Baret de), II, 253.
La Voie, lieu-dit à Iges, I, 590.
Lavoir (Gilles de), I, ss; II, 219 à 222.
Léau (La ville de), I, 83, 250, 251, 390; H,
35, 45, 66, 79, 535, 5s',
Le Cathelan (Le nommé), I, 496, 497.
Lech (Le seigneur de), II, 170.
Lecka (Guillaume de), II, 224.
Le Cle.rcq (Jean Jacob, dit), I, 377.
Le Comte (Pierre), graveur, II, 372 à 374.
Leeuwarden (La ville de), II, 552.
Le Fort (Jean-Gilles, manuscrit de), II, 279,
326.
Leffe (Abbaye de), II, 21. — (Le pont de),
II, 49.
Leissingen (Le comte de). II, 122.
Le Maire (Lambert), II, 241.
Le Moisne (Jean), II, 386.
Lenculen (L'échevin de), 1, 172.
Lens-Saint-Remy, commune du canton d'A-
vennes, Liège, 1, 395.
i ur-Geer, commune du canton de Wa-
remme, Liège, I, 197, 524.
Léon IX, pape, II, 12, 609.
Léonard (Le ,111 . I, 363, 556.
Leonardi (Le carme Hubert), II, 117.
Leonius, châtelain de Bruxelles, II, 36.
Léopold VI, duc d'Autriche, II, 41. —
(L'archiduc), II, 440.
Lépante (La bataille de), H, 556.
Le Sem (Colinet), II, 178.
Leuth (Le seigneur de), II, 77.
Lévrier (Jean de), I, 445; II, 251.
Lewenberg (Henri de), I, tableau I. — (Le
seigneur de), I, 116, 176.
Lewis (Jérôme de), I, 582.
Lewis (Mathias de), le chroniqueur, H, 5, 6,
192.
Lexhy (Le château de), I, 411. — (Le sei-
gneur de), I, 598.
Lexhy (Ernest de Wihogne, dit de), II, 511.
— (Gertrude de), II, 347.
Leyde (La ville de), I, 589; II, 353, 552,
Leyde (Jean de), II, 388. — (Walter de), I,
82. — (Le burgrave de), I, 198.
Leyen (Henri de), évêque de Liège, I, 22,
25; II, 610.
Lez (Henri de), le prévôt, II, 21.
Libermé (Jacques de), I, 400, 580.
Libert (Le frère), suffragant de Liège, I,
553.
Libon (Jean), I, 553, 554.
Lichtenberg, village près de Gronsfeld, I,
182, 183, 568.
Liège. — (Le pays et la ville de), passim. —
(La cathédrale Saint-Lambert à), I, 491,
526; II, 66, 194, 228, 293, 300, 310, 354, 370,
385, 386, 420, 433, 491, 520, 55S, 559, 565,
566. — (Les églises secondaires de), II,
369, 384, 392, 663. — (L'archidiaconé de),
II, 609. — (La collégiale Saint-Barthélémy
à), II, 112, 403, 433, 556. — (La collégiale
Sainte-Croix à), I, 97, 139, 159; II, 596. —
(La colléigale Saint-Denis à), I, 146; II,
379, 381, 556, 571, 596. — (La collégiale
Saint-Jean-Évangéliste à), I, 205, 450, 498,
DES NOMS DE PERSOMNES ET DE LIEUX.
(i«J7
522, 570, 581; II, 108, 151, 540, 55G, 580, 587.
- (La collégiale Saint-Martin à), I, 113; II,
112, 305, 347, 379, 381, 406, 501, 536, 556,
587, 615. — (La collégiale Saint-Paul à),
I, 12, 57, 204, 512, 529; II, 20, 554, 556, 557,
578, 587, 649. — (La collégiale Saint-Pierre
à), I, 19, 527; II, 112, 370, 432. — (Les
églises paroissiales de), I, 13, 14, 23, 436;
II, 301, 315, 405, 406, 612 à 614. — (Saint-
Adalbert à), II, 556, 590, 591. — (Sainte-
Aldegonde à), II, 612. — (Sainte-Catherine
à), II, 622. — (Sainte-Claire à), II, 550. —
(Saint-Clément et Saint-Trond à), II, 612.
— (Saint-Christophe a), II, 20, 542, 548,
550. — (Sainte-Foi à), II, 490. — (Saint-
Georges à), II, 490. — (Saint-Hubert à),
I, 364. — (Saint-Jean-Baptiste à), II, 369,
612. — (Saint-Martin-en-Isle à), II, 433. —
(Saint-Michel à), II, 613. — (Saint-Nicolas-
aux-Mouches à), I, 494. — (Saint-Nicolas-
Outre-Meuse à), II, 432. — (Notre-Dame-
aux-Fonts à), II, 29, 369. — (Saint-Pholien
a), II, 432. — (Saint-Remy à), II, 556. —
(Saint-Servais à), I, 377; II, 556, 557, 596.
— (Saint-Séverin à), I, 204; II, 115. —
(Sainte-Véronique à), II, 433. — (La cha-
pelle Sainte-Rarbe à), II, 622. — (Le
prieuré de Saint-Laurent à), I, 142, 143.
— (Le prieuré île Saint-Léonard à), I, 20,
21. — (Le prieuré de Saint-Nicolas-en-
Glain à), II, 21. — (Les monastères de),
II, 310. — Les abbayes de : (Beaureparl
à), I, 27, 40, 201, 212, 369, 386, 404, 407, 426,
433, 437, 463, 509, 510, 556, 611, 653. — (Les
Écoliers à), I, 371, 435, 438; II, 45, 369, 372,
558. — (Saint-Gilles à), I, 137, 356; II, 18,
20, 369, 386, 504, 533, 537, 542, 548, 550, 551,
603, 611, 612, 653. — (Saint-Jacques à), I,
20, 25, 137, 142 à 144, 151, 178, 356, 375, 404,
407, 494, 527, 534; II, 24, 118, 169, 194, 211,
237, 335, 369, 403, 504, 533, 536, 556, 586,
619, 646, 649, 653. — (Saint-Laurent à), I,
15, 26, 105, 106, 137, 142, 218, 219; II, 20,
25, 40, 47, 97, 99, 115, 211, 243, 244, 245.
328, 341, 369, 463, 500, 504, 536, 537, 542,
543, 548, 550, 552, 559, 567 à 571, 586, 592,
629, 653. — (Robermont à), I, 49, 405; II,
388, 426, 428, 555. — (Val-Renoît à), I, 361;
II, 379, 537, 543. — Les couvents des : (Au-
TOMK II.
gustins à), II, 364, 376, 429, 558. — (Bons
Enfants à), I, 20, 21, 141, 383, 512; II, 345.
— (Carmes à), II, 231, 556. — (Carmélites
à), II, 251, 257. — (Chartreux à), I, 23, 40,
357, 358, 359, 376, 405, 407, 570, 576 à 581;
II, 117, 188, 570, 577, 579, 591, 611, 615, 64
— (Croisiers à), I, 540; II, 379, 556. — (Do-
minicains à), I, 91; II, 222, 557. — (Guil-
lemins à), I, 424, 512; II, 55, 210, 211. —
(Hiéronymites à), I, 383, 501, 502, 506; II,
342, 343, 596, 649. — (Jésuites à), II, 316,
521, 523, 556, 596, 649, 661. - (Lollards à)!
II, 345, 360, 365, 377, 496, 505. — (Minil
à), II, 613. — (Mineurs à), I, 28, 490; II,
47, 369. 571, 578. - (Récollets à), II, 345,
346. — (Sœurs Grises à), I, 485; II, 230,
352, 556. — (Sépulchrines à), I, 512. — Les
hospices de : (Saint-Abraham à), II, 573,
612. — (Sainte-Agathe à), I, 377. — (Cor-
nillon à), II, 188, 377, 425, 555, 611, 612,
615. — (Les Coquins à), II. 18, 19, 381. —
(Mère-Dieu à), II, 300. — (Saint-Geoi-.s
à). I. 134. — (Tirebourse à), II, 258, 550,
614. — (Saint-Mathieu à), I, 404, 407, 409,
425, 521; II, 29, 366. - (Pauvres en Ile à),
II, 425, 622. — (Mont-de-Piété à), II, 666.
— (Ermitage de Saint-Maur à), II, 242. —
(Les échevins de), I, 89, 89; II, 617, 645,
017, 665. — (Conseil ordinaire de), II, 357,
651, 652. — (Les Vingt-Deux de), I, 73, 89;
II, 154 à 157, 294, 608, 616, 657 à 659. —
L'officialité, I, 98, 139; II, 382. — Dix
Hommes, II, 621. — (Les 32 métiers de),
I. 134; 302, 308. - (Les drapiers de), H,
520. — (Les arbalétriers de), II, 490, 528,
568. 621, 640, 648, 663, 667. — (Les arquebu-
siers de), II, 490, 528, 549, 663, 667. — (Les
remparts de), II. 294, 343, 316, 390, 403,
406, 418, 532, 540. 574, 577, 610, 657, 660, 605.
- Les portes de : (Amercœur à), I, 356,
358; II, 117, 361, 543, 550, 555, 556, 557, 576.
— (Saint-Léonard à), I, 356; II, 406, 415,
'27, 128, 510, 573. — (Sainte-Marguerite à)!
I, 363, 364.; II, 465, 466, 555. — (D'Avroy à),
II, 364, 383. - (Du Resteau à), II, 550. -
(Sainte-Walburge à), I, 353, 389; II, 130,
416, 418, 422, 544, 568, 576, 667. — Les ponts
des: (Arches à), I, 124, 126, 203, 216, 363,
364, 425, 494; II, 327, 574, 615 à 618, 622, 634^
88
(m
INDEX ALPHABÉTIQUE
648, 667. — (D'Amercœur à), I, 114, 183,
363; II. 385, 111, 132, 630. — (D'Avroj à ,
I, 363; II, 482, 423, 542, 544, 548, 557. —
(D'Ile à) I, 216; II. 558, 559, 564, 620. — (Al
Creyr à), II. 490. — (Saint-Nicolas à), I,
363, 364. — (Saint-Laurent à), II, 494. —
(Saulcj a . II. 495. — Les tours des :
Brasseurs a), II, 578, 579. — (Bouillon à),
II. 610. -- (Croisiers à), II, 540. — Les
halles: (Aux grains à), II, 561, 565, 566.
— (Des bouchers à), II, 390, 413, 417, 420. —
(Le marché à), II, 346, 3S3. — (Marché
aux porcs à), I, 134. — (Aux poissons à),
I, 353. — (Le Perron à), II, 622, 630, 639.
— (La Violette à), I, 123, 124, 210, 353, 524;
II, 557, 640. — (Le Destroit à), I, 113, 210;
II, 401. — (Le Palais à), I, 566; II, 346, 319,
368, 381, 384, 386, 387, 650, 652. — (La fon-
taine du marché à), I, 37; II, 555, 615. —
(La citadelle à), II, 298. — (Le moulin des
Awes, IL 348. — Rues et lieux-dits : (En
Avroy à). I. 11, 525, 544; II, 599, 600, 634. —
(La Castrée à), II, 211, 614. — (La Batte à),
II, 416, 417, 565. — (A Bayart à), II, 445,
550. — (En Bêche à), I, 358; II, 390, 543,
556, 558. — (Les Beggards à), II, 406, 422,
573. — (Boverie à), II, 542, 550, 551. — (En
Brigebo à), I, 454. — (En Chafour à), II,
572. — (Coronmeuse à), II, 576, 580, 581. —
(Favèchamp à), II, 565. — (Féronstrée à),
II, 610, 620. — (Rue des Foulons à), II,
432. — (Fragnée à), II, 167. — (Froid-
mont à), II, 171. 542, 551. — (Gravioulle
à), I, 404, 530; IT, 390. — (Hocheporte à),
I, 355, 148; II. 555, 630. — (L'île Hochet à),
II, 167. — (Hongrée à), II, 416, 418. —
(Hors-Château à), II, 368. — (Ile-le-Duc à),
II, 634. - - (Place Verte à), II, 423. —
(Roland gouffre à), I, 440: II, 422, 665. —
(Outremense à), II, 490, 540, 548, 550, 551.
— (Sauvenière à), II, 465, 466, 615. —
(Quartier de Saint-Julien à), I, 363. —
(Au Royn à). I, 377. — (Saint-Léonard à),
II, 431, 432, 558. — (Sainte-Marguerite à),
II, 647. — (Saint-Séverin à), II, 465. —
(Sainte-Walburge à), II, 490, 621. — (Ver-
court à), I, 134; II, 417. — (Vinave d'il. ,
II, 413. — (Vivegnis à), II, 490. — (Volière
à), II, 360, 365. — (Wez à), II, 353, 425,
428, 640. — (Xhovémont à), II, 630. —
Maisons du Croissant d'argent à), I. 584
— (Du Torrent à), I, 528. — (Des Balances
à), I, 366. — (Hôtel délie Waige à), II, 464.
— (Artillerie de la ville de), II, 528, 592, —
Utaque de l ii en 1568, II, 535 à 552,
605, 606. — (Le buste de Saint-Lambert à),
II. 350, 351. — (Le carillon de), II, 564. —
(Les clefs magistrales de1, II, 424, 663. —
Description du pays de Liège, II, 298, 301.
(Comptes communaux de), II, 299, 3R7,
388. — Destruction en 1468, II, 118, 119,
299, 304, 311, 630, 637. — (Les élections
magistrales de), II, 61s, 619. — (Épidémies
et pestes à). I. 190, 515; II, 92, 93, 183, 190,
375, 379, 106, '.10. 508, 577. — (Famines à),
I, 400, '.01. 406, 452, 455, 460, 463, 467; II,
20, -.'fi, 388, 419, 125, 446, 448, 467, 491, 492.
509, 511, 515, 516, 519, 520, 574, 592, 599,
600, 615, 640, 645, 647, 659. — (Les Flagel-
lants à), II, 93. — (La fermeté de), II, 77.
— (Les foires à), II, 156, 157. — (L'hérésie
à), II, 308, 320, 381, 384, 386, 387, 461, 492,
498, 499, 501, 652. — Impôts gabelles, capi-
tations, I, 550; II, 299, 301, 318, 384, 390,
423, 424, 512, 574, 599, 632, 633, 634, 643,
653. — (Inondations à), I, 99, 126; II, 138,
197, 231, 392, 403, 446, 496, 508, 514, 515,
555, 617, 649. — (Interdits à), I, 75; II, 253.
— (Joyeuses entrées à), I, 570; II, 356,
360, 378, 405, 412, 413, 419, 490, 492, 503,
512. — (Les Lombards à), I, 55, 57; II, 62,
248. — (Loterie à), II, 496. — (Mal Saint
Martin al, II, 71, 307. — (La neutralité de),
II, 299, 655, 656. — (Orales et tempêtes à),
II, 406, 408, 425, 428, 432, 493. — (Police
des vivres à), II, 375, 377. — (Processions
et reliques à), I, 26, 380, 381, 384, 392; II,
26, 315, 322 352, 306, 369, 370. — (Tableau
de la dévastation de), II, 289. — (Trem-
blements de terre à), I, 84, 97; II, 431.
— (Tombeau d'Erard de la Marck à), II,
"72 à 374. — (Tumultes et séditions à),
I, 403, 405, 458, 460; II, 352, 460 à 465. —
Vues de), II, 301.
Liège (Jean de), abbé de Beaurepart, II.
201, 212.
Lierneux, commune du canton de Stavelot,
Liège, II, 221.
DES NOMS DE PERSONNES ET DE LIEUX.
099
Lierneux (Julienne de), II, 251.
Lierre (La ville de), I, 513; II, 452. — (Le.
doyen de), I, 149.
Liers, commune du canton de Fexhe-Slins,
Liège, I, 465, 571; II, 171, 642.
Liers (Bertrand de), I, 89, 98; II, 17^, 198,
209. — (Conrard de), II, 100. — (Jean, le
voué de), I, 204, 582; II, 169.
Lietbert, évoque de Cambrai, II, 14.
Liewenborg (Henri de), II, 170.
Ligne (Le seigneur de), I, 198. — (Le comte
de), IL 545. — (Jean), seigneur de Bar-
bançon, II, 402. — (Jean de), comte
d'Aremberg, II. 421, 533.
Ligny en Barrois (La ville de), II, 456.
Lille (La ville de), I, 125. — (Le châtelain
de), 1, 254. — (Hérésie à), II, 517.
Lille-Saint-Pierre, commune du canton
d'Herenttials, Anvers, I, 225.
Limbourg (Le duc de), I, 242; II, 106, 221,
264. — (La ville de), I. 90, 244, 436, 450,
159, 462, 465, 469, 471, 550; II. 178, 259, 385,
388, 411, 587, 611, 635. — (Le châtelain de),
I, 244. — (Le château de), I, 417.
Limbourg (Henri II, duc de). I, 16; II. 16,
32, 45. — (Marguerite de). II, 33. —
(Simon de), il, 42.
Limbourg (Albéron de), II, 366. — (Gilbert
de), II, 324, — (Léonard de), abbé de
Beaurepart, II, 386.
Limousin (Le), II, 188.
Lincent, commune du canton de Landei
Liège, II, 534.
Lingen (Georges, comte de), II, 122.
Linkoven (baron de), II, 302.
Lippe (Ermengarde de la), I, 6
Lisbonne (La ville de),
Lisieux (L'évêque de), I, 211, 263.
Liverlo (La douairière de), II, 319.
Lixhe, commune du canton de Fexhe-Slins,
Liège, I, 366, 587; II, 207.
Lobbes (L'abbaye de), II, 504, 589, 653.
Lochias (La ville de), II, 134.
Lodron (Le comte Albéric de), II, 538, 557,
602.
Loen (Jean Conrard, dit de), I, 490.
Loen (Arnould), de Kemexhe, abbé de
Saint-Laurent, II, 244, 250. — (Henri de),
I, 204.
Loerer (Jean le), II, 103, 104.
Loesberch (Le château de), II, 252.
Logne (Le château de), I, 365, 307, 390 H !,
114, 421, 481, 483, 484, 493, 496, 531; II.
355, 361, 362, 363, 572, 599.
Lohierville (Simon de), abbé de Val-Dieu,
I, 544, 590.
Lombard (Célestin), I, 67.
Lombard (Lambert), II, 377.
Loncin, commune du canton de Hollogne-
aux-Pierres. Liège, II, 124. — (La chro
nique de), II, 328. — (Le seigneur de .
II, 503.
Loncin (Conrard de), II, 85. — (Henri de),
II, 191. — (Jean de), I, 543. — (Oger de),
abbé de Saint-Laurent, II, 5ij*.
Londres (La ville de), II, 497.
Longcliamp-le/.-Paris, I, 48.
Longchamp (Barthélemi de), abbé de Saint
Laurent, I, 463. — Gérard de), II, 170. —
(Le seigneur de), I, 481.
pré (Le château de), I, 78, 586.
Longueval (Le seigneur de), 11, 152, 155, 163.
Lontzen (Coune de), II, 173, 174.
Loobosch (Jean de), I, 253; II. 74.
Looz (Le comté de), I, 70; 82, 83, — (La ville
de , !, 202, 280, 331, 127, 451; II, 98, 105, 108,
138, 238, 262, 578, 583. — (L'église de),
II. 19
Looz (Les comtes de), I, tableau I, III et IV
— (Aleyde de), II, 24. — (Arnould IV.
comte de), I, 32; II, 51. — (Arnould V,
comte de), I, 36, 39, 43, 585; II, 55, 68,
76. — (Arnould VI, comte de), II, 72. 74,
75. — (Gérard de), II, 24. — (Imène de),
II, 24, 33. — (Jacques de), seigneur d'Agi-
mont, I, 96. — (Jean de), I, tableau II. —
;,,,,, (je)] seigneur de Heinsberg, Roche
fort et Agimont, I, 116, 121 à 123, 160, 164,
170, 202, 210, 588; il, 68, 189. — (Jeanne de),
II, 182. — (Louis I, comte de), II, 2'i. —
(Louis II, comte de), 28, 41, 43, 79, 152,
I 9. — (Marguerite de), II, 189. — (Marie
di . II, 1*9, 225. — (Otton de), II, 17. —
(Thierry de), seigneur de Heinsberg, I, iv;
II, 79, 82, 87, 94, 150, 155 à 158, 164, 1GS,
i 189.
Looz (Jacques de), prieur des Chartreux, I,
577, 579.
700
INDEX ALPHABETISE
; i .,, de . le chroniqueur, I, 341; II,
s, 141, 142, 237, 274, WO, 607.
Lorraine (Le duché de , II, W9, 425, 170,
538. -- ( Antoine le Bon, duc de), II, 137,
367, 637. — (Charles II, de), II, 181, 187;
II, 637. — (François I, duc de), II, 137. —
René il. duc de), I, 313. — (Thibaul II,
duc de), I, GO, Gl; il, 11.
Lorraine Jacques de . évêq le Metz, 11.
46. — (Jean, cardinal de), évoque de
Metz, H. 157. — (Marguerite do), 1, 430. —
(Catherine de), I, 237.
i mus le Hutin, roi de Navarre et de Fi
I, 48.
i ouis i\, roi de France, II, 52.
Louis M. i"i de France, I, 229, 240, 241, 254,
's-,, 299, 372, 519; H. 113, 11'.', 257 à i9
363, !64, 303. 621, 623, 637.
Louis MI, roi de France, I, 520, 545; II. 354,
647.
i Il, roi de Hongrie, I, 514.
Louis III et IV, électeurs palatins, I, 315.
— Louis V, comte palatin, II, 359.
! oui lean), le unier, il, 128.
Louppy (Le château de), I, 81; II, 215.
I ivain (La ville de), I, 82, 1GS, 217, 274,
275, 280, 330, 332, 335 5 337, ::',7, 374, 375,
386, 433, 484, 583; II, 86, 177, 185 à 187, 247,
219, 267, 385, 302, 303, 410, 444, 502. 538,
547, 560, 626. — (L'église Saint-Pierre à),
II, 17, 257. — (L'église Saint-Jacques à),
l 491. _ (L'Université de), I, 491; II, 381.
— (Le siège de), II, 407, 408. — (Les Mi-
neurs de), I. 25::. — (La peste 5), I, 385;
H, 5RS. — (Le bois Saint-Vincent à), II,
535. — (Le Val-Saint-Martin à), I, 216.
Louvain (Barthélemi de), I, 579. — (Jean
de), bailli de Thuin, II, 187. — (Marie de),
II, 43.
Lovenberch (Michel), I, 235.
Lovenstein (Château de), II, 55G.
Loverval (Le seigneur de), II, 534.
Lowaige, commune du canton de Tongrcs,
Limbourg, I, 204
Lucain, II, 4.
LilciTiir (La ville de . L -H
i i ciendael lez Saint-Trond, II, 240.
Lumay (Le srigneur de), IL 561,
Lûmes [Le château de), II, 428.
Lummen, commune du canton de Hercl
la \ ille, Limbourg, II, 632, 635. — (Le
seigneur de), il, 24, 446, 535, 587. — (Alice
de , il. 103. — (Arnould de), I, tableau 1.
— (Yolande de), L tableau III.
Lunes (Pierre de), I, 164.
Lusignanus (Hugo), cardinal de Chypi
II, 05.
Lust (Frédéric, comte de), II, 122.
Luther (Martin), II, 290, 291, 358.
Luxembourg (Le pays de), II, 409, 487. —
(La ville de), II, ',15, 451 5 458, 464, 480,
534, 572, G18.
emlmnrp (Baudouin de), archevêque de
Trêves, II, 75, 79. — fErmesinde de), II,
4L — (Françoise), I, 372. — (Guy de),
: mte de Saint-Pol, I, 72; II, 195. —
(Henri I, comte de), II, 14. — (Henri III,
comte de), II, 50, 51. -- (Henri IV), I,
45, 585; II, 54. — (Henri V), I, 30, G0 à 66;
II, 67, 69. — (Isabelle de), II, 68. —
(Jacqueline de), I, 385. 430. — (Jean de),
roi de Bohême, I, 217; II, 75 à 89, 109,
152, 167, 168, 183. — (Jean de), archevêque
de Mayence, II, 196. — (Louis de), comte
Saint-Pol, I, 254. — (Louise de), I, 430. —
(Philiberte de), I, 338. — (Philippine de),
H, 79. — (Waleran de), comte de Saint-
Pol, I, 65, 175, 217; II, 41, 40, 07, 234, —
(Wenceslas L 'lue de), I, 70, 77 à 84; 11,
SI, lfts\ 170, 181, 184 à 188, 193 à 196, '"5.
200 à 213, 217, 218. — (Wenceslas II,
empereur, roi de Bohême, duc de), I, 102,
587; II, 211, 233.
Luxeuil (L'abbé de), II, 135.
Luyck (Richard de), I, 141.
! uyde (Arnold), de Tongres, II, 2, 389.
Lyon (La ville de), 1, 50, 60, 61, 555; H, 452,
107. — (Le Coneilc de), II, 49, 62. — (Le
sénéchal de), II, 626.
DES NOMS DE PERSONNES ET DE LIEUX.
701
M
Maçon (Le bailli de), II, 626.
Macquea (Le lieutenant), II, 363.
Madrid (La ville de), II, 497.
Maele (Louis de), comte de Flandre, I, 84;
II, 81, 184, 185, 186, 215, 217. — (Margue-
rite de), II, 81.
Maeseyck (La ville de), I, 98, 202, 397 à 399,
407, 539; II, 190, 202, 204, 206, 262, 518, 523
à 527, 530, 541. — (La collégiale de), II,
609. — (Le couvent de Saint-Agnès à), II,
249. — (L'hérésie à), II, 601. — (La peste
à), II, 595.
Maesland-Sluis (La bataille de), II, 564.
Maestricht (La ville de), I, 34, 45, 73, 90, 97,
100, 101, 104 à 106, 109 à 121, 147, 150,
153, 160 à 195, 201, 202, 209, 215 à 217, 220,
230 à 232, 288, 289, 309, 338, 339, 34s, 350
à 352, 357, 361, 364 à 368, 373, 377 à 381,
390, 396, 397, 400 à 413, 418 à 422, 443 à 450,
459, 462, 473 à 490, 499, 508 à 517, 522 à
528, 536 à 544, 550, 558 à 568, 579, 588; II,
32, 37, 46, 57 à 59, 76 à 78, 87, 90, 98, 101.
117, 119, 124, 126, 131, 134, 136, 174 à 177,
186, 198, 203 à 214, 221, 222, 232, 233, 241,
246 à 24-8, 255, 266, 269, 270, 272, 331, 351,
360, 403, 409, 419, 529 à 533, 546, 570, 574 à
592, 605, 617, 619, 644 à 647, 655. — (L'église
Sain-Servais à), I, 523; II, 5, 9 à 12, 31,
567. — (L'église Notre-Dame à), I, 159; II,
609. — (La peste à), II, 379. — (Un plan
de), II, 324. — (Le pont de), I, 37; II, 55.
— (Rébellion à), I, 58, 59; II, 352, 518 à
525. — (Siège de), I, 109, 144; II, 294, 307,
311, 593 à 597. — (Le tombeau de), II,
511 à 513, 643. — (Le traité de), I, xxv.
— (L'hérésie à), II, 601.
Magdebourg (L'évêque de), II, 17, 196.
Maisières (La ville de), II, 36-4, 461.
Majorque (L'île), I, 235.
Malaga en Indes, II, 353.
Malaise, lieu-dit à Dinant, II, 441.
Malavilla (Jean de), I, 549.
Mnlchaer (Gilles et Collard), I, 156.
Malcontents (Les États), II, 575, 593.
Malherbe (Georges), de Theux, II, 394.
Malignot (Le marquis de), II, 469.
Malines (La ville de), I, 60, 61, 93, 372, 374,
432, 437, 486, 519, 529, 589; II, 51, 57, 66, 80,
81, 83, 147, 184 à 187, 238 à 240, 256, 344,
561, 562, 579, 583, 584. — (L'église Saint-
Pierre à), I, 203. — (L'église Saint-Rom-
baud à), I, 159, 491; II, 609. — (Une
catastrophe à), II, 371, 419, 470. — (Le
pillage de), II, 288. — (Le Parlement de),
II, 377.
Malines (Arnold de), I, 379. — (Guillaume
de), I, 45.
Malle (Olivier de), I, 85, 154; II, 225.
Malmédy (La ville de), I, 520, 521; II, 572.
Malmédy (Rémi de), I, 579, 580.
Malmesluirg (Guillaume de), II, 6.
Malonne (L'abbé de), II, 504, 654.
Mais (Jean de), I, 46, 47.
Malte (L'île de), II, 365, 511, 524.
Malxhureit (Renard de Schoenau, dit), I,
181.
Mamberfontaine, lieu-dit près de Boulogne,
II, 467.
Manderscheit (Christophe de), abbé de Sta-
velot, II, 504.
Mandeville (Jean de), I, 197, 479.
Manethon, II, 2.
M;mez (Nicolas), abbé de Neufmoustier, II,
5iii.
Mangoullez (Jean), II, 180.
Mangon (Allard de Kemexhe, dit le), II,
224, 226. — (Jean le), II, ISO.
Manouris (Le capitaine), I, 375.
Mansfeld (Jean-Gérard de), archevêque de
Cologne, II, 494. — (Pierre-Ernest de), II,
421, 428, 463.
Mantoue (Le prince de), II, 570.
Mantuel (Le seigneur de), I, 198.
Manupello (Thomas Ursinus, dit de), II, 218.
Mar (Isabelle de), I, 197. — (Le comte de),
I, 197.
Marbais (Alard de), II, 90. — (Philippe de),
II, 534.
Marbaise (Le chanoine), II, 544.
Marcelis (Lambert), II, 466.
7<>i2
INDEX ALI>HAHÉTK>11K
Uns, 1, 9.
M ni lean le), i, 557.
Marche (La ville de), II, 213, 344. — (La
paix de), 11, 574, 575, 585.
Marchienne (La ville de), 1, 194.
Marck (Le pays de), I, 136. — (La famille
, 1, lai. 1. -au 111, :!'.); 11, 82, 88, 181, 561.
— (La conjuration des la), II, 452.
Marck (Adolphe de la), évêque de Liège,
I, 55, 56, 2U5, 586; II, 63, 146 à 160, 167, 188,
189, 555. — (Englebert de la), évêque de
Liège, II, 84 à 94, 161 à 191. — (Erard de
la), évoque de Liège, I, 562, 576; II, 129,
142, 300, 308, 311, 314, 315, 320, 336, 340 à
400, 498, 574, 649 à 654. — (Adolphe II,
comte de la), II, 79, 152. — (Adolphe de
la), seigneur de Ravenstein, I, 278. — (An-
toine de la), abbé de Beaulieu, II, 361. —
(Apollonie de la), I, 436, 511. — (Charles
de la), I, 49. -- (Cunégonde de la), I,
tableau 1. — (Elisabeth de la), I, 176. —
(Englebert III de la), II, 190. — (Everard
de lai, I, tableau I, 43; II, 189, 193, 212,
222, 225. — (Everard II de la), seigneur
de Neufchâteau et d'Aremberg, I, 108, 132,
135; II, 234, 621. — (Everard III de la),
seigneur de Neufchâteau et d'Aremberg,
1. 272, 352 à 420, 431 à 485, 492, 493, 494,
497, 500, 508, 510, 528, 577, 582; II, 126, 128,
266. — (Everard de la), seigneur de Dur-
buy et d'Agimont, I, 493. — (Everard IV
de la), 1, 511, 512, 531, 555, 561, 569; II, 379,
647. — (Gérard de la), I, 200. — (Guil-
laume I de la), seigneur de Lummen, I,
223, 324 à 339, 346 à 353, 393, 407, 426, 440,
492, 511, 569, 571 à 576, 581; II, 123 à 128,
264 à 270, 300, 304, 305, 331, 355, 409, 639 à
644, 655. — (Guillaume de la), seigneur de
Jametz, II, 363, 364. — (Guillaume de la),
chanoine de Saint-Lambert, II, 393, 410,
446, 503. — (Guillaume II de la), baron
de Lummen, II, 535, 549, 559, 587. —
(Jean 1, duc de Clèves et comte de la),
I, 249. — (Jean I de la), seigneur de Lum-
men, I, 337, 345, 388, 426, 453, 511, 529, 536,
147, 558, 560; II, 126, 268, 644 à 646. —
Jean II, due de Clèves et comte de la),
I. 542. — (Jean de la), frère bâtard de
I évêque Englebert, II, 160. — (Jean de
la), sei neur de Saulcy et de Jametz, II,
141. — (Jean II de la), seigneur de Eum-
m, 11, 446. — (Josse de la), II, 244, 250.
- (Louis 1 de la), I, 493. — (Louis III de
la), seigneur de Rochefort, II, 402. —
(Marguerite de la), I, 536. — (Otton, comte
de la) el d'Altena, II, 46. — (Philippe de
Clèves, comte de la), I, 333, 372. — (Phi-
lippe de la), curé de Bouvignes, I, 562. —
(Raes de la), II, 258. — (Remaele de la),
abbé de Saint-Hubert, II, 504. — (Renard
de la), II, 160. — (Robert I de la), seigneur
d'Aremberg et de Sedan, I, 336, 349 à 451,
469 à 485, 503 à 505, 520, 521, 525, 527, 5:12,
539, 540, 545, 581, 589; II, 341, 342, 343, 644
à 646. — (Robert II de la), seignem de
Sedan, I, 590; II, 355, 361, 362, 364, 389. —
(Robert III de la), dit Fleurange, II, 391.
— (Robert IV de la), seigneur de Sedan,
II, 426 à 431, 495, 496, 660. — (Thierry de
la), I, 94; II, 188, 223, 225.
Marescot (Réginald de), I, 476.
Maret (Gilles de), I, 142.
Maretz (Simon des), II, 305.
Mariembourg (La ville de), II, 304, 409, 410,
434, 436, 439, 440, 467, 468, 483, 495, 661.
Mariemont (Le château de), II, 439.
Marihaye (Martin de), I, 524, 525, 555.
Marilles (Etienne de), I, 105.
Marliano (Raymond de), I, 233.
Marne (La), II, 457.
Marnix de Sainte-Aldegonde (Philippe de),
II, 518, 524, 525, 564.
Maroie (Jean), I, 362.
Marotte (Philippe de), seigneur de Monti-
gny, II, 299.
Marteau (Louis), de Milmort, II, 159, l1"1
Martial (Êpiphane), II, 336.
Martin IV, pape, I, 36.
Martin V, pape, I, 131, 132.
Martin (Jean), II, 323, 589.
Martinus, I, 9.
Marton (Le seigneur de), I, 198.
Marville (Jean de), II, 192, 198.
Massenge (Arnold), I, 445, 446.
Masson (Henri), I, xxii-xxin, 348; II, 437.
Materne, évêque de Liège, II, 13.
Mathias (L'archiduc), II, 584.
Mathias, évêque de Budua, I, 137.
DES NOMS DE PERSONNES ET DE LIEUX.
703
Mathie (Jean), II, 231. — (Nicolas), I, 440.
Mathieu (Le manuscrit Jules), II, 334.
Mathieu, abbé de Saint-Guillaume, II.
Mathon (Gilles), II, 190.
Mathonet de Flémalle, I, 156.
Maubeuge (La ville de), II, 454.
Maurik, commune de Gueldre, I, 137.
Maximilien I, archiduc d'Autriche, roi des
Romains et empereur, I, 312, 316, 317, 322,
323, 335, 341, 360, 371 à 375, 385, 389, 39;.
399, 474, 489 à 525, 565, 566, 567, 574; II. 120,
121, 122, 125, 266 à 272, 348, 349, 358,
637, 643, 647, 648, 651, 655.
Maximilien II, empereur, II, 320, 500, 557,
571, 572, 574, 664.
Maximinus, I, 9.
Mayence (La ville de), I, 537; II, 621. —
(L'archevêque de), I, 42, 462, 48S; II, 38,
41, 75, 121, 122, 196, 359. — (Le concile de),
II, 12.
Mecking (Godefroid), II, 239.
Médieis (Catherine de), II, 422.
Meeffe, commune du canton de M
Liège, II, 181, 468. — (Le prieuré de), I,
142.
Meefte (Guillaume de), dit de Champion,
II, 142, 278, 285, 287, 299, 306, 328, 378, 413,
415, 656.
Meers (Jean de), I, 479.
Meersen (La ville de), I, 101, 148. — (Le
pont de), I, 86; II, 232, 233.
Meghen (Le comte de), II, 307, 320, 421, 493,
501, 502, 504, 517, 604.
Meirande (Jean), de Neuville, II, 163.
M. lait (La chronique de), II, 275, 293 à 300,
309, 341, 607 à 067.
Melen (Le château de), I, 394. — (Le sei-
gneur de), II, 170.
Melun (Hélène de), I, 468. — (Isabelle de),
dame de Viaime, Renaix et Beau fort, I,
178.
Meran (Egbert de), évêque de Bamberg, II,
41.
Mercator (Pierre), I, 427.
Merchiriwe, lieu-dit près de Liège, I, 462.
Merica (Chronique de Henri de), I, 221 à
308, 412, 589; II, 9, 97, 331.
Merica (Gilles Van der Heyderi de), suffra-
gant de Cambrai, I, 560.
Millier (Jean), I, il!.
Mérode (Famille de), I, 181, 185. —
(Adrienne Scheiffart de), I, 243. — (Evrard
de), II, 535. — (Guillaume de), I, 52; II,
393, 577. — (Henri de), seigneur de Peters-
heim, I, 176; II, 571. — (Marguerite de),
I, 290. — (Marguerite de), abbesse de
Munsterbilsen, I, 558. — (Raes de), il, 131.
— (Richard de), I, 468; II, 383. — (Sibille
Scheiffart de), I, 177, 181.
Merre (Le comte de), I, 198.
Mervile (Jean de), II, 182.
Merwede (Le fleuve), I, 209.
Merwede (Thierri de), I, 137, 212.
Mesque (Le seigneur de), II, 170.
Messincourt (La ville de), II, 362 à 364.
Métasthènes, II, 2.
Metz (La ville de), II, 186, 479, 480. — (Le
siège de), II, 430, 481. — (L'évêque de),
II, 46, 122, 196, 457.
Metz ((iilles de), II, 100, 104, 105, 109, 111,
253, 257.
Meurs (Le comte de), I, 92, 97, 137, 220, 346,
397, 399, 407, 473, 485, 487, 572; II, 221, 642.
— (Barbe de), I, 209. — (Elisabeth de), I,
69. — (Frédéric de), I, 90, 344. — (Jeanne
de), I, tableau IV, 344. — (Marguerite de),
I, tableau I, 218. — (Thierry de), arche-
vêque de Cologne, I, 128. — (Vincent de),
I, 313, 322, 344, 474, 575; II, 107. — (Wal-
burge de), I, 333, 430.
Meus, le bourgmestre de Saint-Trond, I,
88.
Meuschemen (Le seigneur de), I, 243.
Meuwen, commune du canton de Brée,
Limbourg, I, 137.
Meyer (L'historien), II, 626.
Mézières (La ville de), II, 434.
Miche (Jean), II, 413, 415.
Michel (Jean), II, 254.
Michelle de France, I, 212.
Miehiere (Le fort de), II, 218.
Middelbourg (La ville de), II, 552, 563, 564,
565.
Mielen, commune du canton de Saint-
Trond, Limbourg, I, 179, 181, 367; II, 1, 45,
67, 73, 172.
Milan (La ville de), II, 183, 355, 366, 424,
47*. 497, 567. — (La prise de), II, 22. — (Le
70-1
INDEX AI.PIIARÉTIUHK
duc de), I, 513, 520. — (L'évêque de), I,
m
Milendonck (Le seigneur de), I, 181, 185.
Millet (Jean), évêque de Soissons, II, 99,
250, 256.
Milmort, commune du canton de Fexhe
Slins, Liège, I. 170; II, 90, 177.
Mil l.i 'Jean de), I, 177.
Mnw.nt Le château de), I, 56, 57, 62; II,
62, 1S8.
Mirwet, lieu dit près de Lieue, 1, 462.
Mise! (le lieutenant), II, 363.
Mol i rtingen (Thierry de), I, 172.
Modave, commune du canton de Nandrin,
Liège, I, 491. — (Le seigneur de), II, 380.
Moersdorf (Le seigneur de), I, 185.
Moersa (Théodore de), I, 140.
Moge (Robert de), doyen de Saint-Pierre,
I, 527.
Moha, commune du canton de Héron, Liège,
II, 149, 193, 205, 206, 209, 210. — (L châ-
teau de), I, 32, 74; II, 36, 86, 150. — (La
chapelle de), II, 238. — (Le comte de),
II, 27, 207, 296. — (Albert III, comte de),
II, 33.
Moilant (Thierry de), I, S9.
Molembaix (Le seigneur de), II, 401, 459. —
(Agnès de), I, tableau III.
Molhain, commune du département des
Ardennes, I, 61.
Molin (Arnould), II, 308.
Molinel (Godefroid), II, 239.
Mollins (Gilles de), I, 141, 391, 434, — (Isa-
belle de), I, 434.
Momalle (Walter de Corswarem, dit de), I,
154; II, 177. — (Wautier de Warfusée, dit
de), II, 86, 152, 162.
Momalle, commune du canton de Hollogne-
aux-Pierres, Liège, I, 510, 581; II, 54, 177.
Mompev (Le seigneur de), II, 79.
Mompreis (Piret de), II, 344.
Monceaux (Le seigneur de), II, 478. — (Jean
de Hamal, dit), II, 437.
Mondragon (Le seigneur de), II, 563. —
(Jeanne fie), il, fwo.
Monethon, II, 4.
Mondersdori (Gerlach de), i, 77, 586, 587; II,
213.
Mous en Hainaut (La ville de), I, 118, 125,
436, 453; II, 558, 560, 562.
Mons (Robert de), II, 241.
Monstreaulx (Le camp de), I, 136.
Monstréal-sur-Yonne (Le château de), I, 211.
Monstrelet (La chronique d'Enguerrant de),
II, 287, 296.
Monl Antoine du), de Rochelort, II, 310.
— (Catherine du), I, 441.
Montaigu (Le seigneur de), I, 198; II, 402,
493. — (Conon de), II, 14. — (LambeH de),
II, 18. — (Walter de), II, 14.
Montbeliard (Marguerite de), I, tableau IV.
Montegnée, commune du canton de Hollo-
gne-aux-Pierres, Liège, I, 363, 401, 460. —
(lienwart de), dit du Pont d'Avroy, II,
223.
Montenaeken, commune du canton de
Saint-Trond, Limbourg, I, 250, 252; II, 135,
259, 261, 541, 547, 613. — (La bataille de),
II, 107. — (Le châtelain de), II, 7.
Montfaucon (Le prieur de), II, 64, 65.
Montferrant (Arnould de), I, tableau I, 70.
— (Guillaume de), I, tableau I; II, 182.
Montfort (Le château de), I, 34, 340, 365,
367, 376, 384, 472, 483 à 487, 493, 500, 502
à 505, 522, 539, 540; II, 234. — (Le capitaine
de), I, 481.
Montfort (Henri de), II, 55. — (Hugo et
Ulrich de), II, 122. — (Jean de), I, 505. —
(Sébastien de Xheneumont, capitaine de),
I, 367, 393, 411, 413, 444, 471, 478, 496, 497,
499.
Montfort (Le burgrave de), I, 198.
Montfreyt (Le seigneur de), I, 198.
Montgart (Philippe de), II, 239.
Montgomery (Le capitaine de), II, 495.
Montigny (Le seigneur de), I, 347; II, 239,
121, 644. — (Antoine de), II, 137. — (Jean
de), 551. — (Jeanne de), I, tableau IV.
Montjardin (Baudouin de), I, 105; II, 224 à
226, 231, 234, 235, 236. — (Catherine de),
I, 424. — (Gerlache de), I, 77; II, 145, 213,
224, 225.
Montjoie (La ville de), II, 45. — (Hubert
de), I, 472.
Moiillliery (La ville de), 254.
Montluçon (La ville de), II, 258.
Montmédy (La ville de), II, 409, 428, 451, 458.
DES NOMS DE PEKSONNES ET DE LIEUX.
705
Montmorency (Florent de), II, 421. — (Fran-
çois de), II, 570. — (Joseph de), I, 543. —
(Philippe de). Voir Homes Philippe.
Montorgueil (La tour de), I, S4; II, 239.
Montpensier (Le duc de), II, 569.
Montreuil (La ville de), II, 458.
Montroyal (La famille de), I, 585. — (Jean
de), I, 46, 47.
Mont-Saint- Jean (La prise de), II, 428.
Montvireuil (Le château de), I, 61.
Mook (La bataille de), II, 566.
Moor de Fusten (Le seigneur de), II, 170.
Morat (La bataille de), I, 319.
Moravie (Le duc de), II, 41.
Morée (Jean, prince de), II, 69.
Morgan (Le capitaine), II, 581.
Morialmé (Le seigneur de), I, 468; II, 168,
239, 246. — (L'avoué de), I, 586.
Morialmé (Jacques de), II, 256. — (Robert
de), I, 291, 293; II, 98, 256, 629.
Mormal (La forêt de), II, 453.
Mormany (Guillaume de), I, 40.
Mortier (Le curé de), I, 204. — (Ulric, voué
de), II, 179.
Morus (Le chancelier Thomas), II, 389.
Moschus, II, 4.
Mouffrin (Le seigneur de), I, 472.
Mouland, commune du canton de Dalhem,
Liège, I, 97, 462.
Moulant (Thierry de), II, 81, 216.
Moulins (L'abbaye de), I, 248; II, 238.
Mouskès (La chronique de Philippe), II, 2.
Mouzon (La ville de), I, 156, 358; II, 362,
363, 381, 621. — (Le capitaine de), I, 374.
Moustard (Jean), II, 156.
Moustier-sur-Sambre (L'abbaye de), I, 12.
Moxhe (Jean de), II, 339.
Moy (Henri), I, 204.
Moylant (Thierri de), II, 225.
Muhlberg (La bataille de), II, 470, 474, 475.
Munck (Henri de), I, 235.
Munster (L'évêque de), II, 41, 190, 196.
Munster (La ville de), II, 388.
Munster (Sébastien), II, 264.
Munsterbilsen (L'abbaye de), I, 558; II, 24.
Murwe, lieu-dit près de Liège, I, 462.
Musquenverch (Le seigneur de), II, 170.
Mustapha (Le sultan), II, 483.
N
Naerden (La ville de), II, 562.
Namur (La ville de), I, 110, 166, 167, 168,
273, 312, 388, 394, 400, 417, 495, 508, 522,
549; II, 50, 77, 86, 91, 182, 198, 238 à 240,
249, 256, 261, 363, 364, 367, 436, 442, 456,
463, 470 à 475, 484, 486, 579, 583, 585, 588,
589, 661, 662. — (L'église Saint-Aubin à),
I, 149. — (L'église Notre-Dame à), I, 491;
II, 603, 609. — (Les Carmélites à), I, 267.
— (Les reliques à), II, 31. — (Le château
de), II, 49, 74, 75. — (La paix de), I, 217.
— (La peste à), II, 381, 406.
Namur (Albert III, comte de), II, 14 à 18. —
(Alice de), II, 26. — (Frédéric de), II, 17,
18. — (Godefroid, comte de), II, 18. — (Guil-
laume I, marquis de), I, 71; II, 88, 89, 150,
168, 181, 184, 195, 228. — (Guillaume II
de), I, 118, 194, 196, 198; II, 236, 238. —
(Isabelle de), I, 39. — (Jean I de), I, 71;
II, 68, 75, 195. — (Jean II de), II, 79. —
Tome IL
(Louis de), I, 71; II, 195. — (Philippe I,
le Noble, comte de), II, 27, 32. — (Phi-
lippe II, à la Lèvre, comte de), II, 34, 40.
— (Philippe III de), I, 71; II, 176. —
(Pierre de), II, 40. — (Robert de), I, 71;
II, 82, 195, 204, 228.
Nancy (La ville de), I, 319 à 322; II, 265. —
(La bataille de), I, 334; II, 636.
Nandrin, commune de l'arrondissement de
Huy, I, 491, 493.
Naples (Le royaume de), II, 478. — (La
ville de), II, 218. — (Robert, roi de), II,
69. — (Jean de), général des Frères
Mineurs, II, 1.
Nardin (Etienne), évèque de Milan, I, 274.
Marni (La ville de), II, 21.
Nassau (Le comte de), II, 51. — (Adolphe
de), archevêque de Mayence, II, 121, 122.
— (Adolphe de), évêque de Spire, II, 196.
— (Englebert de), seigneur de Bréda et
89
706
INDEX ALPHABÉTIQUE
de Vianden, I. 322, 383, 39G, 410, 416 à 423,
171, 549, 572, 575; II, 129. — (Guillaume
de). Voir Orange (prince d'; Henri, comte
de), I, 43. — (Henri, comte de), général
de Charles-Quint, II, 134, 362, 363. —
(Henri, comte de), frère de Guillaume
d'Orange, II, 566. — (Jean de), I, tableau I,
250. — (Louis, comte de), II, 521, 526, 533,
545 à 549, 558 à 566, 606. — (Marie de),
II, 130. — (Philippe de), comte de Buren,
II, 122, 538, 551, 602. — (René, comte de)
et prince d'Orange, II, 136, 415, 452, 453,
456.
Nassogne (La ville de), I, 524.
Navarre (Le roi de), I, 513; II, 422, 478. —
(Charles, roi de), II, 232. — (Louis, roi
de), I, 37. — (Marguerite de), II, 292, 577
à 585.
Néderlins (Les), II, 366.
Neerlinter (Le seigneur de), I, 233.
Nelle (Marie de), dite de Falvy, I, tableau I.
Nemours (La seigneurie de), II, 232.
Nerssen (Agnès de), I, 407.
Nethen, commune du canton de Wavre,
Brabant, I, 582.
Neuenahr (Guillaume de), I, 43. — (Gum-
precht de), I, 176. — (Thierry de), évêque
d'Utrecht, II, 32.
Neuf château (Guillaume de), I, tableau I.
Neufmoustier (L'abbaye de), I, 24, 77, 586;
II, 16, 212, 504, 653.
Neuss (Le siège de), I, 314, 315. — (Henri
de), I, 588.
Neustadt (La ville de), I, 486. — (Les Sépul-
chrines de), II, 345.
Neuves Bressines (Les), lieu-dit près de
Liège, I, 391, 437.
Neuwice (Gilles de), I, 40.
Neval (Le seigneur de), I, 19S.
Nevers (François I, duc de), II, 439, 441,
483. — (Louis de), comte de Flandre, I,
19; II, 80, 81, 184, 215. — (Louis de Gon-
zague, duc de), II, 570, 587. — (Philippe,
comte de), I, 118, 171, 174, 207, 208.
Nicase (Thiry), II, 177.
Nice (La ville de), II, 132.
Nicolas II, pape, II, 609.
Nicolas III, pape, I, 36.
Nicolas (Le chanoine), II, 4.
Niel (Le seigneur de), I, 169.
Nieuport (La ville de), I, 371.
Nieuwstadt (La commune de), II, 234.
Nigri (Philippe de), II, 401.
Nimègue (La ville de), I, 313, 314, 474, 522,
525, 552, 566.
Nithard (L'évêque), I, 16.
Nivart (Eustache), I, 419, 582.
Nivelles (La ville de), I, 62, 72, 180, 375;
II, 37.
Nivelles (Isaac de), II, 208.
Noé (Jean), d'Acosse, II, 363.
Noël (Guillaume), abbé d'Aulne, II, 504.
Noffus (Un certain), II, 64, 65.
Noircarmes (Le seigneur de), II, 518.
Noirshoux (Les), II, 366.
Normandie (La), I, 211; II, 82. — (Charles,
duc de), II, 186.
Nortford (La prise de), II, 60.
Nortlingue (Le comte de), I, 95.
Notger, évêque de Liège, II, 298.
Nouveaux Joncs (La commanderie des), I,
487.
Nove (Egmond de), II, 218.
Nozon (La terre de), I, 56, 57.
Noyon (La viUe de), I, 151; II, 509. —
(L'évêque de), II, 356.
Nucerie (Le château de), II, 218.
Nuth, commune du Limbourg hollandais, I,
522.
Nuys (Henri de), suffragant de Liège, I,
134.
Nynen (Margen), I, 507.
DES NOMS DM PERSONNES ET DE LIEUX.
707
Obier (Jean), II, 169.
Ochain (Aleide d'), I, tableau II. — (Gérard
Chabot, dit d'), II, 167. — (Guillaume d'),
I, 217, 218. — (Jean d'), I, 147, 150. —
(Simon d'), abbé de Neulmoustier, I, 77;
II, 212.
Ochamps (Hugue d'), I, tableau II.
Ocquier (Barthélémy d'), II, 166, 180.
Odeur, commune du canton de Hollogne-
aux-Pierres, Liège, I, 510.
Odeur (Godenoul d'), I, 127. — (Guillaume
d'), II. 200. — (Herman d'), II, 116.
Odile (Sainte), II, 618.
Odoumont (Jean d'), I, 512.
Oger le Danois, I, 11.
Oignies-sur-Sambre, dépendance d'Aiseau,
II, 24, 249.
Oignies (Gilbert d'), évêque de Tournai, II,
524.
Oldenburg (Otton d'), II, 41.
Oleye, commune du canton de Waremme,
Liège, I, 524. — (Le seigneur d'), I, 365,
556.
Ombret, commune du canton de Huy,
Liège, I, 53.
Onufrius (Le légat), I, 286, 376; II, 97, 116 à
118, 263.
Oosterwyc (Jean d'), I, xviii, 92.
Opheers, commune du canton de Looz,
Limbourg, I, 384.
Opprebais (Henri d'), abbé de Beaurepart,
I, 404, 463.
Orange (Alphonse d'), II, 533. — (Guil-
laume, prince d'), II, 421, 466, 504, 513,
517 à 525, 530 à 572, 578 à. 592, 600, 601, 605,
637. — (Jean I, de Châlon, prince d'), I,
198, — (Jean II, de Châlon, prince d'),
I, 331, 33S. — (Renier, prince d'), II, 136,
415, 452, 453, 456.
Orban (Jean), I, 351.
Orchimont (Le château d'), I, 493; II, 436,
439, 621.
Ordenge, commune du canton de Saint-
Trond, Limbourg, II, 106, 113, 114.
Ordenge (Adam d'), abbé de Saint-Trond,
II, 66. — (Guillaume d'), I, 209.
Orendeal (Pierre), de Hallois, I, tableau II.
Oreye, commune du canton de Waremme,
Liège, I, 197, 340, 510; II, 114, 172, 191.
Oreye (Guillaume d'), II, 189. — (Henri d'),
abbé de Saint-Laurent, I, 559. — (Jacques
d'), abbé de Flône, II, 504. — (Mathias
d'), I, 155, 157.
Orjo (Gilles d'), abbé de Saint-Gilles, II,
504.
Orléans (Le duc d'), I, 207, 208, 520; II, 134,
457, 459. — (Charles, duc d'), II, 451. —
(Louis, duc d'), I, 106, 109, 158, 178, 519. —
(L'écolâtre d'), I, 149.
Orose, II, 2, 4.
Orp (Marie), II, 284.
Orte (La ville d'), II, 21.
Orval (L'abbaye d'), I, 84.
Orval (Le chroniqueur Gilles d'), II, 2 à 5,
12 à 49.
Oslant (Le pays d'), II, 403, 445.
Osnabrûck (L'évêque d'), I, 42, 94; II, 41.
Ostamet (Godefroid d'), II, 612.
Ostrevant (Le comte d'), I, 95, 587. — (Guil-
laume, comte d'), I, 146.
Otbert, évèque de Liège, I, 20; II, 16, 17,
611.
Otersloe (La chapelle d'), II, 110.
Othée, commune du canton de Fexhe-Slins,
Liège, I, 156, 196, 390. — (La bataille d'),
I, 84, 119 à 121, 172, 197 à 200, 588; II, 617.
— (Le seigneur d'), II, 127.
Otton IV, empereur, II, 10, 34, 36, 43.
Otton IV, duc de Saxe, II, 25.
Otton, cardinal et évêque de Porto, II, 46.
Otton, abbé de Saint-Laurent, I, 26; II, 20,
40.
Oudenbosch (Le chroniqueur Adrien d'), I,
67, 214, 589 II, 8, 94 à 123, 141, 237, 241,
274, 607.
Oudewater (La ville d'), II, 568.
Ouffet, commune du canton de Nandrin,
Liège, I, 491; II, 34.
Ouffet (Louis d'), II, 173, 174.
Ougrée, commune du canton de Seraing,
Liège, I, 456.
708
INDEX ALPHABETIQUE
( luit remont (Agnès d'), I, 537. — (Charles
d'), évêque île Liège, II, 31G.
Onlinen (L'évèq 1'), II, 190.
Oupeye, commune du canton de Fexhe-
sims, Liège, II, 177. — (Le seigneur d'),
I, 350, 393, 571, 573; II, 490, 505. — (Adam
d'), I, 112. — (Arnold d'), II, 95. — (Féli
d'), I, tablea.ii III. — (Lambert d'),
I, 477; II, 185, 186, 193, 195.
Oustreval (Guillaume d'), II, 229.
Outremeuse (Jean d'), I, 2, 7, 8; II, 2, 4,
G, 7, 141 à 236, 274.
Overbecck (L'abbé d'), II, G54.
Oye (Thierry d'), II, 208, 226.
Oyembrugge de Duras (Charles d'), II, 393.
Paderborn (L'évêque de), I, 42.
Padoue (L'évêque de), I, 586.
Paifve, commune du canton de Fexhe-Slins,
Liège, I, 389.
Paix-Dieu (Abbaye de), II, 73.
Palais (Wéri des), II, 190.
Palerme (La ville de), 11, 497.
Palestrina (Guy de), II, 29.
Pallant (Antoine de), I, 407. — (Jean de),
I, 436, 511. — (Thierry de), I, 436.
Pallavicini (Lazarre de), II, 289.
Palmerius (Mathaeus), II, 4.
Pakide (Henri de), I, 526. — (Marie de),
alias Vanden Broeck, I, 55S. — (Arnold
Bormans, dit de), II, 466.
Pannetier (Collard le), de Seraing, II, 67.
— (Gérard le), I, 524. — (Gilles le), I, 458.
— (Guillaume le), II, 580.
Paniot (Baudouin), II, 173.
Fantaléon (Jacques), II, CU9.
Paraldi (Hugues), II, 64, 65.
Parc (L'abbaye du), II, 654.
Pardieu (Jonathas de), II, 324.
Parfondry (Jean et Amel de), II, 153.
Parfonmve (Jean de), II, 206.
Paris (La ville de), I, 106, 149, 175, 178, 194,
208, 211, 213, 533; II, 25, 53, 64, 65, 67, 100,
135, 137, 186, 354, 356, 377, 437, 444, 459,
468, 562, 563, 645.
Parme (Le siège de), II, 49.
Parme (Marguerite, princesse de), II, 494,
497, 511, 517, 519, 521, 531, 552, 589.
l'aune (Le prince Alexandre de), II, 593 à
597.
Pas (Le chroniqueur Humberl de). II, 236.
— (Je;. il de), de Wonck, II, 172,
Passau (Le traité de), II, 480.
Pasture (Jean de), prieur de Gembloux, II,
408.
Paul II, pape, II, 105, 239, G23.
Paul IV, pape, II, 662.
Pauster (Gérard), II, 229.
Pavie (La ville de), I, 64, 66; II, 68. — (La
bataille de), II, 367, 473.
Peer, commune du même canton, Lim-
bourg, II, 128, 267, 632, 635, 641.
Pellaines, commune du canton de Landen,
Liège, II, 534.
Pelletier (Etienne le), I, 399. — (Nicolas le),
I, 580.
Pépin (Le roi), I, 10.
Peraudi (Raymond), cardinal et légat, I,
541.
Permont (Henri de), II, 170.
Peron (Collard de), II, 173.
Péronne (La ville de), II, 82, 629.
Péronne (Thomas), I, 446.
Perpignan (La ville de), II, 457.
Persant de Haneffe (Eustache), I, 58, 76 à
86; II, 191, 212, 213, 214, 216, 217, 232.
Perse (Le roi de), II, 387.
Perwez (Le village de), I, 161; II, 468. — (Le
seigneur de), I, tableau IV; II, 233, 505. —
(La dame de), I, 430; II, 45.
Perwez (Godefroid de), II, 36. — (Guillaume
de), II, 33. — (Henri de Horne, seigneur
de), I, tableau II, 98, 101 à 105, 107, 112,
123, 151, 161 à 163, 205, 233; II, 217, 224, 225,
226, 229. — (Jean de Home, seigneur de),
1, 161. — (Thierri de), I, 107 à 112, 143, 144,
161 à 172, 203.
Pesche (Alard de), II, 68.
Pesser (Alexandre), II, 323.
Petange (Le seigneur de), I, 82.
DES NOMS DE PERSONNES ET DE LIEUX.
709
Peteghem (Le seigneur de), I, 71.
Peters (Jean), II, 182.
Petersem (Le château de), I, 76, 78, 428; II,
213. — (Le seigneur de), II, 571. — (Jean
de), I, 209. — (Henri de), I, tableau II.
Pétri (Suffridus), I, 151, 34S.
Peville, dépendance de Grivegnée, I, 454,
462; II, 580.
Pexheur (Ysegrin le), II, 179.
Philippe-Auguste, roi de France, II, 37.
Philippe le Bel, roi de France, I, 37, 48; II,
59, 63, 188.
63, 188.
Philippe le Hardi, roi de France, I, 48, 90,
109, 171; II, SI, 221.
Philippe le Hardi, comte de Flandre, II, 236.
Philippe le Long, roi de France, I, 48.
Philippe VI, de Valois, roi de France, II,
82, 84, 147, 183.
Philippe le Bon, duc de Bourgogne, I, 217,
218, 225, 231, 240 à 242, 253, 311; II, 94, 95,
105, 106, 107, 228, 245, 247, 248, 438, 621, 622,
624, 625.
Philippe le Beau, archiduc d'Autriche, I,
316, 317, 373, 399, 430, 432, 437, 442, 483,
486 à 489, 506, 513, 526, 540, 543, 545, 550,
565; II, 272, 341, 344, 637.
Philippe II, roi d'Espagne, II, 133, 370, 411,
422, 424, 439, 445, 446, 449, 483 à 495, 497,
498, 500, 516, 518, 529 à 531, 557,~582, 585 à
592, 661, 662.
Philippe, duc de Toscane et de Souabe, II,
25, 34.
Philippe ville (La ville de), II, 440, 486.
Philpot (L'orfèvre), II, 178.
Phrygius (Dares), II, 4.
Picardie (La), II, 188.
Pie II, pape, I, 120; II, 102.
Pie III, pape, I, 549.
Pie IV, pape, II, 514, 643.
Pierre l'Ermite (La sépulture de), II, 16.
Pierre (La chronique de la), II, 339.
Pierrepont (Hugues de), évêque de Liège,
I, 27; II, 27, 28, 32, 37 à 44, 63, 207, 612,
613.
Pierpont (Le seigneur de), II, 170.
Pierseal (Jean), I, 151. — (Pierre), chanoine
de Sainte-Croix, I, 150.
Pietresme (Le château de), II, 613.
Pileus de Prata, archevêque de Ravenne,
I, 75.
Pinnock (Jean), I, 337.
Piragoire (Le bourg de), II, 188.
Pirard, évêque de Liège, I, 12.
Pirmont (Le seigneur de), II, 170. —
(Barbe de), I, 407.
Piron (Le petit), I, 363, 402, 408, 496, 554,
555, 563, 564, 614.
Pisart (François), II, 323.
l'isr (La ville de), I, 205; II, 68, 218.
Pitteit d'Emale (Jean), II, 465, 490, 505.
Placentius, I, 342, 348.
Plaioul (Pierre), évêque de Senlis, I, 140;
II, 235, 236.
Plaisance (L'évêque de), I, 138; II, 132.
Platea (Jean de), chanoine de Saint-Jean et
curé de Verviers, I, 351, 369, 461; II, 268,
274, 642.
Pline, II, 4.
Plotius (Gallus), II, 4.
Plutarque, II, 2.
Pock (Un nommé), I, 315.
Poekes (Olivier de), II, 184.
Poêle (Daniel de), I, 198.
Poilvache (Le prévôt de), I, 393. — (Le châ-
teau de), II, 45, 176.
Poilhon (Jean), abbé de Saint-Jacques, II,
169.
Poissy (Le monastère de), I, 206.
Poitiers (La ville de), II, 65, 134. —
(L'évêque de), I, 149. — (La bataille de),
II, 186.
Poitiers (Philippe, comte de), I, 37.
Poitiers (Guillaume de), II, 483, 551, 603.
Poitou (Le), II, 18S. — (Le comte de), II,
25, 26.
Pollain (Le seigneur de), I, 420, 574. —
(Adrien le), II, 466. — (Jean le), de Xhe-
i mont, seigneur d'Oupeye, de Vi\
et de Waroux, I, 350, 393, 467, 490, 571,
573, 642. — (Jean le), d'Alleur, II, 208.
Pollard (Jean), II, 149, 157, 173.
Polit (Jean), II, 282, 305.
Polie (Otton, comte de), I, 43.
Polleur, commune du canton de Spa, Liège,
II, 256.
Pologne (Le roi de), II, 412.
710
INDEX ALPHABÉTIQUE
Polus (Reginald), cardinal, II, 131, 390, 485,
4994.
Pommaerts (Le château de), II, 486.
p m (Gaspar), abbé de Stavelot, I, 388.
Pont à-Mousson (La ville de), I, 313.
Pontillas, commune du canton d'Eghezée,
Namur, II, 408.
Porceau (Le comte de), I, 430.
Porquin (Bernardin), II, 540, 573.
Portugal (Cherté en), II, 417. — (Béatrice
de), I, 333. — (Isabelle de), épouse de
Charles-Quint, I, 513; II, 133. - (Marie
de), II, 412.
Postel (Jean), II, 636.
Pottier (Lambert le), I, 442.
Pouillon (Thierry), I, 393, 419.
Poulseur (Le seigneur de), 1, 351. — (Mar-
guerite de), I, 543.
Pousset, commune du canton de Waremme,
Liège, I, 51. — (Le seigneur de), I, 374.
Poyrieu (Aymar de), dit Cadorat, II, 258.
Prague (La ville de), I, 138; II, 190, 221, 497.
Prata (Pileus de), évèque de Padoue, I,
586.
Pratello (Nicolas de), I, 182.
Prealle (Michelot de la), I, 182.
Premy (La ville de), I, 457.
Prénesie (Oui de), II, 31. — (Jacques de),
II, 47.
Presles (Jeanne de), I, tableau II.
Presseux (Jean de), abbé du Val-Saint-Lam-
bert, 1, 524.
Prez (La famille de), II, 45, 51, 54. — (Guil-
laume de), dit de Weys, II, 171, 175. —
(Herbert des), II, 153, 160. — (Jean de),
1, 157. — (Louis des), dit de Colonster, II,
164. — (Radoux de), II, 50, 180. — (Thierry
de), II, 52.
Printen (Rémi), II, 134, 403.
Procope, II, 4.
Proest (Guillaume), I, 89, 587. — (Jean),
I, 80.
Provence (Le comte de), II, 46.
Pry, commune du canton de Walcourt,
Namur, I, 62.
Ptolémée, II, 4.
Puchey (Gérard de), II, 205.
Q
Quarreux (Jonathas de Pardieu, dit de), II,
324.
Quercentius (Robert), II, 447.
Quesnoy (La ville du), I, 457.
Quercu (Jean de). Voir Chesne, Jean.
Quiévrain (Nicolas, seigneur de), I, tableau I.
Qutsemen (La ville de), II, 562.
R
Rabutin (La chronique de Fr.), II, 288.
Rachel (Le bourg de), II, 188.
Racourt (Gérard de), II, 215.
Radenrode (Guillaume de), I, tableau IV.
Mechtilde de), I, 587.
Radulphus, abbé de Saint-Trond, II, 17.
Raimundus, II, 4.
Rambures (Antoinette), I, 284.
Ramée (Agnès de la), I, 290.
Ramelot (Henri de), II, 169.
Ramioul (Le seigneur de), II, 380.
Rammekens (Le château de), il, 563.
Ranchis (Guillaume de), II, 175, 254.
Rancovado (Guillaume de), évêque de Tour-
nai, I, 231; II, 101.
Randaxhe (Radoux), II, 466.
Randenrath, commune de la province rhé-
nane, I, 92.
Ranst (Isabelle), I, 250.
Rasier (Renier), abbé du Val-Saint-Lambert,
II, 580.
Raskin (Un nommé), I, 448.
Raspon (Henri), landgrave de Thuringe,
II, 48.
Rassenghien (Maximilien Vilain, baron de),
II, 584.
DES NOMS DE PERSONNES ET DE LIEUX.
711
Ratier (Le château de), II, 204.
Ratisbonne (La ville de), I, 217; II, 137, 570.
Rave (Herman), abbé de Saint-Jacques, II,
504, 533.
Ravenne (L'assaut de), I, 375. — (L'arche-
vêque de), I, 75; II, 176.
Ravenstein (Le seigneur de), I, 92, 185, 278,
279, 280, 294 à 296; II, 113, 261, 262, 263,
627, 628, 635. — (Jean de), II, 204. — (Phi-
lippe de), I, 333, 372, 374, 486, 487; II, 129.
Ravere (Julien de), légat, I, 501.
Raville (Ermengarde de), I, 529.
Raymondi (Le manuscrit Gilles), II, 339.
Rechberg (La seigneurie de), II, 120.
Reckheim, commune du canton de Meche-
len, Limbourg, I, 428, 536.
Redingen (Wilhelm), II, 60.
Rees (La ville de), I, 176.
Réginard (L'évèque), I, 14; II, 552.
Reichenau (Guillaume de), évêque d'Eich-
stadt, II, 122.
Reifferseheid (Jean de), I, 186; II, 363. —
(Louis de), I, 90, 587; II, 221. — (Jeanne
et Mathilde de), I, 200. — (Le seigneur de),
I, 185.
Reims (La ville de), II, 183, 231, 233, 420,
478, 488. — (L'évèque de), I, 45; II, 43.
Reineck (Agnès de), II, 24. — (Gérard de),
II, 24.
Reiner, chanoine de Hougaerde, II, 35.
Remacle (Le potier), I, 557.
Rémi (Jean), I, 354.
Remicourt, commune du canton de Wa-
remme, Liège, I, 510; II, 54.
Remouehamp (Jacques de), II, 200.
Renaix (La dame de), I, 178.
Renardi (Henri), I, 421.
Reneri (Jean), II, 386.
Renier de Saint-Jacques, II, 5.
Renier de Saint-Laurent, II, 4.
Renkin (Un nommé pape), I, 419. — (Jean),
I, 448.
Renneck (Le comte de), II, 41.
Rennenberg (Gaspard de), II, 392.
Renon (Simon de), II, 196.
Rens en Champagne (La ville de), II, 472.
Renty (La ville de), II, 436, 439, 484, 485. —
(Le seigneur de), I, 198, 430, 505.
Requesens (don Louis de), II, 566, 574.
Reseur (Jean), I, 521.
Reuland (Aleide de), I, tableau II.
Revel (Herman de), II, 149.
Revogne, dépendance de Honnay, I, 56, 57.
Rey (Le seigneur de), I, 181, 185.
Reyckem (Le château de), H, 605.
Reydt (Le château de), II, 103, 253.
Rhenen, commune de la province d'Utrecht,
I, 525.
Rhodes (L'île de), II, 365, 511, 524.
Richaire, évêque de Liège, I, 13.
Richard Cœur de Lion, roi d'Angleterre,
II, 25, 223.
Richel (Paul de), II, 406.
Rietberg (Otton de), évêque de Paderborn,
I, 42. — (Conrard de), évêque d'Osna-
bruck, I, 42.
Rietra (La ville de), I, 56, 57.
Riga (L'évèque de), I, 132.
Rigo (Gilles de), II, 336. — (M. C), II, 315.
Ringrave (Le seigneur de), II, 379.
Risart (Richard), II, 256.
Risbourg (Le seigneur de), II, 513.
Rithovius (Martin), évêque d'Utrecht et
dYpres, II, 513, 584.
Rivageois (La mutinerie des), I, 354, 363,
446, 458, 478, 479; II, 142, 291, 299, 306, 313 à
315, 322, 323, 328, 343, 378, 383, 412.
Rivière (Marie de la), I, 217. — (Raes de
la), seigneur de Heers. Voir Heers.
Rivo (Radulphe de), II, 161, 192, 330.
Riweron (Michelot de), II, 241.
Roberes (Jean le), II, 166, 192. — (Pierre
le), I, 107; II, 216, 217, 230, 233.
Robert II, comte de Flandre, II, 16.
Robert, roi de Sicile, I, 65.
Robert, comte palatin, II, 104, 196.
Robert, comte de Genève, I, 78.
Robin, chevalier de Tirlemont, II, 35.
Robles (Gaspard de), II, 605.
Rocha (Pierre), I, 353, 356, 365. — (Gaillard
de la), H, 127.
Roche (Baudouin de la), I, 107, 156, 165; II,
229, 232. — (Jean de la), dit de Beausaint,
I, 458, 524.
Rochechouart (Isabelle de), I, 85.
Rochefort (La ville de), I, 533, 581; II, 252.
— (Le comte de), I, tableaux II et III,
493, 562; II, 181, 212, 213, 217. — (Agnès
712
INDEX ALPHABETIQUE
,l,., | J93. _ (Aleide de), I, 123, 161. —
[Gille de . Il, 201 :'i 207. — (Gérard
de . il. 201, 2'i't. — (Gilles de), il, 16-2. —
m de), l. tableau I. 121 à 124, 160; II,
191. _ (Louis de), H, W2. Voir aussi
Haneffe (de).
Rocoin, : lune «lu canton de Fexhe-
Slins, Liège, I, 391; II, 171, 172. — (Le
seigneur de), II, 177.
Rocomi (Henri de), II, 169.
Bocroi (Le manuscrit de), II, 274.
il ni,, i ;, terre de , I, 242, — (Le seigneur
de . i. 334.
Rodemack, village de Lorraine, i, 387. —
(La prise de), II, 428.
Rodi mai I' l< .'m 'l-1, I, 81; II, 214, 215.
Rodolphe II, empereur, II, 570, 582 à 584,
586.
Rodolphe 1, due de Saxe, II, 75.
Rodolphe II, duc de Saxe, II, 196.
Rodolphe I, comte palatin, II, 75.
Roergnêe (le bourg de), II, 88.
Roerhorch (Nicolas), I, 238.
Roesel, dépendance de Wellen, II, 103.
Roest (Jean de), II, 123.
Roeulx (Le seigneur de), I, 430; II, 136.
l: ■ ; r (Pierre), II, 601).
Roingnart (Le seigneur de), II, 472.
Rolduc (L'abbaye de), 1, 2, 16, 17.
Rolhon (Le couvent de), II, 56.
Rome (La ville de), I, 65, 66, 537; II, 18, 69,
70, 132, 1R83, 211, 213, 225, 268, 271, 370, 371,
454, 472, 501, 619, 631.
Romero (Julien de), II, 440 à 442.
Rommershoven (Jean de), II, 131.
Romont (Le comte de), I, 331.
Rooseheeck (La bataille de), II, 217.
Rosmeer, commune du canton de Bilsen,
Limbourg, I, 180.
Rosmel (Tilman de), II, 173.
Rosseal (Lambert), I, 89. — (Henri), II, 221.
Rosseaville, alias Agimont, lieu-dit en
Vrtois, II, 207.
Rossem (Martin van), II, 407, 408 à ii2.
470, 471.
Rosti (Rigauld Ici, II. 166, 172.
Roteleii L" marquis de), II, 037.
Roteymon (Le seigneur de), I, 198.
Rotselaer (Le seigneur de), I, 386. — (Eli-
sabeth de), I, 430.
Rotterdam (La ville de), II, 562.
Rouen (I.a ville de), 206, 211, 213; II, 500.
Rouge Porte (Jean délie), II, 239.
Rousseau (Pierre le), dit du Saint-Esprit,
II, 565. — (Thonon), II, 254. — Rousseau
de Wandre, I, 415.
Rouveroit (Renard de), II, 257.
Roye (Gui de), archevêque de Reims, I, 115.
Royer (François), sénéchal de Lyon, II, 626.
Royère (Jacques de la), II, 258.
Huiter (Herman), II, 556.
Ruland (Jean de), I, 407.
Rumigny (Isabelle de), I, 61.
Rummen (Le château de), I, 70; II, 149, 193.
— (Le seigneur de), II, 189 à 191. —
(Arnold de), I, îv; II, 94, 182, 188, 192 à
194.
Runckel (Marguerite de), I, 529.
Rupe (Alard de), I, 576.
Rupert de Saint-Laurent, II, 4.
Rupert, roi de Rome, I, 170.
Ruremonde (La ville de), I, 101, 148, 376,
474, 521, 522, 524, 539; II, 32, 52, 223, 232 à
234, 346, 410, 435 ù 442, 454, 484, 552, 561,
562.
Russon, commune du canton de Tongres,
Limbourg, I, 120, 196, 386, 387, 478, 520,
588; II, 175.
Ruttis (Raskin de), I, 454.
Ruyt (Jean de la Boverie, dit le). 1 oit
Boverie, Jean.
Ryckel (Gisbert de), I, 349.
Ryke (Louis de). Voir Landshut, II, 122.
Rynenstein (Jean de), II, 202.
DES NOMS DE PERSONNES ET DE LIEUX.
713
S
Saarwerden (Frédéric de), archevêque de
Cologne, I, 77, 99, 196, 313. — (Catherine
de), I, 90.
Saffenherg (Guillaume de), I, tableau IV.
Sailhet (Jean), I, 354.
Saint-Ambrion (L'abbé de), II, 654.
Saint-Augustin, II, 4.
Saint-Antoine (La commanderie de), I, 487.
Saint-Bertin (L'abbaye de), I, 352.
Saint-Clair (Le seigneur de), I, 198.
Sainte-Claire (Le couvent de), lez-Bruxelles,
II, 162.
Saint-Denis (La ville de), II, 516.
Saint-Dizier (La ville de), II, 415, 416, 421,
456, 458.
Saint-Esprit (Antoine de), I, 507. — (Pierre
le Rosseau, dit de), II, 565.
Saint-Georges (Le seigneur de), I, 198.
Saint-Germain, lieu-dit à Lixhe, I, 587.
Saint-Gilles, lieu-dit à Liège, II, 115.
Saint-Grégoire le Grand, II, 2.
Saint-Hubert (La ville de), I, 524; II, 344,
380. — (La bataille de), II, 288. —
(L'abbaye de), II, 265, 343, 504, 535, 541,
547, 649, 653.
Saint-Jacques (La chronique de), I, 6, 8.
Saint-Jean de Jérusalem (L'Ordre de), II,
365.
Saint-Jean d'Acre (La ville de), II, 56.
Saint Jérôme, II, 2.
Saint Lambert, évèque de Liège, II, 298, 301,
302.
Saint-Laurent (Robert de), I, 154.
Saint Louis, roi de France, II, 46, 49.
Sainte-Marguerite (Guillaume de), II, 214,
220. — (Renier de), I, 178.
Saint-Martin (Jean de), I, 113, 169, 185, 192.
Saint-Nicaise (L'abbé de), II, 87.
Saint-Nicolas de Baire, II, 218.
Saint-Nicolas-en-Glain, commune près de
Liège, I, 363.
Saint-Omer (La ville de), I, 167, 231, 311. —
(Le châtelain de), II, 24.
Saint-Pierre-lez-Maestricht (La commune
de), I, 74, 116, 177, 183, 216, 528; II, 207, 259,
571, 586.
Tome II
Saint-Pol (La ville de), II, 389. — (Le comte
de), I, 267, 269, 274. — (Gui de), I, 72; II,
59, 195. — (Jacques de), I, 60. — (Louis
de), I, 254. — (Waleran de), I, 175, 217.
Saint-Quentin (La ville de), II, 82, 119, 133,
135, 456. — (La bataille de), II, 304, 447,
448, 449, 486, 503, 505.
Saint-Remy (L'abbé de), II, 252, 653.
Saint-Salvador (Le château de), II, 486.
Saint-Sébastien (La ville de), II, 134.
Saint-Servais (Alexandre de), II, 173. —
(Baudouin de), II, 217. — (Franco de),
II, 62.
Saint-Séverin (Le curé de), I, 204. — (Le
comte de), II, 218.
Saint-Simon (Blanche de), I, 289. — (Mar-
guerite de), II, 129.
Sainte-Trinité (L'Ordre de la), II, 590.
Saint-Trond (La ville de), I, 32, 34, 83, 88,
90, 96, 103, 106, 108, 126, 158 à 167, 194, 202,
212, 250, 251, 275, 279, 327 à 330, 337 à 339,
347, 352, 354, 378, 385, 386, 404, 420, 427,
470, 472, 495, 498, 500, 508, 530, 554; II, 28,
47, 67, 73, 79, 90, 91, 94, 9S, 103, 105 à 110,
113, 123 à 125, 130, 135, 155, 158, 163, 180,
181, 182, 189, 193, 199, 210, 222, 223, 224,
227, 230, 259, 262, 269, 330, 446, 534, 541, 580,
590, 606, 625, 626, 644, 649. — (L'abbaye de),
I, 355, 407, 434; II, 15, 87, 154, 223, 504, 534,
538, 541, 653. — (L'église Notre-Dame à),
I, 144; II, 609. — (Le couvent de Sainte-
Catherine à), II, 45. — (Le congrès de),
II, 517, 521, 527. — (Les échevins de), II,
83. — (La peste à), II, 595. — (La prise
de), II, 303. — (La révolte de), I, 144. —
(Le siège de), II, 15, 17, 627. — (Le traité
de), II, 537.
Saint-Vith (La ville de), I, 314,
Saint-Yith (Charles de), I, 246.
Saive (Le château de), I, 396; II, 73, 266.
Saladin (Le sultan), II, 42.
Salluste, II, 2.
Salm (Le comte de), I, 198; II, 168, 248, 362.
— (Henri, comte de), I, 115, 197. —
(Jacques de Theux ou de), II, 220. —
(Jean de), II, 363, 494.
90
714
INDEX ALPHABETIQUE
Salmatis (Le cardinal), II, 375.
Samson, commune du canton d'Andenne,
Namur, i. 386. - (Jean de), II, 622.
i, Winand), 1, 235. — (Herman de),
II. ,'i)3. — (Jean de), 11. H.
PO (Gentills de), cardinal, II, 218.
Sanon Le seigneur de), I, 198.
Sanserre (Le comte de), II, 456.
Santhuys (Le seigneur de), i, 198.
Saphenberch (Adelbert de), I, 16.
Sart, commune du canton de Spa, Liège,
II, 231.
Sart (Conrad de), I, 491. — (Francot, de),
II, 8T. — (Jean de), I, 556. — (Thierri de),
I, 368, 590.
Sarta (Jean de), II, 392.
Sasur (Mathias de), I, 467.
Saulcy (La forteresse de), II, 362, — (Albert
de), II, 490.
Saulmon (Jean de), I, 547.
Sautonge (La ville de), II, 188.
Sauvenière (André de la), II, 225.
Saveneal (Le maïeur), I, 362, 427.
Savoie (Le duché de), II, 463, 478. — (Emma-
nuel-Philippe de), II, 136, 429, 459, 487. —
(Guillaume de), II, 45. — (Jacques de),
I, 331. — (Louise de), II, 376. — (Margue-
rite de), I, 316. — (Philibert de), I, 316,
483. — (Philippe de), I, 331. — (Thomas
de), II, 46, 47.
Saxe (Un prodige en), II, 424.
Saxe (Albert II, duc de), I, 373, 375, 379,
383 fi 300, 427, 430 à 448, 462, 465, 469, 472,
4B8, 4S9, 500, 517, 519, 534; II, 196, 268. —
(Auguste, duc de), II, 475, 478, 479, 482. —
(Georges, duc de), II, 134. — (Henri le
Lion, duc de), II, 10, 25. — (Maurice, duc
de), II, 475 à 482, 530. — (Otton IV, duc
de), II, 25, 26, 196. — (Rodolphe II, duc
de), II, 196. — (Wenceslas de), II, 196.
Sayne (Jean, comte de), I, 43.
Saynpy (Le seigneur de), I, 198.
Schauenbourg (Adolphe de), II, 130, 445. —
(Evrard de), II, 122.
Schaunenberg (Antoine de), archevêque de
Cologne, II, 494.
Scheiffart de Mérode. Voir Mérode.
Schenck (Georges), II, 137. — (Barthélemi) ,
I, 88.
Scheut (La bataille de), II, 81.
Schepens (Le prieur), I, 235.
Schieden (La ville de), II, 251, 258.
Schoenau (Renard de), ou de Schoonvorst,
I, 100, 181.
Schoolmeesters (Le manuscrit), II, 329, 330.
Schoonhoven (La ville de), II, 568.
Schoonvorst (Le seigneur de), 1, 148. —
(Jean de), 1, tableau II. — (Philippine
de), I, 115. — (Renard de), I, tableau I,
100, 115, 147, 181; II, 232.
Schors (Le seigneur de), 1, 198.
Schoutt (Frédéric), I, 315.
Schouten (Guillaume), II, 292.
Schwartzenberg (Le comte de), I, 341.
Sclayn (Le chapitre de), II, 450, 468.
Sclessm (Le voué de), I, 384.
Scoel (Un allemand dit), II, 124.
Scoenrode (Henri de), II, 170.
Scohier (Jean de Flémalle le), II, 166.
Sconville (Le seigneur de), I, 198.
Seehten, village près de Bonn, I, 16.
Sedan (La ville de), I, 336, 502 à 505, 520; II,
362, 381, 389, 391, 426.
Seez (L'évèque de), I, 211.
Sekel (Georges), II, 354.
Sélim (Le sultan), II, 354.
Sempy (Le seigneur de), I, 430, 431; II, 415.
Sept-Fontaines (L'abbaye de), II, 393.
Seraing (La commune de), I, 98, 147, 459,
525, 579; II, 167, 175, 215, 227, 230, 348, 558.
— (Le château de), II, 342. — (Le capi-
taine de), I, 536; II, 649. — (L'église de),
I, 524, — (Le pont de), I, 83, 93, 114, 183.
Seraing (Le seigneur de), I, tableau III; II,
206. — (Alexandre de), I, 399; II, 622, —
(Eustache de), II, 152. — (Gérard de), I,
524. — (Gilles de), I, 458. — (Jean de),
seigneur de Tinlot et Jemeppe, I, 122, 155,
202, 291; II, 100, 234, 250, 263, 629. — (Jean
de), doyen de Saint-Lambert, II, 108, 111.
— (Marguerite de), I, 458. — (Thierri de),
II, 162. — (Tristan, le pannetier de), I,
460.
Sraing-le-Château (Le seigneur de), I, 512;
II, 86, 152, 171, 416.
Servais (Materne), I, 573.
Séroulle (Le maïeur de), I, 362.
Serval (GilUinet), I, 362.
DES NOMS DE PERSONNES ET DE LIEUX.
715
Sestampno (Villa de), I, 207.
Sevenberghe (Le seigneur de), II, 12'J.
Severinus, I, 9.
Seymour (Edouard), duc de Sommerset, II,
481.
Sichem, commune de l'arrondissement de
Tongres, Limbourg, I, 100, HT, 232, 367;
II, 126.
Sicile (Le roi de), II, 218.
Sickingen (Frantz de), II, 362.
Siegen (Tilman von), I, 527.
Sierk (Philippe de), prévôt de Trêves, II,
122.
Sigebert de Gembloux (La chronique de),
II, 4, 5, 303.
Sigismond, empereur, 1, 128, 129, 136; II,
241, 300.
Sigismond, roi de Pologne, II, 412.
Sigismond, landgrave de Haute-Alsace, I,
316.
Silvestre (Le père), II, 313.
Sinnich (L'abbaye de), I, 17.
Sittard (La ville de), I, 45, 57, 76, 206, 234,
453, 485; II, 647. — (La bataille de), II,
411.
Siverbusen (La bataille de), II, 482.
Sixte IV, pape, I, 326, 345.
Slins, département de Fexhe-Slins, I, 114,
183.
Slins (Catherine de), I, 215. — (Gui de),
I, 111, 215. — (Léonard de), I, 408, 411,
413, 436, 440.
Sluse, commune du canton de Tongres,
Limbourg, I, 183.
Soey (Le duc de), II, 483.
Soiron, commune du canton de Verviers,
Liège, I, 483.
Soissons (La ville de), II, 457. — (L'évêque
de), II, 99, 250.
Soissons Marguerite de), dame de Chimay,
II, 79, 155.
Solente (Jeanne de), I, 209.
Soleure (Le château de), II, 428.
Solier (Henri de), II, 166.
Soliers (Le couvent de), II, 15.
Soliman (Le sultan), II, 134, 137, 376, 387,
483.
Solis (Henri), II, 257.
Solms (Agnès de), I, 185. — (Anne de), I,
tableau I. — (Bernard de), I, 357, 575;
II, 96.
Sombreffe (Frédéric de), I, 536. — (Gérard
de), II, 125, 127.
Somerie (Jean de), II, 241.
Sommerset (Le duc de), II, 481.
Sonneberg (Everard de), II, 122.
Soreal (Thibaut), II, 44.
Soria (Le duché de), I, 380.
Soumagne, commune du canton de Fléron,
Liège, I, 180.
Sozomère, II, 4.
Spa (Les eaux de), II, 324, 570, 577, 579,
587.
Spa (Jean de), I, 127.
Spalbeek (Le seigneur de), I, 209.
Spanheim (Emichon de), II, 66.
Spech (Jean), II, 120.
Spire (La ville de), II, 18, 414, 479, 610. —
(La chambre impériale de), II, 651. —
(L'évêque de), II, 196.
Spirinc (Jules), I, 522.
Spontin, commune du canton de Ciney,
Namur, II, 442.
Spontin (Jean de), II, 344. — (Marguerite
de), I, 365, 556. — (Robert de), seigneur
de Wavre, I, 472.
Spreide (Renier), II, 179.
Sprimont, commune du canton de Louvei-
gné, Liège, I, 453.
Sprimont (Jean de), I, 85, 86; II, 216, 217.
Srynen (Marie de), II, 129.
Staden (Henri), I, 204.
Staff usen (Le seigneur de), II, 170.
Statte (L'église de), I, 11. — (Le doyen du
concile de), II, 339.
Stave, commune du canton de Florennes,
Namur, II, 436.
Stavelot (La ville de), I, 367, 521; H, 221,
233, 596. — (L'abbaye de), I, 381, 383, 388;
II, 308, 570, 571, 583, 586, 653.
stavelot (Le chroniqueur Jean de), I, 67
à 145, 214; II, 2, 3, 7 à 9, 141, 145, 236, 237,
274, 330.
Steelant (Le chanoine de), I, 464. —
(Jacques), I, 351, 461. — (Jean), I, 419,
583, 590.
Steen (Le château de), I, 435.
Steenberg (La ville de), II, 251, 258, 579.
716
INDKX AI.PIIARÉTIQUK
Stcin (Piron), II, 254.
Steinbock (Erhart), i, 315.
i Eugène de), II, 170.
Stemberl Jean de), II, 244.
Stenay (La ville de), n, 451, 467.
Stenne (Un nommé), I, 414.
Stephani (Théodore), II. 53
Steppes (La bataille de), I, 4; II. 34 i 16
40, 307, 547, 541, 613.
Ste'ppon (Le prévôt), I,
Stercksel (La cour de), H, 37.
Stei nberg (Alberl de), archevêque de Mag
de! -g, 11, 196.
Stevensweert (Le seigneui de), i, 209.
Stej n (Le château de), i, 539.
Steynstraat, chaussée de Tongres, 1. i^'..
Stier (Gilles de), II, 494.
Stienne (Piron), II, 485, 622.
Stoekhem (La ville de), l. 352, /:::>. 500,
II, 188, 189, 190, 229, 401, 534, 546. — (Le
Château de), I, tv, 527; II, 94, 245, 342, 390,
523, 527. — (La peste à), II, 595.
Stolberg (Le seigneur de), I, 90.
Storn (Henri), I, 129.
Stouten (Adrien), II, 281.
Strabon, II, 4.
Straelen, commune de la Prusse rhénane,
1, 522.
Stralen Goswin de), I, 376.
Strasbourg (La ville de), I, 237, 317, 321,
Ï78. — (L'évêque de), I, 99, 587.
Streel (Eustache de), II, 114, 127, 261. —
(Jean de), seigneur de Voroux, I, 154; II,
117, 507, 5HI, 537, 540.
Strengnarl (André), suffraganl de Liège,
II, 591.
Strossy (Pierre), II, 181.
Stuart (Alexandre), I, 197.
Stuart (Marie), reine d'Ecosse, II, 488.
Suli ''n (Le seigneur de), il, 170.
Sultz (Rudolphe, coude de), II, 122. —
(Uldaricus, comte de), II, 122.
Surbise (Un nommé), II, 649.
Surdelle (Henri), II, 622.
Surlet. Voir Baré (Fastré). — (Cilles), I,
125, 155, !03. — (Guillaume), seigneur de
Langdris et de Chockier, I, 441, 583. —
(Jean, dit de Lardier. I. 104; II, 157, 235.
Susanne (Monsr de), II, 442.
Suster (La ville de), II, 410.
Svenald de Harf, I, 176.
Swanenburg (Vincent de), I, 417.
Swertere (Jean de), I, 83.
Sylvius (Aeneas), II, 617.
Sylvius Grégoire (Le manuscrit), II, lîi,
273 à 278, 322, 340, 341, 433, 436, 506, 558,
567, 587.
Tabareau (Thierry), de Haneffe, I, ta-
bleau II, 58; II, 152.
Tabollet (Le chanoine), II, 293. — (Lambert
et Perpète), II, 442.
Tacite, II, 4.
Taleyrand (Ëlie), I, xvm.
Tangay (Le seigneur de), I, 198.
Tanneguy du Chastel, prévôt de Paris, I,
208.
Tarente (L'évêque de), II, 218.
Tautemberg (Steuk de), II, 489.
Tawes (Les), lieu-dit à Vottem, I, 573; II,
516.
l'axis (Le sieur), II, 589.
Tecklemburg (Adolphe de), évêque d'Osna-
bruck. II, 41.
Tecpoel (Pierre), I, 348.
Tector (Libert), II, 108, 109. — (Nicolas),
I, 113, 169. — (Marie), I, 526.
Templiers (suppression des), I, 60; II, 63, 65.
Temploux (Hellin de), II, 201.
Tergoes (L'île de), II, 563.
Termonde (La ville de), I, 371; II, 552.
Texheur (Denis le), I, 464.
Théoduin, évêque de Liège, I, 19; II, 13 à 15.
Tlu rouanne (La ville de), II, 429, 482.
Theux, commune du canton de Spa, Liège,
I, 12, 426, 429.
Theux (Jacques de), I, 155; II, 220.
Thiernesse (Jean), II, 381.
Thionville (La ville de), II, 487.
Tholen (L'île de), II, 579.
DES NOMS DE PERSONNES ET DE LIEUX.
717
Thomas, patriarche d'Alexandrie, II, 236.
Thomson (Jean), de Theux, I, 426.
Thoreal (Renard), de Bernau, II, 213.
Thoren (Le monastère de), I, 482, 558.
Tliou (Monsr de), II, 496.
Thourotte (Robert de), évêque de Liège, II,
49.
Thouwart (Le fief de), II, 188.
Thuin (La ville de), I, 118, 201, 202, 347; II,
180, 181, 187, 189, 195, 197, 204, 210, 239,
262, 436, 628, 661. — (Le château de), I,
55, 56, 62, 63. — (Le bailli de), II, 187.
Thuin (Quentin de), II, 127.
Thuringe (Le landgrave de), II, !
Thuringen (Sophie de), I, i2.
Thys (L'abbé), II, 337. — (Louis de), II, 247.
— (Marie de), I, 558.
Tibis (Tilman), I, 235.
Tibur (La ville de), I, 66.
TièKe (Gérard et Jean de), I, 408. — (Mari.'
de), I, 479.
Tigneux (Mathonet dit le), I, 157.
Tihange, commune du canton de Huy,
Liège, I, 24, 35, 53.
Tilia (Gilles et Marie de), I, 291.
Tilibius, II, 4.
Tilleur, commune près de Liège, I, 134, 459,
534, 543; II, 167, 516.
Tillice, dépendance de Fexhe-Slins, I. 571.
Tillice (Arnold de), II, 169.
Tilliou (Marie), I, 558.
Tinlot (Le seigneur de), I, 291.
Tirlemont (La ville de), I, 250, 260, 330, 374,
375, 385, 581; II, 51, 54, 108, 210, 258, 344,
534, 547, 562, 576. — (La prise de), II, 288,
312, 322, 343. — (Le traité de), II, 317,
440. — (Le doyen de), II, 35.
Tite-Live, II, 2.
Toison d'or (L'ordre de la), II, 357.
Tolède (La ville de), II, 516.
Tollet (Gérard), I, 391, 434.
Tongerloo (Le manuscrit de), I, 221.
Tongres (La ville de), I, 74, 101, 113, 121 à
124, 140, 153, ISO, 184, 191, 279, 281, 290 à
294, 331, 334, 335, 338, 347, 374, 386, 387,
390, 395, 400 à 402, 421 à 424, 437, 446, 450,
451, 459, 460, 461, 465 à 468, 470, 479, 489,
491, 495 à 499, 508, 510, 518, 522, 547, 554,
571, 574; II, 22, 23, 90, 98, 103, 105, 109, 113,
125, 130, 155, 163, 165, 172, 177, 182, 193,
2ii2, 203, 206 à 208, 212, 230, 232, 249, 255,
262, 266, 271, 272, 316, 329 à 331, 341, 387,
534, 540, 547, 561, 562, 599, 606, 625, 648. —
(Fondation d'églises à), I, 9. — (L'église
Notre-Dame à), I, 11, 12; II, 241, 433, 609.
— (Le couvent de Saint-Augustin à), I,
141. — (Le couvent des Franciscains à),
I, 141. — (La fondation de), II, 3. — (Les
rois et ducs de), II, 140, 141. — (La paix
de), I, 147, 155, 157, 547; II, 300, 642, 643.
— (Le pillage de), II, 304. — (La voie de),
I, 52.
Tongres (Jacques de), seigneur de Warphu-
sée, II, 77. — (Lucius de), II, 2. — (Ma-
thieu de), I, 523, 549.
Torgotius, II, 3.
Torrentius (Levinus), II, 498.
Touillet (Henri), de Verviers, II, 332.
Toul (L'évêque de), I, 231.
Tourinne, commune du canton d'Avennes,
Liège, I, 217; II, 179. — (La bataille de),
I, xii; II, 182.
Tourlon (Mons'r de), II, 583.
Tournai (La ville de), I, 231; II, 358, 518,
552. — (L'hérésie à), II, 516, 524. •
(L'évêque de), I, 231; II, 101, 489, 504, 524,
Tourneur (Jean le). II, 386.
Tours (L'évêque de), II, 196.
Toussaint (Guillaume), d'Amay, II, 214, 226.
Traisgny (La ville de), II, 439.
Trasegnie (Le seigneur de), I, 198.
Trenqui (Le seigneur de), I, 198.
fiente (Le concile de), II, i20, 497. 50
513.
Trêves (La ville de), I, 45, 233, 236, 314; II,
103, 105, 120, 121. — (L'archevêque
I, 42; II, 79, 121, 122, 196, 359. — (Le prévôt
de), II, 122.
Trêves (Everard de), I, 462.
Tripoli (L'évêque de), I, 203; II, 56.
Troie (La ville de), II, 631.
Troisfontaines (Albéric de), II, 5.
Troncillon (Richard de), I, 327, 328; II, 98,
123.
Trognée, commune du canton de Landen.
Liège, II, 181.
Trouenberge (Le seigneur de), II, 170.
Troyes (La ville de), II, 609.
718
INDLX ALPHABETIQUE
T'Serclaes (Jean di . évêque de Cambrai,
II, 214.
Tudor (Marie), reine d'Angleterre, II, 477,
183, 485, 493.
Tulle H i de), il, 2.
Tunis (La ville de), il, 3S9.
Turck (Un nommé), II, ICO.
Turiassio (L'évêque de), I, 235.
Turin (l.a ville île), II, I
Turnhoul (Jean de), 1, 159.
Twebergen, tiameau de Maestricht, I. 17.!,
183, 193.
U
Ibarh (Gérard), I, 235.
Uden (Le seigneur d'), I, 278.
Ulbeeck, commune du canton de Looz,
Limbourg, II, 103.
Ulm (La ville d'), 1, 507.
Ulpian, II, 486.
Urbain (Renkin), l, 155.
Urbain II, pape, II, 611.
Urbain IV, pape, I, 33, 34; II, 609, 614.
Urbain V, pape, I, 69.
i rbain VI, pape, I, 76 à se, ici, 146, 154, îfii,
586; II, 211, 214, 218, 224, 226, 236.
' - inus (Thomas), II, 218.
Utrecbt (La ville d'), I, 76, 209, 525; II, 136,
211, '.M;.', 552. — (Famine à). II, 419. —
(L'union d), II, 593. — (L'évêque d'), I,
99, 263, 534; II, 32, 134, 192, 196, 513, 654.
Vairon (Gilson), II, 201.
Val-Dieu (L'abbaye de), I, 514; II, 33, 653.
Val-Notre-Dame (L'abbaye de), II. 33, 256.
420.
Val-Sainte-Élisabeth, près de Heythuyzen,
I, 18.
Val-Sainte-Lucie (Le couvent de), I, 134, 276.
Val-Saint-Lambert (L'abbaye de), I, 89, 137,
423, 524; II, 28, 86, 154, 162, 212, 226, 446,
502, 504, 568, 580, 653.
Valence (L'évêché de), II, 356, 358, 367, 400,
41)7, 447, 651.
Valencienne (La ville de), I, 31, 44, 322;
II. 136, 155, 483, 517, 518, 525, 529, 530, 552,
561.
Valère (Maxime), II, 2.
Valkenburg (Le seigneur de), I, 174, 242,
245, 246, 247; II, 57, 76 à 78. 82. — (Adolphe
de), II, 170.
Vallentis (Jean), I, 85.
Valois (Elisabeth de), II, 498. — (Henri de),
duc d'Anjou, II, 544.
Van Buel (Le chanoine Martin-André), II,
331.
Vanden Berpr (Le chanoine), II, 298, 329.
Van den Bosch (Jean), I, 135
Van den Broeck, alias de Palude, I, 558.
Van den Eychorn (Conon), I, 235.
Van den Hende (Pierre), suffragant de
Liège, II, 386.
Van den Hove (Jean), I, 253.
Van der Gracht (Gédéon), II, 355. — (Anne),
I, 430.
Van der Haghen (Adam), I, 83.
Van der Moelen (La famille), I, 189.
Van der Stappen (Gérard), abbé de Saint-
Laurent, II, 504.
Van Huffel (Jean), 1, 19.
Vaucelle (La trêve de), II, 443, 446, 486.
Vaudémont (René, comte de), I, 316.
Vauldre (Louis), alias Wadry, I, 491, 493.
Vaulx (Gaspard de le), II, 309. — (Jean del),
II, 239.
Vechmael, commune du canton de Tongres,
Limbourg, II, 111.
Velbruck (Le prince-évêque de), II, 305.
Yelroux (Le seigneur de), I, 441, 598. —
(Amélie de), I, 490. — (Jacques de), I, 451.
— (Nicolas de), dit del Champ, II, 219.
DES NOMS DE PERSONNES ET DE LIEUX.
719
Vendôme (Le duc de), II, 416, 422, 459, 483.
(La duchesse de), II, 583.
Venise (La ville de), II, 29, 30, 354, 365.
Venloo (La ville de), I, 313, 522; II, 349, 552.
Verdun (L'évêque de), I, 231; II, 17.
Vergier (Jean du), II, 258. — (Le seigneur
du), I, 198.
Verlaine, commune du canton de Jehay-
Bodegnée, Liège, I, 5-i. — (Marguerite de),
I, 557.
Vernenbourg (Le comte de), II, 168, 192, 255.
— (Catherine de), I, tableau I. — (Cuné-
gonde et Marguerite de), I, 69.
Vernenholt (Evrard de), doyen de Saint-
Jean, II, 108.
Verviers (Les croix de), II, 285, 360, 361. —
(Le curé de), I, 351.
Verviers (Jean de), curé de Waremme, I,
550.
Vervins (La paix de), II, 307.
Vesdre (La juridiction sur la), II, 635.
Vesquerea (Henri le), II, 288.
Vetemont (Villa de), I, 202.
Vianden (Le comte de), II, 81. — (Margue-
rite de), I, tableau I.
Vianen (Le château de), II, 136. — (Marie
de), II, 129.
Vianne (La dame de), 1, 178.
Victor IV, antipape, II, 610.
Vienne (La ville de), II, 376. — (Les Turcs
à), II, 383, 384.
Vierson (Jean de), sire d'Aersehot, I, 60;
II, 67.
Viesville (Jacques de), II, 239.
Vieux Joncs (Le commandeur des), II, 403.
Viglius (Le président), II, 513.
Vigne (Guillaume de la), évêque d'Ancône,
I, 97; II, 221, 228.
Vigreux (La famille le), I, 456.
Vilain (Maximilien), baron de Rassenghien,
II, 584.
Villeiranche (La ville de), II, 132.
Villeneuve (La ville de), II, 132.
Villenfagne (Jean de), II, 442.
Villers (L'abbaye de), II, 43, 654. — (Le
château de), II, 621.
Villers-lez-Guise (Le seigneur de), I, 351.
Villers (Le maire de), I, 527, 554.
Villers (Jean de), I, 156. — (Guillaume de),
II, 239.
Villers-le-Bouillet, commune du canton de
Jehay, Liège, I, 351, 510.
Villers-l'Évêque, commune du canton de
Jehay-Bodegnée, I, 510.
Villers-le-Temple (La commanderie de), I,
403.
Vilvorde (La ville de), I, 72, 374; II, 51, 534.
Vinalmont, commune du canton de Huy,
Liège, I, 32; II, 33.
Vinalmont (Catherine de), I, 557. — (Gérard
de), II, 7. — (Adam et Gilles de), I, 145
à 147.
Vincenne (Le comte de), I, 208.
Vincent (Le lieutenant), I, 421.
Violette (Guillaume Deschamps, dit de la),
I, 268.
Virnembourg (Henri II), archevêque de
Cologne, II, 75. — (Jean), évêque de
Munster, II, 190. — (Robert), I, 43. —
(Ruprecht de), I, 185.
Viron (Gérard), I, 466, 482, 531.
Virton (La ville de), II, 458.
Visconti (Thibaut), pape Grégoire X, II, 52,
609.
Visé (La ville de), I, 74, 99, 164, 167, 359; II,
83, 112, 207 à 209, 226, 232, 262, 533, 546,
592. — (L'église de), I, 11, 12; II, 609. —
(Le pont de), I, 81, 93, 114, 183.
Visé (François de), II, 7.
Viterbe (La ville de), I, 159.
Vitry (La ville de), II, 458.
Vivario (Raskin de), I, 548.
Vivegnis, commune du canton de Fexhe-
Slins, Liège, II, 45, 175. — (Le seigneur
de), I, 350, 393. — (L'abbaye de), II, 349,
350.
Vivegnis (Nicolas de), prieur de l'hôpital
à la Chaîne, I, 404.
Vliermael, commune du canton de Looz,
Limbourg, I, 334; II, 255.
Vlvtingen, commune du canton de Sichem,
Limbourg, I, 100, 101.
Voecht (Gilles die), I, xm, 6, 68; II, 330,
331.
Voerne (Albert de), I, tableaux I et IV. —
(Ermengarde de), I, 69.
720
INDEX ALPHABÉTIQUE
Isanck (Le seigneur de), i, tableau i,
',11 II. 111. 265, 393.
Volen (Guillaume), alias Boileau, I, 77.
\ x (Le seigneur de), 11, 117, 166.
\ ossen (Herman), II, 170.
\ i il i fn î, commune pics ili- Liège, I, 32, 390,
391, 573; II, 88, 89, 165 à 175, 183, 207, 330,
516, 552.
Vrankenhoven (Zachée de), il, 87.
Vridaxh (Le seigneur de), II. 170.
Vueren (La ville de), i, 109.
W
Wachtendonck (Le manuscrit de), I, 589.
Wachtendonck (Le seigneur de), I, 551; II,
267. — (Arnould de), I. tableau IV, 589.
— (Herman de), I, \\. 340 à 344, 589.
Wadry (Louis), OU Yauldre, I, 491, 518.
Waelhem (Arnold de), II, 36.
Waes (Le pays de), I, 372.
Wagnée (Le couvent de), II, 33.
Waine (Wauthier de). Il, 179.
Walcourt (Le seigneur de), I, 96. — (Thierry
de), I, tableau II.
Waldeck (Adolphe de), évoque de Liège, I,
53 à 57, 135, 210; II, 62, 63.
W'aldor (Le graveur), II, 324.
Waldoreal (Jean), II, 171, 174, 176 à 179. —
(Louis), II, 648. — (Tilman), I, 361, 363 à
366, 405, 434; II, 271.
Waldorp (Henri, avoué de), I, 185.
Waleffe (Le château de), II, 36, 71, 91, 171,
181, 227.
Les Walelfes, commune du canton de
jehay, Liège, I, 340, 510.
Walenrode (Jean de), évêque de Liège, I,
132 cà 135, 210; II, 141, 237, 278, 618.
Waleran (Philippe), II, 201.
Walhain (Le seigneur de), I, tableau III,
333, 358; II, 60. — (Mahaut de), I, tableau I.
Walsin, dépendance de Drehance, II, 430.
Wandre (L'hôpital de), II, 87.
Wanfercée (Jeanne de), I, xx.
Waremme (La ville de), I, 96, 384; II, 73,
74, 108, 181, 186, 541, 548, 588.. — (Le châ-
teau de), I, 32; II, 36, 67, 73, 75. — (Le
curé de), 1, 550.
Warfusée (Le manuscrit de), II, 274, 298,
339.
Warfusée (Le seigneur de), II, 73 à 76. —
It.i'- di'i, >■ i " : ■ i ! . ■ 1 1 1 ■ île \\ arou.x, I. s9, 141,
361, 363, 364, 405, 477, 494, 574, 588; II, 73
à 75. — (Walter de), II, 152.
Warnani (Le chroniqueur Jean de), I, 3, 8,
28 à 30, 36; II, 2, 4, 5 à 9, 71, 161, 330.
Warnant (Jeanne de), II, 249
Warnesberg (Bohémond de), archevêque
de Trêves, I, 42
\\ ninier (Jean), II, 179.
Waroux (La paix de), II, 75, 81, 182, 187.
Waroux (Le seigneur de), I, 350, 390, 393,
571; II, 54, 577, 642. — (Guillaume de),
I, 155. — (Isabelle de), I, 556. — (Raes de).
Voir Warfusée.
Wauldroy (Louis de), II, 272.
Waudémont (Claude de), seigneur de Flo-
rennes, II, 462.
Waulsort (L'abbaye de), II, 653.
Wavre (Le seigneur de), I, 472. — (Margue-
rite de), I, 71.
Wavrine (Le seigneur de), I, 198.
Wazelin, abbé de Saint-Laurent, I, 142.
Wazon, évêque de Liège, I, 16; II, 15, 301,
302.
Weert (Le château de), I, 352, 353, 487, 501,
539; II, 402, 569, 590.
Weert (Jean de), II, 281.
Wégimont (Le manuscrit de), II, 274.
Weis (Jacques de), dit de Salm, I, 155. —
(Guillaume des Prez, dit de), II, 171, 175.
Weize (Jacquemin de), II, 231, 234.
Wel <Monsr de), II, 477.
Welkenhausen (Catherine de), I, 176.
Wellen, commune du canton de Looz,
Limbourg, I, 257, 426; II, 103, 109, 110, 373,
374.
Wenberg (Thienï de). II, 239.
DES NOMS DE PERSONNES ET DE LIEUX.
-21
Wenceslas, empereur, duc de Luxembourg
et roi de Bohême, I, 102, 587; II, 211, 233.
Wenceslas, duc de Braban! et de Luxem-
bourg, I, 70, 77, 79, 81, 82, 84; II, 81, 1G8,
179, 181, 184 à 188, 193, 195, 196, 205, 209 à
213, 217, 218.
Werflaria (Le lieu-dit), II, 85, 87.
Weri le Hardi, II, 150.
Werm (Tilman de), I, 204.
Wernave (Guillaume de), II, 120.
Werse, en Zélande, II, 624.
Wesemael (Le seigneur de), I, 181; II, 168,
172. — (Francon, bâtard de), II, 51. —
(Arnould de), I, tableau I; II, 36, 60. —
(Henri, bâtard de), II, 74.
Westerburg (Siegfried de), archevêque de
Cologne, I, 42.
Westphalie (Le cercle de), II, 414.
West-Boosebeke, commune du canton de
Passehendaele, Flandre occidentale, I, 84.
Weveling (Florent de), II, 196.
Wez (Houillère de), II, 353. — (Moulin de),
II, 640.
Wibrin (Le voué de), I, 185.
Wickerode (Gérard de), I, tableau iy.
Wiclef (Jean), I, 132.
Wildenberg (Le seigneur de), II, 170.
Wiede (Guillaume de), I, tableau I. —
(Herman de), archevêque de Cologne, II,
359, 445, 470.
Wîgnée (Le seigneur de), I, 481.
Wihogne, commune du canton de Fexhe-
Slins, Liège, I, 201. — (La paix de), II, 151,
152,
Wihogne (Erard de), II, 511. — (Ide de),
I, 479.
Wilde (Jean de Horne, dit de), I, 290, 299,
301; II, 261, 629.
Wildenberg (Christine de), I, 195.
Wilderen (La bataille de), II, 19.
Willems (Pierre), de Bael, I, 6, 222.
Wilre (Henri de), II, 60.
Wimmertingen (Le seigneur de), I, 233.
Windesheim (La congrégation de), I, 224.
Winseler (Herman), II, 199.
Wint (Werner), II, 170.
Wissembourg (La ville de), II, 428.
Wittem (La famille de), I, 172. — (Arnould
de), I, 40. — (Claude de), II, 513. — (Fré-
déric de), I, 243; II, 128. — (Jean), II, 330.
— (Werner de), I, 325.
Wittemberg (Le duc de), II, 353, 477, 582.
Wittert (Le manuscrit A. de), II, 287.
Wodémont (Jean, bâtard de), I, 539.
Woeringen (La bataille de), I, 39; II, 51, 54.
Wolbertus (Le doyen), II, 14.
Wolbodon, évêque de Liège, I, 14; II, 14,
Wolff (Guillaume), I, 235.
Wolkenberge (Le seigneur de), II, 170.
Wonck, commune du canton de Sichem,
Limbourg, I, 74, 115, 116, 171, 179, 180, 183,
588; II, 172, 208.
Wonck (Jean de Brus, dit de), I, 490. —
(Jacquemin de), II, 190.
Worms (La diète de), I, 3S6; II, 16.
Wotrenge, commune du canton de Tongres,
Limbourg, II, 172.
W'oude (Jean van), I, tableau III.
Wurtemberg (Evrard de), II, 120, 121. —
(Philippine de), I, tableau IV.
Wyck, faubourg de Maestricht, I, 59, 116,
174, 183, 190 à 194; II, 58, 571, 574, 591.
Wyneghem (Gendolphus de), II, 60.
Wyngaerde (Marguerite de), I, 556. —
(Winand de), II, 514.
Wyse (Marc de), II, 309.
X
Xanten (Le prévôt de), II, 225.
Xénophon, II, 4.
Xhendremael, commune du canton de
Fexhe-Slins, Liège, I, 390, 510. — (Le
curé de), I, 526.
Xhendremael (Guillaume de), I, 111. —
(Jean de), I, 112.
Tome II.
Xhenemont (Le seigneur de), I, 393. —
(Marie de), I, 351. — (Sébastien de). Voir
Montfort, Sébastien.
Xhur (Jean délie), I, 557. — (Pierre délie),
I, 458.
91
72-2
INDEX ALPHABÉTIQUE
Yernaux (Louis de), I, 155, 157.
Ylen (Le comte de), II, 122.
Ynri (Le seigneur d'), i, 198.
York Marguerite d'), I, 488, 551; II, 131.
Ypres (La ville d'), I, 372. — (L'évêque d'),
II, 539, 584. — (Le bailli d'), II, 584. —
(L'hérésie à), II, 51G, 518.
Ysendorp (Court de), II, 170.
Yserman (Antoine), I, 172.
Ysewyn (Jean), I, 203, 588.
Yverces, ville d'Italie, II, 485.
Yvoir, commune du canton de
Namur, I, 248.
Dinant,
Zachée de Vrankenhoven, II, 87.
Zaeringhen (Radulphe), évêque de Liège,
I, 25.
/.antfliet (Le chroniqueur), I, 68, 143 à 145;
II. 145, 147.
Zapolski (Jean), II, 354.
Zeelhem (Le prieuré de), I, 261, 262.
Zeems (Henri), II, 376.
Zélande (Inondation en), II, 426. — (Révolte
en), II, 559, 560.
Zepperen, commune du canton de Saint-
Trond, Limbourg, II, 238, 262. — (Le cou-
vent de), I, 142; II, 627.
Zewaers (Guillaume), I, 288.
Ziberti (Jacques), doyen de Saint-Paul, I,
529.
Ziegler (Jacques), I, xix, 221.
Zierickzee (La ville de), II, 243, 572.
Zoelen, commune de Gueldre, I, 137.
Zonhoven, commune du canton de Hasselt,
Limbourg, I, 411, 412; II, 387.
Zutphen (Le comté de), I, 474; II, 562.
Zweveghem (Le seigneur de), II, 584.
Zwolle (La ville de), II, 552.
t BINDING SECT. JUL î 8 \M
DH
811
L5C5
t. 2
Chroniques liégeoises
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